Avertir le modérateur

mercredi, 26 septembre 2007

Télévision brouillée & autres idées

medium_television.gifNous ne parlons pas souvent de télévision ici, alors nous allons réparer cet impair. En fait, nous la regardons très très peu. Mais il y a deux semaines à peu près, une tête blonde, affalée devant Bob l’éponge, m’interpelle et me dit: «Pourquoi elle saute tout le temps l’image?» Je m’assois, je m’arme de la télécommande genre «laisse faire le spécialiste», et je zappe. Partout pareil, la réception satellite est exécrable. Certaines chaînes ont même carrément sauté, comme Canal +. Je fais une nouvelle recherche sur les émetteurs. Même résultat. Illico, je commence à rejeter la faute sur notre «prestataire de quartier».

Quelques jours plus tard, dans la presse, je découvre le menu du conseil des ministres. Parmi les sujets, le brouillage des ondes au Liban qui, selon Siniora, est dû à Israël. C’est toujours de bon ton ici de rejeter la faute sur nos voisins, un peu comme je l’ai fait avec mon prestataire d’ailleurs. Bref, les ondes libanaises – télé comme cellulaire – sont parasitées par un voisin. Super. Et depuis quelques jours, le nom d’un nouveau «voisin qui nous veut du bien» est apparu. Deux navires de la flotte américaine auraient effectué un déploiement au large du Liban (notez l'utilisation du conditionnel), et ces bateaux de guerre pourraient être la source du brouillage actuel. Ouah, super!

Cette gêne toute relative – vu notre faible consommation – n’est pas la mer à boire. Mais je me demande de quel prochain poil à gratter nos «voisins qui nous veulent du bien» (sur terre, sur mer ou dans les airs) voudront bien nous gratifier. Nous avons déjà eu droit à une marée noire, à des islamistes en colo de vacances au Nord et j’en passe… Voici le résultat de mes petites cogitations:

  • Un lâché d’oiseaux migrateurs atteints de tourista
  • De la petite pluie radioactive après un bombardement ciblé quelque part en Perse
  • L’arrêt de l’approvisionnement en fuel de nos centrales électriques

Si vous avez de meilleures idées, n’hésitez surtout pas…

mardi, 25 septembre 2007

Grindhouse.com.lb

Qui aime bien châtie bien, dit le dicton. Alors comme j'adore les hommes politiques libanais et d'ailleurs, voici deux petits détournements d'affiches de film. Ah, si Tarantino et Rodriguez étaient Libanais... Bon, en attendant, nous n'aurons pas de nouveau président aujourd'hui.

medium_death_proof_lebanon.jpg medium_planet_terror_lebanon.jpg

dimanche, 23 septembre 2007

Le Liban s'invite au Festival d'automne de Paris

Comme la plupart de nos visiteurs viennent de France, voici une petite news pour les Parigots amateurs de théâtre. Je sais, ça ne concerne pas beaucoup de monde, mais bon. Je continue de croire que le jour où la culture intéressera autant voire plus que la politique arrivera…

medium_Lina_Saneh.jpg

Donc, le Festival d’automne de Paris va ouvrir ses portes à 3 pièces de théâtre «made in Lebanon». Voici le programme:

Rabih Mroué «Qui a peur de la représentation?»
Centre Pompidou
Du 26 au 29 septembre, 20h30
Quel est le rôle de l’artiste dans un pays fragile, marqué par la guerre civile? Quelle est la place de l’individu dans une société régie par de toutes-puissantes communautés religieuses? Contre le silence, Rabih Mroué et Lina Saneh disent et osent la représentation, avec humour et témérité, confrontant les actions d’artistes des années 1960-1980 (Joseph Beuys, Orlan ou Marina Abramovic) aux réalités présentes de la guerre civile.

Rabih Mroué «How Nancy wished that everything was an april fool’s joke»
Théâtre de la Cité Internationale
Du 8 octobre au 14 octobre, 20h – dimanche 17h – relâche le mercredi
Le 9 octobre, rencontre avec les artistes à l’issue de la représentation
Maniant irrévérence et faux-semblants, Rabih Mroué façonne des dispositifs scéniques entre théâtre, documentaire et performance. Ce spectacle accumule les affrontements fratricides et souligne avec une noire ironie l’absurdité des conflits qui n’en finissent pas de déchirer le Moyen-Orient.

Lina Saneh «Appendice»
Théâtre de la Cité Internationale
Du 22 octobre au 28 octobre, 20h – dimanche 17h30 – relâche le mercredi 24 octobre
Comme le reste de son travail, Appendice, la nouvelle création de l’actrice et metteur en scène Lina Saneh, questionne la réalité sociale et politique du Liban. L’ambition du projet est, selon elle, de « pouvoir discuter les tensions qui se jouent, sur l’espace d’un corps, entre ces quatre termes: Art, Argent, Loi et Corps».

jeudi, 20 septembre 2007

C'est aussi ça le terrorisme

Hier, la voiture d'Antoine Ghanem a explosé sur un boulevard par lequel nombre de Libanais passent tous les jours. Les morts et les blessés d'hier étaient simplement au moment endroit au mauvais moment.

Cet après-midi, je devais accompagner ma fille à l'Hôtel-Dieu pour une consultation chez le médecin. Nous nous sommes garés dans la grande descente, à 200m de l'hôpital. J'ai fermé les portes de la voiture et ai pris ma gamine par la main. Une impression étrange m'a alors envahi. Quelques voitures dévalaient la grande descente, d'autres étaient garées comme la nôtre. Je me suis soudain dit que le convoi d'un député pourrait passer à cet instant, et que l'une des voitures anonymes garées le long du trottoir pourrait être chargée de quelque explosif. J'ai pressé le pas jusqu'à l'entrée de l'hôpital.

Après la consultation, en remontant en voiture, la même impression m'a assailli. Le grand boulevard était vide, désert, lui qui d'habitude réserve de beaux embouteillages. Le lecteur de CD passait cette chanson...

podcast

Je l'adore cette chanson, mais sa montée en puissance, froide et méthodique, m'a glacé les sangs. Les auteurs et commanditaires d'attentats visent également cela: instaurer un climat de peur permanent. C'est aussi ça le terrorisme. Et la recette marche plutôt bien. 

mercredi, 19 septembre 2007

Le tir aux pigeons continue: Antoine Ghanem a été assassiné

Et voilà, nous allons encore recommencer avec nos cartes morbides...

medium_attentats200709818.jpgmedium_antoine_ghanem.jpgJ'étais en train d'écrire un papier sur la présidentielle pour Le Soir, et une bombe a sauté à Sin el-Fil. Premier bilan: 4 puis 6 puis 9 morts et 20 blessés. Dans les premières minutes, on a parlé de 2 députés de la majorité tués, il n'y a pour l'instant qu'un de confirmé, l'avocat Antoine Ghanem. Il ne reste que 6 jours avant l'élection présidentielle, et la majorité parlementaire ne tient plus qu'à un fil numériquement. Le procédé méticuleux d'élimination me fait vomir...

Une heure plus tôt, je discutais avec Joseph Chami, journaliste, historien et auteur d'une belle série de bouquins sur les différentes présidences libanaises. Selon lui, le nom du prochain président n'a aucune importance, car le prochain président, quel qu'il soit, ne pourra rien faire. «Il faut repenser le Liban, qui est un non-Etat boîteux. Une fédération est peut-être la solution: chacun chez soi mais on mange ensemble tous les soirs. Vu les conditions actuelles, le futur sera fait soit de cassures soit de conflits armés. Ça va se durcir jusqu’à l’extrême.» Il a vu juste le bougre.

Toujours est-il que la disparition de Ghanem est une véritable bombe et un message (de qui?) à ceux qui tentaient de trouver des solutions pour rabibocher majorité et opposition. Chami me disait d'ailleurs: «Il faut compter avec la volonté de X de ne pas laisser se faire l’élection normalement.» Il a bien dit «X», sans préciser qui – même si les soupçons se tournent toujours dans la même direction.

Si je fais bien mes comptes, le score du match des assassinats est de 8-0 en défaveur des anti-syriens (Hariri, Fleihane, Kassir, Haoui, Tueini, Gemayel, Eido et maintenant Ghanem). Bizarre, c'est toujours dans le même camp qu'on se fait dessouder.

En tout cas, on file tout droit dans le gouffre, ma bonne dame... 

La question à 1000 francs

Il y a quelques années, nous nous sommes dits que le jour où nous quitterons le navire pour de bon, nous publierons un bouquin sur l’état lamentable de la presse francophone libanaise. Des perles et autres anecdotes croustillantes, nous en avons des cartons entiers. Et là, il y a quelques minutes, nous venons de rajouter un diamant à notre collection.

17h14, mon téléphone sonne. C’est le rédacteur en chef d’un mensuel féminin pour lequel je pige. Il est en plein bouclage et relit un reportage que j’ai fait sur les casques bleus français chargés des transmissions de la Finul Plus. Il me téléphone donc – je rappelle que c’est un rédacteur en chef, supposé être au fait de l’actu – pour me poser une question fondamentale: la Finul Plus est-elle une station de radio? Quand j’ai raconté ça à Nat, elle m’a demandé comment je n’ai pas éclaté de rire. Je me demande encore comment j’ai fait…

mardi, 18 septembre 2007

Le Liban se fait une place à Venise

Ce genre de nouvelles passe franchement inaperçu dans le contexte actuel. C’est vrai, dans une semaine, nous avons une (faible) chance d’avoir un nouveau président, et une plus grosse de plonger un peu plus profond dans la crise politique. Mais le Liban n’est pas que chaos. Il s’exporte aussi, et son art demeure l’un de ses meilleurs ambassadeurs.
medium_venise1.jpgmedium_venise2.jpgmedium_venise3.2.jpg

Pour la première fois, la Biennale d’art contemporain de Venise – qui en est à sa 52e édition – accueille un pavillon libanais. Sous l’impulsion de Sandra Dagher (ex-Espace SD) et de Saleh Barakat, le Liban a donc débarqué dans la cité italienne début juin et pliera bagages à la fin du mois. Cinq artistes ont fait le déplacement: le photographe Fouad el-Khoury, les vidéastes Lamia Joreige et Akram Zaatari, l’écrivain Walid Sadek et la polyvalente Mounira el-Solh (vidéo, photo et peinture).

Selon Sandra Dagher que l’on a rencontrée hier, l’exposition – intitulée Foreword – a été particulièrement bien accueillie par les critiques et le public. «De nombreux visiteurs restent deux heures dans notre pavillon, nous sommes les premiers surpris de cette attention!, explique-t-elle. Nous avons en tout cas montré que même si le pays est paralysé, il y a encore des gens qui bougent et qui sont motivés pour que l’image du Liban ne se ternisse pas davantage. Donner une place au Liban dans un événement international comme celui-ci est particulièrement important, spécialement en ce moment.»
Pour ceux qui auront la chance de faire le détour par Venise dans les deux prochaines semaines, l'expo reste ouverte jusqu'au 30 septembre.

On vous laisse avec une petite vidéo prise sur les lieux...


samedi, 15 septembre 2007

Haifa Wehbé présidente !

Il y a probablement une seule personne au Liban qui réunirait tous les suffrages, une sorte d’icône transconfessionnelle. Cette bombasse fait fantasmer tout mâle libanais qui se respecte (et probablement les autres aussi). C’est bien évidemment la chanteuse Haifa Wehbé.
medium_haifa.jpg Haifa est vénérée, adulée (musicalement, ce n’est pas vraiment notre tasse de chaï, mais là n’est pas le propos). Barbie brune siliconée, elle affole les foules, transpire la sensualité. Et force franchement l’admiration. Un personnage comme celui-ci est forcément entouré d’un certain mystère, et attire tout genre de rumeurs. Comme celle qui lui prêtait – il y a deux ans – une relation avec le Sayyed. Oui, oui, notre bon vieux Sayyed à nous…

Divorcée et maman, elle sait mener sa barque. Ex-pouliche de l’écurie de Walid ben Talal (Rotana), elle a quitté le navire il y a un peu plus de 2 ans pour devenir femme d’affaires quand elle ne pousse pas la chansonnette. Sa fortune, elle se l’est faite sur scène: de 30000$ à 150000$ par concert, selon le type d’événement et le pays. Pour vous donner une idée, elle fait en moyenne 55 concerts par an. A Amman, elle a réuni en un soir quelque 200000 personnes. Elle a participé à l’équivalent libanais de La ferme des célébrités, elle est sous contrat avec Pepsi… «Rien de tout cela pour moins de 500000$», a-t-elle précisé à Nat lors d’une interview récente. Une interview qui a eu lieu dans ses bureaux à Gemmayzé où les fauteuils en moumoutte rose le disputent aux posters d’elle et aux portraits retravaillés de Madonna.

Haifa va bientôt commencer une carrière d’actrice dans un film égyptien, elle a lancé sa ligne de bijoux. Du coup, aujourd’hui, elle peut se permettre le luxe d’autoproduire deux albums et quatre vidéo clips, et d’attendre qu’on vienne lui faire l’offre qui convienne à ses exigences. Elle attend tranquillement le plus offrant…

La dame s'assume maintenant et cela se voit dans le look qu'elle adopte désormais. Exit les robes en lamé doré et les grandes boucles sensuelles: Haifa fait dans les jambières en cuir et les mini-shorts, style JLo. Son dernier clip (Mish Adra Astanna) est ultra sexy, et repousse toutes les limites en vigueur dans le monde arabe. Elle en a marre des histoires gnangnans de habibi qui tient la main de sa habibté sur une plage avec coucher de soleil incorporé. Le titre de sa chanson se traduit par «I can’t wait», et les images du clip sont certes suggestives, mais il n'y a pas de quoi crier au scandale non plus. Elle a voulu s’écarter violemment de l’image habituellement véhiculée par la variété arabe, celle de la femme sage désespérée parce que son homme ne l’aime plus.

Mais ce coup de boutoir dans la bienpensanterie arabe lui vaut quelques ennuis avec les autorités saoudiennes qui lui ont collé un procès au cul (qu'elle a apparemment fort joli) qualifiant le clip de «pornographique». Ils se foutent franchement de la gueule du monde ces hypocrites qui viennent au Liban jouer au Casino, picoler et rendre visite aux belles de nuit du Phenicia.

On vous laisse juger avec la vidéo…


Alors, Haifa mérite-t-elle d’être lapidée à cause de ces images? A-t-elle eu tort de sortir du moule de la varièt’ locale? Y'a pas de quoi fouetter une Haifa, franchement...
Moi je ne dis qu’une chose: Haifa présidente!

jeudi, 13 septembre 2007

C’est l’histoire d’un mec qui galère sévère chaque année pour renouveler ses papiers de résidence au Liban et qui aimerait bien que cela cesse sans se faire aucune illusion là-dessus alors il s'arrache les cheveux qu'il n'a plus

medium_passeportlibanais.jpgVoici la situation de ma jolie petite famille selon l’administration libanaise… En gros, dans cette famille, l’épouse (et mère) est Libanaise, le mari (et père) est Français, et leurs enfants Français également (et nous sommes loin d'être les seuls dans ce cas-là au Liban!). Le sujet de ce post est donc la non transmission de la nationalité libanaise par la femme, l’épouse, la mère. Et les méandres de l'obtention du permis de séjour pour les étrangers.

J’habite au Liban depuis plus de 10 ans, et suis marié à une Libanaise depuis 8 ans. J’y paye mes impôts sur le revenu, mes taxes foncières et tout le tralala. J’ai cotisé pendant des années pour la Sécurité sociale locale (pour des prunes évidemment). Bon, c’est vrai, j’ai des choses à me reprocher: je n’ai pas payé le PV jaunâtre que j’ai pris en 1998 avec ma vieille Coccinelle...

Aux yeux de la loi libanaise, je resterai – a priori – toujours un étranger. Etre étranger au Liban (comme presque partout ailleurs) signifie une chose toute simple: renouveler chaque année son permis de séjour. Mais pour avoir un permis de séjour, il faut d’abord obtenir son permis de travail. Et donc avoir un travail salarié dans une entreprise libanaise. La douce oisiveté du chômage n’est tout simplement pas une option.

Les choses se compliquent encore dès qu’il y a des enfants. Cette bêtise de droit du sang (version patriarcale d'un autre âge) interdit à toute mère libanaise de transmettre sa nationalité à ses enfants. Même nés et scolarisés sur le sol libanais, ces derniers sont donc tout aussi étrangers que leur père, et doivent eux aussi s’acquitter des démarches administratives afin d’obtenir leur précieux sésame pour pouvoir respirer l’air levantin à plein poumon. Et il arrive que eux aussi restent en situation irrégulière comme leur père. Quelle belle famille de sans-papiers ça fait, ça! Je peux vous assurer une chose: quand j’entends parler des enfants sans-papiers en France, mes poils se hérissent face à la bêtise humaine.

Mais voilà, que se passe-t-il quand le père, cet étranger à vie, n’a plus de travail fixe? Il perd son permis de travail, et donc de résidence, et les choses se compliquent aussi pour les enfants. Kafka n’aurait pas renié une telle situation. Les nombreuses Françaises qui se marient à des Libanais, elles, n’ont pas ce problème: elles héritent du passeport de leur Roméo, et vont parfois s’inscrire à l’UFE histoire de tuer le temps en attendant que leur progéniture binationale pointe le bout de son nez.

Quelle solution s’offre alors à l’étranger, Français ou autre? Dans mon cas, cela a été l’illégalité durant 8 mois, avant de revenir dans les locaux de la Sûreté générale près du Musée national afin de régulariser ma situation. Après maints aller-retours, j’ai dû payer 1200 dollars d’amende (le tarif annuel du permis de séjour). La Sûreté m'a octroyé un délai de grâce de 2 mois pour que je trouve une solution à ma situation. D'ici octobre, je vais devoir sortir du territoire libanais (direction Chypre, 200 dollars aller/retour) et y revenir pour prendre un visa touriste (50 dollars) à l’aéroport. Retour à la case départ, comme il y a 10 ans quand j’ai débarqué ici avec ma petite valise et mon envie de croquer la vie à pleines dents. Après cela, je n’aurai plus le choix: soit je trouve un job fixe dans les 3 mois, soit je suis obligé de quitter (pour de bon?) ce beau pays car son administration me considère comme une erreur à rayer de ses listings, soit je replonge dans la clandestinité d’une manière ou d’une autre ce que je souhaiterais éviter bien évidemment. Dans le meilleur des cas donc, je trouve un boulot. Je devrai ressortir une nouvelle fois du Liban (re-direction Chypre, 200 dollars), et passer par le service de l'immigration de l'aéroport où mon nouveau permis de séjour m’attendra (encore 1200 dollars, dans le cas où mon éventuel employeur décide de me faire raquer à sa place). Ça commence à chiffrer sérieusement cette histoire... Ce visa de touriste (très provisoire) ne me donne évidemment pas le droit de travailler pour une société libanaise. Alors que je ne demande qu'une chose: c'est de travailler pour ce pays. Malheureusement, la situation économique du pays est si catastrophique qu'embaucher un Français (avec les charges que cela implique) n'est vraiment pas une priorité pour les sociétés libanaises au bord de la banqueroute.

Je ne rentrerai pas ici dans l’explication détaillée de cette situation, de l’épineuse question de l’éventuelle naturalisation des 400000 Palestiniens, de celle totalement hallucinante de quelques centaines de milliers de nouveaux électeurs inféodés en 1994, du rôle des clergés dans cette affaire… Le passeport libanais, qui se ramassait parterre il y a 25 ans, est aujourd’hui quasiment impossible à obtenir pour les hommes non-libanais. A moins de s’appeler Walid Ben Talal bien sûr. Tout dépend des wasta et de l'épaisseur du compte en banque...

Je ne me fais plus d'illusion depuis longtemps sur la possibilité pour moi d'obtenir la nationalité libanaise. Mais ne serait-il pas élégant de la part de l'administration locale de donner des permis de séjour permanents simplifiés – comme c'est la cas pour un copain installé en Argentine – pour ces étrangers qui ont choisi de suer et de travailler au Liban, d'y établir leur famille, pour ces étrangers qui donnent leur temps, leur énergie, une grande partie de leur vie, pour ce pays? Je sais une chose: depuis 10 ans, le Liban m'a apporté beaucoup de choses, et je n'ai pas été avare dans l'autre sens. Loin de là même. Mais j'ai parfois l'impression de ne pas vraiment être payé en retour. C'est démoralisant à en pleurer. Nathalie parlait il y a quelque temps de ma loyauté envers ce pays. Combien de temps cela va-t-il encore durer? A croire que l'Etat libanais fait tout pour faire fuir ceux qui fondent encore quelque espoir dans l'avenir de ce pays...

Pour finir, il paraît que, dans les tiroirs poussiéreux du Parlement libanais (vous savez, le truc qui ne sert à rien depuis des mois et qui coûte bonbon aux contribuables), un décret dormirait tranquillement depuis plusieurs années pour permettre aux mères libanaises de donner leur nationalité à leurs enfants. Ce serait un bon début, non?

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez contact la Ligue des droits de la femme au Liban.
Tél.: +961 1 817820. E-mail: llwr@terra.net.lb

mercredi, 12 septembre 2007

Soyez gourmands pour LibEnfant!

Nous reproduisons ici un mail reçu ce matin concernant la vente de pâtisseries libanaises à Paris afin de récolter des dons pour la scolarisation d'enfants au Liban.

medium_libenfants.jpg
Bonjour à tous,

Effectivement, la gourmandise n’est pas un vilain défaut à partir du moment où elle est utile… LibEnfant est une association créée par un Libanais orphelin qui a eu la chance d’avoir accès à l’éducation. Il souhaite maintenant renvoyer l’ascenseur en aidant lui aussi les enfants défavorisés du Liban. En achetant des pâtisseries, vous pourrez contribuer directement à la scolarisation des enfants du Liban.

Il existe deux types de boites de pâtisseries libanaises:
• 1 kg, 25 pièces environ, pour 15 €
• 600 g, 15 pièces environ, pour 10 €

Merci de confirmer vos commandes avant le dimanche 23 septembre 2007 en écrivant à cette adresse mail. Bien entendu, vous pouvez faire suivre cette nouvelle à tous vos amis!

Vous pourrez venir récupérer vos pâtisseries directement chez Pierre, au 12 avenue du Maine à Paris, le vendredi 28 septembre 2007. Si récupérer vos pâtisseries dans Paris ou à la date prévue pose un problème, merci de le contacter directement afin de trouver une solution!

Pour ce qui est du règlement, vous pouvez libeller vos chèques directement à l’ordre de l’association LibEnfant.

Si vous souhaitez de plus amples informations sur l’association LibEnfant, vous pouvez consulter son site internet.
Bon appétit et merci d’avance pour votre soutien! 

lundi, 10 septembre 2007

L'énergie, un vrai défi commun

medium_plateforme.2.jpgIl existe une Arlésienne dans notre beau pays: le Liban possèderait des ressources pétrolières et gazières inexplorées. Cela fait des dizaines d’années que l’on en parle, et le sujet revient sur le tapis régulièrement. Jeudi dernier, le ministre de l’Energie, Mohammad Safadi, a affirmé que des études poussées venaient de confirmer l’existence de telles richesses sous les pieds des Libanais (surtout dans les eaux territoriales), et que des compagnies de prospection se bousculent au portillon pour déterminer si cette manne est commercialement exploitable. Quelque part, j’espère que non. Je m’explique.

Je suis en train de finir la lecture du bouquin quelque peu alarmiste d’Eric Laurent, La face cachée du pétrole. Il y fait l’historique de l’aventure pétrolière humaine, de la fin du XIXe siècle à nos jours. Un constat de base s’impose: pour de nombreux pays, l’or noir est devenu une malédiction, entraînant corruption et malversations, car dans la plupart des cas les immenses revenus pétroliers n’ont jamais servi à améliorer le niveau de vie de la population mais seulement celui de la classe dirigeante (voir les Etats du Golfe ou d’Afrique par exemple). Et dans ce cas malheureusement, je ne vois pas vraiment comment le Liban – connaissant ses forces et surtout ses faiblesses – ferait exception.

Lire la suite

vendredi, 07 septembre 2007

Beddawi: terminus pour réfugiés 2

medium_beddawivache.jpgAprès David j’ai à mon tour envie (besoin?) de raconter Beddaoui. Si tant est que cela puisse être raconté.
Achraf (voir album photo) a failli perdre sa jambe. Caché dans Nahr el-Bared, il était sorti pour trouver de la nourriture pour ses enfants qui n’avaient rien mangé depuis trois jours. Il n’a pas eu de chance. C’est ce jour-là que les voitures de l’UNRWA (l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) ont été prises pour cible. Achraf était à côté, pour prendre du pain. Il est tombé, n’a pas pu se relever. Son père l’a entendu hurler: «Ma jambe brûle, ma jambe brûle!». En effet, elle ne tenait plus que par un lambeau de chair. Achraf a refusé d’être amputé, parce qu’il voulait pouvoir continuer à travailler ensuite. C’est son père qui a payé les 30000 dollars d’opération et de soins, en s’endettant. Et son papa est très fâché. «Cela vous fait quoi de voir ça?», me lance-t-il en montrait la jambe boursouflée de son fils. Que lui répondre… Que oui, parfois, on a l’impression d’être des charognards se repaissant de la misère humaine, source de nos revenus (parce que c’est ce qui intéresse les lecteurs)? Que oui, je me sens impuissante devant la souffrance du monde? Mais ce que je lui ai finalement répondu me semble tout aussi vrai: dans ce métier, nous voyons des enfants morts, des femmes violées, des hommes défigurés, des cadavres grouillant de vers, des larmes, du sang… Et si je devais pleurer à chaque fois, je n’en finirais jamais. Car le monde tourne ainsi, à mon plus grand regret. En racontant ce que nous voyons, nous espérons – peut-être à tort – interpeller les consciences. Et c’est toujours mieux que de rester les bras croisés, ce que je ne pourrais faire. Mais bien entendu, ce n’est pas mon fils sur ce lit, qui a tout perdu sauf la vie et une jambe estropiée…
La question palestinienne me heurte, me bouleverse et me pose question. «Combien de fois devrons-nous fuir? Qu’avons-nous fait pour mériter cela?» Ces questions, nous les avons entendues à de multiples reprises aujourd’hui. Et il n’y a pas de réponse, évidemment. Si la vie était juste, ça se saurait.

Colère, amertume, découragement… Ces sentiments sont compréhensibles chez une population ballottée de camp en camp, de pays en pays. Une vieille femme venait de vivre son quatrième exode. Comment exister sans passeport, sans carte d’identité, sans pays? Alors, c’est dans ces camps que les réfugiés ont investi leur affection. «Cela fait 60 ans que nous bâtissons Nahr el-Bared, explique une très jeune femme. C’est chez nous, même si nous savons que ce n’est pas notre patrie.» Il faut bien poser ses bagages quelque part. Mais ces 60 ans ont été rayés de la carte en quelques mois. Et il faut des coupables. Certains en veulent à Fatah el-Islam, affirmant avoir d’excellentes relations de voisinage avec les Libanais. Mais beaucoup en veulent au Liban tout court. Ce Liban qui ne leur donne pas le droit d’acheter une maison, de travailler et encore mois d’obtenir la nationalité. Ce Liban qui, je crois, ne peut tout simplement pas le faire. On a vu ce qui s’est passé en 1975. Mon père, Français, me racontait avoir décidé de quitter ce pays où il avait rencontré ma mère, Libanaise, dès 1973. Lorsqu’un Palestinien lui avait mis un flingue sur la tempe à un barrage dans Beyrouth. La souffrance légitime des Palestiniens a conduit à de bien regrettables excès. Et rien n’a changé depuis les années 70, si ce n’est la croissance exceptionnelle du taux de natalité palestinien, la montée de l’islamisme, la paupérisation du Liban et l’accentuation des tensions régionales. Tout cela est intimement imbriqué.

Je n’ai aucunement la prétention de proposer une solution. D’autres bien plus intelligents que moi s’y sont déjà cassé les dents. Mais je sais une chose: l’avenir du Liban passe par l’avenir des Palestiniens. Quel avenir? Haha! C’est bien le problème! Et si moi, qui ne suis pas directement concernée, me désespère devant l’absence d’alternatives, que serait-ce pour eux, qui voient leurs enfants grandir au milieu des poubelles, jouant pieds nus dans les eaux d’égout?

J’avais travaillé sur Nahr el-Bared il y a trois ans de cela. Et une image s’était imprimée durablement dans mon cerveau: des enfants jouant dans le fleuve El-Bared, au milieu des carcasses de moutons crevés qui suivaient son cours. A mes yeux, cette image comporte plus d’un symbole…

Beddawi: terminus pour réfugiés

medium_beddawi.jpgFaire un sujet sur un camp de réfugiés palestiniens, ce n’est jamais très bon pour le moral. Aujourd’hui, nous sommes allés à celui de Beddawi qui accueille depuis mai dernier les réfugiés du camp voisin de Nahr el-Bared, au nord du pays. Vous pouvez voir un album photos en cliquant ici ou sur la photo noir et blanc ci-dessus.

L’équation est simple, toujours la même: camp palestinien = misère humaine. Les ruelles sont sales, les gosses courent pieds nus, chahutent et lancent des sourires, les vieillards (ceux qui sont nés avant 48) comme sur une autre planète, les hommes en armes du Fatah presque à chaque coin de rue… Oui, ça fait mal au cœur, ça témoigne de quelque chose de pas très reluisant dans la nature humaine. Khaled, qui nous a servi plus ou moins de guide dans les ruelles, demande quel est leur crime pour être traités encore moins bien que des Sri-Lankais (au Liban, ça veut tout dire). Un autre, assez vindicatif, nous demande pourquoi on vient les voir car notre métier ne sert à rien, nous dit que l’on devrait utiliser notre argent à autre chose qu’à acheter des blocs de papier et des stylos. Des journalistes, ils en ont vu défiler, mais leur vie ne s’est guère améliorée. Le moral en prend encore un coup quand ce même homme dénigre le Liban dont il ne voudrait pas la nationalité même si on la lui proposait, car «le Liban n’existe pas». La discussion tourne court, elle ne servirait à rien de toute façon. Les Palestiniens vivent dans la misère, ils ont des raisons d’en vouloir à la terre entière, mais ils oublient parfois qu’ils sont aussi responsables de ce qu’est arrivé pendant 15 ans à leur pays d’accueil. Y’a des pilules qui restent dures à avaler pour tout le monde.

jeudi, 06 septembre 2007

Vivre ensemble

Je lisais il y a quelques minutes un papier sur le site Ya Libnan évoquant une "guerre civile froide" en cours au Liban. Dans l'article, une jeune femme rappelait ce jour du 14 mars 2005, cette incroyable manifestation populaire. L'expression "14 mars" n'avait qu'un sens ce jour-là (loin des guéguerres politiciennes d'aujourd'hui): dégager les Syriens et prouver que tous les Libanais pouvaient vivre ensemble, comme l'a clamé si brillamment Gebran Tueini dans son serment que voici (pour mémoire)... Il ne faudrait pas oublier que certains y ont cru.

Voilà la solution au problème libanais!

medium_parcmetre.jpgmedium_generateur.jpgQuizz 1 Que cachent les deux objets emballés dans du plastique noir sur la photo de gauche?
1. Une sucette géante et un carambar non moins géant.
2. Une œuvre d’art contemporain oubliée sur la voie publique par son auteur.
3. Un panneau routier et un parcmètre.
Quizz 2 Que signifie cette lumière rouge sur la photo de droite?
1. Nous sommes dans un sous-marin nucléaire.
2. Le photographe du coin est en train de développer ses clichés dans sa chambre noire.
3. L’EDL est en rade et le générateur du quartier alimente les immeubles environnants.

Fini de rigoler! La grande question aujourd’hui, essentielle, qui se pose au Liban, est: qui veut remplir avec quoi la carcasse vide de l’Etat libanais? Car le vide est abyssal.

Lire la suite

Silence radio sur Nahr el-Bared

medium_googleearth_nahr_el-bared.jpgPeut-être êtes-vous étonnés de ne pas avoir lu ici une seule ligne sur la fin du conflit de Nahr el-Bared ces derniers jours. Nous n’avons tout simplement pas grand chose à dire. On peut toujours se féliciter de la victoire de l’armée libanaise et fêter ça comme tout le monde ici, à coups de feux d’artifices supersoniques. C’est vrai, la troupe est sortie victorieuse et c'est très bien comme cela mais on peut aussi se poser la question, comme l’a fait si justement Issa Ghorayeb dans son édito dans L’Orient d’hier, sur le fait que cette armée ait été à bout de souffle et de munitions à peine une semaine après le début du conflit et qu'elle ait dû être sponsorisée sans cesse par des pays étrangers (Etats-Unis, Italie...). Ghorayeb se demandait simplement si cette vénérable institution n’aurait pas dû investir dans du matériel ces 15 dernières années plutôt que de construire des bains militaires luxueux et de verser des pensions faramineuses aux militaires à la retraite.

Lire la suite

mercredi, 05 septembre 2007

Minorité de blocage à tous les étages

medium_40-60.jpgDepuis plusieurs années, le syndic des propriétaires de l’immeuble dans lequel nous habitons est paralysé. A chaque assemblée (environ une fois par mois), tous les propriétaires sont censés être là pour faire avancer les dossiers en cours, mais nous sommes au mieux 6 sur 10. Jamais plus, et souvent beaucoup moins, 3 ou 4 en moyenne. Du coup, aucune décision ne peut être prise pour les réparations ou l’entretien normal de l’immeuble.

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu