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vendredi, 16 novembre 2007

Un petit rien en moins ?

livre_ouvert.jpgCet objet est devenu un produit de luxe. Comme la Danette au chocolat. Au Liban, acheter une BD pour compléter une série, acheter un livre pour ses enfants, devient un acte hautement sensible. Avec l’euro à 1.46 dollar, flâner dans une librairie prend parfois des tournures masochistes.

Cela pourra paraître futile de parler du prix des livres alors que l’essence vient d’augmenter, que la boîte de 6 œufs passe la barre des 2000LL, que l’électricité manque cruellement (j’arrête ici la liste, Nat l’a déjà dressée plus bas). Mais pour nous, un livre n’est pas tout à fait un bien de consommation comme un autre: c’est une ouverture sur le monde, un ticket d’évasion pour nos cerveaux, des puits de savoir que l’on peut consulter à l’envi même s’il n’y a pas de courant justement. Même périmés, certains restent intéressants, comme le Que sais-je? sur le Liban édité en 1985 que je viens de relire et dont la conclusion, écrite en pleine guerre, reste étrangement d'actualité.

J’en parlais aux étudiants du DES, et certains me répondaient que s’ils cherchaient une info, ils allaient simplement sur Google ou Wikipedia. Sommes-nous déjà des dinosaures, la trentaine bien entamée, pour voir dans les livres une source de savoir bien moins périssable que l’est Internet? Au Liban, les livres – surtout francophones – sont-ils condamnés à l’oubli, ou même simplement à devenir le privilège d’une élite qui a les moyens financiers de se les procurer? Je trouve ça terrifiant de se dire ça.

L'un des livres préférés de nos filles, intitulé Les petits riens qui font du bien et ne coûtent rien, liste tous ces petits gestes de la vie qui apportent tant de petits bonheurs, parmi lesquels respirer le doux parfum d'un livre neuf. Aujourd'hui, ce petit rien-là n'en est plus vraiment un.

Commentaires

Tiens, j'y vais de ce pas créer une bibliothèque pour que tout un chacun puisse bénéficier du savoir moyennant un abonnement trimestriel, ou semestriel ou annuelle.
Oui mais le problème, c'est que certains sont loin mais très loin de la civilisation, à des années lumière....
et puis, j'ai peur qu'on me brule ma bibliothèque, le savoir permet la critique et on ne critique pas le divin surtout pas son représentant.
Le mieux pour moi, c'est d'aller boire les mots d'un certain représentant de dieu, cela me motivera à être plus haineux, moins tolérant, plus fanatique, moins etc...

Écrit par : miniliban | samedi, 17 novembre 2007

Ah! Mon expérience de la formation m'a appris qu'il ne faut pas se laisser entrainer dans cette direction, les vieux c... face aux jeunes petits loups!
- Le livre et l'Internet sont naturellement complémentaires, tout simplement parce que le second est issu du premier.
- D'autre part, on ne trouvera jamais sur la vaste toile, tout ce qui est dans les vieux bouquins...
- Quiconque cherche quelque chose ne doit pas oublier ça...

Enfin... Merci pour vos infos! Je risque de venir à Beyrouth au début janvier, mais ça dépendra "un peu" des "événements" et du "résultat des courses", la présidentielle.

Bien amicalement!
- Le matelot blogueur
- http://marine-inconnue.20minutes-blogs.fr/

Écrit par : Thierry BRESSOL | samedi, 17 novembre 2007

C'est tellement vrai ce que vous dites ! J'ai l'imptression qu'au Liban, et aussi en France, mais dans une moindre mesure - le livre est désormais un simple produit utilitaire : on "consomme" un livre de marketing, d'informatique... quant au fait qu'on puisse lire par plasir, ou simplement pour apprendre quelque chose de non-professionnel, non-économique, non-rapporteur d'argent... c'est carrément une pensée d'extra-terrestre. A rapprocher de cette absence d'éducation au bon goût, à la beauté, et à ses conséquences : le fait de succomber, pour ses enfants, aux produits dérivés Spiderman ou Harry Potter, et plus grave, l'abandon du patrimoine, le mépris de l'environnement, de la nature ("ha bon, qu'est ce que ça peut me rapporter ?"), et plus grave encore, la perte de l'esprit civique, du recul et de l'esprit critique (non, je ne dirais rien de l'orientation politique, désastreuse, de nombreux Libanais que je connais...).
Si le Liban est un esprit, une culture, un message, sa mort, ce serait l'abandon des livres, et de la recherche et de la maturation personnelle qu'ils engendrent. Bon, c'est un peu mélo, mais ça me parait très réel, malheureusement.

Écrit par : ludovic | samedi, 17 novembre 2007

Je relaterai simplement une anecdote racontée par la responsable d'une librairie (qui vend aussi quelques jouets) que nous fréquentons très régulièrement. Une client s'était présentée à la recherche d'un cadeau d'anniversaire pour un enfant de 8 ou 9 ans. La responsable lui avait alors proposé une sélection de bouquins. Outrée, la client l'avait toisée de très haut et avait rétorqué: "C'est pour son anniversaire, je ne vais pas le punir!"

Écrit par : nathalie | dimanche, 18 novembre 2007

Au Liban, le rythme scolaire étant généralement très exigeant dès le primaire, les enfants passent beaucoup de temps à travailler après l'école.
Du coup, les livres ne peuvent plus être vus comme une distraction pour les élèves, étouffés comme ils le sont par le poids des devoirs.

Écrit par : Ancien élève | dimanche, 18 novembre 2007

Depuis que j'ai appris à lire, j'ai considéré la lecture comme un plaisir. De nos jours, que ce soit en France ou au Liban, il semble que pour les enfants et les ados (et même pour un nombre croissant d'adultes) la lecture soit désormais perçue comme une contrainte.

L'école a probablement une part de responsabilité dans cette désaffection (les rythmes scolaires sont effectivement assez inadaptés, encore plus au Liban qu'en France), mais il ne faut pas non plus oublier la part de responsabilité des familles: il est parfois plus facile de laisser un enfant "s'abrutir" derrière un écran que de l'accompagner dans la lecture.

Écrit par : alexandre | lundi, 19 novembre 2007

Ah, les livres ... Pendant les belles étrangères, j'ai découvert la littérature libanaise que je ne connaissais pas si riche...(à part Amin Maalouf et Khalil Gilbran)
Pour en revenir aux livres en eux mêmes, j'ai eu le plaisir de recevoir un beau cadeau (300 euros en bon d'achat dans une librairie) et j'ai été étonnée par le nombre de clients que j'y ai rencontré. Il est vrai qu'il n'y avait pas beaucoup de "jeunes" (je ne me considère pas "vieille", même à quarante ans). J'ai eu la surprise d'entendre mon fils me demander un livre (il ne lit pas, malgrès tout ce que j'ai entrepris pour lui transmettre mon amour du livre).
Tout cela pour dire que la faute n'est pas uniquement celle des parents. Même s'il est vrai, qu'en général je suis perçue comme un spécimen rare dans le milieu où j'évolue depuis mon retour en France. Ma fille de 17 ans lit un peu plus, et une de mes nièces est ce que j'appelle une "papivore".
En ce qui concerne l'éducation nationale en France, les bonnes habitudes se perdent. Quand j'étais à l'école (voilà que je parle comme une "ancienne"), nous devions lire un certain nombre de livres choisis dans une liste, et que nous devions résumés. Pourquoi ne le font ils plus ???

Écrit par : fourmie104 | mercredi, 21 novembre 2007

@fourmie104: moi aussi je me souviens de toutes ces lectures obligatoires qui m'ont permis d'acquérir une certaine culture générale, et surtout qui m'ont donné goût à la littérature. Il semble effectivement que ces méthodes pédagogiques n'aient plus vraiment cours dans l'éducation nationale, ce qui est fort regrettable.

Cependant, il y a pire: nos chères têtes blondes n'apprennent même plus à lire ou à écrire convenablement. Dans le passé, lorsque je dispensais des travaux dirigés à des étudiants de 1ère année à la fac, j'ai découvert avec stupéfaction que certains savaient à peine lire et écrire; certains étaient même quasi-incapables de formuler une phrase à l'oral.

En conclusion fourmie104, encouragez votre fille et votre nièce à continuer à lire, car plus tard cela leur permettra de faire la différence avec la cohorte toujours plus nombreuse des crétins analphabètes.

Amitiés.

Écrit par : alexandre | mercredi, 21 novembre 2007

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