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jeudi, 19 octobre 2006

Le Liban, Israël, la Palestine et les présidentiables

medium_I15elyse.jpgIl y a plus d’un an, au moment du référendum sur la Constitution européenne, je n’avais pas vraiment d’idée fixe sur le bulletin que j’allais glisser dans l’urne. Surtout après avoir écouté la pseudo campagne franco-française. Egoïstement, je m’étais posé la question suivante: j’habite à l’étranger, au Proche-Orient pour être exact, qu’est-ce que cette Constitution va changer pour moi? Du coup, j’avais pris mon courage à deux mains et avais téléchargé le texte constitutionnel pour y déceler des éléments de réponse. Trois m’avaient marqué, dont un majeur: la volonté de donner une voix unique à la politique extérieure européenne. Dans le règlement du conflit israélo-arabe, l’Europe brille par son absence. Alors je m’étais dit que – peut-être – ce traité pouvait changer quelque chose. J’avais donc voté oui.

Sans faire une leçon d’histoire, la politique extérieure française penche plutôt du côté arabe depuis le général de Gaulle. Une chose est quasiment sûre: cette ligne politique va disparaître après la prochaine élection présidentielle (en cas de non réélection de Jacques Chirac évidemment, mais bon...). Pour la prochaine présidentielle de 2007, je suis un peu dans le même flou que lors de la campagne pour le traité européen.

Hier soir, j’ai écouté le faux débat sur les questions sociales françaises entre Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Le discours du deuxième m’a paru de loin le plus pertinent. Je me suis donc attelé à chercher sa position sur le Proche-Orient. Je me suis dis que ce serait pas mal de faire la même chose pour les autres candidats de droite comme de gauche (j’ai exclu volontairement les extrêmes, les délires antisémites de Le Pen et les élucubrations révolutionnaires de Besancenot ne me faisant pas vraiment rire). Voici le résultat de ces recherches (par ordre alphabétique)… C’est un peu long (même très long et déséquilibré pour certains candidats comme Ségolène Royal, mais faut bien avouer qu’elle n'est pas très prolixe sur la question pour l’instant, elle est plus au point sur la région Poitou-Charentes), mais ça mérite de s’y pencher. Voici donc quelques morceaux choisis, à chacun de se faire son propre avis...


medium_bayrou.2.jpgFrançois Bayrou (UDF)
• Lors de son discours à l’Assemblée nationale début septembre, à propos de la guerre de juillet: «L’acte I de la guerre 2006 s’est achevé au moment où la résolution 1701, dans la rédaction de laquelle la France a joué un rôle positif, a mis un terme au plus brûlant du conflit. Mais l’acte II commence et son issue n’est pas définie. Nous l’espérons positive. Mais elle peut être aussi inquiétante et dangereuse selon que nous saurons, ou non, faire évoluer la situation sur le terrain. Nous sommes tous d’accord sur la démarche consistant à reconstruire le Liban et à demander à la communauté internationale d’aider ce pays, en particulier devant le drame et la menace que représentent pour des centaines de milliers de Libanais les mines antipersonnel et les résidus de bombe à fragmentation. (…) La France a un lien avec les trois protagonistes du conflit: un lien avec Israël, un lien fort, impossible à briser. La France a un lien avec le peuple palestinien. Et la France a un lien avec le Liban, celui-là aussi impossible à oublier, impossible à éluder.»
• Même discours, à propos de la racine du conflit israélo-palestinien: «La France a vécu comme une blessure pour l’ensemble de l’humanité, une blessure pour le visage du monde, le sort fait pendant des siècles aux juifs, ce peuple d’exilés, à ce peuple sans terre, sort qui a débouché, dans la folie hitlérienne et nazie, jusqu’à une Shoah, une catastrophe à l’échelle de l’humanité. C’est une blessure pour l’ensemble de l’humanité qu’une tentative délirante et planifiée, en Europe, sur notre terre, chez nous, et parfois avec l’aide et la complicité de nos compatriotes, ait décidé et réalisé l’extermination des femmes, des enfants, des malades, des filles et des garçons, des sages et des savants, et jusqu’au plus ordinaire des enfants du peuple juif. De cela, nous nous sentons débiteurs. Non pas à l’égard du seul peuple juif. Mais à l’égard du peuple humain. (…) Ceux qui si longtemps avaient enduré, ceux que si longtemps on avait pliés, ceux qui n’avaient pas d’armes, et dont les mains étaient nues se sont levés, à bout de désespoir, et d’humiliation et d’infinie douleur et ont dit «plus jamais». (…) Et pourtant, de ce même mouvement, nous n’ignorons rien des souffrances que cette décision a fait naître. Nous savons bien qu’il y avait sur cette terre d’élection non pas seulement le désert - comme on dit quelques fois - mais des familles, des femmes et des enfants et des hommes faits et des vieillards que cette catastrophe a touchés eux aussi, bien qu’ils n’y eussent aucune part. Et que ceux-là aussi, peuple de Palestine, sont des victimes, et ont bien le droit de dire «plus jamais». Voilà pourquoi la France considère que l’équilibre nouveau à trouver entre l’État qu’ont formé les humiliés juifs d’hier et l’État que doivent former les humiliés palestiniens d’aujourd’hui, cet équilibre importe à l’ensemble de l’humanité.»
• Même discours, à propos du Liban: «La France a un lien indissoluble avec le Liban. Sans la France, le Liban n’existerait pas. C’est la France qui a pris la responsabilité historique de donner une chance à l’indépendance libanaise face à la revendication de Grande Syrie. C’est la France qui plus d’un siècle auparavant avait protégé le Mont Liban pour en faire une province autonome de l’empire ottoman. Et c’est la France qui a servi de garant à cette idée historique de faire une communauté nationale d’un peuple éclaté entre tant de communautés, liées par un contrat complexe. Cette fidélité, faut-il le rappeler, a été lourde de conséquences pour notre pays. Dois-je le rappeler, la France a vu son ambassadeur, Louis Delamarre, assassiné le 4 septembre 1981 parce que la France voulait qu’on sorte de la guerre civile. Dois-je le rappeler, la France, le 23 octobre 1983, à 6h15 du matin, a payé le lourd tribut de 58 hommes dans l’attentat du Drakkar. C’est le lien indissoluble de la France au Liban, pour qui la langue française est une seconde patrie…»
• Même discours, concernant le désarmement du Hezbollah: «Si le mandat de la Finul est le même que le mandat précédent, la Finul 2, la deuxième force des Nations Unies au Liban, ne servira pas davantage que la Finul 1, la première force. Et l’on risque, sous les yeux même des contingents armés de l’ONU, d’assister au réarmement de la milice du Hezbollah. Ceci ne serait pas conforme à la lettre, et pas davantage à l’esprit, des résolutions des Nations unies. La résolution 1559 qui oblige au désarmement effectif des milices et à l’exercice de l’autorité sur le terrain de l’armée libanaise. Et la résolution 1701 qui indique l’armée libanaise comme seule autorité légitime au Liban en matière de sécurité. Et surtout, ce serait un risque immense pour le Liban, pour Israël, et pour la paix. Cela signifierait qu’une faction, qui vise ouvertement la destruction d’Israël, s’arroge, sur le terrain, la domination sur une région d’un pays souverain. Et on voit bien les conséquences, en déconsidération des Nations unies, de déstabilisation de la région et du Liban tout entier que supposerait cette acceptation. (…) Le réarmement des milices, ce serait l’échec assuré pour la politique nécessaire de paix et de restauration de la souveraineté d’un Liban indépendant.»
• Janvier 2006, lors d’un petit déjeuner du CRIF, à propos d’Ariel Sharon: «Je n'ai jamais participé à la "chasse à Sharon", même si j'ai été souvent en désaccord avec sa politique dans le passé (...). Je l'ai souvent rencontré, et j'avais pressenti qu'il serait capable de prendre des grandes décisions (...). Ceux qui disent que ce sera le chaos sans lui n'ont pas compris qu'Israël est une vraie démocratie, la seule du Proche Orient, et que seules les vraies démocraties sont des régimes durables. Et ils ne le comprennent pas parce que ici, nous n'avons pas de vraie démocratie".
• Début septembre, à l’université d’été de l’UDF: «Le chemin ouvert jadis par Schuman et Monnet – pour moi qui aime Israël, qui aime le Liban, qui aime et respecte la Palestine –, c'est le seul chemin disponible pour qu'ils sortent de la guerre et retrouvent la paix. L'édification d'une communauté où chacun garderait sa souveraineté, j'allais dire de manière fédérale. Passer directement de la guerre à la maison commune, dans laquelle chacun a son espace, dans laquelle, épuisés de se faire la guerre pour des choses tellement sensibles qu'il n'y a pas de fin à cette guerre, on décide que ces choses sensibles on les gérera ensemble: l'eau, les réfugiés, les Lieux Saints. Nous avons géré comme ça le charbon et l'acier: on s'est fait cent ans de guerre pour le charbon et l'acier! (…) Je ne crois pas qu'il existe de moyen terme entre les deux: ou bien on se fait la guerre, ou bien on choisit de vivre ensemble, et il n'y a qu'un modèle pour faire ce chemin, c'est le chemin de la communauté puis l'Union Européenne.»
• Voici un lien vers le discours de Bayrou en décembre 2004, invité par le CRIF.


medium_fabius2.jpgLaurent Fabius (PS)
• A propos de la guerre de juillet, au JT de France 2, fin juillet: «Qu’il y ait une réaction d’Israël, c’est normal, mais ce n’est pas la même chose, de se défendre et de raser complètement le Liban. Enfin, il faut aussi voir que l’agresseur de toute cette affaire c’est le Hezbollah, avec deux pays qui sont des pousse-au-crime, qui sont la Syrie et l’Iran, à l’égard desquels il faut être extrêmement ferme, j’allais dire tout à fait dur. Cela ne justifie pas que l’on détruise le Liban et, sur ce point, je pense que la diplomatie française et le président de la République ont dit et fait absolument ce qu’il fallait. (…) Les pays du G8 se sont réunis et ils ont abouti à rien du tout. L’Onu est impuissante, parce que les Etats-Unis bloquent, l’Europe est impuissante malheureusement.  (…) La seule solution au conflit: retour au cessez-le-feu, force internationale, discussion. Et puis, en ce qui concerne Israël et la Palestine, il faut la reconnaissance de la sécurité d’Israël et du droit des Palestiniens à avoir un Etat.
• A propos de la question libanaise: «Doit-on ou non parler à la Syrie? La Syrie est certainement engagée dans le meurtre d’Hariri et dans d’autres exactions, mais si on veut aboutir à une solution durable sur le plan régional, on ne voit pas comment on pourrait éviter de parler à la Syrie. Donc, si l’objectif est d’aboutir à une solution efficace, il faut parler à la Syrie. Parler ne veut pas dire s’aligner. Parler ne veut pas dire considérer que celui qui est en face dit la vérité. Mais il faut parler avec la Syrie. (…) J’applique la même démarche à Israël. Je pense que ce qui est en train d’arriver là bas – avec la guerre au Liban – secoue profondément la société démocratique israélienne et oblige à un certain nombre de remises en cause. Depuis des années – à vrai dire depuis 60 ans  –, la politique de sécurité d’Israël, c’est la politique de «défense offensive»: Israël est menacé, il lui faut donc «frapper» préventivement sur les Etats voisins lorsqu’ils menacent. Cette politique montre son inefficacité lorsqu’il ne s’agit plus d’Etats à proprement parler. Comment appliquer cette politique vis-à-vis du mouvement palestinien? Comment appliquer cette politique vis-à-vis du Hezbollah? De la même façon je pense que nous, français, nous allons être obligés d’aller un peu plus loin dans la qualification que traditionnellement nous utilisons vis-à-vis de la question palestinienne. Nous disons – nous avons raison – il faut qu’Israël, dont la sécurité est évidemment vitale, reconnaisse l’Etat palestinien. Il faut que nous disions: un Etat palestinien, sur un territoire viable, dans des conditions gérables et en assurant les garanties de la sécurité de l’Etat palestinien. Je vais un peu plus loin en ce qui concerne Israël. Jusqu’à présent Israël a considéré que les solutions militaires lui permettaient d’assurer sa sécurité. Ce qu’on est en train de voir prouve que cela ne fonctionne pas. (…) J’applique la même démarche à l’Iran et au Hezbollah. Personne ici n’a la moindre sympathie pour les thèses qui sont développées par Ahmadinejad et concernant le Hezbollah, dire tout simplement qu’il s’agit là d’un mouvement qui n’a pas de bases profondes dans le peuple libanais, c’est faux. En tout cas, c’est devenu faux. On peut dire: «C’est malheureusement devenu faux», c’est comme ça. Cela implique de notre part là aussi de parler. (…) Je voudrais pour terminer – pour ne pas qu’il y ait de méprise sur le sentiment que j’ai vis-à-vis du peuple israélien, vous lire une phrase d’Itzhak Rabin. Parce que je pense qu’elle définit exactement ce que nous devons avoir comme position sur le terrorisme: «Je combattrai le terrorisme comme s’il n’y avait pas de processus de paix et je poursuivrai le processus de paix comme s’il n’y avait pas de terrorisme». Il n’y a pas d’autre solution efficace à long terme vis-à-vis du terrorisme que dans un processus politique.»
• Dans une interview à Actualité juive, en février 2006 et après un voyage en Israël et en Palestine: «Cela faisait assez longtemps que je ne m’étais pas rendu sur le terrain pour me rendre compte des évolutions de part et d’autre et dialoguer. Ce fut donc extrêmement utile. (…) En quelques mois, énormément de choses ont changé. En Israël, le tableau de la vie politique a été bouleversé. Du côté palestinien, me retrouvant dans les territoires deux jours avant les élections, j’ai ressenti que les pronostics officiels étaient décalés par rapport à ce qu’on pouvait anticiper sur les scores réels du Hamas et du Fatah. J’ai été confirmé dans ma conviction qu’il faut tenir le même langage, que l’auditoire soit Israélien ou Palestinien: pas de double langage. Il existe deux principes auxquels il faut absolument se tenir si l’on souhaite avancer: la sécurité d’Israël, la nécessité d’un Etat palestinien viable. Ces deux principes doivent être sans cesse réaffirmés, et nous devons appuyer les mesures concrètes qui permettent d’aller dans ce sens.»

medium_segolene_royal.jpgSégolène Royal (PS)
• Elle propose de «rétablir immédiatement» les aides européennes à l'économie des territoires palestiniens: «Si la famine s'installe, si le désespoir s'installe, alors la guerre civile s'installe. Compter sur cette perspective de guerre civile pour éliminer le Hamas serait irresponsable.»
• Elle souhaite également que l'Europe «prenne l'initiative» d'une conférence internationale sur la paix au Moyen-Orient sur le modèle de la conférence de Madrid de 1991. «On sait qu'un certain nombre d'Etats y sont opposés, ce n'est pas une raison d'y renoncer», déclare-t-elle. «Aujourd'hui, on le voit au Liban, le monde a besoin de l'Europe, seule puissance pacifique capable de représenter une alternative à l'hyperpuissance américaine.»
• A propos de l'Iran, elle juge ses «menaces explicites contre Israël et les provocations verbales intolérables», mais elle ajoute: «La voie de la diplomatie avec l'Iran repose aussi sur la reconnaissance du rôle de ce pays dans la région.»
• Je rajouterai en outre un lien vers un portrait de la reine des sondages, publié sur le site quibla.net. Il vaut ce qu'il vaut, mais y'a des trucs rigolos et qui posent questions... En tout cas, la fameuse petite phrase de Bourdieu dont tout le monde parle, "Elle est de droite", trouve ici quelque écho.

medium_sarkozy-aout.jpgNicolas Sarkozy (UMP)
• A propos de la guerre de juillet, au JT de TF1, le 16 juillet: «Israël doit se défendre et a le droit de se défendre. Au Proche-Orient, il y a un agresseur, le Hezbollah, qui se comporte de manière invraisemblable.»
• Sur l’antenne d’Europe 1, le 18 juillet: «Le Liban a droit à l’indépendance, droit à la paix. (…) Le Liban doit être défendu.» Voici un lien comme mix de ces 2 interviews.
• «Je veux dire combien je me sens proche d'Israël. Israël est la victime. Israël doit tout faire pour éviter de passer pour l'agresseur.»
• A propos du Hezbollah: «L'attitude qui consiste à envoyer des roquettes sur le nord d'Israël sans se demander sur qui vont tomber ces roquettes est une opération terroriste. (…) Accepter d'être financé par l'Iran dont on sait ce que disent ses dirigeants revient à se situer dans le camp des terroristes.»
• Commentaire du journal Asharq alawsat (avec des capitaux saoudiens derrière): «Il est probable que les déclarations de Sarkozy aient des répercussions sur la politique intérieure, plus particulièrement à l'approche de l'élection présidentielle». Pour étayer sa thèse, le quotidien explique que «des déclarations similaires prononcées par l'ancien premier ministre, Lionel Jospin, à l'université palestinienne de Bir Zeit en février 2002 qualifiant les offensives du Hezbollah contre la présence militaire israélienne au Sud-Liban d’''opérations terroristes'' avaient provoqué une vague de protestations en France et dissuadé les électeurs d'origine arabe de voter en sa faveur lors des présidentielles de 2002. Nicolas Sarkozy prépare des chambardements dans la politique extérieure de la France.»
• Commentaire d’Israël Singer, président du Congrès juif mondial, concernant la visite de Sarkozy au Congrès juif mondial en septembre dernier à Washington: «Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'antisémitisme, la lutte contre l'islamisme et les positions en faveur d'Israël qu'il a rappelées au président George W. Bush, le terrorisme palestinien et du Hezbollah, ou sur l'Iran, sont telles qu'elles pourraient avoir été faites par un leader d'une d'organisation juive.»

medium_dominique_strauss_kahn.jpgDominique Strauss-Kahn (PS)
• Sur son blog de campagne: «Malgré la symétrie apparente, la situation sur les deux fronts (Gaza et le Liban) n’est pas la même. Gaza reste un morceau libéré d’un Etat qui n’est pas encore souverain et dont une partie du territoire reste occupée. Le Liban, lui, est un Etat souverain dont la frontière avec Israël a été précisée au mètre près par l’ONU. Aussi, du point de vue du droit international, l’intervention du Hezbollah est une agression à partir d’un Etat vers un autre. Le Liban ne peut être un Etat souverain qui condamne la violation de son territoire et ne pas contrôler ce même territoire ce que lui enjoint la communauté internationale sous la forme de la résolution 1559. Bien entendu, le problème n’est pas simplement un problème de droit international. La question est celle du rapport de force au Liban, autour du Liban et au-delà du Liban. Les Libanais veulent vivre en paix et le Hezbollah qui est en perte de vitesse depuis le relatif retrait syrien consécutif à l’assassinat d’Hariri ne peut survivre que dans une situation de conflit. La normalisation progressive de la vie libanaise finirait par lui être fatal. En même temps, le Hezbollah est un instrument dans les mains de Téhéran (souvent via Damas) qui fournit l’argent et les armes et qui décide des moindres initiatives. Dans la crise actuelle, nul doute que l’Iran trouve un moyen de relâcher la pression qui s’exerce sur ses ambitions nucléaires. Je suis surpris et inquiet de ce que le Conseil de sécurité se soit pour le moment contenté de blâmer le Hezbollah. Il faut maintenant proposer une voie pour sortir de la crise. Les principes doivent en être les suivants: libération des otages détenus par le Hezbollah. Instauration d’un cessez le feu; Israël doit montrer de la retenue parce que le Liban ne peut pas évoluer sous la pression; la résolution 1559 sur le désarmement des milices armées au Liban doit être appliquée (il appartient aux autorités libanaises de faire le point sur la participation du Hezbollah au gouvernement libanais); les différentes nations du G8 et l’Union européenne doivent transmettre ce message aux différentes parties prenantes. La situation au Liban ne peut faire oublier celle de Gaza même si elle est de nature différente. Israël doit être invité à cesser son action militaire et le Hamas doit reprendre le processus de reconnaissance d’Israël qui a été entamé et assurer la libération du soldat prisonnier.»
• Dans un entretien à Passages en 1991: "Je considère que tout juif dans la diaspora, et donc c'est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. (...) On ne peut pas à la fois se plaindre qu'un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd'hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l'infléchir."
• Dans Tribune juive, DSK avoue "se lever chaque matin en se demandant comment il pourra être utile à Israël".
• Voici un lien vers le discours de DSK, invité à Grenoble par le CRIF en mars 2006 (les 20 premières minutes sont consacrées à l'antisémitisme en France, la fin est plus axée sur le Proche-Orient).

Commentaire personnel
De ces personnages, seulement trois se retrouveront - a priori - au premier tour de l’élection. Leurs programmes de politique étrangère seront certainement développés dans un avenir proche. Pour l’instant, celui de Ségolène Royal semble plus favorable à notre région (encore que totalement inapplicable), suivi de ceux de François Bayrou et de Laurent Fabius, à quelques incohérences près. Un autre doit revoir ses leçons d'histoire et de géopolitique (un minimum), c'est DSK (les speechs sur Gaza et sur la frontière libano-israélienne sont quand même totalement à côté de la plaque!), et enfin un dernier est carrément hors course, c'est le petit Nicolas (ô surprise). Mais tout peut encore changer. Je referai peut-être le même exercice dans quelques mois, quand les candidatures définitives seront connues...

Post scriptum
Tous les candidats réclament l'application des résolutions de l'Onu (1559 et 1701) par le Liban, principalement pour le désarmement du Hezbollah. Soit. Mais voici ma question: y en a-t-il qui réclame en même temps l'application de toutes celles adressées à Israël depuis des décennies et qui sont restées lettres mortes?

00:55 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (0)

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