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jeudi, 16 janvier 2014

C’est l’histoire d’un mec

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D'abord, un petit peu de musique.

podcast

Cette histoire (très courte) commence une après-midi de juin 1997. Sur le parking du CCF. A l’époque où ce que l’on appelle aujourd’hui l’Institut français (et pendant quelques années la Mission culturelle) était un endroit sympa et vivant. CCF forever. Avant le 11 septembre, avant le portique de sécurité et ses insupportables secondes classes qui se prennent pour des colonels, avant la construction de la chancellerie, avant l’installation de cette pelouse où l’on n’a pas le droit de s’installer pour lire un bouquin… A l’époque où il faisait bon se retrouver au Café des lettres, où il faisait bon jouer à la pétanque sur la petite langue de terre en contrebas de la terrasse puis écouter les histoires de Mike, le tenancier limite mafieux du café, tout en sirotant un petit jaune. A l’époque où l’on se moquait des nœuds-papillon (là, il n’y en a pas beaucoup qui comprendront l’allusion…). Bref, il y a longtemps.

Sur ce grand parking de terre battue, près de ma jolie Coccinelle blanche, je rejoins un copain en pleine discussion avec trois autres gus. L’un d’eux s’appelle Pascal. Ou Thierry. Ou Xavier, j’ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien. Mais cet homme de 45 ans environ parlait de son pot de départ, le week-end suivant. Après 17 ans passés à Beyrouth.

Moi, cela faisait moins de 6 mois que j’étais là J’étais arrivé le 16 janvier. «17 ans, la vache! Il est fou ce gars…». 17 ans. Cela me paraissait de la science-fiction. Je ne savais pas encore si je resterais 6 mois ou 1 an. Ou un peu plus. Il faisait très chaud en ce début d’été. Mon premier été à Beyrouth. Je venais tout juste de fêter mes 24 ans dans le grand appartement de mon pote Enzo à Qoreytem où je me réfugierai quelques mois plus tard de peur de me faire arrêter suite à une sombre histoire. Jeune journaliste, je découvrais Beyrouth en me disant que je serai bien prétentieux de proposer mes services à des journaux français en tant que correspondant alors que je ne connaissais pas bien le terrain. Jeune homme, je venais de me faire plaquer à distance par ma copine restée à Paris. Pascal-Thierry-Xavier expliquait qu’il fallait choisir le bon moment pour tourner la page et (re)partir à l’aventure. Je l’écoutais parler de ses 17 années libanaises comme si tout s’était passé en un clin d’œil.

Je ne le comprends vraiment que maintenant.
Repartir à l'aventure. Pourquoi pas. Vers San Francisco, Kiev ou Buenos Aires.

vendredi, 27 décembre 2013

Trêve des confiseurs: coupure momentanée des programmes

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Beyrouth, ce sont ces petits gestes quotidiens, comme saluer Saïd en bas de chez moi alors qu'il enfourne ses manouchés, pester contre les camions de livraison du supermarché voisin, enrager 30 minutes plus tard à cause des embouteillages à l'autre bout de la ville... Et, pour d'autres, balayer les éclats de verre sur les trottoirs. 

Je me souviens que Nathalie avait noté ce détail dans son post post-attentat contre l'ABC en 2007, avec la voisine qui avait elle aussi sorti illico son balai et sa petite pelle bleue pour "effacer" les traces les plus visibles de l'attentat qui venait d'avoir lieu, le jour du 4e anniversaire de l'une de nos gamines. Et puis ce matin, en tournant le dos à la scène de l'explosion qui a emporté Mohammad Chatah à Bab Idriss, j'ai vu ce gars au restaurant L'Avenue du Parc. Refaire ce même geste anodin. Balayer les éclats de verre.

Cela faisait "presque longtemps" que le 14 Mars n'avait pas été visé de la sorte (après avoir bien encaissé entre 2004 et 2008, remember la fameuse carte). Les derniers attentats – ceux de 2013 en tout cas – ont eu lieu dans la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. Un Hezbollah qui, directement pointé du doigt ce midi, a dénoncé un acte de "haine". Le truc avec les démentis du Hezb, c'est qu'on ne sait jamais vraiment s'ils sont sincères (qui sait?) ou s'ils se foutent ouvertement de notre gueule.

2013 s'achève donc sur ça. Des voitures calcinées, des marres de sang et des façades éventrées. 2014 débutera par autre chose, histoire de boucler la boucle. Le 16 janvier s'ouvrira le procès au Tribunal spécial pour le Liban. Je me demande avec la plus grande candeur s'il n'y aurait pas de lien entre ces deux histoires...

vendredi, 01 novembre 2013

Malko forever

Midi. J'allume la télé pour voir les nouvelles. Gérard de Villiers est mort. Hier, j'étais en train d'installer le stand de Beirut Prints au Salon du livre francophone de Beyrouth qui s'ouvre ce soir. L'une des affiches m'a fait sourire, je me suis demandé si beaucoup de gens percuteraient...

Nous nous étions servis ici, il y a longtemps, du savoir-faire de l'auteur. Un maître!

Bon (dernier) voyage monsieur de Villiers. Et pour les autres, rendez-vous pendant 10 jours au BIEL, stand B10 :-)
 

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samedi, 25 mai 2013

Si vous êtes du côté de Sanary...

C'est le genre de chose qui fait plaisir, qui nous sort de la grisaille où des gars discutent à coups de RPG à Tripoli, où le Premier ministre désigné n'est toujours pas fichu de former son gouvernement, où un ministre que je ne nommerai pas nous promet la 4G alors que la 3G ne fonctionne déjà pas, où... où... où...

Alors oui, je suis franchement heureux de voir mes pote(sse)s Ghadi, Mazen, Tanya, Caroline et d'autres représenter le Liban au festival PhotoMed qui a lieu actuellement à Sanary-sur-Mer. Merci à vous.

Plus d'info ici.

jeudi, 17 janvier 2013

16 ans et je l'aime encore

vendredi, 19 octobre 2012

Achrafieh pleure ce soir

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Ce soir, pas besoin de gouttes de pluie pour simuler les larmes. A 14h48, gros boom. Colonne de fumée noire qui monte dans le ciel d'Achrafieh. Attentat. Voiture piégée. Bombe. Morts et blessés. Parmi eux le chef des renseignements des FSI, Wissam al-Hassan. J'espère que nous n'aurons pas à refaire de cartes comme celle-ci. Mais j'ai des doutes. De gros doutes.

Ce matin, je discutais avec un copain, on parlait Syrie, Liban et tout le tralala. Ça faisait plusieurs semaines que je m'étonnais que le Liban n'ait pas connu d'épisodes plus violents que les heurts du printemps à Tripoli. Bein voilà, c'est fait. Samaha est en prison, les autres lâches en liberté; Al-Hassan au paradis aux côtés de Wissam Eid. Je me demande ce qu'ils se racontent tous les deux.

mardi, 09 octobre 2012

Aziz, light!

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lundi, 24 septembre 2012

Error 404

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lundi, 03 septembre 2012

Clopin-clopant

liban,beyrouth,tabac,cigarettes,loi,interdictionDans cette histoire, tout le monde a raison.

Mes filles se tuent à me le répéter depuis des années: fumer, c’est pas bon pour la santé. Je le sais, et pourtant j’aime ça. Et ce n’est pas le seul vice auquel je m’adonne que la morale réprouve. Je m’arrêterai peut-être un jour, contraint et forcé. Peut-être pas. Je sais que ça noircit les poumons, que ça bouche les artères, que ça abîme la peau... Dans le fond, mes filles ont entièrement raison.

Depuis ce matin donc, une loi est entrée en vigueur au Liban, prohibant la cigarette des lieux publics fermés. 90 dollars d’amende à tout contrevenant! Au début, j’ai cru à une mauvaise blague, mais c’est finalement très très sérieux. Exit la clope des ministères, des bureaux, des restaurants et des bars. Il y a de cela une éternité, quand je suis arrivé dans ce beau pays, je trouvais ça chouette de pouvoir fumer partout. Enfin presque. Le gars au rayon charcuterie avec la clope au bec au supermarché, je trouvais ça moyen moyen. Mais cela ne me dérangeait pas de fumer à l’agence de ma banque: un cendrier trônait même sur le comptoir et cette bonne Laudi fumait comme un pompier quand elle me retirait un dollar pour chaque chèque déposé. Un dollar, ce qui était aussi, à l’époque, le prix d’un paquet de cigarettes. C’est à dire rien du tout. Surtout comparé à certains pays européens. Bref, c’était la liberté totale, et j’aimais ça.

Et puis avec le temps, certains restaurants ont prévu des jours non-fumeurs. Certaines entreprises ont interdit la cigarette. Même ma banque bien aimée s’est fendue d’un signe interdiction de fumer. Franchement, j’ai trouvé ça plutôt bien.

Et puis voilà que cette fichue loi est tombée.

Depuis ce matin, ça s’excite sur les réseaux sociaux. Les «contre» hurlent au scandale! Il y a les libertaires, réfractaires à tout recul sur leurs libertés individuelles, les patrons de restaurants pas contents qui se disent que cela va faire fuir la clientèle... Ceci dit, ils n’ont pas tort sur ce coup-là: interdire le narguilé dans un restaurant libanais, c’est comme dire que Fairuz chante comme une casserole, que les Libanais sont des Arabes et non les descendants des Phéniciens. Ça dépasse la simple provocation, c’est une déclaration de guerre. Les volutes de tabac font partie de la culture locale. Y toucher, c’est toucher à l’identité libanaise, au mode de vie insouciant qui caractérise souvent ce peuple. Un peuple habitué aussi à ce que les lois ne soient pas appliquées dans son pays clopin-clopant. Un commentateur ce matin se disait, avec un cynisme plein de vérité, que dans cette histoire, ce sont les patrons de restaurants de la banlieue sud qui allaient se frotter les mains puisque l’Etat n’a pas son mot à dire là-bas. Plus généralement, les «contre» se disent qu’il y a des problèmes bien plus importants à régler en priorité. Dans le fond, les «contre» ont entièrement raison.

Et puis les «pour» – non-fumeurs mais pas seulement – se félicitent d’une telle décision, raillant les «contre», argumentant que toute loi est bonne à prendre, surtout en matière de santé publique, même si, effectivement, l’Etat devrait avoir d’autres chats à fouetter. Les «pour» vont pouvoir (si la loi est appliquée bien sûr, ce qui est un gros ‘si’) respirer l’air frais des climatiseurs dans les salles de restaurant. Je l’avoue, je suis comme eux: ça me casse toujours les pieds quand une grosse bedaine est en train de tirer sur son Cohiba juste à côté de moi, même si la petite clope entre le dessert et le café va me manquer. Dans le fond, les «pour» ont entièrement raison.

J’écris ces lignes sur ma terrasse, en regardant la mer droit devant moi et la montagne sur ma droite. Un épais nuage de pollution recouvre la ville. Cela fait des années que mes scrupules se sont envolés concernant la cigarette: à voir ce que mes poumons inspirent à chaque fois qu’ils se gonflent, je me dis que cette interdiction ne servira à rien. Le gouvernement devrait plutôt plancher sur la réduction du trafic urbain, sur l’interdiction de ces bus dont on ne devine même plus la couleur d’origine tant ils polluent, sur la remise en état des centrales électriques à gaz et qui fonctionnent au mazout, sur, sur, sur... Plutôt que de vouloir entrer dans la cour des pays dits civilisés par la petite porte. Je me souviens du premier séjour que j’ai passé à Paris après l’entrée en vigueur d’une loi similaire. Je devais retrouver un copain bossant à TV5. Sur cette avenue des beaux quartiers dans le XVIIe arrondissement, les fumeurs tiraient sur leur tige, en grappes devant l’entrée de l’immeuble. Le trottoir était jonché de mégots, c’était à vomir. En y repensant, je me dis que la loi libanaise ne sera donc jamais appliquée. Nous n’avons pas la chance d’avoir des trottoirs à Beyrouth. Dans le fond, je me dis que j’ai entièrement raison.

 

[...]

Je vous laisse avec un humoriste interdit (lui aussi) qui parle de la cigarette. Tiens, je me demande si deux interdictions font une permission...

samedi, 04 août 2012

6

ans.

mardi, 31 juillet 2012

Timbré

Panique à bord. J’ai besoin d’émettre le plus rapidement possible des papiers officiels, et plus d’encre dans l’imprimante. Je déboule chez Tony, le papetier en bas de chez moi. Je regarde la petite étagère où trônent les boîtes HP. Miracle. Les nº22 et 27 sont là, je souris.

« – Tony, tu veux que je te dise, je t’aime!
– Pas autant que moi, David.
(faut bien le dire, je suis un bon client)
– Tu peux me donner une 22 et une 27, j’ai une urgence.
– OK. Ça fait... 69000 livres.
(gloups, HP, hors de prix, je me demande si c’est une coïncidence)
– Ah, au fait, j’allais oublier. Il me faut aussi des timbres à 100 livres.»

Tony éclate de rire.

« – Tu n’es pas au courant?
– Au courant de quoi?
– Ça fait des semaines qu’il n’y a plus un timbre dans le pays! Regarde ces deux factures que je viens de recevoir ce matin. C’est signé, c’est tamponné, mais il n’y a pas de timbre.
– Ah. On peut faire sans alors?
– Tu n’as pas le choix. Mais ne sois pas surpris si, dans deux ans, un gars du ministère vient te demander de payer une amende de deux millions parce que tu n’auras pas mis de timbre aujourd'hui.
– Tu blagues?
– A moitié.
(j'ai un petit faible pour son sens de l'humour)
– Bon, bein je ferai comme tout le monde. Ce sera sans timbre. On verra bien.»

Une heure plus tôt, j’étais en voiture avec quelqu’un de très cher, ayant finalement jeté l’éponge quelque mois plus tôt et donc parti voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Après un mois passé à Beyrouth, ce quelqu’un me faisait la trop longue liste de tout ce qui n’allait pas dans le pays, de tout ce qui avait empiré en seulement un an. J’acquiesçais. Il visait juste la plupart du temps. Je me suis dit aussi que c’était peut-être pour se convaincre d’avoir fait le bon choix, prenant soin d’oblitérer ce qui fait (encore) le charme de ce putain de pays. Toujours cette fameuse question du regard. Mais je vais être honnête, je me suis aussi demandé si je n'étais pas complètement timbré d'être encore là.

De retour chez moi, je me suis senti tout con. J’imprime daredare mes papiers officiels, je signe, je tamponne et je ne timbre pas. Désemparé. Avec les années, je me suis peut-être trop bien adapté à l’une des caractéristiques du fonctionnement de toute la société libanaise: plus il y a de timbres et de coups de tampon, mieux c’est.

Je me souviens alors avoir glissé des timbres dans mon portefeuille quelques semaines auparavant.

Erreur. Pas des timbres, mais un timbre. Le voici.

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Alors voilà, les choses sont simples. Ce timbre – magnifique, sublime, vestige d'un passé glorieux mais révolu – est peut-être le dernier représentant de son espèce, le dernier témoignage qu’un jour, autrefois, jadis, le Liban fut un pays qui fonctionnait normalement, avec un Etat ne serait-ce capable de faire tourner la planche à timbres. Tout le monde parle depuis des mois de la crise de l’électricité dans tout le pays, des réfugiés syriens dans le nord, de cheikh el-Assir au sud, de la saleté de la mer à l'ouest... Tout le monde – ou presque – critique ce gouvernement paralysé à tel point qu’il faudrait le téléporter tel quel pour l’exposer chez Madame Tussauds. Mais comme tout le monde continue également de dire que le business ne s'arrêtera jamais et qu'il y a beaucoup d'argent dans le pays, je vais mettre mon timbre de 100 malheureuses petites livres libanaises aux enchères. Mise à prix: 10000 livres, 100 fois son prix. Ça me paraît honnête.

Qui se lance?

lundi, 21 mai 2012

No war

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D'autres photos ici pour ceux que ça chante... 10 jours après les heurts sanglants de Tripoli, c'est au tour de Beyrouth. Comme me le disait un petit vieux ce matin, "j'ai une impression de déjà-vu. Tout le monde garde en mémoire le 13 avril 1975 pour le début de la guerre civile. Mais pour moi, c'est l'assassinat du député sunnite Maarouf Saad, le 26 février 1975, qui a tout déclenché. Ça ressemble bizarrement à aujourd'hui". J'espère qu'il a tort, le pépé.

jeudi, 26 avril 2012

Cachez ce slip que je ne saurais voir

liban,beyrouth,procès,graffiti,semaan khawam,superman,palais des justiceIl faut une sacrée dose d’humour (noir) pour en sourire encore. Les prétoires beyrouthins sont actuellement débordés. Les affaires de la plus haute importance se succèdent. Un graffeur attend son verdict le 25 juin prochain. Le crime de Semaan Khawam? Un pochoir montrant un soldat armé d’un AK-47. Il risque 3 mois de prison pour «trouble à l’ordre public». Personnellement, la vue d’une kalashnikov me semble plus violente sur un drapeau que sur les murs déjà bien encombrés de Beyrouth. Toujours dans le domaine du tag politiquement incorrect, Ali Fakhri et Khodr Salamé ont goûté la joie d’être arrêtés et interrogés pour des graffs en faveur de la «révolution» actuelle en Syrie. Puis, dernier dossier en date, celui d’Edmund Hedded et de Rawya el-Chab, poursuivis pour «atteinte à la pudeur» et «humour, terminologie et gestes indécents sur scène» suite à une vente d’hommes aux enchères (au bénéfice d'une association s'occupant d'enfants malades du cœur) durant laquelle Edmund a dévoilé un bout de son caleçon à l’effigie de Superman. Prochaine audience le 30 mai au palais de Justice.

De l’humour, il en faut donc beaucoup. Beaucoup beaucoup beaucoup. Hier, j’étais chez mon cher dentiste. Au moment de fixer l’heure de la prochaine séance de torture, il sort son téliPhone, et lance une application que je ne connaissais pas (honte à moi): Beirut Electricity. Histoire de voir si «mercredi prochain 15h45» tombera ou non dans la mauvaise tranche. Ce scandale – parmi tant d’autres – mériterait bien de menotter quelques ministres et ex-ministres. Mais bon, s’attaquer à Superman est un défi plus noble, convenons-en.

En fait, en me baladant du côté d’Adlieh, j’ai enfin compris pourquoi notre cher système judiciaire semble s’enorgueillir de marcher à côté de ses rangers. Il suffit pour cela de regarder le nom du quartier sur les murs.

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lundi, 05 mars 2012

Feu rouge

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lundi, 27 février 2012

Beyrouth sur écoute (à Bruxelles et Paris)

Et voilà. Trois ans sont passés depuis Jours tranquilles à Beyrouth et notre petite virée en Europe pour la promo du livre. Mille choses se sont passées depuis, et je repars seul vers Bruxelles et Paris pour présenter un livre qui me tient tout autant à cœur: Beyrouth sur écoute. Voici en avant-première le programme complet des festivités...

Samedi 3 mars à 15h
Dimanche 4 mars à 14h

> Séances de dédicace à la Foire du livre de Bruxelles, Stand CEC (303), avec expo de 8 photos extraites du livre

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Vendredi 16 mars à 19h
> Séance de dédicace au Salon du livre de Paris, Stand PACA, allée T, Espace 27

Samedi 17 mars à 15h30
> Séance de dédicace à la librairie de l'Institut du monde arabe à Paris, en compagnie de Mazen Kerbaj qui sera lui aussi à Paris, pour son livre Cette histoire se passe

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Le reste du monde attendra.

samedi, 25 février 2012

Amis touristes, c'est pour vous

Note à l'attention des éventuels touristes étrangers désirant visiter notre beau pays
Si jamais l'envie incongrue de vous rendre au Sud-Liban vous prend, n'oubliez pas le passage par la case "armée libanaise" à Saïda (en venant de Beyrouth, tournez à gauche après le Spinneys, faites 300m puis tournez à droite). Munissez-vous de photocopies de votre passeport et/ou du permis de séjour et rendez-vous chez nos charmants militaires. Oh, l'opération ne dure pas longtemps, elle est gratuite, mais se frotter à ces hommes coinçés dans leurs containers métalliques est tout sauf sexy pour le tourisme.

Ce que vous venez chercher, c'est ça: un petit bout de papier de rien du tout (un pauvre sticker du Crédit Libanais dans mon cas), censé vous permettre de passer les barrages au sud de Tyr. Obligatoire donc pour arriver à destination.

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Il y a 2 jours, j'ai eu la joie de gagner à la loterie et d'obtenir ce beau laisser-passer. Mais il m'est arrivé une chose qui ne m'était encore jamais arrivée en quinze ans. L'officier jette un coup d'œil sur les photocopies et me dit:
– "J'ai besoin de vos papiers libanais aussi.
– Euh, je n'en ai pas. Je ne suis qu'étranger (monseigneur).
– HHHHourrry? Ne mentez pas. Vous êtes Libanais. Pourquoi me montrez-vous un passeport étranger?
– Vous vous méprenez (votre seigneurerie), je suis Français. Regardez, j'ai un permis de séjour!
– Je te crois pas. Je suis sûr que tu es aussi Libanais..."

L'échange – dans un mélange d'arabe et d'anglais – a bien duré 5 minutes. Et 5 minutes, c'est long pour justifier d'une nationalité que je n'ai pas et que je n'aurai pas. C'est la première fois qu'une scène comme celle-là m'arrivait. Prouver que je n'étais pas (aussi) Libanais.

Je rêve.

PS: j'ai dû passer 15 fois des barrages en 48h, et personne ne m'a demandé ce fichu papier.

mercredi, 21 décembre 2011

Masrah Beyrouth ma bimout

liban,théâtre de beyrouth,hanane hajj aliEn voyant la pluie s’abattre sur la terrasse ce matin, je me suis dit que les organisateurs du sit-in du jour avaient fait mauvaise pioche côté météo. Rendez-vous était donné à 10h30 près du Bristol, devant le ministère de la Culture afin d’alerter l’opinion publique face à la possible destruction du Théâtre de Beyrouth d’Aïn el-Mreisseh. J’y suis arrivé cinq minutes en avance. Comme je le craignais, il y avait là plus de journalistes ou de daraks que de manifestants. Clairement, les 478 personnes ayant cliqué "attending" sur Facebook n’étaient là que par la pensée. Ou dans les embouteillages. Ou en train de faire leurs courses pour Noël.

liban,théâtre de beyrouth,hanane hajj aliJ’y retrouve Hanane Hajj Ali, comédienne et auteur d’un livre très riche sur l’histoire du Théâtre de Beyrouth, lieu mythique, symbolique, historique. «Cela fait trois ans que l’on se bat, pour le Théâtre et pour d’autres lieux, m’explique-t-elle. Nous travaillons sur des projets de loi et nous faisons du lobbying pour que des endroits comme ceux-là soient intouchables. Aujourd’hui, nous sommes là pour réclamer une volonté politique! C’est notre devoir, même si l’on s’adresse à un ministère qui ne dispose que de 0,00000-je-ne-sais-quoi % du Budget...» Sur le trottoir, d’autres participants arrivent. Je croise Alexandre Paulikevitch, Mustapha Yammout, Fadi Abi Samra... Le petit monde de la culture est là, évidemment.

Vingt petites minutes plus tard, Gaby Layoun sort sur le perron, toutes les caméras sur tournent vers le ministre... euh, pardon, l’actuel locataire du ministère. Echange tendu avec les tribuns, promesse(s), bla bla, invitation à discuter dans son bureau. Personne n’y croit vraiment. Tout le monde reprend alors le slogan «Masrah Beirut ma bimout! Masrah Beirut ma bimout! Masrah Beirut ma bimout!» Le ministre plie bagages. Moi aussi. Je fouille dans ma mémoire, je ne parviens pas à me rappeler du premier spectacle que j'avais vu dans ce théâtre. J'ai même le vague souvenir qu'il était fermé quand j'étais arrivé ici. Tout cela n'a que peu d'importance. La cause de Hanane et des siens me fait dire une chose: si jamais ce combat-là se perd, alors tout Beyrouth passera à la moulinette. Il ne faut pas le perdre.

Finalement, il a fait plutôt beau aujourd'hui à Beyrouth.

mardi, 13 décembre 2011

Beirut Prints s'affiche

liban,beyrouth,beirut prints,affiches,postersAllez, un peu de pub ne peut pas faire de mal. Surtout pour Beirut Prints, ce projet né dans la foulée de Beyrouth sur écoute. Vous avez peut-être déjà remarqué les stands dans plusieurs librairies de Beyrouth, présentant une première série d’affiches (58x88cm) consacrées à la capitale libanaise, histoire de montrer autre chose que la guerre, la violence, les mezzés et les couchers de soleil sur Raouché. Pour cette première étape, Beirut Prints a réuni le travail de sept photographes, mais en a beaucoup d’autres sous le coude. Et question images, il y en a vraiment pour tous les goûts. La deuxième étape arrive très prochainement, avec l'édition de tirages photo professionnels numérotés.

Ça ferait de beaux cadeaux de Noël, non? Et pour les lecteurs de ce blog vivant à l’étranger, il y a toujours la possibilité de les commander online, ici et . :-)

jeudi, 08 décembre 2011

George et l'or

Mai dernier, quelque chose comme ça. Je retrouve George à une table du Demo. Le grand échalas arrive, cheveux dénoués. Nous discutons photo. Sur l’écran de son cellulaire, il me montre une série qu’il aimerait approfondir, explorer, exposer. Je suis sidéré par le garçon, par son atypique douceur. Du haut d’une vingtaine gentiment entamée, il sait où il va. Sa démarche est là.

Hier soir. Rendez-vous au Art Lounge, à la Quarantaine. George Zouein expose son exploration du sujet. Quatre tirages d’un mètre cinquante. C’est peu et beaucoup à la fois. Il me dit «Commence par celle-là, à droite.» J’obéis. Arrivé à la troisième, je m’arrête. Je me dis «La voilà». C’est à peine si je regarde deux minutes la quatrième, celle que l’on ne voit pas en entrant. Je retourne en arrière. A deux mètres, juste en face du cadre, un canapé m’appelle. Je m’installe et je bloque. Je bloque de très longues minutes. Et je découvre le secret de cette image, la lettre qu’il manque à son prénom. George arrive près de moi. La salle est un peu bruyante, on s’entend mal.

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– «Tu as vu?
– Quoi?
– Là, le ‘S’.
– Oui... c’est vrai...
– C’est comme un escalier vers je ne sais pas quoi. C’est de l’or que tu as là.
– Oui, tu veux que je te la présente?
– Hein? Je te dis que c’est de l’or, une image pareille!
– Ah, c’est gentil, ça me touche. C’est juste que la fille s’appelle...»

Je reste là encore quelques minutes à regarder chaque détail, à me laisser aspirer. Puis je m’en vais. En espérant moi aussi (re)trouver mon or le plus vite possible. Une mélodie dans la tête.
podcast

samedi, 26 novembre 2011

Visitez le Liban

liban,office du tourisme,le caire,Egypte,place TahrirCe n'est pas moi qui le dis, mais la magnifique devanture de ce qui fut peut-être – un jour, jadis, autrefois, au siècle dernier? – un office du tourisme libanais. Celui-là est au Caire, en bordure de la place Tahrir. Pas de bol, dans le coin, tout est fermé depuis des mois...

Et puis à 20m de là, il y a beaucoup de manifestants, mais aussi des artistes, alors c'est bien de leur donner la parole. Les dessinateurs du Caire ont beaucoup d'humour et se paye la tête des généraux de la sainte armée égyptienne (vainqueur comme chacun sait de toutes les guerres israélo-arabes).

Quand soudain, parmi tous les graffitis ornant les environs, je tombe sur ça:

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Ça vous dit quelque chose, non?

 
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