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mardi, 22 janvier 2008

Coup de pied au cul(te de la personnalité)

Ça doit être un phénomène propre aux pays du Tiers Monde. Au Liban, les portraits de figures politico-féodales et autres martyrs font partie du paysage urbain. Il y a les morts bien sûr, de Béchir Gemayel à l’imam Moussa Sadr en passant par cette bonne vieille trogne d’Elie Hobeika (dans son cas, la résurgence est saisonnière puisque l’on «fête» en ce moment le 6e anniversaire de son dégommage). Et il y a les vivants aussi. L’emplacement géographique de ces portraits délimite d’ailleurs bien les territoires: Hassan Nasrallah est champion toutes catégories du culte de la personnalité (que l’on soit à Dahiyé, Baalbeck ou Tyr), suivi d’un peloton constitué de Michel Aoun (champion du monde à Baabda-Aley), Samir Geagea (mister Univers à Nasra ou Bcharré), et Rafic Hariri (tycoon-martyr à Qoreytem et Saïda). Le pauvre Nabih Berry est un cas un peu particulier, lui qui pose si bien devant les objectifs, puisqu’il doit se trouver quelques mètres carrés au soleil là où Nasrallah daigne lui accorder un peu d’espace. Et puis il y en a un autre, un peu à part: c’est le président de la République.

En 1998, au moment de son arrivée à la tête de «l’Etat», Emile Lahoud avait annoncé haut et fort la couleur: pas de culte de la personnalité pour lui. Ô grand jamais! Son portrait officiel n’ornerait que les bureaux des administrations. Résultat: pendant des années, nous avons eu droit à son sympathique faciès à chaque coin de rue, en uniforme avec l’air sérieux, ou en costard blanc-beurk avec sourire Ultrabrite et bronzage ATCL. Il était partout. Mention spéciale à deux affiches: la première, gigantesque, plantée à Adonis en 2004 avec comme slogan «L’homme de la décision» (warf warf), la seconde à la sortie de Tripoli, le plaçant tel Dieu le père bien entouré de Bachar et de son cher papa, feu Hafez (tiens, ça sonne étrangement «feu Hafez»…). Il s’était certainement laissé griser par l’ivresse du pouvoir (qu’il n’avait pas). Cela fait maintenant deux mois qu’il est au placard, que le Liban est donc sans président. Les portraits de Mimile 1er ont disparu des murs de Beyrouth et d’ailleurs. Les fonctionnaires libanais ont l’air un peu désorientés face à ce cadre photo désespérément vide mais toujours planté au mur. En revanche, dans les rues, cela a fait un peu de pollution visuelle en moins.

827933ad4e54fe34c958d4a4aac88453.jpgMais au Liban, il ne faut pas se réjouir trop vite! Depuis quelques temps, tout ce qui ressemble à un pan plus ou moins vertical voit fleurir de nouvelles affiches. Et voilà! Monsieur S. n’est pas encore président que son portrait s’étale déjà un peu partout. En version sérieuse exclusivement, avec son regard profond tourné vers l'horizon, sa casquette militaire vissée sur le crâne et le logo d’une armée qu’il n’a pas encore quittée. Et ça me tape sur les nerfs.

Notre chère république a, sans le vouloir (?), institué une 18e confession: la congrégation de la sainte armée libanaise. Je reconnais plus que volontiers le mérite de cette institution qui constitue aujourd’hui le dernier rempart face à un possible chaos civil. Mais de là à accepter l’idée que Sleimane représente désormais la seule et unique solution politique pour le pays, il y a un pas que je me refuse à franchir. Le matraquage visuel qui nous est aujourd’hui imposé traduit une telle instrumentalisation de l’image de l’armée qu’en fin de compte, cette nouvelle pollution visuelle suscite en moi un rejet épidermique de ces hommes que l’on célèbre systématiquement comme les nouveaux messies, à grands coups d’affiches, de banderoles, de posters…

Toutes les huiles du pays (qui aiment tant voir leurs bobines placardées) nous ont donc présenté (à tour de rôle mais jamais simultanément, ce serait trop simple) ce candidat virtuel qui n'a jamais officiellement fait acte de candidature, comme la panacée à tous les maux du pays. Comme si son omniprésence sur nos murs suffisait à s’abstenir de mettre sur pied un programme politique, économique et social, et dispensait le peuple de réfléchir plus loin (y compris à une alternative). Cette «stratégie» est d’ailleurs valable pour tous, de quelque bord que soit l’objet de ce culte de papier. Et c’est toujours la même question qui revient: où est la démocratie dans tout cela? Oui, oui, on sait, la démocratie consensuelle à la libanaise suit ses propres règles, et on n’est pas à une aberration près.

Bref, l’essentiel est sans doute ailleurs: mandat après mandat, l’ego de nos Abraracourcix locaux est flatté tous les 100m sur la voie publique. Vous me direz, cela fait bien longtemps que celle-ci n’appartient plus au public mais aux afficheurs. Mais ceci est une autre histoire.

Commentaires

on pourrais faire des échanges de posters :je vous offre deux sarko et trois moubarak contre :au fait c'est qui déja votre président ?????

Écrit par : josiane | mardi, 22 janvier 2008

josiane

il n'y a pas de president au liban

Écrit par : sebastien | mardi, 22 janvier 2008

faudrait tout bruler et recommencer à 0 ouiiiiiinnnnnnnnnnn j'aime le libaaaaaannnnn et j'en ai marre de le voir comme çaaaaaaaaa ouinnnnnnnnnnnn

Écrit par : pascal2nice | mardi, 22 janvier 2008

Le truc que je me demande, c'est qui décide de placarder ces affiches? Est-ce l'armée? le gouvernement? un quelconque ministère? des militants?

Je me souviens des répressions d'aout 2001 devant le palais de justice... dès le lendemain, des centaines d'affiches de Lahoud étaient accorchées sur les murs de Beyrouth histoire de rappeler qui commande...
Les afficheurs d'il y a 7 ans ne sont-ils pas les mêmes que ceux qui affichent des portraits de Sleiman?

Écrit par : JiPé | mercredi, 23 janvier 2008

@ JiPé (ça faisait longtemps!)

En effet, bonne question et je regrette de ne pas l'avoir posé: qui colle ces affiches?

Écrit par : david | mercredi, 23 janvier 2008

Pour ma part, j'aimerais savoir qui supporte réellement le coût de ses affiches? Ceux qui posent dessus? Les partis politiques? Ou le contribuable?

Je ne serais pas surpris que l'ensemble des libanais payent ces affiches à la gloire de leurs politiciens.

Écrit par : alexandre | mercredi, 23 janvier 2008

sebastien: heu, ça veut dire quoi président?

pascal2nice : moi aussi ouiiinnnnnn !!!! un immense feu de joie avec toutes ces affiches.......

Écrit par : mc | mercredi, 23 janvier 2008

Hé sébastien je sais bien qu'il n'y a pas de président au Liban !
c'est pour ça que je propose un échange comme ça la france serait débarrassé de sarko !

Écrit par : josiane | mercredi, 23 janvier 2008

josiane attends tu detestes le liban a ce point la pour donner sarko au liban???? tout mais pas ca. en deux jours il arriverait a se mettre tous les partis a dos. je n'ose mm pas imaginer ce qui pourrait se passer.

Écrit par : sebastien | mercredi, 23 janvier 2008

"Ça doit être un phénomène propre aux pays du Tiers Monde."

« À New York ou Buenos Aires par exemple, où il n’y a pas d’enjeux confessionnels, l’on retrouve des graffitis qui marquent les territoires des gangs. Par contre, l’attachement de la population aux photos des chefs est propre aux pays arabes et à la Turquie. Dans les autres pays, il est extrêmement rare de retrouver des quantités aussi considérables de portraits, de statues et d’icônes à l’effigie d’un chef quel qu’il soit », souligne une urbaniste, dans l'Orient-Au-jour-d'hui :
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=362764
Vos articles sont complémentaires. :) L'un donne un coup de pied au cul(te) de la personnalité, l'autre met l'accent sur l'enjeu confessionnel, notamment la fracture sunnite-chiite.

"Il y a les morts bien sûr, de Béchir Gemayel à l’imam Moussa Sadr"
Comme dirait quelqu'un de plus FL que moi : « Béchir hay fina » ("Bachir lives in us" ou ailleurs), mais Mouss ?! L'imam Sadr est mort ?! Vous êtes sûrs de cette information ?
Aux dernières nouvelles, il croupissait dans une geôle libyenne et humide, caressant l'espoir - unique - que Carla S. 'obtienne sa libération someday.
L'Espoir ("Le mouvement Amal", en libanais) fait vivre. J'en veux pour preuve le haut conseil chiite qui n'a toujours pas de Président, depuis la disparition de Sadr, mais ce corrumpu de Qabalan à sa tête. Lui ne risque pas de faire l'objet d'un culte - il a autant de charisme qu'un grille-pain et non à cause de sa corruption, évidemment -, mais mérite le coup de pied.

"L’emplacement géographique de ces portraits délimite d’ailleurs bien les territoires"
Ancêtre du GPS, pratique pour s'orienter, en temps de guerre, gratuit et constamment mis à jour, l'essayer c'est l'adopter.

Écrit par : SB | mercredi, 23 janvier 2008

@ David

oui ça fait longtemps; si je n'ai pas laissé un ptit mot depuis un ptit bail, je consulte toutefois votre blog tous les jours.

J'ai pu recevoir le numéro de coming out. Enfin, un article axé plus sur la culture et la musique.

La politique commence à me donner des boutons, et au Liban il n'y a pas que la religion qui est l'opium du peuple.

Écrit par : JiPé | mercredi, 23 janvier 2008

le pire c'est qu'y a des couillons qui se battent avec d'autres couillons quand l'un d'entre eux décide de mettre une affiche là où elle ne devrait pas se situer (enfin d'après le gps Libafich'2000)

Écrit par : pascal2nice | mercredi, 23 janvier 2008

En fait tu te demandes dans ton article comment les libanais acceptent sans broncher qu'on leur impose Sleimane mais tout le problème vient du modèle démocratique que le Liban adopte : le suffrage INDIRECT.

Bref, les libanais croivent participer à une quelconque démocratie mais en fait les politiciens libanais gardent le pouvoir pour eux (et se le transmettent de père en fils sans impôts sur la sucession hihi). Les libanais n'ont donc plus leur mot à dire.

La seule solution à peu près correct c'est le suffrage direct : avec ça on l'aurait eu notre président depuis 2 mois déjà. Le peuple décide, c'est ça la démocratie.

Z

PS : remarquez, le suffrage direct n'est pas non plus la meilleure solution car il ne répond pas suffisament bien à la dimension religieuse qui fait la réputation de notre pays.

Écrit par : zicco | mercredi, 23 janvier 2008

@ M. David en particulier et aux blogueurs que cela interesse,

Les affiches sont systématiquement placardées LA NUIT…
Allez savoir pourquoi…
Les afficheurs agissent comme de voleurs ou des bandits, en fait…Ils craignent d'être repérés par des gens d'une tendance adverse qui pourraient s'attaquer à eux, les provoquer ou engager des altercations verbales avec eux…
Encore une remarque, si je puis : ceux qui ont placardé partout les portraits de Suleiman sont ceux, à mon sens, qui s'opposent le plus à son accession au pouvoir… Cette campagne d'affichage est vraisemblement destiné à le "griller", comme on dit en France…Plus ses photos se repandent, moins ses chances d'arriver au pouvoir sont grandes…C'est pathetique...
Je me demande parfois quel genre de discussions puisse etre tenu au cours des repas de dimanche de la famille Suleiman...C'est pitoyable a pleurer...
D'ailleurs Suleimane a bien fait d'ordonner le retrait de ses propres clichés… Mais qui en tient compte dans les faits ?
Allez, Bonne journée…et à plus…

Écrit par : Paradis | mercredi, 23 janvier 2008

@zicco
le problème du Liban vient de la mauvaise volonté
avec de la bonne volonté on peut trouver pleins de solutions !

Écrit par : mc | mercredi, 23 janvier 2008

@mc
Oui mais pour ça il faudrait une conscience collective ou même l'idée d'une conscience collective. Désolée, c'est un peu amer ... mais on restera quand même dans votre beau pays!

Écrit par : Juliette | mercredi, 23 janvier 2008

@ mc

Non, surtout pas d'immense feu de joie avec toutes ces affiches! Merci la pollution avec la combustion de l'encre! Et puis toutes ces affiches, faut bien les imprimer. Ça fait du boulot pour ces pauvres imprimeurs de quartier. Y'a peut-être une piste de réglement de la crise libanaise, là. Si ça se trouve, les hommes politiques – même les plus opposés – ont TOUS un point commun: ils ont TOUS un cousin imprimeur.

@ SB

Sans aller jusqu'à la fracture chiite-sunnite, il suffit de se balader à Chiyah: là-bas, il y a des rues avec d'un côté des drapeaux verts d'Amal, de l'autre les drapeaux jaunes du Hezb... Pour le coup, le marquage du territoire, genre toutou qui fait sa pissette, n'a jamais été aussi flagrant.

@ zicco

Le pays n'est absolument pas prêt au suffrage universel direct. Malheureusement, dans le cas du Liban de 2008, le système de "grands électeurs" est encore le meilleur. Le problème, c'est la composition du collège électoral!

@ Paradis

Je ne crois pas que Sleimane, comme les autres, s'opposent vraiment au "placardage" de son portrait. Il y a des banderoles énormes pendues sur les ponts. S'il voulait vraiment les faire disparaître... Et de toute façon, ce serait vraiment une stratégie inédite au Liban de la part d'adversaires politiques que de rajouter des portraits pour "griller" sa candidature. La réalité est, pour une fois je crois, beaucoup moins tordue que ça.

@ Juliette

Oui, c'est un p****n de beau pays. J'étais dans la Bekaa aujourd'hui, recouverte d'un beau manteau blanc. Magnifique. Avec comme terminus les caves troglodytes de Ksara. Encore une découverte pour moi, malgré les années qui s'additionnent... Il y a toujours tant de belles choses à découvrir ici.

Écrit par : david | mercredi, 23 janvier 2008

ah ben voila quand on parle pas de bouffes on finit par parler de vin, ce qui n'est pas pour deplaire au bordelais que je suis.

Écrit par : sebastien | mercredi, 23 janvier 2008

oui c'est vrai que moi aussi je serais curieux de voir ce que donnerait un système de suffrage direct. je ne pense pas comme semble le croire beaucoup de monde que l'on aurait des divisions et des tensions par rapport à l'appartenance ethnico-religieuse des candidats.
je crois au contraire que la vraie démocratie se mettrait en place tout naturellement, les candidats et les partis proposant ainsi des programmes politiques à l'echelle nationale et non plus locale puisqu'ils devraient séduire non pas une partie de la population mais l'ensemble des libanais.
les libanais voteraient pour le programme qui les attire le plus, qui leur propose les meilleures solutions par rapport à leur situation. chacun étant dans une situation particulière, les gens ne veraient pas les mêmes interêts dans le même personnage ou le même programme.

maintenant, il est évident qu'aucun des partis politiques actuels, aucun de nos hommes politiques (je ne sais même pas si ils meritent cette appelation, ils en font rarement de la politique au final) n'est même prêt à envisager de changer d'un cheveu la constitution libanaise pour aller vers ce sufrage direct.
en fait quand je proposais de tout bruler, finalement la solution n'est pas de bruler le pays et de tout recommencer, il faudrait juste bruler tous les politiciens et interdire l'acces au pouvoir au moindre membre de leur entourage, même le plus lointain, et là on pourrait tout recommencer sur de bonnes bases!

Écrit par : pascal2nice | jeudi, 24 janvier 2008

@juliette
collective c'est déjà le cas, il ne reste plus qu'à trouver la conscience... j'en suis consciente et je ne suis pas la seule ! Profitez de notre beau pays (je profite du vôtre, mais le mien me manque!)...

@david
ok ok pas de feu, que du recyclage pour faire du beau papier blanc. La Bekaa blanche... tu me fais rêver !


et personne n'a vu le arab gps sur youtube? (faudrait peut être un traducteur!)

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

mince, c'est actif les grêves !!!!!

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

@mc
On ne sait pas vraiment ce qui se passe. Ca dérape ici et là, les infos se contredisent. Tout ceci ressemble à une avant-première (c'est en tout cas ce que des partisans de l'opposition déclarent), ou plutôt à un test histoire de voir comment l'armée réagit. Et c'est extrêmement déprimant...

Écrit par : nathalie | jeudi, 24 janvier 2008

nathalie,
quand je pense que plus d'un million de libanais a manisfesté un certain 14 mars sans qu'il n'y ait une giffle , ou un mot de travers.... comment ont-ils réussi à nous rediviser comme ça?

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

@mc
Je ne sais pas exactement à quel "nous" tu fais référence car quand même, "un certain 14 mars" avait été précédé d'un "certain 8 mars" :)
Il y avait déjà une division à l'époque sauf que le désaccord (officiellement) portait sur un élément extérieur. Comme partout dans le monde, c'est plus facile de rassembler contre un ennemi commun que de rester unis quand il s'agit de régler des différends internes. Et puis, un million de personnes, ça laisse trois autres millions (c'est valable pour tout ceux qui, à coups de manifs, se targuent de représenter la "vraie" majorité, opposition comme 14 mars).
Non, sérieusement, je suis de plus en plus convaincue que le vrai problème réside dans le fait que deux visions, deux projets de Liban s'affrontent. Et ils sont difficilement conciliables.
Un bon exemple, c'est justement l'ambiance et l'esprit de ce fameux 14 mars (ha, l'humour des slogans...). Indépendamment des hommes politiques qui l'ont récupéré et qui ont fini par étouffer l'espoir dans l'oeuf (et honnêtement, c'était totalement prévisible, on m'accusait de jouer les rabats-joie mais...), j'opte sans aucune, mais alors aucune hésistation pour cette identité là, surtout après avoir passé des heures à couvrir les manifs de l'opposition.
Toute la question est de savoir si les deux peuvent cohabiter. J'ai longtemps cru que oui mais cela tourne à la méthode Coué. Et attention, je ne parle pas de partition confessionnelle ou sociale, mais d'identité, de culture, de regard sur le monde.

Écrit par : nathalie | jeudi, 24 janvier 2008

en effet il y avait déjà un "certain 14 mars" (récupéré par les politiciens certes, et étouffé dans l'oeuf, mais j'avais plus d'espoir que toi, à l'époque, apparemment...)
et c'est ce 14 mars qu'ils ont réussi à rediviser...
j'y croyais aussi, et comme toi je me demande aujourd'hui si ces 2 visions vont réussir à cohabiter !!!

On s'accroche quand même, parce que dans le fond, beaucoup de personnes de l'opposition partagent la même vision que nous pour certaines choses...

On veut tous aller à Rome, mais on se dispute pour le choix du chemin!

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

"Les affiches sont systématiquement placardées LA NUIT…
Allez savoir pourquoi…"
Pour être plus tranquille. C'est ce que fait le FN, en France, en pleine NUIT ou à l'aube, pour les banlieues chaudes, juste après que "lara caille" soit partie se coucher.

"ils ont TOUS un cousin imprimeur."
:D avid, bien vu.

"oui c'est vrai que moi aussi je serais curieux de voir ce que donnerait un système de suffrage direct."
À terme, les Libanais l'éliront au suffrage universel. Dans l'immédiat ? Nasrallah serait le faiseur de présidents. Son poulAoun - si Hassouna tenait parole - pourrait tab(ou)ler sur un % soviétique au sein des chiites (les plus nombreux), une confortable majorité chrétienne (CPL + Marada + Skaff le catholique + Tashnaq (Arméniens) + Orthodoxes "laïques"-militants PCL, PSNS, Baas et autres nationalistes arabes. Il pourrait se passer de Michel el-Murr), auxquels s'ajouteraient minorités (pro-syriennes) sunnite & druze, et éventuellement des 'indépendants'.
Donc t'es gentil, t'oublie pour l'instant. :)
S'ils veulent le suffrage universel, qu'ils amendent d'abord la Constitution et adoptent une loi accordant aux Libanais de la diaspora, le droit de vote, et aux Libanaises, celui d'octroyer leur nationalité à leurs enfants.
À ce propos : http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=362932

"maintenant, il est évident qu'aucun des partis politiques actuels, aucun de nos hommes politiques [...] n'est même prêt à envisager de changer d'un cheveu la constitution libanaise pour aller vers ce sufrage direct."
Si. Le Général de Vessie l'avait proposé - repris en choeur par Nasrallah. Quelle belle amitié! - il y a 5 mois et encore récemment, il a remis ça : http://lebnanews.com/Newlib/content/view/2122/68/ Entre-temps, il a "soutenu" Sleimane. Chercher l'erreur...

"c'est plus facile de rassembler contre un ennemi commun que de rester unis quand il s'agit de régler des différends internes [...] le vrai problème réside dans le fait que deux visions, deux projets de Liban s'affrontent. Et ils sont difficilement conciliables."
How right you are!

"On veut tous aller à Rome, mais on se dispute pour le choix du chemin!"
Celui de la destination, plutôt. Damas, Riyad, Paris, Téhéran(geles) ou Washington, rarement Beyrouth. Deux choix (plus ?) s'affrontent. Ce qui rejoint ce que disait nathalie.

Écrit par : SB | jeudi, 24 janvier 2008

les libanais ne sont pas vraiment pas pret a voter au suffrage universel. il faudrait a ce moment la que le poste de president ne soit plus reserver aux maronites etc.... mais je vois mal un chiite voter pour un maronite ou un armenien voter pour un candidat kataeb, meme si le programme de l'un ou l'autre est le meilleur pour le bien du pays.

je crois qu'il va falloir se contenter pendant lgtps du confessionalisme dans la politique libanaise. comme il a ete dit plus haut, finalement ceux sont deux mentalites differentes qui s'opposent, l'occident contre l'orient et je pense que c'est de plus en plus inconciliable.

alors que je suis absolument contre le systeme federal au liban, j'en arrive a me demander si ce n'est pas une solution a envisager????

Écrit par : sebastien | jeudi, 24 janvier 2008

SB : mon "Rome" ne représentait pas une ville ni un pays, mais le "bien" du Liban et les chemins pour y arriver représentaient tes destinations :-)

"le vrai problème réside dans le fait que deux visions, deux projets de Liban s'affrontent. Et ils sont difficilement conciliables. How right you are!" en effet oui, mais ce qui me désole le plus c'est que certains dans l'opposition sont dans le fond plus proche de l'autre vision...

vive les pommes de terres frites!

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

Nathalie:
j'ai peut-êrtre l'air bête,mais tant pis;on ne peut pas tout savoir!
c'est quoi,en qq mots, les deux visions politiques du Liban?
comme ça,je me coucherai un peu moins c... ce soir.
merci de m'instruire...

Écrit par : jean-marc | jeudi, 24 janvier 2008

@SB
Ha, ta patte inimitable qui me fait toujours bien marrer même si je dois parfois relire pour piger tous les calembours (tu devrais déposer des copyrights :D)
Pour le suffrage universel, on voit ce que ça donne chez les voisins dont les scores soviétiques prouvent qu'un bon paquet de parpaings du mur de Berlin ont trouvé preneurs dans la région. 20 ans de retard(és), et pas seulement pour ce qui est du système électoral...
Bref,ce que j'aime bien, c'est le paradoxe des propositions (en même temps, quand un Aoun annonce qu'il "s'en tient à sa proposition initiale et qu'il rajoutera de nouvelles conditions tous les jours" sans que la contradiction en une même phrase ne fasse tiquer qui que ce soit, faut pas s'étonner): donc, suffrage universel tout en clamant haut et (surtout) fort (30 000 missiles) que le système ne peut fonctionner sur base d'un consensus (euh, pendant 30 ans, étonnamment, l'opposition était absente du gouvernement sans que ça gène personne, c'est un peu comme pour les coupures d'électricité pour justifier de brûler des pneus, c'est vrai, avec des ministres de l'opposition au gouvernement, le baril de Brent aurait perdu au moins 20$) et que donc la majorité doit composer avec la minorité qui doit avoir un droit de véto ce qui fait qu'on se demande à quoi ça sert de faire la distinction entre les deux et même d'élire qui que ce soit. Mais, si je ne me trompe, pour qu'un président soit élu au suffrage universel, il faut qu'un majorité d'électeurs votent pour lui, donc on en revient à la question de majorité/minorité à moins que l'on parte du principe que dans ce cas, il faut un tiers de (dé)blocage sur le président et gnagnagna... Bon, j'arrête parce que ça tourne en rond.
Plus sérieusement, tu soulignes un point qui nous concerne directement: le droit de vote pour les Libanais à l'étranger (et non pour les "étrangers" au Liban, ça changera un peu) et le droit pour les femmes de donner la nationalité à leurs enfants. En admettant que cela soit admis, je crois que certains reverraient leur copie.

@pascal2nice et zicco
Franchement, faut arrêter de rejeter la faute en permanence sur nos chers politiciens (profitez-en, c'est pas souvent que je ne leur casse pas de la halawé sur le dos): ils sont là parce que les Libanais les laissent être là, parce que les Libanais votent pour eux (ou pour leur portefeuille), parce que les Libanais tirent en l'air quand ils font un discours, parce que les Libanais continuent de penser en termes de figures féodales et non en termes de principes et de convictions politiques. S'en débarasser, ce serait pas mal, mais après? La plupart des Libanais qui auraient pu prétendre à construire le pays sur de nouvelles bases, plus saines, plus mûres, et bien ils se sont barrés ou ils sont en train de le faire!!! Et c'est bien ce qui me fait ch... "On" (me demandez pas qui, j'en sais rien et je veux pas le savoir) est en train de vider le pays de son capital humain et de transformer les populations restantes (oui, oui, "les") en troupeaux bêlants qui ne savent plus jurer par autre chose que par Saint X, Sayyed Y ou Abou Z!!! Appliquer le suffrage universel signifie que l'on donne une responsabilité au peuple (regardez où ça nous a menés en France, héhéhé). Et là, excusez-moi, je ne crois pas que les Libanais y soient prêts, à mon grand regret. Regardez la conduite, l'environnement, même l'enseignement, l'éducation des enfants! Faudrait déjà se mettre d'accord sur l'Histoire du pays, sur un enseignement unifié, sur des valeurs citoyennes...
Et, accessoirement, que l'ensemble du système soit déconfessionnalisé. Sinon, ce n'est que du vent. Et puis, vu que l'opposition réclame des changements sans aucun respect pour le calendrier électoral, on se demande à quoi ça sert de procéder à des élections et ce que ça changerait que ce soit au suffrage universel, direct, indirect, interstellaire ou domestique. Une chose que l'opposition gagnera si elle obtient ce qu'elle veut, c'est un précédent qui fournira une légitimation de rêve pour tous ceu qui voudront faire pareil ensuite pour un oui ou pour un non!
Je m'emporte parce qu'il y en a marre de voir des gens réclamer des droits, des droits, des droits alors qu'ils n'ont pas le moindre sens de leurs devoirs... L'un ne va pas sans l'autre.

@mc
Pour le GPS, ma connexion est trop lente, ça met 3 heures à charger!
vive le aadas bel hamod!

@Jean-Marc
Je n'ai jamais parlé de deux visions "politiques". A mon sens, cela va bien au-delà, et c'est même le fond du problème: quel vision socio-économique? quel fond commun culturel, indispensable pour qu'une identité nationale puisse se bâtir? Cela fait des semaines que j'avais envie de faire un post là-dessus, mais je n'arrive pas à trouver l'énergie et j'ai l'impression que c'est inutile de toute façon.
A titre d'exemple, les manifs d'auourd'hui illustrent assez bien l'un de ces aspects: veut-on un Etat libanais providence, qui va sponsoriser les produits pétroliers ad vitam aeternam, comme cela s'est fait pendant des années en Iran et aujourd'hui ça coince? qui va garder publiques, et à (grosses) pertes, des institutions comme l'EDL et la téléphonie quitte à se couper du reste du monde parce que l'Etat n'a, comme c'est le cas maintenant, et n'aura pas les moyens d'investir dans les équipements nécessaires pour suivre les progrès technologiques (haaaa, l'ADSL, le WAP, et tout ce que le reste du monde - sauf qui? la question à 1000 balles - et pas nous)? Qui va continuer de penser comme le gris Berri que "le cellulaire, c'est le pétrole du Liban", sauf qu'il ne sort pas du sol mais des poches du citoyen lambda, alias nous... Ca le gêne pas, le nabot Nabih... il a l'habitude. C'est au contribuable qu'il a fait payer son kilomètre d'autoroute du Sud plus cher que celui de Californie...
Je te rassure, tu n'as pas l'air bête, Jean-Marc. C'est moi qui le suis de continuer à croire que ça sert à quelque chose d'espérer que ces @##@$ Libanais - dont je fais partie - méritent ce pays. Ce qui est sûr, c'est qu'ils méritent leurs politiciens.

Écrit par : nathalie | jeudi, 24 janvier 2008

nathalie
"pendant 30 ans, étonnamment, l'opposition était absente du gouvernement sans que ça gène personne", c'est justement une des raisons pour lesquelles je me demande si l'opposition s'oppose en partant d'un bon sentiment...

david a gouté au chiche barak ou toujours pas?

Écrit par : mc | jeudi, 24 janvier 2008

merde ça àencore sauté ce matin !

Écrit par : josiane | vendredi, 25 janvier 2008

10 morts, un capitaine des FSI tué ......... on pourrait me parler peut etre la encore de "coutume constitutonnelle" où 'on regle les problemes à coup d'explosif. Mais que ce passe t il dans ce pays!!!!!!!! Que faut il faire pour que les ces politiques arretent leurs folies, prendre le pouvoir d'un pays qui part en ruine et qui se depeuple est ce vraiment une fierté?
Pitié, politiques de tout poil.... pensez juste au Liban. Pensez juste aux bonheurs de vos compatriotes et non à ce que pensent ou ce que veulent vos voisins.

Je n'ai plus de mot pour consoler les libanais qui me sont chers et avec qui je vis.

Écrit par : Ted | vendredi, 25 janvier 2008

y en a qui n'aiment pas les libanais ni le Liban...

Écrit par : mc | vendredi, 25 janvier 2008

To Nathalie.
pour répondre à ce que tu viens de dire sur le suffrage universel,moi je pense que ce n'est peut-être pas le pb prioritaire au Liban.
en effet,comme tu le dis,on peut avoir ce système comme en Syrie et avoir un score soviétique pour Bachar le schizo.
en fait,le système actuel peut très bien fonctionner à partir du moment où:
1°big brother le schizo dont je parle plus haut arrête de se mêler des affaires qui ne le regarde pas(le Liban en l'occurence),en plaçant des bombes sous les bagnoles des mecs qu'il n'aime pas.
2°il y aune majorité(qui a la majorité...ah bon?)et une opposition qui s'oppose...avec des méthodes ...démocratiques...hum hum.et je ne parle pas que du pb des armes du HZB.mais qd tu vois le généralissime orangina qui,mis à part la grossièreté et la vulgarité,trouve tous les jours une nouvelle excuse qui est en fait de la mauvaise foi pour torpiller la présidentielle,et bien je dis que cet homme là n'a pas la stature d'un homme d'état.c'est un vulgaire petit chef de gang de banlieue sans envergure.
3°tu sais comme moi que le suffrage universel n'existe en France que depuis 1958.or,auparavant,c'était déja la démocratie.
4°at last...ce n'est pas parcequ'on est la minorité en 2008 qu'on ne sera pas la majorité en20.. .en effet,en démocratie,un coup on perd et un coup on gagne.c'est ce qu'on appele l'alternance.c'est facile d'accuser uniquement les hommes politiques,mais il faut aussi que chaque citoyen libanais s'affirme en tant que démocrate:les élections ça existe.c'est là qu'on peut s'exprimer.mais il faut aussi que les hommes politiques proposent un vrai projet sur lequel on vote.
bon je vais arrêter;juste une dernière chose:moi je suis sur le cul qd je vois Berry qui se permet de jouer avec son joujou,le parlement,alors qu'il n'en est pas le propriétaire...mais on va où?

Écrit par : jean-marc | vendredi, 25 janvier 2008

mais c'est un ou deux attentats qu'il y aeu ce matin à beyrouth?

Écrit par : jean-marc | vendredi, 25 janvier 2008

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