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vendredi, 07 septembre 2007

Beddawi: terminus pour réfugiés

medium_beddawi.jpgFaire un sujet sur un camp de réfugiés palestiniens, ce n’est jamais très bon pour le moral. Aujourd’hui, nous sommes allés à celui de Beddawi qui accueille depuis mai dernier les réfugiés du camp voisin de Nahr el-Bared, au nord du pays. Vous pouvez voir un album photos en cliquant ici ou sur la photo noir et blanc ci-dessus.

L’équation est simple, toujours la même: camp palestinien = misère humaine. Les ruelles sont sales, les gosses courent pieds nus, chahutent et lancent des sourires, les vieillards (ceux qui sont nés avant 48) comme sur une autre planète, les hommes en armes du Fatah presque à chaque coin de rue… Oui, ça fait mal au cœur, ça témoigne de quelque chose de pas très reluisant dans la nature humaine. Khaled, qui nous a servi plus ou moins de guide dans les ruelles, demande quel est leur crime pour être traités encore moins bien que des Sri-Lankais (au Liban, ça veut tout dire). Un autre, assez vindicatif, nous demande pourquoi on vient les voir car notre métier ne sert à rien, nous dit que l’on devrait utiliser notre argent à autre chose qu’à acheter des blocs de papier et des stylos. Des journalistes, ils en ont vu défiler, mais leur vie ne s’est guère améliorée. Le moral en prend encore un coup quand ce même homme dénigre le Liban dont il ne voudrait pas la nationalité même si on la lui proposait, car «le Liban n’existe pas». La discussion tourne court, elle ne servirait à rien de toute façon. Les Palestiniens vivent dans la misère, ils ont des raisons d’en vouloir à la terre entière, mais ils oublient parfois qu’ils sont aussi responsables de ce qu’est arrivé pendant 15 ans à leur pays d’accueil. Y’a des pilules qui restent dures à avaler pour tout le monde.

Commentaires

La présence armée palestinienne a été le détonateur de la guerre de 1975 à 1990 et non-pas la cause. La raison de la guerre est que le Liban était (et l'est toujours) rongé par le confessionnalisme, la clientélisme, la corruption, les différences sociales criantes, le système politique anachronique...et surtout, parce que les libanais n'ont pas le sens de l'état, de la patrie et sont toujours prêt à se vendre au plus payant...
J'aimerais vous rappeler que les guerre civiles de 1840, 1860, 1958 n'impliquaient pas des palestiniens, de même que les libanais ont continué à s'entre-tuer entre 1983 et 1990, bien après le départ de l'OLP de Beyrouth.

Écrit par : kheireddine | vendredi, 07 septembre 2007

Chère Nathalie, cher David,

Votre note est brève mais poignante. Toute cette misère et hélas pas l'ombre d'une solution à l'horizon. Vos photos nous montrent beaucoup d'enfants pour l'avenir desquels ont ne peut qu'être inquiet.

Je partage votre analyse sur la responsabilité palestinienne dans les malheurs du Liban. Je précise toutefois que ce sont davantage les leaders des différentes factions palestiniennes qui sont responsables, car je doute qu'ils attachent beaucoup d'importance à ce que pensent la majorité de leurs compatriotes lesquels n'ont pas forcément à leur disposition les outils nécessaires pour avoir une analyse politique claire de la situation et pour exprimer une volonté collective éclairée.

Plus que jamais, je reste persuadé que les problèmes du Liban proviennent essentiellement des états voisins; le Liban joue bien malheureusement le rôle de caisse de résonnance des différents conflits qui agitent le proche et moyen orient. La "solution au problème libanais" que vous évoquiez dans votre précédente note me semble ne pouvoir être que régionale. Je vois mal hélas comment le Liban pourrait seul résoudre ses difficultés. Et je ne suis sûrement pas le seul à le regretter.

A+

Écrit par : alexandre | vendredi, 07 septembre 2007

Je rejoint Alexandre dans son analyse: des erreurs monumentales ont été commises par le leadership palestinien, ce qui a aggravé les souffrances de ce peuple. Que reste-t-il de l'argent de l'OLP, qui était multi-milliardaire dans les années soixante-dix? Il parait que Souha Arafat en a pris un milliard et qu'elle mêne une vie de luxe à Paris. Quelle honte!

Que le Liban soit la caisse de résonnance du Moyen-Orient, il n'y a aucun doute. Mais disons que l'on y a branché de puissants amplificateurs qui sont les politiciens libanais...

Écrit par : kheireddine | vendredi, 07 septembre 2007

L'image des "amplificateurs" évoquée par Kheireddine est très pertinente. Trop de politiciens libanais poursuivent des intérêts personnels voire ceux d'autres pays de la région.

Souhaitons que les prochaines opérations électorales permettront d'éclaicir l'horizon libanais, mais je dois avouer que je ne suis pas optimiste. Je crains fort que tout ne soit géré qu'au moyen de petites combines politiciennes qui accoucheront d'un mauvais compromis au mépris de l'intérêt national.

Mesdames et messieurs les politiques vous vous honoreriez si vous parveniez pour une fois à mettre de côté vos querelles personnelles et partisanes afin de mettre au pouvoir des hommes et des femmes de bonne volonté décidés à être au service de leurs concitoyens (quelque soit leur religion).

Bonsoir à tous,

Amicalement.

Écrit par : alexandre | vendredi, 07 septembre 2007

excusez moi de mon ignorance sur ce sujet. J'imagine que de voir la misere de ces camps bouleverse. Mais pourquoi restent ils dans ces camps? Enfin je veux dire par pourquoi il ya t il encore des camps au Liban? pourquoi ne peuvent il pas etre accueillis dans les territoires palestiniens? je ne pense pas qu'il soit question de confort de vie d'apres ce que je vois... Esperent il recuperer quelquechose dans les territoires Israeliens? c'est illusoire. Ces camps n'etaient pas destinés a etre definitif mais a accueillir provisoirement les "refugiés". je voufrais bien avoir plus de details la dessus.

merci

Écrit par : Ted | vendredi, 07 septembre 2007

Cher Ted, les camps sont le refuge des palestiniens pauvres qui n'ont nulle part où aller. La population des camps survit de l'aide internatinionale est de petitd boulots. Elle demeure sous la coupe de différentes organisations palestiniennes dont la plupart ne sont que des gangs de hors-la-loi. L'état libanais a commis deux erreurs dans le passé: 1) il avait marginalisé cette population en lui interdisant d'exercer une multitude de métiers 2) il avait signé l' accord du Caire permettant la présence armée palestinienne sur le sol libanais.

Écrit par : kheireddine | vendredi, 07 septembre 2007

@Ted

Vous n'avez pas à vous excuser :)
Il y a encore des camps au Liban pour une simple et bonne raison: aucun autre pays, arabe ou ocidental, n'est prêt à accueillir ces réfugiés. Le débat fait rage depuis des années entre ceux qui veulent l'implantation définitive des Palestiniens au Liban, ce qui leur permettrait de vivre en dehors des camps, et ceux qui veulent les voir partir. Certains défendent "le droit au retour" des Palestiniens, donc dans les territoires palestiniens, mais Israël s'y oppose catégoriquement. En Israël, beaucoup estiment qu'un bout de la Jordanie ferait très bien l'affaire pour les accueillir aussi. Mais personne n'en veut. La "cause arabe" s'accroche à ce droit au retour, principal objet de conflit lors des négociations avec Israël au même titre que le statut de Jérusalem. Ce qui me fait sourire, car lorsqu'on parle avec les Palestiniens, eux-même ont, le plus souvent, parfaitement conscience qu;ils ne pourraient pas vivre dans les territoires déjà surpeuplés, mal équipés, etc. Ce qu'ils demandent, c'est qu'on leur reconnaissance le DROIT de le faire, ce qui n'implique pas de mettre de droit en pratique...C'est une revendication de principe.
Quant au Liban, en effet, les camps étaient provisoires, mais le provisoire non seulement dure, mais il s'aggrave: la population et le nombre des camps, d'abord créés en 1948, a augmenté avec les guerres de 1967 et de 1973, et avec l'annexion des territoires palestiniens prévus en 1948 par Israël. Et le taux de natalité des Palestiniens est extrêmement élevé par ailleurs, ce qui a un impact évident sur leurs conditions de vie. Nahr el Bared faisait officiellement 1 km2 pour 40 000 habitants!

Écrit par : nathalie | vendredi, 07 septembre 2007

de facon extreme Ted ils ne rentrent pas en Palestine parce que personne n'en veut. Ni israel, cela va de soit. Ni les palestiniens de Palestine. Serieusement ou va t on les mettre. a Gaza? impossible. En Cisjordanie? La encore c pas la peine. Il ne reste qu'Israel mais il n'en est pas question: un pays qui ne cesse de grapiller sans arret des territoires ne va pas les rendre du jour au lendemain.

Par contres les etats arabes ont trouve une solution miracle pour tous les palestiniens expatries. en 69, ils y a eu les accord du caire, avec les consequences que l'on sait. j'ai eu une discussion avec un egyptien au debut du conflit de nahr el bared. celui ci m'a dit qu'il fallait comprendre les palestiniens ils n'ont pas d'avenir et que c la faute des gouvernement libanais.

je lui ai fait remarque que les palestiniens representent 10% de la population libanaise et occupent 20% du territoire et que les pays du moyent orient et l'egypte sont plus grand et pourrait peut etre absorbe une partie de ces gens.
je suis tout a fait consciens que ce n'est pas la solution mais qu'un si petit pays ne peut pas absorber tous les malheurs de la region.

et la il s'est revolte en disant qu'il n'en etait pas question et qu'ils etaient tres bien au liban.

Écrit par : sebastien | vendredi, 07 septembre 2007

euh desole pour le post je l'ai ecrit en mm tps que nathalie :d.

Écrit par : sebastien | vendredi, 07 septembre 2007

Ben faut alors poser les bonnes questions:
Que faire en attendant un accord de paix avec l'état hébreu, sachant que les autorités palestiniennes ont renoncé au droit au retour sans demander aux pays d'accueils?

Juste une remarque à coté, une ONG avait estimé il y a qq années que le prix des indemnités des terrains appartenant aux Libanais en Galilée étaient de 500 milliards de dollars. Bien sur, dans ce cas, les libanais peuvent réver.

Écrit par : frenchy | vendredi, 07 septembre 2007

Cher David (l'éditeur),

votre article inclut un sous-entendu raciste, quand vous faites porter aux palestiniens la responsabilité dans le déclenchement de la guerre civile. Je rejoins Kheireddine en affirmant que la question palestinienne n'est que la goutte qui a fait déborder le vase. Je crois sincèrement que la guerre civile aurait eu lieu même sans le problème des Palestiniens.
En effet, tout le problème se trouvait, et se trouve encore (dans une moinde mesure heureusement) dans les consciences libanaises, sachant que chaque groupe confessionnel voulait s'accaparer l'exclusivité de l'identité libanaise. Il est regrettable que les différents quartiers de Beyrouth, ou les différentes régions libanaises, s'identifient à la majorité confessionnelle qui y réside. Avant d'attaquer la douloureuse question palestinienne, tentons d'abord, ou dans une moindre mesure en parallèle, d'assouplir les esprits libanais, de leur enseigner la tolérance religieuse, de les encourager à pratiquer la mixité confessionnelle, et même dans le mariage!!
Je constate donc avec amertume, cher David, que votre réflexion s'est "libanisée", mais il n'en reste pas moins que vos chroniques restent passionantes.

A très bientôt et bon courage !!

Écrit par : Maurice | vendredi, 07 septembre 2007

Magistral, Maurice!

Écrit par : kheireddine | samedi, 08 septembre 2007

@Maurice et kheireddine
Je vous ferai simplement remarquer que David a utilisé le terme "aussi", signifiant que la responsabilité de la guerre est partagée et non, comme vous semblez le comprendre, qu'elle incombe exclusivement aux Palestiniens. Parler de "racisme" est un raccourci lui-même bien extrême! Je regrette de constater qu'en réagissant ainsi au contenu de cette note de façon isolée, vous oubliez de la replacer au centre de toutes les autres qui prouvent, je pense, combien nous défendons la tolérance et la nécessité de rechercher une identité libanaise.
Regrettables autant qu'injustes, cette lecture et analyse tronquées.

Écrit par : nathalie | samedi, 08 septembre 2007

à Nathalie et aux autres lecteurs

Merci de ces renseignements. Je vais paraitre reducteur sans doute mais si je comprend bien. Ces refugiés sont palestiniens et mulsumans et personne ne souhaite les accepter chez eux y compris leur compatriotes de Palestine!? Ils sont partis se refugier entre autres à cause des guerres israelo-arabes non? Les pays arabes voisins auraient donc une certaine responsabilité non? Et ou se cache la fraternité arabe dans cette situation. quitte a paraitre extreme et je ne veux choquer personne mais on s'insurge en voyant des caricatures de mahomet (qu'on peut trouver de mauvais gout) et la une quasi revolution se profile! mais personne ne dit rien lorsque la misere de ce camps est montrée? Effectivement le Liban n'a peut etre pas vocation a accueillir toute la misere du monde arabe.
Pour en revenir au post de Sebastien j'ai du mal à cerner le raisonnement de certain palestiniens. On blame le Liban des conditions dans lesquelles ils vivent (en oubliant pourquoi ils sont la..) et en meme temps ils ne voudraient pas partir ailleurs.... Les libanais sont vraiment responsables des conditions de vie dans ces camps? qui gerent ces camps l'autorité palestienne?

merci encore d'eclairer ma lanterne :)

Écrit par : ted | samedi, 08 septembre 2007

@ Maurice et Kheireddine

Je suis étonné que vous n'ayez vu que du racisme dans ce post, partant du postulat que la guerre du Liban aurait eu lieu, avec ou sans le facteur palestinien (vous avez peut-être raison, mais on ne va pas refaire l'histoire). Toujours est-il que la guerre (entre 1975 et 1982) n'aurait pas du tout eu le même visage sans les Palestiniens.
Comme vous avez pu le voir dans ce post, j'ai mis un lien vers le tout premier post édité sur ce blog, qui relate notre visite au camp de Borj el-Brajné, durant la guerre de juillet 2006. Vous y relirez ce qui vous fait sauter au plafond (les Palestiniens éléments déclencheurs de la guerre), mais vous y lirez aussi autre chose. Du moins je l'espère. Bonne lecture et à bientôt.

http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2006/08/04/contes-de-la-misere-ordinaire-chronique-du-29-juillet.html

Écrit par : david | samedi, 08 septembre 2007

Sans prendre la défense de David, je ne vois pas en quoi il y aurait un sous-entendu "raciste" à rappeler un simple fait historique. Qu'il y ait des causes endogènes à la guerre, c'est une chose, mais il ne faut pas oublier les causes extérieures qui sont majeures : la présence de combattants étrangers menant des actions - même légitimes - à partir d'un Etat qui n'est pas le leur contre un Etat voisin est nécessairement un problème grave ! D'autant plus lorsque ces combattants étrangers agissent de manière totalement incontôlée. Une telle situation est par principe inacceptable. Le problème est que la réponse des Gemayel et compagnie - au lieu de renforcer l'Etat qui en avait besoin - a été de contribuer à détruire ce dernier par leurs milices. Il faut bien sûr dissocier les populations civiles palestiniennes - qui n'y sont pour rien - des combattants mais qu'on ne dise pas que ces derniers n'ont pas objectivement une part importante de responsabilité dans ce qui est arrivé. D'ailleurs, des membres d'organisations pro-palestiniennes - et c'est une réalité - ne s'intéressent au Liban qu'à travers le prisme palestinien et ne soutiendront les libanais que dès lors que cela va dans le sens du combat des palestiniens...

Écrit par : SJM | samedi, 08 septembre 2007

@Ted

Je vais essayer de répondre point par point.
Les réfugiés palestiniens ne sont pas tous musulmans, le camp de Dbayeh par exemple habrite une majorité de chrétiens.
Les Palestiniens des territoires défendent eux aussi le droit au retour, question sur laquelle, comme le disais plus tôt, se heurtent les négociations de paix avec Israël.
Il est évident que les pays arabes, en particulier ceux du Golfe où les Palestiniens - quand ils parviennent à aller y travailler - ne sont d'ailleurs pas traités de la même manière que les autres arabes (salaires inférieurs de 30%, etc..). L'Arabie Saoudite avait exercé une forte pression sur les autorités libanaises lors des accords du Caire en 1969 pour les inciter à accorder davantage de droits aux Palestiniens et plus tard pour faire taire les milices chrétiennes affronant les combattants palestiniens alliés aux sunnites et surtout aux druzes de Kamal Joumblat.Les pays du Golfe ont adopté une approche se voulant morale mais qui ne les engage aucunement dans la pratique. C'est hypocrite mais c'est comme ça.
Quant aux camps du Liban, les autorités libanaises n'en sont pas responsables (elles n'ont pas le droit d'y entrer depuis 1969, et certains se sont transformés en îlots d'insécurité et d'illégalité. C'est dans le plus grand, Borj el-Brajneh, que les producteurs de diques essayent de faire des descentes pour combattre la piraterie de CD par exemple). Les camps sont gérés conjointement par l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens au Liban (qui s'assure de la fourniture en eau, en électricité, etc.) et les organismes palestiniens eux-mêmes.
Néanmoins, le Liban contribue à leur pauvreté en leur interdisant de multiples choses: le droit à la propriété, le droit de travailler dans de multiples secteurs (en gros, les Palestiniens sont cantonnés aux métiers de bas niveau, manutention, construction, etc.), l'accès à la sécurité sociale, etc. En principe, ces interdictions visent à ne pas conduire à une implantation rampante des Palestiniens au Liban: logiquement, ils auraient moins envie de partir, si c'est un jour possible, s'ils étaient bien installés ici. Les Palestiniens, au nombre de 400 000, représentent un dixième de la population libanaise. Ce qui a plusieurs implications, au niveau du marché du travail, de la répartition communautaire (ils restent majoritairement musulmans), de possibles élections s'ils pouvaient voter... Autant de changements qui effraient les autorités libanaises depuis des années et qui conduisent à des conditions de vie déplorables pour les Palestiniens. Compliqué, n'est-ce pas? Entre la morale, la justice, la réalité et les intérêts politiques des uns et des autres...

Écrit par : nathalie | samedi, 08 septembre 2007

David et Nathalie, je ne vous accuse pas de racisme, loin de là, cependant je ne suis pas d'accord que seul, les palestiniens soient à blâmer pour la guerre du Liban.
Comme vous pouvez constater à travers mes commentaires, je vous rejoins sur les raisons de la misère des camps.
Je me suis toujours demandé si la situation était inverse: si la majorité des palestiniens était chrétienne, en particulier maronite, je suis sûr que leurs statut au Liban aurait été différent. Peut-être, à l'instar des Arméniens, il auraient eu la nationalité libanaise et se seraient bien intégrés dans la société libanaise. D’ailleurs, le Liban avait accordé la nationalité à des palestiniens de 1948 dont la famille de mon beau frère, et qui s’identifient maintenant comme libanais.

Écrit par : kheireddine | samedi, 08 septembre 2007

Maurice,
Bien que David et Nathalie soient parmi les bloggeurs les moins "racistes" que je connaisse, s'ils devaient être quelque chose ce serait xénophobes et non pas racistes, puisqu'entre libanais, palestiniens, juifs, arabes, il s'agit d'une même race, à savoir les sémites...

Écrit par : Oberon Brown | dimanche, 09 septembre 2007

@ Oberon Brown, David et Nathalie

Il y a évidemment une souche commune à toutes les popultations que vous avez citées ; laissez moi seulement vous dire que "raciste" a été employé dans le sens strictement médiatique du terme, qui est effectivement synonyme de "xénophobe" ; il n'implique évidemment pas de différences de phénotype ou de système génétique entre les populations mentionnées, mais seulement de cultures.
Le même procès pourrait aussi être fait à l'égard du terme "antisémite", mais tout le monde s'accorde à l'utiliser dans sa définition médiatique, tout en sachant qu'il n'est pas approprié, de par son sens originel.

En ce qui concerne David et de Nathalie, le terme "raciste" ne se voulait pas offensant à votre égard ; j'estime juste que l'article de David, qui reste très modéré dans l'ensemble de ses chroniques, a dérapé légèrement à un moment en "semblant", de mon point de vue, accuser les Palestiniens d'une guerre. Il est certain qu'ils ont joué un rôle dans cette guerre, mais les Libanais ont aussi contribué à lancer le conflit, et à le faire perdurer (l'éternelle excuse d'une "guerre des autres" est un mythe, bien qu'il y ait des choses vraies dans ce mythe).

David, je ne vous blâme pas ; j'estime juste que ma réaction de lecteur peut être un garde-fou à l'usage de certaines formulations, qui peuvent paraître justes et modérées pour l'auteur (ce qui est normal, puisqu'il manque d'un certain recul sur ce qu'il écrit), mais offensantes pour des personnes tierces (il suffit pour moi, lecteur, de me mettre à la place d'un Palestinien qui découvre cette chronique).

A très bientôt sur ce site passionant !!

Écrit par : Maurice | dimanche, 09 septembre 2007

Je suis parfaitement d'accord avec Maurice.
J'aimerais aussi ajouter qu'il est temps de tourner la page, de faire son mea culpa au lieu de pointer le doigt sur les autres. Nous libanais, nous avons fait des erreurs monumentales depuis l'indépendance. Nous avons bâtit notre démocratie sur des églises au lieu de la séparation de l'église/mosquée et de l'état comme ça se fait dans les vraies démocraties et tout notre équilibre était basée sur une pyramide d'injustices. Pourquoi un catholique latin ne peut devenir premier ministre? Pourquoi un druze ne peut devenir président de la république. Pourquoi une femme ne peut accéder au pouvoir? Cette compétitions des communautés soit cesser car elle nous maintient au Moyen Âge. Il est inconcevable qu'au début du XXIe siecle, notre système demeure figé sur un partage du pouvoir datant de 1860 ou 1926 ou même 1943. Les libanais se targuent d'être une société moderne, malheureusement c'est le féodalisme qui perdure, cette oligarchie de pouvoir héréditaire doit être écartée. Il est aussi déplorable de voir que suite à la guerre, le changement s'est fait vers le pire: deux système cohabitent, la semi-fédoal mentionné plus haut et l'alternative milicienne représentée par les FL, le PSNS, Amal voire intégriste avec le Hezbollah.
Rasons tout ça, construisons une vraie démocratie libérale et moderne. Notre religion doit être limitée à l'espace privé de nos foyers et apprécions notre diversité dans le respect et la fraternité.

Écrit par : kheireddine | lundi, 10 septembre 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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