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mercredi, 22 novembre 2006

A quand l'assassinat de trop?

medium_foule_gemayel.jpgEh oui, il y a toujours plus profond que le fond. Hier après midi à la même heure, Pierre Gemayel est tombé sous les balles. Il était un "fils de", comme presque tous les politiciens de ce pays. Il était surtout l'un des derniers "jeunes" présents au Parlement et surtout au gouvernement. Depuis l'attentat contre Hariri le 14 février 2005, la classe politique libanaise a vu partir ses futures têtes pensantes. Le dernier en date était Gébran Tuéni, le 12 décembre, il y a presque un an. Il y a une semaine, Samir Geagea disait qu'il suffisait de tuer 2 ministres pour faire tomber le gouvernement Siniora. A qui le tour? Moawad? Sarkis? Lequel?

Toucher au clan Gemayel est un symbole, car il avait déjà payé son tribut en terme de sang. Toucher à Pierre Gemayel, c'était aussi tirer sur une voix modérée, qui appelait à la justice, qui implorait ses contemporains de ne pas quitter le pays alors que, depuis la guerre de juillet, l'hémorragie est énorme. La "main invisible", qu'elle soit syrienne ou autre, mène un combat abjecte, et Pierre Gemayel pensait que la victoire était possible. L'est-elle encore? Le simple fait de rester au Liban est-il, en soi, l'acte ultime de résistance? 

Hier soir, nous sommes allés dans le cœur du fief chrétien de Beyrouth: la place Sassine. Là-haut, les jeunes n'attendaient qu'une chose, c'est que le père de Pierre Gemayel appelle à monter sur le palais présidentiel du "clown" Emile Lahoud. Amine a appelé au calme, mais les partisans n'en peuvent plus: "Ils les tuent les uns après les autres. On va pas continuer à rester les bras croisés!", nous disait un membre des Phalanges, le parti des Gemayel. On ne peut que le comprendre: depuis la tentative de meurtre contre Marwan Hamadé à l'automne 2004, toutes les personnes assassinées étaient du même bord... 

Aujourd'hui, c'était le 14 juillet local: le 22 novembre est synonyme de fête de l'Indépendance. Il y a d'habitude de ronflants défilés militaires auxquels toute la République assiste. Aujourd'hui, Beyrouth est une ville morte. En revanche, dans la montagne, à Bikfaya, une foule immense a suivi le cercueil du ministre assassiné. Les funérailles auront lieu demain, et se transformeront certainement en marée humaine... chose prévue initialement le même jour par le Hezbollah. La donne vient encore de changer, et on sait encore moins de quoi sera fait demain.

Moi, je regarde ce qui se passe ici, et je me prends la tête entre les mains: ce si petit pays, qui attire tant de convoitises, n'a-t-il pas le droit simplement de vivre en paix? Les fils de pute qui tirent les ficelles seront-ils un jour jugés? Faut-il s'étonner du timing qui voit la Syrie et l'Irak sous mandat américain faire ami-ami après 24 ans de disette diplomatique? Faut-il se souvenir comment les Américains, selon leurs intérêts du moment, ont lâché le pays aux Syriens au moment de la guerre du Golfe? Faut-il être masochistes pour continuer d'y croire, envers et contre tout? Est-ce que quelqu'un a la réponse dans la salle?

17:30 Publié dans Attentats | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Heureuse de faire la connaissance de votre blog.
moi a paris , regarde les kkes chaines arabes , le coeur desespere, il faut ke ce pays respire, et retrouve paix et vie.. on merite bien cela.
courage

Écrit par : rat | jeudi, 23 novembre 2006

Les commentaires sont fermés.

 
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