Avertir le modérateur

jeudi, 31 mai 2007

Bachar el-Assad est formidable

medium_assad2.jpgAh, comme on l’aime notre Bachar. En moins de 72 heures, son régime vient de donner de grandes leçons au monde entier. Cela a commencé par cette flamboyante victoire à l’élection présidentielle. 97% des suffrages pour un seul et unique candidat. Mais qu’ont foutu ces 3% qui n’ont pas voté pour lui? Honte à eux. Du coup, on adore que le président voisin donne des leçons de démocratie à notre petit pays alors qu'il y a quelques semaines, les milieux de l'opposition syrienne ont vécu une purge hallucinante avec entre autres la condamnation de l'intellectuel Michel Kilo.

Et puis il y a eu hier. Vers 22h (heure de Beyrouth), beaucoup regardaient la chaîne de télé Future (la seule à retransmettre en direct tout le débat au conseil de sécurité de l’Onu), attendant le décompte des voix pour le vote de la résolution 1757 concernant la création du tribunal international chargé de juger les assassins présumés du «président-martyr» Rafic Hariri (ex-grand manitou de la corruption sous la tutelle syrienne, ce n'était pas un saint, rappelons-le tout de même). A Achrafieh, des milliers de lampions posés au sol ont illuminé la nuit; au mausolée place des Martyrs, les pro-Hariri ont «fêté» le vote, et écouté Hariri Junior pleurer lors d’un discours attendu. Alors, quid du raïs syrien? Et bien notre bon Bachar a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne coopèrerait pas avec le tribunal. Point barre. Pas question que des Syriens soient entendus hors du territoire syrien (puisque le tribunal devrait se tenir en Hollande ou à Chypre par exemple). Damas a toujours considéré que l’assassinat de Rafic Hariri devait être une affaire purement libanaise, que la communauté internationale n’avait pas à fourrer son nez dedans, ce qui ne l'empêche pas de dire qu'il n'a pas été consulté (ce qui est faux) et donc qu'il n'a pas à coopérer. De la grande logique syrienne! Alors voilà, à la sortie du vote à New York, le régime baassiste s’est fendu d’une déclaration qu’il est bon d’étudier de près: «Ce vote en faveur du tribunal pourrait déstabiliser davantage le Liban.» Prenons nos dictionnaires pour une étude de texte:

Selon le Larousse illustré
DESTABILISER v.t. Faire perdre sa stabilité à. Déstabiliser un Etat, un régime, une situation.

Selon le Bacharousse illutré
DESTABILISER (LE LIBAN) v.t. Diviser pour mieux régner, lancer des campagnes de terreur, de préférence au Liban au moyen de voitures piégées, assassinats ou manipulations de groupuscules armés. Technique mise au point par Assad père au cours de 29 ans d'occupation au Liban.

Mais attention, Damas n’a pas prévenu que le vote pourrait «déstabiliser» le Liban, mais «déstabiliser davantage». En gros, faut s’attendre à quoi, monsieur Assad? Au fait que le fameux FPLP-CG de ce brave Ahmad Jibril – que vous abritez à Damas depuis des lustres – fasse sont entrée sur la scène libanaise, en soutien au Fatah al-Islam? Merci beaucoup, il ne nous manquait plus que ça. On lit souvent que la Syrie n’est rien en ce moment, qu’elle survit grâce au soutien iranien. Pourtant, nous au Liban, on la sent encore bien vivace.

Bref. La Syrie n'est peut-être pas derrière tout ce qui se passe au Liban, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est derrière rien. Or Damas veut nous faire croire qu'il est blanc comme neige dans tous les dossiers concernant le Liban: l'assassinat de Hariri, les multiples attentats, l'avènement d'un mouvement soit-disant palestinien ces derniers temps... Y a-t-il encore des gens pour gober ça?

mardi, 29 mai 2007

Un peu de lumi'ère dans les ténèbres

Amateurs de Stone & Charden, Patrick Duffy & Mireille Mathieu, passez votre chemin...

medium_lumiPoster.2.jpgVous croyez peut-être que Beyrouth n’est synonyme que de violence et de bombes. Eh bien non, et comme cela nous arrive de temps en temps, on va s’échapper de l’actualité sordide pour vous présenter un îlot de joie. Cette fois, cette petite lueur prend le nom de Lumi, un duo formé par Marc Codsi (le guitariste des Scrambled Eggs pour ceux qui connaissent) et la chanteuse Mayaline Hage, diplômée de psychologie clinique. Ils sont Libanais, ils sont beaux, ils ont du talent… Ce serait dommage de se priver de ce petit plaisir!

medium_lumiCD.jpgBref. Ils ont lancé leur album il y a 10 jours au B-018 (dont la pochette se trouve juste à gauche, avec la bouche de Mayaline). En gros, ils donnent dans un registre large fait d’électro-rock-pop-punk-new wave. C’est excellent, et c’est 100% libanos contrairement à ce que l’on pourrait croire en écoutant leur prestation. La première fois, je me suis dit que j’aurais bien vu un ou deux titres sur la BO d’un film de Sofia Coppola. Fini le blabla, à vous de vous faire une idée avec ces 5 extraits de 60 secondes chacun.

medium_lumiBW.2.jpg

Banging in the stars
podcast

Don't fuck with my black cat
podcast

Not our war
podcast

Second
podcast

Wklp
podcast

N.B.: Pour les amateurs parisiens, le groupe sera en concert à la Flèche d'or en juin ou en juillet... Renseignez-vous! (merci Steve sur le commentaire, c'est donc le 9 juillet!)

Ça continue de péter comme du pop-corn…

Depuis la semaine dernière, nous sommes passés des bonnes vieilles voitures piégées et autres valises garnies d’explosifs aux «bombes soniques». En gros, ça fait moins de dégâts, c’est plus facile à utiliser (type grenade quoi…). On en a eu une première à Barbir, et ce soir, c’est à Zahlé – un symbole de la guerre dite civile libanaise – qui a été visée. Un peu plus tôt dans la journée, les militaires, au barrage de l’aéroport, ont fait feu sur un taxi qui n’a pas voulu s’arrêter. Bilan: 2 morts, une arrestation. Personne ne sait encore s’il y avait quoi que ce soit dans la vieille Merco. Ambiance…

mercredi, 23 mai 2007

Et de trois!

21h10 Un troisième attentat vient d'avoir lieu à Aley (en région druze), sur les hauteurs de Beyrouth. Comme ça, chrétiens, sunnites et druzes auront morflé.

21h30 Les combats viennent de reprendre à Nahr el-Bared. Il fait nuit, c'était plus que prévisible.

Ce soir Des avions israéliens survolent le nord du Liban, des Palestiniens du camp de Saïda (Aïn el-Helwé) disent vouloir combattre aux côtés du Fatah al-Islam.

Bref Tout va bien. On y va tout droit à la guerre civile. 

Nahr el-Bared, ses réfugiés qui fuient l'enfer et ses miliciens prêts à tout

Ce matin, on a pris la direction du nord, vers Tripoli. Avec comme terminus le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, assiégé par l’armée libanaise depuis dimanche.

medium_DSCN4960.jpgSur place, c’est la cohue. Les civils fuient, entassés dans des minibus. A l’entrée du camp, on croise le cadavre d’un combattant du Fatah al-Islam boursouflé et grouillant de vers, puis un vieillard courbé qui erre parmi les détritus. Nous sommes étonnés de pénétrer si facilement dans le camp. En fait, nous sommes arrivés avant la horde des envoyés spéciaux que les rédactions étrangères ont envoyé ce matin, et nous sommes simplement passés entre les mailles du filet.

Nat rencontre alors Youssef, un Palestinien travaillant pour l’UNWRA, qui nous servira de guide. D’abord méfiant, il est touché par le fait que nous ayons transporté en voiture une vieille dame qui n’arrivait plus à marcher. Dans le dédale de ruelles, on rencontre des hommes, les derniers restés. Certains sont en armes, d’autres non. Tous racontent les horreurs des trois derniers jours, leur haine pour l’armée libanaise qui a bombardé aveuglément les maisons, tuant les enfants. Plusieurs vont même jusqu’à trouver Ariel Sharon plus clément.

Et puis on tombe sur des combattants du Fatah al-Islam, visiblement irrités par notre présence et par le fait que Nat leur adresse la parole alors qu’elle n’est pas voilée. Blasphème. A leur accent, on dirait des Lybiens. Certainement pas Libanais ou Palestiniens. En tout cas, pas question de les photographier.

Vers 13h, on croise Sofia, une consœur de la télé, voilée de la tête aux pieds pour l’occasion. Cela fait 24h qu’elle est là, elle attend l’équipe de TF1 bloquée à l’extérieur.

On ressort du camp à 13h30. Là, journalistes, caméramen et photographes attendent que les militaires libanais les laissent passer. En vain. L’un des militaires, les yeux fatigués, nous dit qu’on a eu de la chance de ne pas être allé de l’autre côté du camp où les combats les plus violents ont eu lieu. Il raconte avoir vu les miliciens se servir d’enfants comme boucliers humains. L’image d’un petit, le haut du crâne arraché, ne le quitte pas. «Vous auriez-vous ça, vous ne voudriez plus être journalistes!», nous lance-t-il.

Sur la route du retour, dans les faubourgs de Tripoli, une fusillade éclate. En pleine ville. La tension monte, on file. Sur l’autoroute traçant vers Beyrouth, on croise un long convoi de blindés de l’armée libanaise. On se dit qu’une fois le camp de Nahr el-Bared vidé des civils, les Libanais vont canarder sec les miliciens restés dedans.

Je sais pas quoi dire. On aime notre métier, et on a parfois de la chance (?) d’être là au bon endroit au bon moment. En fait, on ne sait plus trop faire la part des choses entre notre "inconscience" (on en menait pas large à certains moments) et notre envie de savoir, de voir, de raconter.

N.B.: Cliquez sur la photo ci-dessus, elle vous emmènera vers l’album photos de la journée (ATTENTION: certaines photos peuvent choquer).

lundi, 21 mai 2007

Pauvre de moi, j'avais oublié Verdun

Il y a 1/4 d'heure, une nouvelle explosion a soufflé le quartier de Verdun, une zone chic et résidentielle du côté ouest de Beyrouth. Le point commun avec l'attentat d'hier à Achrafieh? Verdun était le rendez-vous des amateurs de cafés et narguilés, tranquilles sur les terrasses des grands centres commerciaux. En clair, les poseurs de bombes ciblent les endroits où la vie ne s'était pas arrêtée.

Restent donc dans cette catégorie:

  • Gemmayzeh, où tous les noctambules beyrouthins sortent le soir;
  • La place Sassine, même si l'attentat d'hier n'était pas loin;
  • La zone proche de l'Université américaine, où de nombreux petits pubs font recette;
  • Sans compter les supermarchés genre Monoprix et Géant.

Voilà, d'autres endroits m'échappent certainement. Mais bon, vous êtes prévenus!

PS: Drôle de jour anniversaire pour Yasmine... 

L'été est revenu, mais il pleut du verre

Ce matin, notre quartier de Mar Mitr s'est réveillé meurtri. Réveillé est un mot peut-être déplacé, car beaucoup n'ont pas dormi. Lentement, tout le monde est sorti, balai à la main, pour évacuer les tas d'éclats de verre jonchant les trottoirs et les balcons. En bas de chez nous, je croise une voisine, le visage hagard, avec sa balayette et sa petite pelle en plastique bleue. Elle habite au rez-de-chaussée, et toutes les vitres sont parties en poussière hier soir. Elle me raconte l'onde de choc et la chaleur instantanée qui a envahi son appartement.

medium_abc1.2.jpgmedium_abc2.jpgmedium_abc3.jpg
Un peu plus loin, sur le boulevard qui remonte vers la place Sassine et qui longe la scène de l'attentat qui a coûté la vie à une femme de 64 ans écrasée par la chute d'un mur, les façades sont toutes marquées: la devanture du supermarché Spinney's, celle d'un grand magasin de jouets, celle d'un resto où nous mangeons habituellement de délicieux sandwichs jebné batata... Et puis plus haut se trouve l'ABC, seul poumon commercial de la capitale libanaise qui respirait encore. L'explosion n'a fait que noircir sa façade, mais les dégâts seront bien plus importants que ça. Il va falloir reconstruire la confiance maintenant. Et ça, c'est bien plus compliqué que d'entasser des parpaings.

En passant devant ce matin au moment d'accompagner les filles à l'école, j'ai tracé le plus vite possible pour qu'elles n'y fassent pas attention. Miracle, elles ont le sommeil lourd et ne s'étaient pas réveillées hier soir. Hier justement, l'aînée, nous voyant assez stressés à cause des événements de Tripoli, nous disait qu'elle voulait partir du Liban, "car il y a toujours la guerre". Nat l'a rassuré en lui disant que c'était loin, au nord du pays... Le problème, c'est que ça se rapproche dangereusement.

Enfin. Hier, j'ai reçu un mail d'un copain installé en Patagonie, tout au sud de l'Argentine. Il m'envoyait des photos sublimes de la région où il vit. Je me demande simplement s'il n'a pas eu raison de partir loin de tout, dans une région paisible. Faire partir les gens encore accrochés au rêve libanais est certainement l'un des objectifs de cette nouvelle campagne de terreur qui pointe le bout de son nez. 

Et si ça pétait? Et bein ça a pété!

Putain de dimanche de merde. Résultat des courses: 39 morts au nord dans les "accrochages" (j'adore le terme utilisé par nos confrères) entre l'armée libanaise et les miliciens de Fatah al-Islam, qui sont loin d'être tous Palestiniens. Et puis...

A 23h45, grosse explosion, à 150m de chez nous. Toutes les alarmes de voitures se mettent en branle. Les vitres volent de partout. Un incendie prend au pied de l'ABC, cet immense centre commercial en plein cœur d'Achrafieh. Selon les premières infos, c'était une voiture piégée. Depuis le temps que ça nous pendait au nez...

Combien de temps cela va encore durer????????????????

Yalla, j'y vais, l'électricité vient de partir, j'ai l'UPS qui fait bip bip. 

00:40 Publié dans Attentats | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : liban, beyrouth, ABC, explosion

samedi, 12 mai 2007

Soutenons Voici!

medium_voici.jpgJe n’aurais jamais cru écrire cela un jour. Mais oui, défendre la journal Voici est un devoir pour nous. Cette semaine, le célèbre journal people a fait l’objet au Liban d’une cabale obscurantiste étourdissante. A l’appel du Centre catholique d’information et de Saout el-Mahabba, une centaine de manifestants sont allés s’indigner à Bkerké (le siège du patriarcat maronite) de la publication en couverture de l’hebdomadaire d’une photo de Nicole Richie (une copine de Paris Hilton, mais qui en a quelque chose à secouer de miss Richie?). Le hic? La pseudo star porte un tatouage au pied, représentant un chapelet avec une croix. O, blasphème! Le patriarche Sfeir, qui a d’autres chats à fouetter en ce moment, a quand même reçu les cégétistes de la foi qui réclament l’interdiction pure et simple de la diffusion de Voici au Liban. Rien que ça. Ils sont devenus fous ma bonne dame…

lundi, 07 mai 2007

Sarkozy, les chrétiens du Liban et l'extrême droite française: tout le monde il est beau, tout le monde il est content

medium_chirackermit.jpgAu Liban, le second tour de la présidentielle n’a pas particulièrement passionné les foules, avec un taux de participation assez maigre (51,35%). Sans surprise, dans notre beau pays du Levant, Nicolas a terrassé Ségolène avec 71,51% contre 28,49%. Des taux proches du XVIe arrondissement de Paris.

Dans notre quartier à forte majorité chrétienne (Forces libanaises pour être précis), les gens de la rue étaient eux aussi de farouches supporters du leader de l’UMP, héritier (selon eux) de la tradition gaulliste et donc de Chirac (erreur), et (aussi) parce qu'ils pensent que Sarko n'aiment pas trop les arabes (musulmans). Ça fait beaucoup de parenthèses tout ça... Enfin bon, finalement, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, les Libanais dans leur ensemble semblent se réjouir de l'élection du petit Nicolas. Dans les rangs de l'opposition, on se félicite surtout du départ de Chirac, jugé trop partisan en faveur de la famille Hariri au pouvoir (qui lui prête un appart sur les quais de Seine d'ailleurs...).
Chez notre libraire, il y a quelques jours, je croise une femme d’un certain âge venue récupérer son numéro de Paris Match, avec les deux «finalistes» en couverture. Le libraire me demande pour qui je vais voter, pensant que je suis (évidemment) sarkophile. D’un coup, je me suis senti en «territoire hostile»… C’est un peu comme quand, il y a 10 ans, je découvris que Le Pen était un grand homme pour une certaine partie des chrétiens aounistes, car ces derniers appliquaient au Liban l’un des slogans de l’extrême droite française: «La France aux Français» devenant «Le Liban aux Libanais». En pleine tutelle syrienne, cela avait du sens, certes… 

Je vous laisse en bonus deux liens: le premier vers l’article de Paul Khalifeh, le correspondant de RFI au Liban, sur les répercussions du départ de Chirac; le second sur l'incidence de l'âge des électeurs français intitulé "Si on retirait le droit de vote aux plus de 68 ans, Ségolène Royal serait élue".

Bonsoir tristesse

medium_rectanglenoir.jpgAu moins, cette mémorable soirée du 6 mai aura permis à Enrico Macias, Jeane Manson et Gilbert Montagné de chanter devant 10000 personnes.

00:15 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, royal, élection

samedi, 05 mai 2007

Celui qui reste, celui qui part, celui qui arrive

medium_HassanNasrallah.2.jpgmedium_Ehud_Olmert.jpgmedium_SarkozyReuters.jpgHassan Nasrallah a créé une petite surprise il y a deux jours. Lors de son dernier discours, il a reconnu «digne de respect» une initiative israélienne: celle de la commission Winograd, qui a scellé l’échec du gouvernement israélien lors de la guerre de juillet. Sans blague, il aura tout de même fallu presque 10 mois de cogitations pour arriver à cette conclusion. Bravo, mieux vaut tard que jamais…

A Tel-Aviv, des dizaines de milliers de personnes ont réclamé le départ d’Ehud Olmert. Soit, pourquoi pas, mais pour mettre qui à la place? Tzipi Livni? Benjamin Netanyahu? Ce n’est pas d’une démission ministérielle dont le Liban se délectera. C’est un peu facile. Il y aurait bien une autre solution (utopique): demander à ce que l’Etat israélien, engagé dans ce conflit, mette la main à la poche pour payer les dommages faits aux infrastructures libanaises qui n’avaient rien à voir avec celle du Hezbollah. Je ne sais pas, moi, par exemple, Israël aurait pu payer le nettoyage des côtes libanaises après la marée noire de Jiyeh (qui avait pour but de torpiller le tourisme local); Israël pourrait payer la nouvelle usine de Liban-Lait dans la Bekaa, destruction à cause de laquelle manger un yaourt au Liban est devenu un luxe… Des exemples, il y en a à la pelle. Ça, toucher au porte-monnaie, cela aurait une toute autre valeur…

Pendant ce temps, pauvres électeurs français du Liban, nous regardons les derniers jours pré-Sarkozy avec une certaine angoisse. Pour nous, la présence du nain à l’Elysée va quelque peu compliquer les choses. De là à dire qu’il ne fera peut-être plus très bon d'être français dans la région, il n’y a qu’un pas (souvenons-nous de la gaffe de Jospin dans le même genre). Le boss de l’UMP ne cache pas ses affinités, c’est certes son droit. Mais ses déclarations classant le Hezbollah dans la colonne «organisations terroristes» ne vont pas vraiment dans le bon sens, celui du dialogue. En tout cas, cela va dans le même sens que l’Administration Bush, et à contre sens de la politique de l’Union européenne. Le preux chevalier blanc de Neuilly-sur-Seine compte donner un grand coup de pied dans la politique arabe de la France. Merci, mais nous n’en avions vraiment pas besoin.

vendredi, 04 mai 2007

«Ce que je propose, c’est pire»

medium_debat.jpgC’est drôle, après le débat du 2 mai, toutes les télés ont passé en boucle la passe d’armes entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sur l’accueil des enfants handicapés dans les écoles dites normales. Personne n’a relevé cette si belle phrase du candidat de l’UMP: «Ce que je propose, c’est pire». C’est vrai, c’est tiré de son contexte, mais cela aurait fait un bien joli titre de couverture… Et personne ne s’est attardé sur le maniement de la langue française. Les académiciens ont dû une nouvelle fois s’étrangler en écoutant le p’tit bonhomme. C’est fou le débit d’erreurs grammaticales et d'accords que ce monsieur peut avoir.

 

mardi, 01 mai 2007

Ségo-Sarko: que faire?

Voici un film glané sur Dailymotion, sectionné en 4 parties de 15-20 minutes chacune. A voir si vous avez le temps. Bon, prenez-le, le temps! Le second tour est dans 4 jours...
L'un des passages les plus édifiants de ces clips se situent dans le 3e extrait, avec pour thèmes le colonialisme et la politique d'immigration. Sans parler de celui sur la Justice en ouverture du 4e clip, et de ceux sur l'atlantisme et sur la politique internationale (qui personnellement m'inquiète profondément)... Allez-y direct!

 
Comme me l'a dit un ami de Ramallah de passage à Beyrouth il y a quelques semaines, mieux vaut choisir un bordel qui ne fait pas peur à un bordel porteur de toutes les déviances anti-démocratiques.
 
PS: Par le plus grand des hasards, nous sommes plongés en ce moment dans les bouquins du journaliste Jean Montaldo sur les systèmes mafieux de Mitterrand et de Chirac (ce sont vraiment des affreux jojos ces deux-là!). Le point commun entre les deux: le pouvoir rend fou et permet tous les abus, abus dont les cercles proches de ces pouvoirs sont les premiers bénéficiaires. Le peuple, celui qui vote, on s'en fout pas mal... A voir les dérives observées chez les deux précédents présidents, on peut se demander comment se transformeront Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. On peut aussi imaginer que l'un des deux se lâcherait plus que l'autre...
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu