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mercredi, 27 septembre 2006

Toute petite lueur

medium_amosoz.jpgAlors que l'armée israélienne n'a pas encore achevé son retrait complet du territoire libanais (hors fermes de Chebaa bien entendu), des voix discordantes tentent de s'élever en Israël. Entre une guerre ratée au Liban et une impasse totale avec le gouvernement palestinien élu, 71 écrivains (dont Amos Oz – ici en photo – co-fondateur du mouvement La Paix maintenant), universitaires et anciens membres de l'armée et des renseignements ont signé une pétition demandant au gouvernement Olmert de dialoguer avec le Liban, la Syrie et le Hamas.

medium_dessin.jpgDites, on peut toujours rêver alors? Bon, OK, ça va pas être facile, il va falloir en faire tomber des murs...

Promenade dominicale

medium_occupation_5.jpgDimanche dernier, je suis descendue à la frontière sud, pour voir ce qu'il était advenu des villages funestement célèbres de Bint Jbeil, Maroun el-Ras, Yarine... En résumé, le ciel leur est tombé sur la tête, au propre comme au figuré. Et les quelques maisons qui ont été épargnées par les bombes ont connu une autre sorte d'enfer. "J'aurais encore préféré qu'elle soit détruite", m'a confié l'un des habitants qui a retrouvé sa demeure dans un drôle d'état. Vous pourrez en juger sur les deux derniers albums Quel reste-t-il du joli Sud? et Sud sur graffiti. La preuve par l'image.

J'étais accompagnée de Michel, un gentil pompier et bon chrétien du Nord qui, pour la première fois de sa vie, allait dépasser Saïda et qui ne revenait pas de ce qu'il voyait. A défaut d'autre chose, cette excursion – ou balade digestive selon certains – aura au moins servi à ouvrir les yeux d'une personne sur ce qu'a traversé son propre pays. Je ne peux même m'imaginer ce que vivre ces trois derniers jours de la guerre à Maroun el-Ras a dû être. Et je me demande souvent comment les hommes qui sont payés pour concevoir des bombes toujours plus puissantes et toujours plus destructrices dorment la nuit... 

samedi, 23 septembre 2006

Bonsoir l'automne

Voilà. Il est minuit vingt. J'ai fini d'étendre mon linge il y a dix minutes et la pluie vient de commencer à tomber. Fort. J'ai donc cavalé, avec mes tongs qui faisaient ventouse sur le sol mouillé, pour essayer de couvrir avec une bâche en plastique les étagères sur le balcon, déplacer les meubles de jardin, rentrer le linge que je venais de mettre sur les cordes et enlever du balcon du haut ce qui pourrait être abimé, comme le tapis blanc que j'avais mis là pour l'ensoleiller il y a un mois et que j'ai oublié. Je suis trempée, j'ai de la buée sur mes lunettes. Dehors, deux globes de lampadaires publics ont éclaté l'un après l'autre. Un court-circuit, sûrement. Au Biel, il devait y avoir un mariage car un feu d'artifice a été lancé précipitamment... et brièvement. L'automne est arrivé hier et la pluie l'a suivi ce soir. Mais ce n'est pas triste, car c'est cette pluie méditerranéenne que nous aimons tant, et il fait toujours chaud. Il est bon, l'automne libanais...

vendredi, 22 septembre 2006

Manif demain au Châtelet

medium_Israel_Flag.3.jpgDemain samedi 23 septembre, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appelle à une grande manifestation pour réclamer la fin des guerres coloniales en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Rendez-vous donc à 15 heures au Châtelet.

 

23:25 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1)

Pendant ce temps...

"Ils ont travaillé plusieurs jours avec un char et deux bulldozers. Les gens sont en colère. Après autant de destructions, nous voulons qu'ils partent!" Abdel habite Markaba, près de la frontière avec Israël, et il n'est pas content. La ligne bleue, qui délimite en principe les deux pays, aurait été bougée d'un kilomètre près de cette localité. Par Israël, à l'intérieur des terres libanaises évidemment. Officiellement, l'armée israélienne occupe encore deux positions au Liban: à Marwahine et à Yarine. Par endroits, le grillage de la ligne bleue est percé et c'est par là que les soldats passent. Des remblais de terre sont installés, l'eau du fleuve Wazzani est détournée, les avions survolent le pays, comme au bon vieux temps. L'armée israélienne déploie des barbelés sur une dizaine de villages et grignote des terres. A tel point que même le commandant en chef de la FINUL, le sieur Pellegrini, a manifesté son mécontentement, et que le Liban a porté plainte devant l'ONU. Un cri dans le désert, mais que, s'il reste sans réponse, Nasrallah a assuré de faire entendre. Comme au bon vieux temps, on vous dit.

21:25 Publié dans Sud-Liban | Lien permanent | Commentaires (0)

Victoire divine

medium_Hezbollah.jpgÇa aurait pu être une kermesse, tant la foule était joyeuse et bigarrée, se pressant pour assister au "festival de la victoire" organisé vendredi par le Hezbollah au cœur de la banlieue sud dévastée. Mais c’est en fait à une démonstration de force populaire et politique sans précédent que le Liban a assisté. Une véritable déferlante de partisans acharnés, de simples sympathisants et de curieux, a répondu à l’appel de Hassan Nasrallah, chacun arborant ses couleurs politiques: l’orange du général Aoun, les verts de l’autre parti chiite Amal et du courant prosyrien chrétien des Marada. Mais ce vendredi, la place blanche fut surtout jaune: drapeaux accrochés à des cannes à pêches ou tenus à bout de bras, casquettes, T-shirts, ballons, tous à la gloire du Hezbollah... «Le plus grand rassemblement de l’Histoire du Liban», selon les organisateurs, faisant implicitement référence à la manifestation antisyrienne du 14 mars 2005 (ayant réuni plus d’un million de personnes). Ils furent peut-être 500000 à braver les embouteillages dantesques pour s’entasser sur le terrain vague déblayé, asphalté et sécurisé par le parti de Dieu. Certains sont même venus de l’étranger, comme Salim qui explique: «J’ai vu d’Allemagne ce que le pays a vécu; j’ai pris mon billet d’avion dès que j’ai entendu l’annonce de Nasrallah.» Un autre débarque d’Arabie Saoudite pour «célébrer cette victoire divine qui fait honneur à tous les Arabes» et qui, pour tous, revient d’abord à Nasrallah le bien nommé: Nasr signifie victoire en arabe et Allah Dieu. Tous sont venus l’applaudir sans savoir, jusqu’au dernier instant, s’il serait présent, en chair et en os. Mais à 16h30, comme prévu, le secrétaire général du Hezbollah, solidement encadré de deux gardes du corps, traverse la foule, la saluant au passage, un sourire radieux sur les lèvres, tandis qu’un flot de ballons est lâché dans les airs. «Ma présence vous met en danger, mais je n’avais pas le cœur de ne pas être avec vous», explique-t-il à la foule qui boit ses paroles. Dans son discours fleuve, il fait de l’humour, ironise, apostrophe, félicite. «Vous êtes les résistants! Personne ne peut vous retirer cette victoire politique, stratégique et voulue par Dieu!». La foule, tendue, est parcourue d’un frémissement à chaque mot bien pesé. Car Nasrallah n’épargne personne. Les Etats-Unis «responsables de cette guerre qu’ils ont voulue, préparée et armée. Les trois derniers jours ont été les pires alors que la 1701 avait été signée et l’on veut nous vendre que les Etats-Unis ont voulu arrêter la guerre? Si les Américains étaient arrivés à leurs fins, le Liban se serait transformé en Irak.» Les pays arabes ensuite «qui restent impuissants devant les enfants tués au Liban et en Palestine occupée, alors qu’ils disposent de l’arme pétrolière». Nasrallah va loin, assurant que si les peuples arabes s’alliaient, ils pourraient libérer la Palestine «de la mer jusqu’au Fleuve (Jourdain)». Il égratigne aussi le Premier ministre Siniora («ce n’est pas avec des larmes que l’on bâti un Etat fort») et le chef druze Walid Joumblatt, fer de lance des «pro-désarmement» («Je suis un homme du peuple! Ni moi, ni mon père, ni mon grand-père n’avons été ‘Bek’» en référence au titre tribal de Joumblatt). A la Finul, il répète que, du moment qu’elle ne tente pas de le désarmer, elle est la bienvenue «même si aucun des pays membres n’a dit envoyer ses hommes pour défendre le Liban (...) Nous faisons tout pour ne pas violer la résolution 1701 car le monde entier n’attend que cela, alors qu’Israël détourne notre eau et grignote nos territoires, ce qu’il ne pouvait pas faire quand nous étions au Sud. Mais soyons clairs: si le gouvernement laisse faire, le peuple réagira!» Car, conscient de son nouveau poids politique, Nasrallah renouvelle ses exigences: un gouvernement d’union nationale «car l’actuel est incapable de garantir l’unité et la sécurité du pays» et un retrait israélien total, y compris des controversées fermes de Chebaa, assurant qu’il disposait toujours de 20000 roquettes et que le Hezbollah «n’avait jamais été aussi puissant». Nasrallah affirme cependant que ses armes ne sont pas éternelles, n’étant que la conséquence d’un état de fait: «Les violations de la souveraineté libanaise par Israël et l’absence de volonté politique réelle de régler le problème. Réglez les causes et les conséquences disparaîtront d’elles-mêmes, simplement!», conclut-il avec un sourire entendu, martelant enfin un «Personne ne me fera taire» salué par les vivats d’un auditoire entièrement acquis à sa cause.

Ceux qui espéraient un virage "historique" de la ligne politique du Hezbollah sont sous le choc. Et en attendant, le reste du pays se demande si un coup d'Etat se prépare... Quelle journée. Il paraît qu'elle devrait devenir fête nationale, et même arabe. Franchement, moi, je ne sais qu'en penser...

jeudi, 21 septembre 2006

Guerre déclarée

Nous en parlions ici même il y a quelques temps, de ces putains de bombes à sous-munitions (BASM), joyeusement et généreusement larguées sur le Sud-Liban dans les 72 dernières heures de la guerre. Nous venons de recevoir, par mail, un message les concernant. Allez-y, ça peut pas faire de mal.

22:45 Publié dans Sud-Liban | Lien permanent | Commentaires (0)

Allo docteur, la France est malade

Ce post ne concerne que moi, que le regard que je porte sur la France. Certes, ce pays est un beau pays, où l'on mange bien, où l'on boit bien. Certes.

Pour la première fois depuis 10 ans, je suis donc en France pour un séjour de plus d'une semaine, qui ne ressemble pas à un marathon. Pour la première fois, j'ai le temps de sentir, de voir, d'écouter ce pays et ses habitants (que je sélectionne prudemment, c'est vrai). Pendant ces 4 premières semaines, j'ai essayé de rester le plus objectif et lucide. Et bien le constat est terrifiant.

La France – peut-être à l'image du reste de l'Occident vu ce que j'ai expérimenté et entendu aussi en Belgique – est devenu un pays triste, à l'arrêt, qui a peur de tout. Vu de l'étranger, ce pays est considéré comme une anomalie, avec ces salariés qui pleurent pour leurs 35 heures et leurs acquis sociaux, avec cette jeunesse sans vrais horizons qui prévoit la veille d'être fatiguée le lendemain... Vu de l'intérieur, c'est presque pire. Je vais probablement passer des clichés en revue, mais... Quand je suis arrivé, il faisait froid et il pleuvait: les gens ronchonnaient. Depuis, il fait super beau, chaud, le ciel est bleu: les gens ronchonnent. Dans le métro, dans les rues, les gens font la tronche (ça, c'est pas nouveau...). Sur les trottoirs, les SDF sont de plus en plus jeunes... Le "i" de iPod est aussi celui de l'individualisme: la moitié des usagers du métro sont branchés sur leurs baladeurs numériques, les pères de famille ne sont plus des hommes de cause... Tout s'est automatisé: même les portes de la station de métro Louise Michel, quand on sort, s'ouvrent automatiquement. On a même plus le plaisir de dire merci et de faire un sourire à la personne qui nous précède et qui la tient. Un mercredi, j'ai voulu accompagner mes filles au cinéma. Je voulais savoir si les enfants de 3 ans étaient acceptés: je suis resté pendu au téléphone 10 minutes, me faisant balader par des répondeurs, pianotant sur les touches, pour évidemment ne jamais tomber sur un être humain. Du coup, je n'ai pas eu mon renseignement et nous ne sommes pas allés au cinéma. L'humain semble s'effacer, et le phénomène s'accélère. C'est du moins ce que beaucoup de gens me disent. 

Et il y a la peur. Elle, elle est partout. Si j'étais candidat à la présidence, c'est contre elle que je partirais en guerre, mais ceux qui sont dans la course actuellement semblent tout faire pour la voir grandir. A Levallois où je réside actuellement, les "bons Français de souche" se barrent, car dans les rues, les musulmans à longue barbe déambulent avec leurs femmes en burka, comme en Afghanistan sous les taliban, les squares sont peuplés de juifs portant fièrement leur kippa comme signe d'appartenance et de reconnaissance... Le communautarisme n'existait pas il y a 10 ans, les extrémismes sont omniprésents, et un homme comme Le Pen pourrait tirer les marrons du feu encore une fois à la prochaine élection. Un soir, je rentrais avec mes parents en voiture. Nous étions arrêtés à un feu rouge, nous écoutions France Info, qui parlait des bateaux de réfugiés africains s'échouant sur les plages des Canaries et d'une nouvelle nuit de violence dans je ne sais quelle banlieue. Je les regardais, en me disant que eux voyaient une certaine idée de la France disparaître. Et qu'ils ne pouvaient rien y faire. Soudain, deux chansons me sont venues à l'esprit, Quand la banlieue descendra sur la ville de Thiéfaine et Hexagone des Têtes Raides... Deux chansons qui font un diagnostic très juste de la société française (à conseiller si vous ne les connaissez pas).

Finalement, la France donne l'impression de ne pas avoir accepté de ne plus être un grand pays, de ne plus être le centre du monde comme sous Louis XIV. En regardant les pays environnants, et tout le bloc occidental, je suis pris de tourni. L'Europe se transforme peu à peu en forteresse, dernier signe de décadence de tous les empires que l'humanité ait connu. L'Occident se craquèle, s'effondrera certainement de notre vivant. C'est comme ça. Sans être fataliste, cela semble être l'évolution logique du processus auquel nous assistons.

Quelle est la porte de sortie? Chacun sa réponse. En ce qui me concerne, elle s'appelle Roissy, direction Beyrouth. Il y a beaucoup moins de marchands de peur là-bas. Cela paraîtra peut-être complètement paradoxal et à côté de la plaque pour beaucoup, mais je me sens beaucoup plus en sécurité au Liban qu'en France.

16:40 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 16 septembre 2006

Le besoin d'en parler

De passage à Bruxelles pour quelques jours, je me suis retrouvé cet après-midi, sur la terrasse ensoleillée (eh oui, il fait beau en Belgique!) d'un pub place Saint-Jean, à siroter une délicieuse bière blanche en compagnie d'un responsable du quotidien belge Le Soir pour lequel j'ai pas mal travaillé cet été durant les "événements". Cela fait près d'un mois que je suis en Europe, et je réalise la chance que j'ai: celle de "sélectionner" les gens avec lesquels je discute, auxquels je raconte notre saleté de guerre de juillet. Je parle, je raconte, je me vide. Et quelque part, cela fait du bien.

Juste après l'arrêt des combats, nous prenions conscience, Nathalie et moi, que pris par les événements et l'accumulation de travail et d'adrénaline, nous n'avions même pas pu prendre le temps de parler de tout ce que nous vivions entre nous, même si nous avions pleinement conscience de partager des moments très forts. Depuis trois semaines, je me rends donc compte que j'ai la chance d'avoir pu être écouté (un luxe dans ce monde où tout va trop vite à mon goût). Je me rends compte aussi combien cela serait pesant de ne pas avoir pu exprimer ce que j'ai vu, et senti. Je me rends compte surtout que Nathalie n'a pas cette chance, et que cela doit être très difficile à vivre.

mercredi, 13 septembre 2006

Beyrouth-sur-Pub

Pendant que les politiques se prennent le jonc,que le Hezbollah accuse le gouvernement de collaboration avec Israël, que le général Aoun salive à l'idée d'une chute de Siniora, que les ex-Phalanges chrétiennes célèbrent leur "martyr" Bachir Gemayel à coups de pétards et de défilés bruyants, que Joumblatt s'agite tout seul dans son magnifique palais de Moukhtara, que, que, que...  les créatifs libanais, eux, surfent sur la vague du patriotisme et de la reconstruction. Les affiches fleurissent un peu partout, certaines bidouillées, d'autres hilarantes. Nos créatifs, décidément très inspirés par l'après-guerre, font parfois preuve d'une conviction et d'un sens de l'humour qui tranchent un peu avec l'ambiance générale. Mais qui fait plaisir quand même.

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20:35 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (3)

mardi, 12 septembre 2006

Bon voyage

Voici qui donne une bonne idée de l'état d'esprit des Libanais en ce moment. C'est triste, mais cela en dit long... Nous, on s'accroche.

medium_Goodbye.jpg

samedi, 09 septembre 2006

Levée à deux vitesses

Bien. Israël a donc levé son blocus aérien d'abord, puis maritime... tout en se réservant le droit d'intervenir, pour protéger son autre et fameux droit à l'auto-défense. Les six habitants de Aita ach-Chaab devaient sans doute représenter un danger bien menaçant pour l'Etat hébreu, puisqu'ils ont été enlevés près de leurs villages et emmenés en Israël sans autre forme de procès. Deux d'entre eux travaillaient dans une école pour handicapés, les autres étaient partis à leur recherche. Grand crime devant l'Eternel, surtout en territoire libanais. Dans le même temps, un cargo libanais était empêché d'arriver au port de Beyrouth.

Comme il le fait depuis des années, Israël continue donc de régner en maître et de dicter sa loi, en dépit de toutes les conventions internationales et de tous les engagements pris. Ce genre de violation n'est pas nouveau, mais il laisse présager un retour aux mêmes abus que le Liban, et les territoires palestiniens, subissent depuis trop longtemps. En espérant que la communauté internationale, présente en force cette fois-ci, puisse et veuille témoigner. 

En attendant, c'est l'émotion à l'aéroport de Beyrouth, où ceux qui sont restés accueillent, en larmes et avec fleurs et ballons, ceux qui sont partis. C'est déjà pas mal, me direz-vous... 

mercredi, 06 septembre 2006

La culture au pouvoir

Hier soir, un chose avait l'air d'être une évidence.

Entre deux larmes versées à chaque évocation de Beyrouth (vous allez dire qu'il a la larme facile ce mec-là!), les mélomanes libano-parisiens ont eu droit à une grande leçon, sur la scène du théâtre du Rond-Point. Merci à Nidal al-Achkar (directrice du théâtre Al-Madina à Beyrouth), merci à Jean-Michel Ribes (directeur du théâtre du Rond-Point) et surtout merci à Karim Ghattas, directeur du festival LibanJazz qui n'a pas pu avoir lieu cette année dans la vieille ville de Zouk Mikhaël.

Le temps d'une soirée, ils ont démontré que les hommes avaient inventé une chose bien plus belle que les bombes et la connerie: la musique. Et le jazz en l'occurrence, puisque c'était le thème du soir.

Sur scène, après une intro bizarroïde signée Camille (qui était à Beyrouth en juin dernier), de grands noms du jazz se sont succédés, trois heures durant. Et là, j'ai vécu un coup d'Etat: soudain, je me suis dit que ce sont ces gens là qui devraient gouverner le monde. On a eu droit à tout… Un prodigieux discours d'investiture, co-signé par un pianiste, un accordéoniste et un oudiste. Comme quoi le dialogue et la culture transcende toutes les différences et tous les continents. On a eu le ministère de la Douceur, avec Mina Agossi reprenant a capella une chanson de Claude Nougaro (étrangement de circonstance), Y'avait une ville… On a eu le ministère de la Zénitude, avec trois oudistes débarqués la veille de Pluton. On a eu le ministère de l'Energie, à la fin, avec ces jazzmen ricains aux tempes plus que grisonnantes (pour ceux qui avaient encore des cheveux) et qui dégageaient une joie de vivre hallucinante…  Je vais pas vous faire le gouvernement tout entier, mais y'avait de quoi.

Bref. Ce qui a réuni tout le monde hier au Rond-Point, artistes et spectateurs, c'est un cri du cœur pour dire que la planète ne tourne pas uniquement autour de Saint-Pognon et de la soif de pouvoir d'une poignée d'entre nous. Et là où Beyrouth aura toujours une longueur d'avance sur les autres grandes villes arabes (Dubaï en premier lieu), c'est bien sa vie multiculturelle, qu'il faut sauver et maintenir à flots coûte que coûte. Hier soir, Beyrouth était la capitale du monde… sur la scène du Rond-Point

 

mardi, 05 septembre 2006

Dunia près de chez vous

medium_affiche_dunia_bd.JPGAprès un été complètement anihilié aussi côté culture, le Liban se fait une joie d'annoncer la sortie cette semaine du film de Jocelyne Saab, Dunia, simultanément au Liban (Circuit Empire) et en France (achetez le Pariscope...).

Dunia, c'est l'histoire d'une étudiante au Caire en poésie soufie et en danse orientale. Dunia espère devenir danseuse professionnelle, mais se cherche. Elle rencontre alors le docteur Béchir et découvrira dans ses bras le plaisir des sens...

Jocelyne Saab, présente au dernier festival de Sundance, montre ainsi que l'on peut être une artiste femme, Levantine et arabe, et parler de la sensualité corporelle. Ce film contribuera peut-être, à sa modeste échelle, à changer l'image de la femme arabe...

18:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 01 septembre 2006

Rappel aux Parisiens!

Rappel pour les étourdis: mardi 5 septembre, au théâtre du Rond-Point à Paris aura lieu le Concert en blanc, réunissant de nombreux jazzmen (et women) venu(e)s se produire à Beyrouth ces dernières années. Les bénéfices du concert (co-organisé par le Rond-Point, Liban Jazz et Al-Madina), seront reversés à la Croix-Rouge libanaise. Venez nombreux!

Noir et blanc

Voici un petit film d'animation libanais, glané sur YouTube. C'est très loin d'être du Walt Disney, mais cela donne une idée de la façon de voir la guerre de la part d'un dessinateur arabe.

 

 
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