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vendredi, 29 décembre 2006

They (will) hang him

medium_saddam2.jpg«We got him.» C’est avec ces mots que l’Etat major avait annoncé la capture de Saddam Hussein, il y a un peu plus de trois ans. Après un long procès effectué par la justice d’un pays sous occupation, l’ex-raïs a été condamné à mort et devrait être exécuté demain matin, selon les dires de ses avocats.
Si la culpabilité du bonhomme est quasi certaine dans une montagne de dossiers, on peut se demander si cette justice à la va-vite et sous tutelle fera vraiment avancer l’Irak sur la bonne voie. Partout dans le monde arabo-musulman, les voix de la sagesse exhortent les responsables politiques à mettre la pédale douce sur tout ce qui peut attiser les rancœurs entre sunnites et chiites. La probable pendaison de l’ex-meilleur ami de l’Occident ne fera qu’aggraver une situation interne plus qu’explosive. De l’Irak au Liban, il n’y a qu’un pas. Même géographiquement, vous verrez sur une carte, ce n’est vraiment pas loin. Avec la plus grande naïveté du monde, c’est vraiment à croire que certains font tout pour jeter de l’huile sur le feu.

Allez, juste pour le plaisir, on va se revoir deux jolies photos de vacances entre potes...
medium_saddamchirac.jpgmedium_Saddamrumsfeld.2.jpg

jeudi, 28 décembre 2006

Armes sans frontières

Le 6 août dernier, nous mettions ici même un post sur l’un des films les plus marquants de l’année, Lord of war (c’était avant d’avoir vu Children of men cette semaine, à conseiller de toute urgence!). Bref, ce film traite de l’absence d’états d’âme d’un vendeur d’armes international. Dans l’une des scènes, on le voit dans sa limousine en plein New York, le visage déconfit à la lecture d’un journal dans lequel on annonçait un cessez-le-feu quelque part en Afrique. Car pour les vendeurs d’armes, "cessez-le-feu" équivaut à "marché en perte de vitesse".

medium_kalach.jpgSelon le quotidien israélien Haaretz, l’Egypte de Moubarak aurait livré récemment – avec l’approbation de Tel-Aviv – 2000 Kalachnikovs et 20000 chargeurs au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, dans l’optique de contrer matériellement le Hamas. Coïncidence, hum? Ce genre de calcul, dans le genre "équilibre de la terreur", est tout à fait humain. Et les Libanais étant des hommes comme les autres, on ne peut que redouter ces additions et autres calculs qui ne connaissent pas de frontières.

Sur ce, joyeux Noël Félix! C'est dommage qu'on ne se contente pas de faire la guerre avec des fers à repasser...

lundi, 25 décembre 2006

Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël

medium_volaille.jpgIl y a quelques jours, Nat réalisait le portrait de deux sœurs libanaises pour un journal français. Le sujet? Le Noël d'enfants du monde, raconté par les enfants pour des enfants. Un sujet sympa en somme. L'aînée des deux petites sœurs définissait Noël ainsi: la fête de l'amour et du partage. Comme c'est beau, dit comme ça.

Alors pour ne pas faire trop long, on vous souhaite un joyeux Noël, surtout aux habitants de ce beau pays qu'est le Liban. Nous, on a "consommé" de la volaille hier soir, sous toutes ses formes, mais l'apétit n'était pas au rendez-vous (peut-être à cause des manouchés avalées à 4 heures de l'après-midi...). En revanche, les gamins adorent toujours autant les orgies de cadeaux, et ça, c'est con, mais c'est tellement bon de voir pétiller des yeux d'enfants devant une petite montagne de cadeaux.

Cette année, au moment de faire ma lettre au père Noël, j'ai eu le trac. Comme j'avais conscience de vouloir la Lune, je me suis dit qu'il fallait choisir une seule chose, pour avoir un mince espoir que le bonhomme rouge veuille bien se pencher sur mon cas. J'ai donc hésité entre:
1. - Des voisins de palier normaux, sans dictateur ou armée belliqueuse
2. - Des cousins qui veuillent bien enterrer la hâche de guerre, déterrée il y a trop longtemps et jamais ensevelie vraiment
3. - Un peu de ciel bleu devant nous pour savoir si on a fait les bons choix en aimant ce putain de pays.

Voilà, je sais bien que j'ai les yeux plus gros que le ventre, mais comme notre fille cadette croit encore au père Noël, je me suis dit qu'il devait bien exister quelque part. 

jeudi, 21 décembre 2006

Bienvenue à Paranoland

Hier soir, je suis retourné sur le sit-in, place des Martyrs, pour rencontrer les manifestants chrétiens préparant Noël et pour faire quelques photos de nuit. L’ambiance, comment dire, a beaucoup changé. Plus question de kermesse familiale maintenant. Les gens sont fatigués, se les pèlent la nuit car il fait froid… Ils font cuire des marrons sur leurs petits feux de camp. La méfiance vis-à-vis d’un corps étranger comme moi est totale. Pour faire un cliché d’une crèche illuminée, six personnes assises à proximité ont refusé d’être prises en photo.
medium_sapinnuit.jpgEn repartant, j’ai voulu monter sur le Ring qui surplombe la place pour faire une photo générale, avec le grand sapin et les tentes à perte de vue. Les militaires y ont établi un cordon de sécurité. J’arrive à la limite, me poste pour faire mon image, et un jeune militaire me dit «Mamnouh, mamnouh!». En clair, interdit de prendre en photo un pauvre sapin de Noël. J’insiste, et il me dit de demander la «permission» à son chef. J’obtempère, je passe le cordon et je vais à la rencontre du chef. Amical, celui-ci me dit «pas de problème, mais vas un peu plus loin». OK, j’obtempère à nouveau. Je cale mon appareil sur la balustrade et là, quatre troufions débarquent. J’eus l’immédiat sentiment de ne plus être le bienvenu du tout. Ils me demandent, en arabe, qui je suis, ce que je fais… Puis la discussion devient tendue et politisée. Le petit chef des quatre me demande ce que je pense de la manifestation, du sit-in, si je le trouve «joli» et à mon goût, si j’aime Hassan Nasrallah, si j’aime Michel Aoun… Si je suis pour Israël, pour Fouad Siniora… Ça ne rigole plus… La discussion a duré 20 minutes (c’est long 20 minutes dans ces cas-là), je ne faisais pas le malin, ne sachant pas forcément comment «bien» répondre dans la langue de Gibran. Puis ils s’intéressent à mon appareil photo, le prennent puis me le rendent, avec un sourire pas vraiment angélique. Sur ce, je quitte les lieux, sorte de périphérique en pleine ville où aucun automobiliste ne se serait arrêté pour mes beaux yeux. Là, je ne rigolais plus du tout. Tout ça pour prendre en photo un sapin de Noël…

Cet épisode est un exemple de la tension qui règne. Ces quatre militaires, censés défendre la «patrie», étaient clairement pro-Hezbollah. Je pense, à leur accent, qu’ils étaient originaires de la Bekaa. Et il m’est paru évident que pour des hommes comme ceux-là, si un jour le choix devait se poser entre l’armée régulière et une milice partisane, le cœur pencherait immédiatement vers la milice.
Il y a 8 ans, quand le général Lahoud est devenu président de la République, beaucoup de médias vantaient l’une de ses «réussites»: avoir donné une vraie cohésion à l’armée à la tête de laquelle il était durant les années 90. Moi, ce que je vois aujourd’hui, c’est que beaucoup de jeunes Libanais veulent intégrer l’armée pour les innombrables privilèges qu’elle accorde (voitures de fonction, clubs de sport hyper luxueux, rente à vie…). Pour ça, à force de graisser les pattes, Lahoud a bien réussi son coup. Mais pour ce qui est de la vraie cohésion, celle du cœur, il repassera. L’armée libanaise, dont on a tant parlé au moment du retrait israélien cet été, est une bulle de verre prête à éclater à la moindre occasion.

Ce matin, en voiture, je me suis confronté à des «cowboys» à quatre roues. Plantée à cheval sur le boulevard remontant vers Sofil, une voiture roulait lentement. Je ne pouvais passer ni à gauche, ni à droite. Je klaxonne, et là, un jeune mec sort la tête en hurlant, le torse bombé. L’ère du nouveau farwest semble plaire à certains.
Un peu plus tard, j’accompagne Nat à son boulot, et en voiture, elle me dit qu’on en viendrait presque à regretter le calme de la tutelle syrienne, et que ce n’était peut-être pas un hasard! C’est peut-être ce que certains pontes à Damas recherchent depuis le départ de leurs troupes en avril 2005: institutionnaliser la peur et la parano. Prouver que les Libanais ne peuvent pas se diriger eux-mêmes (c’est Bachar lui-même qui l’a dit, même s’il s’est contredit récemment pour les caméras). Cela avait marché en 1976, pourquoi pas en 2006?

mercredi, 20 décembre 2006

Quelques concerts à Beyrouth

medium_jarre.jpgFaut-il continuer de croire à la futilité de la culture, à l'universalité de la musique? J'espère bien. En tout cas, certains ici (le mouvement I love life en particulier) sont décidés à mener ce combat, alors que le tension monte imperceptiblement en ville... Voici le programme:

  • On commence par Zico House (rue Spears), qui accueille ce soir à 21h30 les Scrambled Eggs, Kitaiyouin et des danseurs de hip hop.
  • Vendredi 22, New Governement et Rayess Bek se retrouveront au Art Lounge.
  • Samedi, ce sont Charbel Rouhana et Rony Barak qui prendront d'assaut le palais de l'Unesco.
  • Et enfin, pour la Saint-Sylvestre, c'est Jean-Michel Jarre qui tentera de mettre 2007 sur de bons rails au Biel.

17:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blog, beyrouth, concert, musique

C'est bien le camping au Centre-ville?

Ça faisait longtemps que nous n'avions pas mis de vidéos sur ce blog. En voilà deux, dans des registres totalement différents (pour ceux qui ont une connexion pourrie comme nous, attendez de les charger, elles valent le coup!). Si la première est plutôt rigolote, la seconde l'est beaucoup moins. Jugez plutôt...

 

«Fais ce qu’il te dit, c’est un Hezbollah»

medium_sapinPSNS.jpgCe matin, je suis parti faire un petit reportage sur les préparatifs de Noël sur le sit-in du Centre-ville. Je commence à le connaître par cœur celui-là… Je rencontre alors un cadre du CPL du général Aoun. On va l’appeler ici, disons… Tony. Sympa, Tony m’explique comment ça se passe, ce qu’ils prévoient pour le réveillon, la fête, la messe de minuit à la cathédrale Saint-Georges des maronites, la possible venue de leur gourou… Bref. Il me fait la visite des tentes et des différents sapins. Je prends des photos, normal (mention spéciale au sapin du PSNS, avec ses décorations rouges reprenant le logo du drapeau!). Là, un petit gars à lunettes noires et veste de treillis arrive et me demande ma carte de presse. Je lui sors ma carte, mais elle ne convient pas. Il veut celle délivrée spécialement pour les journalistes. Je ne l’ai pas, n’étant pas au courant qu’il en fallait une, alors que ce n’est pas la première fois que je viens bosser là. Il insiste. Là, Tony me dit qu’il va m’aider et me dit de le suivre. En marchant, il me dit «Fais ce qu’il te dit, c’est un Hezbollah». Je montre mon étonnement. Et Tony poursuit: «Ils sont méfiants. Depuis quelques jours, ils veulent que tous les journalistes passent par eux, même sur la place des Martyrs gérée par nous, les aounistes. Ils sont prudents avec les journalistes étrangers, car il y a eu des reportages faits par des Suédois et des Anglais qui sont passés sur les télés et les journaux israéliens. Nous, on s’en fout, mais pas eux.» Je lui demande alors comment ça se passe avec «eux», ceux du Hezbollah. «Bien, répond-il en faisant la moue. On a trouvé 10 points communs (le fameux document signé par Aoun et Nasrallah), mais il y a quand même beaucoup de différences…» Ah bon?

medium_carteHezb.2.jpgArrivé à l’autre bout de la place Riad el-Solh (celle contrôlée par le Hezb), je donne ma carte à un autre gars, posté à une guérite de parking. Il part avec, vers une tente anodine, et revient, me donnant, avec un grand sourire, un laisser-passer pour la journée (photo ci-contre à droite). Question accréditation, on est loin des Nations unies, mais bon.

Comme lors du Hezbollahtour au Hezbollahland dans la banlieue sud juste après les bombardements de juillet dernier, il vaut mieux toujours montrer patte blanche avec «eux». C'est comme ça que ça marche.

lundi, 18 décembre 2006

Grand jeu concours

Le passage suivant est extrait d’un ouvrage qui a fait pas mal de bruit l’année dernière. A votre avis, à quelle époque se situent les événements décrits ci-après? Franchement, history repeats itself (again), ça, on le savait. Mais à ce point, ça en devient drôle, même si certains ont changé (plusieurs fois) de camp entre temps…

Le radicalisme dans lequel s’était engagée l’opposition, prise en main par Walid Joumblatt, Saëb Salam et Nabih Berri, compliquait passablement les contacts. Les musulmans avaient rationalisé leurs actions. Ils tentaient de regrouper Beyrouth-Ouest et le Nord-Liban, tant chrétien, dirigé par Sleimane Frangié, que sunnite avec pour leader Rachid Karamé. Ces derniers avaient annoncé leur refus de reconnaître le nouveau régime, et appelé au boycott de l’Etat et de l’Exécutif. Même Radio Damas dénonça «le président imposé par les baïonnettes ennemies, à l’ombre de l’occupation et sous sa protection».Des contacts discrets furent entrepris par certains ministres chrétiens comme Michel el-Murr et Michel Eddé. Ils s’efforcèrent, dans un premier temps, d’apaiser les esprits. Les Etats-Unis pesèrent de tout leur poids en faveur du [président] élu démocratiquement. (…) Washington annonça dans la foulée une aide civile et militaire au Liban, précisant même que la seconde pourrait être constituée de conseillers militaires envoyés au Liban pour y entraîner l’armée. Les Etats-Unis demandèrent discrètement à l’Arabie saoudite d’intervenir également.

medium_joumbalttberri.jpgPour vous aider, voici une image datant de cette époque (il avait une drôle de tête, le fils Joumblatt, quand même!). Ça devrait être plus facile comme ça...

Les heureux gagnants auront toute notre admiration! Et ceux qui retrouveront le titre et l’auteur du livre seront encore plus forts…

samedi, 16 décembre 2006

Long live Pépé

medium_abed.jpgEt oui, tout fout le camp au Liban en ce moment. Même les icônes sacrées comme Pépé Abed. Pour les plus jeunes (comme moi), Pépé était synonyme de resto de poissons sur le vieux port de Jbeil. Psa le meilleur certes, mais le plus "folklorique", avec ses dizaines de cadres photos où l'on pouvait admirer en noir et blanc les stars du passé. Pour les plus vénérables d'entre nous (il paraît que ça se fait pas de dire vieux), le nom de José Abed – alias Pépé – rappelle l'âge d'or des nuits beyrouthines, dans les années 60, époque dorée où les plages libanaises se prenaient pour celles de la côte d'Azur... Vous savez, avant le gros orage qui a duré 15 ans. Bref, Pépé est mort. Dans le nouveau Liban que nous découvrons jour après jour, il va même falloir réinventer les légendes. Dur, dur...

jeudi, 14 décembre 2006

«J’étais déjà aouniste dans le ventre de ma mère»

medium_Aouniste1.jpgComme prévu, j’ai fait mon petit reportage place des Martyrs, hier au centre-ville de Beyrouth. L’objectif: comprendre comment fonctionne le cerveau de ces jeunes militants qui soutiennent le généralissime Michel Aoun? Résultat: je suis tombé sur un garçon charmant, Jawad, originaire du nord du Liban, dans le Akkar précisément. Une région magnifique mais complètement oubliée. A 22 ans, Jawad est déjà bien impliqué dans la vie politique de son mouvement, le Courant patriotique libre. «J’ai eu 3 côtes cassées lors des rafles d’août 2001», m’a-t-il raconté.

medium_Aouniste4.jpgEn tout honnêteté, il m’a bluffé par la sincérité de son engagement. Rien à dire là-dessus. Il y croit dur comme fer, il obéira à tous les ordres de son général (texto)… Si plusieurs de ses arguments tiennent la route (les proches de Hariri sont d’ex-corrompus comme les actuels alliés d’Aoun, hors Hezbollah évidemment…), d’autres font preuve d’un esprit candide. Exemple, concernant deux anciens ministres franchement pas fréquentables: «Aoun a pardonné à Michel el-Murr et Sleimane Frangié, car ils ont demandé pardon.» On se croirait dans la cour d’une école religieuse avec un caïd qui distribue ses bons points, au gré de ses intérêts du moment. Sinon, que dire de la laïcité, point difficilement compatible entre le programme officiel de Aoun et celui du Hezb... Bref, je ne vais pas m’étendre cent ans sur mes petits aounistes, je continuerai d’essayer de les comprendre. Mais ce qui est sûr, c’est que je vois surtout un bon gros manipulateur (déguisé en bouteille de Fanta dimanche dernier) à la baguette...

mercredi, 13 décembre 2006

Laurent de Wilde de passage à Beyrouth

medium_DeWildeMusicHall.jpgAvant de vous rendre au concert demain soir au Basement (voir post du 9 décembre), n'oubliez pas de réserver dès à présent votre soirée du mercredi 20 décembre. Après un exil provisoire à Paris pour son Concert en blanc, Liban Jazz revient sur ses terres. Ce coup-ci, Ghattas et sa bande invitent le trio Laurent de Wilde au Music Hall (centre Starco). Voilà, c'est dit, vous savez ce qui vous reste à faire.

mardi, 12 décembre 2006

Strato-nimbus militarus au-dessus de Beyrouth

Sale ambiance aujourd’hui à Beyrouth (en plus de l'arrivée officielle de l'hiver avec un temps tout pourri). Ce 12 décembre, c’était le 1er anniversaire de la mort de Gebran Tueini et de ses deux gardes du corps. Chrétiens et musulmans l’ont célébré: messe, chants crachés sur une grosse sono, foule immense sur tout le boulevard qui monte de Mar Mitr à la place Sassine, avec moultes drapeaux des FL, des Kataëbs… Ils ont, comme qui dirait, envie d’en découdre. Pour agrémenter le spectacle, l’armée a montré ses muscles, avec un déploiement de tanks et de transports d’hommes. Car comme si l'anniversaire ne suffisait pas, il y avait simultanément un conseil des ministres extraordinaire qui a mobilisé encore plus de troupes. A Qantari, deux chars d'assaut lancés à fond les ballons et en contre sens ont effectué un magistral dérapage en plein carrefour, alors qu’il y avait des piétons et des voitures. Et croyez-nous, des tanks qui font des têtes-à-queue, on n'en voit pas tous les jours! Dans notre quartier, les militaires ont bloqué les petites rues perpendiculaires à la nôtre, m’interdisant d’arriver jusqu’à chez moi. On avait même quatre flics installés dans l'entrée de notre immeuble, pour s'assurer que personne ne viendrait jouer au franc tireur de notre balcon (qui, il faut le dire, a une superbe vue sur le cimetière et sur l'église). Plus tôt dans la journée, leur chef avait poussé le bouchon jusqu'à me faire déménager ma voiture pour qu'il puisse garer sa grosse BM à ma place. Je déteste ça quand ils se la pètent. C’est tendu, très tendu.

Je me souviens de deux phrases de monsieur Cyclopède: «Quand les cons sauront voler, le ciel sera kaki», et «Il ne faut jamais désespérer des imbéciles, on peut toujours en faire des militaires.» C’était super drôle quand je lisais ça, tranquillement, à Paris. Ici et maintenant, ça ne me fait plus rigoler du tout.

«Vous êtes laïcs, pourquoi ne soutenez-vous pas Aoun?»

Tout d’abord, je vous invite à lire les 5 remarques du commentaire de FrenchEagle sur le post de Nathalie, «Le Hezb, Aoun et le pouvoir». Il a le mérite d'offrir un éclairage différent, mais qui appelle selon moi quelques corrections. S’il est très probable que le Proche-Orient est en train de vivre de grands bouleversements dont la finalité nous échappe encore, s’il est important d’essayer de voir plus loin que le bout de son nez et de raisonner avec des arguments portés vers le futur, il ne faut tout de même pas oblitérer le passé et les composantes de la société libanaise.

medium_croix.2.jpgJ’explique maintenant le titre de ce post: l’année passée, je discutais le soir de mon anniversaire, tranquillement sur notre terrasse, avec un ami aouniste (et fier de l’être). Il me disait: «Toi, tu es pour la laïcité, tu soutiens les associations qui militent pour le mariage civil. Or le général Aoun est le seul homme politique au Liban qui affiche son désir de rendre le Liban laïc. C’est dans ses propositions!» C’était tout à fait vrai. Mais sans être pessimiste, c’est simplement impossible à appliquer au système libanais. Il faudrait même une véritable apocalypse pour que ça se produise. Simplement parce que les clergés, chrétiens et musulmans, ne pourraient pas supporter cette idée, leurs finances étant totalement dépendantes de cette suprématie religieuse sur le domaine public. Au Liban, les sacrements (mariage surtout) sont de grosses usines à fric pour eux, et si l’Etat prenait ce domaine en main, les clergés courraient à la faillite. Un scénario totalement inenvisageable pour ces entreprises très prospères. Bref, la laïcité est un vœu pieux. Ça, c’est une donnée de la réalité passée et présente à prendre en compte.

Avant-hier, on essayait de se remémorer le moment où tout a basculé au Liban ces deux dernières années. Résultat: c’est le retournement de Rafic Hariri contre les Syriens, à cause de la prorogation du mandat du président de la République Emile Lahoud (qui laissera vraiment une triste empreinte dans l’Histoire du pays) par Damas. Hariri (qui je ne portais pas vraiment dans mon cœur) supportait une «cohabitation» avec Lahoud. Chaque conseil des ministres, chaque réforme (privatisations, dossier du cellulaire…) étaient bloqués par Mimile 1er. Hariri n’en pouvait plus et s’était opposé à la reconduction de son président. Il a perdu son pari face aux Syriens. Et ça a été la boule de neige que l’on connaît.

Toujours sur notre terrasse, il y a quelques mois, nous discutions avec un ami appartenant aux Forces libanaises, ex-combattant durant la guerre, et très proche du patriarche Nasrallah Sfeir. Lui avait un discours radical. En résumé, le Liban, ce sont les chrétiens de la montagne. Il parlait de l'avenir de son pays, et s'arrêtait systématiquement sur une donnée: le poids démographique des chiites dans 10 ou 20 ans. Il voyait sa communauté (les maronites) disparaître sous forme de minorité comme les coptes d'Egypte. Quand on prend les estimations et les projections démographiques, son "angoisse" se justifie. Que deviendra la pacte national dans ce cas? Que deviendront les équilibres politiques d'aujourd'hui?

Je n'ai pas la réponse. Moi, j'ai juste envie que le Liban ne se retrouve pas encore une fois victime d'enjeux qui le dépassent dans la région et de la versatilité de la politique américaine. Et tout me laisse croire que le régime syrien, "agonisant" selon certains, est en phase de grandes manœuvres à l'heure où le juge Brammertz remet son rapport d'étape à Kofi Annan (aujourd'hui même d'ailleurs...).

Suite au prochain épisode.

Demain, je vais me faire un petit reportage, genre immersion complète dans le camp des aounistes sous le ring. On verra ce que ça donne.

lundi, 11 décembre 2006

Le Hezb, Aoun et le pouvoir

medium_aoun.jpgPuisque David a décidé de mettre les pieds dans le plat (sacré mais guère sucré) du Généralissime, je vais en remettre une couche.

En effet, le Hezbollah est en position de force pour les raisons mentionnées dans le post précédent, mais aussi par la possession d'un arsenal pour le moins conséquent. Cet arsenal compte dans l'absolu, non parce qu'il pourrait servir contre des Libanais, mais parce qu'il donne au Hezb les moyens d'imposer ses choix de politique étrangère au pays. L'exemple le plus frappant en a été donné cet été, alors que Nasrallah s'était lui-même engagé à "ne rien faire qui puisse mettre en péril la saison touristique" tellement attendue par une économie à bout de souffle. Certes, tout au long de cette guerre, nous avons nous-mêmes défendu le droit du Hezb à riposter face à une agression barbare et disproportionnée. Nous l'avons fait non parce que c'était le Hezbollah, mais parce que l'essentiel était alors de défendre le pays. J'estime toutefois que cela ne dédouane pas le Hezbollah de sa responsabilité vis-à-vis d'un gouvernement dans lequel il avait des ministres.

Le Hezbollah est par ailleurs en position de force en raison de sa popularité et de la loyauté de ses partisans. Pas plus tard que samedi, Hussein Hajj Hassan, député du Parti, me disait bien en face qu'il "ne demandait pas le pouvoir parce qu'il l'avait déjà" (sic). Il demandait la participation de toutes les parties afin qu'aucun  des camps ne puisse prendre de décision sans l'accord de l'autre. Un détail cependant: dans ces conditions, quel est le rôle du Parlement qui est justement supposé jouer le rôle de levier contre le gouvernement?

Bref, sur le principe, pareil consensus serait idéal (bien que difficilement applicable dans la pratique). Mais il faut le replacer dans le contexte. Le Hezbollah ne s'en réfère clairement pas au gouvernement lorsqu'il prend des décisions (on l'a vu cet été), un refus au niveau du conseil des ministres ne l'arrêterait pas. La finalité consiste donc à bloquer certains processus. Lesquels, devrait-on demander? De plus, ce droit de blocage, il en dispose déjà dans les faits, via:

1. un président du Parlement qui lui est acquis et qui dispose de cette prérogative hallucinante de pouvoir non seulement fixer l'ordre du jour de l'Assemblée mais aussi de refuser de la réunir, comme il le fait actuellement concernant le projet de tribunal international (mais ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres).

2. un président de la République qui peut bloquer tout projet de loi  ne lui convenant pas (idem pour le tribunal international). L'exemple des cohabitations Mitterrand/Chirac en France, un peu du même ordre, a été probant en termes d'inefficacité! 

Concrètement, l'opposition maîtrise déjà deux pôles de pouvoir sur trois. On est donc en droit de se demander ce qu'une minorité de blocage au gouvernement changera, si ce n'est contrôler l'ensemble des acteurs institutionnels! Il n'y aurait pas "partage des pouvoirs" comme annoncé, mais mainmise totale.

On peut aussi s'interroger sur le bien-fondé du recours à la rue sous prétexte que le gouvernement n'est pas représentatif de la majorité. Beaucoup font un parallèle avec une hypothétique crise de ce genre en France. Que je sache, dans un pays démocratique, lorsque une opposition n'est pas satisfaite, elle attend la prochaine échéance électorale pour sanctionner le gouvernement (cela s'appelle l'alternance, non?).

Bien sûr, ces considérations ancrées dans le respect du droit et des lois sont nettement moins séduisantes que des idéaux de liberté, d'union nationale (et même d'amour, selon le nº2 du Hezb, Naïm Kassem). Mais ce n'est pas - seulement - avec de belles idées et des principes charmants mais nébuleux que l'on bâtit dans la solidité. Cela s'appelle du populisme. Le procédé des manifestations de masse constitue un précédent, une "jurisprudence", dangereux. Et si Aoun fait référence au mouvement populaire de l'Ukraine, il oublie de mentionner qu'un an plus tard, le nouveau pouvoir s'est effondré, faute de réelles bases politiques.

Pour revenir au père Michel, je rappellerai aussi qu'il n'a pas le monopole de la résistance. Je n'ai strictement aucune affection pour les Forces Libanaises, mais il me semble que Geagea et ses partisans ont aussi payé leur tribut au combat pour la liberté du pays. Eux aussi ont été battus, exilés, emprisonnés. Sans doute ont-ils  beaucoup de choses à se reprocher aussi, mais la méthode Aoun a-t-elle été  irréprochable? Et, ironiquement, pendant la guerre civile, la "résistance" qui désigne aujourd'hui le Hezbollah, concernait alors les Forces Libanaises. Ces FL de Bachir Gemayel avec lesquelles Michel Aoun s'entendait si bien qu'il avait lui-même aidé à préparer un plan de coup d'Etat afin de faire accéder Bachir à la présidence... Et comme JiPé le fait remarquer dans un de ses commentaires, les prisonniers libanais en Syrie sont oubliés...

Enfin, et cela je le dis pour moi, je trouve positivement indécent de la part de Aoun de récupérer l'assassinat de Gebran Tueini dans son discours d'hier, pour accuser le gouvernement d'incompétence. Un Gebran Tueini qui l'avait soutenu inconditionnellement en 1989, qui avait été profondément blessé par son revirement de 2005 et qui n'aurait pas apprécié d'être ainsi manipulé. Que je sache, il y a bel et bien un camp dans lequel les gens sont tués, et un autre où l'on donne des leçons. Ce camp compte des gens comme Frangié qui a tout de même déclaré un jour: "Je peux me passer de mes enfants mais pas de la Syrie." Et ce n'est pas parce que Aoun a "pardonné" comme il dit, que cela les blanchit. 

Pour le "Skoto" de l'aéroport, certains ont trouvé cela drôle. Cela l'est peut-être en effet. Mais pour sa première parole publique sur le sol libanais après un exil de 15 ans, je trouve cela pathétique.

Une dernière chose: je me demande quand même comment Aoun, en tant que héraut de la lutte pour la souveraineté libanaise, vit le fait que "l'envoyé spécial du secrétaire général de la Ligue arabe ait été informé à Damas que le chef du Hezbollah accepte les propositions que la Ligue arabe lui a soumises."

Michel Aoun ou les incohérences d'un "saint"

Là, je vais pas me faire de copains, mais au moins, j'augmenterai le trafic de ce blog! 

Personnellement, je ne suis ni pro-Aoun, ni pro-FL. Ni pro-Hezb, ni pro-Hariri. Je fais plutôt partie de la minorité silencieuse. Manif après manif, je regarde autour de moi, j'interroge les gens. Comme hier, où la place des Martyrs était orange tant les aounistes se sont appropriés les lieux. Dans mon rôle, quand je pose des questions aux gens, je suis là pour les faire parler, pas pour débattre. Mais cela fait pas mal de temps que j'en ai marre de les écouter me servir inlassablement les mêmes discours...

medium_DSCN4074.2.JPGSi, pour moi, la sincérité du Hezbollah n'est pas vraiment à mettre en doute, l'intégrité des orangistes pose question (ouhlala, ça, ça va pas plaire!!!). Le Hezbollah, lui, n'a finalement rien à gagner dans son bras de fer avec le gouvernement. Il représente déjà la communauté la plus nombreuse du pays, et il a deux alliés bien placés: le président de la République et celui du Parlement. Ces deux personnages, comme on le voit actuellement avec la question du Tribunal international, ont le pouvoir de ne pas signer les lois pour le premier, et de ne pas convoquer les députés pour ratifier un texte pour le second. Bref, tout va plutôt bien pour le Hezb, et il ne dépend de personne. Il réclame le tiers de blocage au gouvernement, alors qu'il a déjà  toutes les cartes en main pour bloquer toute décision gouvernementale. C'est juste l'habillage qui change...

Le généralissime orangiste, en revanche, est en pleine dépendance, et il le sait. L'objectif de l'Amer Michel (comme l'a surnommé un billettiste de L'Orient-Le Jour) est simple, unique: devenir président. Comme le disait récemment un homme politique à Nat, "on ne va tout de même pas remplacer un débile par un obsédé." Dans sa quête du pouvoir, Aoun a donc choisi son camp (où il n'a pas de vraie concurrence pour la présidence), et a choisi ses alliés. Aujourd'hui, il campe sur un discours genre "tous pourris" en parlant des membres de l'actuelle majorité parlementaire. Ce en quoi il n'a pas tout à fait tort, plusieurs des piliers du 14 Mars étant d'anciens bénéficiaires de la tutelle syrienne. Mais jouer les vierges effarouchées alors qu'il pose aujourd'hui aux côtés de Berri (mister corruption himself), Murr Senior (l'ex-VRP de la Syrie), Frangié... ça, franchement, faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Et ça ne semble gêner personne! Et puis il fustige la majorité parlementaire, alors que celle-ci est née de la loi électorale voulue par ses "amis" d'aujourd'hui et écrite par les squatteurs de Damas.

Bref, devant tant d'incohérences de la part du boss, je reste systématiquement bouche bée face à l'aveuglement des partisans du jus d'orange en chef. Ils le prennent pour un saint d'une intégrité totale. Moi, je me demande ce qui s'est passé avant son retour triomphal au Liban en mai 2005. Quand il sortait de son placard doré en France, c'était pour aller à Washington faire la bise aux faucons, pour lever des fonds en Australie... Qu'est-ce qui l'a retourné?

Juste pour l'anecdote, je me souviens du jour de son retour à Beyrouth, le 7 mai. Cela faisait 15 ans que tout le monde attendait ça. Un vrai événement, et donc une vraie effervescence. A l'aéroport, il décide de tenir sa première conférence de presse. Dans la grande salle, les journalistes font du bruit, les photographes veulent avoir la meilleure place. Le brouhaha énerve Aoun, il tape du poing sur la table et crie sur un ton péremptoire à l'attention des fauteurs de bruit: "Skoto!", ce qui est très facilemement traduisible par "Taisez-vous!". Gloups, le ton était donné. Quand on chasse le naturel... Ils sont trop rares les exemples où un militaire a réussi en politique.

Aujourd'hui, saint Michel réclame le départ de Siniora, qu'il accuse de "s'accrocher au pouvoir". C'est assez drôle venant de lui quand on se rappelle sa triste déconfiture sur l'échiquier libanais à la fin des années 80. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes chrétiens le suivent dans son délire. Il y a 16 ans, d'autres croyaient en lui (jusqu'à se faire botter le cul par les CRS quand ils occupaient l'ambassade du Liban à Paris...), mais beaucoup d'aounistes de la première heure en sont revenus... Ce serait pas mal de leur donner la parole, à ceux-là. Ce serait riche d'enseignements.

dimanche, 10 décembre 2006

Hier, j'ai fait un rêve

Rien à voir avec Martin Luther King. J'ai juste fait un rêve confus. A 5 heures du matin, je me suis réveillé avec une image en tête: celle d'une hallebarde plantée dans mon épaule. Je me trouvais sur une colline (genre Poitou), menacé par un aouniste tout d'orange vêtu. Je me rebèle, il me plante son arme dans l'épaule, je l'enlève et lui coupe une jambe, plein de haine pour mon assaillant. Je le tue et hurle dans la vallée "Vas te faire foutre Nayla!" (elle se reconnaîtra si elle tombe sur ce post). Voilà, c'était juste un rêve...

samedi, 09 décembre 2006

Quand la musique est bonne, bonne, bonne

Je vous balance presque tel quel un mail reçu il y a quelques heures...

medium_scrambled.2.gif"En juillet 2006, malgré le chaos qui submergeait le pays et les cernait – ou peut-être à cause de lui –, deux jeunes groupes libanais se sont retranchés dans leurs studios et ont commencé à travailler sur de nouvelles créations, remettant à une date ultérieure la question de leur diffusion… A première vue, peut-être devrait-on dire à la première écoute, il y a peu de choses communes entre le punk-rock abrasif et torride de Scrambled Eggs et la musique électronique de Munma, musique d’ambiance et éthérée à la fois. Pourtant, très rapidement, ces deux albums courts (près de 30 minutes chacun) paraissent à l’auditeur étrangement familiers et proches, comme si la puissante alliance de la guitare, de la basse et de la batterie de Scrambled Eggs et l’arsenal d’ordinateurs et de machines électroniques de Munma puisaient tous à la même profonde et douloureuse veine. Les deux albums – disponibles en début de semaine prochaine – nous entraînent dans une expérience musicale fascinante et hypnotique et certains morceaux («1984» de Scrambled Eggs et le morceau éponyme de Munma) portent clairement les stigmates des 33 jours d’enfer de l’été dernier."

Ce mail, c'est la CD-Thèque qui en est l'auteur. Cette adresse incontournable à Beyrouth organise qui plus est un concert le jeudi 14 décembre à partir 22 heures au Basement. Billets à 10000 LL, à retirer à la CD-Thèque (Achrafieh ou Hamra). Rendez-vous jeudi... D'ici là, on a une bonne grosse manif qui nous attend demain au Centre-ville.

vendredi, 08 décembre 2006

Billard en 5 bandes

medium_billard.jpgLes amateurs de billard français comprendront facilement l’analogie. Les derniers développements locaux et internationaux nous font craindre le pire, et comme on s'attend à tout là où nous sommes... C’est toujours comme ça avec le Liban: les plus graves dangers qui le guettent viennent d’abord de l’extérieur avant de trouver des grosses caisses de résonance sur la scène interne.

Première bande
2003: Les Américains se lancent dans une guerre inepte en Irak.
Deuxième bande
2005: La Syrie, pointée du doigt par la communauté internationale (à tort ou à raison) suite à l’assassinat de Rafic Hariri, est obligée de suspendre sa tutelle sur le pays du cèdre. Cette tutelle avait été avalisée par Washington au moment de la Guerre du Golfe. Là, honneur arabe bafoué oblige, on se dit que le régime syrien va jouer la carte de la terre brûlée… En tout cas, Assad Junior ne peut pas se laisser déculotter alors que son cher papa avait mis tant de savoir-faire dans ses magouilles géopolitiques.
Troisième bande
2006: Après une grande campagne de déstabilisation menée en 2005 avec plus d’une dizaine d’attentats, le Liban subit une guerre ultra violente en juillet-août. Le processus politique local (baptisé dialogue national) est au point mort. Parallèlement, Damas – passé maître dans l'art de gagner-du-temps-on-verra-bien-plus-tard – semble exaspéré par l’idée d’un Tribunal international dans l’affaire Hariri (un aveu de culpabilité?). Il va bien falloir trouver une solution pour monnayer une alternative…
Quatrième bande
2006 toujours: Flûte, les Américains s’aperçoivent, officiellement, que leur guerre en Mésopotamie est un désastre, dans cet Irak coincé entre le maléfique Iran et cette charmante Syrie. James Baker (qui avait indirectement fait tant de mal au Liban sous la présidence de Bush père) arrive avec son rapport: la guerre est un échec, il va falloir intégrer l’Iran et la Syrie dans une solution régionale (eh voilà, le temps gagné peut toujours servir....). Une Syrie qui a, 3 semaines plus tôt, officiellement repris des relations diplomatiques avec l’Irak sous tutelle américaine après 24 ans de brouille (cherchez l'erreur!).
Cinquième bande

Et c’est là que commence la politique-fiction… Damas, qui pourrait avoir un rôle «stabilisateur» en Irak, s’attire temporairement les bonnes grâces de Washington. Et quoi comme monnaie d’échange? Bein on peut commencer par enterrer (ou travestir) l’idée du Tribunal, et puis au pire des cas, on peut envisager un retour tranquillou de Bashar et de ses acolytes sur la scène libanaise (via un cheval de Troie?). Et comme l’Histoire a souvent tendance à se répéter, ce scénario n’est pas complètement inepte, lui.

mercredi, 06 décembre 2006

Nathalie et David, laïcs

medium_plaque.jpgmedium_classified.jpgmedium_medecin.jpgL'association Amam a lancé en novembre une campagne d'intérêt public visant à sensibiliser aux dangers du sectarisme. Le principe est simple: pousser jusqu'à l'absurde le ridicule du confessionnalisme, en l'appliquant aux moindres détails de la vie quotidienne. Beaucoup se sont mobilisés pour soutenir cette campagne: agence de pub qui a travaillé gratuitement (bravo Omar), réseau d'affichage qui a offert 300 panneaux (bravo Pikasso), sociétés de production qui travaillent actuellement sur deux films autour du même thème (bravo Ghada) et évidemment Amam qui a rassemblé des fonds, mobilisé les gens... Comme quoi, au Liban, il y a aussi des gens qui réfléchissent à faire avancer les choses autrement qu'en hurlant.

Presque un an...

medium_gebran.2.jpgLe 12 décembre, cela fera un an que Gebran Tueini aura été assassiné. Une voix qui portait dans le désert et qui se serait sûrement fait entendre aujourd'hui, devant le chaos total qui menace le Liban. Un petit film a été réalisé à sa mémoire, présentant le discours qui lui avait donné une véritable stature nationale. Un "serment" de fraternité qui me donne encore la chair de poule, et que beaucoup devraient se remémorer par les temps qui courent. Salut Gebran. Nous ne nous sommes pas toujours bien entendus, mais j'espère que ta tombe est confortable, car tu dois souvent t'y retourner...

Nous vous proposons de télécharger le petit film fait en sa mémoire, pour ce funeste anniversaire. Clickez ici

 
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