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lundi, 28 juillet 2008

Feux d'artifices

Hier soir, Beyrouth et la place des Martyrs ont retrouvé le goût de la fête XXL, avec le concert de l'enfant prodigue, Mika. C'était énorme, il y avait 15000 personnes selon les organisateurs, et parmi elles beaucoup d'enfants. Tout le monde est reparti le sourire aux lèvres après des feux d'artifices plus que généreux...

Et pendant ce temps-là, à Tripoli, il y avait d'autres feux d'artifices... Le bilan s'alourdit de jour en jour entre sunnites et alaouites. On se sent vraiment en sécurité depuis que tout va bien dans notre république, avec un président (à titre honorifique) et un gouvernement d'union nationale qui ne servent pas à grand chose.



Et voilà, c'est l'été au Liban.

mercredi, 23 juillet 2008

Shooting dogs

Comme tout Français moyens, il nous arrive de faire les courses en famille. De retour en terre libanaise, nous étions investis d'une mission facile à accomplir: remplir le frigo. Direction donc le Géant de Jdeidé, ne serait-ce que pour voir si cette enseigne (liée à Monoprix) était toujours ouverte.
Premier constat: oui, Géant et Monoprix sont toujours là, vu que le vendeur libanais et l’acheteur du Golfe sont maintenant en procès. Ouf pour mon ambassade de France à moi.
Second constat: les rayons ont néanmoins perdu une bonne partie des produits maison «made in France».
Au rayon jardinage (on aime bien le jardinage), Nat voulait s’acheter de grosses cisailles. Soit. Mais à côté desdites cisailles, bien en évidence à 20cm du sol (soit la hauteur parfaite pour des gosses), de magnifiques cure-dents géants brillaient sous les néons. En voici un...
957384773.jpg
Des machettes au rayon jardinage, pourquoi pas? Après tout, l’usage premier de cet ustensile est de couper des lianes en pleine jungle ou de touffus bambous. Le truc, c’est qu’au Liban, on a ni jungle (au sens propre) ni forêt de bambous. Le second usage de cet ustensile, certains pays des Grands Lacs en ont malheureusement fait les frais.
Alors de quatre choses l’une: l’importateur prévoit que le Liban se recouvre d’une jungle luxuriante d’ici la fin de l’été (probabilité: 0,1% au vu des feux de forêts en cours dans notre belle montagne); ou cet importateur prévoit une pénurie de AK-47 (probabilité: 49,9%); ou encore un container s’est perdu en chemin et a été débarqué au port de Beyrouth par erreur (probabilité: 30,7%); ou enfin c’est un cadeau de l’ambassade de Chine au Liban, très dynamique commercialement (probabilité: 19,3%).
Dernier détail de taille: la machette «made in China» ne coûte que 2500 livres libanaises (même pas 2 dollars). Du coup, j’ai failli en prendre quatre, une pour chaque membre de la famille. Et même cinq: quatre pour nous et une cinquième pour Samir Kantar. Nous n’avons pas les moyens de lui offrir un M-16 comme Hassouna, mais une machette lui irait à ravir.

mardi, 22 juillet 2008

Atterrissage

Nous voici donc rentrés de vacances, accueillis par un véritable feu d’artifice, au sens propre comme au figuré.

372190783.jpgL’impressionnant panache de fumée qui s’élève au-dessus de Borj Hammoud et s’étend en une longue corolle malodorante jusqu’à devant chez nous ne résulte ni d’une éruption volcanique (il n’aurait manqué plus que ça), ni d’un attentat. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de pneus en train d’être brûlés, comme cela s’est déjà produit en dépit du bon sens et de l’environnement, mais non. Selon certains sites web, la chaleur aurait en fait provoqué un incendie dans l’une de ces cuves de pétrole rassemblées en bord de mer comme de néfastes champignons tachetés de rouille. D’autres assurent qu’il s’agit de l’inénarrable décharge de Dora qui est en train de brûler à tous vents. Toujours est-il que cela fait bien une heure que les boucles noires se déroulent dans un ciel d’un bleu limpide. Faut-il y voir un symbole?

Bref. Nous avons raté le retour glorieux de Samir Kantar, promu depuis haut responsable dans les rangs du Hezbollah, et potentiel candidat lors des prochaines législatives. Le Liban n’est plus à un assassin près pour peupler ses hautes sphères politiques, mais tout de même.

Nous avons aussi manqué le triomphe parisien de Bachar le 14 juillet, couronné par la visite hier de Walid Moallem et son terrible «Ils ont attendu 30 ans, ils peuvent bien attendre encore quelques semaines», monstre de cynisme à l’adresse des familles de détenus libanais en Syrie. Qu’on se rassure, Moallem a renouvelé ses vœux d’échanges d’ambassades entre la Syrie et le Liban. Ce qui serait tout à fait dans l’ordre des choses, maintenant qu’au Liban, on a repris les bonnes habitudes du temps de la tutelle, avec ces mêmes familles de détenus repoussées sans vergogne ni pincettes par des soldats trop zélés.

Nous avons encore raté le mariage de la fille Sleimane à Beiteddine, pour lequel, il y a déjà plusieurs mois, la date du concert de la cantatrice Karima Skalli, dans le cadre du festival de Beiteddine donc, a dû être repoussée. En effet, Sleimane n’était pas encore élu qu’il prévoyait déjà l’événement dans la résidence d’été des présidents libanais. Et tant pis pour l’artiste qui, par bonheur, a accepté de modifier ses dates. Sleimane est prévoyant, ça rassure.

Nous avons loupé enfin la constitution de ce gouvernement d’union nationale dont la seule fonction sera de préparer les législatives de 2009. Législatives pour lesquelles toute la classe politique s’écharpe déjà. J’avoue qu’à mon sens, le principal point positif de l’affaire est le choix de Ziad Baroud au ministère de l’Intérieur. J’apprécie le bonhomme et espère que le pouvoir ne le corrompra pas comme cela arrive presque toujours. En revanche, nous sommes rentrés juste à temps pour les pétards et autres joyeusetés qui célébraient les résultats d’examens tard dans la nuit.

Prendre (très) rarement des vacances a ceci de particulier qu’on en a si peu l’habitude que cela paraît irréel. Jamais l’image de la parenthèse ne m’a paru si pertinente. Cette brève parenthèse est déjà refermée et nous n’avons pas l’impression d’être partis. Nous revenons simplement de ces 10 jours à Sharm el-Sheikh avec le sentiment non seulement d’avoir été exclusivement perçus comme deux portefeuilles ambulants (mais c’est le jeu du tourisme après tout), mais surtout d’un dramatique gâchis pour le Liban. Imaginons un peu le bord de mer beyrouthin – allez, au hasard, à Ramlet el-Baïda – mis en valeur et exploité intelligemment comme l’est celui de Naama Bay. Oui, alors, on pourrait parler du Liban comme d’une véritable destination touristique et de son ministère du Tourisme comme d’une institution ayant une véritable politique en la matière. Je sais, pour cela, il faudrait régler mille et une questions de politique intérieure et étrangère. Il faudrait la paix aussi.
Mais après un bref séjour parisien fin juin et après ce court épisode égyptien, je ne constate tristement qu’une chose: le Liban se croit à la pointe de tout alors qu’il ne fait que cumuler les retards sur tous les plans. Y compris commerciaux, touristiques, culturels, environnementaux. Y compris.
Bien sûr, en Egypte (et ailleurs), ce sont les «artistes» libanais (les Haïfa, les Nawal el Zorghbi, les Nancy Ajram…) qui passent en boucle sur les chaînes de télé, ou en tout cas sur Rotana. Bien sûr, les Libanais peuplent le monde arabe et au-delà, exportent leurs talents, s’adaptent comme ils savent si bien le faire et parfois se distinguent même. Mais qu’en est-il du Liban lui-même ?
A notre retour, j’ai réceptionné les magazines de Dubaï pour lesquels je travaille. Et, une nouvelle fois, un courrier des lecteurs – sélectionné comme courrier du mois, je ne sais pourquoi – se plaignait de la place accordée au Liban dans ces pages et espérait que, maintenant que la «situation» s’est stabilisée, on passerait à des choses plus importantes. Non seulement le Liban est à la traîne, mais en plus il lasse…

[...]

En exclusivité, voici la prochaine version de la fiche signalétique concernant le Liban qui sera publiée sur le site letatdumonde.fr.

130353067.jpg

mercredi, 09 juillet 2008

Leaving Beirut

vendredi, 04 juillet 2008

Flower power

1334623503.jpgL’été s’est tranquillement installé sur Beyrouth. Les avions déversent les Libanais de la diaspora par brouettes entières, les prix s’envolent, les bars branchouilles sont pleins à craquer, les peaux bronzées s’exhibent, le gouvernement n’est toujours pas formé, le club de foot de Mabarra a remporté la Coupe du Liban pour la première fois de son histoire, le Hezbollah s’apprête à accueillir ses prisonniers… La vie s’écoulerait presque tranquillement dans notre belle république bananière.

Devant cette actualité sans grand relief, je me réfugie dans mon cocon. Ce cocon, nous le regardons s’épanouir année après année. L’été arrive et les fleurs de la terrasse se dressent fièrement sous le soleil. Aux quatre points cardinaux, bougainvilliers, rosiers, frangipaniers, citronniers, gardenias, jasmins, bignones et autres lavandes nous offrent leurs touches de couleurs. Caresser un pétale, humer une corolle et discerner les variations d’oranges ou de jaunes dans un bouquet sont autant de rites propres à nous relaxer et qui nous font oublier quelques minutes ces petites choses qui ne tournent pas rond. En regardant toutes ces plantes et toutes ces fleurs, je me dis que nous sommes bien mieux ici que dans un 30m2 avec vue sur cour à Bagneux. C’est un choix. La vie à Beyrouth n’est pas toujours rose, mais elle sera toujours au cœur de mes pensées.

 
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