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vendredi, 29 février 2008

Alien vs Predator, requiem à Beyrouth

Je viens de voir un sommet de la bouffonnerie cinématographique, mais qui, au 17e niveau de lecture, prend un sens tout particulier: il retrace les dernières années au Liban.
Ce film, c’est Alien vs Predator Requiem (qui enterre pour de bon ces deux belles franchises, mais mon Dieu, qu’ont-ils fait d’Alien!!!).

46b5feab99a22633d2354ba76f625580.jpgDans AVPR (le nom de code marketing du «film»), deux forces du mal [différents éléments de l’Orient et de l’Occident, selon les époques] s’affrontent dans une bourgade paumée dont personne n’a rien à faire [le Liban], aux Etats-Unis (forcément, quand un ovni s’écrase sur Terre, c’est chez eux). Bref, la population de ladite bourgade [les Libanais] subit l’affrontement des «forces du mal», tout en se crêpant le chignon, soit pour une blondasse allumeuse [les caisses de l’Etat], soit pour comprendre pourquoi il n’y a plus de courant en ville [tout pareil]. Et cette population prend les armes [tout pareil] et finit par se diviser entre ceux qui vont squatter le centre-ville [tout pareil, je n’invente rien!] et ceux qui espèrent trouver refuge à l’hôpital [le 14 Mars à Ryad, Washington, etc.]. Alors que le bon peuple se fait trucider allègrement [tout pareil], les deux méchants font semblant de s’en mettre plein la tronche directement [Israël et la Syrie, l’Iran et les Etats-Unis, etc.], tout en cassant tout autour d’eux [le Liban]. Au bout d’un combat auquel le spectateur ne comprend rien tant la mise en scène est foireuse [comme les Libanais devant leur téléviseur chaque soir à l’heure du JT], le gentil-méchant Predator transperce le crâne du méchant-méchant Predalien (croisement improbable des deux méchants), tout en se faisant lui-même empaler le dos par la fourbe queue dudit Alien à dreadlocks (warf warf warf – cf. la photo ci-dessus). Du coup, ce combat des sous-chefs ne se termine pas par la fameuse formule «ni vainqueur ni vaincu», mais par «vaincu et vaincu» [comme au Liban]. Pendant que les deux gars en costume de latex poussent leur dernier soupir, tout s’écroule autour d’eux: les personnages du film fuient leur bourgade [comme les Libanais qui trouvent refuge à l’étranger].

La seule question restant en suspend tient à la scène finale du film (attention spoiler, mais comme personne ne doit dépenser ses euros, ses dollars ou ses zlotis pour ça, c’est pas grave!): des chasseurs-bombardiers de l'US Air Force lourdent un gros suppositoire à l’uranium enrichi. La bourgade américaine est pulvérisée par un champignon atomique.
Bon, on va espérer que la comparaison entre AVPR et le Liban s’arrête à la fin du paragraphe précédent. Mais l'arrivée, bien réelle cette fois, de l'USS Cole dans la région, fait planer l'ombre d'une inquiétude supplémentaire [le navire de guerre – qui avait fait l'objet d'un zodiac-suicide dans le Golfe d'Aden en 2000 – remplacera-t-il le bombardier?].

dimanche, 24 février 2008

Retour à l'ordre moral?

90caa8774c2d7990413990b7ad37b3b7.jpgLa nouvelle n’a pas fait les gros titres des quotidiens ni des journaux télé. Et pourtant, les ministres arabes de l’Information viennent de pondre un document qui sent bon le retour de manivelle, le retour à la moralité bien-pensante et religieuse. Le 12 février dernier, un document d’entente – intitulé «Suggested guidelines and principles for organizing satellite TV in the Arab world» et rédigé principalement par l’Arabie saoudite et l’Egypte – a été avalisé par les ministres arabes. Officiellement, les idées présentées sont là pour réguler un peu ce qui arrive sur le petit écran des téléspectateurs arabes (dont nous faisons partie). Concrètement, il s’agit de censure et d’une réduction de liberté flagrante sur le seul espace encore «libertaire» (je mets bien des guillemets) qui s’offre aux Arabes.

Les « limites» sont les suivantes:

  • Aucune attaque envers des leaders religieux ne sera tolérée
  • Aucune image incitant à la violence ne sera tolérée
  • Aucune image altérant l’unité nationale, l’ordre public, moral, familial et religieux ne sera tolérée

Le Liban, comme tous les autres pays arabes, était représenté par son ministre de l’Information, Ghazi Aridi. Il était contre, mais a voté quand même pour (pourquoi?). Seul le Qatar s’est abstenu. Mais qui sera exactement soumis à cette censure? Uniquement les chaînes arabes? Les chaînes occidentales diffusant sur la région aussi? Est-ce la disparition de la diffusion de Groland? Pour l’instant, la seule chose quasi sûre, c’est que les chaînes contrevenantes devront payer de lourdes amendes (à qui exactement?), et dans le pire des cas verront leur licence de diffusion retirée (par qui précisément?).

Cette nouvelle charte arabe des bonnes mœurs télévisuelles a été vivement condamnée par des organisations étrangères comme Reporters sans frontières ou Article 19, et évidemment par des chaînes arabes comme Al-Jazeera. Il semblerait en tout cas qu’avec un tel processus, les Etats arabes aient envie de reprendre le contrôle de l’information dans la région, pour rétablir en partie leur propagande étatique diluée depuis l’avènement du satellite.

Dans le cas du Liban, la mise en place de cette charte est un vrai point d’interrogation. Aridi a spécifié que le Parlement libanais devrait donner son accord pour la mise en place d’un dispositif aux contours encore flous. Et qui dit Parlement, dit députés en mesure de voter. La constitution de la prochaine Assemblée revêt donc une importance capitale pour éviter un retour au Moyen-Age de l’information. Pour faire bref, si des députés réactionnaires prennent le contrôle du Parlement, il faudra vraiment faire attention à ce que l’on dit.

Et y aura-t-il une prochaine étape? Internet par exemple?

jeudi, 21 février 2008

Hezbtoire-géo

a8235e2340e9a72670629197d206229d.jpgDepuis hier au Liban, de nouvelles affiches ont commencé à fleurir. Enfin, pas partout au Liban. Dans la banlieue sud, et plus particulièrement sur ce qu’on appelle encore la «nouvelle route» de l’aéroport. Sur fond jaune sépia, un portrait stylisé à l’encre de chine: celui d’Imad Moughnieh. Sur ce long ruban d’asphalte qui coupe la banlieue sud en deux, tous les 200m, ces panneaux rappellent qui contrôle réellement la géographie des lieux. Dans ce territoire exigu, la route de l’aéroport revêt un caractère stratégique majeur. Et ces panneaux gris qui bordent cet axe font partie du giron du Hezbollah depuis plusieurs années. Déjà fin août 2006, ces mêmes supports avaient accueilli les portraits de Nasrallah célébrant sa «victoire divine». Aujourd’hui, c’est le visage du nouveau «martyr» du parti qui se propose aux voyageurs arrivant ou quittant le Liban. Cela peut peut-être paraître superficiel ou anecdotique dans le contexte actuel, mais le premier contact qu’un étranger a du Liban est un hymne à la mémoire d’un tueur. Le syndicat du tourisme libanais – s’il existe encore – devrait peut-être se bouger les fesses.

[...] 

La semaine dernière, je travaillais sur un sujet concernant la tension sunnites-chiites au Liban. J’ai alors interviewé, entre autres, Antoine Messarra, un politologue-historien, professeur à l’Université libanaise et spécialiste de la «paix civile». Il me disait, dans le texte: «Dans l’histoire du pays, chaque grande minorité – maronite, sunnite puis aujourd’hui chiite – a tenté des expériences et dominé la vie politique. La tension actuelle entre sunnites et chiites relève de la psychologie historique: les sunnites ont toujours été intégrés dans les villes et dans la gestion de la chose publique, même sous les Ottomans, alors que les chiites ont toujours été considérés comme des citoyens de deuxième catégorie et en ont nourri une vive rancœur. (…). Sunnites comme chiites ont des points communs, comme le clientélisme politique. Mais il existe aussi de grandes différences. Les chiites possèdent un levier d’intimidation essentiel avec les armes du Hezbollah. Par ailleurs, l’occupation du centre-ville de Beyrouth depuis décembre 2006 – qui n’est pas un simple sit-in mais une occupation pure et simple – démontre aussi leur volonté de maîtriser la géographie du pays. C’est valable à Beyrouth comme dans le reste du Liban, mais c’est un sujet que tout le monde évite.»

L’année passée, l’un des sujets récurrents sur le Hezbollah évoquait l’achat de terrains par le parti, un peu partout dans le pays, afin de donner une continuité géographique à certaines zones d’influence. Alors que des voix de plus en plus nombreuses parlent tout haut de partition du pays – nous y reviendrons bientôt ici-même –, ce marquage du territoire (une habitude pour toutes les composantes libanaises) n’est à mon sens que la partie visible de l’iceberg. Et avec les beaux jours qui semblent revenir (cf. le ciel bleu sur cette photo prise ce matin), cet iceberg risque bien de fondre, emportant avec lui ce qui reste de cohésion dans ce pays. A l’heure où le Kosovo fait sécession, où certains cadres de l’Autorité palestinienne se demandent s’ils ne devraient pas eux aussi déclarer leur «indépendance» et s’affranchir enfin de la mauvaise volonté israélienne, le fragile équilibre libanais ressemble de plus en plus à un château de cartes.

[...] 

Sur ce, attendons de voir la teneur du sommet communautaire islamique d'aujourd'hui, et surtout celle du prochain discours du sayyed, demain soir, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Abbas Moussawi, son prédécesseur à la tête du parti. Suite aux dernières déclarations éthologiques du Perse, il va probablement faire monter les enchères.

mardi, 19 février 2008

Partition achevée pour Rafic Hobeika

0b24f7830883de872b0484723e5ea314.jpgJ’ai rencontré monsieur Rafic au printemps 2006. Petit et pétillant, les cheveux d’un blanc éclatant, il avait le verbe facile. Je n’avais jamais entendu parler de lui auparavant. Pourtant, il avait eu son heure de gloire dans le monde de la musique: chef d’orchestre, compositeur, il a laissé derrière lui une œuvre foisonnante dans le folklore libanais. Puis il s’était retiré, dégoûté de ce monde artistique devenu trop mercantile à ses yeux. Il avait donc remisé sa baguette pour prendre son pinceau, et gérait une petite boutique d’encadrement pas loin de la place Sassine. C’est là que je l’avais vu pour la première fois alors que j’avais besoin de faire encadrer des photos. Il m’avait raconté un bout de sa vie. Il se souvenait avec amertume d’une époque synonyme de liberté et de légèreté (peut-être trompeuse), comme en témoigne la pochette de l’un de ses 33 tours – ci-dessus –  datant de 1973. On ne verrait plus de Suédoise blonde et dénudée sur des albums de variété orientale de nos jours…

Il y a quelques jours, je suis retourné le voir pour un encadrement, avec aussi dans l’idée de faire son portrait. Sa femme m’a accueilli, tout de noir vêtue. «Il est mort il y a trois mois. Son cœur s’est simplement arrêté de battre. C’était un bon père de famille», m’a-t-elle dit simplement. Elle a repris la boutique d’encadrement, histoire d’occuper ses journées et de ne pas trop cogiter. Je me suis senti bête, face à cette femme au chagrin évident. Et je me suis dit que je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de revenir voir monsieur Rafic.

dimanche, 17 février 2008

Dieudonné de retour à Beyrouth

Ce matin-midi, j’ouvre mon mail et vois un message Facebook:

b7f0f4c6cd457d255a2203ba73e92da7.jpgMichel invited you to "Dieudonné fait son Best of à Beyrouth" on Sunday, March 2 at 9:00pm.

Event: Dieudonné fait son Best of à Beyrouth
"Représentation unique"
What: Performance
Host: Frédéric Chatillon
When: Sunday, March 2 at 9:00pm
Where: Musichall

To see more details and RSVP, follow the link.

 

Ouh la! Dieudonné à Beyrouth… Il était déjà venu fin août 2006 pour soutenir le Hezb, rencontrer Aoun… Vous vous en souvenez?
En voyant cette invitation, je me dis: «Oh, saperlipopette, c’est une bombe ça, qu’est-ce qu’il fait Michel, là?» Alors je l’appelle.

« – Allo, Michel? Salut, je viens de recevoir ton invitation pour Dieudonné. C’est quoi cette histoire?
– Il avait très envie de venir à Beyrouth, et je considère que ce qu’il fait est génial, et surtout que la manière dont il est traité en France est nulle. Je ne comprends pas la France et sa dérive délirante avec Sarkozy, avec la dernière trouvaille sur l’enseignement de la Shoah auprès des écoliers, cette autoflagellation, ça n’a aucun sens.
– Ouais, mais c’est de la provoc de le faire venir maintenant?
– Le fait de le faire venir à Beyrouth est aussi une manière de lutter contre la chasse aux sorcières qui vise ceux qui osent avoir un discours différent. Aujourd’hui, on a le droit de faire de l’humour sur tout, sauf sur les questions qu’il aborde. Même s’ils sont un peu extrémistes (Dieudonné, Soral et Meyssan), au moins, ça contrebalance le discours bien-pensant habituel.
– Et le spectacle, y’aura quoi dedans?
– Ce sera principalement un best of, mais avec une bonne part d’improvisation. Ça va sûrement délirer, car Dieudonné suit de près l’actualité libanaise.»

Mouais, j’aime beaucoup Michel, mais là, je ne crois pas que ce soit un «smart move» surtout en ce moment. C’est vrai que cela ne va concerner au Liban que les francophones, et qu’en fin de compte, ça ne pèsera pas bien lourd ici. L’adéquation «Dieudonné au Hezbollahland» (je parle du Liban, pas du Music Hall évidemment), risque de faire couler de l’encre en France, et encore. Mais nous sommes perplexes devant cette initiative: à la différence d’un spectacle comme celui d’Axis of Evil qui portait un regard à la fois sévère et tendre sur les problématiques régionales, celui de Dieudonné risque d’être – quelque soit son contenu – porteur de polémiques excessives, ne serait-ce que par la réputation du personnage connu pour ses débordements. Il ne s’agit évidemment pas de censurer qui que ce soit, mais on peut se demander si, sous couvert de divertissement, on ne va pas tomber dans une caricature peu constructive, surtout dans le contexte actuel.

Bref, on en reparlera quand on l’aura vu…

jeudi, 14 février 2008

Anglophones farsi, francophones farlà !

drapeau_libanais.jpgLa météo a tenu toutes ses promesses aujourd’hui. Beyrouth a croulé sous les trombes d’eau, ce qui n’a pourtant pas empêché les manifestants d’affluer, les uns place des Martyrs pour la commémoration du 3e anniversaire de l’assassinat de saint Rafic, les autres à Dahiyé pour celle de l’assassinat d’Imad Moughnieh, «un homme extraordinaire» comme l’a qualifié un responsable du Hezbollah. D'un côté comme de l'autre, les manifestants ont répondu au mot d'ordre de leurs formations politiques. Rien de bien neuf de ce côté-là.

62ff9bd2a87325d94ae0fc6723c9cb59.jpgNous revenons donc de la première manifestation, trempés jusqu’aux os. Ça me fait toujours sourire de voir des jeunes – filles et garçons – du PSP et des FL danser la rumba ensemble. Signe que l’entente est possible malgré le fardeau de l’Histoire. L'un des jeunes joumblattistes, enroulé dans son drapeau rouge et bleu (ci-contre en photo), portait un badge en faveur de l'unité de l'armée. Je lui demande en arabe si je peux le prendre en photo et lui me répond en anglais. Je rebondis en anglais (j'y suis plus à l'aise), et il me sourit, tout étonné que je parle aussi cette langue (les Français ont cette affreuse réputation d'être des cancres en langues étrangères). Au moins, nous avons pu nous comprendre.

Place des Martyrs ce matin donc, beaucoup sont venus en famille, avec leurs gamins. Les vendeurs de kaaké et de kneffé ont fait des affaires. Et puis vers 13 heures, tout le monde a commencé à déguerpir. On s’est pris des seaux d’eau, on a pataugé dans la gadoue…

Plus ou moins au même moment, à l’autre bout de la ville, le Hezbollah démarrait son propre rassemblement, pour son nouveau «martyr». Les jeunes hezbollahis y défilant en rang et en tenues paramilitaires. Ceux qui s’y recueillaient ont aussi eu droit à des discours: sur écran géant pour Hassan Nasrallah qui a promis que le «combat contre Israël continuerait jusqu’à ce que la victoire soit totale», et en chair et en os pour Manouhcher Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères spécialement venu pour l’occasion. Un discours en farsi. Vous me direz, quand Kouchner vient au Liban, il ne parle pas arabe non plus, mais il ne s'adresse pas une foule... Ou bien y aurait-il beaucoup de gens qui comprennent cette langue au Liban? Si c'est le cas, peut-être faudrait-il que Nathalie et moi nous y mettions!

Maintenant, on va voir ce que les prochains jours nous réservent. Déjà cet après-midi (comme hier soir), on a pu entendre des rafales de fusils automatiques. Personnellement, je préfère l'arabe, le français, l'anglais ou même le farsi au langage des armes.

mercredi, 13 février 2008

[SCOOP] Moughnieh assassiné à Damas: c'est Malko qui a fait le coup!

SAS_beyrouth_malko_imad_moughnieh.jpgLa dépêche AFP vient d'arriver, la voilà telle quelle:

Liban-Hezbollah-assassinat LEAD
Le Hezbollah annonce l'assassinat d'un de ses dirigeants, accuse Israël
BEYROUTH, 13 fév 2008 (AFP) - Le Hezbollah chiite libanais a annoncé mercredi que l'un de ses dirigeants militaires, Imad Moughnieh, a été assassiné et a accusé Israël de ce meurtre.

Selon un responsable du Hezbollah, le dirigeant a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée à Damas mardi, mais la télévision officielle du Hezbollah Al-Manar qui a annoncé l'assassinat n'a pas précisé le lieu de l'assassinat.

"Un grand jihadiste de la résistance islamique au Liban a rejoint les grands martyrs (...) Le leader Imad Moughniyeh est mort en martyr assassiné par les Israéliens sionistes", indique le communiqué d'Al-Manar.

"Il était la cible des sionistes depuis 20 ans", selon le communiqué.

Les autorités israéliennes ont refusé de faire le moindre commentaire officiel à l'assassinat d'un des chefs militaires du Hezbollah chiite libanais, Imad Moughnieh. "Nous ne faisons pas de commentaires", a déclaré à l'AFP Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert.

Les télévisions et les radios en israël ont interrompu leurs programmes dès l'annonce de la mort de Moughnieh en le présentant comme le "terroriste le plus dangereux au Moyen-Orient depuis trente ans".

"Le compte est réglé : Imad Moughnieh a été liquidé à Damas", a titré le site internet Ynet du quotidien Yédiot Aharonot, le plus fort tirage d'Israël.

Imad Moughniyeh, dans la clandestinité depuis la fin des années 1980, est accusé par les médias occidentaux et les Etats-Unis d'avoir dirigé la plupart des enlèvements d'otages occidentaux durant la guerre civile au Liban dans les années 1980.

Il est notamment soupçonné d'avoir été l'auteur de l'enlèvement de William Buckley, chef de l'antenne de la CIA à Beyrouth, en 1984.

Imad Moughnieh est inscrit sur la liste "des terroristes les plus dangereux" recherchés par les Etats-Unis pour le détournement d'un avion de la TWA en 1983.

Son frère Fouad Moughnieh a été assassiné en 1994 dans l'explosion d'une voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth, un attentat attribué à l'époque aux services spéciaux israéliens, qui faisaient la guerre aux radicaux chiites proches du Hezbollah alors qu'Israël occupait le Liban sud.

Imad Moughnieh est recherché par Interpol pour sa participation présumée à un attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) qui avait fait 85 morts et près de 300 blessés en juillet 1994 à Buenos Aires.

A Damas, la télévision d'Etat syrienne a indiqué, citant une source au ministère de l'Intérieur, qu'une voiture avait explosé mardi soir dans le quartier résidentiel de Kafar Soussé dans la capitale syrienne, faisant un mort.

Elle n'a donné aucune autre précision notamment sur la nature de l'explosion ou l'identité de la victime.

Les autres médias officiels syriens n'ont pas fait état de l'explosion.

Selon des témoins, l'arrière de la voiture, une Mitsubishi Pajero grise métallique, a été entièrement soufflée par l'explosion qui s'est produite vers 23HOO locales (09H00 GMT) dans ce quartier résidentiel nouvellement construit. La voiture était stationnée dans un parking au milieu des immeubles.

 

Je n'aime pas me réjouir de la mort d'un homme, mais celle-là ne me fera pas pleurer. En tout cas, c'est Gérard de Villiers qui va pouvoir pondre un nouveau SAS sur le Liban, puisque son Altesse Malko Linge se battait déjà contre lui dans le précédent Rouge Liban. En tout cas, c'est facile d'accuser Israël, mais le monsieur traînait tellement de casseroles que n'importe qui a pu faire le coup, même le cousin de la tante de mon beau-frère...

dimanche, 10 février 2008

Cf 178

gare_beyrouth.jpg


podcast

Beyrouth, Mar Mikhaël. Une petite rue plonge à partir de la rue du Fleuve. Il est midi, le soleil de février me brûle la nuque. A l’entrée, je retrouve Georges, un petit bonhomme anglophone d’une cinquantaine d’année. Sept jours sur sept, il veille là une cigarette dans une main, une tasse de café tiède dans l’autre. Il me souhaite la bienvenue. Ça fait trois jours de suite que je viens le voir…

La gare n’est pas très large, mais elle fait bien 600 mètres de long. Des bâtiments encore frais sont plantés là, sans utilité apparente. Sur la gauche, trois locomotives sont en train de cuire à petit feu, allongées sur leurs rails. Je monte à bord et me retrouve propulsé instantanément dans mes livres de chevet quand j’étais gosse. La rouille a pris le pouvoir. Jules Verne aurait apprécié l'endroit.

Un peu plus loin, sous un arbre majestueux, une autre locomotive fait la sieste. Imposante avec son chasse-neige avant, elle se demande certainement si elle reverra un jour le col enneigé du Baïdar. Peu probable. Dans l’arbre qui lui offre une ombre généreuse, une cabane en bois a été installée à trois mètres au-dessus du sol. Huckleberry Finn doit se cacher quelque part.

Je repars et quitte l’ombre. Au fond de la gare, les choses se compliquent. Les herbes folles me dépassent. Le sol, caché par cette petite forêt vierge, recèle quelques pièges: des rails me font de croche-pieds, et je m’attends à voir surgir des vipères à chacun de mes pas. Elles doivent se régaler dans ce genre d’endroits.

Je longe une série de wagons de marchandises. Certains sont pleins de feuilles mortes, d’autres de détritus, de vieilles valises abandonnées, de tas de sable… J’enjambe, je me plie, je saute. Je m’émerveille d’une manivelle, d’un marche-pied sans marche, de ces ronces qui passent par les fenêtres, d'une vieile bielle fatiguée. Viennent alors les wagons de voyageurs, avec leurs portes-bagages qui ressemblent à des toiles d’araignées, leurs bancs vandalisés, leurs portes gravées par des amoureux ou percées d'impacts de balle. Tout est là, sous mes yeux. Rien n’a bougé depuis dix ans. Depuis plus longtemps certainement d’ailleurs. Et rien ne bougera plus.

Je quitte les lieux, les yeux plein d’images. Je croise Georges, le veilleur, qui m’offre le café. Je me demande s’il sera encore là lui aussi, dans dix ans.

PS: Comme promis, vous pouvez retrouver tout cela dans un album photo, dans la colonne de gauche. En lançant le diaporama, vous pouvez mettre en lecture le petit mp3 présent sous la photo ci-dessus, ça rend pas mal. Et désolé JiPé, pas de trace du fameux train orange...

mercredi, 06 février 2008

Haro sur l’armée

Nous n’avons pas de sympathies particulières pour l’armée en général (jeu de mot accidentel) et pour Sleimane en particulier, comme les habitués de ces pages doivent déjà le savoir. Pourtant, depuis ce triste dimanche d’émeutes, je bouillonne intérieurement face à ce qui ressemble de plus en plus à une entreprise de sape organisée et qui nourrit en moi de profondes inquiétudes.
Car il est une chose qu’il faut reconnaître et saluer: la grande Muette fait depuis quelques temps figure de rempart face à un trop possible chaos généralisé. Son implosion dans les années 70 avait accéléré et aggravé la guerre civile, ses membres – et son matériel – s’éparpillant entre milices et groupuscules divers. Aussi est-il indispensable que pareille catastrophe ne se reproduise pas aujourd’hui.

L’armée est, à plus d’un titre, investie de cette mission fondamentale qu’est la sauvegarde de l’ordre public. D’abord parce qu’elle demeure le seul «espace» où, dans une certaine mesure, le soldat chiite est à la même enseigne que le sunnite, le druze que le maronite, etc. L’uniforme a ceci qu’il uniformise, et en la matière, c’est plutôt une bonne chose. S’y côtoient quotidiennement, et dans les mêmes conditions de vie, des populations qui partout ailleurs ou presque, s’excluent mutuellement.
Ensuite parce qu’elle est désormais la seule institution nationale qui fonctionne, alors que gouvernement, parlement, présidence et ministères sont paralysés ou presque.

Pour cette même raison, elle est malheureusement devenue le dernier symbole du Liban en tant qu’Etat, la dernière trace opérationnelle d’un pays à la dérive, qui n’a plus de réelle existence institutionnelle par ailleurs.

Toujours dans le même ordre d’idée, l’armée doit se protéger car le citoyen libanais lambda n’a plus d’autre institution en laquelle placer sa confiance et surtout sa fierté. A mon sens, l’opération Nahr el Bared n’a pas été la victoire éclatante qu’on nous a présentée. Pas avec tant de morts, de destructions et de temps. Mais c’est une victoire quand même, et qui a eu le mérite de redorer le blason d’une troupe qui en avait bien besoin. Auprès des Libanais, mais aussi de l’étranger. L’essentiel, c’est que la population s’est identifiée à cette armée, s’est rassemblée autour d’elle et y a trouvé une source de fierté nationale bien trop rare par les temps qui courent.

Enfin, et c’est le plus important bien que cela ait été dit et redit, parce que son commandant a su préserver une forme de neutralité vis-à-vis des tiraillements (ô doux euphémisme) politiques.

Il y a donc quelque chose de foncièrement choquant à voir cette fameuse armée faire l’objet d’ultimatums, de chantage et d’accusations diverses et variées.

L’opposition lui reproche sa gestion des émeutes du «dimanche noir», lui fait porter la responsabilité du «martyr» (terme galvaudé s’il en est) des manifestants. Les uns exigent une enquête dans les plus brefs délais, les autres estiment que ladite enquête est insuffisante. Un parti surarmé comme le Hezbollah – qui s’est arrogé la décision de guerre, qui menace depuis des mois de recourir à la rue tout en faisant étalage de sa parfaite maîtrise de cette terrible rue (maîtrise dont la preuve n’a pas été faite en ce dimanche de triste mémoire, alors que les émeutes se produisaient pourtant sur son turf) – pose ses conditions et menace la dernière institution publique qui tienne encore debout. Cherchez l’erreur, quand même… L’illégitimité demande des comptes à la légitimité (rien à voir avec un gouvernement illégitime dans ce cas), avec une impudence hallucinante. On aurait aimé constater pareille diligence en d’autres occasions tout aussi violentes.

Et puis, évidemment, les manifestants étaient pacifiques, doux comme des agneaux, bien intentionnés, les malheureux.
Bon, on comprend la portée politique de l’affaire; quiconque aurait voulu couper l’herbe présidentielle sous les pieds de Sleimane ne s’y serait pas pris autrement. La candidature de l’autre Michel semble désormais cuite, voire carbonisée…

Mais ce qui me fait bondir, ce sont les déclarations du député Hajj Hassan qui vont bien au-delà de la politique en évoquant ouvertement l’initiative de gradés obéissant à des autorités autres que militaires, comprenez le 14 Mars, Israël, les Etats-Unis, le roi du Pongui-Pongui, les extra-terrestres… Cela peut être possible, l’histoire libanaise a déjà prouvé que l’appartenance au corps militaire ne protégeait pas des tentations de ce genre, voire plus si affinités. Mais le choix du moment, la manière et l’origine de ces propos en font un mouvement politique grave. Certes, le député professe respect et amitié pour l’armée (à laquelle le Hezb avait toutefois défini des «lignes rouges» lors de Nahr el-Bared, un précédent révélateur), mais dans la foulée, il lui adresse une magistrale insulte en remettant en question sa cohésion, sa hiérarchie et l’autorité de son commandement.

Pareil discours est dangereux, sciemment ou non, ce n’est même pas le problème: il peut ébranler la fragile confiance populaire dont je parlais plus tôt en nourrissant les suspicions; il sous-entend que l’armée est incompétente, incapable de gérer ses propres troupes (alors, le dossier de la sécurité nationale, n’en parlons pas); il implique qu’au Liban, il ne reste plus rien qui n’ait été divisé, brisé, scindé entre ces deux camps qui s’appliquent consciencieusement à saucissonner le pays dans les têtes si ce n’est dans les faits. Plus de référent, le dernière repère national s’est ainsi évaporé. Réglons cela dans la rue, alors.
Parce que, et c’est pour moi le plus grave, ces militaires arrêtés sont d’ores et déjà des boucs émissaires (ben oui, quoi, franchement, ils auraient dû tendre l’autre joue), mais ils feront aussi figure d’exemple. Aux prochaines émeutes, l’armée osera-t-elle faire preuve de force, voire utiliser ses arnes si cela s’avèrait nécessaire? Cette «leçon», les militaires ne seront pas les seuls à l’avoir retenue. Les civils aussi, ceux d’Aïn el-Remmaneh par exemple, qui, s’ils croient ne plus pouvoir compter sur l’armée pour jouer les tampons en cas de besoin, décideront de se protéger eux-mêmes. A tort ou à raison. Si l’armée est émasculée, les civils de l’autre bord ne resteront pas les bras croisés.

Vous connaissez une meilleure recette pour une guerre civile, vous?

dimanche, 03 février 2008

Crise de banlieue

banlieues.jpgPaul Moreira, cela vous dit quelque chose? Il s’agit d’un grand reporter français qui a œuvré un bon moment sur Canal + en tant que rédacteur en chef de l’émission 90 minutes (excellente, paix à son âme), mais qui travaille désormais en indépendant, parcourant le vaste monde dans des conditions souvent difficiles, et c’est un euphémisme. Un journaliste, quoi, de ceux qui nous donnaient envie de choisir ce beau métier quand on était petit…

Bref, Moreira a des principes, qu’il défend vigoureusement: la tolérance de l’Autre, des autres, la lutte contre le racisme, contre les extrémismes, le rejet de l’information cadrée, etc. L’un de ses derniers billets, traite d’immigration, de métissage. Des questions qui, vous le savez tous, sont au cœur de problématiques sociales, ou plutôt socio-économiques, en France. Cela lui a valu une attaque en règle – souvent violente – d’individus autoproclamés «identitaires». Autrement dit, défendant leur conception de la nation française blanche, pure et compagnie.

Forcément, libano-centrée que je suis, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le Liban. Parallèle dans le sens où les mêmes causes ont les mêmes effets, dans une certaine mesure. Entendons-nous: je ne pense pas à l’immigration au Liban, mais à la rupture, et aux graves conséquences qu’elle engendre, entre les habitants d’un même pays, voire d’une même ville, sur des lignes de fracture géographiques.

Ces banlieues françaises, autrefois dortoirs pour des populations ouvrières immigrées, se sont trop souvent transformées en ghettos où les replis communautaires sont devenus une réponse à ce qui est perçu (à tort ou à raison, je ne vis plus en France depuis longtemps pour en juger) comme une exclusion socio-économique. Des ghettos où la religion fait un retour en force, où la violence, éventuellement armée, est un recours acceptable. Des lieux hors loi dans lesquels les forces de l’ordre et les autres Français n’osent parfois plus mettre les pieds. Certaines banlieues, pas toutes, évidemment, mais suffisamment pour que cela fasse peur et pour que les «identitaires» trouvent de plus en plus d’oreilles sympathiques.

Nous avons nous aussi, dans ce si petit Liban, une banlieue où les forces de l’ordre et les représentants officiels en général (je pense aux percepteurs de l’EDL, par exemple) n’osent pas trop mettre les pieds. Une banlieue perçue comme un ghetto par d’autres habitants de Beyrouth et dans laquelle une relative pauvreté (Dahiyé ne loge pas que des mendiants) côtoie le religieux. Toute une jeunesse y grandit, loin de l’autre Beyrouth, celui des boîtes de nuit, des enseignes occidentales et de l’ostentation permanente. Il était d’ailleurs étonnant, et révélateur, de constater à quel point, lorsque les tentes ont été érigées au centre-ville, les ados qui s’y balaient en scooter déglingué donnaient l’impression de prendre possession d’un lieu qui les narguait auparavant. A mon sens, il y avait un peu de vrai dans cela. Les limites de Solidere sont visibles à l’œil nu, il suffit de traverser une rue pour avoir l’impression que l’objectif a été de bâtir une vitrine sans considération pour le reste de la ville. Et a fortiori pour cette fameuse banlieue. Mais le problème va au-delà de Solidere.

Le Hezbollah a eu cette intelligence de pallier l’absence inexcusable de l’Etat qui, depuis des décennies, a négligé toute une communauté dans sa frange populaire et a ainsi nourri les ferments de la rancœur et de l’exclusion. Le religieux s'est ainsi greffé sur une problématique sociale, comme le prouve cette minorité chiite parfaitement intégrée, non politiquement mais bel et bien socialement au reste de Beyrouth.

La banlieue sud fait donc peur, évidemment pour le spectre de la puissance d'un Hezbollah qui cultive le mystère autour de ses véritables intentions; mais aussi parce qu'elle  symbolise l'inconnu, l'autre, le différent. Il suffit pour cela de constater combien les émeutes de dimanche dernier ont engendré de colère et d’inquiétudes. On ne peutu que penser au fameux "Quand la banlieue descendra sur la ville". Il suffit aussi d’écouter les débats autour de la libanité des uns et des autres. Certains accusent les partisans du Hezbollah d’être plus «persans» (comprendre iraniens) que libanais; d’autres considèrent qu’être Libanais, ce n’est pas être Arabe; d’autres encore revendiquent des racines phéniciennes. Du côté de l’opposition, on accuse parfois les partisans du 14 mars d’être «wahabites» (comprendre saoudiens) et on assure défendre le véritable Liban, celui de l’«achraf el-nas» cher à Nasrallah.
Chacun se dit plus Libanais que son voisin, tout en faisant passer des critères autres en priorité: la religion, bien sûr, mais aussi le quartier, le village, le clan, le parti. Le plus terrible, c'est que chacun se veut Libanais et ce devrait être le plus important, mais ce n’est pas le cas. Car la ligne de fracture demeure, entretenue de part et d’autre: certaines administrations tenues n’auront que des employés d’une même confession (je pense à Amal entre autres); inversement, certaines entreprises tenues par des chrétiens vireront une employée après avoir découvert qu’elle était chiite… En France, on appellerait cela de la discrimination.

Et la banlieue sud continue de fonctionner en circuit fermé ou presque, parce que l’Etat n’a pas su suffisamment tôt se préoccuper de ses habitants et que maintenant, il est trop tard, personne n’y a plus confiance en lui et le Hezbollah l'a prise en main. Là où, en France, certaines associations travaillent à briser les barrières, la société civile reste muette, à de rares exceptions près, et c’est l’incompréhension et l’antagonisme qui s’installent au Liban. Ou bien étaient-il déjà prégnants depuis longtemps, et s'expriment aujourd'hui ouvertement, comme les "identitaires" français, trouvant un terreau fertile dans une ambiance de pré-guerre (un argument récurrent chez eux, mais aussi chez nous).

Evidemment, la crise actuelle va au-delà de la question banlieue/ghetto, mais dimanche dernier a montré combien elle se cristallisait autour de Dahiyé et des zones délaissées par l’Etat au fil des ans. Le Liban ne se portera mieux que lorsque des partis quels qu’ils soient ne s’arrogeront plus le droit de tenir des quartiers entiers, que cet Etat prendra enfin soin de tous ses fils, sans distinction, et surtout que ses fils eux-mêmes se penseront Libanais avant tout. Mais cela est impossible tant que règnera cette peur et ce rejet de l'autre que l'on ne comprend pas, deux sentiments destructeurs que les politiciens entretiennent et accentuent plus que jamais.

Le salut viendra-t-il donc de la société civile, de trop rares associations comme le Mouvement social qui luttent pour aider les couples mixtes, pour l'éducation, pour le dialogue, et pour ainsi créer des ponts au-dessus de nos murs invisibles?

 
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