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samedi, 26 novembre 2011

Visitez le Liban

liban,office du tourisme,le caire,Egypte,place TahrirCe n'est pas moi qui le dis, mais la magnifique devanture de ce qui fut peut-être – un jour, jadis, autrefois, au siècle dernier? – un office du tourisme libanais. Celui-là est au Caire, en bordure de la place Tahrir. Pas de bol, dans le coin, tout est fermé depuis des mois...

Et puis à 20m de là, il y a beaucoup de manifestants, mais aussi des artistes, alors c'est bien de leur donner la parole. Les dessinateurs du Caire ont beaucoup d'humour et se paye la tête des généraux de la sainte armée égyptienne (vainqueur comme chacun sait de toutes les guerres israélo-arabes).

Quand soudain, parmi tous les graffitis ornant les environs, je tombe sur ça:

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Ça vous dit quelque chose, non?

jeudi, 20 octobre 2011

Beyrouth sur écoute (après la Grande Brasserie, le Salon du livre)

liban,beyrouth sur écoute,grande brasserie du levant,salon du livre,bielIl y a deux semaines tout juste, le 6 octobre dernier, la Grande Brasserie du Levant s’est faite toute belle pour la première séance de signature de Beyrouth sur écoute / Wiretapping Beirut. Une jolie soirée, des petits fours paraît-il délicieux, un endroit que beaucoup ont découvert ce soir-là...

Alors pour ceux qui ont raté cette avant-première, une deuxième séance est prévue le samedi 29 octobre prochain, à 18h, sur le stand de la Librairie Antoine dans le cadre du Salon du livre francophone de Beyrouth.

Ça, c’est pour les Beyrouthins. Mais ceux qui, à l'étranger, seraient tentés par l’expérience peuvent se rabattre sur les sites en ligne (ici, ou encore quelque part par ).

mardi, 20 septembre 2011

Beyrouth sur écoute (à l’imprimerie)

Les dés sont jetés.

liban,livre,beyrouth sur écoute,wiretapping beirut,david hury,amers editionsLe vol. 1 de Beyrouth sur écoute / Wiretapping Beirut est en cours d’impression en ce moment même. Soyons franc, j’ai comme un petit pincement au cœur, une (très) perceptible montée d’anxiété, une bouffée de satisfaction et la trouille au ventre.

10h, je débarque dans l'immense salle de l'imprimerie, du côté de Bchemoun. Je rencontre Abbas, le chef de production, et les gars de son équipe. Je regarde les premières pages sorties avant mon arrivée.

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Il faut vérifier la sortie des couleurs, demander à Abbas de rajouter du noir car les gris sont fades, puis du jaune car certaines images paraissent trop roses... Puis prier pour ne pas avoir laissé trop de fautes dans l’accord des participes passés des verbes pronominaux, espérer que le papier choisi soit doux au toucher... et puis, plus simplement, que le livre plaira.

Cette avant-dernière étape à l’imprimerie – avant la reliure – est l’aboutissement d’un long processus... entamé durant l’été 2010 avec la sélection des photos et l’écriture des textes, puis avec la recherche d’un éditeur (Amers Editions), la traduction des textes vers l’anglais, les essais de mise en page, les longues séances de relecture, de réécriture, de correction, de re-correction, de re-re-correction, de vérification des épreuves chez l’imprimeur... Aujourd’hui, à l’atelier, je regardais les feuilles de papier défiler en me disant «Voilà, c’est presque fait, tu y es», et surtout en me disant que ce projet, même s’il est personnel au départ, s’est transformé en belle aventure humaine. Car un livre, ça ne se fait vraiment pas tout seul dans son coin, croyez-moi. Un (colossal) merci donc à Sara, Ghadi, Youmna, Yasmeen, Amal...

Alors ce livre, me direz-vous, qu’y aura-t-il dedans? C’est assez simple: 41 histoires, 41 photos, mettant en scène la capitale libanaise. Chaque histoire est racontée par un narrateur humain ou non, «devinable» ou non, fictionnel ou réel, la photo liée à l’histoire donnant la clé du texte. Un petit peu dans l’esprit de quelques textes mis en ligne sur ce blog.

L’avant-publication est donc presque derrière moi. Mais une nouvelle page va bientôt s’ouvrir. Il va falloir faire vivre ce livre! Et cela commencera par un premier lancement, ici à Beyrouth, début octobre. Quizz: dois-je préciser où?

dimanche, 11 septembre 2011

La Grande brasserie, vaisseau fantôme

liban,beyrouth,grande brasserie du levantC'était au printemps 2010. Un jour, des étudiants de l'Alba et de l'Université libanaise (Delphine et Kassim si mes souvenirs sont bons, à tout seigneur tout honneur) reviennent d'un reportage et me disent: "Vous ne connaissez pas la Grande brasserie du Levant?" Et bien non, je ne connaissais pas. J'étais pourtant passé devant des dizaines de fois sans y faire attention. Comme pour de nombreux autres endroits atypiques qui me reste encore à découvrir.

Pourtant, la façade se pose là. Immense, imposante. Le bâtiment, avec l'édifice central et les deux ailes, est un labyrinthe de salles, d'escaliers, de couloirs. Tout y est à l'abandon: la paperasse, des caisses de bières poussiéreuses, des machines encore recouvertes de cambouis. Les ténèbres règnent sur les sous-sols et les vastes salles frigorifiques. Certains recoins vous glacent les sangs. Et puis il y a le gardien des lieux, le vieux et chaleureux Boutros. Vous en apprendrez bientôt davantage sur lui.

Quelques jours seulement après que ces deux étudiants m'ont montré leurs photos, j'y suis donc allé. Faire un repérage. Et en me disant que ce serait un crime d'abattre un tel vaisseau abandonné. Le potentiel du lieu est énorme: je comprends que des promoteurs puissent se lécher les babines en regardant cette parcelle de terrain très bien située. Moi, je me dis qu'il y a là la plus belle carcasse de béton de la ville à transformer en espace culturel, d'exposition & Co.

Note pour plus tard: après la gare de Beyrouth, ça ferait un bel endroit pour lancer un bouquin, ça.

dimanche, 17 avril 2011

Grand écart

Y'a des jours comme ça, plus riches que d'autres. Riches en histoires humaines. J'ai la chance d'avoir parmi mes amis des hommes très différents les uns des autres. Je ne les mélange quasiment jamais, ils représentent tous des histoires séparées. Je suis leur plus petit dénominateur commun.

Hier samedi, j'avais promis à deux d'entre eux d'assister aux scènes qui font battre leur cœur. Le premier, vous vous en souvenez peut-être, est quelqu'un de très spécial pour moi. Et, comme chaque année, ce début de printemps marque pour lui la première étape de la préparation de son «or brun». Cette fois, je me suis dit que j'allais documenter tout le processus. Rendez-vous donc à 9h, sur la route de Damas, à 20 minutes de Beyrouth.

samir muller clay.jpgEtape nº1: le mélange de trois terres différentes, aux propriétés spécifiques (ci-dessus en photo), et le tamisage. Etape nº2, dans deux semaines: la «récolte» de la glaise et sa transformation en boudins de 20kg qu'il utilisera lui-même et revendra à différents clients, comme les facultés d'art du pays ou des sculpteurs. La terre de Samir est de l'or et lui ne s'en rend pas compte. Nous nous sommes promis de nous revoir bientôt, loin de la poussière de son caravansérail, devant l'écran d'un ordinateur pour faire une «étude de prix». Cela fait 10 ans qu'il vend les 20kg de terre à 18000LL, soit moins de 1000LL le kilo. Un prix qu'il faudrait probablement réévaluer, vu le coût de sa matière première, les heures d'un travail harassant en plein cagnard...

[...]

Deuxième rendez-vous de la journée, à 16h. Je troque mon T-shirt plein de glaise pour une chemise blanche impeccable. Direction les salons du 2e étage de l'hôtel Gabriel à Achrafieh pour la 9e vente aux enchères organisée par Cedarstamps.

cedarstamps bernardo longo.jpgJ'y retrouve Bernardo, mon Rital passionné par l'histoire postale du Levant. Plus de 300 lots sont exposés. Les enveloppes mises en vente vont de 20 euros à 10000 euros. Quelques clients sont dans la salle, d'autres au téléphone depuis l'étranger. 17h50: arrive alors le lot nº183. Une petite enveloppe tamponnée au Qatar en octobre 1916. Mise à prix: 5000 euros. Les enchères montent, deux collectionneurs – par téléphones interposés – se lancent dans une partie de ping-pong hallucinante. Résultat: le premier jette l'éponge au bout de dix minutes, le second remportant le lot pour la bagatelle de 53000 euros...

[...]

En faisant un calcul à la louche, le premier vend donc sa terre à moins de 1000 livres le kilo, le second son enveloppe – en admettant qu'elle pèse 10 grammes – à plus de 11,5 milliards de livres le kilo. Ça s'appelle un grand écart.

samedi, 01 janvier 2011

La pluie a attendu minuit 2

C'était une première: une Saint-Sylvestre passée dehors, au centre-ville de Beyrouth. Avec comme objectif de rallier minuit en bas de la place des Martyrs où un compte-à-rebours était prévu à 23h59mn40s.

Premier constat (qui n'est pas une nouveauté en soi): le centre-ville, ses restaurants et ses boutiques ne sont pas pour les Libanais. On y parlait tous les arabes possibles, sauf celui de l'est de la Méditerranée. Ça ne devrait plus m'étonner, mais ça fait toujours un petit pincement au cœur de se dire que le cœur de la ville, justement, n'appartient pas à ceux qui y habitent... Vers 22h30, direction le bas de la place des Canons, des Martyrs ou des Bétonneuses, comme vous préférez, pour assister à des projections sur la façade de l'immeuble UFA. Sauf que pendant plus d'une heure, nous avons eu droit à trois greluches tout droit sorties d'une production Vivid des années 80. Clou de spectacle (en playback?): les trois publicités sur patte pour les chirurgiens du pays ont "chanté" d'un balcon.

ufa 2.jpg

Sur la place, des dizaines de centaines de gars en rut s'affolaient au moindre déhanchement. Pathétique mais sympathique. Et puis le public a radicalement changé en 2 minutes, les adolescents (à scooter) laissant place à des familles pour les fameuses projections. Comme toute bonne manifestation qui se respecte, cela a commencé par l'hymne national (kulluna tralala), puis par un clip sur l'histoire du pays, des Phéniciens à la victoire divine du Hezb en passant par la manifestation du 14 mars 2005. Comme ça, tout le monde était content, chacun a pu applaudir ses 10 secondes préférées. J'ai beaucoup aimé le cèdre repoussant après la guerre de 2006, en jaune et vert. Passons.

La ribambelle de créations prévues pour la projection a défilé sur la façade, et c'était franchement chouette (faut d'ailleurs voter on-line pour les meilleurs clips – hors catégorie cependant: les pubs, dont celle du père Noël pilotant un avion UFA ah ah ah). Bonne ambiance, chapeaux pointus et pouet-pouet de rigueur.

Et puis tout le monde commençait à regarder sa montre... Tout le monde attendait le compte-à-rebours quand... les feux d'artifices ont commencé du côté du Biel. Petit décalage, comme en plein ramadan quand le muezzin du coin attend 30 secondes que son voisin ait commencé pour y aller lui aussi. Et puis voilà, 20, 19, 18... 3, 2, 1... Happy new year 2011!

compte 2.jpg

Reste à voir.

Bon, d'accord, faut tout de même remercier la météo car il n'a commencé à pleuvoir (vraiment) que 2 minutes après le gong de 2011.

jeudi, 03 juin 2010

Dome Seaty Center

dome city center.jpgProtection du patrimoine, travail de mémoire, «plus jamais ça»… Tout le monde n’a que ça à la bouche depuis quelques mois au Liban. Et certains ne se contentent pas de taper dans une baballe devant des caméras… En avril dernier, l’association Umam – qui réalise depuis 15 ans un remarquable travail d’archivage sur la guerre – et sa consœur Feel collective ont organisé deux expositions parallèles, Missing et In a sea of oblivion. Objectif: montrer la guerre, les visages des disparus, réfléchir à cet héritage commun, ne pas oublier, comprendre… Cette double démarche s’est déroulée dans l’un des symboles du centre-ville de Beyrouth: le dôme du City Center, sorte de coquille vide de béton armé, salle de cinéma d’un complexe immobilier futuriste qui n’a jamais été achevé à cause de la guerre.

Cela fait des années que l’avenir de cette carcasse pose problème. Maintes spéculations entourent ce lieu-culte depuis des années. Et aujourd’hui plus que jamais, sa présence ressemble à une anomalie aux yeux de promoteurs à l’appétit aiguisé par cette parcelle en plein cœur de la ville. Le dôme est condamné, tout le monde le sait depuis longtemps. Alors, après l’idée d’une vitrification de l’œuf – l’un des surnoms du dôme –, arrive aujourd’hui celle du déménagement. A l’origine de cet étonnant projet, nous retrouvons Feel Collective. L’idée? Planter le dôme au large de Ramlet el-Baïda et le transformer en espace culturel que les visiteurs pourraient rejoindre en bateau. Une sorte de Moby Dick à la silhouette immobile et énigmatique qui serait là, à nous regarder au loin, comme pour nous dire «n’oubliez pas, justement!». Le projet n’a rien de fantasque et se veut respectueux de l’environnement, utilisant les flux marins pour créer l’énergie dont le lieu aurait besoin. Utopique ou non, le projet a tout ce qu’il faut pour titiller la curiosité, et faire parler de lui. S’il le dôme doit disparaître du panorama du cœur de Beyrouth, le voir à l’horizon serait un beau message.

vendredi, 28 mai 2010

Untitled tracks for Munma

Un titre pot-pourri pour un post 2-en-1 façon shampooing-démêlant. Ça faisait longtemps que je voulais le faire et le concert de lancement du nouveau CD de Munma m’a sorti de ma torpeur… Alors voilà, avis aux amateurs de découvertes musicales et photographiques!

mumna.jpgNous commencerons donc par le plus récent, avec Previews & Premises, le quatrième et dernier effort de Jawad Nawfal aka Munma. Auteur d’un beau CD au sortir de la guerre de 2006 (nous avions repris l’intro de son CD pour la lecture de Jours tranquilles à Beyrouth à la gare ferroviaire de Mar Mikhaël), il revient avec des plages électroniques concoctées ces 4 dernières années et à ne pas mettre entre toutes les oreilles (disons qu'il faut écouter ça dans de bonnes conditions), mélangeant tentatives organiques, jazz et arabisantes sur fond d’électro industrielle. Les habitués du Basement ont pu découvrir ça il y a pile poil deux semaines. Petit merci au passage à Tanya Traboulsi pour la photo de Jawad prise lors du «concert» au Basement.

untitled tracks tanya traboulsi ziad nawfal.jpgLa photographe Tanya Traboulsi justement qui, en compagnie de Ziad Nawfal (le frère de Jawad) et de Ghalya Saadawi, a sorti il y a deux mois un bouquin textes-photos intitulé Untitled tracks sur la scène musicale alternative beyrouthine de ces dernières années. On y retrouve Mumna bien sûr, mais aussi les Scrambled Eggs, les ex-Soap Kills, les Incompetents, Lumi et bien d’autres. Les images sont personnelles, les textes aussi. Nous, ça nous plaît, alors autant vous faire partager ça avant le week-end.

Sur ce, on vous laisse avec un petit morceau de Munma, Bits and dust...


podcast

mercredi, 17 mars 2010

Qui es-tu Biroundilou?

auteur mystère.jpgNon, ce post n’a pas vocation à être d’une quelconque qualité littéraire, ce serait même le contraire. Il vient simplement d’une constatation: traduire des textes de l’arabe vers le français est parfois bien compliqué surtout quand les noms propres sont de la partie. Il existe bien sûr de grandes différences entre les deux alphabets. Des lettres existent dans une langue et pas dans l’autre, des phonèmes également. Il y a quelques années, je jouais chaque lundi matin à un petit jeu avec un vieux journaliste libanais: nous prenions les pages Sport de je-ne-sais-quel quotidien arabophone et nous essayions de deviner les noms de clubs de foot ou de sportifs connus. Par exemple, le son [o] n’existant pas vraiment en arabe, le match entre Bourdou et Mounakou m’avait bien fait rire. Il m’en fallait peu… Mais parfois, c’est un vrai casse-tête, ne prêtant absolument pas à la poilade et demandant une sacrée gymnastique linguistique. Il n’y a pas très longtemps, je relisais la traduction d’un texte décrivant les activités d’une association culturelle libanaise (re)baptisée Cassanado. Il fallait lire Xanadu. Bon courage!

Je vous propose donc de poursuivre ce post en remplaçant les sons français par leurs équivalents libanais: le [v] devenant [f], le [o] ou le [u] devenant [ou], le [p] se transformant en [b], le [gu] en [j]… et ainsi de suite. C’est pour cela, par exemple, que l’on dit «Bâris» en arabe en parlant de Paris.

Il n’y a bas loungtemps de cela, le 11 janfier dernier, l’assouciatioun Fe’l Amr a lancé une cambagne de sounsibilisatioun sour les dangers blanant ou-dessous de la lange arabe. L’oubjectif de ces bouristes: dire ‘stoub’ à tous ces jounes troufant souber cool la noufelle trinité «Hi, kifak, ça ba!». La dissouloutioun de l’arabe barlé au Liban et l’outilisatioun des langes étrangères dans la fie de tous les jours leur fait beur. Et je coumbrounds bien cela… Quand on voit le résoultat sur l’anjlais et de français barlé ici, la boulyphounie beut être une richesse mais sourtout un jrand défi pour les jardiens du temble.

Mais cette sitouatioun réserbe éfidemment des cas coucasses. Brincibalement afec les noums broubres. En cette année littéraire (Beyrouth est, je fous le rabbelle, la Cabitale moundiale dou lifre), je m’amouse – façoun de barler – à definer les batrounymes d’outeurs, counnous ou noun. Betit détail en bassant: certains brénoums comme «Jean» defiennent «Jeanne» ou «John» seloun les tradoucteurs. Ainsi, j’ai bu croiser Antoun Chekouf, Batrik Boifre Darfour, Oulibier Girmain-Thoumasse, Jeanne-Marie Goustafe Lekliziou, John Mountaldou… Mais je crois bien que ceux qui m’ount bosé le blous de broublèmes reste ceux d’outeurs germanouphounes ou italouphounes. Et un en barticoulier: Biroundilou. Boun courage!

vendredi, 23 octobre 2009

Jours tranquilles à Beyrouth (au Salon du livre… de Beyrouth)

jours tranquilles a beyrouth.jpgLa grand messe annuelle du livre francophone a ouvert ses portes aujourd'hui au grand public et les refermera le 1er novembre: annulé après la guerre de 2006 et en 2007 à cause de Nahr el-Bared, pas vraiment à la hauteur l'année dernière, le Salon du livre francophone remonte lentement la pente. Cette 16e édition affiche donc la couleur: le programme – à télécharger ici dans sa version complète – est plutôt appétissant, avec de nombreux auteurs libanais et étrangers, des expos photo (surtout sur le stand de Beyrouth Capitale mondiale du livre), des lectures, des conférences, des débats, des séances de dédicace… Du coup, nous nous y mettons nous aussi. Sortez les agendas, voici deux rendez-vous.

Samedi 31 octobre à partir de 18h
Nous dédicacerons Jours tranquilles à Beyrouth sur le stand de la librairie El-Bourj de Michel Choueiri.

Dimanche 1er novembre à 16h
Nous participerons à une table ronde sur le thème des «blogs devenus livres», organisée par l’équipe du site web iLoubnan, au cœur de l’espace Agora. Vous aurez également le plaisir d’y retrouver Maya Zankoul (Maya’s amalgam), Tania Hadjithomas Méhanna (sa maison d’édition Tamyras avait sorti une adaptation des Carnets de l’hirondelle), Samer Karam (BloggingBeirut) et d’autres… Vu les zozos, ça risque d’être joyeux.

Rangez les agendas.

[...]

Et voici le clip vidéo présentant le salon...

[…]

Petite info, en marge du Salon du livre: voici la liste des nominés pour le Prix Phénix 2009 (c’est comme les Oscars, mais ça se passe à Beyrouth, et seulement pour les livres en français édités dans l'année écoulée) qui sera attribué le dernier jour du salon. Nous sommes tombés dessus par hasard cette semaine: Bahjat Rizk pour Les paramètres d'Hérodote (Ed. L'Orient-Le Jour), Carina Roth pour Saisons de Beyrouth (Ed. L'Harmattan), Hyam Yared pour Sous la tonnelle (Ed. Sabine Wespieser), et Nathalie Bontems et David Hury pour Jours tranquilles à Beyrouth (Ed. Riveneuve). (sic!)

[…]

Finissons ce billet sur une note un peu plus personnelle. Les quelques heures passées au Salon hier soir pour l'inauguration m’ont fait un bien fou. Au moral en tout cas. Ça m’a fait du bien de croiser tous ces visages, toute cette grande famille de la culture et de la littérature francophone libanaise. Il y avait tout le monde ou presque, certains juste de passage, d’autres avec des valises sous les yeux à cause de la préparation du salon et/ou un sourire jusqu’aux oreilles. Ces gens, je les aime depuis des années ou simplement depuis quelques mois. Il y avait Michel, Paul, Tony, Tania, Mona, Ghadi, Ziad, un autre Paul, Adwan, Malaké, Abdallah, Cynthia, Joseph, Claire, Maxime, Maroun, Samia et j’en oublie certainement. Cette petite bulle, l’espace d’un début de soirée, a eu le grand mérite de mettre en évidence que le Liban n’est pas qu’un pays de fous furieux. Mais bon, le problème, c’est qu’en repartant du Biel, la frénésie des embouteillages m’attendait.

vendredi, 28 août 2009

La Règle de 3 de Youmna Habbouche

youmna habbouche1.jpgyoumna habbouche2.jpgAprès celle de Ghadi Smat en juin dernier, voici une nouvelle voix de la photographie libanaise qui cherche à se faire entendre. C’est Youmna Habbouche qui s’y colle avec ses assemblages d’images sous forme de tryptiques (voir ci-dessus: une grande photo et deux détails, soit verticaux, soit horizontaux). Sans être révolutionnaire, ce principe de mise en scène est simple et efficace, et fonctionne la plupart du temps que ce soit par des associations de couleurs (l’orange par exemple) ou de textures (tissus ou peinture craquelée entre autres). D’autres images, en noir et blanc, abordent le mouvement, celui de l’homme dans la ville, transformant les jambes des passants en spectres… Ce qui a fait dire à ma fille de 9 ans le soir du vernissage: «Mais ils sont transparents ces gens-là!» Elle a pris son premier cours d’optique ce jour-là.

Bref, Youmna expose son travail à la galerie The Running Horse qui se situe au rez-de-chaussée du pâté de maison de Sleep Confort à la Quarantaine. Je ne saurai trop vous conseiller d’aller y jeter un coup d’œil… C’est ouvert jusqu’au 19 septembre, du lundi au vendredi de 12h à 19h et de 14h à 17h le samedi.

lundi, 22 juin 2009

Ghadi Smat fait son grand écart

ghadi smat.jpgUn blog, ça peut aussi servir à faire de la pub. Pour les copains cette fois. Mercredi prochain, Ghadi Smat inaugurera sa première exposition personnelle, au CCF (rue de Damas). Pour son «Grand Ecart» personnel, Ghadi proposera une sélection de 30 tirages, allant de 20x30cm à 50x60cm, en noir et blanc ou en couleurs.

L’espace d’exposition sera divisé en deux: «L’idée est de montrer deux facettes du Liban, mais pas forcément opposées l’une à l’autre», explique ce Beyrouthin de cœur, revenu du Canada il y a trois ans. L’exposition restera en place durant trois semaines (l'entrée est libre). Rendez-vous mercredi à 19h…

mardi, 12 mai 2009

Jours tranquilles à Beyrouth (à Beyrouth!)

Bon, nous poursuivons la promo car les choses sérieuses commencent pour Jours tranquilles à Beyrouth sur son terrain d’origine, Beyrouth! Après le lancement de l'autre côté de la Méditerranée, le voici donc qui débarque au Liban. Il est en vente depuis un mois à la librairie Al-Bourj au centre-ville et vient de rejoindre les étals des 10 points de vente de la librairie Antoine.

invitation beyrouth.jpgParallèlement, nous préparons notre petit rendez-vous du vendredi 15 mai 2009. Pour faire simple, il s’agit d’une lecture en plein air dans le cadre des «Lectures insolites» initiées par la Mission culturelle française au sein du programme de «Beyrouth capitale mondiale du livre». Cette lecture se fera dans la vieille gare ferroviaire de Beyrouth, à Mar Mikhaël (33°53'55.10"N  35°31'44.20"E pour les amateurs de Google Earth), à quelques minutes à pied de l'EDL. Un lieu que nous aimons tout particulièrement, hors de l'espace et du temps dans cette ville qui va à 1000 à l'heure, nous offrant donc un cadre franchement unique dans la ville.

La lecture sera accompagnée d’un set musical assuré par Jade du Basement. L’entrée sera évidemment gratuite, le livre disponible sur place… et le parking assuré. Tout est prévu!

Rendez-vous vendredi.

jeudi, 19 mars 2009

Samandal

Une bonne nouvelle? Une magnifique nouvelle oui! Etant en ce moment à la recherche d’un(e) illustrateur(trice) pour un projet – je ne suis pas sexiste –, je suis tombé sur ça:

samandal covers.jpg

La joyeuse bande de Samandal publie donc un nouveau magazine composé de planches de BD «made in Lebanon» et «made in ailleurs». En noir et blanc (et oui, la couleur coûte cher), Samandal est une sorte de collectif de dessinateurs et de graphistes aux genres très disparates, aux langues mélangées (arabe, français, anglais) et aux influences clairement différentes, allant de Topor aux mangas japonais. Côté thèmes, comme en témoigne l’avertissement en couverture [18+], ça cartonne un peu (pas de sexe tout de même), mais ça parle religion, société et politique. Ça risque donc d’être difficile à exporter dans le reste du Proche-Orient…

Ce trimestriel en moyen format propose en outre un appel à candidature, tous les dessinateurs (libanais comme étrangers) pouvant soumettre leurs planches pour être publiées. Disponible dans toutes les bonnes crèmeries pour 3000LL, Samandal mérite franchement le coup d’œil et surtout d’être soutenu en l’achetant! Pour les curieux, le site web permet de télécharger les précédentes éditions (0, 1 et 2), le numéro 3 étant en vente actuellement et le numéro 4 devant sortir prochainement. En pour en savoir encore un peu plus, Alinea a mis en ligne une interview de l’un des 4 redchefs du magazine.

Espérons vivement que Samandal connaisse un autre destin que l’excellent Zerooo sorti il y a une dizaine d’années (avec d’autres ambitions certes) mais qui avait dû mettre la clé sous la porte après quelques numéros. Alors courez l’acheter…

mercredi, 30 avril 2008

Beyrouth, capitale mondiale du livre en 2009

1679205510.jpg
Tiens, voici un truc qui ressemble à une bonne nouvelle. Oyez, Oyez, Beyrouth sera la capitale mondiale du livre en 2009! Le ministère de la Culture et la Municipalité de Beyrouth vont marcher main dans la main pour promouvoir le livre douze mois durant. L’initiative est belle. Des cafés littéraires, des salons spécialisés, des colloques, des ateliers d’écriture et des focus sur les écrivains libanais sont prévus au programme. En 2006, j’avais rencontré la responsable du bureau du livre du CCF, et elle devait monter un dossier sur ces fameux écrivains libanais à l’attention des ministères des Affaires étrangères et de la Culture en France: elle m’avait regardé, l’air franchement ennuyé. «Mais qui je vais mettre dedans?, me demanda-t-elle. Encore Elias Khoury et Alexandre Najjar? Y’en a marre de toujours retomber sur les mêmes!» J’espère que l’année 2009 nous réservera autre chose que ces auteurs maintes fois rabâchés… L’année passée, les Belles étrangères avaient en tout cas prouvé que c’était possible. Bref, réjouissons-nous: Beyrouth fera parler d’elle au niveau international pour autre chose que sa non-politique, c’est déjà ça de pris.

dimanche, 30 mars 2008

Herr Müller, céramiste et dinosaure

Un petit mot d'introduction, avant d'entrer dans le vif du sujet: cela fait longtemps que je voulais entamer une série de portraits – un peu personnels – de gens que l’on croise sans connaître leur(s) qualité(s). Histoire surtout de parler d'autre chose que de politique, du Hezbollah, du sommet de Damas et de tous ces trucs qui nous pourrissent la vie en ce moment. J’avais donc en tête de débuter cette série par Rafic Hobeika, mais celui-ci a décidé de prêter sa baguette et ses pinceaux à saint Pierre plus tôt que prévu. Et puis comme souvent, j'ai remis à demain ce que j’aurais pu faire le jour même, alors... Alors je vais me mettre un coup de pied au taztouz et commencer aujourd’hui. Et j'en ai plusieurs autres au four si jamais celui-ci vous ouvre l'appétit.

Pour ce «numéro 1», ce sera donc un ami, Samir Müller, céramiste de son état et donc spécimen en voie de disparition.

cfce0713892edaebce18543bf25d6cd7.jpgJ’ai connu Herr Müller à Paris en 1991. Il était venu dîner à la maison, invité par son prof. Il nous avait raconté son Liban, et moi, dans mon coin, je buvais ses paroles. C’est l’un de ceux qui m’ont refourgué le virus libanus. Dix-sept ans plus tard, il fait toujours partie de ma vie.
Samir est donc céramiste, l’un de ces métiers où il est bien difficile de gagner sa croûte, surtout au Liban où les beaux-arts sont de plus en plus méprisés. Son atelier occupe un vieux caravansérail presque en ruines, sur la route de Damas, un peu plus haut que Jamhour. Vous êtes certainement passés mille fois devant sans vous en apercevoir. Il aimerait bien le retaper, mais sa famille n’en est pas propriétaire. Pourtant, les murs épais auraient besoin d’un lifting XXL. Le toit, fait de poutres branlantes et de paille, attend une petite étincelle pour flamber en quelques nanosecondes.

Pénétrons dans l’antre, si vous le voulez bien. L’endroit est sombre, poussiéreux, bordélique, le sol irrégulier. Des pièces surréelles, fraîchement tournées ou recouvertes d’engobes colorées, sèchent sur des planches en bois. D’autres sont là depuis des années, attendant de passer au four. Des pots en plastique ou en verre renferment des émaux aux compositions chimiques savantes à base de cobalt et d’oxydes en tout genre, et le tour manuel, à l’entrée, vous renvoie directement quelques millénaires en arrière. Car chez Samir, la céramique est à l’état brut, viscéralement intemporelle. Par exemple, chaque année au printemps, il fabrique lui-même sa glaise. A l’extérieur de son atelier, perdu dans les herbes folles, un bac en tôle accueille quelques hectolitres de terre liquide et tamisée, destinés à être transformés en glaise. Les gestes sont les mêmes partout sur la planète, depuis la nuit des temps. Et le visiteur averti a la chance de pouvoir encore voir cela, là, à quelques kilomètres sur les hauteurs de Beyrouth.

Et puis l’atelier de Samir a aussi ce petit côté Jules Verne très touchant. Des machines, noircies par le temps et gorgées de cambouis, fonctionnent toujours comme au premier jour. Il y a même un large four de briques noires, hémisphérique, dans lequel un adulte peut se tenir debout. Son père l’avait construit au milieu du siècle passé. Au fait, quel drôle de nom de famille – Müller – pour un Libanais! Son grand-père paternel était étranger – Suisse romand pour être précis – et était tombé amoureux du Liban. Encore un.

Pour joindre les deux bouts, Samir donne des cours à l’USEK et oublie trop souvent sa vocation d’artiste afin de vendre, pour une bouchée de pain, des pièces faites main mais fabriquées en série pour des restaurants comme Le Café blanc. Son art ne lui permet pas vraiment de rouler sur l’or. Sa dernière exposition personnelle remonte d’ailleurs à décembre 1997. «A quoi bon, lâche-t-il avec regret, il n’y a plus personne au Liban pour apprécier ce genre de choses.»

Peut-être l’avez-vous déjà croisé sans savoir qui il était, dans une salle de sport ou dans un café de Beyrouth, le soir quand il sort boire une bière. Célibataire endurci, un peu dur de la feuille et les épaules tombantes, il paraît souvent résigné. Résigné face au manque de considération de son travail, résigné face à la trajectoire sans cesse plongeante de son pays. La dernière fois que je suis allé à l’atelier, il s’arrachait les cheveux: une coupure de courant venait de se produire et il allait devoir attendre des heures avant de lancer sa cuisson. A bientôt 50 ans, cet homme né dans un petit village du Chouf aimerait se poser un peu, ne plus avoir à s’occuper de la fabrication – éreintante – de sa propre terre. Mais il continue, inlassablement, et mourra peut-être un jour là, entre deux bocaux de poudre blanche et des pièces réalisées dans les années 90 et jamais finalisées.

Un soir pluvieux de janvier 1997, c’est Samir qui était venu me chercher à l’aéroport quand j’ai débarqué à Beyrouth avec ma pauvre valise. Avec comme bouquet de fleurs de bienvenue, son sourire et sa gentillesse. Depuis, rien n’a changé en lui, mis à part quelques cheveux gris sur ses tempes. Comme sur les miennes.

mardi, 19 février 2008

Partition achevée pour Rafic Hobeika

0b24f7830883de872b0484723e5ea314.jpgJ’ai rencontré monsieur Rafic au printemps 2006. Petit et pétillant, les cheveux d’un blanc éclatant, il avait le verbe facile. Je n’avais jamais entendu parler de lui auparavant. Pourtant, il avait eu son heure de gloire dans le monde de la musique: chef d’orchestre, compositeur, il a laissé derrière lui une œuvre foisonnante dans le folklore libanais. Puis il s’était retiré, dégoûté de ce monde artistique devenu trop mercantile à ses yeux. Il avait donc remisé sa baguette pour prendre son pinceau, et gérait une petite boutique d’encadrement pas loin de la place Sassine. C’est là que je l’avais vu pour la première fois alors que j’avais besoin de faire encadrer des photos. Il m’avait raconté un bout de sa vie. Il se souvenait avec amertume d’une époque synonyme de liberté et de légèreté (peut-être trompeuse), comme en témoigne la pochette de l’un de ses 33 tours – ci-dessus –  datant de 1973. On ne verrait plus de Suédoise blonde et dénudée sur des albums de variété orientale de nos jours…

Il y a quelques jours, je suis retourné le voir pour un encadrement, avec aussi dans l’idée de faire son portrait. Sa femme m’a accueilli, tout de noir vêtue. «Il est mort il y a trois mois. Son cœur s’est simplement arrêté de battre. C’était un bon père de famille», m’a-t-elle dit simplement. Elle a repris la boutique d’encadrement, histoire d’occuper ses journées et de ne pas trop cogiter. Je me suis senti bête, face à cette femme au chagrin évident. Et je me suis dit que je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de revenir voir monsieur Rafic.

jeudi, 10 janvier 2008

Beyrouth dans Coming up #22

coming_up.jpgNon, le Liban n’est pas qu’un ramassis de terroristes palestiniens, de Hezbollahis en armes, de politiciens verreux, ni un stand de tir aux pigeons. Vous ne me croyez pas? Alors un petit conseil (surtout à l’adresse de nos lecteurs ayant posé leurs valises en France): courez acheter le dernier numéro du magazine Coming up (#22), édité à Marseille mais disponible dans le reste de la France (vous trouverez ici la liste des points de vente ville par ville). Un gros dossier vous y attend sur le Beyrouth culturel qui m'est si cher, sous forme de carnet de route (ou de rue, au choix). Vous y découvrirez des endroits, des tendances, des gens, dont malheureusement on ne parle pas assez souvent dans la presse. Mais toute cette faune réunie donne à chacun de ses membres des raisons de rester au Liban.

PS: Pour les lecteurs potentiels «hors France» (on va quand même pas tirer une balle dans le pied d'Eric Foucher, rédacteur en chef et auteur dudit dossier!), nous pouvons envoyer les 15 pages en pdf. Comme le fichier est lourd et que nos connexions libanaises imposent des quotas ridicules en upload, je ne ferai qu’un envoi commun. Ceux qui sont intéressés n’ont qu’à laisser un petit commentaire contenant leur adresse e-mail dans le texte…
Offre valable jusqu'au jeudi 17 janvier midi.

Comme certains ne l'ont pas reçu ou se sont manifestés en retard, et que nous sommes super gentils, nous referons un envoi à la fin du mois de janvier.

mardi, 27 novembre 2007

Week-ends chargés en perspective

Bon, le palais présidentiel est vide mais la Terre tourne. Comme il n'y a pas que la politique au Liban, parlons un peu culture et lifestyle. Plusieurs petits événements se préparent, on va donc les prendre dans l’ordre chronologique…

93fcd27efe8462075642a3f8570ebc63.jpgCommençons par vendredi soir (le 30). Pour les amateurs de dancefloor, le Forum de Beyrouth à la Quarantaine accueillera le DJ David Vendetta (le nom qui tue!). Un petit conseil: renseignez-vous avant d'y aller, il y a toujours un risque d'annulation de dernière minute...

 

 

 

 


cc86b6a19eaf429ea7f60be99c62274c.jpgLe lendemain matin, après une petite manouché zaatar, vous pourrez passer par un vide grenier trendy, bizarrement intitulé «Le garage sale» (pour les francophones, le jeu de mots en anglais est un peu douteux, mais bon…). Ça se passe donc au Art Lounge (à la Quarantaine lui aussi), samedi et dimanche prochains, et vous pourrez y faire plein de bonnes petites affaires. C’est du moins ce qu’en disent les organisateurs(trices).

 

  

b1bfe4acd4ff4a0f2a8663cbd1a351af.jpgEnsuite, dimanche soir, après avoir sué au Forum et fait vos emplettes, vous pourrez passer un bon moment au Music Hall, avec la reprise des Cabarets du monde. Invitée du soir: l’Algérienne Biyouna (inconnue au bataillon en ce qui me concerne). Je vous copie ici le descriptif officiel: «Reine d'Alger et princesse de Paris, Biyouna transcende les styles. Sa voix brûlante et typée se plaque sur des grooves magiques qui doivent autant à Bob Azzam et Maurice El Medioni qu'à Marianne Faithfull et Jah Wobble. Une musique intercontinentale et interlope où cohabitent rock kitsch, blues baroque, swing arabe, funk reptilien et pop voluptueuse: une collection de magnifiques chansons populaires modernes, tout simplement.» Avis aux curieux, donc.

 

 



5b274a5f4a478a7ff6161386c7d28080.jpgAprès ça, vous avez une semaine pour souffler. Les batteries rechargées, vous irez sans doute voir l’expo consacrée aux 40 ans de présence du Comité international de la Croix-Rouge au Liban. Le bureau beyrouthin du CICR proposera donc une exposition de photos du 7 au 20 décembre, au Glass Hall, rue de la Banque du Liban à Hamra.

 

 




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Dimanche 9 décembre, équipez-vous de bonnes chaussures pour participer à la marche pour le climat (le «climate walkaton»), organisée à Aïn el-Mraisseh par IndyAct. Cette manifestation – qui aura lieu dans 70 pays simultanément – fera écho aux banderoles rouges et bleues que l'on a pu voir fleurir ces deux dernières semaines, avec la mention alarmiste: «sea water level». En effet, à cause du réchauffement climatique, les Beyrouthins se retrouveraient à terme les pieds dans l'eau...

 

d09fd6fa42941d614a1fb9e0a8bf0c49.jpgAttention, le week-end ne sera pas fini pour autant: le festival Liban Jazz, qui va fêter ses 5 ans (happy birthday Karim!) accueillera le quartet de Laurent Mignard (ça, c’est du lourd). Ça se passera le soir-même, toujours le 9 décembre, dans les murs du Music Hall à Starco.

Comme quoi, président ou pas, la vie continue! Tout le monde s'excite sur la conférence d'Annapolis, et sur le très probable report du scrutin de vendredi prochain (ô surprise).
En attendant, sur Facebook, il y en a qui ont de l'humour, comme en témoigne une pétition qui circule pour envoyer ce bon général Aoun à Deir es-Salib...

 

PS: Caramel, le film de Nadine Labaki, vient de remporter le prix Fipresci du meilleur film du festival de Stockholm. Comment clame-t-on «cocorico» en libanais?

jeudi, 08 novembre 2007

Les belles étrangères : l’autre visage du Liban

belles_etrangeres.jpgOuf, un peu d’air pur! Tournons le dos un court instant à la politique, à la pollution atmosphérique et autres maladies libanaises sans antidote. Parlons bouquins, littérature, auteurs de notre beau pays.

Du 12 au 24 novembre prochain, douze écrivains libanais vont sillonner les routes de France (et de Belgique) à l’initiative du ministère de la Culture français, pour des rencontres et des lectures. Au programme donc: Elias Khoury, Alawiya Sobh, Rachid El-Daïf, Imane Humaydane-Younes, Hassan Daoud, Mohamed Abi Samra, Charif Majdalani, Yasmina Traboulsi, Abbas Beydoun, Tamirace Fakhoury, Joumana Haddad et Zeina Abirached. Cette manifestation aura en outre le bon goût de sortir de Paris. Ces événements auront lieu à Aix-en-Provence, Alès, Anglet, Arles, Asnières, Bègles, Bordeaux, Bruxelles, Carcassonne, Caunes Minervois, Corté, Dunkerque, Etretat, La Rochelle, Le Chesnay, Liège, Lille, Lomme, Lyon, Marennes, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, pantin, Paris, Pessac, Pulversheim, Saint-Nazaire, Strasbourg, Toulouse, Villeneuve Minervois et Villeneuve-sur-Lot.

Bref, pour nos lecteurs français de France, il n’y aura donc aucune excuse pour rater ces rendez-vous! Vous pouvez retrouver les biographies des auteurs invités et le programme complet de ces «douze jours de culture libanaise près de chez vous» sur le site des Belles étrangères.

Bon, la parenthèse d’air pur se referme, on retourne à nos maladies levantines! Demain, on va rendre visite aux députés embastillés à l'Hôtel Phoenicia...

 
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