Avertir le modérateur

vendredi, 11 août 2006

Terrorism isreal

Plusieurs internautes nous demandent de mettre en ligne le poster "Terrorism Isreal", dont vous pouvez voir le preview dans la note "Sur le fil du rasoir". Aucun problème. Envoyez-nous un mail, et nous vous le posterons directement à votre adresse en haute résolution.

11:00 Publié dans Israël | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 09 août 2006

Précision

Je vois que l'on discute beaucoup sur la légitimité du Hezbollah et de ses actions, ses origines, ses motivations.

Aussi aimerais-je vous donner une information essentielle, et objective quoi qu'en diront certains: au début des années 80, toute une partie du Sud Liban était rebaptisée "Fatahland" car elle avait été sacrifiée à la cause palestinienne, par le gouvernement libanais, le monde arabe, la Syrie, les organisations palestiniennes, etc... Quid des populations chiites qui vivaient sur place , dans un quotidien fait de batailles qui n'étaient pas les leurs, d'invasions et de douleur? Depuis 1969, date des accords du Caire, les Palestiniens avaient le droit de mener leur lutte à partir du sol libanais... Et tant pis pour les habitants de la région. Aussi, lorsque - suite à la révolution islamique en Iran - l'ayatollah Khomeyni s'est proposé d'envoyer plusieurs milliers de Pasdarans (Gardiens de la Révolution) au Liban pour y lancer une révolution islamique, tout le monde a dit oui!

La Syrie a ouvert ses frontières et assuré leur passage jusqu'au Liban, car elle savait que ces Pasdarans armeraient les chiites, évidemment, et que ces chiites s'en prendraient aux Palestiniens qui avaient réduit leur région en Fatahland. La Syrie, à cette époque, avait d'abord soutenu les Palestiniens, mais n'avait pas du tout apprécié que Arafat prenne ses distances plus tard et ne soit pas au garde à vous. Par La suite, la Syrie a retourné sa veste à plusieurs reprises, selon ses intérêts. Mais je ne vais pas me lancer sur la Syrie, on n'en finirait plus...

Israël a aussi tout fait pour faciliter le passage de ces Pasdarans dans les zones surveillées voire occupées par son armée, tout au Sud du Fatahland, se mettant même d'accord - discrètement - avec la Syrie, pour assurer leur sécurité. Cela l'arrangeait aussi, puisque le futur Hezbollah combattrait les Palestiniens. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Mais le Hezbollah devait fatalement se retrourner contre Israël. De nombreux apprenti-sorciers occidentaux se sont retrouvés dans la même situation: en Aghanistan, en Irak, etc...

Effectivement, le Hezbollah s'est formé dans l'idée d'instaurer une république islamique au Liban, avec toutes les déviances que cela a entrainé. Puis, à la fin des années 80 et surtout après 1992 et l'accession de Hassan Nasrallah à sa direction, il a changé de ligne: constitution en parti politique (avec une branche armée, toujours, financée par la Syrie et l'Iran), mise en place d'infrastructures sociales. Depuis, il évolue en permanence en fonction des réalités libanaises, ayant compris que le Liban n'est pas l'Iran. Même les chiites modérés qui le craignaient autrefois, l'affirment aujourd'hui: le Hezbollah prépare déjà son désarmement et l'intégration de ses combattants dans la société civile (il est déjà entré en contact avec des entreprises libanaises afin de leur trouver des formations professionnelles pouvant déboucher sur des emplois réels). A condition que ce pourquoi il combat soit obtenu: la libération des prisonniers libanais (en particulier Sam Kantar, qui est druze, même pas chiite) et la mise de Chebaa sous tutelle internationale. Est-ce tellement demander pour que survive le Liban et que la sécurité de tous soit assurée?

 

Sur le fil du rasoir

Nous sommes donc mardi 8 août au soir. L’avenir du Liban – et le nôtre par conséquent – va certainement se jouer dans les prochaines 48 heures. Le pays n’a jamais été plus proche du gouffre. Mais subsiste une petite lueur d’espoir. 

Dans les deux jours à venir, les dés seront jetés. Selon nos rencontres de la journée (des sources bien informées comme on dit dans les journaux), le Liban et le Hezbollah ont lâché tout le lest qu'ils pouvaient lâcher, le parti de Dieu affichant sa volonté de désarmer. Ça passera ou ça cassera, ça dépendra en grande partie du jeu dangereux de la Maison-Blanche et de son projet de New Middle East. Malheureusement, c'est très loin d'être du 50-50.medium_terrorism.2.jpg

Pour nous, c'est l'heure des comptes. On se noie de jour en jour dans le travail, sur le terrain, ne conservant de nos individualités que notre dimension professionnelle. Mais comme le disait ma petite femme il y a 5 minutes, Nathalie et David, eux, risquent de tout perdre. Notre fille aînée, qui est en France depuis le 5 juillet (soit 1 semaine avant le début de la fin), n'est pas censée savoir ce qui se passe. Mais elle sait. Elle le vit mal. Alors que nous n'allons pas à l'église, elle prie pour son papa, sa maman, son pays. Elle n'a peut-être pas le passeport libanais, mais pour elle, Koulouna lil watan en dit plus long que la Marseillaise. Je ne sais pas dans quel monde et dans quel pays elle va grandir. Je souhaite de tout mon cœur que ce soit au Liban (en paix), mais le gigantesque trou noir que représentent les semaines à venir me font penser au pire. Qui vivra verra, comme dit le dicton. Encore faut-il vivre.

Nous sommes engagés dans une épreuve d'endurance. Il est impératif de tenir, de continuer à vivre, à respirer. Vivre au Liban, c'est comme le mariage, pour le meilleur et pour le pire. Nous ne baisserons pas les bras, nous nous devons d'être loyaux envers cette terre que nous aimons. 

lundi, 07 août 2006

Tristes drones

Il n'y a pas si longtemps, David plaisantait à propos des drones israéliens. L'un d'entre eux se faisait entendre, justement, ce soir alors qu'il écrivait. L'explosion, ou plutôt les explosions n'ont pas tardé à se produire. C'est le quartier de Chiyah qui a été bombardé. Chiyah, densément peuplé. Chiyah, près du Beirut Mall, centre commercial qui venait d'être achevé. Chiyah, où la population plutôt démunie, et aussi chrétienne que musulmane, avait accueilli, comme d'autres quartiers, des réfugiés par centaines... Selon un commentateur télé occidental, c'est pour cela sans doute que Tsahal aurait bombardé ce coin encore intact de la ville. C'est une bonne raison, apparemment... Ces réfugiés étaient supposés s'évaporer, ou rester chez eux comme les 20 000 personnes encore coincées à Tyr, en dépit des avertissements israéliens. Pour y subir l'enfer. Car, n'en doutez pas, c'est bel et bien d'enfer qu'il s'agit. Certains appelleront cela légitime défense, d'autres diront que le Hezbollah est responsable. Moi, je vois des civils, des enfants, des familles qui n'ont rien demandé à personne et qu'une armée parmi les plus puissantes du monde bombarde sans crier gare. A Chiyah, les gens s'apprêtaient à rentrer chez eux. Certains faisaient sans doute quelques achats pour le dîner, se croyant à l'abri, n'ayant rien à se reprocher. Comme partout au Liban, il y avait sans doute des enfants jouant dans les cours d'immeuble, et des vieux faisant une partie de tric-trac sur leur balcon...  Quel que soit le nombre de victimes, de blessés, de morts, ces gens ont été touché par quelque chose que tous ceux qui ont connu la guerre ne connaissent que trop: la peur et l'incompréhension.  Que faudra-t-il pour que le monde comprenne que cette injustice doit cesser, car cette violence non seulement détruit, mais elle nourrit la haine? Si seulement vous saviez comme nous sommes fatigués, tous ici, comme nous voudrions juste vivre en paix... Allez, tous mes détracteurs, allez-y gaiement. Je crois m'être résignée: pour comprendre l'horreur de ce qui se passe, il faut apparemment la vivre.

Juste un petit mot

Nous recevons pas mal de commentaires, certains nous trouvant "insupportables", d'autres mettant en cause notre objectivité journalistique vis-à-vis du conflit. Il est utile, pour nous, de dire que ce blog n'est pas le reflet de notre travail, mais plus de nos opinions et de nos sentiments. Notre travail, nous le faisons consciencieusement, et les responsables des journaux européens avec lesquels nous collaborons en sont dans l'ensemble satisfaits. Nous ne sommes ni de gauche, ni intellectuels, ni antisémites (ah, le grand mot qui fait peur!)... nous ne sommes que des citoyens qui aspirons à vivre en paix. Nous ne souhaitons pas plus que d'autres que l'Iran ait la bombe H, mais nous ne voyons pas non plus pourquoi Israël serait le seul pays du Proche-Orient à en disposer. L'idéal serait de faire marche arrière sur ce dernier point, mais cela relève de l'utopie pure et simple. Quant au Hezbollah, nous ne le soutenons pas, nous soutenons sa cause, ce qui est très différent.

Certains internautes qui passent par là sont choqués de notre virulence à l'égard d'Israël. Je peux comprendre, je ne juge pas, tous les goûts sont dans la nature. Certains ne comprennent pas pourquoi nous ne "tapons" que sur Israël. Je me permettrais dans ce cas de vous laisser un lien Web. Vous y trouverez une enquête intitulée "L'économie de l'ombre" et publiée en mars 2005 dans le mensuel économique libanais "Le Commerce du Levant", enquête coréalisée par Nathalie et qui portait sur les rouages de corruption mis en place par la Syrie au Liban. Cette enquête, fort bien menée malgré des conditions difficiles, avait fait grand bruit à l'époque, car les Syriens ne s'étaient pas encore retirés du Liban. Croyez-nous, nous ne les portons pas vraiment dans notre cœur après ce qu'ils ont fait subir au Liban pendant tant d'années. Je signale au passage qu'une manifestation prévue aujourd'hui lundi à midi a été annulée par le ministère de l'Intérieur. Ce rassemblement voulait protester contre le discours, hier à Beyrouth, de Walid Moallem, le ministre syrien des Affaires étrangères. Une grande peur pour beaucoup de Libanais est de voir revenir le cheval de Troie syrien sur la scène locale.

Bref, tout ça pour dire une chose: Syriens, Israéliens et les autres... foutez la paix au Liban, laissez le vivre, bordel!

14:55 Publié dans Israël, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 06 août 2006

Qui sème le vent…

Nous n'allons pas vous saouler avec des leçons d'Histoire, mais à force d'entendre – et de lire – que ce conflit a commencé avec l'enlèvement des deux soldats israéliens par le Hezbollah, j'ai eu envie de rappeler certains faits (pour la plupart vécus) de l'Histoire récente. Il ne s'agit en fait que du quotidien des Libanais, mais cela peut jeter une autre lumière sur le pourquoi de ce qui se passe actuellement.
  • Mai 1998. Mohammad, pêcheur, sort en mer au large de Saïda, comme tous les jours. Ses voisins l'apprécient, il n'a que 20 ans, il n'a jamais tenu une arme. Ce jour-là, sa barque est arraisonnée par la marine israélienne. Personne n'a jamais revu Mohammad.
  • Mars 1999. je rencontre le président de l'association des propriétaires de bateaux pour une interview économique. La discussion dévie rapidement sur un terrain inattendu, et effrayant. L'homme, outré, explique qu'en tant que président, il a mandaté à plusieurs reprises le gouvernement libanais pour porter plainte devant l'ONU. La cause de ces plaintes? Les nombreux bateaux (de plaisance, de commerce et de pêche) arrêtés par la marine israélienne sur les eaux territoriales libanaises. Les embarcations et leur cargaison sont conservées en Israël et, parfois, les hommes sont renvoyés du côté libanais de la frontière, à pied. Ces plaintes à l’ONU n’ont jamais eu de suite.
  • Mai 2000. Première défaite de l’Etat hébreu : Israël est contraint de se retirer du Liban (même si Ehud Barak présente la chose comme une décision assumée pleinement), ce qui prend une valeur symbolique fondamentale dans la conscience collective arabe. La prison de Khiyam est évacuée par l’armée israélienne. Khiyam, un nom qui faisait frissonner les petits enfants, un peu comme Alcatraz ou Guantanamo. La réalité est à la hauteur du mythe. medium_DSCN0093.jpgLe CICR avait obtenu en 1998 de pouvoir s’y rendre, 16 ans après la mise en fonction de la prison par Israël. Le traitement des prisonniers avait pu être « amélioré » alors. Dans cette prison, on torturait à l’électricité. Les hommes avaient droit à  5 minutes à l’air libre tous les 20 jours. Les punitions pouvaient consister en l’enfermement dans un caisson métallique de 70cm de large sur 1m de haut (photo ci-contre), jusqu’à plusieurs semaines d’affilée. On vous passe le reste.
  • Mai 2000 toujours. Les Israéliens se retirent du Liban, certes, mais restent dans la région dite des Fermes de Chebaa. Pourquoi ? La polémique porte sur la « libanité » ou la « syrianité » de cette zone, mais certainement pas sur son appartenance à Israël. Un peu comme si l’Italie occupait la Savoie, mais refusait de s’en retirer sous prétexte que la Savoie est suisse et non française, alors que la France et la Suisse elles-mêmes sont d’accord pour dire que la Savoie est française ! Mais peut-être que la vérité est ailleurs, dans ce fameux or bleu dont nous parlions dans un autre post. Les fermes de Chebaa, c’est un accès à de multiples sources, à des sites religieux musulmans et chrétiens et même à une station de ski ! Ce dont personne ne parle évidemment jamais.
  • Juin 2000. David fait partie des premiers à se rendre dans l’ancienne zone occupée par Israël au Sud-Liban. Son constat est terrible. Côté israélien, les vergers magnifiques entourent les colonies, la végétation est luxuriante. Côté libanais, autrefois l’une des régions les plus fertiles du pays, la rocaille le dispute désormais à la poussière. L’Office des eaux du Liban n’avait pas encore retiré les multiples canalisations pompant les eaux du fleuve Litani et du lac Qaraoun en direction du nord d’Israël. Ceci explique peut-être cela.
  • Juillet 2000. Nous partons tous les deux avec deux amis français pour suivre la route longeant la frontière. Dans cette région désolée, difficile de suivre un parcours sur une carte. A un moment, nous sommes perdus, mais je m’étonne de voir, de loin, un dirigeable au-dessus d’une colline. Tout le monde sait qu’Israël tire sur tout ce qui ose monter dans l’espace aérien libanais. Ce dirigeable, en fin de compte, est évidemment israélien. Un peu plus tard dans la semaine, un avion de tourisme libanais se fait tirer dessus par les Israéliens car il a eu le culot de survoler le Sud-Liban. Dirigeable israélien, oui. Cesna libanais, non.
  • Noël 2002. L'armée israélienne s'est retirée du Liban Sud depuis plus d'un an. Notre petite fille, Layal, a deux ans. Elle est à l'école, mais ce jour-là, elle rentre en larmes. En pleine après-midi, l'aviation israélienne a jugé bon de passer le mur du son très bas au-dessus de Beyrouth. Les murs ont tremblé, certaines vitres se sont cassées. Dans la cour d'école, les enfants, en pleine récréation, se sont enfuis dans tous les sens, se réfugiant sous le préau. Layal a eu très peur. Elle allait être en vacances pour Noël, elle n'a pas compris, comme beaucoup d'autres petits Libanais, ce qui avait fait un bruit si effrayant. Nous, adultes, n'avons pas compris pourquoi...  Mais cela se reproduit régulièrement. On finit même par s’y habituer…
  • Chaque année, en début de saison estivale (principal ressort de l’économie libanaise), les bangs soniques israéliens se multiplient. En 1999 et en 2000, les centrales électriques – payées par le contribuable italien en grande partie – ont été carrément bombardées, plongeant le pays dans l’obscurité. Pas bon pour le tourisme. David et moi avons préparé notre mariage, en 1999, à la bougie.

Je n’aborderai même pas la question des Palestiniens… ou de ce qui se passe aujourd’hui, mais je donnerai tout de même quelques précisions utiles : on estime à entre 10000 et 15000 le nombre de prisonniers arabes (majoritairement palestiniens et libanais) dans les geôles israéliennes. Des laissés pour compte de l’Histoire, dont se souvient cependant le Hezbollah. De même, dans le conflit actuel, voici un véritable cas d’école : l’usine de produits laitiers LibanLait dans la Békaa, franchise des français Candia, a été littéralement balayée par deux tirs d’obus d’1,5 tonne chacun. Fleuron de l’industrie agro-alimentaire libanaise, elle était tenue par un des partisans du désarmement du Hezbollah. Pourquoi la détruire si ce n’est par volonté de détruire l’économie libanaise ? Et bien pour une raison peut-être beaucoup plus mesquine. Il y a encore trois ans, les forces de l’ONU au Liban Sud (la FINUL) s’approvisionnaient en produits laitiers auprès d’Israël. Avec l’arrivée de LibanLait, la FINUL a changé de fournisseurs…

Que ce soit pour redorer l’honneur tant bafoué des Arabes, que ce soit pour libérer les fermes de Chebaa et les prisonniers en Israël, que ce soit par soutien à la cause palestinienne, que ce soit par méchanceté ou par bêtise pures… le Hezbollah n’a fait que crier ce que beaucoup pensent tout bas : cela fait presque 60 ans qu’Israël est en guerre et humilie ses voisins. Ce pays existe et a droit à sa sécurité, mais il ne peut continuer à flouer impunément le droit, la fierté, la liberté, l’économie des pays qui l’entourent.
Le modèle libanais a souvent fait peur à Israël, car il prouve que l’on peut appartenir à différentes communautés religieuses et vivre en paix au Moyen-Orient. Le Liban est le miroir d’Israël, un miroir qui lui ressemble par certains aspects (sa modernité, son ouverture vers l’Occident, son dynamisme) mais lui renvoie aussi ses carences et ses démons.
Qu’on arrête donc de présenter Israël comme «la seule démocratie du Moyen-Orient» alors qu’on y pratique l’apartheid et qu’on y élève des murs… Le Liban est aussi un pays démocratique et à ce titre, il est en droit d’avoir certaines exigences, comme le respect de ses frontières, de ses espaces maritimes et aériens, la libération de ses citoyens détenus sans procès, sa propre sécurité… Fallait-il qu’il continue à supporter ces violations multiples en silence, comme il le fait depuis 24 ans ? Le Hezbollah a jugé qu’il fallait que cela cesse, les plaintes déposées à l’ONU n’ayant jamais eu de suite, c’est à peine si l’on en entendait parler. Sans cautionner la méthode, on peut défendre les principes et la cause.

L'Histoire revisitée

En créant ce blog, nous savions que nous nous exposions à toute sorte de commentaires, y compris les plus incongrus venant de personnes se cachant derrière des pseudos. Nous n'avons ni le temps ni l'envie de répondre à chacun de ceux qui se montrent agressifs et/ou dédaigneux, mais David a tenu à réagir à l'un d'entre eux. La Bible comme source de légitimation, ça ne pouvait pas le laisser indifférent.

J'aime beaucoup l'Histoire, celle des religions et celle des peuples. Prendre un texte sacré comme livre d'Histoire et comme titre de propriété sur des terres, posant des vérités irréfutables, va totalement à l'encontre de la démarche d'un historien et/ou d'un journaliste. Partant du postulat que la Terre promise appartient aux descendants de Moïse, on peut aller très loin dans ce raisonnement. Je propose donc:
- renvoyons chez eux tous les blancs, les noirs et les hispaniques des Etats-Unis et redonnons leurs terres aux tribus indiennes;
- faisons la même chose en Amérique du Sud, dégageons les descendants des conquistadors;
- virons les blancs d'Afrique du Sud;
- degageons tous les descendants d'Italiens, d'Espagnols, de Portuguais, de Polonais de France, etc, etc...

Ayant perçu par mes propres sens les multiples dimensions d'une ville comme Jérusalem, je me demande si les fils de Moïse, de Jésus et de Mohammad ne devraient pas simplement se rappeler qu'ils sont tous les fils d'Abraham, tous des sémites. Des cousins, en d'autres termes. Jérusalem devrait être une ville de paix, appartenant aux trois religions du Livre, à part égale. Quant au Liban, il est mentionné à plusieurs reprises dans la Bible, pas en tant que lieu appartenant aux Hébreux.

Il n'existe que trois pays au monde définis politiquement sur des critères religieux: le Vatican, l'Iran et Israël. L'un n'a pas d'armée (je ne considère pas les gardes suisses comme un commando d'élite), un autre est pointé du doigt à juste de titre, et un troisième se pose en victime permanente de ses voisins, tout en disposant d'un arsenal plus développé que celui de tous les pays arabes réunis. Cherchez l'erreur...

Pendant des siècles, et ce jusqu'à cette année fatidique de 1948, les Arabes (chrétiens et musulmans) et les Juifs ont cohabité en paix dans cette région. Il y a 60 ans seulement, le grand-père beyrouthin de ma femme se rendait une fois par semaine en voiture à Jérusalem pour y faire des affaires. Et tout se passait très bien. Signalons aussi que pendant qu'avait lieu la Shoah en Europe, les juifs du Proche-Orient n'ont jamais été agressés par les Arabes. Mais si la Bible doit devenir une référence, on peut donc s'attendre à ce que la mer Rouge s'ouvre bientôt et que le Hezbollah soit noyé sous une nuée de sauterelles. C'est beau l'Histoire...

Lapsus...?

Certaines paroles passent inaperçues alors qu'elles devraient susciter des tollés. Comme cette malencontreuse déclaration d'un chargé d'affaires de l'ambassade israélienne en France, sur France Inter: "qu'Israël devrait en venir à la solution finale au Liban." Un choix des termes plutôt douteux, vous ne trouvez pas?

00:05 Publié dans Israël | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 05 août 2006

Allo Beyrouth, ici Tel-Aviv!

Il n’y a pas que sur le front militaire qu’Israël livre combat contre le Hezbollah. Guerre psychologique, guerre des nerfs et guerre de communication constituent autant d’outils pour tenter d’affaiblir le parti de Dieu et de démobiliser les populations.
La télévision du Hezbollah, al-Manar, a d’abord été piratée par les forces israéliennes. Sur l’image figée de Hassan Nasrallah se sont imprimés des messages en arabe déclarant que «cet homme est un menteur et un terroriste. Ne croyez pas ce qu’il vous dit.» L’opération fut tenue deux minutes. Depuis, Israël a opté pour des moyens plus modernes encore, appelant d’abord les portables, puis les lignes domestiques. Ainsi, mercredi dans la journée, Sabine reçut un appel sur son cellulaire plutôt inattendu: «Nous ne faisons que nous défendre et défendre nos concitoyens. Le Hezbollah est une organisation terroriste. Nous irons jusqu’au bout…» La jeune Libanaise a été particulièrement surprise de la manière employée: «Il s’agissait d’un message enregistré, explique-t-elle. Mais le plus étonnant n’est pas que la personne s’exprimait dans un arabe parfait, mais qu’il s’exprimait comme l’aurait fait un Libanais.» Depuis, les appels de ce type se généralisent, et ce sont de plus en plus sur leurs lignes fixes que les Libanais les reçoivent. Le ton change, lui aussi. Marie-Joe par exemple, a reçu vendredi matin, pour la deuxième fois en une semaine, un appel en provenance d’Israël, déclarant: «Vous êtes les otages du Hezbollah. Vous êtes pris au piège comme des rats dans une souricière.» Ces initiatives n’ont cependant pas l’effet voulu. Dans l’ensemble, les Libanais ne les trouvent absolument pas convaincants, et sont en revanche plutôt amusés. «Avec tout ce qui se passe, de quoi espèrent-ils nous convaincre de la sorte? Ils obtiennent plutôt l’effet inverse.» souligne Marie-Joe en souriant. «Mais je suis flattée d’être l’objet de tellement d’attentions de la part des Israéliens…» Peut-être s’agit-il d’une entreprise de démolition par l’usure, une forme de harcèlement. Mais pour l’instant, ces appels intempestifs sont plutôt objets de plaisanterie. Pour un peu,ceux qui ne reçoivent pas d'appels se sentiraient ignorés.

vendredi, 04 août 2006

Mauvaise foi ou aveuglement?

"I think it would be a mistake to ascribe moral equivalence to civilians who die as the direct result of malicious terrorist acts, [and those who died because of] Israel’s military action."
John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu, 18 juillet 2006.

Voici qui en dit long sur une diplomatie américaine soutenant aveuglément – au sein d'un organisme supposé défendre la paix dans le monde – le terrorisme d'Etat israélien.

23:55 Publié dans Israël | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu