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samedi, 02 décembre 2006

Le KGB de Ségolène

Ce n’est probablement pas de sa faute. C’est probablement le cas avec tous les membres du personnel politique. Mais aujourd’hui, nous avons encore eu une grande démonstration de n’importe quoi. Je peux vous assurer qu'on ne nous y reprendra plus.

medium_segobristol.jpgHier soir, coup de fil de l’ambassade de France, pour informer les journalistes que madame ferait une conférence de presse-débat avec les journalistes à 11h à l’hôtel Bristol. Chouette, j’allais pouvoir faire mon mea culpa à propos de mon post précédent. Ce matin donc, on débarque au Bristol. Dans le hall, les journalistes «officiels» qui ont eu l’honneur de suivre madame dans son périple. On poireaute un peu, on est priés de venir dans l’une des salles de réception. On repoireaute. Les envoyés spéciaux se tirent la bourre, on regarde ça franchement éberlués. Tout le monde se met d’accord, en l’occurrence les reporters télé (TF1, France 2, iTélé et BFM) pour demander aux autres de la fermer, histoire d’avoir leur son pour le JT de 13 heures. Les journalistes de presse écrite, eux, sont inexistants. De toute façon, c’est bien connu, ceux-là se contentent de repomper les dépêches d’agence (remarquez, pour certains, c’est la triste réalité…). Bref, un membre du staff de Ségolène Royal arrive, et dit très simplement: «Bon, d’abord TF1 et France 2, les autres, on verra ensuite.» Résultat, la candidate PS, réfugiée dans le fond du salon avec l’ambassadeur et les gardes du corps, reçoit les «privilégiés». Ça rouspète, un journaliste crie «C’est le KGB?», le caméraman d’iTélé s’emporte après qu’un bodyguard se soit interposé pour l’empêcher de filmer de loin… Finalement, les journalistes de seconde zone arrivent à approcher la dame. Elle redonne sa vision de sa visite au Liban, une phrase sur deux commençant par «Personne ne m’empêchera de…» (ça, je peux plus, c'est super énervant...). Les seules questions que les envoyés spéciaux posent tournent autour de la polémique née de la réunion, la veille au soir, au Parlement, au cours de laquelle un député du Hezbollah aurait comparé Israël à un Etat nazi. Mme Royal n’aurait pas entendu: sinon, elle aurait quitté la salle tout de suite, assure-t-elle. Une mauvaise foi qui fait ricaner les journalistes présents, tous ayant entendu les propos incriminés. Enfin, après son mutisme des deux premiers jours, elle s’est posée en «facilitatrice pour renouer les fils du dialogue rompu», sa «visite donnant l’occasion à des gens qui ne se parlaient plus de se retrouver calmement autour d’une table». «Un moment important, une étape dans la vie du Liban.» Faut oser quand même, argh, argh, argh… C’est le ministre saoudien qui a permis de débloquer les choses temporairement vendredi soir…

Finalement, cette «rencontre-débat» n’a rien eu d’une rencontre, encore moins d’un débat. Mais nous n’avons pas fait le déplacement pour rien: nous avons au moins pu admirer les jolis bancs de poisson formés par les reporters (dont nous faisions aussi partie, pauvres de nous). Dans tout ça, on s’est sentis bien plus utiles l’été dernier à faire parler les réfugiés de Saïda qu’à faire les zouaves avec nos confrères parisiens.

Commentaires

Comme toujours c'est passionnant. Je crains, pour elle et l'électorat, que le descriptif fait de Ségolène ne soit
que le juste descriptif d'une posture médiatique vide de tout contenu politique. A bientôt. Prenez soin de vous. Je vous embrasse. Xof

Écrit par : christophe | samedi, 02 décembre 2006

franchement a la lecture de votre papier, l opinion que j avais de sego se confirme, elle ne me donne pas confiance . je la crois carrieriste et na rien d une politique capable de gourverner la france , caporaliste ,dictateur tout sont staf doit marcher au pas, je plein hollande qui porte le pantalon .une femme presidente oui mais pas segolene et portant je suis de gauche

Écrit par : liebaud | samedi, 02 décembre 2006

En voila une belle degelée royale.. ! C'est bon d'entendre d'autres sons de cloches sur une histoire obscure.
Ségolène était venue chercher une dimension internationale qui manque à sa panoplie de présidentiable. Elle apprend le job , bref une sorte de stagiaire en relations internationales. Même en France , elle a toujours fait la sourde oreille . Que pouvait-elle répliquer au fond sans risquer le vrai clash ? Conclusion , il n' ya que la (mauvaise ) foi qui sauve. Salem.

Écrit par : Richard Kirsch | mardi, 05 décembre 2006

Apparemment Ségo aurait critiqué devant les parlementaires Libanais le survol du Liban par l'aviation israélienne.
Toutefois, face à Olmert elle a considéré que "ces survols étaient justifiés", même si, en gros, les soldats de la FINUL, et notamment le contingent français, le vivent mal...
Bref, la candidate à la magistrature suprême (éventuellement future chef des armées) se fout du sentiment des troupes françaises présentes au Liban.

Ca promet...

Courageuse la Ségo... ou non... simplement nulle et sans conviction au final...

Écrit par : JiPé | mardi, 05 décembre 2006

Les commentaires sont fermés.

 
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