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samedi, 28 juillet 2007

200

C'est le nombre de posts publiés sur ce blog depuis sa création il y a un an. Pour ce 200e post, nous remercions tous ceux qui nous lisent régulièrement – qu'ils nous laissent des commentaires ou pas, et qu'ils soient d'accord avec nous ou pas. Vive le Liban!

13:50 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : liban, 200

jeudi, 26 juillet 2007

Grand concours Simpson !

medium_simpND.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ça, c'est nous. Nous vous invitons à aller sur le site du film des Simpson, où vous pouvez créer en quelques clics toutes sortes d'avatars. En voici quelques uns. Les amateurs pourrons nous envoyer leurs créations ici, et nous mettrons en ligne les meilleures (en admettant qu'on en reçoive...).

medium_simppol.jpg

Joumblatt, envoyé par JiPé le 27 juillet:

medium_simpjoum.jpg

Bachar, envoyé par Ziad22 le 28 juillet:
medium_simpass.jpg

 

Scénario ordinaire au ministère du Travail

medium_Travail1.jpgUn Français doit se rendre au ministère du Travail pour obtenir un papier précis. Il a rendez-vous avec Monsieur X, un responsable dudit ministère, à 9h30. L’étranger est pistonné par une avocate (Maître Z) pour cette rencontre afin de faciliter les choses.

Objectif prioritaire: le Français doit repartir le matin même avec le papier officiel que Monsieur X doit lui fournir.


Scène 1, intérieur jour

Décor: un grand bureau, des vieux sièges en faux cuir. Rien sur les murs à part un grand poster représentant Hassan Nasrallah, avec une inscription en rouge, «La victoire divine» (texte en français). Etonnant de voir ça dans le ministère qui est le fief du parti politique (et ex-milice) chiite Amal de Nabih Berri. Parmi les dossiers en souffrance, un flyer avec le logo blanc, rouge et noir du PSNS. La clim est à fond, l’odeur de cigarette froide omniprésente.

Le dialogue ci-après se déroule en anglais.

Le Français
(Poli) Bonjour monsieur X.

Monsieur X
(Affable) Asseyez-vous. C’est vous qui venez de la part de Maître Z?

Le Français
Oui. (Il sort de sa poche ses papiers: passeport, permis de séjour et permis de travail). Voilà, je viens vous voir pour obtenir le papier demandé par l’avocate.

Monsieur X
Donnez-moi vos papiers. (Il les prend, les étudie pendant une minute. Il sort un formulaire d’une pochette et commence à reporter dessus les nom, prénom et numéro de passeport du Français). Reprenez-les, allez au rez-de-chaussée faire des photocopies de chaque et achetez 5 timbres de 1000 livres libanaises chacun.

Le Français
D’accord. Vous n’avez besoin de rien d’autre? (Il pose cette question par habitude, car il manque toujours des papiers au cours des démarches administratives dans ce ministère)

Monsieur X
Non, vous pouvez y aller. (Monsieur X s’allume une Marlboro rouge)

Le Français
(Il se lève et quitte le bureau)


Scène 2, intérieur jour

Décor: même bureau.

Le Français
(Il revient dans le bureau de Monsieur X, avec les photocopies et les timbres. Deux femmes discutent avec Monsieur X. Il s’assoit et attend son tour)

Monsieur X
(10 minutes plus tard). Asseyez-vous. (Il prend les papiers, agrafe le tout et colle un timbre de 1000LL sur chaque page pour les authentifier)

Le Français
J’ai cru comprendre de Maître Z qu’il était possible de faire le papier aujourd’hui.

Monsieur X
Oui en effet.

Le Français
(Soulagé) Et bien faisons-le!

Monsieur X
(Avec aplomb) Ce sera 200 dollars.

Le Français
Ah bon? Je ne pensais pas qu’il fallait payer une amende…

Monsieur X
(Conciliant) Non, non, vous n’avez pas à payer d’amende. Disons que c’est pour accélérer les choses. Je donnerai 50 dollars à untel, et 50 dollars à untel. Comme ça, ça ira vite et vous pourrez repartir aujourd’hui avec votre papier.

Le Français
(Il ne croit pas trop à la théorie du partage de Monsieur X, et s’attendait un peu à cette situation) Je suis désolé, mais je ne paye rien.

Monsieur X
(Il se fait charmeur) Réfléchissez… Sinon, ça va prendre plus d’une semaine.

Le Français
Ce n’est pas grave. Moi, je ne paye pas.

Monsieur X
Bon, OK. 150 dollars alors?

Le Français
Non, j’attendrai une semaine.

Monsieur X
(Il range le passeport et les permis de séjour et de travail du Français dans une pochette)

Le Français
Que fait-on maintenant? Moi, je ne repars pas sans mon passeport.

Monsieur X
Oui, oui, bien sûr… (Il referme la pochette et décroche son téléphone pour appeler Madame Bidule, dont le bureau se trouve à un autre étage. Le téléphone sonne dans le vide). Allez vous asseoir, Madame Bidule n'est pas là, nous irons plus tard. il y a d’autres personnes qui attendent.

Le Français
(Il se lève et s’installe sur une chaise, dans un coin du bureau. 25 minutes d’attente)

Monsieur X
(Après avoir reçu une femme de 40 ans, il rappelle Madame Bidule. Discussion en arabe. Madame Bidule lui dit de descendre plus tard) Il faut attendre encore 10 minutes.

Le Français
(Il commence à trouver le temps long, mais reste courtois, il n’a pas le choix) D’accord, pas de problème.

(15 minutes plus tard)

Monsieur X
On peut y aller.


Scène 3, intérieur jour

Décor: Le bureau de Madame Bidule, 2mx1,5. Trois cadres avec des photos d’enfants trônent sur une petite table. Madame Bidule, 65 ans, remplit un registre. Monsieur X l’interrompt, lui présente la pochette avec les papiers du Français. Le Français reste silencieux, les mains dans les poches. Madame Bidule lève le nez, voit le passeport.

Madame Bidule
Ah, un Français? Ils nous emmerdent les Français. Avant c’était Chirac, maintenant c’est Sarkozy... (Madame Bidule remplit le registre et redonne la pochette à Monsieur X).

Le Français
(Très très poli) Je peux reprendre mes papiers?

Monsieur X
(Un peu agacé) Oui, tenez. Vous pouvez partir. Revenez dans une semaine pour prendre votre formulaire dûment rempli.

Le Français
Merci.


Scène 4, extérieur jour

(Le Français sort du ministère, prend son téléphone et appelle un collaborateur de Maître Z)

Le Français
Allo, c’est le Français. Bon, je ressors du ministère. Le papier sera prêt dans une semaine.

Le collaborateur de Maître Z
(Enervé) Quoi? Une semaine? Mais qu'est-ce que t'as fait? Tu devais l'avoir aujourd'hui!!!

Le Français
Bein ouais. C’était soit ça, attendre une semaine, soit je payais 200 dollars de bakchich pour avoir ton fichu papier éventuellement aujourd'hui... Merci pour le piston!


Pour le feuilleton "Paperasses administratives au pays du Cèdre", suite au prochain épisode... 

mercredi, 25 juillet 2007

Les Syriens aiment tellement le Liban...

medium_occupationsyrie.jpgAh, ils nous manquaient presque… Mais rassurons-nous, ils ne seraient pas vraiment partis. Ils, ce sont nos amis syriens qui, selon le Wall Street Journal, occuperaient encore 458km2 du territoire libanais (soit 4,38% du pays). L’article de Bret Stephens (publié hier) détaille la zone frontalière dans la Bekaa. Au menu: un camp du FPLP-CG vers Qoussaya (pas très loin de l'ancien QG de l'armée-sœur à Rayak), des unités d’élite de l’armée syrienne du côté de Deir el-Aachayer, des barrages dans le secteur de Maaraboun, et des batteries de défense aérienne dans la vallée de Birak el-Rassass (là, j’ai pas trouvé sur la carte, si quelqu’un sait où ça se trouve, qu’il se manifeste…). Ces informations ont été données par le Comité international pour l’application de la résolution 1559, une ONG américaine ayant le statut d’observateur à l’Onu.

On comprend mieux pourquoi notre formidable Bachar el-Assad refuse catégoriquement, depuis des mois, que les Casques bleus de l’Onu étendent leur mission à la frontière libano-syrienne pour contrôler – entre autres – le trafic d’armes. Ça ferait désordre de tomber sur un barrage de bidasses syriens au Liban alors que l’armée de notre pays frère est censée avoir plié bagages en avril 2005.

lundi, 23 juillet 2007

Les concerts reprennent, c'est kool

medium_kool.jpgmedium_mika.jpgLe 24 juillet 2006 (il y a tout juste un an... déjà), installés sur de vieux fauteuils en cuir dans le hall de la municipalité de Baalbeck, nous patientions avant de rencontrer le maire de la ville, laquelle venait d’être bombardée. Sur la porte d’entrée, il y avait cette grande affiche bleue célébrant le 50e festival de Baalbeck. L’été 2006 devait être fastueux, il devenait pathétique.

Cette année, les deux grands festivals (Beiteddine et Baalbeck) ont annulé leurs maigres programmes, même si des artistes ont quand même voulu venir ici, comme Nigel Kennedy la semaine passée. Encore un été musical mort dans l’œuf? Pas tout à fait. Nous venons de recevoir la programmation du festival de Byblos. Ça commence par Nouvelle Vague le 28 juillet pour se terminer par les grands, les monstrueux Kool & The Gang le 29 août. Et comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, il paraît même le jeune Mika (d’origine libanaise) tiendrait à venir chanter pour ses compatriotes cet été (on ne sait pas encore où et quand, mais ça se précise). Notre gamine de 7 ans, qui rêve de voir un concert, va enfin être servie. Et nous aussi.

samedi, 21 juillet 2007

Welcome to Fuel-sur-Plage !

On revient de la plage avec un double sentiment: celui d’un bon moment passé au soleil, loin du bruit. Et celui des 5 minutes de baignade dans la mer. Nous étions réticents au début car il y a beaucoup de méduses cette année. Et puis en s’approchant, nous nous sommes laissés tenter par l’eau claire et délicieusement tiède. Mais en sortant de l’eau…



 

A la mi-juillet l’année passée, les réservoirs de fuel de Jiyeh (tout proches) ont été bombardés (c'est sûr, ils devaient servir de refuge à ces gros méchants du Hezbollah, comme les usines de lait de la Bekaa), provoquant une marée noire sur une bonne partie du littoral libanais. Depuis la guerre, il y a eu un gros travail de nettoyage (merci surtout les ONG étrangères), mais il reste visiblement des traces. En tout cas, un grand bravo à nos chers voisins qui avaient encore fait preuve de leur sens du savoir-vivre.

PS: J'ai ruiné un maillot de bain aujourd'hui avec ces conneries. A qui dois-je envoyer la facture du pressing? A Ehud Olmert? 

jeudi, 19 juillet 2007

Pif paf bang bang 2 : la preuve par le son

Ce que vous allez entendre n'a pas été enregistré il y a un au Sud-Liban ou à Dahiyeh. Ni à Nahr el-Bared ces derniers jours.

Voici un petit podcast pris sur le vif ce soir à Achrafieh (21h, sur notre terrasse), qui illustre le post précédent pour tous ceux qui croiraient que nous ne sommes que deux Franco-libano-râleurs qui exagéront! Il est 22h03, et ça continue...

podcast

Pif paf bang bang

medium_petards.jpgAujourd'hui, c'est la Saint-Elie, une fête importante pour les maronites. Et comme ici, toutes les occasions sont bonnes pour faire du bruit, la soirée s'annonce agitée.

Dans un pays qui a traversé tant d'années au son des bombardements et dont la vie est aujourd'hui encore bousculée – de façon épisodique, heureusement – par la douce mélodie des explosions, j'ai toujours du mal à comprendre la fascination qu'exercent les pétards et autres feux d'artifices sur les Libanais. Plus ça fait de bruit, mieux c'est et tant pis pour le désagrément (je sursaute à chaque fois) et pour le danger (il y a deux ou trois ans, un feu d'artifice a atterri sur notre balcon à quelques mètres de nos enfants). Dans les rues et les ruelles, les bandes de gamins s'en donnent à cœur joie.

Je ne sais pas si c'est une façon d'exorciser un passé encombrant, une sorte de thérapie sonore, ou si il s'agit tout simplement d'une culture de l'extériorisation (de la fête comme du reste, d'ailleurs). Mariages, fêtes religieuses, victoires sportives, événements politiques, anniversaires... Toutes les occasions sont bonnes pour lancer ces trucs qui font de gros bangs. Je connais d'ailleurs un industriel qui a fait fortune aussi vite que massivement en se lançant de l'importation de pétards chinois.

On va dire que cela fait partie du folklore. Et puis, c'est toujours mieux que de tirer en l'air, comme les partisans de Nabih Berri l'avaient fait pour célébrer sa "réélection" à la tête du Parlement. Célébration qui s'était soldée par plusieurs blessés...

mercredi, 18 juillet 2007

It’s good to communicate 2… mais ça coûte cher !

Cet après-midi, nous étions tous les quatre en voiture, traversant tranquillement le quartier de Tabaris pour rentrer chez nous, lorsqu’il se produisit ce qui n’arrive que trop souvent dans notre beau pays: une (très) jeune femme (je ne dis pas «poufiasse» mais je le pense) dans son monstrueux 4X4 déboula sans crier gare d’un parking juste à notre gauche. Sans un regard pour qui risquait éventuellement de parcourir ce tronçon en respectant le code de la route, cette reine du volant se prenait aussi pour la reine de la route. David pila, ce qui évita la collision qu’apparemment la demoiselle n’a pas une seule seconde envisagée, et klaxonna avec colère. Pour rien. Pas davantage qu’à la seconde précédente, elle ne se rendit compte qu’elle n’était pas seule au monde. Ou bien, en fait, elle s’en balançait comme de sa première brassière. Après tout, c’est une reine de la route. Et puis, elle avait l’oreille collée à son téléphone portable.

medium_celliboycott.2.jpg

Ce genre d’incident horripilant se produit couramment ici, l’anecdote n’a rien d’extraordinaire, mais elle m’amène à vous parler d’une initiative lancée par un regroupement d’associations et d’entrepreneurs. Ce collectif appelle les Libanais à éteindre leur «cell» – leur téléphone portable, quoi – pendant 4 heures demain, jeudi 19 juillet. Pour avoir un peu la paix quand on est restaurant et que votre voisin a une conversation intempestive, ou pour sensibiliser les gens au danger des conversations téléphoniques en conduisant? Non. Ce boycott ponctuel vise à protester contre le coût exorbitant des communications cellulaires et la qualité pour le moins médiocre des services. Mais je considère que ces 4 heures de sécurité automobile relativement accrue (si tant est que l’appel mobilise les foules) sont un bonus. Bref.

Il faut savoir qu’au Liban, le secteur de la téléphonie mobile est monopolisé par deux opérateurs (MTC et Alpha) et les infrastructures existantes ont une capacité limitée pour un pays se voulant à la pointe de l’innovation technologique régionale. Résultats des courses: le taux de pénétration stagne à 25% de la population totale, contre 60% en Jordanie, à titre d’exemple. Quelque 2 millions d’utilisateurs résidant au pays du cèdre ne pourraient avoir accès au cellulaire en raison de l’étroitesse de l’offre. Du coup, comme ce qui est rare est cher, un marché noir galopant s’est développé dans le pays, quelques-uns des 27 distributeurs de cartes officiels n’ayant pas beaucoup de scrupules: pour une ligne dont le prix – en principe fixe – est de 51 dollars, certains n’ont pas hésité à demander jusqu’à 250 dollars il y a quelques années, et restent gourmands actuellement avec une facture pouvant atteindre 110 dollars!

Enfin et surtout – pour ceux qui ont le bonheur d’avoir une ligne – le coût de l’appel est totalement disproportionné. Jugez plutôt (les chiffres datent un peu, mais ils sont parlants et n’ont certainement pas été revus à la baisse): 500 minutes de communications locales coûtent 121 dollars au Liban, contre 66 en Jordanie, 65 en Syrie, 47 à Chypre, 42 en Egypte ou 39 aux Emirats Arabes Unis. Le coût moyen d’un appel d’une minute atteint 0,35 dollar pour les abonnés et 0,52 dollar pour les cartes prépayées. Sachant que ce même appel occasionne un coût de seulement 0,02 dollars pour l’opérateur (faites le calcul, c’est simple). Dans la région, l’appel ponctionne seulement 0,22 dollar en moyenne pour nos veinards de voisins plus ou moins éloignés.

Le débat autour de la privatisation de la téléphonie mobile fait rage depuis des années, mais rien ne garantit qu’il assurera une libéralisation suffisante du secteur pour que la concurrence n’ait un impact réel sur les prix (un troisième opérateur pourrait avoir accès au marché libanais, mais est-ce suffisant?). Sans parler de la nécessité de mettre en œuvre une véritable politique de transparence et de réglementation.

L’opération de demain, qui peut coûter au Trésor si elle est suivie massivement, espère entre autres choses inciter les autorités à reprendre des négociations interrompues par la crise de Nahr el-Bared il y a 9 semaines, et à serrer la vis contre les distributeurs sortant de la légalité.

En 2004, un boycott du même type avait mobilisé 63% des utilisateurs. Vous qui êtes au Liban, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire demain si vous en avez ras la casquette d’avoir un budget téléphonique hors de prix.

lundi, 16 juillet 2007

Compulsion horticole

Ce matin, je ne sais pas trop pourquoi, nous nous sommes mis en tête d’ajouter quelques plantes à la quarantaine de pots garnissant déjà notre terrasse. Notre pépiniériste habituel de Furn el-Chebbak n’avait pas grand chose d’excitant. Alors nous avons pris la route de Chtaura, où nous avons également nos habitudes pour satisfaire ce genre de compulsions.

medium_pontmdeirej.2.jpgSur la route de Damas (l’une des plus dangereuses du pays), nous avons eu droit à un énième détour: le pont de Mdeirej qui mène au col du Baïdar, frappé il y a un an tout juste par l’aviation israélienne, est toujours impraticable. En fait, il est fort probable que ce pont (le plus haut du Moyen-Orient si je ne me trompe) ne doive être détruit complètement pour être reconstruit (par les Américains, pour la bagatelle de 17 millions de dollars). Il avait été mis en service il y a 3 ou 4 ans seulement...

Une fois passé le col (Chtaura est de l’autre côté de la chaîne du Mont-Liban), la vue nous a une nouvelle fois serré le cœur. Ce n’est pourtant pas la première fois (loin de là!) que nous faisons ce trajet, mais l’émotion est intacte à chaque passage. Avant la longue et périlleuse descente vers Chtaura (la conduite y étant encore plus sauvage que dans le reste du pays), la plaine de la Bekaa s’offre aux voyageurs du jour. C’est tout simplement sublime.

medium_chtaura.jpgA Chtaura, les statues de Hafez el-Assad ont disparu depuis le retrait de l’armée syrienne. A la sortie de la ville, il y a un Y (ici en image): à gauche de l'immeuble blanc, c’est la route de Baalbeck; à droite (tout droit en fait) celle de Masnaa et de la frontière syrienne. En prenant cette dernière, vous trouverez LE pépiniériste de la région à quelque 200m seulement. Bon, nous n’avons pas grillé notre essence pour acheter de bêtes géraniums: lui, il fait plutôt dans l’arbre fruitier, le peuplier, les pins de toutes sortes… Nous sommes repartis avec un prunier de 2m50 de haut, trois pieds de lavande, un pied de tomate, deux bougainvilliers roses et blancs, un gardenia, deux rosiers et j’en oublie…

En repartant de Chtaura, avec branches et fleurs sortant par toutes les fenêtres de la voiture, nous avons fait une petite halte. Une sorte de pélerinage en ce qui me concerne, au restaurant Akl (pas loin du McDo, si si, y'a un McDo à Chtaura!). Le saint Graal? Son sandwich de kebbé nayé dans du pain marqouq. Un truc à vendre son âme au diable.

De retour à Beyrouth, nous avons passé l’après-midi à mettre tout ça dans des pots (taille XXL). Alors que le soleil allait bientôt se coucher dans la mer, nous nous sommes posés. En voyant toutes ces nouvelles plantes orner notre petit chez nous, je me suis dit que notre compulsion horticole du jour, cette frénésie dans la catégorie «plantage d’arbre», répondaient surtout à notre désir de nous enraciner nous-même dans ce pays que nous aimons tant. Ça fait un peu psychologie de comptoir, mais c'est comme ça...

vendredi, 13 juillet 2007

Plateau du Golan, fermes de Chebaa… l’insoluble problème

Mais que se passe-t-il en ce moment du côté du Golan? Le site d’information israélien Debka fait état de mouvements inhabituels dans ce territoire conquis par l’Etat hébreu en 1967. D’abord, la Syrie aurait rouvert au public la route Damas-Quneitra (une ville à cheval entre le Golan occupé et une zone militarisée syrienne), fermée depuis 40 ans. Les services de renseignement israéliens voient là une volonté syrienne d’«activer» cette bande frontalière en permettant à des factions soit disant pro-palestiniennes (type FPLP-CG) de s’en servir comme base d’attaque vers le territoire israélien. Cette technique longuement éprouvée par Damas au Liban et apparemment en Irak aujourd’hui, dédouane la Syrie de toute responsabilité officielle. Objectif en filigrane: ajouter une carte à son jeu pour alléger la pression de la communauté internationale alors que le conseil de sécurité de l’Onu s’apprête à la «condamner» pour les transferts d’armes illégaux.

medium_golan.jpgEt qui dit Golan, dit fermes de Chebaa. Cette zone frontalière pose un problème insoluble aux diplomaties locales et étrangères. Il y a trois jours, dans le quotidien Haaretz, un responsable israélien anonyme révélait que l’Onu aurait demandé à Israël de se retirer des fermes de Chebaa, revendiquées par le Liban. Avant-hier, Ban Ki-Moon – le secrétaire général de l’Onu – a démenti, déclarant que le tracé définitif de la frontière était encore à l’étude, et que le cartographe onusien avait encore du boulot devant lui.

Voici un essai de mise à plat de ce double problème:


Le plateau du Golan (en rouge sur la photo satellite)

  • Un peu d’histoire

L’empire ottoman, à la fin du XIXe siècle, choisit le Golan pour installer des familles de Circassiens (des réfugiés musulmans de différentes ethnies venant du Caucase), afin d’en faire un poste avancé pour contrôler les bédouins arabes rétifs à son autorité. Ce sont ces Circassiens qui ont fondé la ville actuelle de Quneitra. Près de 20 ans après la chute des Ottomans, dans les années 30, certains Circassiens espèrent utiliser le Golan pour fonder un équivalent au Foyer national juif. Mais les mandats français et britanniques sur la région en décideront autrement, enterrant les rêves autonomistes circassiens. Le Golan devient syrien.

  • Selon la Syrie

Damas réclame le retrait de l’armée israélienne du Golan, territoire conquis en seulement 2 jours lors de la guerre de 1967. Mais pas question de reprendre ce territoire par les armes. La frontière syro-israélienne est l’une des plus calmes au monde depuis 40 ans. Le retour à la souveraineté globale sur le Golan est, selon Damas, la condition sine qua non à toute discussion avec Tel-Aviv.

  • Selon Israël

Israël a conquis le plateau du Golan en 1967, et l’a officiellement annexé en 1981, en en faisant, selon son administration, sa 6e région. La situation géographique du Golan est hautement stratégique pour Tsahal: il est au croisement de la Syrie, du Liban et d’Israël,. Mais à la fin des années 90, le Premier ministre Ehud Barak propose un moratoire pour geler l’implantation de colonies sur le Golan afin de faciliter les pourparlers avec la Syrie. Pourtant, en février 2001, Ariel Sharon alors devenu Premier ministre, relance le développement des colonies dans cette région.

  • Selon l'Onu

L’Onu ne reconnaît pas l’annexion du plateau du Golan par Israël. Le Conseil de sécurité a voté les résolutions 242 et 338 sur la question (exigeant d’Israël la restitution des territoires conquis par la force), résolutions restées lettres mortes.


Les fermes de Chebaa (en vert sur la carte du Golan)

  • Selon le Liban

L’Etat libanais considère que les fermes de Chebaa (25km2) font partie intégrante de son territoire, et sont donc soumises à la résolution 425 de 1978 exigeant le retrait complet d’Israël du pays du cèdre. Le gouvernement libanais a adressé à Kofi Annan (ex-secrétaire général de l’Onu) une série de documents cadastraux et la copie de l’accord libano-syrien de 1951, prouvant le don par la Syrie de ce petit territoire au Liban. Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a même exhibé, lors de la table ronde du Dialogue national en 2006, une carte américaine confirmant la «libanité» des fermes.
Le 26 juillet 2006, Fouad Siniora propose un plan de règlement plaçant ce secteur «sous juridiction de l’Onu en attendant que la ligne frontalière soit délimitée avant son retour sous souveraineté libanaise». Le 12 août, Annan reprend la proposition Siniora dans la résolution 1701, le Liban demandant ensuite à la Syrie de reconnaître «officiellement» la «libanité» de Chebaa, ce que Damas refusera tant qu’il y aura un soldat israélien sur le sol du Golan. Le serpent se mord la queue…

  • Selon Israël

Tel-Aviv considère que les fermes de Chebaa font partie du Golan syrien occupé, et sortent donc hors du champ d’application de la résolution 425. Israël se base sur la ligne de démarcation  franco-anglaise de 1923 et sur la ligne d'armistice de 1949 qui désignent la région comme territoire syrien.

  • Selon la Syrie

La Syrie considère que les fermes de Chebaa appartiennent au Liban, sans pour autant être soumises à la résolution 425. Damas refuse pour l’instant de donner suite à la demande de l’Onu de reconnaissance écrite et officielle par la Syrie de la «libanité» de Chebaa.

  • Selon l’Onu

Kofi Annan, alors SG de l’Onu, avait jugé irrecevables les demandes libanaises. Selon lui, la résolution 425 que tout le monde évoque ne réclame pas l’évacuation par Israël de la zone des fermes de Chebaa, qui relèverait des résolutions 242 et 338 traitant directement du conflit israélo-syrien. L’Onu reconnaît les frontières de 1923 (qui incluent Chebaa sur le territoire syrien). En fait, les Nations unies travaillent actuellement sur le tracé définitif de la frontière, son cartographe officiel devant revenir prochainement dans la région.

Bref. Comme souvent, la raison de cette chamaille généralisée (qui fournit au Hezbollah un motif officiel pour poursuivre la lutte armée contre Israël) trouve sa raison première dans l’or bleu. Le Golan syrien et les fermes de Chebaa libanaises sont les véritables réservoirs d’eau de la région : entre 30 et 35% des ressources aquifères israéliennes en proviennent. C’est dire combien il est improbable qu’Israël se passe du Golan en le rendant à son propriétaire d’origine, à moins qu’un accord sur la fourniture d’eau ne fasse partie du deal. Pour Israël, il s’agit d’une question de survie.

Enjeux stratégiques et militaires, ressources en eau, cartes politiques régionales: Chebaa et Golan sont intrinsèquement liés dans les négociations syro-israéliennes au sein desquelles le Liban ne pèse pas grand chose. En clair, on n’est pas sorti de l’auberge.

jeudi, 12 juillet 2007

Chers commentateurs

Cela fait un moment que nous nous interrogeons sur la meilleure façon de gérer les commentaires contenant des insultes (ce qui se produit rarement, heureusement et merci). Il ne s'agit pas de mettre tout le monde d'accord, ce blog est évidemment ouvert au débat mais nous vous prions de faire preuve d'un minimum de retenue et de ne pas tomber dans les injures. Sans quoi nous serions dans l'obligation (à notre grand regret) de devoir censurer les interventions dépassant la limite de la correction la plus élémentaire.

Merci de votre compréhension et merci de nous lire. 

mercredi, 11 juillet 2007

It's good to communicate

medium_libancell.jpgComme pour donner tort à ceux qui, convaincus que chrétiens et musulmans ne peuvent plus coexister au Liban, sont désormais partisans d’une partition du pays (la palme revenant à la création d’une «principauté» chrétienne dont on se demande bien qui serait le prince), les mouvements pour la laïcité refont parler d’eux tandis qu’un rassemblement de «l’Option libanaise» sera officiellement annoncé vendredi.

Dans les deux cas, des chiites sont soit à l’initiative, soit partie prenante: Hussein Husseini, l’ancien chef du Législatif, au niveau du Centre pour l’édification d’un Etat civil; Ahmad el-Assaad,le chef du «Courant du Liban des compétences», en ce qui concerne l’Option libanaise. Ces deux jeunes organismes défendent une ligne de conduite claire et nette qui se recoupe à bien des niveaux:

  • Egalité et liberté des Libanais unis par un principe de coexistence en dehors duquel le Liban ne saurait exister.
  • Défense d’un Etat civil.
  • Refus de la guerre et des ingérences étrangères, passant par une réelle responsabilisation des Libanais eux-mêmes. Etc.

Il faut saluer la volonté des membres de l’Option libanaise de briser le duopole Amal-Hezbollah sur la communauté chiite, comme d’autres comme le Courant chiite libre s’y essaient depuis longtemps déjà.Tout ça pour dire que dans toutes les communautés, il y a des âmes de bonne volonté, soucieuses de protéger le «vivre ensemble». Evidemment que ce n’est pas facile. Evidemment qu’il y a des moments de découragement.

Mais je trouve quand même triste que ce soient toujours des chrétiens (pas tous heureusement) qui se replient sur eux-mêmes et portent des jugements parfois choquants sur leurs compatriotes musulmans. Au cours d’une excursion dans le Sud, un habitant de Aïn Ebel (village chrétien) m’expliquait en quoi les musulmans étaient sales et combien les chrétiens leur étaient supérieurs, intellectuellement, culturellement, socialement. Il n’avait pourtant pas grand chose à envier à ce chiite de Bint Jbeil que j’avais rencontré quelques heures auparavant et qui, lui, avait loué la richesse et la sainteté du Liban, terre de toutes les religions, et qui était heureux d’envoyer ses enfants à l’école des Sœurs de Aïn Ebel justement.

J’ai bien conscience qu’il existe un syndrome des minorités se traduisant par une crainte permanente d’être absorbées par la majorité ou d’être jetés à la mer. Ce n’est pas propre aux chrétiens du Liban. Mais à mon sens, l’intelligence serait d’essayer de voir plus loin que ces clivages arbitraires sur seule base de l’appartenance religieuse.

Malheureusement, au Liban, trop de monde continue à concevoir son univers sous forme de cercles concentriques: au centre l’individu, puis la famille, le clan, la communauté et enfin, bon dernier, le pays… Tout cela a évidemment des fondements historiques, les Libanais n’ont sans doute pas eu le temps de se construire un véritable sens de la nation, comme tant de pays issus de la décolonisation. Ce qui fait même regretter à certains l’époque du mandat français où les Libanais se fatiguaient moins car ils avaient moins de responsabilités! Mais je m’égare.

Une chose est certaine, car je la constate tous les jours ou presque: un maronite de Beyrouth a souvent davantage de points communs avec un homme d’affaires chiite de la capitale qu’avec un planteur de tabac de Deir el-Ahmar ou un petit commerçant de Aïn Ebel.

mardi, 10 juillet 2007

Schizophrénie

medium_harissapanoramique.jpgCet après-midi, j’ai accompagné notre fille aînée à un anniversaire organisé à l’ATCL, un des plus anciens complexes balnéaires – évidemment privé – du pays, sur la baie de Jounieh. Au loin, la silhouette imposante de la montagne, couronnée d’une statue de Marie et de sa basilique pseudo-moderne, se dessinait en rosé dans les reflets du couchant. Que de souvenirs à chaque fois que je reviens ici, en particulier de cette émotion qui m’étreignait le cœur à chaque arrivée (en bateau, en hélicoptère, en hydroglisseur…) de Chypre, pendant la guerre. Chaque retour était comme une victoire à laquelle on n’osait croire qu’en foulant le sol du port de Jounieh. Bref.

medium_atcljounieh.2.jpgL’atmosphère était paisible en cette fin de journée à l’ATCL. Les baigneurs faisaient des longueurs dans la sublime piscine à ciel ouvert (à droite en photo), les enfants s’éclaboussaient d’eau et de rires, les mères de famille se prélassaient en buvant un café ou une limonade… Je suis une peu envieuse de ce luxe insouciant que seule une petite minorité peut s’offrir, je l’avoue. Evidemment, le goûter d’anniversaire que nous avions organisé à la maison il y a un mois, avec pêche à la ligne bricolée avec un manche à balai et gâteau qui m’a occupée trois heures et dont je n’étais pas peu fière, a dû faire pâle figure à côté de la débauche de luxe à laquelle j’ai assisté aujourd’hui: trois installations gonflables de 5 à 6 mètres de haut (chacune), cinq animatrices, le triple de bonnes, un buffet aussi riche que celui de notre mariage ou presque… Ce qui fit dire à une maman que c’était un «mini-mariage», justement.

Je ne juge pas, les parents ont les moyens et l’envie d’offrir cela à leurs enfants, tant mieux pour eux. Mais je m’interroge quand même sur la démesure qui règne dans certaines sphères sociales du pays: anniversaire à la résidence Sursock à 50 dollars par enfant pour une gamine qui soufflait sa quatrième bougie, jeunes de 20 ans qui quittent le pays parce que, vous comprenez, le Liban, ce n’est plus vivable car il n’y a plus que deux boîtes de nuit où sortir le soir et autres excès qui doivent se produire ailleurs aussi, mais qui se voient particulièrement bien ici. Le Liban est tout petit.

Toujours est-il que j’ai de plus en plus de mal à suivre, surtout si ma propre progéniture, qui évolue dans cet environnement par la force des choses, commence à avoir ce type d’ambitions. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant, je peux encore souffler, merci.

J’ai aussi un peu de mal à gérer le contraste avec la journée de la veille, passée à sillonner les routes terreuses du Sud, à essayer de traverser des ponts encore défoncés et à écouter les habitants livrer leurs inquiétudes et/ou leurs rancunes.

A l’ATCL aussi, on s’inquiète de l’avenir, mais le rapport à la réalité est tout autre. Beaucoup de ses membres sont ceux qui ont (sur)peuplé les complexes de montagne, à Faraya ou ailleurs, pendant la dernière guerre. Je garde en mémoire ces deux femmes qui discutaient près de moi dans la salle d’attente d’un médecin, en août dernier. L’une expliquait à l’autre qu’elle allait pour la troisième fois se rendre en France en passant par la Syrie car elle n’en pouvait plus du Liban et de Faraya. «Avec tous ces enfants là-haut, c’était devenu beaucoup trop bruyant.»

Allez, restons tolérants. «A chacun suffit sa peine» est un de mes adages et il ne faut pas juger le malheur des uns à l’aune de la détresse des autres. Dans le fond, cette femme faisait peut-être beaucoup de bien par ailleurs. Mais moi, je constate le fossé culturel et social libanais qui, sans être aucunement nouveau, continue de se creuser. Et j’y participe, d’une certaine manière. Demain, j’irai faire le pitre pour une émission de radio avant d’écrire une rubrique sexualité qui fera pâlir les prudes, grincer des dents les hypocrites et vendre un magazine. Il faut bien manger et payer les écolages des enfants.

Le Liban est schizophrène, ça on le savait déjà. Je le deviens aussi…

Sarkozy, le Hezbollah et la diplomatie du double-jeu

medium_sarkozyhezbollah.jpgSaperlipopette, j'ai égaré mon décodeur à bla-bla diplomatique. Avant-hier, nous avons eu droit à un discours pour le moins hallucinant de la part de l'ambassadeur de France au Liban, invité par le leader druze Walid Joumblatt à Moukhtara. En gros, Emié passait la brosse au gouvernement actuel, louant de fiéfés filous comme son hôte d'un jour.

A Beyrouth, depuis quelques jours, tout le monde parle de cette fameuse rencontre de la Celle Saint-Cloud où les partis libanais se réuniront (par seconds couteaux interposés) les 14 et 15 juillet prochain. Mais hier, notre cher président de la République française, alors qu'il venait de recevoir les familles des soldats israéliens capturés par le Hamas et le Hezbollah, a annoncé son refus de recevoir les représentants du Parti de Dieu qui feront le déplacement à Paris. Les pro-Hezb ont aussitôt crié au complot du lobby juif mené par le CRIF. Soit, c'est de bonne guerre... Le porte-parole de l'Elysée a même affirmé que Sarkozy avait ouvertement qualifié le Hezb de mouvement «terroriste» (alignant la politique française sur celle de Washington et tournant le dos à celle de l'Union européenne). «Le président a complété en disant que son objectif était que le Hezbollah renonce à l’action terroriste et redevienne un parti politique presque comme un autre», a ajouté le porte-parole (soit dit en passant, je ne vois pas comment le Hezb RE-deviendrait le parti classique qu'il n'a jamais été). Et de continuer: «On sait très bien qu’il n’y aura de retour au calme au Liban que si les partis libanais recommencent à dialoguer et tentent de bâtir ensemble un gouvernement d’union nationale.» Et boum dans les dents de l'ambassadeur Emié (un très proche de Chirac). Le porte-parole du nouveau locataire de l'Elysée a donc renvoyé dans les cordes le tenant de la diplomatie française au Liban, en légitimant l'une des principales revendications de l'opposition libanaise – le gouvernement d'union nationale –, et donc du Hezbollah. Ils ne se concertent pas ces gars-là? Ils n'ont pas les mêmes fiches? Ou bien le double-jeu est-il devenu l'unique B.A.-BA de la diplomatie?

lundi, 09 juillet 2007

Sud-Liban : ground zero + 1

medium_bentjbeil.3.jpgLe Sud-Liban, un an après (ou presque)... Comme prévu, nous avons passé la journée sur les routes (le plus souvent défoncées) de cette région. Sous un soleil de plomb qui nous a valu à chacun un coup de soleil carabiné sur le bras (celui à la fenêtre de la voiture, bonjour le bronzage agricole!), nous avons passé moultes barrages de l’armée libanaise, traversé moultes ponts toujours impraticables, croisé moultes blindés de la FINUL roulant à tombeau ouvert au milieu de la route, et pris moultes photos dont voici une petite sélection. Plutôt que de répéter ici tout ce qu'on raconte dans cet album photos, on vous laisse le soin de lire chaque légende.

Pour ce petit périple, nous avons rejoint Tyr, puis bifurqué direction Tebnine, Bent Jbeil, avec Maroun el-Ras comme terminus. Puis nous sommes repartis vers Rmeich, puis vers Naqoura sur la côte méditerranéenne. Là, on s'est dit que le plus dur était fait, qu'il suffisait de tracer sur l'autoroute. Pauvres naïfs. Sur le tronçon Naqoura-Tyr, à deux reprises, la route est coupée, obligeant les automobilistes à utiliser des chemins de traverse, au milieu des bananeraies. Enfin, on vous laisse avec le tracé de la journée...

medium_sud20070709.jpg

dimanche, 08 juillet 2007

Direction Maroun el-Ras

Demain matin, direction le Sud pour un reportage à Maroun el-Ras, près de la frontière israélienne, qui avait été complètement rasé durant la guerre de juillet. Histoire de célébrer le premier anniversaire du déclenchement de la guerre. Nous vous ferons un petit diaporama... A demain soir.

samedi, 07 juillet 2007

Journée nationale du tabboulé : fallait y penser

medium_taboulelibanais.jpgEh oui, on se console comme on peut de la bêtise politico-milicienne ambiante. Alors que les journaux dissertent depuis hier sur la possible implication du FPLP-CG de ce bon vieux Ahmed Jibril (hébergé depuis les années 70 par le régime baassiste de Damas) dans l’assassinat de Pierre Gemayel, les gastronomes libanais aiguisent leurs papilles avec la Journée nationale du tabboulé. Je ne sais pas si l’on doit en rire ou en pleurer. N’empêche, les afficionados de ce mezzé organisent aujourd’hui une dégustation géante de cette salade, au Souk el-Tayeb de Saïfi Village, au Centre-ville de Beyrouth. Moi, je trouve ça injuste, je m'insurge, il y a tellement de bonnes choses dans les livres de recettes libanaises! Je propose donc d’autres journées nationales :

  • Journée nationale de la kebbénayé
  • Journée nationale du chenklich
  • Journée nationale des amandes fraîches
  • Journée nationale du soujouk
  • Journée nationale du sandwich kafta extra avec frites

Si vous avez d’autres idées…

vendredi, 06 juillet 2007

Beyrouth, 19h49, la soleil va se coucher dans la mer

medium_beirutsunset.jpgBeyrouth, 19h49, de notre terrasse. Le soleil se couche tranquillement dans la mer, comme nous le disions à nos filles quand elles croyaient encore à ce genre de choses. Les gens rentrent chez eux, la vie reprend son cours à Beyrouth: à part à Gemmayzé et Monnot, les pubs et les restaurants de la capitale se remplissent chaque soir. Les salles de ciné aussi, même timidement. Une ombre au tableau: les festivals d'été ont annoncé l'annulation définitive de leurs programme.

Ce calme n'est peut-être qu'illusion, mais il fait du bien. On touche du bois (de cèdre bien sûr) pour que cela dure. Bises à tous les amoureux du Liban.

mercredi, 04 juillet 2007

« Les Libanais, immunisés contre l’instabilité »

medium_erbil.jpgAujourd’hui, je discutais avec un responsable d’une grande banque libanaise. Le sujet: les investissements libanais à Erbil, au Kurdistan irakien, sorte de nouvel eldorado où tous les businessmen arabes se pressent depuis 2003 pour faire de l’argent. Ponts, hôtels, routes, constructions en tout genre… Bref, «y’a tout à faire là-bas», comme me disait ce banquier.

Comme d’autres hommes d’affaires concernés par le marché kurde, celui-ci me racontait combien les Libanais sont forts en affaires dans la partie nord de l’Irak. Tous me disent que la langue et la culture communes aux Kurdes et aux Libanais donnent à ces derniers une longueur d’avance sur la concurrence, qu’elle soit turque (la plus proche géographiquement parlant) ou européenne. «Les Scandinaves ne pourraient pas être aussi performants que nous sur ce genre de marché vierge et sans règles, renchérit le banquier. Le point fort des Libanais: par expérience, ils savent continuer à faire du business en période guerre, et connaissent ce qu’est l’après-guerre et ses besoins. En un mot: ils sont immunisés contre l’instabilité.» J’ai bien aimé la formule.

 
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