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vendredi, 19 octobre 2007

Le Liban, le pays des esclaves : France 2, esclave de l’audimat

medium_philippines.jpgCi-dessus: pendant la guerre, le 7 août 2006, j'avais fait un reportage pour Le Soir sur les Philippines fuyant le Liban sous les bombes, au foyer Saint-Vincent à Achrafieh. Des milliers sont parties, elles ne sont pas toutes restées piégées par les familles libanaises elles-même en train de fuir, contrairement à ce qui a été dit dans le reportage de Dominique Torrès. Et beaucoup d'entre elles avaient également choisi de rester au Liban travailler, leur famille dépendant de leur salaire que leurs employeurs leur versent.

 

Un peu de racolage ne fait pas de mal chez France 2. Depuis le 11 octobre et la publication de l’article «Bonnes à vendre» dans Le Monde, le web francophone libanais ne parlait que de ça. Il existe même une pétition sur Facebook contre la version vidéo de l’article! Hier soir donc, France 2 a diffusé dans Envoyé spécial le documentaire réalisé par Dominique Torrès, reporter du Monde et fondatrice du Comité contre l’esclavage moderne. Le sujet: les conditions de vie et de travail au Liban du personnel de maison venu du Sri Lanka, des Philippines ou d’Afrique.

Si la cause défendue par Mme Torrès est juste (et archi juste), les moyens desservent son propos. Elle dénonce certes une pratique insupportable, qui n'est pas non plus une généralité comme elle le dit. Et ce n'est pas en faisant ce genre de sujet qu'elle fera avancer sa cause: tout au mieux, elle aura quelques filles battues de plus sur la conscience, car celles qui lui ont ouvert leur cœur à visage découvert en fin de reportage vont probablement en payer les conséquences. Bref, le reportage est avant tout un ratage professionnel.

Sur la forme

L'approche du sujet Très superficielle, très racol'. Torrès ne fait qu'effleurer un sujet passionnant, à coup d'hypothèses toutes faites et de vérités assassines préconçues. Ça faisait un peu Tintin au Congo: Torrès chez les barbares. L'un des exemples de ce sentiment de croisade et de supériorité: quand elle débarque dans un immeuble pour trouver une femme supposée coupable de maltraitance. Elle sonne à la porte, le père de famille ouvre, elle est penchée vers lui, une main appuyée sur le mur, menacante. Pas étonnant que le gars lui ferme la porte au nez, ce n'est pas comme ça qu'on obtient des infos!

Les chiffres La réalisatrice balance des chiffres à tout va. Selon elle, 30% des Libanais reconnaissent violenter leur bonne, 98% des vols imputés aux employées de maison sont faux... Selon qui madame? Elle ne source jamais ses infos, et croyez-nous, les chiffres fiables au Liban, c'est une denrée rare dans notre métier.

Le manque de "pourquoi?" Elle ne se pose jamais de questions. Pourquoi cette situation? Elle s'offusque du niveau des salaires, mais ne dit jamais, par exemple, que ce sont les ambassades des pays concernés qui fixent ces salaires, selon les nationalités donc. Les informations manquantes sont légions, et celles erronées également. Dernier exemple sur la «confiscation du passeport»: en plateau, elle dit qu'un décret sur ce point pourrait être facilement voté. C'est déjà le cas: officiellement, les employeurs n'ont pas le droit de le faire, mais ce sont les agences qui poussent à la «confiscation», pour éviter la fuite des employés alors que les employeurs sont légalement responsables de tous leurs actes. Torrès n'aborde pas les réseaux mafieux, de prostitution et autres...

Sur le fond

Un vaste et cruel sujet sur lequel nous avons déjà travaillé, vaste sujet réduit dans ce documentaire aux plus vils arguments. Si Torrès décrit une réalité indéniable, elle ne fait que décrire une seule réalité justement, sans essayer de prendre ce sujet dans son ensemble. Le documentaire tourne au sensationnalisme, écœure certainement les téléspectateurs de France et de Navarre et c’est bien compréhensible. Des histoires tordues et immondes vécues par les «bonnes», les «Philippinaises» comme disent leurs «propriétaires», on en a des tonnes. Et des crève-cœurs pour ces pauvres jeunes femmes qui quittent leur famille et ne revoient parfois leurs enfants que trois ou quatre ans plus tard. Y’a rien de nouveau là-dedans. Mais des exemples où ça se passe bien, il y en a aussi: chez un couple d’amis franco-libanais dont le mari est chef cuisinier, leur employée a tout appris de lui, même le français argotique, et compte bien ouvrir un restaurant à son retour à Manille grâce au savoir-faire emmagasiné sur le tas. Ce n’est peut-être la majorité des cas, mais ça existe aussi. Et quand on fait le boulot de Dominique Torrès, l'honnêteté intellectuelle veut que l'on décrive toutes les situations.

Alors pourquoi diffuser maintenant un tel anti-hymne au Liban et aux Libanais?  Aucune idée. Le timing est certainement fortuit, mais en tant qu’amoureux du Liban, ça me fait mal au cœur que l’on ne parle de ce pays qu’à travers ça. Avez-vous vu à la télé française des reportages positifs sur le Liban ces 5 dernières années? Pourquoi France 2 ne diffuse-t-elle pas un documentaire sur les jeunes artistes libanais, du cinéma ou d’ailleurs? C’est un peu comme les banlieues de France: entre un sujet sur les trafiquants de shit et les Yamakazi ou les associations de quartier qui remplacent le travail d’un Etat absent, les chaînes de télé préfèrent montrer les ordures plutôt que l’herbe verte. Pour le Liban, c’est pareil, pas étonnant que ce pays souffre d’un déficit d’image à l’étranger. Résultat, à la fin de l'émission, notre cousin libanais préféré habitant à Paris nous a envoyé ce SMS: «C la loose pr le Liban kel honte». Et il a raison.

Si c'est ça être grand reporter à France 2, ça donne pas envie (il y en a pourtant de bons!). Si Dominique Torrès a envie de faire un vrai reportage vidéo sur la question de «l'esclavage moderne», qu'elle essaye de le faire en Arabie Saoudite. Là, je lui tirerais mon chapeau si elle arrive ne serait-ce qu'à poser sa caméra.

Commentaires

Pour le coup, votre commentaire est injuste. Je connais aussi le sujet, très bien, j'ai vécu dix ans à Beyrouth et j'ai travaillé dessus. Je conçois que l'on puisse s'habituer à cette situation, mais vous devez garder à l'esprit que vue de l'extérieur, elle est absolument insupportable. Et les arguments du type "Mes amis la traitent très bien et elle a tout appris" ne sont pas admissibles, ne serait-ce que parce qu'ils sont une exception dans un système où la norme est la mise à disposition absolue d'un être humain pour une somme dérisoire. La loi a peut-être évoluée, et Torrès aurait du le dire, mais les bonnes étrangères restent absolument dénuées de recours, et elles ne peuvent pas, par exemple, s'adresser à la police, où elles risquent forts de se faire violenter avant même d'être entendues.

Le système lui-même est abject, et les dérives pointées par Torrès sont la norme : double contrat, absence de recours, privation de liberté, habitude de voir les bonnes étrangères comme des meubles dont on est propriétaire. Les "bonnes nouvelles" à côté de cela sont de faibles exceptions. J'ai rencontré également des employées satisfaites, j'en ai rencontré également qui ont du travailler pendant un an clandestinement pour "racheter" leur passeport à un employeur qui refusait de le leur rendre, dans un cadre contractuel où elles s'étaient faites escroquer (un contrat aux Philippines, un autre au Liban, un an de plus et cent dollars de moins entre les deux). Elles n'ont jamais eu d'autre recours que leur propre force d'âme. Et j'en ai connu d'autres qui n'ont pas eu cette force d'âme.

Quelles que soient les responsabilités des ambassades, des agences souvent tenues par des bi-nationaux ou des couples mixtes, les Libanais employeurs de ces bonnes les considèrent dans leur immense majorité comme leurs propriétés personnelles, et il suinte de l'ensemble des relations entre la population libanaise et ces femmes un racisme absolument immonde. Là encore, vous pouvez mettre l'accent sur des cas particuliers positifs, cela ne vous empêchera pas de faire l'expérience du mépris absolu et de l'atteinte aux droits généralisée. Et le fait que cela puisse être pire en Arabie Saoudite ne suffit pas à exonérer les Libanais...

Enfin, en ce qui concerne l'image déplorable que cette situation donne du Liban, je peux la confirmer. Elle est d'abord flagrante pour beaucoup de visiteurs occidentaux qui sont révoltés par ce qu'ils voient dans les familles libanaises, de toutes catégories sociales et de toutes confessions, en l'occurrence, et qui en parlent à leur retour. Faut-il rappeler qu'une diplomate libanaise à Paris a été prise en flagrant délit de travail forcée, séquestrant chez elle une jeune érythréenne ? Cela avait fait scandale en 1996, et ce d'autant plus que son nom était familier à tous ceux qui avaient visité le Liban : c'est elle qui signait les visas...

Injuste, donc. L'image du Liban sera servie quand les Libanais retrouveront leur humanité sur ce point, et pas en cherchant à nier une réalité qui est évidente aux yeux de quiconque connaît un peu le pays.

Écrit par : Tom Bombadil | vendredi, 19 octobre 2007

J'ajoute, alors que mon courroux grandit, que l'exemple du couple mixte qui a tout appris à sa bonne me dégoûte particulièrement quand il est utilisé pour dire que la situation n'est pas si grave : avec un peu d'humanité, il est simple, finalement, de bien se comporter avec quelqu'un qui travaille toute la journée, quasiment tous les jours, pour 200 ou 300 dollars par mois. J'aimerais penser que les Français, en particulier, qui savent la valeur du travail, ne peuvent pas se résoudre à acheter parfois 12 heures de travail par jour pour une somme aussi dérisoire. Mon expérience me dit que ce n'est pas le cas. Et au-delà des mauvais traitements, ce système, même quand il fonctionne dans des conditions de respect de l'autre, ce qui n'est que l'exception, est en lui-même profondément discutable. Le travail, même au Liban où il existe un salaire minimum pour un nombre d'heures de travail maximum, vaut plus que ce que ces femmes touchent effectivement.

Cela dit sans offense pour vos amis, j'ai aussi connu un couple de français qui a finalement noué des relations très amicales avec une employée philippine, au point d'ailleurs d'avoir très vite renoncé à l'employer en continu, pour la payer à l'heure, avec un salaire horaire conforme au travail qu'elle effectuait, et conforme surtout à leur propre salaire d'expatriés. Là encore, c'est une rare exception.

Écrit par : Tom Bombadil | vendredi, 19 octobre 2007

@ Tom

J'ai dû mal me faire comprendre: je ne cautionne pas le système, je connais et dénonce moi-même les abus, là n'était pas l'objet du post. Le problème est d'une ampleur dramatique au Liban, inutile de se voiler la face. Nous nous sommes déjà brouillés avec des membres de notre famille au sujet des mauvais traitements et de l'irrespect que certaines personnes peuvent avoir envers ces jeunes femmes. Ce que je conteste, c'est la rigueur professionnelle totalement absente dans le traitement de ce sujet. Déformation professionnelle peut-être, mais, par exemple, quand on balance des accusations chiffrées, c'est bien de dire d'où on tient ses chiffres.

Une dernière chose, peut-être complètement marginale: l'année dernière, quand j'ai passé quelques semaines en France, j'ai revu une amie perdue de vue depuis très longtemps. Je suis allé dîner chez elle et sa famille, dans une belle maison avec jardin en proche banlieue (ouest) parisienne (loyer 5 ou 6000 euros). Super baraque, bonne bourgeoisie, pas de souci de finances à l'horizon. Dans la cuisine, une Philippine s'occupait de faire dîner les enfants. Salaire: 600 euros, au black, quand le Smic est à plus de 1000 euros. Au Liban, l'équivalent du SMIC est de 200 dollars.
A part ça, Tom, bienvenu sur ce blog...

Écrit par : david | vendredi, 19 octobre 2007

Le traitement infliger aux bonnes venues des Philippines ou du Sri-Lanka n'est évidemment pas toujours reluisant; j'ai pu le constater lors de mes séjours au Liban. Ceci étant, je souscrit à votre analyse: un journaliste doit tenter d'être aussi objectif que possible, ce qui suppose sérieux et exactitude. Oui, un certain nombre de personnes au Liban (et pas seulement des libanais) exploitent honteusement et maltraitent leur personnel de maison, mais à l'inverse, il y des personnes (dont des libanais aussi) qui traitent convenablement leurs employés de maison.

Il faut aussi signaler que ce type de pratiques, tout à fait révoltantes, n'est pas l'apanage du Liban. Je ne suis pas sur que les bonnes venues des philippines pour travailler dans certains pays du Golfe soient toujours bien traitées (sans même parler de respect). En France même, les médias se font parfois l'écho de véritables cas d'esclavagisme.

En conclusion, je crains que Dominique Torrès ait confondu journalisme et activisme militant (même si je saisis parfaitement la justesse du combat contre toute forme d'esclavagisme).

Amitiés à tous.

Écrit par : alexandre | vendredi, 19 octobre 2007

Je pense que c'est la dernière partie du papier qui m'a fait réagir ainsi. Celle qui concerne l'image du Liban, et le fait qu'il manque des "exemples où ça se passe bien". Ils sont très rares, dans mon expérience, et la norme ultra majoritaire est l'exploitation et le racisme. Il manque sans doute des éléments à Torrès, et effectivement je suis curieux de savoir d'où sortent ces chiffres. Reste que sur ce sujet plus que sur beaucoup d'autres, il est difficile de parler d'outrance ou de parti pris. La situation des bonnes étrangères est d'une manière générale absolument indigne. En effet, on connait tous (tous ceux qui ont vécu au Liban, s'entend) des tonnes d'exemple de cette abjection. Mais elle n'a pas, c'est le moins que l'on puisse dire, une renommée internationale à la mesure de ce qu'elle est vraiment au Liban. Non, on ne peut pas dire "y a rien de nouveau là-dedans". Je trouve, contrairement à vous et quels que soient les défauts du travail de Torrès, qu'il est impératif que cette situation soit connue, et particulièrement dans les pays où les Libanais ont une image de raffinement, une des composantes de ce qu'on croit savoir en France de ce pays. Si les Libanais souffrent de l'image de leur pays (de notre pays, en réalité) que véhicule cette situation, la solution n'est évidemment pas de ne plus en parler ou de faire valoir artificiellement les exceptions positives, mais au contraire de se mobiliser constamment et massivement pour qu'elle cesse. J'ai longtemps gardé dans mon portefeuille un extrait de l'Orient le Jour, pages petites annonces. Photo d'une femme africaine, et texte : "Chantal Aimée A. a fuit le domicile de son employeur. Si vous avez des informations, contactez Hassan H. au 03 ........ Récompense assurée"... Tous ceux à qui je la montrais avait un haut-le-coeur, au Liban comme en France, et en France s'ajoutait une extraordinaire surprise.

Voilà donc. Je n'ai pas d'opinion sur la manière de travailler de Torrès. J'entend vos critiques et je peux les partager, sur la forme. Sur le fond, je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Il n'y a pas d'outrance dans la description qu'elle livre de cette situation. Et il ne s'agit pas d'un "anti-hymne" au Liban encourageant un "déficit d'image" dont je cherche d'ailleurs en vain la trace. Il s'agit de porter à la connaissance du public une situation indigne dans ses règles mêmes. Si c'est déplaisant, tant mieux. C'est l'idée. Que les Libanais se mobilisent.

Écrit par : Tom Bombadil | vendredi, 19 octobre 2007

Je partage totalement le point de vue de Tom Bombadil.

Je trouve très surprenant cette façon de se victimiser - surtout de votre part Nathalie et David - dans le but de remettre en cause la réalité des faits dénoncés.

La situation de ces bonnes est profondément choquante et inacceptable (le droit du travail libanais ne leur est même pas applicable !) et je me fous complétement de savoir que ça se passe au Liban ; cela n'excuse rien.

L'ingérence étrangère - si elle devait avoir lieu - devrait intervenir à ce niveau et non pas pour créer des tribunaux internationaux dont la légitimité est plus que douteuse.


PS : je suis en colère ; bravo à mon confrère avocat vu dans le reportage !

Écrit par : SJM | vendredi, 19 octobre 2007

@Tom Bombadil (décidément, ce blog nage dans le Seigneur des Anneaux en ce moment :))

je comprends ta colère, étant moi-même révulsée par ce système mis en place depuis des dizaines d'années (au Liban et ailleurs) et qui se nourrit de la misère du monde. Avec deux enfants et en dépit d'horaires de travail ingérables, nous nous sommes toujours refusé à prendre une employée chez nous, quitte à nous arracher les cheveux étant donné qu'aucune alternative de garde n'est possible. Question de principe.
Il y a deux mois d'ailleurs, j'ai voulu moi-même payer le billet de retour d'une jeune Africaine travaillant chez des proches. Je ne rentrerai pas dans les détails, elle et sa "patronne" étaient toutes deux en tort, mais la seule issue possible était un retour chez elle, ce qu'elle-même souhaitait.
Mais. Mais... Condamner ces pratiques ne signifie pas cautionner un reportage sensationnaliste souffrant absolument d'un manque de professionnalisme élémentaire. Autant la cause mérite d'être défendue, autant ce traitement journalistique est regrettable.
Tu as vécu dix ans à Beyrouth, tu dis avoir travaillé sur le sujet. Tu sais donc qu'il n'y a pas qu'une seule église qui organise des offices pour les "employées de maison". Tu sais aussi que nombre de ces femmes ne sont absolument pas préparées à affronter un environnement urbain, a fortiori comme celui de Beyrouth et que certains, pas tous, de leurs employeurs - et dans certains cas, sur conseil des ambassades elles-mêmes - ont réellement peur de les laisser sortir, peur pour elles (combien d'accidents routiers mortels font des victimes parmi ces femmes, par exemple?). Tu sais aussi que des réseaux mafieux de prostitution et de détournement d'argent, impliquant des nationaux de ces pays, sont prêts à leur tomber dessus pour leur faire faire le trottoir. Tu sais aussi que certaines se font voler leur argent par des compatriotes installés ici depuis longtemps et qui leur promettent monts et merveilles dans leur pays d'origine, les escroquant cruellement.
Il ne s'agit pas de se cacher derrière tout ça, bien sûr, mais c'est un des aspects de cette réalité qui DOIT être mentionné.
Et ce qui nous a choqué, c'est que Torrès parte d'un postulat de base absolu, les Libanais sont des esclavagistes, et fasse tout pour le démontrer quitte à occulter le reste tout aussi grave et intrinsèquement lié, ce qui est totalement inverse à la démarche journalistique:explorer toutes les options pour vérifier la réalité de ce postulat et le mettre en perspective en expliquant comment et pourquoi ça se passe comme ça. Le journaliste ne peut pas être, d'emblée, juge et partie. C'est son travail de recherche qui doit le conduire à tirer les conclusions qui s'imposent.C'est comme si moi, je voulais prouver que les lois Sarkozy sont inacceptables et que je montrais uniquement des images de grévistes français et des interlocuteurs de l'Huma, en donnant des statistiques sorties de nulle part! Je caricature, c'est vrai, mais il est important d'expliquer combien adopter une approche un minimum objective et argumentée (des chiffres sourcés, des intervenants neutres qui, si j'ai raison, vont aller dans le sens de mon raisonnement) est indispensable dans ce métier.
Là où je te rejoins complètement en revanche, c'est que le racisme est un fléau au Liban; rien ne sert de dire que c'est pire ailleurs, effectivement. En résumé, c'est absolument TOUT le système, y compris les ambassades, y compris les agences dans les pays d'origine, et en premier lieu - je suis entièrement d'accord - les employeurs, qui doivent être mis au pilori.
Mais crois-tu qu'un tel reportage, qui plus est incomplet et souvent approximatif, va apporter quoi que ce soit de constructif? Moi, ce que je vois, c'est que France 2 (on est dans Envoyé Spécial, après tout) a fait de l'audimat en montrant en gros plans des jeunes femmes en larmes. C'est très médiatique mais c'est aussi totalement irresponsable car aujourd'hui, ces mêmes jeunes femmes devront affronter leurs employeurs et rendre des comptes pour leur témoignage. Dénoncer la violence tout en exposant sciemment ses sources à cette même violence pour faire de l'émotion, chapeau! Verrait-on cela dans une reportage sur les femmes battues en France, montrant des victimes à visage découvert qui vont rentrer chez elle le soir même pour retrouver leur monstre de mari? Non, les visages seront masqués d'une manière ou d'une autre. Pourquoi là, cette négligence? Parce que ça va faire pleurer dans les chaumières françaises? Dans le fond, quel mépris et quelle instrumentalisation de ces filles!
Développons un argumentaire autour de Caritas et du boulot ô combien difficile que cette association essaie de faire dans ce domaine, ce sera tout aussi, sinon plus efficace. Ou mettons en avant le système dans son intégralité, avec une perspective internationale indéniable (les réseaux) pour en dénoncer l'iniquité. Ou au moins, partons sur un vrai travail d'investigation (aller dans les ambassades puis aller donner des leçons aux patrons sur base d'un témoignage recueilli dans cette ambassade, ce n'est pas de l'investigation, je regrette! Merde, Torrès n'a même pas été fichue de faire traduire les insultes rapportées dans un des témoignages, ce qui aurait pourtant servi son argumentation! Elle s'est contentée de les répéter phonétiquement, quel intérêt? C'est du journalisme, ça?), dans les hôpitaux, auprès des tribunaux, auprès du ministère du Travail, ne serait-ce que ça!! Bon sang, si je faisais mes enquêtes comme Torrès, j'en aurais des procès au cul!
Désolée, mais ça m'a mise hors de moi qu'une question aussi grave, et qui me touche profondément, soit traitée avec une légereté professionnelle qui lui fera plus de tort que de bien, car le manque de professionnalisme nuit à la crédibilité; du coup, tout ceux qui sont en tort peuvent se dédouaner sous prétexte que le reportage est orienté, qu'il donne des chiffres inexacts, que eux ne vont pas si loin, etc. C'est ce qui se passe, figure-toi, et c'est le comble de l'ironie!
Ce véritable drame humain et social méritait bien qu'on le traite avec sérieux et profondeur, au-delà du racolage.
Mais je te rejoins sur une dernière chose, et là, je ne suis pas du tout d'accord avec David: tant pis pour l'image du Liban, quel que soit le timing. Ce qui se passe est grave, ce doit être dénoncé et c'est aux Libanais d'assumer le fait que trop d'entre eux manquent de l'humanité la plus élémentaire. Ce n'est pas bon pour l'image du pays? C'est en premier lieu à eux de ne pas lui nuire en changeant leur propre façon de faire.
Mais pour condamner tout ça, il faut faire les choses bien, professionnellement. Sinon, ce n'est, à mes yeux, qu'une autre forme d'exploitation de la misère humaine.

Écrit par : nathalie | vendredi, 19 octobre 2007

@Tom Bombadil et SJM
Mince, vous avez réécrit pendant que je me lâchais moi-même (en longueur, dites donc, je ne m'étais pas rendu compte ! :))
Je pense sincèrement que dans le fond, nous sommes complètement d'accord: c'est inacceptable et inhumain, je ne vais pas me relancer là-dessus.
Merci de nous lire.

Écrit par : nathalie | vendredi, 19 octobre 2007

Nathalie et David avez-vous ecrit à Torrés?
Bon sang c'est révoltant ce demi reportage!

Écrit par : mc zaatar-mauduit | vendredi, 19 octobre 2007

bravo Nath et Dad

Écrit par : bontems | vendredi, 19 octobre 2007

Nathalie,

Le fait que le reportage ait été baclé et ne vise qu'un certain nombre de situations, c'est une chose, mais encore une fois cela ne signifie pas que les faits rapportés sont faux (et cela vient démontrer ce que je pense depuis toujours que le journalisme est par essence orienté).

Vous tentez - mais je ne le vous reproche pas au fond - d'aténuer la réalité des faits par des arguments qui sont pour moi des arguments de diversion.

La question qui se pose est la suivante : ces filles se voient-elles confisquer leur passeport ? Si c'est oui, c'est scandaleux. Ces filles ne peuvent-elles pas sortir ? Si c'est le cas, c'est inadmissible. Ces filles ne relèvent pas du code du travail libanais ? Si c'est oui, c'est hallucinant.

La différence avec la situation que vous semblez avoir vécu en France (cuisinier pakistanais), c'est que d'un côté c'est illégal, alors que le système au Liban semble parfaitement conforme à la législation en vigueur.

Je suis désolé mais ce genre de situations moi ça me révolte. Mais peut-être suis-je déphasé culturellement.

Écrit par : SJM | vendredi, 19 octobre 2007

@SJM
Je vais essayer une dernière fois d'être claire (et non, pas du tout, vous n'étes pas déphasé culturellement):

- Oui, cet état de fait est indéniablement, absolument et irrémédiablement révoltant.
- Non, TRES loin de là, nous ne cherchons pas à minimiser ou atténuer, comme vous dites, la réalité des faits. C'est même tout le contraire (il me semble avoir clairement signifié combien nous étions dégoûtés de voir tout cela): ce que j'essaie d'expliquer à longueur de posts, c'est qu'un plus grand souci d'objectivité aurait donné ENCORE PLUS DE POIDS à ces accusations (justifiées) car ces dernières auraient été inattaquables! Cela me paraît évident! Le reportage a tourné en pamphlet et un pamphlet, de par son simple registre et sa méthodologie, est par essence moins crédible qu'un document argumenté et précis! Il faut savoir ce qu'on veut, enfin! Faire du sensationnel, bourré de fautes, et qui sera oublié dans un mois avec la prochaine édition d'Envoyé Spécial et qui risque même de causer davantage de problèmes aux personnes qu'on est supposé défendre? Ou réellement dénoncer une réalité inacceptable, preuves irréfutables et chiffres sourcés à l'appui, ce qui permettra éventuellement de faire changer les choses? Car oui, un documentaire peut faire changer les choses, j'en prends pour preuve le travail de Paul Moreira sur Total en Birmanie qui a mis le pétrolier et notre cher Kouchner dans une drôle de m...
Vous voulez que je vous dise? Cela fait deux ans que je travaille avec une chercheuse française sur les difficultés des Africains. Bien sûr, ce n'est pas la même chose qu'un documentaire pour une large audience, mais creuser les choses donnent bien des arguments à ceux qui veulent défendre ces gens et j'espère que ce travail qui, comme c'est souvent le cas pour ce type de recherches, sera peut-être repris par des organismes internationaux, servira à quelque chose de concret. Au moins, cela me permet de rencontrer et parfois d'aider au cas par cas certaines de ces femmes en détresse.

Quant à vos questions:
- oui, ces filles - pas toutes mais déjà trop souvent - se font confisquer leur passeport. Oui, c'est scandaleux, et cela est interdit par la loi, dixit le ministre du Travail lui-même (en interview pour un article que j'ai réalisé sur la question).
- si, ces filles peuvent sortir si le contrat, rédigé selon les critères définis par les différentes ambassades, les y autorise. Cela varie donc selon les ambassades. En revanche, certains employeurs ne respectent pas ces contrats en interdisant à leur employée de sortir, ce qui est non seulement inadmissible mais aussi illégal.
- Non, ces employées ne relèvent du code du Travail libanais, elles ne bénéficient en fait d'aucun cadre juridique sinon celui du contrat et oui, mille fois oui, c'est hallucinant.C'est même révoltant.

TOUT est à refaire, TOUT est à revoir, en commençant par l'éducation des employeurs (je ne vous dis pas ce que cela va donner lorsque les nouvelles générations - qui ont grandi avec ces "bonnes" et avec l'exemple souvent déplorable de leurs parents - seront eux-mêmes employeurs, ça promet d'être abominable) et par la législation en vigueur et son application.
Vous voulez changez les choses? Parlons-en de façon rationnelle et concrète, je suis prête à réfléchir avec vous à des options, voire à contacter votre collègue interviewé dans le documentaire.
Je regrette mais ce qui compte à mes yeux, c'est le résultat.

Écrit par : nathalie | vendredi, 19 octobre 2007

Bonjour,
- A chaque pays du monde ses pratiques douteuses, pour rester poli, à commencer par la France d'ailleurs, qui laisse parfois certains diplomates étranger faire n'importe quoi avec leur "petit personnel" sur son propre sol, pour ne pas créer de très regretables incidents diplomatiques.
- Cela dit, il me semble qu'une petite vérification sur place s'impose parfois avant la diffusion de certains reportages. Je crois aussi qu'ils en font trop chez fr2, cela sonne "trop"...
- Si Dieu le veut, j'aurai d'ici quelques semaines l'opportunité de passer quelques jours à Beyrouth pour "affaires". Et si tout va bien, cela débouchera sur un séjour de plusieurs mois!
- Merci donc pour toutes vos petites informations sur ce qu'il s'y passe! Je ne connais de la région que la Jordanie, ce sera donc tjrs plus agréable d'arriver avec une petite idée.
- Bon week-end et à plus! Votre lecteur et matelot blogueur
- http://marine-inconnue.20minutes-blogs.fr/

Écrit par : Thierry Bressol | vendredi, 19 octobre 2007

Ce documentaire était nul! Franchement ses chiffres sont n'importe quoi, elle n'est allée rencontrer que des gens qui parlent à peine français (c'est corrélé à la façon dont ils traitent avec leur personnel)... et comme je le disais à ma famille, qui'ils aillent dans tous les pays du golfe, de l'asie du sud-est, de l'afrique, et de l'amérique du sud et qu'il fassent après des jugements!

Écrit par : Patrice | vendredi, 19 octobre 2007

Bravo, Nath et David, bien dit (comme d'habitude)!
Apparemment, la mode Michael Moore se répand dans les reportages: une cause noble, mais défendue de façon gauche, partiale et alarmiste :)

Écrit par : Oberon Brown | vendredi, 19 octobre 2007

Je n'ai pas vu ce reportage, mais en gros tout le monde en parle a Paris.

Conséquence: plutot une mauvaise pub pour le Liban à cause des racourcis débiles de la part des gens en général. Le type de racourcis que nous faisons tous instinctivement lorsque nous ne sommes pas directement touchés mais révoltés par une situation...

Exemple: il y avait eu un reportage, toujours dans Envoyé Spécial, qui avait fait sensation, il y a de cela 2 ou 3 ans, a propos des restaus chinois a Paris... en gros, certains (une majorité?) ne respectaient pas les normes d'hygiène élémentaires... depuis, on y réfléchit à 2 fois avant d'aller bouffer chinois à Paris, et c'est pas des conneries.

Conclusion: voilà l'effet d'un reportage, peu importe qu'il ait été bien ou mal réalisé finalement.

N'ayant pas vu le reportage, je suppose que la crainte "d'honnêtes libanais" serait l'amalgame avec ces personnes peu scrupuleuses et irrespectueuses des valeurs humaines.

Je veux simplement savoir (je le répète, ayant manqué le reportage) si le journaliste a pris la peine de citer le nombre de foyers libanais ayant des domestiques.
Parce que bon, à ce que je sache, la majorité des Libanais n'en a effectivement pas les moyens...

Je suppose que parmi les foyers libanais qui ont des domestiques, tous ne se comportent pas de manière esclavagiste, donc le plus intéressant serait de savoir quelle est la part "d'employeurs esclavagistes". Le journaliste l'a-t-il précisé?

Écrit par : JiPé | vendredi, 19 octobre 2007

A supposer que cette part soit faible quoique choquante, était-il nécessaire d'y consacrer un reportage alors que le Liban est le centre d'autres interrogations?

J'ai une simple constat: dans mon entourage au Liban, certaines personnes ont des domestiques mais pas tous.
Peut-être que je me trompe et que pour moi, "tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil", mais je n'ai jamais vu de quelconque mauvais traitements alors même que j'ai un regard très critique par rapport au fait même d'avoir des "bonnes".

C'est un simple constat, certes, j'espère que je ne suis pas naïf.

Écrit par : JiPé | vendredi, 19 octobre 2007

Petite précision, avant de m'attirer les foudres: je ne rénie pas le problème, et ce nouvel esclavagisme existe bel et bien au Liban comme partout ailleurs malheureusement.

Mon constat était simplement le suivant: si dans mon entourage, (et l'entourage de mon entourage) ces pratiques n'existent pas, alors peut être que ce nouvel esclavagisme n'est pas aussi répandu au Liban que le reportage (que je n'ai pas vu) semble vouloir le dire.

Écrit par : JiPé | vendredi, 19 octobre 2007

euh moi suis pas au courant je me suis refuse a regarder le reportage.
le titre etait racolleur ce qui laissait sous entendre une vision tres simpliste de la situation. pour ma part je suis egalement outre de la situation de certaines bonnes mais faire un reportage a sens unique ce n'est pas du journalisme a mes yeux.

pour exemple, une amie emploie une "esclave" pour employer le terme du reportage. pourtant elle a une voiture pour lui permettre d'aller faire les menages ailleurs.

Écrit par : sebastien | vendredi, 19 octobre 2007

Entre nous à Paris en ce moment plus personne ne parle de ce reportage débile depuis l'annonce du divorce de l'abruti qui dirige les destinées de notre pays…
Ce qui nous ramène à Beaumarchais : "En France, le premier jour est à l'emballement, le second à l'intérêt, le troisième à l'indifférence"… Tous les libanophiles peuvent dormir tranquille, le sujet fait déjà partie du passé, c'est déjà de l'histoire ancienne ! La semaine prochaine sur France 2 ils effacent tout et ils recommencent avec d'autres calomnies

Merci de me corriger sur la citation de Beaumarchais parce qu'elle n'est pas exacte… A ciao bonsoir !

Écrit par : mario | vendredi, 19 octobre 2007

UNE FRANCAISE QUI SE VEUT DONNEUSE DE LEçONS AUX LIBANAIS !!

Non mais, accuser les Libanais d'esclavagistes modernes ???!!!
Quid de l'esclavage des Noirs mené par la France pendant plusieurs siècles, et du fait que TOUS les présidents français refusent à s'en excuser publiquement (Sarkozy drenier sur la liste) ??
Quid des Arabes (au sens de Maghrébins en France) et des Noirs (en banlieue) qui se font maltraiter comme des animaux par les services de police et de renseignement français ??

Et Torrès qui se permet de conclure, à la fin du reportage, par une phrase du style : "Une grande amitié existe entre nous et les Libanais. Nous devrions user de notre influence, afin de leur apprendre à ne pas maltraiter les Asiatiques et les Noirs".
En gros, pour elle la civilisation française (née au moins 2000 ans après la civilisation phénicienne ; pendant au moins 2000 ans, les ancêtres des Français ont été de simples hommes des cavernes, pendant que les Phéniciens brillaient dans le commerce en sillonant la Méditerrannée) est une civilisation supérieure parce que la France est le "pays des droits de l'Homme".

Je veux bien admettre que nous avons un problème avec la façon dont nous acceuillons les travailleurs étrangers. Je suis d'ailleurs le premier à m'en révolter, et je serai le premier à chercher à assouplir un peu les consciences au Liban !
Seulement, cette femme, censée réaliser un reportage avec des visées humanitaires, ne cherche en fait, à travers des chiffres donnés à tout va et des explications hâtives, qu'à renforcer chez ses compatriotes leur sentiment de supériorité sur les autres civilisations, et leur caractère "donneur de leçons " franchement insupportable !!

Quelques indices (dont certains ont déjà été cités par David) tendent à prouver mes 2 dernières lignes. Cette journaliste se comporte au Liban d'une manière humiliante (voire semi-colonialiste !) pour les Libanais. Elle cherche à recevoir des excuses publiques des personnes qui auraient soit-disant maltraité des employées !!
Cette journaliste médiocre, humanitaire de seconde classe, se transforme en bras vengeur de la justice, en ambassadrice de la liberté !!
Franchement, moi Libanais, élève-ingénieur, qui réside en France, qui suis épris de culture française, et qui dipose dans mon entourage énormément d'amis intimes et de confidents français, je ne cherche jamais à m'exprimer sur la politique de gestion de l'immigration en France.
C'est eux qui gèrent ça, c'est leur pays, et je peux me permettre tout au plus d'émettre quelques remarques provenant de ma propre expérience d'expatrié. Mais qu'une Française (quelconque !! encore si c'était un grand écrivain ou un avocat reconnu!!), ne disposant probablement d'aucune formation juridique adéquate, vienne GUEULER à la télé : "HARO SUR LES LIBANAIS !", ça s'est insupportable !!

A bon entendeur !

Écrit par : Maurice | vendredi, 19 octobre 2007

@ Tom Bombadil (au cas où vous seriez français pure souche)

Au lieu de vous mêler de la situation humanitaire au Liban, vous gagneriez à examiner ce qui se passe dans votre propre pays !!
Même si j'ai une forte sympathie pour le gouvernement français actuel (surtout au sujet de sa politique économique, et pour son dynamisme hors normes), devrais-je vous rappeler que vos banlieues sont au bord du gouffre ?
Les Noirs et les Maghrébins se plaignent de discriminations fortes à tous les niveaux ; au moins au Liban, les étrangers qui y viennent viennent pour travailler, et intègrent l'intimité des ménages. Chez vous, vous les ramenez pour les entasser dans des quartiers démunis, avec de très forts taux de chômage !!

@Tom Bombadil (au cas où vous auriez du sang libanais )

Chou bek ya hablé ?? Au lieu de chercher un tant soi peu à préserver l'image positive que se font les Français des Libanais (mais pas du Liban !), vous oeuvrez à l'enterrer définitivement !!
Il faut effectivement prendre le problème à sa source, et faire quelque chose pour diminuer le malaise de certaines domestiques étrangères au Liban, mais n'oubliez jamais que le linge sale se lave en famille !!

Écrit par : Maurice | vendredi, 19 octobre 2007

Nathalie,


Je suis persuadé que tu as une vision globale des choses surement plus juste que Dominique Torrès pour qui je n'ai d'ailleurs aucune sympathie particulière .

Je suis d'accord avec toi sur le fait que le titre du reportage est scandaleusement idiot et racoleur et que les Libanais peuvent se sentir blessés.

Mais comme vous avez senti le danger qu'un tel reportage pouvait représenter pour l'image du Liban, vous avez contre-attaqué avec excès ; j'ai eu le sentiment qu'il fallait de votre côté (avant tout) absolument défendre cette image.

Je vous fais peut-être un mauvais procès mais malheureusement, d'autres interventions de participants ne dissipent pas mon malaise.

Je ne souhaite pas entrer dans un faux débat franco-libanais qui n'a pas lieu d'être. Si je devais évoquer tout ce qui peut être légitimement reproché à la France dans son histoire et l'histoire des autres, je ne saurai pas par quoi commencer. Votre blog est un blog consacré au Liban et non pas à la France (mais on peut discuter de la colonisation française par exemple : j'en apprendrai surement beaucoup des Libanais). Il autorise les "ingérences étrangères" comme moi à mettre leur grain de sel dans des affaires qui ne les regardent peut-être pas et je vous en remercie (comme je remercie les Libanais).

Néanmoins, je crois qu'il n'est pas bon de se voiler la face sur des sujets aussi graves.

PS : je suis intéressé par toute information sur l'activité de l'avocat vu dans le reportage.


Amicalement

Écrit par : SJM | vendredi, 19 octobre 2007

Merci à Nathalie et David pour leur papier sur ce sujet . Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse .
Avant de vous lire, j'avais envoyé ma réaction allant dans le même sens à France 2 ...

Écrit par : channa | vendredi, 19 octobre 2007

@SJM

Je voudrais rappeler à SJM qu'il n'y a jamais eu de colonisation du Liban. Le Liban a juste été, pendant une toute petite partie de son histoire, un protectorat français.
Pourquoi ?
Il faut que vous sachiez, mon cher SJM, que le Liban, avant la première guerre mondiale était englobé dans l'ex Empire Ottoman (la Turquie actuelle, le Levant -dont le Liban- et les pays arabes) ; seulement, le Liban, de par sa spécificité (culturelle, et religieuse, avec une prédominance chrétienne -maronite- et druze), bénéficiait d'une relative autonomie dans l'empire Ottoman (un peu comme la Corse en France, sauf qu'il n'y a pas de réelles différences culturelles entre la France et la Corse).
A l'issue de la première guerre mondiale, l'Empire Ottoman faisait partie des vaincus. Il a donc été disloqué par les vainqueurs (comme l'Empire Allemand l'a été par les Alliés à la fin de la seconde guerre mondiale). Dans le partage d'influences qui eut lieu, la France fit le choix d'installer des troupes d'occupation militaire dans le Levant, et donc au Liban. C'est ainsi que le Liban prit le statut de protectorat français.
Une petite dizaine d'années plus tard (comme ce fut le cas en Allemagne), les troupes et l'administration françaises quittèrent le Liban.
Le statut de colonie que vous donnèrent à certains pays arabes et africains est radicalement différent. Il y eut en effet exploitation de main-d'oeuvre et humiliation de populations.
Au Liban, les Français furent très bien acceuillis, d'abord parce qu'ils entretenaient des liens culturels très proches avec les Maronites. La proximité des deux peuples remontent à très longtemps, au temps des Croisades, temps auquel Saint Louis trouva un refuge acceuillant et durable chez les Chrétiens du Liban pendant les croisades.
Ensuite, le haut niveau d'éducation des Libanais fit qu'ils préférèrent de loin une profonde amitié avec les Français, qu'avec les Turcs, à l'époque un peu bruts de décoffrage.
Finalement, il n'y eut pas de sentiment de domination par les Français (comme en Allemagne plus tard), simplement par le haut degré de civilisation de ce petit pays. En effet, de nombreux Libanais surpassent les Français dans de nombreux domaines, surtout dans la finance, mais aussi dans la recherche scientifique.

Il est vrai que certains Libanais, dont moi, se plaignent souvent de cette volonté française à imposer son modèle de civilisation (mais de telles plaintes sont aussi formulées par toutes les autres nationalités, dont les Américains) qu'elle croit supérieur. Faut-il vous rappeler que votre civilisation est très jeune (2000 ANS DE plus que l'antique et brillante civilisation phénicienne ; pour être caricatural, et un peu désagréable, je l'avoue, vos ancêtres dessinaient dans des grottes quand les nôtres amassaient des fortunes dans le commerce inter-méditerranéen).
Le Libanais est un peu raciste, j'en conviens...

J'espère que ces quelques éléments vou suffiront à comprendre la perception qui se fait de la France par les Libanais.

Écrit par : Maurice | vendredi, 19 octobre 2007

Bonsoir,
J'ai une petite indigestion, alors le temps que ça passe, je communiques.

J'ai vus le reportage et j'ai vite compris qu'on essaye de faire un faux procès aux libanais.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'abus ou d'excès comme partout.
M'enfin, quand les services à domicile augmente de 10 000 personnes à 200 000 mille personnes en trente ans, c'est que ce n'est pas si négative que ça ou que le reportage veut bien le faire comprendre. Vous savez les aides à domiciles ne durent que trois ans. Ces filles rentrent chez elles et elles en parlent à ses proches et a leurs entourages. Si elle veulent toujours venir ou revenir au liban c'est que c'est pas si mal que ça.
De plus la France n'a pas le monopole du racisme, et dieu sait que je suis bien placé pour le dire, d'ailleurs je me suis enrichis de cette façon, j'ai trainé plus d'un aux tribunaux et j'ai récupéré des sommes conséquents. c'est devenu pratiquement mon 2 ème fond de commerce et je suis un bon client pour un avocat qui est devenu grace à moi spécialisé dans ce domaine.
Finalement, je dirais que je suis fier de ce reportage qui montre, même si ce n'est pas trop véridique, que les libanais, eux aussi, ont la capacité d'être aussi, voire autant raciste que les français.
Ils doivent avoir un certains malaise et doivent nous considerer culottés, oui mais bon ils n'ont pas le monopole du racisme et je m'en réjouis.

Écrit par : miniliban | vendredi, 19 octobre 2007

J'ai oublié d'ajouter que les femmes françaises doivent être "vachement" jalouses, que les libanaises peuvent se permettre ce qu'elles ne peuvent pas.
Aujourd'hui même, plusieurs m'ont fait des réflexions déplacées.

Écrit par : miniliban | vendredi, 19 octobre 2007

pure curiosité : c'est quoi votre métier miniliban ?

Écrit par : Maurice | vendredi, 19 octobre 2007

ce reportage aura eu au moins le mérite d'informer les français sur ce qui ce passe dans certains foyers libanais... je vous aimais bien, et j'ai souffert pour vous ces derniers mois, je crois que maintenant je souffrirai un peu moins, après avoir vu ce reportage....
Je vais acheter le livre de Malak Chebel sur l'esclavage dans le monde, et je vais voir s'il parle du Liban...
Le problème de l'esclavage au Liban doit avoir son origine, comme dans certains pays musulmans d'afrique. ???

Écrit par : mounier | samedi, 20 octobre 2007

Bonjour aux auteurs et habitué(e)s des Chroniques Beyrouthines,
- Ce sera effectivement un plaisir de rencontrer quelques un(e)s d'entre vous de visu sur place, "si ça marche"! Cela dit il semble que nous tenons le "bon bout". Ce n'était il y a quelques semaines qu'un "vague projet", mais peu à peu il prend forme, c'est intéressant. Cette mission Telecom ne sera pas très longue, mais il semble possible de s'incruster un peu, si Dieu le veut. Merci pour votre petit msg Mario. Je vais tout relire ici, puis passer plus souvent sur le site "l'orient le jour", dès que le voyage de préparation sera "daté". Il faut être "dans le coup", au-delà des aspects techniques! Le Liban est fort bien diffusé sur la vaste toile d'ailleurs.
- Bien navicalement - Le matelot blogueur et bavard
- http://marine-inconnue.20minutes-blogs.fr/

Écrit par : Thierry BRESSOL | samedi, 20 octobre 2007

Bonsoir tout le monde.
@ Mounier:
Pendant assez longtemps, la principale source d'esclave au Liban a été le Caucase (géorgiens, arméniens, circassiens). Je vous conseille un excellent bouquin sur l'ésclavage dans la région: Race et esclavage au moyen-orient de Bernard Lewis.
@ Sophie et David:
Je suis votre blog depuis des mois déja, et j'adore vos styles. Je vous souhaite une bonne continuation.

Écrit par : watani | samedi, 20 octobre 2007

@ Maurice

Le terme "colonisation" n'est probablement pas approprié concernant le Liban mais sachez tout de même que certains Libanais considèrent cette période comme une véritable période de "colonisation". Et en ce sens, il ne me semble pas que la France ait entendu répondre immédiatement au désir d'émancipation de ses "protégés" libanais ; si tel avait été le cas, des figures comme béchara al-khoury n'auraient pas émergé.

Pour en revenir à la perception que les gens peuvent avoir après ce reportage (certes imparfait), elle n'est pas propre aux Français (même si ils sont quasiment les seuls à l'avoir vu). Des connaissances de nationalité anglaise qui l'ont vu étaient choquées. C'est donc réducteur de considérer qu'un tel sentiment ne peut être que français sous prétexte que les Français voudraient imposer leur vision des choses. Passez ce reportage dans n'importe quel pays d'Europe ou d'Amérique du nord : les gens seront choqués, même si tous - loin de là - ne prétendent pas à l'universalité de leurs propres valeurs. Ensuite, vous pouvez parfaitement dénoncer l'hypocrisie de tous ces gens dont les Etats (notamment la France et les Etats-Unis) ne respectent pas à l'extérieur les valeurs qu'ils proclament. Il n'en demeure pas moins que la situation visée dans le reportage n'est pas satisfaisante.

Si le relativisme absolu, le respect de l'autre dans sa différence, doivent amener à ne plus pouvoir se prononcer sur des faits graves, alors que chacun reste chez soi et que tout le monde se taise.

Je reste ravi d'échanger avec vous.

Bonne journée.

Écrit par : SJM | samedi, 20 octobre 2007

J'ai déjà dit ce que je pensais des comparaisons du type : "les Allemands ont massacré les Juifs, ce qui se passe au Liban avec les bonnes étrangères ce n'est rien en comparaison".

@miniliban
Je vous rassure, en effet, un certains nombre de femmes françaises, souvent de femmes d'expatriés, n'ont que peu de problèmes de conscience à participer tranquillement au système quand elles arrivent au Liban. La bêtise et l'inhumanité sont des qualités largement partagées dans l'espèce humaine.

@JiPé
Je pense que vous êtes naïf, en effet.

@Patrice
"Ce documentaire était nul! Franchement ses chiffres sont n'importe quoi, elle n'est allée rencontrer que des gens qui parlent à peine français (c'est corrélé à la façon dont ils traitent avec leur personnel)"

Cool. Rajoutons en une louche dans le racisme. L'idée c'est quoi ? Les francophones traitent bien leurs bonnes, les arabophones non ? Vous devriez développer, je reconnais les prémices d'un débat qui ne peut que finir sur une typologie communautaire...

@Maurice

"Les Noirs et les Maghrébins se plaignent de discriminations fortes à tous les niveaux ; au moins au Liban, les étrangers qui y viennent viennent pour travailler, et intègrent l'intimité des ménages."

Habibi, ce que je suis ne te regarde pas. Maintenant, en effet, je me fous un peu de l'image du Liban. Tout ce que j'en sais, c'est qu'elle est bien meilleure que ce que la brillante actualité en provenance du pays pourrait laisser croire. Pour le reste, sincèrement, je m'en moque. Quoi que tu en dises, la manière dont ces femmes sont traitées au Liban, d'une manière générale, est indigne. Et les commentaires qui s'accumulent sur ce billet ne rendent pas très optimistes, entre ceux qui considèrent que ce n'est qu'une exception, ceux qui expliquent que si elles reviennent, c'est qu'elles sont heureuses, ceux qui affirment que trois ans comme ça, c'est pas la mort et ceux qui sous entendent que c'est une question sans importance...

Maintenant, je n'ai pas envie de donner des leçons de morales, mais la phrase que j'ai cité est hallucinante, et je ne sais pas par où commencer pour la commenter. Je ne sais pas si tu suggères que la solution pour la France c'est de transformer les Noirs et les Maghrébins en biens mobiliers, en propriété privée rangée dans "l'intimité des ménages", ou si tu fais vraiment un parallèle entre la situation des étrangers en France et au Liban. Si c'est le cas, il faudra te documenter un minimum, au moins sur les droits respectifs garantis dans chacun des pays. Cela dit sans illusion sur la situation de la France, mais c'est un autre débat.

Au final je trouve intéressant que ce sujet suscite autant de passion. Intéressant et finalement toujours étonnant. Comme au Liban je trouvais incroyable la difficulté qu'avaient certaines personnes à pendre conscience, simplement, du racisme presque absolu dans lequel elles évoluaient. J'entendais une femme, par exemple, expliquer que sa bonne dormait sur le balcon de sa cuisine en disant "elle est très contente, pour elle c'est déjà beaucoup". Une espèce de véranda pleine de fuites, à peine de la taille d'un petit matelas. ou "j'ai pris une philippine, c'est mieux. Les sri lankaises, elles sont très sales". Ou encore toutes ces femmes et ces hommes qui avaient de la haine contre leurs bonnes parce qu'elles les soupçonnaient de "mentir". Ils ont face à eux une femme qui est victime d'un système de double contrat, qui dans la plupart des cas n'a pas son passeport, sur laquelle ils ont quasiment pouvoir de vie ou de mort, qui doit travailler chez eux tous les jours du petit matin à la nuit (cas répandu de bonnes travaillant dans des familles qui reçoivent le soir et qui ont des enfants) durant trois ans en ayant abdiqué toute vie personnelle, et ils attendent d'elles une sorte "d'honnêteté" alors que la base "légale" de cette propriété à laquelle ils prétendent sur elles est déjà en soi absolument malhonnête, en amont même d'éventuels mauvais traitements. Pardonnez moi, mais c'est de la pure inconscience.

Le Liban. Je n'ai aucun doute, et les échanges que j'ai eu à ce sujet avec des femmes "résistantes" (celles par exemple qui ont réussi à se mettre à leur compte, à se faire payer à l'heure, au prix de combats à peine imaginables) le confirment, sur le fait que dans le Golfe ou ailleurs c'est bien pire. Pourquoi la situation du Liban choquerait-elle alors que les habitants du Golfe font pire ? D'abord, et David le suggérait avec colère, et raison, dans le Golfe, Torrès aurait été arrêtée avant même d'avoir sorti sa caméra, c'est un fait indiscutable. Elle n'aurait pas pu faire ce reportage. Mais aussi, ne vous en déplaise, parce que l'image du Liban, franchement extrêmement positive en France, rend cette situation aux yeux des français encore plus choquante. Que vous le vouliez ou non, le Liban pour les Français véhicule l'image d'un pays raisonnablement raffiné, où les libertés sont bien plus vastes qu'ailleurs dans le monde arabe, et où les habitants sont bien plus proches, finalement, des standards de vie français. Le Liban est perçu comme proche, par les Français, c'est un fait, à tort ou a raison. Et le décalage entre cette image et la réalité, j'insiste sur le mot, décrite, même avec outrance, dans ce reportage, entraîne un choc d'autant plus important. Pour le dire avec outrance moi-même, pour être bien compris, les français ont tendance à considérer que les gens du Golfe sont des barbares, et ne s'étonnent pas d'apprendre qu'ils se comportent comme des barbares. C'est dans l'ordre des choses, c'est scandaleux sans doute, mais c'est comme ça. Mais les Libanais ? Non. Les Libanais ne sont pas perçus comme ça. On ne s'attend pas à ça d'eux. Et pour en avoir parlé beaucoup à mon retour en France, je vous assure que c'est une réalité. Témoigner du racisme qui règne parfois au Liban, pas seulement sur le thème des bonnes étrangères, entraîne souvent l'incrédulité des Français. Ne soyez donc pas si inquiets de l'image du Liban en France, elle reste excellente, basée sur un certain nombre de malentendus et beaucoup d'ignorance, mais elle est excellente.

Enfin, plus généralement, une société qui est capable de justifier effrontément la situation faites aux bonnes étrangères au Liban est une société malade. Quelles que soient, par ailleurs, les lois passées, qui ne sont pas actées. Une bonne maltraitée n'a par exemple aucun secours à attendre de la police libanaise, qui dans le meilleur des cas la livrera à son employeur, et dans le pire des cas... La société libanaise est malade de l'étroitesse des identités de chacun, et le regard qu'elle porte sur ces femmes est un symptôme frappant de cette maladie.

Écrit par : Tom Bombadil | samedi, 20 octobre 2007

Lu dans L'Orient-Le Jour ce matin

À propos de « Liban, bonnes à vendre »
Déformer n’est pas informer
L'article de Maria CHAKHTOURA

Auteur de Liban, bonnes à vendre, l’un des quatre reportages présentés dans l’émission Envoyé spécial diffusé sur FR 2 jeudi soir 18 octobre, la journaliste Dominique Torrès a voulu choquer, elle s’est révélée choquante. Choquante dans sa façon de conduire un reportage mené, délibérément à sens unique, versant dans la facilité. Choquante dans ses propos truffés de contre-vérités. Choquante dans son approche du sujet ne voyant que d’un seul œil un problème qui gagnerait à être abordé dans sa totalité.
Ce que Mme Torrès a montré est tout à fait exact concernant la maltraitance. Cela existe en effet dans certains cas au Liban comme dans d’autres pays. Mais le commentaire a souffert d’énormes lacunes et erreurs d’appréciation.
Notre but n’est pas de développer une liste exhaustive des contradictions et manquements relevés. Mais lorsque la journaliste avance des chiffres très fantaisistes, sans livrer ses sources, le téléspectateur sérieux reste dubitatif. Quid de toute cette partie de la population qu’elle n’évoque pas et qui ne répond nullement à la description donnée dans le reportage, tant du côté des employées que celui des employeurs ?
Dominique Torrès est allée au plus pressé pour faire sensation et servir une cause pour laquelle elle se bat, ce qui est tout à son honneur. Mais elle a sacrifié à la facilité, tombant dans l’excès contraire et condamnant, par conséquent, cette autre partie de la population libanaise respectueuse, elle, des droits comme des devoirs de l’employée et de l’employeur à la fois. Droits pour lesquels, indépendamment de Caritas qui accueille et soulage les « filles maltraitées », des groupes d’avocats, de médecins, d’assistantes sociales, de professeurs d’universités sont engagés à fond.
Dans la situation dramatique que vit le Liban, le moment était mal choisi pour enfoncer le clou avec un sujet présenté superficiellement, partiellement et avec un parti pris pour le moins pernicieux.
L’esclavage moderne ne se situe pas seulement à ce niveau et au Liban exclusivement. Pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour le montrer du doigt. Il se pratique ô combien et sournoisement dans les pays dit civilisés aussi.
Alors, de grâce, informons, sans déformer.

Écrit par : david | samedi, 20 octobre 2007

bon j'ai bien vu le reportage finalement, passé en redif.

euh... c'est assez choquant, par rapport aux témoignages de certaines de ces filles, leur regard et leurs craintes.
Bon, je suis peut être naïf, comme le Tom Bombadil, mais est-ce que ça fait de moi un salaud? est-ce que tous les libanais sont des salauds? Est-ce que MOI, je suis responsable de cette situation que je condamne?

relisez tous vos posts, on croirait que les 4 000 000 de Libanais ont des domestiques qu'ils maltraitent tous!
Si j'ai pas mal entendu hier, la journaliste parlait de 200 000 domestiques au Liban... je doute que ce chiffre soit vrai!
En réalité, c'est un problème qui existe au Liban, qui est apparemment/certainement plus grave qu'on ne le pense.
Mais je n'accepte pas qu'on me mette dans le même sac que ces salauds.
Le reportage a été mal fait, en témoigne les réactions de certaines personnes sur les blogs en général.

Écrit par : JiPé | samedi, 20 octobre 2007

@Jipé : je ne vous ai jamais traité de salaud. Je ne réagit depuis le début qu'à l'amalgame qui me semble fait entre les qualités discutables du reportage et la réalité de la situation au Liban. Pardonnez moi si j'ai pu vous donner l'impression de vous insulter, ce n'est pas le cas. Je pense en effet que le problème est très vaste, au Liban et ailleurs. Je pense qu'il est plus institutionnalisé au Liban que dans d'autres pays, et le mot de Chakhtoura dans le papier cité par David dans l'Orient le Jour, dans un style tellement Orient le Jour d'ailleurs, est bien plus malhonnête encore que le reportage, que je ne défend pas en lui-même : "Il se pratique ô combien et sournoisement dans les pays dit civilisés aussi." Non Maria. Pas à ce niveau d'institutionnalisation. Pas avec des dizaines ou des centaines de milliers d'étrangères déguisées en bonnes qui suivent les familles de leurs propriétaires. Pas avec des agences ayant pignon sur rue qui soldent les Sri Lankaises durant le mois des soldes. Non. Pas à cette échelle. Et encore une fois, le fait que Blackwater tue gratuitement des Irakiens innocents n'ôte rien au scandale de cette situation au Liban.

Écrit par : Tom Bombadil | samedi, 20 octobre 2007

L'article de Chakhtoura est un torchon sans intérêt dans la droite ligne de la propagande de l'Orient le jour.

"Miroir, mon beau miroir, dis-moi que les autres me voient bien comme je le souhaite !"

Écrit par : SJM | samedi, 20 octobre 2007

@oberon brown
tu as dit en deux lignes ce qui m'en a pris 250! C'est vexant... :)

@JiPé
Pour donner des chiffres liés au nombre de foyers libanais, dans quelque domaine que ce soit, il faudrait commencer par avoir des statistiques fiables de manière générale, ce qui n'est pas, mais alors vraiment pas le cas au Liban, surtout pour ce qui touche à la population. :)
Dans le reportage, Dominique Torrès assène des pourcentages sans en donner la source, alors que dans son article paru dans Le Monde quelques jours plus tôt, elle précisait se baser sur des informations fournies par l'association Caritas (qui tente de combattre tant bien que mal de lutter contre ces pratiques inacceptables et d'aider ces jeunes femmes).
Toujours est-il que certaines de ses données paraissent fantaisistes, comme le chiffre de 200 000 employées de ce type au Liban aujourd'hui. Or, en 2003, les chiffres détaillés, que j'avais obtenu auprès du ministère du Travail, donnaient un total de 72 024 femmes, un record à l'époque. Je veux bien croire que leur nombre soit en augmentation (et même ceux qui n'ont guère de moyens financiers font souvent venir des femmes, quitte à ne pas les payer ou à les sous-payer, c'est bien l'un des problèmes). Mais que ce chiffre ait pratiquement triplé en trois ans, cela paraît très surprenant, d'autant que suite à la guerre, la présidente philippine Gloria Arroyo a ordonné à ses 32 000 ressortissantes de quitter le Liban. En fait, seulement 8 000 ont été rapatriées mais depuis, le gouvernement philippin a interdit à ses travailleuses de (re)venir au Liban. Celles qui sont quand même débarquées ici le sont illégalement, via des réseaux passant par les pays arabes.

Petite précision: selon le ministère du Travail, bien qu'il n'existe pas de cadre juridique propre à ses employées (horaires, salaires - fixés avec les ambassades qui, dans le cas du Bénin, des Philippines et du Sénégal, imposent au préalable d'approuver elles-mêmes le contrat et de rencontrer l'employée pour s'assurer de son bien-être, tout en le faisant apparemment pas de manière systématique vu les nombreuses dérives - durée du contrat...), la loi prévaut pour tous sur l'interdiction de traitements inhumains. Dixit le ministère, donc, il est interdit de : "frapper, confisquer les papiers, ne pas nourrir, loger ou habiller convenablement." Il est par ailleurs interdit de faire travailler l'employer dans un autre maison que celle de l'employeur, y compris chez des membres de sa famille.
Maintenant, il faut être réaliste: les femmes en difficulté ont trois options: s'adresser à l'agence qui les a fait venir, à leur ambassade ou directement au ministère du Travail. Rien de bien rassurant, ni efficace, d'autant que la seule menace à l'encontre de l'employeur abusif est de se voir retirer le permis de travail de l'employée et d'être contraint de la renvoyer dans son pays. Très dissuasif, vraiment!

Parce que si, cher JiPé, j'ai le regret de vous confirmer que la situation est scandaleuse dans bien des cas et que, même en admettant que les excès criminels (viols, coups, etc.) ne soient pas la norme, il demeure que ces femmes restent traitées comme de sous-être humains. L'absence de politesse élémentaire ("merci", quel beau mot), les horaires excessifs, les salaires indécents, les brimades répétées et de manière générale un comportement illustrant bien trop souvent un racisme primaire sont monnaie courante et s'apparentent à une violence insidieuse et morale qui les dépuillent de leur dignité.
Quel que soit leur niveau socio-culturel, francophone, anglophone ou arabophone, trop de gens considèrent ces employées comme des êtres humains de seconde zone. "Elles" sont comme ci, "elles" font ça, comme si il s'agissait d'un troupeau aux caractéristiques uniformes. Un complexe balnéaire très huppé a même ses toilettes séparées avec un panneau "bonnes" sur la porte. Je regrette, mais cela s'appelle de l'apartheid qui ne se cache même pas.
Voilà ce que j'aurais voulu voir dans ce reportage.

@SJM, Maurice et Mounier
La question n'est pas de savoir si la France a le droit de donner des leçons au Liban. C'est le travail du journaliste de pointer du doigt ce genre de choses, où que ce soit.Je ne vois pas le rapport avec la colonisation.

Cela dit, je vous invite à jeter un coup d'oeil au blog de l'excellent Paul Moreira sur ce qui se passe actuellement en France chez Arcelor. Cela en dit long.


ttp://paulmoreira.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/18/lobbying-efficace-gratuit-ou-non.html

@Watani
Le Caucase et les ex-pays de l'Est continuent de fournir de la chair humaine au Liban, via une traite des blanches elle aussi scandaleuse.

Écrit par : nathalie | samedi, 20 octobre 2007

@ Nathalie

Merci pour ces précisions.

La référence à la colonisation s'inscrit uniquement dans l'échange que j'ai pu avoir avec Maurice.

Nous sommes d'accord sur le fait que si des situations doivent être dénoncées, elles doivent l'être partout et aussi en France. Généralement, elles font l'objet d'articles, de reportages ou d'interventions sur le web.

Autre chose est de dire : circulez, y a rien à voir et de ne consacrer aucun article ou aucune étude sur le sujet.

Écrit par : SJM | samedi, 20 octobre 2007

@ Tom Bombadil
J'ai du mal m'exprimer, je sais que vous ne m'avez pas traiter de salaud, et j'avais compris votre propos qui ne m'a aucunement vexé.

Simplement je disais, ironiquement, que puisque ce reportage faisait l'amalgame, eh bien tous les Libanais dont moi sont des salauds.

Écrit par : JiPé | samedi, 20 octobre 2007

@Maurice
Il est certain que les journalistes francais se montrent tres souvent arrogants, sans meme se rendre compte (par ex utilisation du moyenageux "Mahomet" pour designer le prophete de l'Islam alors que les Mohammed sont legions en doulce France), mais ca n a pas de sens de s attaquer aux Francais sous pretexte qu ils commettent le meme crime, on tomberait dans un travers du genre "ok si lui grille un feu jour, alors moi aussi je grille un feu rouge". On ne doit pas griller un feu rouge en fonction du comportement des autres automobilistes, mais parce qu il s agit d une regle universelle. On critique le comportement ignoble de certains Libanais non pas pour s attaquer a un pays mais au nom de valeurs universelles.
Donc : qq soit la maladresse du reportage, me semble t il bien mis en lumiere par Nathalie (elle meme maladroite avec l allusion a son ami), tant mieux si ca fait bouger les foules, au Liban et ailleurs.
Maintenant, j espere qu au Liban Nadine Labaki ou Rabih Mroue auront le courage de denoncer cette situation dans leurs prochaines oeuvres (appel a eux), car si les artistes ne remplissent pas leur role d electrochoc, qui le fera ?
On parle souvent au sujet du Liban des problemes de relations intercommunautaires mais sachez chers Libanais que la question de l esclavage est liee a lui, car vous ne pourrez jamais batir une societe saine si vous tolerez cela chez vous (ideml pour les Francais et le reste de la planete).

Écrit par : Samsagace | samedi, 20 octobre 2007

Pour rebondir sur le post de Nathalie, une militante associative qui se battait pour ces femmes (je l'avais rencontrée en 2002 pour un papier) insistait sur la situation délirante de celles qui se sont enfuies et soit n'ont pas pu récupérer leur passeport, soit ont leur passeport mais pas d'argent pour se payer un billet de retour, et/ou pas de laissez-passer de la Sûreté Générale pour quitter le pays, souvent parce qu'elles ont des années d'arriérés de taxe de permis de travail à payer. Elle évaluait leur nombre, à la louche, à 15.000 éthiopiennes et 40.000 Sri Lankaises. Je sais que peu avant mon départ du Liban en 2005, un accord avait été trouvé pour ces femmes entre les gouvernements sri-lankais et libanais et que quelques vols avaient été organisés vers le Sri Lanka. Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui de cette question, mais la situation de ces femmes "sans papiers" et sans possibilité de quitter le Liban était terrible. Elles se retrouvaient parfois, par exemple, dans les bordels les plus sordides de la banlieue de Beyrouth, plutôt vers le Sud, les bordels destinés aux ouvriers syriens, par exemple (dont il y aurait également beaucoup à dire quant à la manière dont ils sont, par exemple, logés à 20 dans une chambre délabrée pour 10$ par tête par mois... Ça, ça a retardé de plusieurs années la remise en état de rues entières à Nabaa...).

En effet, une des difficultés de la question, c'est qu'il est presque impossible de se baser sur des statistiques même crédibles. Celles du ministère du travail ne prennent pas en compte les très nombreuses entrées illégales, ni les femmes qui travaillent sans avoir payé leur permis, en maison ou à leur compte, celles de la police sont ce qu'elles sont, celles des associations sont des évaluations basées sur une bonne connaissance de la situation de terrain, mais peu ou pas de moyens pour mener de vraies enquêtes globales.

Écrit par : Tom Bombadil | samedi, 20 octobre 2007

C'est agréable d'avoir une domestique chez soi et se faire servir comme dans le temps des seigneurs.
Mais bon, actuellement, il y 'a que les libanaises qui peuvent se permettre et les françaises doivent être assez jalouses. Dominique Torrès en est malade!
Par contre une suggestion au gouvernement libanais de bien vouloir changer dans les contrats de travail le mot domestique par... comment dirais-je...fille au pair. Cela fait plus ...digne...classe...hypocrite.
Idem pour les vieillards.... retraité est le mot plus approprié.
La liste est longue.....

Écrit par : miniliban | samedi, 20 octobre 2007

@Tom Bombadil
entièrement d'accord avec vos derniers posts, y compris sur la question des chiffres, des femmes en situation irrégulière et de celles en prison, je ne vais pas vous répéter.
Mais cette foule de commentaires (que l'on retrouve sur d'autres blogs et sites, d'ailleurs) illustre ce que je redoutais et dénonçais dans mon premier post: l'excès a engendré l'excès, au lieu d'offrir un argumentaire aussi irréprochable que possible qui aurait pu aider à une meilleure prise de conscience.

@miniliban
sans commentaire. Je n'ai pas apprécié ce travail de Dominique Torrès sur le plan professionnel, mais de là à dire qu'elle agit par pure jalousie, franchement...

@Samsagace
La note d'ouverture est de David, pas de moi (c'est lâche de ma part, je sais !:)), mais vous ne pouvez pas le savoir.
En revanche, grosse erreur de penser qu'aucun artiste libanais ne s'est mobilisé. Carole Mansour est derrière le documentaire "Maid in Lebanon" et Dima el-Joundi avait aussi réalisé un film sur la question, d'ailleurs titré... "Bonnes à vendre".

@Watani
Je m'appelle Nathalie, pas Sophie :)

Écrit par : nathalie | samedi, 20 octobre 2007

Entre parenthèses, côté Seigneur des Anneaux, nous avons désormais un Samsagace. Il faudrait un Bilbo, un Frodo, un Gandalf, un Pippin, un Merry, évidemment un Legolas et un Aragorn. Si quelqu'un se dévoue pour Gimli, je veux bien faire Galadriel (mais pas Arwen). :)

Écrit par : nathalie | samedi, 20 octobre 2007

J'ai pas tout lu les comm.
Effectivement ca choc la premiere fois qu'on voit ca. Surtout pour moi qui vit modestement en France. La maniere seche qu'ils ont de leur parler.
Mais apres avoir discuter avec ma Grand Mere (Francaise) qui est une ancienne bonne, elle m'a raconté qu'en France c'était la même chose.
Bon y'a moins de gens qui peuvent se payer des bonnes en France c'est clair mais ceux qui le peuvent se comporte pareil un epu sechement, certaines se font bien traitées d'autres mal.
Donc avant de donner des lecons aux autres on ferait bien d'etre irreprochable nous meme.
D'autre part mis a part le fait de leur parler durement, ce que j'ai pu voir chez mon beau frère c'est qu'il la prennent partout avec eux, elle fait un peu parti de la famille, si on va a la plage elle vient si on part dans le sud voir la famille elle vient aussi... et le jour ou elle a voulu quitter pour repartir chez elle, ils l'ont laissé partir.
a quand un reportage envoyé special sur le traitement des jeunes fille au pair en France ?

Écrit par : Vincent | samedi, 20 octobre 2007

@ Vincent

Ma grand-mère était également au service d'une grande famille française : elle les suivait de Paris à Nice et dans leurs déplacements mais cette situation remonte quand même aux années 40 et 50.

La différence entre la situation des bonnes aujourd'hui en France et celle des bonnes étrangères au Liban vue dans le reportage, c'est le cadre juridique qui entoure la relation de travail : ces bonnes au Liban ne sont pas soumises aux règles du droit du travail libanais, n'ont aucune liberté pour vaquer à leurs occupations et ne peuvent pas quitter leur employeur et du même coup quitter le pays.

Rien à voir avec les jeunes filles au pair qui au demeurant n'accomplissent pas les mêmes tâches qu'une bonne. D'ailleurs de nombreuses jeunes françaises ont été jeunes filles au pair, essentiellement en Angleterre

Et si je remonte aux années 40 et 50, ma grand-mère a pu développer une vie personnelle à côté de sa fonction. Elle avait les congés payés de l'époque. De surcroît, elle pouvait quitter son employeur si elle le souhaitait ; ce qu'elle a fait lorsque cela ne lui convenait plus.

Après, l'humanité et la gentillesse de l'employeur c'est autre chose et c'est effectivement aléatoire (ma grand-mère n'a pas eu à se plaindre) mais lorsque manque un cadre juridique un minimum respectueux des droits de la personne, toutes les dérives sont malheureusement possibles.

Écrit par : SJM | samedi, 20 octobre 2007

Entre autres artistes mobilisés pour cette cause, il ne faut pas oublier Roger Assaf, qui dénonce cette grande injustice dans sa pièce "Jnaynit es Sanayeh" (le Jardin de Sanayeh), avec notamment la célèbre réplique: "c'est quoi la nationalité de ta Sri-Lankaise", qu'une bourgeoise libanaise pose à une autre.
Finalement ce documentaire est peut être exagéré, mais s'il fait l'effet d'une claque à la figure des Libanais, ça ne peut être qu'une bonne chose: nous en avions besoin.

Écrit par : Oberon Brown | samedi, 20 octobre 2007

Visiblement ça vous gratouille. C'est de bon augure. Le Liban est un gigantesque marché aux esclaves. Le Monde a fait paraître dans sa version en ligne il y a quelques semaines un reportage absolument révoltant de la situation de ces femmes, philipppines, éthiopiennes etc.. Les suicides et les tortures y sont recensées de plus en plus nombreuses. Et c'est ce pays et ces habitants abjects, toutes classes sociales confondues car ces femmes sont exploitées, violées, torturées aussi bien chez les riches que les pauvres ruraux, c'est ce pays que la France aide envers et contre ce que nous en pensons depuis des années. C'est un véritable scandale. Le Liban devrait être rayé de la carte des nations depuis très longtemps. La France soutient cet état parce qu'il était chrétien marronite comme si cela devait servir d'excuse à toutes les exactions qui y sont commises. Je n'ai rien à battre des Libanais. Quand ils fuient leur pays pour venir en France, ils viennent travailler dans nos grandes entreprises ou nos PME, c'est là que je les rencontre et que je peux juger sur pièces de qui ils sont. Ils sont abjects, veules, racistes.

Écrit par : electionslegislatives | samedi, 20 octobre 2007

la france a certes creer le liban pour les maronites a l'origine mais n'oublions pas que sous le reigne de francois mitterand il etait de notoriete publique que le gouvernement francais ne soutenait pas les chretiens, loin de la. pour preuve toutes les theories les plus hallucinantes comme par exemple celle que les chiites etaient les premiers a avoir occupes le liban et que les maronites avaient massacres ceux ci pour s'installer.

je n'entrerai pas dans la polemique des massacres perpetres par les communautes au fils des siecles, ce n'est pas le sujet.

pour finir je trouve que tu accuses les libanais d'etre racistes mais tu tiens toi mm des propos racistes, puisqu'en gros ils viennent travailler dans nos grand entreprises. (peut etre tout simplement parce qu'ils sont competents).

Écrit par : sebastien | samedi, 20 octobre 2007

@Nathalie (-Galadriel ?)
Merci pour l'info sur les artistes ! Je chercherai.

@Oberon Brown
Puisque vous parlez de replique de theatre, figurez vous que recemment le feuilleton americain desesparate houseviwes a provoque un tolle recemment.... aux Philippines a cause d une replique malheureuse de Teri Hatcher mettant en cause cette fois les hopitaux philippins (je ne regarder pas habituellement cette serie, ne m en demandez pas plus de details). Pauvres Philippins, quand on pense qu en plus en Asie on dit que les hommes philippins sont des marins et les femmes des prostituees, il y a de quoi se dire qu on leur en veut.

Écrit par : samsagace | samedi, 20 octobre 2007

@ sebastien : "pour finir je trouve que tu accuses les libanais d'etre racistes mais tu tiens toi mm des propos racistes, puisqu'en gros ils viennent travailler dans nos grand entreprises. (peut etre tout simplement parce qu'ils sont competents)."

Ce n'est que votre opinion et elle n'engage que vous, heureusement, car avec des opinions comme les vôtres, faites de préjugés profonds on brûlerait encore des sorcières au Liban comme en France.

Un petit mot pour vous dire que la France a 45.000 ans d'histoire derrière elle, si elle avait eu besoin des Libanais pour se forger une continuité, ça se saurait depuis longtemps.

Et mes propos sont tout sauf racistes, ils expriment le dégoût que je professe pour les Libanais qui ont passé les 20 dernières années à se faire plaindre, à fuir leur pays au lieu d'y rester pour participer à l'effort collectif de reconstruction, à se faire passer pour des pauvres victimes de cette guerre alors qu'ils n'ont pensé qu'à s'enrichir à l'étranger laissant les plus miséreux se faire sauter le caisson entre les Syriens et les Israéliens.

Ah quelle fière nation que le Liban décidément, "pays du cèdre", et des sarcophages !!! Hier victimes de la guerre, aujourd'hui bourreau violeurs et tortionnaires.

Et Sarkozy qui leur vend des armes en plus, c'est le comble !

Écrit par : electionslegislatives | samedi, 20 octobre 2007

@electionslegislatives

Non electionsligislatives, non !

Une des histoires d'amour des plus durables dans l'histoire de l'humanité, c'est bien celle existant entre les peuples libanais et français !
Je suis désolé mais vous ne pouvez réduire à néant un millénaire, si ce n'est plus, d'échanges culturels réciproques.
Le Liban est fier d'être le PREMIER bastion francophone au Moyen-Orient et en Asie, de vous envoyer ses meilleurs éléments (Carlos Ghosn, élu par plusieurs magazines américains comme le plus grand PDG au monde, ce qui redore le blason de vos grandes entreprises, souffrant de la mondialisation féroce, est d'origine libanaise ; une forte proportion des ressources humaines dans vos boîtes financières sont d'origine libanaise, pour entretenir votre économie). En échange, vous nous offrez votre protection, et l'arbitrage le plus objectif dans nos affaires politiques (cf le travail de médiation formidable accompli par votre ministre des Affaires étrangères entre nos différents partis politiques).

Non, je suis persuadé que cet amour est appelé à durer encore longtemps, très longtemps... La proximité est trop forte ! Vous n'être qu'un cas isolé de détracteur, sans scrupules ...

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que vous êtes loin de vraiment penser ce que vous écrivez en fait ...

Écrit par : Maurice | samedi, 20 octobre 2007

@ Dav et Nat

Au fait, par pure curiosité, c'est quoi le maximum de commentaires que vous ayez eu à la suite d'un de vos articles ??
Cet article semble avoir enthousiasmé les foules, lol !!

Écrit par : Maurice | samedi, 20 octobre 2007

@ Dav et Nat

Une autre question sur vos stat : qu'est ce qui justifie le sursaut formidale de connnexions à votre site à partir des territoires de France et de Navarre (plus de 700 aujourd'hui !!) ?
Est ce qu'un journal en particulier a fait la pub de votre site ?

Écrit par : Maurice | samedi, 20 octobre 2007

Bonsoir.
@ electionslegislatives:
Condamner la situation inhumaine des domestiques étrangers au Liban est une chose, rejeter et insulter tout un peuple en est une autre. Combien de temps a-t-il fallu à la France pour abolir le servage, l'ésclavage, l'indigénat et la colonisation? Le Liban, contrairement à l'occident, n'est pas passé par ces phases historiques, chez nous, l'abolition des ésclaves a été imposé par les puissances étrangères. Il faudra du temps, des luttes politiques, des compagnes de sensibilisation et d'éducation pour éradiquer le phénomène. Alors SVP, rappellez vous que la France n'a pas toujours été le pays des droits de l'homme et ne l'a jamais été parfaitement. Vous emettez un jugement quasi définitif sur le peuple libanais et vous oubliez que les sociétés évoluent.

Écrit par : Watani | samedi, 20 octobre 2007

@ Watani et electionslegislatives

Je ne vous cacherai pas que ma famille dispose d'une employée de maison d'origine philippine. Cette employée est, comme dans la MAJORITE des familles libanaises, épanouie et a renouvelé 3 fois son contrat de travail dans ma famille, parce qu'elle se plaisait dans ce pays et qu'elle sent faire partie de la famille. Le concept d'esclavagisme est COMPLETEMENT inapproprié pour les raisons suivantes :

- D'abord, un esprit de famille intense existe dans les ménages libanais, esprit de nos jours absent dans une société française asceptisée, où seul compte le bonheur personnel. L'employée, qui débarque dans les familles libanaises, est d'emblée intégrée à la famille, même si elle est assignée à des tâches diverses et variées (en fait, elle prend le rôle de seconde maman, en déchargeant la maman des travaux ménagers). De plus, elle sort avec la famille tous les dimanches et participe à nos congés comme un vrai membre de la famille.

- Elle reçoit un salaire décent (autour de 200-250 dollars) pour son type de travail, en comparaison à l'échelle des salaires existant au Liban (le salaire d'un cadre étant situé à 700 dollars environ). Devrais-je en sus rappeler qu'elle gagne jusqu'à 3 fois plus que ce qu'elle gagnerait dans son pays d'origine, et qu'elle n'a pas à subir des charges liées à la nourriture et au logement ? Par conséquent, la majorité de ses ffemmes renvoient directement l'INTEGRALITE de leur salaire dans leur pays, ce qui sert à aider leur famille vivant dans une extrême pauvreté (cela n'a été souligné qu'une fois dans le reportage de la journaliste incompétente).

- Chose aussi qui a été à peine évoquée dans le reportage : ces femmes viennent de leur PLEIN GRE au Liban, et il serait naïf, vu le nombre conséquent de leurs cousines de même nationalité qui y travaillent, de croire qu'elles ne connaissent pas les conditions de travail au Liban. Si elles avaient préféré des horaires de travail style "35 heures", elles ne seraient pas au pays du Cèdre !! De plus, je le rappelle, beaucoup renouvellent leur premier contrat, signe de satisfaction ! Ainis, dans la vaste majorité des cas, ces femmes jouent le rôle de VERITABLES DAMES DE COMPAGNIE. La philippine qui travaille avec nous a participé à la naissance de mon petit frère et y est attachée comme une seconde maman. Je crois que ce serait un crève-coeur, d'abord pour nous, si elle venait à nous quitter. Evidemment, pour un français moyen, habitué à son métro-boulot-dodo, et nul en relations humaines, comprendre un tel fonctionnement, ça le dépasse complètement.

Cependant, je ne renierai pas qu'un tel système peut donner lieu à des abus, mais cela reste valable dans une minorité de ménages ayant des employées de maison, eux-mêmes minoritaires dans l'ensemble des ménages libanais, que Mme Torrero généralise à l'ensemble des familles libanaises. Je rappelerai que la confiscation des documents d'identité est interdite par la loi, et que là encore, seule une minorité de ménages la pratiquent réellement, de même que d'éventuels abus.


Petite précision : un moment dans le reportage, la traduction est faussée !! Un Libanais du Nord est interrogé sur les motivations qui l'ont conduit à battre son employée de maison. Il répond qu'elle aurait laissé sa mère étendue par terre pendant six heures sans faire le moindre effort pour lui porter secours ! Ce n'est pas excusable, mais compréhensible : il y a de quoi faire sortir un homme de ses gonds !!


Tout cela pour conclure qu'il n'y aucune forme d'esclavagisme réelle et de grande ampleur au Liban (comme signifié par le reportage), bien qu'une très faible minorité de ménages peut comme être accusée de pratiques douteuses.

Écrit par : Maurice | samedi, 20 octobre 2007

J'aimerai simplement rappeler que les Libanais ont été parmi les premiers marchands d'esclaves entre l'Afrique et le Moyen Orient et, qu'on le veuille ou non, il leur en reste des séquelles. J'ai habité suffisamment longtemps en Arabie Saoudite (25 ans) pour le savoir et l'affirmer. Il m'est arrivée une fois de défendre une de ses malheureuse indonésienne employée chez une libanaise que je connaissais bien et qui l'avait rossée pour une vaisselle mal faite. Mon amie n'avait aucunement honte de son geste et ne comprenait pas pourquoi je faisais une telle histoire pour un oeil au beurre noir. Des histoires comme celle ci je peux en raconter d'autres...
Je ne dirai pas que c'est du racisme mais plutôt un système de pouvoir sur des gens déshérités. Et dans tous ces milieux du Moyen Orient une telle attitude est simplement "normale".

Écrit par : Paule | samedi, 20 octobre 2007

Désolé, je tombe par hasard sur ce site et sur ce fil, et je dirais plusieurs choses:
1) il y a six mois à peu près, déja une jeune cineaste libanaise a sorti un film sur la situation des petites bonnes au Liban, c'était hélas très éclairant et j'ai discuté ensuite avec elle, qui me disait également que le problème existait dans sa propre famille, que c'était assez général au Liban et qu'en plus elle avait eu de gros problèmes après avoir réalisé ce film.
2)cela ne m'a pas trop surpris malheureusement car je constate ces faits de façon récurrente depuis plus de sept ans et si vous voulez savoir pourquoi et comment, c'est très simple, comme Dominique Torrés je me suis occupé d'une association qui aide les victimes d'esclavage et malheureusement il faut constater qu'elles sont légion au Liban, en France nous n'avons si je peux dire, que les miettes. Il n'y a pas si longtemps il m'a fallu m'occuper d'une jeune femme qui avait était rapatriée avec ses patrons par la marine française, et cela a continué en France...Pour ma part, je voulais lancer une pétition pour qu'on n'aide plus le Liban. Je trouve scandaleux qu'un seul français puisse être tué en défendant un système esclavagiste.
3)et c'est bien de cela qu'il s'agit, les familles -même pas forcément très riches- ne peuvent plus se passer de leurs "bonnes", et le gouvernement libanais n(a jamais rien fait à ce sujet, même quand une mission parlementaire française est venu lui en parler. Au fait, c'est vrai dans le code libanais il est prévu l'exception des domestiques qui ne sont pas soumis au droit du travail et donc peuvent, et sont la plupart du temps traités en esclaves.
4)c'est vrai qu'il n'y a pas qu'au Liban que ça ce passe, c'est tout le moyen orient qui est touché et en particulier les pays du golfe, ce n'est pas un jugement mais un constat. Enfin, au sujet de l'évolution, on voudrait bien la voir depuis des années, au contraire, ce qu'on a pu constater par exemple, c'est quà présent les hommes d'affaire du Moyen Orient viennent au Maroc par exemple et proposent des contrats bidons à des jeunes filles pour les prostituer à l'arrivée, cela porte sur des milliers de personnes, le journal Tel Quel et toute la presse marocaine s'en sont fait l'écho et une pétition circule sur internet, mais c'est vrai ce ne sont pas des libanais. Ouf on est sauvé!
Voilà ce que je voulais dire, et si l'on veut que ça change il faut précisément des documentaires et des campagnes d'opinions et surement pas l'habituelle hypocrisie des nantis.

Écrit par : brazz | samedi, 20 octobre 2007

Lisez mes posts Paule !

Vous comprendrez un peu plus !!

Arrêtez d'être enfermée dans votre système de valeurs franco-onccidentales !!

Quel rapport avec les ventes d'esclaves d'il y a 3 siècles, dans lesquels les Français étaient parmi les premiers "consommateurs" ????!!!!

Écrit par : Maurice | samedi, 20 octobre 2007

Maurice, ne vous énervez pas, lisez aussi ce que vient d'écrire brazz dont je confirme les dires. Je ne suis pas enfermée dans un système de valeurs franco-ocidentales. Ce ne sont plus les ventes d'esclaves d' il y a 3 siècles mais bien d'une autre forme d'esclavage dont il s'agit là et qui existe réelement. Je l'ai vu, je sais de quoi je parle.

Écrit par : Paule | dimanche, 21 octobre 2007

@electionslegislatives,
Je veux bien faire un mea culpa au nom de mes compatriotes, mais lorsqu'un abruti aussi stupide se met à nous attaquer de l'extérieur, là ça commence à m'énerver... Je ne vais pas me mettre à attaquer la France pour te rendre la pareille (j'ai trop de respect pour ce pays), mais franchement, "le liban être rayé de la carte des nations", c'est pas très gentil à dire; et d'ailleurs c'est impossible à accomplir: bien des pays ont essayé en vain de le rayer de la carte, et il est toujours là. Alors electionslegislatives, ta xénophobie tu peux te la garder pour toi (c'est d'ailleurs souvent un symptôme de plusieurs manques psychiques et/ou sexuels), et si tu détestes autant que ça le pays du Cèdre, rien ne t'oblige à suivre les "chroniques BEYROUTHINES". Je peux t'indiquer plusieurs blogs à la portée de tes facultés mentales.

Écrit par : Oberon Brown | dimanche, 21 octobre 2007

En effet, on nage en plein délire outrancier de part et d'autre... Qualifier les Libanais dans leur ensemble de bêtes sauvages à supprimer à partir de ce reportage est aussi stupide que d'affirmer que la situation catastrophique des bonnes étrangères ne concerne en fait qu'une toute petite minorité. J'imagine qu'au-delà d'un certain nombre de commentaire, ce type de polarisation imbécile est inévitable. En tous cas, le débat est intéressant d'abord parce que cette question semble étonnamment sensible, et sincèrement, je ne réalisais pas qu'il l'était autant, mais aussi parce que beaucoup de nuances de positions sont finalement présentes. David et Nathalie, je ne sais pas si vous vous attendiez à cela, mais il semble que beaucoup de participants soient Libanais, et c'est plutôt bon signe. Au moins ceux-là réagissent sur la question.

En même temps, je ne saisis pas bien ce qui, au-delà encore une fois des défauts du reportage, provoque autant de passion. Cette "accusation" (d'esclavagisme, de mauvais traitements, etc...) est-elle perçue comme particulièrement infamante ? Qu'est ce qui est mis en danger chez ceux qui se sentent tellement attaqué par le fond de ce reportage ?

Je ne cherche pas la provocation, mais le Liban a beaucoup de bons côtés, mais il en a aussi beaucoup de plus discutables, c'était vrai du temps de Rafic et de son pari économique sur la trilogie disneyland du Golfe (filles, coke et blanchiment), ça l'est sans doute encore aujourd'hui avec le spectacle offert par les politiques. Qu'est ce qui fait que cette question, somme toute très secondaire dans l'image globale du Liban, paraît soudain si sensible ? Au Liban, quand les flics ou les officiels refusaient de parler, que les agences de placement menaçait, que les familles niaient en bloc, je me disais que ces gens savaient que ce qui se passait n'était pas bien, et qu'il valait mieux que ça ne se sache pas. Mais ici, comme ça ?

Écrit par : Tom Bombadil | dimanche, 21 octobre 2007

@ Oberon Brown : rien ne vous oblige à dialoguer avec des abrutis. 20minutes offre la possibilité de publier des articles sur des blogs en ligne, il faut accepter que des Français "abrutis" comme vous le dites si élégamment, contribuent aux sujets. Quand on ne veut pas de contradicteurs, dans une bonne dictature qui se respecte, de celles dont visiblement vous êtes un fervent admirateur, on ferme les commentaires. Ce que je vous engage à faire ou alors à émettre vos critiques de la démocratie sur un blog hébergé au Liban. Qui sait, ça peut marcher ? Perso, les accusations de xénophobie venant d'étrangers m'ont toujours fait rigoler, par ailleurs si vous avez un minimum d'intérêt pour la situation politique en France vous savez à présent que de droite ou de gauche nous nous fichons complètement, et nous l'affichons pleinement, de vos accusations de xénophobie qui ne sont que le dernier argument sans aucun fondement que vous puissiez utiliser pour tenter de masquer la vérité lorsqu'elle vous gêne.

Parce que ce que vous ne sauriez nier, c'est que le Liban pratique l'esclavagisme, que ces petites bonnes sont achetées pour quelques dollars, torturées, violées en guise de repas, et suicidées en guise de rétribution, et pas seulement dans les familles riches mais aussi chez les paysans où elles sont plus difficiles à localiser.

Parce que ce que vous ne sauriez nier, c'est que depuis 30 ans vous venez vous réfugier en France, fuyant couardement votre pays et que planqués chez nous, dans ce pays de xénophobes que vous haïssez tant, vous cachiez encore vos exactions mais surtout que vous poussiez l'indignité jusqu'à ne pas rentrer dans votre pays pour le reconstruire, ou le défendre puisque vous vous réputez attaqués de toutes parts ?

Ce reportage écrit et filmé vous montre dans toute votre horreur. Et j'en donne moi-même une large diffusion dans la mesure de mes faibles possibilités sur internet. En mémoire de ces jeunes femmes, philippines, éthiopiennes et les autres.

Je ne vous salue point.

Écrit par : electionslegislatives | dimanche, 21 octobre 2007

@tous
Tout d'abord, restons polis. Meme si vous pensez que l autre est un parfait cretin vous ne gagnerez rien a le facher. Et il ne faut pas oublier que nul n est parfait sur cette terre et qu a commencer par nous-memes nul ne peut echapper au critique. Alors, un peu de modestie ! Keep cool !
Ensuite, je voudrais revenir au mot de Maurice "beaucoup" renouvellent leur contrat de travail et qu elles sont heureuses etc. Moi je crois volontiers ce que vous ecrivez, mais ce qui me chiffone c est le terme "beaucoup". Mettons de cote le caractere vague de ce genre de mot (des chiffres fondes, voila ce qu on attendait du reportage), ce qui devoile la dimension cruciale du probleme c est que des servantes vous en trouvez chez les riches comme chez les pauvres au Liban, du moins si j ai bien compris.
En clair : Ds un pays qq couples emploient chez eux a leur service une/un etranger. Du moment que la loi est respectee, pourquoi pas ? C est normal.
Ds un pays la plupart des foyers se trouvent des etrangers, qui plus est des etrangers venant svt du meme pays, travaillant a domicile. La je dis, meme si la loi est respectee, c est pas normal ! C'est louche ! Une telle ethnicisation ds le travail n est pas bonne.
Pqoi ? Parce que ca nous ramene d emblee a l esclavage : songez par ex que ds les societes anciennes les esclaves etaient ds la quasi totalite des cas des etrangers, et meme les plus pauvres pouvaient avoir leur esclave si les conditions le permettaient. Par ex, lorsque les Romains ont envahi les royaumes grecs au II avant notre ere, ca s est traduit par un afflux d esclaves tel que tout le monde pouvaient s offrir un grec a son service. Vous me direz : allons la situation n est pas comparable, les philippins ont un contrat de travail eux ! Ce n est pas le probleme. Quelque soit d ailleurs les bon sentiments : chez les Romains il etait courant de considerer l esclave comme un membre de la famille, dixit les textes. Mefiez vous du paternalisme !
Par ailleurs, si vous replacez le cas des Philippins et autres exploites du Liban ds un cadre plus large, vous verrez mieux cette dimension du probleme : songez par ex a ceux qui travaillent ds les champs en Europe du Sud. C est exactement le meme cas : des etrangers sont exploites de la meme maniere, a la diff qu ils font parfois leur travail sous la menace des armes. Bien sur ils sont venus d eux memes, mais lorsqu ils commencent a connaitre leurs droits et qu ils revendiquent, que se passe t il ? Soit ils ont droit aux punitions genre ratonnades soit le patron cherches des etrangers d autres pays pour recommencer le meme manege avec des gens encore ignorants. Ainsi, lorsque certains patrons francais faisaient travailler des Portugais et des Espagnols et que ceux-ci ont commence a raler, ils les ont remplace par des Africains et maintenant qu ils ralent eux aussi, il parait que les Roumaines sont sollicites. Je suis sur que vous trouverez parmi ces patrons des gens pour dire : allons je les paie peut etre pas si cher mais c est tjs mieux que chez eux, et puis ils sont venus de leur plein gre ! Ils devraient me remercier !
Bref le probleme ne se limite pas aux Libanais mais a la terre entiere.

Écrit par : samsagace | dimanche, 21 octobre 2007

@ Maurice

Petite explication sur les stats: habituellement, et selon le gestionnaire web de 20 Minutes, nous tournons entre 300 et 400 visites par jour. Ce mois-ci, la page d'accueil de 20 Minutes a mis 2 fois un appel vers notre blog: la première, c'était il y a 10 jours sur "les vacances", et la seconde hier sur "le Liban, pays des esclaves?". Rassurez-vous donc, c'est purement ponctuel à cause de la "valorisation" du sujet sur la page d'accueil. Nous avons explosé notre record hier avec 1329 visites.

En revanche, notre record de commentaires (et sans mise en valeur de la part de 20 Minutes), reste celui de la note intitulée "Bachar el-Assad est formidable", avec 80 commentaires.

Écrit par : david | dimanche, 21 octobre 2007

Chère madame,

je tombe sur votre blog un peu par hasard et je tiens absolument à vous féliciter de votre analyse. Je reviens du Liban où j'ai passé 8 jours exceptionnels. J'ai rencontré Solange Gemayel qui nous a reçus très bien. Nous avons été servi par des jeunes femmes asiatiques. La situation de ces femmes est regrettable car elles doivent quitter leur pays et travailler très loin, seules et sans défense. Mais c'est pour beaucoup une chance de s'en sortir et de faire vivre leur famille. Le problème ne vient pas du Liban mais est beaucoup plus vaste. Le défis que vous lancez au journaliste d'aller faire le même travail en Arabie Saoudite résume bien le problème. Bravo et vive le Liban qu'il ne faut pas juger avec nos œillères occidentales. Notre-Dame du Liban, priez pour nous.

+F. Louis-Marie, abbé

Écrit par : père Louis-Marie | dimanche, 21 octobre 2007

@ Père Louis-Marie

Mon Père, je dois dire que votre témoignage m'a laissé un bon moment sans voix.

Avec tout le respect que je vous dois, nous ne sommes pas en train d'échanger sur une partie de thé avec Solange Gemayel qui - je n'en doute pas - doit être une hôte charmante.

"C'est pour beaucoup une chance de s'en sortir" : vous avez sans doute raison mais il faut bien à un moment donné que le droit positif vienne encadrer les choses et conférer un minimum de droits (juste un minimum ...) à ces femmes. Manifestement cela ne sera pas encouragé par l'Eglise; sachez que je le regrette.

Quant au "oeillères occidentales", je suis moi-même proche d'une personne d'origine libanaise et musulmane. Cette dernière m'a dit un jour très justement : "Ne fantasme pas sur le Liban, il n'y a vraiment pas de quoi". Je n'avais pas saisi à l'époque à quel point elle avait raison.

Vive le Liban.

Écrit par : SJM | dimanche, 21 octobre 2007

J'ai vu le reportage de france 2 et àprès la diffusion je me demande comment des gens civilisés peuvent se comporter de la sorte.
Je pensais les libanais un peuple plus tolérant, plus cutivé et fin dans le monde arabe mais je m'apercois que c'est tout l'inverse.
Ce reportage m'a donné une image déplorable de ce pays dans lequel je n'irai pas.

Écrit par : christophe | dimanche, 21 octobre 2007

Ne vous méprenez pas. Dans les années 60/70, les familles Moyen-Orientales n'avaient pas de petites bonnes asiatiques. Elles employaient des femmes de même culture et tradition qu'elles respectaient et cela se passait plutôt bien. Puis, les pays du Golf ont changé la donne en faisant venir des asiatiques pour que leurs femmes qui ne travaillent pas, travaillent encore moins jusqu'à ne plus s'occuper ni de leurs enfants ni de leur maison, ni de leur mari. Mais c'était le prix à payer pour avoir un statut social. Et oui, c'est là que le bat blesse ! Une famille qui veut tenir sont rang doit avoir du personnel à son service et au lieu de piocher dans les couches défavorisées chez leur concitoyens il est de bon ton de faire venir d'ailleurs. En Arabie, les familles bédouines elles mêmes peuvent accéder à ce "luxe" qui provoque un véritable choc des cultures (bien souvent la langue fait barrière) et comme l'autre n'est pas comme soi même, on ne le respecte pas et on peut l'exploiter et s'en servir sans limite. Le Liban n'est pas épargné par cet état de fait. Toutefois, je ne veux pas pour autant généraliser la maltraitance de ces pauvres femmes et sais que beaucoup de familles les traitent bien.

Écrit par : Paule | dimanche, 21 octobre 2007

J'aime bien comment les journalistes d'investigation se donnent bonne conscience pour témoigner d'une situation anormale, inadmissible... rajouter les termes qui vous sont les plus parlants.
Ce reportage qui se déroulait au Liban aurait très bien pu se dérouler dans beaucoup d'autres pays et en particulier les pays du golfe, le Magreb, l'Afrique noire et connaissant moins l'Asie je laisse à d'autres contributeurs le soin de préciser mon propos.
Effectivement faire quelques approximations sur la forme nuit au fond et je suis d'accord avec certains d'entre vous.
La réalité est la même partout - venir avec une bonne conscience occidentale où nous avons oubliés que si certaines personnes à travers le monde fuient leur pays pour trouver de quoi subsister ou sont réduites à excercer des métiers dans des conditions proches de l'esclavage c'est aussi parce notre puissance économique dicte les règles.
Nous achetons une matière première bradée, de l'energie, des produits à bas coûts sans autres objectifs que notre confort personnel. Alors tous ces cris d'offraies sont bien sûr sympathiques mais un peu courts et ne font qu'appaiser notre conscience. Les vrais décisions devraient venir d'une remise en cause de notre mode de vie et de developpement afin d'intégrer l'humanité; et cela personne n'a vraiment envie d'en parler.
Alors quoi me direz vous et bien pas grand chose si ce n'est que "charité bien ordonnée commence par soi même" et les consciences s'éveilleront... et le monde changera!

Écrit par : Auraci | dimanche, 21 octobre 2007

et voila

finalement l'article aura eu l'effet certainement desiré. apres l'idees des franc tireurs sur les toits tjrs dans les esprits (pour preuve on m'a traite de fou un jour d'y aller parce qu'ils etaient partout sur les toits: c'etait en 2003), on a maintenant "l'affaire des bonnes". bien sur je trouve la situation scandaleuse, bien sur elles ont souvent un status d'esclave, il suffit de se rappeler l'incident a beyrouth avec l'etudiante francaise d'origine senegalaise, mais peut on classer le pays uniquement sur ces actes?

lorsque je lis le post de Christophe, je suis profondement blesse: aucune insulte, pas de manque de respect. Mais voila, encore une fois la seule chose que des journalistes a sensation d'envoye special ont ete capable de montrer c'est le cote noir du Liban. il faut dire que tout est bon pour faire de l'audimat surtout face a TF1 et a la serie a la mode de M6.

@christophe: je trouve dommage que vous n'ayez que cette image du Liban. pourtant comme l'a dit plus haut Nathalie et David il me semble, encore une fois les reportages ne montrent que les cotes sombres du pays des cedres. la guerre de 75, les attentats depuis 2004, la guerre de juillet, et maintenant ce documentaire.
il y a d'autres choses tellement belles au liban. on pourrait parler par exemple de l'heritage des pheniciens: je sais ca fait clicher mais n'oublions pas qu'ils ont colonises tous les bassins mediterraneens sans violence. on pourrait parler des festivals de Baalbeck par exemple. seulement ce n'est pas vendeur, pas racoleur. ah moins de s'en servir pour detruire encore l'image du Liban.

sans vouloir trouver d'excuses, le Liban est une nation jeune. sa creation existe depuis 1921. longtps sous occupation ottomane, elle a aussi connu avant celle venu d'egypte et mm apres sa creation elle a passe 30 ans sous haut commissariat francais et 30 ans sous tutelle syrienne. c'est a elle de se trouver et pour cela il faut l'aider, mais il y a d'autres moyens plus efficaces.

La France n'a aucune lecon a donner au Liban. son passe est suffisamment noir.(et la c'est le francais qui parle). Pour couper court aux critiques d'electionslegislatives, je n'ai pas eu la nationalite en la mendiant, mais par mes parents, eux mm recu par leur propre parent, ce qui ne m'empeche pas d'etre fier egalement de mes origines libanaises.

@ electionlegislative: certainement, ce reportage montre toute l'horreur de notre civilisation, la guerre de 75 aussi, les evenements politiques de ces derniers mois egalement. mais vos propos eux montre toute l'horreur de votre mentalite. ce sont des gens comme vous qui sont bien souvent a la base des plus grosses monstruosites.

oui les libanais ont fui la guerre de 75 et se sont refugies en France entre autre. vous parlez de haines des libanais a l'encontre des francais. je crois que vous faites un serieux melange et que vous vous trompez de pays. il existe une enorme difference entre l'algerie et le liban.

et pour finir sachez que l'immigration libanaise n'est pas recente. des le XIXeme siecle on commence a voir les libanais partir vers d'autres pays. carlos ghosn, le mechant libanais qui mange la nourriture des francais et fait un chomeur de plus (forcement il est moins competent) est né au bresil. est ce que s'il avait ete uniquement bresilien vous l'auriez accepte?

Écrit par : sebastien | dimanche, 21 octobre 2007

@ Paule

Votre témoignage est très intéressant puisqu'il établit que le recours à ces bonnes est finalement récent.

Pourquoi alors dans la société libanaise trouve t-on aujourd'hui le besoin d'avoir recours à ces bonnes alors que cela n'était pas le cas auparavant ?

Écrit par : SJM | dimanche, 21 octobre 2007

@ David

Merci pour les chiffres !!


@ Samsagace

Je veux bien rentrer dans votre vision des choses !! Mais dans ce cas, est ce que vous savez que 80 % des mouvements de population dans le monde disparaîtraient ?
A votre avis, qu'est ce qui pousse les philippines à travailler au Liban, ou les Roumaines en France, ou les Marocaines en Espagne ? C'est qu'il y a un différentiel de richesses entre leur pays et le pays dans lesquelles elles travaillent, mon vieux !! Elles ont besoin de gagner plus d'argent pour survivre, ou vivre mieux.

Ce système porte un double-avantage : ça satisfait les besoins latents du pays hôte, et donne du travail à des ressortissants d'un pays émetteur. Et c'est tout bénéf pour tout le monde !!

Si nos 30000 philippines étaient réellement traitées comme des esclaves, il y aurait longtemps que leur ambassade aurait organisé une évacuation massive (ou aurait exercé une pression diplomatique réelle ; elle l'aurait fait sans problème ; allez comparer la population des Philippines, et celle du Liban, et vous comprendrez qu'ils sont capables de demander ce qu'ils veulent du Liban, ou même d'y mener une guerre, et de rayer notre pays de la carte). Mais ces gens de l'ambassade sont au courant que, pour la majorité de leurs ressortissantes, la situation est satisfaisante, et que cela rapporte de l'argent à leur pays (étant donné qu'elles n'ont rien à dépenser au Liban, tout est renvoyé au pays, pour aider la famille).

N'allez pas croire que la seule immigration du travail tolérable est celle faite d'ingénieurs, de commerciaux, ou d'avocats. Vous vivriez dans un autre monde, mon ami !! Une grande partie de la planète reste sous-développée, et ce n'est qu'avec des mouvements de population vers des pays développés ou plus développés, que la répartition des richesses est nivellée progressivement !!

Maintenant, comme je l'ai dit auparavant, ce n'est pas une excuse pour tolérer des excès, qui existent au Liban, et qui existent partout (en Espagne, ou en France...), mais qui restent le fait d'une minorité de ménages. Il faut les combattre, mais n'allez pas dire que l'ensemble du système est de nature esclavagiste ! Ce serait au contraire de la xénophobie que d'interdire la venue d'étrangers désirant travailler, sous prétexte que ça fait "esclavagiste" d'employer des gens qui ne sont pas de la même culture, du même pays ! Grâce à notre nounou philippine, je peux même maintenant me vanter de connaître mieux que tout le monde son pays d'origine, et je suis pressé d'aller un jour ou l'autre voir de mes propres yeux à quoi il ressemble !

Écrit par : Maurice | dimanche, 21 octobre 2007

@electionslégislatives,
Belle façon de dialoguer en effet que proposer de rayer mon pays de la carte: avec des remarques pareilles vous allez dépasser Ahmedinejad en tolérance et ouverture d'esprit, mon vieux! Et puis qu'est ce que je m'en fous que ce blog soit hébergé en France ou que son nom de domaine (DNS) soit validé aux Etats Unis, l'important c'est que ça parle du Liban; je suis donc en train de me mêler de mes oignons, contrairement à d'autres. Soyez ouvertement xénophobe si vous voulez, c'est tant mieux pour vous, allez voter Sarkozy ou LePen (c'est ce que j'aurais fait d'ailleurs si j'étais un citoyen de l'hexagone) ou même José Bové si ça vous enchante, mais ne venez pas parler de "rayer le Liban de la carte" sur un blog libanais! C'est de la provoc à deux sous votre intervention...
@Nat et David,
Désolé de continuer les attaques perso sur votre blog, mais quelqu'un devait mettre les points sur les "i"; devant le manque total de subtilité de cette personne, je ne peux pas rester les bras croisés...

Écrit par : Oberon Brown | dimanche, 21 octobre 2007

@ SJM
Pour répondre à votre question, relisez moi. Je dis bien pourtant que c'est une question de statut social. En effet, passer l'aspirateur, faire la poussière, torcher les enfants, faire la vaisselle, servir le repas etc... ça ne se fait plus !

Écrit par : paule | dimanche, 21 octobre 2007

L'histoire des conditions particulières de l'importation des bonnes asiatiques semble liée à la guerre civile, au Liban. D'après des témoignages que j'avais recueillis en 2002, les premières arrivées de femmes asiatiques au Liban pour travailler comme femmes de compagnie se sont produits juste avant la guerre, et étaient le fait de religieuses, qui avaient fait venir des jeunes filles Seychelloises, qui, évidemment, ne travaillaient pas comme des esclaves, mais dans des conditions acceptables, sous le contrôle de la congrégations. L'idée était à la fois de faire leur éducation chrétienne et de leur permettre de gagner un peu d'argent, du patronage à l'ancienne, donc. Dès le début de la guerre, elle sont rentrées chez elles.

En 1978, une femme libanaise, semble-t-il, dont je ne sais rien, a ouvert la première agence d'importation de Sri Lankaises. Cela se faisait à l'ombre des milices, qui prenaient leur côte part, et donc dans des conditions que vous pouvez imaginer. Pas de règles, pas de protection, du cash et de la prébende. Après, chacun traitait sa bonne comme il le voulait.

A la fin de la guerre, la légalité revenant, l'Etat s'est trouvé confronté à un secteur florissant d'agences, qui fonctionnaient en dehors de tout cadre légal, et disposait d'argent et d'influence. Difficile donc d'imposer des règles strictes et de trancher dans le vif du jour au lendemain, d'autant que dans le contexte difficile de 'après-guerre, beaucoup de Libanais étaient bien plus attachés à la préservations des (rares) sources de revenus qu'à la condition faite aux femmes importées d'Asie. Le secteurs s'est donc "légalisé" avec beaucoup de difficultés, incomplètement (beaucoup d'agences ne sont même pas agréées aujourd'hui encore), et dans un cadre légal parallèle au droit commun. Si l'on ajoute à cela d'une part que la police n'est pas particulièrement disposée à se mouiller pour faire respecter les quelques rares droits légaux de ces femmes et que la populations n'est pas particulièrement scandalisée par la question, on comprend vite pourquoi on en est finalement resté là.

Pour la petite histoire, la "structuration du marché" doit également beaucoup à la guerre dans la mesure où les milices utilisaient parfois des mercenaires étrangers, dont des Sri Lankais. Le cas de Gamani R., Sri Lankais, est connu dans le milieu : combattant d'Amal au début de la guerre, il est rentré au Sri Lanka au cours des années 80 et est devenu là-bas le sale agent de la MEA. A partir de cette position, il a monté en parallèle une agence d'exportation de main-d'oeuvre vers le Liban, en contact avec ses connaissances au Liban. Il s'est également lancé dans l'importation de malgaches, semble-t-il, cette fois ci en contact avec les Forces Libanaises... (qu'Aoun avait accusées d'employer des mercenaires sri lankais, à la grande époque).

De même, les agences les plus prospères sont souvent celles qui sont dirigées par des couples mixtes (libanais - philippine, par exemple) et/ou des binationaux et/ou des gens en contact direct avec les consulats des pays d'origines, voire eux-mêmes libanais et consuls honoraires d'un pays de provenance.

Concernant l'argument disant que si elles n'étaient pas heureuses, elles ne reviendraient pas, et que les conditions sont connues là-bas, au regard du nombre de femmes qui vont et viennent. En l'absence de toute enquête sur ces femmes elles-mêmes, nous ne disposons que de sources anecdotiques sur le nombre de contrats renouvelés, il me semble. Et de fait, la résistance et la capacité à trouver son intérêt même quand les conditions sont difficiles dépend de la personnalité de chacune de ces femmes. Le cadre légal aurait précisément pour objectif d'offrir également une protection aux plus faibles. Sur la publicité des conditions : C'est un lieu commun de la recherche sur les migrations de dire que ceux qui partent ont une tendance naturelle à enjoliver leur expérience quand ils en parlent à ceux qui sont restés au pays. C'est lié à l'immensité de leur investissement (trois ans de vie dans le cas qui nous concerne, les économies de toute la famille élargie pour un jeune émigrant sénégalais vers l'Europe, etc...), à l'enjeux, à la réticence toute simple et très partagée à admettre que l'on a échoué, et dans le cas de femmes qui ont été violées, au poids que cela fait ensuite peser sur leur vie. Il est donc inimaginable de penser que les femmes qui partent pour la première fois vers le Golfe ou le Liban connaissent les conditions qu'elles vont y trouver. Les agences leur mentent, et celles qui sont déjà parties et rentrées leur mentent également. Ce ne sont pas, par ailleurs, les femmes les plus éduquées, qui partent ainsi, mais souvent celles qui arrivent des campagnes les plus pauvres, et n'ont accès à aucun moyen de communication efficace.

Au total, le système est tellement déséquilibré en leur défaveur, qu'il est absurde de penser qu'elles se déterminent en conscience.

Écrit par : Tom Bombadil | dimanche, 21 octobre 2007

@ Oberon Brown
Beaucoup de commentateurs occasionnels et totalement anonymes se permettent de se lacher bêtement, sur ce blog ou sur d'autres. Quelle réaction avoir? Supprimer ces commentaires? A moins qu'ils virent aux insultes les plus viles (ce qui est arrivé une fois en plus d'un an), je ne pense pas que ce soit une bonne idée. En général, ce genre de commentaires ne méritent même pas qu'on s'y intéresse. La provocation peut être une bonne chose (c'est d'ailleurs ce que l'auteur du documentaire voulait: faire réagir sur un sujet, quitte à le faire mal).

"Rayer le Liban de la carte"... No comment.

Écrit par : david | dimanche, 21 octobre 2007

@ Maurice

Encore une fois, c'est le cadre légal dans lequel ces femmes évolue, les nombreuses irrégularités légales qui sont ouvertement tolérées (comme la confiscation des passeports), les éventuelles mauvais traitements qu'elles peuvent subir et l'incapacité, voire pire, de la police et de la justice à les protéger qui font que leur situation n'est pas acceptable. Que dans certains cas cela se passe bien ne change rien à l'affaire. Le fait que cela se passe bien dépend exclusivement de la bonne volonté et de l'humanité des acteurs engagés, et non pas un cadre légal contraignant. En exagérant un peu, c'est une des caractéristique de l'esclavagisme : vous pourrez trouver dans le débat sur l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, par exemple, de nombreux témoignages comme le vôtre, de nounous noires très attachées à leur famille. Cela n'empêche pas que dans la majorité des cas ce n'était pas le cas, et cela n'empêche pas non plus qu'il manquait, c'est le moins que l'on puisse dire, un cadre légal susceptible de garantir les droits de ces femmes à égalité avec ceux de tous les résidents du pays. On ne peut pas laisser de fait à l'appréciation exclusive des dominants la qualité de traitements des dominés. Les exemples satisfaisants sont alors anecdotiques quand le cadre favorise objectivement l'impunité et les mauvais traitements.

Si tout se passe si bien au Liban, pourquoi les rares protections qui se sont glissées dans la loi ne sont pas appliquées ? Pourquoi le droit concernant les bonnes étrangères est-il différent du droit commun du travail ? Pourquoi la police et la justice ne font-elles pas cesser les abus eux-mêmes, pourquoi le législateur ne met pas fin à cette incongruité juridique ? Pourquoi y a-t-il tant d'agences non agréées ? A vous lire, cela se ferait sans aucun problème et sans aucune douleur, puisque les dispositions protectrices du droit commun seraient déjà majoritairement appliquées dans les faits alors qu'elles ne s'appliquent pas en droit ?

Écrit par : Tom Bombadil | dimanche, 21 octobre 2007

@ Maurice


Un autre système vous semble t-il néanmoins envisageable ?

Je peux admettre qu'un système de paiement à l'heure serait trop coûteux pour les familles libanaises et pratiquement difficile à mettre en oeuvre s'agissant des fonctions d'employée de maison : une rémunération forfaitaire journalière ou hebdomadaire minimum ne pourrait-elle pas au moins être fixée par la loi ? Elle pourrait correspondre à un nombre moyen supposé d'heures travaillées (les heures de simple présence n'étant pas prises en compte).

Vous semble t-il possible que ces bonnes bénéficient de quelques jours de congés payés par an en dehors de la famille, pour cesser tout simplement d'être au service des autres quelques moments ?

Dans le même sens, vous semble t-il possible que ces bonnes puissent bénéficier un jour dans la semaine autre que le dimanche d'une fin d'après-midi libre ou d'une soirée même si elle reste à la maison ?

Est-ce qu'il est possible d'envisager un système où l'employée de maison pourrait décider - à compter d'une période raisonnable (six mois ?) - de rompre son contrat et alors soit de changer d'employeur au Liban soit de rentrer chez elle ?

Le plus difficile, je le conçois : vous semble t-il possible de légiférer de telle sorte que ces agences de bonnes - telles qu'elles exercent en l'état - disparaissent et soient remplacées par de véritables agences de placement accréditées et contrôlées par un organisme (d'origine étatique) et tenues par un cahier des charges comportant un certain nombre d'obligations ?

Tout cela - qui n'est pas une copie du système français - vous semble t-il devoir être totalement exclu, voire naïf dans le contexte libanais ?

Écrit par : SJM | dimanche, 21 octobre 2007

J'ajoute que ces agences de placement pourraient être tenues, entre autres, à deux types d'obligations :

- de s'assurer que l'employeur est en mesure d'offrir des conditions de vie décentes à l'employée de maison ;

- de présenter à l'employeur une autre employée en cas de rupture du contrat par l'une ou l'autre des parties.

Pour ce qui est des violences dont pourraient être victimes les employées, elles seraient une cause de rupture immédiate du contrat.

Tout cela étant dit et valable dès lors que les différents acteurs et surtout les autorités judiciaires et policiaires entendent faire applique la règle de droit. La règle ne peut jamais se suffire elle-même.

Écrit par : SJM | dimanche, 21 octobre 2007

Avant de traiter le sujet des bonnes au liban, cela vaudrait la peine de traiter le sujet dans Paris 16 ème. Vu la taille des chambres de bonne, le salaire minable que les employeur daigne leur donner, France 2 devrait faire le ménage devant sa porte.

Écrit par : toudoubem | dimanche, 21 octobre 2007

@ toudoubem

Certes. Et on ferait confiance à LBC pour traiter le sujet équitablement au Liban, ou à Future, ou à NBN... Et on attendrait. Et on attendrait. Et on attendrait. Et on attendrait. Et...

Écrit par : Tom Bombadil | dimanche, 21 octobre 2007

@ SJM et Tom Bombadil

Je ne vois aucun inconvénient (je suis même le premier à le penser) à enrichir le cadre légal (qui existe déjà bel et bien !!) de protection des domestiques étrangères sur le sol libanais.
Il ne faut juste pas se laisser emporter par les propos de Mme Torrero, et comprendre, à travers l'exemple d'un ménage où une réelle harmonie existe entre la famille et la nounou, que seule une minorité de gens font effectivement subir la vie dure à leur(s) employée(s) de maison.

A propos des jours de congé, réfléchissez un peu : quels sont les pays qui, comme la France, appliquent les 35 heures et contraignent les entreprises à donner 6 semaines de vacances à leurs employés ? Aucun ; résultat : la France a des performances médiocres en matière d'économie, relativement à ce qu'elle serait capable d'accomplir. Les Japonais n'ont que 2 semaines de congés payés par an, ont créé de leurs mains (il 'y a que très peu d'étrangers au pays du Soleil Levant) la seconde puissance industrielle de la planète, en partant de tous les maux possibles et imaginables, et ils ne s'en plaignent nullement.
Au Liban, le nombre de jours de congés payés accordés aux Libanais et aux employées de maison demeure similaire ; par exemple, notre Philippine dispose d'un capital annuel de 2 semaines pour se rendre dans son pays et revoir sa famille (qu'elle peut très bien utiliser au bout de 2 ans, pour faire plus). De même, elle dispose d'un jour par semaine pour faire ce dont elle a envie. Comparativement, un cadre libanais n'aura pas droit à plus de 2-3 semaines de congés payés, sauf si il travaille pour une boîte française (lol !).

Ne vous offusquez pas de voir un chiffre de deux tiers inférieur à ce qui se pratique dans votre pays, car c'est plutôt le reste du monde qui se marre en voyant dans quelle mesure les Français attachent si peu d'imortance au travail !

Écrit par : Maurice | dimanche, 21 octobre 2007

@ Tom Bombadil

Et oui !! Parce qu'il n'y a que les Français pour fourrer leur nez dans ce qui ne les regarde pas !!
Nous au moins, comme beaucoup d'autres pays de la planète (même très développés), nous avons eu l'intelligence et la pudeur de respecter ce qui se fait chez vous, car nous savons pertinnement que chaque style de vie reste différent !
Et encore, s'il y avait problème quelconque, pourquoi est-ce que ce sont des média français qui doivent relayer des problèmes qui ne les concernent pas ? Les Philippins ou les Sri Lankais ne seraient-ils pas assez grands eux-mêmes pour défendre leurs intêrets ?
Non, bien sûr, et c'est une marque profonde de sentiment de supériorité, très irritante (car fondée sur du toc), et surout pour ceux que vous croyez défendre (nous, à la limite, on s'en fout!) ! Il n'y a, selon vous, que vous qui ayez l'âme suffisamment empreinte d'humanisme pour juger de ce qui se fait dans le reste du monde !!
Et même les Américains (qui eux, peuvent se permettre de se sentir supérieurs, vu la puissance de leur civilisation) critiquent âprement cette volonté que vous avez, à vouloir imposer votre modèle, qui soit-disant, respecterait les droits de l'Homme !
Rien que pour ça, je respecte les Etats-Unis et leur stupide président !

Écrit par : Maurice | dimanche, 21 octobre 2007

@ Maurice

Je prends note du fait que les employées de maison peuvent bénéficier de 2 semaines de congés.

En revanche, je ne vous ai pas parlé de 35 heures, ni de 5 semaines de congés payés.

Je vous parle d'un cadre purement libéral, à savoir la faculté pour l'une et l'autre des parties de mettre fin au contrat. C'est un principe de base du droit et lorsqu'il n'est pas respecté dans la relation de travail, cela constitue juridiquement du travail forcé.

Je n'oublie pas que Beyrouth a accueilli, sous les Romains, une excellente école de droit. Puissent les Libanais s'en souvenir.

Écrit par : SJM | dimanche, 21 octobre 2007

Whaou !

Écrit par : WIL | dimanche, 21 octobre 2007

@ SJM

Je suis ravi que vous le constatiez !!

Nous acceuillions effectivement sur notre sol une des meilleures écoles de droit de l'Empire Romain ! Vous ne pouvez pas savoir tout ce que les civilisations européennes actuelles doivent aux Libanais, d'hier et d'aujourd'hui !

Écrit par : Maurice | dimanche, 21 octobre 2007

@ Dav et Nat

Au fait, vos lecteurs israéliens réguliers seraient-ils aussi attirés par vos chroniques aguichantes sur nos belles chanteuses (lol !) ?

Écrit par : Maurice | dimanche, 21 octobre 2007

"Si Dominique Torrès a envie de faire un vrai reportage vidéo sur la question de «l'esclavage moderne», qu'elle essaye de le faire en Arabie Saoudite. Là, je lui tirerais mon chapeau si elle arrive ne serait-ce qu'à poser sa caméra."

Un ami à nous invité dans le palais d'un prince avait eu un message glissé par une femme pdt un dinner.
Il s'agissait de la gouvernante française enfermée de force dans ce palais. L'ambassade de France a été prévenu et rien n'a été fait.
On tait les affaires d'état quant il s'agit de ses propres citoyens mais on décrit les autres quant l'état, ici le Liban est faible.
M'enfin, un point positif dans tout cela: l'amant de Cécilia était à un moment libanais :d

Écrit par : frenchy | dimanche, 21 octobre 2007

"Les Philippins ou les Sri Lankais ne seraient-ils pas assez grands eux-mêmes pour défendre leurs intêrets ?" : ÉNOOOOOOOOOOOOOOORME !!
Et les Libanais donc, ne sont-ils pas assez grands et civilisés pour défendre leurs intérêts, eux qui ont acceuilli sur leur sol la prestigieuse école romaine et inventé l'arak, le tabboulé et l'alphabet et qui ont même un jouli cèdre sur leur drapeau ?

Écrit par : bee | dimanche, 21 octobre 2007

@ WIL

Merci WIL. Précieuse contribution.

Écrit par : david | lundi, 22 octobre 2007

Bombabil (pour ne pas le nommer) a déjà très bien dit (presque) tout ce que je ressentais à la lecture de votre blog, mais je voulais ajouter plusieurs choses.

Je suis moi-même journaliste et le reportage est effectivement plus militant qu'objectif. Mais de la même manière qu'il y a une presse d'opinion, pourquoi l'interdire à la télévision? Certains sujets appellent l'indignation. Je ne vois pas comment traiter "objectivement" de la situation des bonnes au Liban sans s'indigner.

Je me considère bien informée et je sais que l'esclavage moderne existe dans les riches pays du Golfe. En revanche, je suis tombée des nues en découvrant cette situation au Liban. Il fallait donc traiter ce sujet au Liban et pas ailleurs où la situation est déjà connue.

Les chiffres évoqués par Mme Torrès proviennent de l'association Caritas et ils sont repris dans l'article du Monde que Dominique Torrès a publié sur le même sujet.

Je suis très choquée quand je lis que vous justifiez le fait que certains employeurs n'osent pas laisser sortir leurs bonnes. Vous mentionnez le risque de se faire renverser par une voiture. Les bras m'en tombent. Si vraiment certaines viennent de régions reculées où il n'y a pas de voitures (ce n'est pas le cas aux Philippines, par exemple), si on peut apprendre à un enfant de 7 ans à traverser sans se faire tuer, on peut l'enseigner à une "bonne" je pense. Ces femmes ne sont pas des débiles mentales. Certes, il y a la barrière de la langue, mais je suis certaine qu'on peut les informer des risques qu'elles encourrent sans les séquester.

Les journalistes français dénoncent AUSSI ce qui va mal en France. Si les Libanais regardent Envoyé spécial, ils doivent bien le savoir. Sans parler des émissions de reportages sur M6 ou Canal+ qui ne sont pas avares de sujets sur le racisme en France, le travail clandestin, l'exploitation des immigrés illégaux, le harcèlemnt dans les entreprises... Je crois qu'il y a plus de reportages pour critiquer ce qui va mal chez nous que pour dénigner les autres pays.

"Ce reportage donne une mauvaise image du Liban." OH QUE OUI! Et la lecture de ce blog comforte ma première impression. Tous ces Libanais qui s'offusquent de ce reportage feraient mieux de se bouger pour que la situation change dans leur pays. Si vous n'aimez pas l'image qu'on a de vous, changez la! Si un journaliste libanais fait un reportage pour montrer ce qui ne va pas en France (racisme, chômage...), je ne vois pas pourquoi je critiquerai la forme si le fond est vrai. Et c'est le cas ici.

Les réactions dans votre blog en sont la preuve. Je suis désolée de vous dire ça, mais ce qui me choque le plus, c'est la mentalité de colon qui se dégage de nombreux messages y compris les votres. Il faudrait presque remercier les employeurs qui enseignent les bases de la civilisation à ces pauvres illettrées! On croit rêver. Les payer décemment et les traiter humainement, c'est la moindre des choses. On sent bien en lisant ce blog que c'est la mentalité libanaise qu'il faut changer sur ce point.

Écrit par : Isabelle | lundi, 22 octobre 2007

@Isabelle

M'étant étendue en long, en large et en travers, je reprends juste trois extraits de mes propres messages:

"Oui, cet état de fait est indéniablement, absolument et irrémédiablement révoltant."

"Je regrette, mais cela s'appelle de l'apartheid qui ne se cache même pas."

"Ce qui se passe est grave, ce doit être dénoncé et c'est aux Libanais d'assumer le fait que trop d'entre eux manquent de l'humanité la plus élémentaire. Ce n'est pas bon pour l'image du pays? C'est en premier lieu à eux de ne pas lui nuire en changeant leur propre façon de faire."
Etc, etc, etc...

Et qui a parlé d'interdire ce reportage?
Pour une journaliste, vous effectuez une lecture bien sélective.

Écrit par : nathalie | lundi, 22 octobre 2007

Je n'ai jamais dit que vous souhaitiez l'interdiction. Vous m'avez mal compris. Je voulais dire: pourquoi exclure un ton plus militant dans un reportage télé. Vous prônez l'objectivité pure et je défend le droit à plus de journalisme d'opinion, c'est tout. Rien de "sélectif" dans mes propos.

Écrit par : Isabelle | lundi, 22 octobre 2007

@ Isabelle

On ne va pas rentrer dans un débat d'intentions, d'autant que, même si vous ne le voyez pas forcément, nous sommes d'accord sur le fond.
Je vous fais simplement remarquer qu'écrire "C'est la mentalité de colon qui se dégage de nombreux messages y compris les votres" alors que je dénonce moi-même "un apartheid qui ne se cache même pas" me paraît sélectif (pour autant, sachez que je ne suis pas d'accord avec la plupart des commentaires postés ici, en particulier ceux de Maurice, il me semblait l'avoir clairement fait comprendre).
Cela dit, même le journalisme d'opinion s'appuie sur un réel travail de terrain, ce qui n'est pas le cas ici. Et au lieu de vous écrier que je tente d'éxonérer les employeurs Libanais qui commettent ces abus, tentez de comprendre mon propos: Torrès a montré des exemples souvent caricaturaux sous couvert de généralité alors, qu'à mon sens, un réel travail de recherche lui aurait permis de montrer la réalité qui, pour être moins médiatique, est d'autant plus grave car installée sous couvert de normalité.
Vous ne voyez donc pas qu'il est évidemment choquant de montrer celles qui ont été violées ou qui ont été battues, mais que cela prête le flanc au déni (khôôôô, non! Moi, je traite ma bonne bien, je ne la viole pas!)et banalise le reste qui est certes moins impressionnant mais plus insidieux et plus généralisé? Voyez les réactions de certains sur ce blog, c'est exactement ça!
Il ne s'agit pas de nier les excès mais de les mettre en perspective: désolée, mais moi, ça me choque davantage de savoir que sur certaines plages, on interdit publiquement à ces femmes d'aller dans les mêmes toilettes que des Libanaises, parce que cela montre une institutionalisation et une banalisation de ce racisme.
Quand la réalité est suffisamment parlante (et je vous assure qu'elle l'est), en faire trop devient une erreur tactique qui vous fait passer à côté de votre objectif. Là encore, il faut savoir quel est l'objectif que l'on veut atteindre.

Écrit par : nathalie | lundi, 22 octobre 2007

Cette émission de TV suivie de cet article à bord des chroniques de Beyrut a déclenché une sacrée tempête!
- L'ancien marin que je suis, se sent obligé de dire en ayant fait le tour du Monde, que ce gerne de tristes pratiques n'est pas loin de là, spécifique au Liban ni au "Middle East" en général. D'autre part il est évident, que "tout le monde" ne se comporte pas ainsi au Liban ni même en Arabie Saoudite, ce pays étant beaucoup plus souvent "remarqué" dans cette "spécialité".
- Ce reportage TV en a sans doute "trop fait". Cela dit, "ce sont des choses qui arrivent" (jusqu'en France, pays des donneurs de leçons). Si en discuter longuement en hurlant, incite "s'interroger" les "intéressés", nous n'aurons pas eu seulement un reportage TV "mal fait", mais peut-être une amélioration de la situation. Affaire à suivre...
- Bien navicalmement - Le matelot blogueur
- http://marine-inconnue.20minutes-blogs.fr/

Écrit par : Thierry BRESSOL | lundi, 22 octobre 2007

Une petite remarque supplémentaire, concernant l'incidence de la diffusion du reportage au Liban même. Certains commentateurs (ici, sur d'autres blogs ou sur Facebook) pensent que cela amènera peut-être les Libanais a réfléchir sur leur comportement. Je pense malheureusement que l'influence sera quasi nulle, car l'émission (en français) n'a été vue que par une très petite couche de la population libanaise, la francophonie au Liban se réduisant lentement mais sûrement. Un indice corroborant cela: la présence du reportage sur Dailymotion et Youtube. Sur Dailymotion (qui attire les francophones), il est bien présent et a été vu largement; sur Youtube (qui attire les anglophones et une partie des arabophones), il est difficle à trouver. Le seul extrait que j'ai déniché n'a été vu que 50 fois depuis la diffusion.

Écrit par : david | lundi, 22 octobre 2007

j'ai toujours ete scandalisé de voir des familles libanaises se comporter de facon inadmissible avec leurs bonnes. comme le souligne si bien nathalie elles n'ont pas les mm droit et lorsqu'on va au restaurant avec elles c'est pour garder les enfants.

je suis desole si mes reactions font penser le contraire mais c'est une reaction de defense.

au final tant pis si ce que je vais dire choque:

s'arreter a ce genre d'article ou de reportage pour aimer ou ne pas aimer le Liban, cela est bien dommage mais tant pis. aucune civilisation, aussi avancee soit elle n'est parfaite. de plus comme l'a si bien dit david le reportage n'aura finalement aucun impact sur les libanais.

"Le Liban ne se decrit pas, il se vit".

c un peu brouillon mais tant pis j'ai pas envie de me prendre la tete ce midi

Écrit par : sebastien | lundi, 22 octobre 2007

@ sebastien
C'est vrai, aucune civilisation n'est parfaite :) mais cela ne veut pas dire qu'il faut baisser les bras! re:) Certaines choses, comme celles-ci, sont perfectibles ou peuvent au moins être améliorées, ne serait-ce qu'en ne laissant pas faire, chacun à son humble échelle, à défaut d'une prise de conscience générale ou d'une campagne de sensibilisation nationale.
Ce qui me fait penser qu'il y a quelques semaines, une campagne d'affichage défendant les droits des employées de maison, domestiques, bonnes... enfin de ces femmes, avait justement été lancée par une association (Caritas il me semble, ce qui serait logique), sans grand effet malheureusement...

Écrit par : nathalie | lundi, 22 octobre 2007

heureusement je ne baisse pas les bras pour le Liban puisque je compte pouvoir revenir m'installer et mettre a disposition de la YASA mes competences, on en avait parle par mail.

mais la ou je baisse les bras par moment c'est essayer de montrer combien le Liban vaut le coup d'etre connu. a chaque fois qu'on parle du liban c en mal. une ami libanaise m'a dit qu'elle avait vu un magnifique reportage sur le liban dernierement mais c'etait a 3heures du matin. faut bien boucher les trous

dommage

Écrit par : sebastien | lundi, 22 octobre 2007

Après avoir vu le reportage d'Envoyé Spécial je suis tombé tout à fait par hasard sur votre site.
A lire toutes les réactions,rendons grâce à Dominique Torrès d'avoir fait avancer le schmilblick au Liban( comme elle l'a fait en France il y aune quinzaine d'années sur le même sujet).
Hasard du timing? Curieusement, le Daily Star reprend ce jour le même sujet!

http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=1&categ_id=1&article_id=86164.

Sans aucun doute de façon moins militante mais les faits sont identiques!!

Écrit par : stéphane | mardi, 23 octobre 2007

Décidément, le "reportage" de madame Torrès aura fait réagir sur ce blog. Il est vrai que le sujet est sensible, ce qui sans doute explique les échanges parfois vifs. Certains ont manifestement cru que les reproches adressés au travail de madame Torrès, notamment relativement à la méthodologie, équivalaient à un déni de la réalité. Je voudrais donc témoigner de mon propre vécu.

Pour commencer, précisons que, bien qu'ayant des origines libanaises, je n'en ai pas la nationalité. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de séjourner au Liban, lors des périodes de vacances, mais je ne séjournais pas à l'hôtel (ou très occasionnellement) mais chez la famille; lors de mes séjours, j'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes, dans l'intimité de leur foyer, et j'ai donc pu voir comment ces personnes traitaient leur personnel de maison.

Dans certains cas, il est évident que les bonnes ne sont pas convenablement traitées, ce qui ne signifie pas non plus qu'elles soient violées ou battues; bien souvent ce sont leurs conditions de logement, les horaires de travail qu'on leur impose et le mépris que leur témoigne leur employeur qui sont en cause. C'est évidemment inadmissible, mais l'immense majorité des libanais ne sont pas des violeurs. Comme le soulignait Nathalie, il s'agit essentiellement d'un manque d'humanité qui vise la pauvre étrangère qui n'a d'autre choix pour essayer de gagner sa vie que de venir prendre un emploi (subalterne?) dans un autre pays.

Il faut également aussi citer les cas où celà se passe bien. Evidemment, je précise qu'il ne faut pas juger selon les critères franco-français, mais selon les standards libanais. Dans un certain nombre de familles, j'ai pu constater que les bonnes bénéficiaient d'une journée complète de repos toutes les semaines, de l'argent de poche (puisque ces jeunes femmes expédient l'intégralité de leur salaire à leur famille), une chambre propre avec un vrai lit et non pas un simple matelas; ces jeunes femmes étaient en possession de leur passeport, et étaient occasionnellement autorisées à utiliser le téléphone pour contacter leurs proches au pays. Dans certaines familles, certes peu nombreuses, j'ai pu voir la bonne de la maison dîner à la même table que les maîtres de maison et leurs invités; il arrive enfin, comme le signalait Maurice dans un post précédent, que les bonnes soient considérées comme un membre de la famille à part entière. Cela est rare, mais je me souviens de ce gérant d'hôtel que nous avions reçu à la maison et qui nous avait raconté que ses frères et lui avaient été élevés par la bonne de leurs parents qu'ils la considérait comme une seconde mère. Je me souviens aussi d'une de mes tantes qui s'est déplacée à l'étranger pour assister à l'enterrement de la bonne de ses parents et qui a d'ailleurs payé les frais d'obsèques; elle m'avait expliqué que cette femme avait bercé toute son enfance.

Pour conclure, tous les libanais ne sont pas des monstres, mais comme tout être humain, ils ont des qualités et des défauts, et oui, un certain nombre d'entre eux, en proie à certains préjugés racistes, ne traitent pas dignement leur personnel de maison. Fallait-il traiter de ce sujet: assurément oui; le sujet at-il été bien traité? On ne peut que constater le manque d'objectivité de madame Torrès.

Écrit par : alexandre | mardi, 23 octobre 2007

Voilà des années que les sujets concernant le Liban traités par la rédaction d'Envoyé Spécial
sont matière à équivoque et polemique tant ils donnent une mauvaise image du Liban et des libanais. La cause de cette anomalie est très simple: cette émission a pour co-fondateurs Mrs Paul Nahon et Bernard Benyamin. Vous comprendrez donc que la rédaction de ce magazine est imprégné d'une culture pro-israelienne très marquée et donne à cette émission la place peu enviable de porte-drapeau du lobby au sein du service public français. Et ce ne sont pas les deux charmantes "goyettes" qui présentent dorénavant le magazine qui peuvent changer ce mouvement de fond, sinon elles valsent...
Alors, présenter le Liban comme un waziristan du moyen-orient ou les libanais comme les chefs de file de l'esclavagisme moderne fait partie de l'arsenal guerrier des images d'autant plus nécessaire lorsque Tsahal éprouve des difficultés sur le vrai terrain militaire.

Écrit par : Medawar | mardi, 30 octobre 2007

remarque débile...

Écrit par : JiPé | mercredi, 31 octobre 2007

je n'en suis pas si sur. deja durant la guerre de juillet dernier il n'y avait qu'a voir le parti prix pour israel: PAUVRE israelien une roquette a tue 2 personnes tel jour, cote libanais 20 personnes sont mortes. 4000 roquettes sont tombees sur israel c'est inadmissible inhumain intolerable, inadmissible. une estimation parle de 170.000 obus laches sur le liban, mais cela aucun media francais ne l'a dit. 2 millions de bombes a fragmentation ont ete lache qd on sait que 40 a 50% n'explosent pas a l'impact ca fait environ un million a deminer. les equipes la bas ont fait un boulot formidable, elles ont reussi a en deminer 110.000. mais a ce rythme la il y en a encore pour 10 ans. mais cela encore les medias francais n'en parlent pas

je me souviens d'un jour ou claire chazal avait un peu trop prit parti pour le liban et avait un peu trop critique israel lors d'un journal televise de juillet 2006. qu'est ce que le liban a prit en echange au journal du soir. les critiques contre le pays se trouvait dans tous les reportages du soir.

effectivement, les grands medias francais (mais pas uniquement) sont diriges par des juifs, il ne faut pas chercher forcement plus loin.

et puis n'oublions pas une chose, ils jouent enormement sur l'holocauste. (pour faire taire toutes les mauvaises langues a venir, non je ne nie pas les horreurs de la seconde guerre mondiale). donc si tu critiques israel pour ses actions tu es antisemite. c'est bizarre juifs et libanais sont des semites comment je peux etre antisemite?

Écrit par : sebastien | mercredi, 31 octobre 2007

@Sebastien
Ce que vous avez ecrit comporte qqch de juste et qqch envers laquelle je vous mets en garde.
1) La chose juste c est a propos de la guerre des mots, qui est aussi une guerre du Faux. Il est certain que le gouvernement israelien, qui ne veut certainement pas d un Etat palestinien independant mais une annexion pure et simple avec expulsion. A partir de la, la strategie est multiple :
-soit on garde le silence (massacre et expulsions forcees en 1948, colonisation de la Cisjordanie ? Je ne vois pas de quoi vous parlez....),
-soit on exagere les dommages subis de son cote afin de donner l impression d egalite dans la souffrance avec l autre (comme vous l avez dit, un israelien vaut ainsi dix palestiniens dans le compte des tues).
-soit on donne un mot special, generalement tres vague, pour eviter d attirer l attention et les critiques, voire faire en sorte que les mots deviennent realite. Deja la declaration Balfour ne mentionnait pas les Palestiniens mais "les communautes non juives existant en Palestine", ce qui visait a affirmer que les Palestiniens etaient des etrangers sur leur propre terre. Les mots ont une puissance terrible !
Le gouvernement israelien n est du reste pas le seul a agit ainsi, du gouvernement americain qui parle de dommages collateraux, en passant par les Russes qui taxent les independantistes tchetchenes de terroristes et de bandits et les Chinois qui presentent le Tibet comme une affaire interieure chinoise...... Meme en France, la guerre de l independance algerienne etait, il n y a pas si longtemps, les evenements d Algerie.
-soit on reste dans le vague dans d eventuels concessions et on reste pret a faire marche arriere a la moindre "provocation", c est bien pour cela que le gouvernement israelien se garde bien d accepter un calendrier precis.
2) Oui les mots ont une force terrible, et lorsque vous ecrivez que les grands medias sont diriges par des juifs, je ne peux que vous mettre en garde. Qu est ce que ca veut dire, les grands medias sont diriges par des juifs ? Je veux bien qu il existe un lobby pro-israelien aux Usa et ailleurs, mais parler des "juifs" comme vous le faites nous ramenent a l aavant guerre et au "complot juif". Le plus grand tort d ecrire comme vous le faites c est d aboutir a une generalisation, completement coupee de la realite. Car si on admet que parmi les medias francais il y ait eventuellement un ou deux personnages de confessions juives qui sont pro israeliens et decident d user de leur influence au service d Israel, il faudra prouver noir sur blanc que l ensemble des personnes de confession juive ou dont la famille y appartient adopte cette attitude, et que les medias sont en possession de ce genre de personnes. Et vous oubliez toutes les personnes de confession juive qui sont eclairees et rejettent la politique d Israel. Et surtout vous etablissez un lien entre les francais de confession juive et Israel alors que ca ne va pas de soi. Une telle attitude aboutit a rejeter ces gens en bloc dans un grand amalgame, et les poussera effectivement a rejoindre Israel. C est ce qui arrive aussi chez certains francais, qui, a force de se sentir stigamites, finissent par rejoindre le camp de l islamisme alors qu il n en existait meme pas l existence au depart.
Bref, le meilleur moyen de combattre le colonialisme israelien ce n est pas en stigmatisant les juifs mais en nommant les choses par leur nom, et devoiler la realite la ou le gouvernement israelien cherche a la cacher : oui Israel a procede a des purges ethniques, oui Israel colonise, oui Israel veut annexer la Palestine, et le Golan, et meme le Sud-Liban si on lui donne le moyen.
Et pour le bien des Israeliens, il faut leur dire : vous allez perdre votre ame et vous ne vaudrez pas mieux qu Hitler a agir ainsi. Si vous pretendez etre un etat democratique, changez votre attitude. Voila ce que nos gouvernement se gardent bien de dire au gouvernement israelien, c est donc a nous de le faire.

Écrit par : samsagace | mercredi, 31 octobre 2007

@ Samsagace
Rien à ajouter. Les amalgames peuvent être dévastateurs.

Écrit par : david | mercredi, 31 octobre 2007

@ Samsagace et David

Tjrs est il que l'année dernière, France2 et Envoyé spécial devaient diffuser un reportage sur le Liban peut de temps après le cessez le feu.
Ce reportage lui n'a jamais été diffusé pour X, Y et Z raisons, officiellement parce que je ne sais plus quelle personnalité était morte (fallait bien rendre hommage à une personne, elle vaut plus que 1200 morts coté libanais.

Pourquoi dans ce cas, un reportage négatif sur le Liban (Torrès) a été diffusé et un coté libanais, bombes etc... lui non, il ne l'a jamais été?

Écrit par : frenchy | mercredi, 31 octobre 2007

je ne fais pas d'amalgame mm si mon commentaire a pu le laisser apparaitre et j'en suis tout a fait conscient. il est evident qu'il y a des juifs qui s'opposent a la politique d'israel au proche orient et beaucoup plus qu'on ne le croit.

mais il est evident aussi que des qu'il s'agit des juifs et d'israel on ne peut jamais rien dire sous peine d'etre antisemite.

une amie juive m'a dit un jour: notre retour en israel est legitime c'etait notre terre il y a deux milles ans. ils oublient seulement de dire que pour s'installer en israel il y a plus de deux milles ans ils ont massacres bon nombres de gens. et si je suis leur raisonnement, j'ai le droit d'aller en egypte et de reclamer tous les biens immobiliers dont ma famille a ete spoliee en 56? je pense que personne ne serait d'accord.

Écrit par : sebastien | mercredi, 31 octobre 2007

A l'origine, nous étions tous en train de critiquer l'amalgame entre esclavagistes libanais/tous les libanais...
A présent, certains font l'amalgame juifs/israeliens.
Faudrait être un peu logique avec soi-même.

Quant à la manière dont les informations étaient rendues, elles étaient assez équilibrées, pour ne pas dire en faveur du Liban...
J'ai passé tout l'été 2006 en France scotché devan la TV à zappé sur toutes les chaînes: TF1, France2, France3, iTélé, BFMTV (d'ailleurs, si je ne me trompe pas, David était l'envoyé spécial de BFM non?)
Bref, dans l'état de déprime dans lequel j'étais en regardant les images de mon pays qui brulait, je pouvais encore discerner le bon reportage du mauvais reportage.

En l'espèce, les reportages étaient plutot pas mal fait, et tout à été relaté: du déclenchement de la guerre, au rapatriement des français/libanais/étrangers, aux destructions, aux larmes de Siniora, à Cana, etc... Rien n'a été caché.

Alors dire que TOUT était biaisé sous prétexte que certaines dirigeants des médias qui seraient de confession juive (et d'ailleurs, qu'est ce que vous en savez??? France=USA???), pardonnez-moi, mais je trouve que c'est manquer d'honnêteté intellectuelle et tomber trop facilement dans la caricature.

Écrit par : JiPé | mercredi, 31 octobre 2007

@Frenchy
ce reportage a bien été diffusé. Et il a été effectué des 2 cotés de la frontière.
Effectivement, il y en a eu un assez scandaleux fait par M6 dans un char israelien.

Toutefois, beaucoup d'autres reportages portant sur la révolution du cèdre par exemple (France 3) ont également été diffusés après le cessez le feu, et deux films par exemple sont sortis au cinéma en France (Bosta et Caramel difusés dans de très nombreuses salles) avec une vraie campagne de promotion, très positive pour la culture libanaise et le cinéma libanais.

Le Liban ne se limite pas à la politique et aux ptites gueguerres politiques intra intestines.
La culture libanaise existe le monde en parle, et j'ai l'impression que le monde et les Français sont plus respectueux de la diversité libanaise et de sa richesse que les Libanais eux-mêmes.

Arrêtons de nous voiler la face.
C'est pas à cause du lobby juif si certains libanais sont esclavagistes... (pusqu'il s'agissait du post initial).

Et puis au final... tant de bruit pour rien... le reportage de Mme Torres a gêné? Je pense qu'il a déjà été oublié et qu'on est passé à autre chose.

Écrit par : JiPé | mercredi, 31 octobre 2007

@ Frenchy et Sébastien

Je ne crois vraiment pas qu'il faille voir une intention malfaisante particulière de la part de dirigeants de France Télévision ou de ceux de l'émission. Encore une fois, je pense que ce sujet méritait d'être traité et il l'a été avec tous les défauts que l'on connaît.

Je ne pense pas par ailleurs que l'actualité de l'été 2006 ait, de manière générale, été traitée en France de manière défavorable pour le Liban.

Il suffit de voir le traitement qui a été fait de cette même actualité par les média allemands où, là, on peut dire que le point de vue israélien a nettement prévalu tant dans la presse (photos de l'armée israélienne en grande majorité) qu'à la télévision (reportage d'ARTE où le capitaine allemand d'un navire de guerre était fier d'oeuvrer contre le "terrorisme" au Liban). Cette position a suivi celle du gouvernement allemand.

En France, on peut dire que les média sont également, de manière générale, proches des positions diplomatiques de la France. S'agissant du Liban, si l'on parle du conflit de 2006, cela s'est traduit par des reportages assez nombreux sur les destructions et les morts causés par l'aviation israélienne (je me souviens d'un reportage au 20 heures de TF1 montrant une église du sud Liban saccagée et souillée par les soldats israéliens). Si l'on parle de la situation politique interne au Liban, cela s'est traduit par des articles et reportages largement pro-14 mars du moins du temps où Chirac était à l'Elysée (je me souviens d'un reportage de France 3 à la gloire de Fouad Siniora, un premier ministre "respecté" et "populaire").

La France - pays qui compte le plus de musulmans et de juifs en europe - cherche aussi - pour des raisons internes - un subtil équilibre ou déséquilibre afin que les passions ne se déchainent pas sur son propre territoire. Car, faut-il le rappeler, les conflits au Proche-Orient ont un impact réel sur la vie sociale en France. Ce qui avait conduit la Mairie de Paris au cours de l'été 2006 à faire des appels de dons (séparés) pour les victimes civiles au Liban mais aussi en Israël ...

Écrit par : SJM | mercredi, 31 octobre 2007

ce n'est pas tant les reportages que je critique mais la facon de realite les evenements. il y a le choc des images mais aussi des mots.
et suivant la facon que l'on a d'expliquer les images on peut diminuer leurs importances. et j'ai le sentiment que c'est ce qui s'est passe sur les grandes chaines nationales francaises (mais ce n'est que mon impression).

quand a l'amalgame juif/israeliens je me suis certainement mal exprime. j'ai dans mes amis des juifs (ok ils sont pas nombreux) et ce sont de tres bons amis. de puis je suis le premier a dire qu'il faut trouver une solution avec nos pays voisins y compris israel. on ne peut pas continuer ainsi.

Écrit par : sebastien | mercredi, 31 octobre 2007

Dernière chose,
je repensais à l'émission C dans l'air, où Antoine Sfeir est un invité régulier.
Aussi, il y a presque un an a été assassiné Pierre Gemayel. Les funérailles et la messe avait été retransmsie en direct pendant près de 2 heures sur iTélé...

Tout ces exemples dénotent de l'intérêt de la France et du téléspectateur français ou francophone pour le Liban.
Je ne pense pas qu'un malheureux reportage, même s'il appuie là où ça fait mal et même s'il a été mal fait, ne vienne ternir notre image.

Écrit par : JiPé | mercredi, 31 octobre 2007

certainement.

d'un autre cote on ne parle du liban que pour parler de la guerre, des attentats, des morts, des emeutes etc....

je sais bien que parler d'autres choses n'est pas vendeur et que les gens se nourrissent du malheur des autres, et que le liban n'est pas le seul pays concerne mais j'aimerai parfois voir autre chose du pays.

on pourrait parler des initiatives, des artistes etc....

ca eviterait d'entendre des gens me dire "tu es fous d'aller au liban il y a des franc tireurs sur les toits" ou bien "t malade c'est la guerre au liban" et je peux en sortir plusieurs de ce style.

et la on vient de passer de l'amalgame juifs/israeliens a une critique des medias.

Écrit par : sebastien | mercredi, 31 octobre 2007

Effectivement, mais il se trouve que l'actualité du Liban malheureusement ce sont les attentats, les morts, etc.

Mais ce que les Libanais au Liban ne voient pas, c'est que la scène culturelle libanaise est très active, au Liban, comme en France, etc.
En témoigne les posts réguliers de David et Nathalie sur les sujets culturels.
Et contrairement à ce que les gens pensent, on en parle en France!

Écrit par : JiPé | mercredi, 31 octobre 2007

@ Jipé

Je ne parlais pas du reportage d'M6 mais de celui d'envoyé Spécial en date du 17 aout 2006 qui lui n'a pas été diffusé.

Il y a quant même un traitement assymétrique de l'info du Liban en france et à l'étranger et cela même David et Nathalie le reconnaissent dans la fin de leur billet

Mais cette faute est partagée également avec les journalistes libanais collaborateurs de médias étrangers qui laissent dans leur article une teinte de leur parti pris au détriment de l'objectivité de la situation.

Il y a autant de raisons de critiquer Torres par ex que les collabo du figaro ou du monde au Liban et encore on ne parle pas des médias locaux qui extrémisent eux leur clientèles populaires en mal de bagarres sectaires et communautaires, au dela du mythe du médias juif en france, on a notre mythe bien réel au Liban de médias dirigés non pas par une ligne éditoriale mais par une ligne politisée, aboutissant à l'extrémisme sociétal qu'on connait.

Écrit par : frenchy | mercredi, 31 octobre 2007

Euh, les gars, on est déjà à 118 commentaires sur ce post! Ça vous dirait pas de nous mettre un petit truc sur le Nowheristan? Ça intéresse personne?

Écrit par : david | mercredi, 31 octobre 2007

Vous savez quoi, Kouchner, sans doute l'un des plus grands médiateurs que le Liban ait connu, eh bien, son père est juif !!! Qu'Allah le bénisse !

Vous savez quoi ?? Jack Lang, juif au Parti Socialiste, a dit un jour, approximativement : "Chaque fois que vous prononcez le mot bibliothèque, vous faites référence à cette millénaire petite ville de la côte libanaise, Byblos".

Certes, il y a des juifs en France !! Mais beacoup beaucoup de ces juifs portent pour le Liban un amour encore plus fort que le Français moyen ! C'est peut-être que nous sommes tellement proches géographiquement et culturellement !

D'ailleurs, pour information, contrairement aux Etats-Unis, la vaste majorité des Juifs de France sont d'origine orientale ! Et vous savez, quand je vois une personne de ces Juifs-là passer à la télévision (et que ne sais pas encore qu'elle est juive), que je j'entends ses nom et prénom, que je prête attention à sa physionomie et sa façon de parler, il faut vraiment qu'on me le dise pour que sache si c'est un juif oriental ou un libanas !

Alors qu'on m'épargne ces amalgames stupides entre juifs et sionistes/pro-guerre/pro-destruction massive.
Et puis, qu'est ce qu'on s'en fout que les juifs soient venus s'installer en Palestine !
On a cette fâcheuse manie de vouloir se mêler des affaires des autres, et puis on s'étonne que tout le monde fourre son nez dans la politique de notre pays !

Écrit par : Maurice | mercredi, 31 octobre 2007

deux mots et demi:

pas d'accord

:d

Écrit par : sebastien | jeudi, 01 novembre 2007

@ Maurice et Sébastien

A mon avis, il y a surtout en France une difficulté à traiter l'actualité du Proche Orient, notamment les conflits israélo-arabes, sans être déphasé.

Un exemple : le tollé provoqué par les propos d'un député du Hezbollah à l'occasion de la tournée proche-orientale de Ségolène Royal en décembre 2006. Ce député avait, en présence de Royal, assimilé la politique d'Israël à la politique des nazis : scandale en France parce que Royal n'a pas mis fin à la réunion. La candidate socialiste a dû alors expliquer que si il y avait eu une bonne traduction des dires du député du Hezbollah, elle aurait quitté immédiatement la réunion car de tels propos étaient scandaleux.

On est alors en plein déphasage puisque des Français, pétris de l'histoire (noire) de leur pays, porteurs indirects de la responsabilité et de la culpabilité de l'Etat français dans la réalisation de l'Holaucauste, viennent réagir en Français en oubliant totalement le contexte local dans lequel les propos scandaleux ont été tenus.

Certes, les paroles du député du Hezbollah sont grossières et idiotes car aucune assimilation entre la politique nazie et la politique israélienne ne peut être sérieusement faîte.

Pour autant, pourquoi condamner de la sorte ce député du Hezbollah, lequel représente une partie du Liban qui a souffert de l'occupation israélienne ?
A ce que je sache, on ne peut nier les tortures, les disparitions et les meurtres de libanais combattants et civils par l'armée israélienne. On ne peut également nier le sacage des lieux de culte tant musulmans que chrétiens.

Surtout, le Hezbollah n'a pas à porter de responsabilité morale dans la réalisation de l'Holocauste : ce sont quand même les Européens, et notamment les Français, qui se sont rendus coupables ou complices d'une telle atrocité !

Autrement dit, si, nous, en tant que Français, avons le devoir de veiller - compte tenu de notre histoire - au respect, en France, d'une certaine forme de mémoire, nous ne pouvons pas demander au Hezbollah de faire de même.

Fait révélateur : cette simple opinion que j'ai voulu faire connaître sur le site de Libération a systématiquement été censurée.

Donc, oui, pour des raisons historiques, il est difficile de traiter en France l'actualité concernant Israël et sa politique. Oui, des journalistes sont davantage pro-israéliens.
Mais de là à dire qu'il y aurait un mauvais traitement de l'actualité au Liban du fait de sympathies pro-israéliennes, je ne le crois pas.

Écrit par : SJM | jeudi, 01 novembre 2007

1938: "nous avons besoin d'espace vital" (Hitler)


P.S: Hitler n'est pas mon idole, loin de la mais son discours me fait etrangement pense a la politique israelienne.

Écrit par : sebastien | jeudi, 01 novembre 2007

Bonjour,

J'ai découvert ce sujet sur ce blog, par hasard. J'ai pu le visionner ici:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/esclave+liban/video/x39gb8_liban-bonnes-a-vendre-12
http://www.dailymotion.com/www-piankhy-com/video/x39gkp_liban-bonnes-a-vendre-22_news

Quand je dirai que je suis libanais, je baisserai désormais la tête. Car contrairement aux pays arabes du golfe, le Liban est une République. Et à ce titre, les libanais devraient avoir honte. Car, que des voyous existent au Liban, soit, comme partout, rien de plus banal. Mais que l'Etat soit leur complice, alors le voyou, c'est lui. Créer des files d'attentes pour 'les bonnes' (l'orthographe a été respectée), n'est ce pas pour éviter que celles-ci ne se mélangent avec les 'honnêtes gens'? O honte, O éternelle honte!

Franchement, je suis désespéré avec mes compatriotes. Quand on en rencontre un, il n'est obsédé que par une chose = connaitre la religion de son interlocuteur. Nous avons des cartes d'identité avec no religions marquées dessus! Pour devenir Président de la 'République', il faut être chrétien maronite svp, premier ministre? musulmam sunite, président de la chambre des députés? musulmam chiite. On voit qu'ils ne connaissent toujours pas l'article n°1 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen: les hommes naissent libres et égaux en droits. Cela s'applique tellement à ces malheureuses filles. Et après, on veut donner des leçons aux syriens et au Hezbollah?


J'espère que chaque libanais qui se respecte va aller trouver son député pour faire immédiatement cesser cette honte nationale!



Alexandre

Écrit par : Alexandre | samedi, 03 novembre 2007

Alexandre, comme vous avez raison. La première question posée souvent par un interlocuteur libanais est de vous demander de quelle région vous venez afin de deviner votre confession. L'individu libre d'esprit n'existe pas aux yeux de beaucoup de nos concitoyens. Même les étranger se sont habitués à notre discrimination et vous demandent automatiquement si vous êtes chrétien ou musulman; j'ai souvent répondu à la question que je suis à la fois chrétien et musulman à moins que je réponde que je suis libanais tout court, laïc et libre penseur.

Écrit par : kheireddine | samedi, 03 novembre 2007

Alexandre, j'ai vu le documentaire. Quelle honte!

Écrit par : kheireddine | samedi, 03 novembre 2007

je viens de regarder le reportage que j'avais refuse de voir.
je suis horrifie et scandalise par deux choses.

La premiere et la pus importante, la facon dont les bonnes sont traitees. ce n'est pas une revelation pour moi, je connais bien la situation au liban. mais vraiment a ce point la, c'est vraiment inhumain.

la deuxieme me scandalise plus qu'elle ne me choque: la facon de raconter. je vais revenir sur ce qui a deja ete dit plus haut et dans nombre de commentaires. Mme torres parle des bonnes de deux categories de bonnes: celles qui sont tout simplement traitees comme des animaux et celles un peu plus chanceuses qui ont juste le droit d'avoir leur dimanche, mais avec la famille la plus part du tps. elle ne parle jamais de ces bonnes qui sont bien traitees. je le concois elles sont minoritaires mais elles existent et j'en connais.
ensuite elle parle du salaire de ces bonnes. en effet celui ci est bien maigre pour nous francais et reste tres peu eleve malgre tout. mais si on veut pouvoir parler de salaire il faut a mon avis avoir le salaire moyen libanais comme reference. c'est comme si on comparait les salaires entre deux pays sans prendre en compte le cout de la vie de chacun.
troisieme chose, elle arrive chez cette femme pour l'interroger et tombe sur son mari. les jambes bien ancrees dans le sol, la main appuyee contre le mur et le tronc en avant. autant dire qu'il ne s'agit pas d'une posture tres amicale. et elle s'etonne que l'homme ne veuille pas repondre et referme la porte, pardon, claque la porte au nez de mme torres: bizarre a aucun moment je n'ai remarque que la porte etait claquee.

Mme torres a repondu a toutes les critiques qui lui ont ete envoye par le biais de l'orient le jour. elle explique avoir voulu choque, et elle a reussi. mais elle la moindre des choses eut ete d'au moins terminer son reportage sur une ouverture, ne serait ce que pour rendre justice a tous ces employeurs qui ne se comportent pas de la sorte.

Écrit par : sebastien | samedi, 03 novembre 2007

Aux amis Libanais,
"Amis libanais" car dans toute mon enfance et adolescence à Madagascar j'ai cotoyé des libanais et j'ai toujours apprécié leur compagnie, leur gentillesse, leur ouverture d'esprit, leur dynamisme. Quand j'ai su non par par cette émission TV mais à la radio et sur le net que des bonnes malgaches sont reduites à l'état d'esclaves au Liban ce fut un choc pour moi. Notamment l'histoire de cette femme traitée comme un animal, frappée et qui a du fuir et se réfugier dans une église. Maltraitée par des libanais mais sauvée aussi par des libanais. Donc rien n'est perdue. Cet excès de pouvoir, ce mepris de l'autre ne sont certainement dans les gènes des libanais. Comme partout il y a des brebis galeux et permettez moi de compter sur les libanais pour ne pas fermer les yeux sur cette misère et d'aider ces femmes. Elles ne mendient pas, elles ne volent pas, elles ne veulent que travailler et envoyer un peu d'argent à leurs familles. Les arguments "aller voir dans le Golfe" ou ailleurs ne sont pas dignes. Je voudrais garder le respect et l'admiration que je voue envers le peuple libanais et j'espère d'ailleurs que les investisseurs libanais viendront à Madagascar et que les libanais et les malgaches travailleront en toute intelligence dans l'interêt,le respect des deux peuples. Et peut être des bonnes malgaches bien traitées et formées au Liban, participeront à ce chantier. Et que vive l'amitié entre nos deux peuples !

Écrit par : denis | dimanche, 16 décembre 2007

Denis,

Bravo pour votre post modéré, plein de bon sens, et constructif ! En tant que Libanais d'Afrique, je sais à quel point l'amitié et la coopération économique entre les Libanais, les Africains, mais aussi les Malgaches, est forte, et réelle !
Croyez-moi, ce ne sont pas ces quelques connards qui mènent la vie dure à des employées de maison, venues d'autres continents, qui gâcheront l'amitié entre nos peuples.
Quant à moi, qui ai eu de nombreuses occasions de fréquenter des Malgaches (dont des femmes malgaches, mariées à des expatriés français, et très connues pour leur beauté et leur charme en Afrique), j'ai très envie de visiter cette grande île, qu'on m'a souvent décrite comme paradisiaque, et d'encourager d'autres Libanais à le faire.

Écrit par : Georges | dimanche, 16 décembre 2007

Quelle tristesse de voir corroborée par ce reportage une opinion contre laquelle j'essaye de lutter depuis presque deux ans mais qui, je dois l'avouer est en train de s'enraciner en moi.
Partageant une colocation avec un Libanais depuis plus d'un an , je me rend compte malgré ce qui a pu être dit auparavant qu'un sentiment de supériorité, un manque cruel d'humanité et un racisme religio-culturel profond imprègnent ce pays et ses habitants; tous, certainement pas mais beaucoup j'en suis convaincu.
Sont-ils des conséquences d'une instabilité politique perpétuelle ou bien la manifestation revencharde de classes aisées qui voient leur patrimoine s'envoler, je ne suis pas capable d'y répondre.
En revanche j'ai pu constater qu'il y a ce quelque chose d'abjecte et je pèse mes mots chez certains Libanais et peut-être plus encore chez les Libanais chrétiens de la diaspora, de considérer le reste de la terre comme de la boue, la seule est unique chose trouvant grâce à leurs yeux étant la réussite économique, d'un pays ou d'un individu. si vous n'êtes pas dans une de ces possibilités vous n'êtes rien. Quelle déception venant d'un peuple à l'origine de l'écriture.
Messieurs les Libanais moi, qui en emménageant pensais découvrir une autre façon de penser, je suis bien déçu de voir que vous ne puisiez pas dans votre culture séculaire pour en tirer la force de vie et de paix et les appliquer par la culture et la tolérance à la reconstruction de votre beau pays meurtri.
Je déplore ce gaspillage d'énergie et d'intelligence disséminé dans le monde , bien loin du Liban qui a besoin de vous, c'est de l'intérieur que l'on change les choses mais seulement avec un véritable désir de paix , de pardon et de tolérance.
Je sais j'ai beau jeu de dire cela , moi , en France . Mais en d'autres temps ma famille a connu ses troubles et ses ennemis aussi alors ma situation privilégiée en occident ne donne pas moins de poids à mes propos.
J'espère que les Libanais réussiront un jour à atteindre non pas leurs objectifs de carrière et de réussite économique individuelle pour lesquels ils excellent mais mettrons leur énergie à établir un pays capable de les accueillir et de les préserver de la guerre, ce qui rendra ceux dont je parlais plus haut plus humains. Merci

Écrit par : pierre | jeudi, 06 mars 2008

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