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jeudi, 09 avril 2009

Le Liban est un pays formidable !

pharaon liban.jpgNon, nous n’allons pas vous parler aujourd’hui de ce que nous fait subir le bureau électoral en bas de l’immeuble avec son meeting aux airs de mariage, les candidats portés par la foule et tressautant dans les airs sous une pluie de grains de riz. Nous allons parler plutôt de ce qui fait la magie libanaise.

Le Liban est un pays où les stars de l’été qui s’annonce (déjà) se bousculent au portillon. Bien sûr, nous n’attirons que la crème de la crème des célébrités internationales: après ce grand moment avec Gilbert Montagné (Tu sais comme je t’aime le Liban), nous aurons la joie d’admirer la chevelure légendaire de Michael Bolton (de son vrai nom Michael Bolotin, mais c’est tout de suite moins glamour et ça prête si facilement au jeu de mots), aussi romantique que ces balades sucrées. Ha, on me dit qu’il s’est coupé les cheveux. Bref, entre nous, moi, j’irai plutôt voir les Sisters of Mercy qui, a priori, n’attireront pas grand monde mais correspondent davantage à mon registre musical que la bluette façon How am I supposed to live without youuuuuuuuuuu. Toutefois, l’événement de la saison demeure sans conteste l’arrivée du grand Julio Iglesias (Tou sé commé zé t’aime lé Liban). C’est dans ces moments-là que je regrette de ne plus faire ma matinale à la radio, rien que pour pouvoir lui dire en interview que lui non plus, il n’a pas changé. Toujours est-il que, donc, le Liban est un pays où les place pour aller voir (et écouter, accessoirement) le chanteur de charme latino légèrement sur le retour, sont proposées à un minimum de 70$ et vont jusqu’à 350$. Oui, mes bons amis, 350$. Et le Liban est un pays où ce prix exorbitant n’a pas découragé les fans qui se sont précipités sur cette occasion en or.

Mais après tout, pourquoi pas? Puisque le Liban est aussi un pays où, à l’occasion du centenaire d’une grande école portant officiellement une double nationalité (mais il paraît que dans les faits, elle n’est que libanaise), une circulaire a été distribuée aux heureux parents d’élèves, les invitant à assister à une soirée de gala avec à la clé dîner gastronomique, divertissement (les plus grands humoristes français seront présents, paraît-il! Auraient-ils convaincu Elie Semoun de venir à Beyrouth en fin de compte? A moins que ce ne soit Bigard…) et surtout présentation par Nikos Aliagas. Mesdames, Messieurs, applaudissements pour ce grand moment de pédagogie façon Star Academy. Après ces arguments de choc, la circulaire incite les parents (nous, quoi) à appeler le numéro XXX pour réserver les places, sans pour autant donner de prix. Et pour cause! L’administration n’a pas dû oser imprimer le chiffre extravagant de 100$? 150$? 200$? Non, mes bons amis, non: 250$ par tête pour cette soirée historique. Oui, 250$. Autant dire qu’à ce prix, le dîner a intérêt à être servi dans des assiettes plaquées or. Pourtant il faut croire que le Liban est un pays où les parents branchés répondront présent en masse.

Le Liban est encore un pays où une éminente responsable locale, porte-flambeau de la réforme des administrations libanaises, ne s’embarrasse pas de protocole. Lorsqu’une équipe de l’ambassade de France chargée de travailler avec elle sur un projet de grande ampleur pour l’année 2009, lui rend visite, elle les accueille en chaussettes. Oui, mes bons amis, en chaussettes. Après ce qui avait ressemblé à une révolution par le scooter en mai dernier, assistons-nous aujourd’hui à la réforme par la chaussette?

Mais trêve de plaisanteries. Le Liban est aussi un pays où, patientant dans des embouteillages dantesques, on peut tomber sur cela:

will you marry me.jpg

Il se trouve que l’un de mes cousins portant ce prénom a longtemps fréquenté une demoiselle du nom de Sara. Je ne suis pas certaine qu’il soit à l’origine de ce message, mais si ce le cas (ou pas, en fait), je trouve l’idée touchante et très romantique. Allez hop, hop! Prochaine étape: emmener sa belle au concert de Michael Bolotin ou Julio Iglesias, au choix, puis dîner à la soirée de gala scolaire. Et s’il ose faire tout ça en chaussettes, à mon avis, l’affaire est dans le sac.

dimanche, 05 avril 2009

Tawlé à volonté

taoule.jpgCela fait bien six mois que le magasin au rez-de-chaussée de notre immeuble, laissé à l’abandon depuis des années, a été retapé en vue des élections législatives du 7 juin prochain. Le duo de propriétaires dudit magasin s’écharpe depuis plus de cinq ans devant les tribunaux sur la question de savoir lequel a droit à quoi dans ce bâtiment de grand renom. Mais il faut croire que l’appât du gain rapide et sans histoire offert par cette location atypique a su les mettre d’accord. C’est comme ça. Nous aurions rêvé d’un bon boulanger, éventuellement d’un petit primeur sympa ou, à la rigueur, d’une boutique de fringues. Mais non. C’est à un bureau de campagne électorale dans lequel seront vantés les mérites de Michel Pharaon, candidat pour Beyrouth I sur les listes du 14 Mars, que nous avons eu droit.

Nouvelle peinture bien blanche, néons allumés 24/7, unique bureau sur lequel, dès le premier jour, un cendrier et une icône ont été posés bien en évidence… Et puis la crèche de Noël pendant les fêtes, forcément. Six mois durant donc, cet espace flambant neuf, dont la propreté immaculée contraste brutalement avec le magasin mitoyen laissé à l’état de dépotoir, est resté désespérément vide.

Et puis il y a quelques jours, alors que la sphère politique libanaise s’agite de plus belle, des signes d’activité se sont manifestés en bas de chez nous, un peu comme si l’on découvrait des traces de vie sur Mars. Et bien oui! Il est clair que la campagne électorale bat son plein, à moins de deux mois de l’échéance dont, selon nos leaders divers et variés, dépendra l’avenir du Liban pour les générations à venir. La fin justifiant les moyens, notre candidat au strapontin s’est lancé à corps perdu dans la bataille, prêt à tout mettre en œuvre pour démontrer au chaland achrafiote qu’il fera bien de lui confier ses destinées. Jugez plutôt. Preuve du dynamisme politique et de la popularité du bonhomme, une large banderole à son nom a été placée sur la façade de l’immeuble. Les places de parking tout autour du magasin sont désormais réservées à ses partisans, ce qui risque de ne pas simplifier les choses dans cette impasse déjà bien encombrée. Des palettes de sodas s’amoncellent dans un coin, attendant d’étancher la soif des foules en délire alors que de gros climatiseurs sont fin prêts pour balancer en continu des courants d’air glacé. On ne recule devant rien pour assurer le confort des éventuels votants. Et des rangées de chaises en plastique ont été disposées tout autour de la grande pièce, avec une rigueur implacable: alternance de deux chaises et d’une table basse ornée de l’incontournable cendrier en inox. Deux chaises, une table et son cendrier, deux chaises, une table et son cendrier… A la réflexion, nous nous sommes rendu compte que cette disposition est la même que celle du rituel des condoléances au Liban, lorsque les proches (ou moins proches) du défunt viennent manifester leur soutien à la famille éplorée, attendant leur tour à coups de cigarettes et de café.

Le plus étonnant reste toutefois que, si ces chaises sont pour l’heure inoccupées, des hommes du quartier passent désormais leurs journées autour du bureau trônant dans le fond de la pièce. Il faut croire que Pharaon a recruté à tours de bras dans notre pâté de maisons. Sur base de quoi? De sous, a priori. Probablement pas bien gros, mais de sous quand même. Attention, il ne s’agit pas ici d’achats de voix. Mais le militantisme à la libanaise s’accommode fort bien d’être aussi lucratif. Ce qui est certain en tout cas, c’est que ce militantisme – tous bords et tous partis confondus – n’est pas motivé par un programme quelconque. Un programme, c’est tabou. C’est sale. Et puis, inciter les électeurs à réfléchir et à faire un choix argumenté par autre chose que «J’adore/J’exècre», «Les autres sont méchants» ou «Par mon âme et par mon sang», ça ferait mauvais genre. Des concepts socio-économiques, des principes de politique étrangère et intérieure, des propositions structurées avec calendrier, mesures et données chiffrées à l’appui sont de l’ordre de la science-fiction, presque du film classé X (ou interdit aux plus de 18 ans, âge auquel sera rabaissé le droit de vote pour la prochaine fiesta). En fait, j’adorerais assister à l’une de ces belles émissions TV dont nous avons été gavés pendant la présidentielle française. Un 100 minutes pour comprendre, ou mieux, J’ai une question à vous poser. Mais l’idéal, en ce qui me concerne – et cela ne me paraît pas être trop demander – serait un vrai débat télévisé, en direct, entre des candidats qui seraient contraints d’échanger des arguments un minimum crédibles avec un minimum de correction. Oui, je sais. Science-fiction encore. Film classé X.

Toujours est-il que pour revenir à notre bureau de campagne du rez-de-chaussée, il me semble que Pharaon aurait une carte à jouer côté programme, ce qui est trop rare pour ne pas être souligné. Du matin au soir, sa petite équipe – exclusivement masculine, précisons-le, car la politique semble classée Y de par chez nous – passe son temps à jouer au tawlé (ou trictrac, ou encore backgammon). L’affaire a l’air si sérieuse, à observer leurs mines concentrées, que j’y vois la recette d’un programme électoral qui ferait l’unanimité: Tawlé à volonté!

lundi, 04 août 2008

On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond. Merde!

Il y a une qualité que l’on ne peut ôter à l’intelligentsia du Hezbollah, c’est la patience. Même si de temps en temps on constate quelques poussées de fièvre, les têtes pensantes du parti sont en passe de réussir leur coup. L’objectif paraît simple, et les événements de mai dernier l’ont bien montré: à défaut de pouvoir/vouloir prendre le contrôle du pays (ce qui n’est pas possible par un coup de force), il faut continuer d’affaiblir au maximum ce qui reste de l’Etat libanais, de dévitaliser les institutions du pays comme un dentiste annihile les nerfs d’une molaire douloureuse.
Comme l’a dit Nasrallah lui-même lors d’un de ses derniers discours, l’idéal du Hezb est celui qui a prévalu pendant l’occupation syrienne: l’Etat fait tourner la machine en termes économiques, mais c’est au Hezb que revient la véritable autorité. Celle de la force militaire, de la décision de guerre, de la véritable diplomatie (pour négocier l’échange de prisonniers, par exemple). La nouvelle déclaration ministérielle, accouchée aux forceps ces derniers jours, n’est que l’aboutissement d’un énième processus, celui qui nous intéresse ayant commencé au printemps 2006.

955627570.gifSouvenez-vous de ce fameux dialogue national qui paralysait le centre-ville tous les quatre matins, durant lequel le dossier des armes divines devait être abordé. Souvenez-vous des promesses faites alors. Depuis, on a eu une guerre avec Israël, puis un sit-in de 18 mois et une mini guerre civile de 10 jours en mai dernier (le Liban devrait faire breveter ce concept). Cette tartufferie a donc duré plus de deux ans, deux ans durant lesquels le pays a fait du surplace à tous les niveaux. Et comme le veut la physique, qui n’avance pas, recule.
Pour aboutir à quoi finalement? A l’élection d’un président dont il ne faut pas attendre des merveilles (ô surprise) et à la formation d’un gouvernement de (dés)union nationale déjà réclamée il y a 30 mois. Ce cabinet, dont la durée de vie programmée n’excède pas 10 mois, ne servira à rien (si ce n’est à offrir une pension à vie à ses membres ou à augmenter celle des récidivistes). Les dossiers à traiter ne manquent pourtant pas, mais tous les regards sont maintenant fixés sur la nouvelle valse électorale de mai 2009... et sur l'élection présidentielle américaine, bien sûr. Car en fin de compte, c’est bien à ce changement de «régime» aux Etats-Unis qu’est suspendu l’ensemble des développements régionaux.

De toute façon, que faut-il attendre des prochaines législatives? Rien, car attendre quoi que ce soit du système électoral et politique du pays reste très mauvais pour les nerfs. De plus, et c’est le plus important, les sujets qui fâchent déjà abordés il y a deux ans ne sont même plus au point mort; ils sont littéralement bloqués. Début 2006, le fameux dialogue national ambitionnait de traiter de la question des armes du Hezbollah. Aujourd’hui, rebelote: dialogue il y aura de nouveau, avec une différence de taille. Désormais, le parti de Dieu clame haut et fort qu’il ne désarmera jamais (et a montré vigoureusement ce qu’il adviendrait si quelqu’un essayait de toucher à son arsenal) et que la résistance EST le Liban. Belle promesse d’avenir.

Par ailleurs, les «figures politiques» locales ont ouvertement salué l’intervention d’une partie non institutionnelle (le Hezbollah) dans une négociation dont l’Etat a été sciemment exclu (l’échange de prisonniers), cautionnant ainsi l’absence absolue d’autorité légale nationale. Pire, la déclaration ministérielle par le biais de formules dignes d’une vierge effarouchée fournit un blanc-seing à la «résistance», la légitimant et légitimant ses procédés aux yeux du monde entier, en dépit d’une guerre coûteuse à plus d’un niveau et des événements sanglants de mai dernier. Et en prenant le risque qu’un tel baissage de froc implique la nation toute entière derrière l’aventurisme d’un parti dont les intentions dépassent l’intérêt national bien compris. Autant de régressions qui ressemblent à un grignotage dans les règles de la notion même d’Etat, à un nivellement par le bas de ce qu’il lui reste de potentiel pouvoir, à une transformation en institution-fantôme, ces «failed states» qui offrent le meilleur des terreaux pour l’épanouissement des organisations autoproclamées «nationales» (ce qui fera l’objet d’un prochain post). Dans ces conditions, inutile de se donner la peine d’un coup d’Etat aussi nuisible en termes d’image que délicat à parachever en réelle prise de pouvoir. Un peu de patience suffit, avec quelques coups de pouce pour aider au sabordage d’un Etat en pleine déliquescence.

Le Liban ressemble à une machine à remonter le temps, permettant à son peuple de revivre en boucle les épisodes les plus inutiles ou les plus déplorables de son passé. Malheureusement, personne n’a pensé à équiper cette belle machine de la «marche avant», ce qui aurait pu permettre à ce peuple de se projeter vers l’avenir.

On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond. Merde!

lundi, 23 juin 2008

« On pensait que ça s’était calmé au Liban »

1659145432.jpgSi cet homme sonne à votre porte, ne lui ouvrez pas. Si cet homme insiste lourdement, cela voudra dire qu’une petite goutte d’eau aura fait déborder le vase du côté sunnite. Cela fait trois semaines que je propose le sujet aux rédactions étrangères concernant la tension entre sunnites et chiites (surtout entre sunnites et alaouites à Tripoli)… Il a fallu quelques morts ce week-end dans ce qui reste l’une des principales poudrières du pays pour que je reçoive un «OK, on prend, mais on pensait que ça s’était calmé au Liban». Eh oui… ça s’est calmé légèrement en surface. Mais alors, juste en surface…

Comme les chefs de file de la majorité et de l’opposition font traîner en longueur leurs discussions sur la composition du gouvernement d’union nationale, les abadays de chaque camp ont ressorti les pétoires de leurs matelas. Tripoli a vécu au son des tirs ce week-end, Taalabaya et Saadnayel ont fait de même au début du mois, sans parler les camps palestiniens… Ce bon cheikh Omar Bakri nous avait dit que les salafistes attendaient la goutte qui ferait déborder le vase pour qu’Al-Qaïda se manifeste avec tambours et «pizza delivery» à gogo. Je me demande s’il parlait d’une goutte de Zam Zam Cola…

dimanche, 25 mai 2008

Michel Sleimane ou le charme discret du funambule

1233524357.jpgAlors voilà. Nous devrions être les heureux propriétaires d’un président tout neuf, d'ici la fin de ce dimanche 25 mai 2008. Enfin, tout neuf, façon de parler, le modèle que l’on devrait récupérer à quelques milliers de kilomètres au compteur.
Depuis le retour de nos pontes de Doha, la joie et l’allégresse se lisaient sur tous les visages des colleurs d’affiches (et des imprimeurs aussi). Les murs de Beyrouth sont recouverts de portraits, englués par dizaines. C’est beau, ça fait un peu déco urbaine nouvelle tendance. Ça sent aussi à plein nez le culte de la personnalité. Mais ne jugeons pas l’homme (ou le militaire, pardon) alors qu’il n'a pas encore franchi les grilles de Baabda. Le plus dur reste à faire pour lui:
• Ne pas décevoir les attentes d’une population lassée par 18 mois de guéguerre institutionnelle.
• Faire des risettes à toutes les délégations étrangères attendues à Beyrouth: les Iraniens (les mentors de son ami Hassan), les Syriens (ceux qui l’ont placé à la tête de l’armée en 1998) et les Américains (les mentors de l’actuelle majorité) en premier lieu.
• Commencer la semaine prochaine par des consultations pour le poste de Premier ministre (pas le plus dur), mais surtout pour la constitution du gouvernement. Aoun a déjà affiché ses préférences, avec des portefeuilles comme ceux de la Justice ou des Finances (ben voyons). Et les autres de devraient pas tarder à faire leur lettre au père Noël également. Ce matin, Geagea a profité de cette journée de «fête» pour accuser Aoun d’avoir sacrifié les intérêts des chrétiens au profit du Hezbollah. La semaine prochaine s’annonce rock n’roll.

En conclusion: souhaitons lui bonne chance pour le job le plus ingrat à pourvoir dans ce pays.

[…]

Hasard du calendrier (?!), le 25 mai, c’est aussi l’anniversaire de la libération du Sud par le Hezbollah en l'an 2000. Une belle occasion pour célébrer l’omnipotence spatio-temporelle du sayyed.


mercredi, 14 mai 2008

Day 8

23h20

• Ça fait 10 minutes que ça tire dans tous les sens. Les partisans de l'opposition célèbrent à leur façon la révocation des deux décisions du gouvernement. Les balles traçantes arrivent jusqu'à chez nous, de l'autre côté d'Achrafieh. Sans commentaire. C'est de la folie furieuse... Ça donnait ça de chez nous, mais on distingue à peine les balles traçantes, dommage.


 
16h25

• Outre Fawzi Salloukh (le ministre des Affaires étrangères démissionnaire mais qui travaille quand même), un autre personnage était là pour accueillir la délégation arabe à l'aéroport: Wafic Choucair. Comme quoi le gouvernement pisse dans un violon dès qu'il ose prendre une décision. A ce niveau, on ne parle plus de tiers de blocage, mais de quart de décision. La situation est d'ailleurs assez comique. Parmi les entretiens que la délégation a eu aujourd'hui, elle a évidemment rencontré Nabih Berri (personnage central de la politique libanaise quoique dépourvu de tout pouvoir de décision). Ce dernier a redit: «L'opposition arrêtera sa campagne de désobéissance civile si le gouvernement rétire ses deux décisions.» Comme si l'opposition respectait la moindre de ces décisions, alors que dans les faits, Choucair est de nouveau au service de la patrie (laquelle?).
• Damas soutient sans réserve l'initiative arabe en cours à Beyrouth (ils sont en train de prendre le café chez Walid à Clémenceau). Il faut donc se méfier.
• Les bulldozers sont arrivés à Masnaa. Enfin.
• Hier soir à 18h, il y a eu une manif organisée par le 14 Mars devant l'ambassade iranienne à Paris. Ci-dessous, l'interview de Rima Tarabay, membre du Courant du Futur et assistante très particulière de feu le président-martyr-tycoon. En étant à Paris, son discours est bien différent de celui de Siniora qui est lui à Beyrouth.


 

11h45

• La route de l'aéroport a été partiellement rouverte pour laisser passer les membres du comité arabe. Amr Moussa doit avoir un permis de séjour permanent au Liban vu le nombres de visites effectuées ces derniers mois. Mais à part faire du tourisme, que fait-il exactement?
• Manchette du quotidien Al-Akhbar, ce matin, en faisant référence à l'initiative arabe: «Dernière chance pour un compromis ou pour le chaos». Plutôt mauvaise signe.
• Le député Marwan Farès (PSNS): «Les armes de la Résistance sont sacrées, et celui qui le nie est un traître israélien.» L'utilisation du mot «sacré» me fait autant sourire que celle de «martyrs». Pourquoi toujours mélanger le vocabulaire religieux au vocabulaire politique? Est-ce une fatalité: ces deux aspects de la vie publique libanaise ne peuvent-ils pas divorcer? Ces propos sont d'autant plus pathétiques qu'ils sortent de la bouche d'un député appartenant à un parti qui se veut laïc.
• Hier, un député français a interpellé Kouchner sur le Liban. Et on a rien appris.


 
7h10

1947799011.jpg • A Beyrouth, le printemps hésite encore à laisser sa place à l'été. Les gardenias – nous en parlions hier – commencent à fleurir, ça embaume un peu partout. Dommage que la télé, la radio ou internet ne se fasse pas en odorama, on vous en aurait volontiers envoyé un petit échantillon.
• Aujourd'hui, le programme de la journée se joue surtout dans les coulisses diplomatiques.
• Et en parlant de coulisses, j'aimerais bien être une petite souris pour voir ce qui se passe du côté de l'armée et de l'Etat major en ce moment.
• Abdel Amir Kabalan, le vice-président du Conseil supérieur chiite, l'a dit: ce qui s'est passé cette semaine est un «différend entre tribus». Nous devrions donc rebaptiser ce pays la République tribale du Liban.
• Je viens de retomber sur une chanson tout droit sortie de mon adolescence. Le montage vidéo est un peu craignos, mais j'avais envie de vous la repasser quand même.

samedi, 10 mai 2008

Day 4 (bis)

1321392943.jpgJe suis en colère.

Je suis en colère contre ce gouvernement qui a voulu jouer les gros bras sans en avoir les muscles et qui, aujourd’hui, vient geindre dans le giron de la communauté internationale et arabe, sans se rendre compte que ce qui se passe aujourd’hui au Liban n’est pas perçu autrement que comme un énième conflit entre sunnites et chiites. Entre deux familles aux mêmes racines, qui se tapent dessus depuis la nuit des temps, et dont les frottements ne présentent plus guère d’intérêt depuis l’Irak et ses 35 morts quotidiens, en moyenne. Les chiites et les sunnites, ça lasse l’opinion depuis longtemps, c’est leur problème en fin de compte. Peu importe que depuis hier soir, la montagne druze paraisse figurer en bonne place dans les velléités expansionnistes du Hezb. Qui sait ce que sont les druzes à l’étranger de toute façon? Peu importe qu’une bonne part des hommes qui traînent dans les rues de Moussaytbé, Mazraa ou Hamra soient payés et armés par Nabih Berri, accessoirement président du Parlement et à ce titre gardien de l’unité nationale. C’est une honte.

Je suis en colère contre cette armée, heureuse de recevoir des lauriers populaires il y a moins d’un an pour avoir mis des mois, et au prix de destructions monstrueuses, à rabattre le caquet à un «groupuscule» dont elle n’a même pas su arrêter le chef. Cette armée flétrie par la honte depuis qu’al-Arabiya diffuse en direct des images de soldats, nos soldats en principe, combattant aux côtés de miliciens prenant d’assaut une bonne moitié de la capitale. Quelle logique permet d’expliquer, sans parler de justifier, que l’armée accepte que des hommes en arme lui livrent d’autres hommes en arme ? Qui oserait encore se voiler la face en prétendant que le Hezbollah n’est pas une milice, que c’est la «Résistance» et qu’en tant que telle, cela lui donne le droit de dépasser toutes les lignes rouges, au nez et à la barbe de cette grande Muette supposée défendre les citoyens en toute neutralité? Que penser de ces soldats qui prennent le café avec ceux qu’ils ont pour mission d’arrêter? Je me fous des excuses – l’armée est trop fragile pour s’opposer au Hezbollah –, des prétextes – elle n’a pas le droit de lancer une opération offensive sans en recevoir l’ordre du président de la République exclusivement –, des stratégies – Sleimane attend son heure pour se présenter en sauveur… L’armée regarde passivement des Libanais (dont je doute désormais de la libanité) mettre le feu à des médias, accrocher des photos d’un président étranger, pourchasser des citoyens jusque chez eux, interdire la circulation, et j’en passe. C’est une honte.

Je suis en colère contre les Libanais, en particulier ceux que l’on appelle les chrétiens libanais, ces Libanais qui vivent à Achrafieh, dans le Metn, le Kesrouan et qui ne semblent pas affectés plus que ça par ce qui se passe. Oui, ils ont peur. Peur que la contagion ne gagne leur quartier, leur région. Peur que cela ne soit pas bon pour leurs affaires. Peur de ne pas pouvoir aller à la plage cet été. Mais ont-ils seulement peur pour leur pays? Peur pour leurs concitoyens, ces sunnites qui, de toute façon, «n’ont jamais su se battre» (comprenez «c’est leur problème, nous, ça ne se passerait pas comme ça»)? Se rendent-ils seulement compte que, en quelques jours, les lignes de fracture qui ont scindé ce pays pendant plus de 15 ans se sont reformées, que la ligne verte est de nouveau en vigueur et que les voilà de nouveau cantonnés à ce fameux «réduit chrétien» qui a bercé mon adolescence? Les chrétiens se sont glissés en douceur dans cette nouvelle/ancienne configuration, comme dans des pantoufles. Ce qui laisse à penser que les lignes de démarcation restaient bien vivaces dans les esprits et que les Libanais n’ont rien appris. Il ne s’agit pas d’aller combattre le Hezbollah les armes au poing dans un combat perdu d'avance. Il s’agit de manifester une quelconque solidarité, ne serait-ce que dans les cœurs, dans la dignité des discours. Combien ont été manifester ce matin à Tabaris? Combien iront cet après-midi rejoindre Offre-Joie? Bien peu, j’en ai peur, parce que bien peu se sentent concernés, en fin de compte. Comme pendant la guerre de 1975-1990. On est gêné par l’inconfort, mais combien se sentent réellement impliqués par ce qui est en train d’arriver à leurs compatriotes? Sur les chantiers d’Achrafieh, les travaux se poursuivent comme si de rien n’était. A Jounieh, les bars et resto font le plein. La vie continue et doit continuer, certes. Mais un peu de solidarité serait bienvenue. Elle serait décente. Mais là encore, les Libanais n’ont rien appris. Ils reproduisent les mêmes schémas et se reprendront les mêmes claques. L’aéroport est inaccessible? On reprendra le bateau de Jounieh vers Chypre. L’ambiance est pas cool à Gemmayzé? On sortira dans le Kesrouan ou à Broumana. Le Hezbollah fait la loi à Beyrouth-Ouest? Il verra bien s’il ose s'approcher de chez nous (c’est ça ouais).

Cette espèce d’indifférence un peu anxieuse, tellement égoïste, est non seulement indigne, elle est suicidaire. Au lieu d’espérer naïvement, comme si l’Histoire ne nous avait rien appris, que le Hezbollah soit poussé à la faute (euh, ce qui se passe n’est pas suffisant?) et qu’Israël ou un état lambda intervienne, sauvant ainsi la veuve et l’orphelin, les Libanais de toutes confessions – du moins ceux qui ne sont pas d’accord avec ce vendu de Michel Aoun pour qui il s’agit d’une «victoire nationale» – devraient descendre dans la rue et crier leur solidarité à la face du monde. Crier que non, il ne s’agit pas de heurts sunnites-chiites mais d’une agression contre une nation toute entière par un parti fasciste qui refuse que l’on touche à sa capacité militaire (j'allais écrire "de nuisance"). Crier que la fermeture de médias, quels qu’ils soient, est un signe extrêmement inquiétant de ce fascisme. Crier que les Libanais refusent que leur destin soit dictés par quelques uns, plus armés que les autres, si tant est qu’ils croient encore à leur prétendue démocratie. Crier qu’ils ne veulent plus être pris en otage, que ce soit enfermés dans leur maison à Beyrouth ouest, ou engoncés dans leur région pour Beyrouth-Est. Seul cela forcerait le reste du monde à regarder ce qui se passe réellement au Liban. Ils ont su le faire en 2005 mais là, parce qu’ils ne sont pas directement concernés, ils ne bougent pas; ils s’adapteront, si tant est que le business va bien. Et pour moi, ça, c’est la plus grande de toutes les hontes.

vendredi, 09 mai 2008

Day 3

19h25

• Les rafales d'armes automatiques dans les rues de Beyrouth-Ouest, ça donne ça. Soit on se carapate, soit on se planque, c'est au choix.

• Et ça, c'est l'orage délirant de la nuit dernière, tourné depuis la maison, vers 2h30. Désolé pour l'autofocus un peu foireux.



 
17h19

• L'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweit et l'Italie annoncent ou étudient l'évacuation de leurs ressortissants. Côté Français, on dit "pas encore". Jusque là tout va bien donc.
• L'Egypte et l'Arabie Saoudite (encore elle) ont demandé une réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères arabes. Ouahahahahaha! On a déjà annoncé qu'elle se tiendrait "dans les deux jours". C'est l'urgence vue par les Arabes. Re-Ouahahahahaha!
• L'ancien siège de la Future flambe à Raouché.
• Des centaines de civils passent la frontière syrienne, pour sortir du Liban, pas besoin de le préciser.
• En dehors des bris de verres, des poubelles qui puent et des morceaux de parpaing, des branches jonchent aussi les rues, suite à la monstrueuse tempête d'hier soir dont j'espérais, à tort, qu'elle calmerait un peu les ardeurs.
• Des portraits de Bachar el Assad refleurissent dans Beyrouth Ouest.
• Le calme semble revenu à l'exception de tirs sporadiques, signe soit que les combattants font la sieste (probabilité 0.33/10), soit qu'un camp a gagné (probabilité 9.99/10) et qu'un nouveau statu quo est en vigueur. Le 14 Mars proteste aussi inutilement que faiblement, mais dans une politique du fait accompli, ils l'ont dans l'os. Le Hezb a désormais des cartes supplémentaires, Hariri & co ont reçu l'humiliation du siècle. On attend le prochain round. Quoique. On a déjà vu ce genre de statu-quo durer 15 ans au Liban.


15h10

• De retour de Beyrouth-Ouest.
• C'était calme quand on y est passé, mais c'est reparti de plus belle depuis.

118485596.JPG
• Visiblement, sur le terrain, chacun campe sur ses positions (voir cette photo à la Marina de Beyrouth, pas loin du Phoenicia): Le Hezb et Amal tiennent leurs quartiers, l'armée et les FSI les encerclent, et protègent les bâtiments officiels: les ministères du centre-ville et de Hamra, et surtout la Banque du Liban.
• Si, rue de Damas, les employés de Sukleen continuent de travailler, dans Ras en-Naba et Mazraa, les bennes à ordures (qui n'ont pas été brûlées) dégueulent.
• A Mazraa et Mar Elias, ce sont les jeunes de Amal qui font la circulation, avec la Kalach en bandoulière. A un carrefour, on a demandé notre chemin à un gars tout gentil (mais le doigt sur la gâchette), la voix douce. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession.
• A Qantari, en redescendant vers le centre-ville et la banque Audi, je m'arrête pour prendre une photo. Un mec à scooter débarque et me dit que c'est interdit de photographier (!), car c'est une zone touristique (re !).
• J'ai eu un ami photographe indépendant au téléphone, qui s'est fait piquer toutes ses cartes mémoires à Hamra. «C'était des mecs du Hezbollah, des vrais, ceux avec lesquels tu discutes pas.»
• Note pour plus tard: c'est décidé, je vais me reconvertir dans l'importation de scooters.
• Sans commentaire...



 
12h50

• Toujours pas sortis, mais on file tout de suite. Compliqué de tout gérer.
• Farès Souhaid (secrétaire général du 14 Mars), joint par téléphone: «Ce que l’on essaie de présenter comme un conflit entre deux courants politiques est en fait un putsch militaire mené par une organisation terroriste soutenue par l’Iran. Les députés de la majorité arrivent au fur et à mesure à Meerab, et dès qu’ils seront présents, nous verrons quoi faire. L’élection d’un président à la majorité simple est une possibilité, c’est très probable. L’armée joue la carte de la patience en attendant de se présenter comme sauveur. Je ne crois pas que le Hezbollah entrera dans les régions chrétiennes.»
• Joumblatt n'a pas été évacué, il est toujours à Clemenceau.
• Marwan Hamadé (bras droit de Joumblatt), par téléphone également: «Il s’agit d’un coup d’Etat milicien, l’Iran réédite le coup de Gaza et cette tentative est pratiquement réussie, si ce n’est qu’ils n’ont pas de gouvernement légal. L’Iran a établi une nouvelle tête de pont sur la Méditerranée. Personnellement, je reste à Beyrouth, je suis habitué aux invasions. J’ai vécu celle israélienne de 1982, et aujourd’hui celle iranienne de 2008. Toutes les options sont ouvertes, y compris l’élection d’un président à la majorité simple. Toute la question sera de savoir quel président élire. Car, vis-à-vis du laxisme de l’armée, nous comptons bien demander des explications au général Michel Sleiman. Pour l’instant, les druzes ne réagissent pas car ils sont encerclés dans le Chouf et ils sont extrêmement peu nombreux à Beyrouth. Mais il est évident qu’ils ne laisseront pas faire si quelqu’un s’attaque à la montagne du Chouf.»
• Le téléphone de Hajj Hassan ne répond pas.

 
11h30

• Une roquette tirée sur Qoreytem, la résidence de Hariri.
• Le bâtiment du journal Al-Mustaqbal pris pour cible. J'arrive pas à joindre un copain journaliste sportif dans ce canard.
• Joumblatt évacué de Clemenceau par l'armée.
• Le port bloqué (facile, c'est les copains d'Amal qui le contrôlent d'ordinaire).
• Je viens d'avoir au téléphone le député du Courant du Futur Ammar Houry, dont la résidence a été prise par le Hezb. Voix d'outre-tombe lui qui est d'ordinaire si enjoué. Complètement flippé: «I'm fine, sorry, I can not tell anything else right now.»
• Un copain arménien habitant à Ras Beirut: «On reste à la maison, on bouge pas.»
• On va sortir.
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mardi, 06 mai 2008

Hassan, Walid et miss Météo

792286487.jpgBonjour, vous êtes bien sur MétéoLiban, et voici les prévisions pour demain: les brumes de pollution matinales devraient se dissiper rapidement, et nous devrions avoir un temps globalement ensoleillé, mais couvert en milieu de journée par d’épais nuages noirs de fumée émanant de tas de pneus brûlés. Les températures devraient monter largement au-dessus des moyennes saisonnières. Bonne soirée et restez chez vous demain!

[…]

Elle est chouette la speakerine de MétéoLiban, elle a tout compris: la météo libanaise est recouverte d’une brume de manipulation bien épaisse. Il y a vraiment de tout en ce moment, les déclarations incendiaires bourgeonnent comme les gardenias et les jacarandas des cours d’école.
Tiens, parlons-en de l’école. Il y en a une juste à côté, et c’est plutôt folklorique. Dans la cour, Walid accuse Hassan d’avoir un pistolet à eau et de terroriser tous les petits camarades avec, Hassan rétorque que Walid n’est qu’un américhien; Walid dénonce le réseau de talkie-walkies Playschool de Hassan, Hassan lève les yeux au ciel en disant que Walid fait le jeu du complot chioniste (il a pas bien compris ce que disait son papa à table la veille); Walid ne comprend pas ce que faisaient trois élèves d’une école étrangère pas loin de la maison de son pote Samir, Hassan, lui, se dit qu’il ne fallait pas faire tout un fromage de cette histoire… Ça se chamaille sec entre Walid et Hassan ces derniers jours, et dans la cour d’école, un autre gamin essaie de montrer qu’il a des muscles, en vain. C’est le petit Michel. Lui, il aimerait bien que tout le monde l’écoute, mais il n’est pas aussi populaire qu’il le croit à la récré. Pendant ce temps, les nuages promis par miss Météo s’accumulent, s’accumulent… Alors Walid et ses potes se fâchent fort, car aucun d’entre eux ne comprend ce que veut vraiment Hassan. C’est vrai, quoi, il veut quoi ce petit Hassan? Il a déjà toutes les billes de ses copains, un lance-pierre, une fronde (quoique non, il a jeté sa fronde, ça fait trop «David» à son goût), il pique les casse-croûtes de Michel (c’est leur deal depuis le CP), et ses copains de CM2 (les grands, quoi) bloquent toutes les sorties de la cour de l’école afin qu’Hassan soit sûr que tout est sous son contrôle. Et comme il n’y a plus de directeur dans leur école depuis 6 mois, Hassan, Walid et tous leurs petits copains de jeu font n’importe quoi. Mais bon, à l’école, aucun gamin n’ose plus trop approcher Hassan car personne ne sait ce que ce garçon à la bouille trop gentille a réellement dans la tête. Prendre le contrôle de l’école par la force? Eliminer les garçons aussi populaires que lui? Lancer une bataille de bombes à eau avec les voisins de l’école d’à-côté sans prévenir ses petits copains?
Du coup, comme tout ça est très confus et que la majorité des enfants de cette école n’a aucune prise sur les agissements de nos caïds en culotte courte, ces derniers en rajoutent des couches quotidiennement. Jour après jour, Walid et surtout Hassan brouillent les pistes (pas la 17 de l’aéroport, je vous vois venir…). Peut-être qu’il a une enfance malheureuse pour se comporter comme ça, celui-là.

[…]

Ah, miss MétéoLiban veut reprendre l’antenne: il a plu ce matin à l’Université libanaise de Fanar, et il pourrait pleuvoir du côté de Mazraa, de Basta et de Jdeidé demain. Sortez couverts!

[…]

Cool, l'électricité vient de revenir, voici la météo en live: 


envoyé par viliendelabarbe
 
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