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vendredi, 23 novembre 2007

Considérations diverses à H-7

Kouchner est parti, Lahoud a prévenu qu'il attendrait minuit pour plier bagages (ou non), tout le monde s'active encore alors qu'un nouveau délai (au 30 novembre) a été avancé pour une nouvelle session parlementaire... Je me suis mis le doigt dans l'œil. Je pensais que l'attente insupportable prendrait fin demain, il semblerait bien qu'on en remette une couche. Pourquoi nous avoir cassé les pieds depuis des mois avec cette fatidique date du 23 novembre à minuit? Ça va pouvoir durer jusqu'à 2020 comme ça, à nous imposer des reports de semaine en semaine. Remarquez, 2020, c'est plutôt pas mal comme hypothèse, il y a des chances pour que nos seigneurs de guerre aient passé l'arme à gauche.

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Je reviens d'un petit tour en ville. J'en ai profité pour faire un crochet par le magnifique sit-in du centre-ville (photo ci-dessous à gauche). Toujours aussi accueillant et chaleureux. Les deux pelés et trois barbus qui font semblant d'être là se réchauffent comme ils peuvent. Mais attention, il ne faut pas se fier aux apparences... Nos amis CPL et Hezbollah sont là depuis presque un an, à bloquer les places des Martyrs et Riad el-Solh, des emplacement bien stratégiques. Depuis des mois, les tentes et les posters jaunissent, il n'y a quasiment personne sur place. Ils attendent quoi exactement?

d67d185fb1fefd0dbd7ae959d7350ae8.jpga831854300d2cd4c43b306b51f1d4ec8.jpgPendant ce temps-là, le reste de la ville ronronne doucement. J'ai même croisé quelques transports scolaires, comme quoi certaines écoles ont ouvert leurs portes aujourd'hui malgré tout. Et à Gemmayzeh, plusieurs cafés comme le Torino Express (ci-dessus à droite) sont pleins. Remarquez, c'est pas difficile, on doit pouvoir y rentrer à 20 maximum...

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5685e4c7193923fcac2361a9709db4d5.jpg Comme je l'écrivais hier, les rues de Beyrouth sont kaki. Les militaires sont partout. On se sent bien protégés comme ça, oh ça oui... J'espère que, en cas de conflit, nos amis en treillis respecteront le drapeau libanais plutôt que ceux des milices.

 

 

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Bon, côté météo, mes informations ne sont pas très fiables. Ce soir, les nuages sont très menaçants au-dessus de la montagne...
nuages.jpg

jeudi, 06 septembre 2007

Silence radio sur Nahr el-Bared

medium_googleearth_nahr_el-bared.jpgPeut-être êtes-vous étonnés de ne pas avoir lu ici une seule ligne sur la fin du conflit de Nahr el-Bared ces derniers jours. Nous n’avons tout simplement pas grand chose à dire. On peut toujours se féliciter de la victoire de l’armée libanaise et fêter ça comme tout le monde ici, à coups de feux d’artifices supersoniques. C’est vrai, la troupe est sortie victorieuse et c'est très bien comme cela mais on peut aussi se poser la question, comme l’a fait si justement Issa Ghorayeb dans son édito dans L’Orient d’hier, sur le fait que cette armée ait été à bout de souffle et de munitions à peine une semaine après le début du conflit et qu'elle ait dû être sponsorisée sans cesse par des pays étrangers (Etats-Unis, Italie...). Ghorayeb se demandait simplement si cette vénérable institution n’aurait pas dû investir dans du matériel ces 15 dernières années plutôt que de construire des bains militaires luxueux et de verser des pensions faramineuses aux militaires à la retraite.

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jeudi, 02 août 2007

Y'en a marre de l'image «mythique» du Liban

medium_hermann.jpgmedium_kmaro.jpgDrôle d’idée que de mettre en parallèle un(e) casque bleu de la Finul et le chanteur K-Maro. En fait, hier, nous étions à Deir Kifa, au Sud-Liban, pour faire le portrait d’une femme casque bleu du contingent français. Nous avons passé la journée là-bas, nous avons été super bien accueillis… Dans le camp 9.1 de Deir Kifa, les Français s’occupent des transmissions pour toute la Finul. Les soldats y sont plutôt peinards, même si le boulot ne manque pas. A la buvette du campement, il y avait même un boulodrome, un jeu de fléchettes, une boule à facettes avec stroboscope pour danser le samedi soir. L’adjudant(e) que nous venions voir nous a dit être très heureuse d’être là, que le Liban est «mythique» pour tous les militaires...

Et puis hier soir, fatigué, je zappais. Après avoir vu un truc sur Rommel sur Arte, je suis tombé sur un best-of de l’émission de Fogiel sur M6. J’ai regardé une séquence où MOF accueillait Jacques Higelin et K-Maro (Cyril Kamar de son vrai nom). Le jeune chanteur libanais était là pour parler «avec pudeur» de son enfance, de là où il avait grandi. Il racontait les abris, les obus, qu’il avait vécus jusqu’à l’âge de 11 ans. Fogiel entame «Vous êtes né au Liban…», Higelin enchaîne «Au Liban? Waouh!!!» Comme si tous les natifs du pays des cèdres étaient des hurluberlus extraterrestres. Et Higelin de continuer: «Moi, je suis allé chanter là-bas. Beyrouth… C’est fou, tout est détruit…» Les images d’Epinal ont la vie dure. Ça me saoûle d’entendre les mêmes ritournelles, année après année. Va-t-on nous foutre la paix un jour avec l’image «mythique» du Liban? K-Maro poursuit, en parlant de sa famille, de ses oncles, tantes et cousins restés au pays et qui vivent en se disant «Ça changera, un jour ça ira…». Le jeune chanteur ne comprenait pas l’attachement de sa famille au Liban, lui qui a essayé de les faire venir en France tout en essuyant leur refus catégorique. Il semblait trouver ce lien indéfectible complètement à côté de la plaque. Cela m’a semblé tellement minable venant de lui.

Et puis sur le plateau, il y avait aussi la fille de Daniel Auteuil, qui a placé une petite phrase à la fin: «J’y suis allée aussi au printemps 2006. Beyrouth est une ville incroyable, les filles y sont des bombes atomiques.» Enfin quelqu’un qui parlait d’un aspect positif du Liban. C’était peut-être dérisoire de s’attacher à la beauté des Levantines, mais ça rendait un peu d’humanité au propos commun.

vendredi, 22 juin 2007

Fin de l'épisode Nahr el-Bared : Dites 33

medium_nahrbared.jpg33 jours de guerre l'été dernier contre Israël, 33 jours de guerre contre le Fatah al-Islam, le Liban s'abonne au chiffre 33... Selon le ministre de la Défense, les combats sont donc terminés dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared. Soit (ou enfin, c'est au choix). Mais il va y avoir du boulot derrière. Que va-t-il arriver aux réfugiés? Que vont faire les miliciens encore vivants? Que vont dire nos chers hommes politiques? Une seule chose est sûre: même si le conflit a trainé en longueur, l'armée libanaise a perdu 74 hommes et gagné la reconnaissance de presque tout un peuple. C'est déjà ça.

dimanche, 10 juin 2007

57 soldats libanais tués, des dizaines de blessés, mais où est le martyr là-dedans?

Depuis le 20 mai dernier et le début des «événements» avec le Fatah al-Islam, plusieurs dizaines de soldats de l’armée libanaise sont morts au combat.

Nous tenons à leur rendre hommage sincèrement.

medium_posterarmy.jpgMais. Y’a un truc qui m’a toujours turlupiné: c’est la connotation de martyr. Les soldats tombés au combat près de Tripoli sont présentés dans les médias et sur les sites Web libanais comme des «soldats-martyrs». Je me souviens, en février 2005, d’une page (payante) publiée anonymement dans L’Hebdo Magazine, par un Libanais expatrié à la mémoire de Rafic Hariri, nommé 15 fois «président-martyr» (remarquez, beaucoup de journaux libanais continuent de l’appeler ainsi). Alors comme j’aime bien ça, je suis allé faire un tour dans le dictionnaire (non, non, ce n’est pas mon livre de chevet, mais je l’adore mon dico):

Définition du Larrousse illustré
MARTYR, E n. 1. Chrétien mis à mort ou torturé en témoignage de sa foi. 2. Personne qui a souffert la mort pour sa foi religieuse ou pour une cause à laquelle elle s’est sacrifiée.

Selon la définition du dictionnaire, le mot «martyr» ne peut s’accoler à aucun de ces cas de figure. 1. Rafic Hariri n’était pas chrétien. 2. Il n’avait pas vraiment de cause et n’a pas sacrifié volontairement sa vie (oh, je vais pas me faire de copains là)... 3. Les soldats libanais morts depuis le 20 mai, eux, ne font que leur métier de soldats (je vais me faire taxer d’anti-militarisme primaire, mais je m’en cogne). C’est triste à dire mais c’est la réalité. Ils ont signé en sachant qu’ils pourraient mourir pour la patrie. De manière générale, s’enrôler dans l’armée (et en particulier depuis les années 90 au Liban vu les nombreux avantages dont profitent les gradés, merci Emile 1er), c’est avant tout un choix de carrière, pas une cause. Sous couvert de leur rendre hommage, l’utilisation du mot «soldat-martyr» n’est que de la récupération faussement idéologique.

Alors oui, le Liban – et nous par la même occasion – doit rendre hommage aux soldats de son armée tombés pour que le pays ne subissent pas les affres de nouvelles tensions venues de l’extérieur. Mais de grâce, arrêtons de dire que tous ceux qui meurent depuis 2 ans sont des martyrs…

PS: La photo ci-dessus est un poster que les Beyrouthins ont pu voir à l’été 1997 au moment de la fête de l’armée. J’avais un copain français chez moi à ce moment-là, et il avait halluciné qu’on utilise l’image d’un bébé pour vanter l’armée… En cliquant dessus, vous irez direct au site officiel de l’armée libanaise.

mardi, 02 janvier 2007

1978-2006: le miroir de l’Histoire

medium_1978sharon.2.jpgmedium_1978guerilla.2.jpgmedium_1978finul.2.jpgCeux que l’Histoire intéresse (et qui ont 3 minutes devant eux pour lire ce qui suit), se «régaleront» devant ce long passage tiré du livre de Jonathan Randall, La guerre de mille ans (éd. Grasset, 1983). Ce extrait relate l’invasion israélienne de 1978. A ce moment-là, le Sud-Liban s’appelle Fatahland: les combattants palestiniens s’y sont installés militairement. Le Hezbollah, lui, n’existe pas encore (le Parti de Dieu sera largement «favorisé» par Israël pour bouter les Palestiniens du Sud-Liban juste un peu plus tard, ironie de l’histoire…). Comme les Américains avec les talibans face aux Soviétiques, les Israéliens ne tarderont pas en effet à créer leur futur cauchemar. Bon, sur ce, voici le texte…

«De temps en temps, le niveau de la violence excédait le seuil toléré jusque-là et le gouvernement américain concentrait toute son attention sur le Liban. Ainsi, en mars 1978, un commando naval palestinien, parti de la côte libanaise, échappa à la détection des radars israéliens par la faute du mauvais temps, débarqua en Israël et massacra 32 personnes. Comme toujours, lorsque les Palestiniens se livraient à de tels actes de terrorisme, il ne s’agissait pas pour les Israéliens de savoir si l’on allait exercer des représailles, mais plutôt quand et dans quelle mesure. Comme toujours aussi, les Etats-Unis furent consultés et n’élevèrent, pour autant qu’on le sache, aucune objection de principe. Trois jours plus tard, le temps s’étant amélioré, les Israéliens passèrent à l’attaque. Ils envahirent le Sud-Liban avec une armée de 30000 hommes soutenus par des blindés, de l’artillerie automotrice et une force aérienne très puissante. Cette opération, prévue depuis longtemps, dont le nom de code était «Pierre de la Sagesse», constitue la plus grande opération militaire israélienne en temps de paix. Elle surprit considérablement les Etats-Unis.
La destruction se fit sur une échelle bien connue au Vietnam. Singeant l’extraordinaire puissance de feu américaine en Indochine, les Israéliens s’efforcèrent de réduire au minimum leurs propres pertes en vies humaines – et y parvinrent. Mais ils ne purent exterminer, comme prévu, les commandos palestiniens qui avaient eu tout le temps voulu pour courir se mettre en sécurité au nord du Liban. Empilant matelas, vêtements et familles dans des taxis et des camionnettes surchargés, plus de 200000 Libanais s’enfuirent également vers le nord, loin des zones dangereuses. Ils devinrent de véritables exilés dans leur propre pays, s’installant en squatters dans les appartements inoccupés de Beyrouth où ils firent encore monter la tension générale. Les Israéliens firent néanmoins de très nombreuses victimes: presque toutes étaient des civils libanais – environ un millier, selon le CICR. Au cours de scènes d’une violence frénétique, durant lesquelles les Israéliens commirent de véritables atrocités, plus de 6000 logis furent détruits ou sévèrement endommagés, une demi-douzaine de villages pratiquement rasés. (…) Pour aggraver encore le cas des Israéliens, «Pierre de la Sagesse» fut un gâchis militaire d’une telle envergure que le gouvernement se sentit tenu de nommer une commission officielle pour enquêter sur les erreurs les plus évidentes. Les attaquants avaient totalement manqué leur effet de surprise. (…) Tactiquement, les envahisseurs commencèrent par s’arrêter à 10 kilomètres au-delà de la frontière libanaise, puis le lendemain, ils marchèrent vers le nord, en direction du Litani, tandis que les Etats-Unis se mettaient à rassembler fiévreusement la FINUL pour faire la police dans le sud du pays. Carter était furieux et bien décidé à mettre fin à cette invasion qui excédait de très loin la limite des représailles tolérées. (…) Au cours de leur invasion, les Israéliens lâchèrent des «cluster bombs units», ces bombes anti-personnel particulièrement meurtrières que les Etats-Unis avaient fréquemment utilisées en Indochine. Elles continuèrent à tuer des civils libanais et palestiniens, en 1982, lorsque d’autres armes du même genre furent employées sur une échelle beaucoup plus vaste.»

Voilà, le scénario de 1978 ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de 2006 (c’en est même franchement hallucinant). On espère de tout cœur que 2007 prouvera que les hommes apprennent parfois de leurs erreurs passées, en Israël comme ailleurs.

jeudi, 28 décembre 2006

Armes sans frontières

Le 6 août dernier, nous mettions ici même un post sur l’un des films les plus marquants de l’année, Lord of war (c’était avant d’avoir vu Children of men cette semaine, à conseiller de toute urgence!). Bref, ce film traite de l’absence d’états d’âme d’un vendeur d’armes international. Dans l’une des scènes, on le voit dans sa limousine en plein New York, le visage déconfit à la lecture d’un journal dans lequel on annonçait un cessez-le-feu quelque part en Afrique. Car pour les vendeurs d’armes, "cessez-le-feu" équivaut à "marché en perte de vitesse".

medium_kalach.jpgSelon le quotidien israélien Haaretz, l’Egypte de Moubarak aurait livré récemment – avec l’approbation de Tel-Aviv – 2000 Kalachnikovs et 20000 chargeurs au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, dans l’optique de contrer matériellement le Hamas. Coïncidence, hum? Ce genre de calcul, dans le genre "équilibre de la terreur", est tout à fait humain. Et les Libanais étant des hommes comme les autres, on ne peut que redouter ces additions et autres calculs qui ne connaissent pas de frontières.

Sur ce, joyeux Noël Félix! C'est dommage qu'on ne se contente pas de faire la guerre avec des fers à repasser...

lundi, 18 décembre 2006

Grand jeu concours

Le passage suivant est extrait d’un ouvrage qui a fait pas mal de bruit l’année dernière. A votre avis, à quelle époque se situent les événements décrits ci-après? Franchement, history repeats itself (again), ça, on le savait. Mais à ce point, ça en devient drôle, même si certains ont changé (plusieurs fois) de camp entre temps…

Le radicalisme dans lequel s’était engagée l’opposition, prise en main par Walid Joumblatt, Saëb Salam et Nabih Berri, compliquait passablement les contacts. Les musulmans avaient rationalisé leurs actions. Ils tentaient de regrouper Beyrouth-Ouest et le Nord-Liban, tant chrétien, dirigé par Sleimane Frangié, que sunnite avec pour leader Rachid Karamé. Ces derniers avaient annoncé leur refus de reconnaître le nouveau régime, et appelé au boycott de l’Etat et de l’Exécutif. Même Radio Damas dénonça «le président imposé par les baïonnettes ennemies, à l’ombre de l’occupation et sous sa protection».Des contacts discrets furent entrepris par certains ministres chrétiens comme Michel el-Murr et Michel Eddé. Ils s’efforcèrent, dans un premier temps, d’apaiser les esprits. Les Etats-Unis pesèrent de tout leur poids en faveur du [président] élu démocratiquement. (…) Washington annonça dans la foulée une aide civile et militaire au Liban, précisant même que la seconde pourrait être constituée de conseillers militaires envoyés au Liban pour y entraîner l’armée. Les Etats-Unis demandèrent discrètement à l’Arabie saoudite d’intervenir également.

medium_joumbalttberri.jpgPour vous aider, voici une image datant de cette époque (il avait une drôle de tête, le fils Joumblatt, quand même!). Ça devrait être plus facile comme ça...

Les heureux gagnants auront toute notre admiration! Et ceux qui retrouveront le titre et l’auteur du livre seront encore plus forts…

mardi, 12 décembre 2006

Strato-nimbus militarus au-dessus de Beyrouth

Sale ambiance aujourd’hui à Beyrouth (en plus de l'arrivée officielle de l'hiver avec un temps tout pourri). Ce 12 décembre, c’était le 1er anniversaire de la mort de Gebran Tueini et de ses deux gardes du corps. Chrétiens et musulmans l’ont célébré: messe, chants crachés sur une grosse sono, foule immense sur tout le boulevard qui monte de Mar Mitr à la place Sassine, avec moultes drapeaux des FL, des Kataëbs… Ils ont, comme qui dirait, envie d’en découdre. Pour agrémenter le spectacle, l’armée a montré ses muscles, avec un déploiement de tanks et de transports d’hommes. Car comme si l'anniversaire ne suffisait pas, il y avait simultanément un conseil des ministres extraordinaire qui a mobilisé encore plus de troupes. A Qantari, deux chars d'assaut lancés à fond les ballons et en contre sens ont effectué un magistral dérapage en plein carrefour, alors qu’il y avait des piétons et des voitures. Et croyez-nous, des tanks qui font des têtes-à-queue, on n'en voit pas tous les jours! Dans notre quartier, les militaires ont bloqué les petites rues perpendiculaires à la nôtre, m’interdisant d’arriver jusqu’à chez moi. On avait même quatre flics installés dans l'entrée de notre immeuble, pour s'assurer que personne ne viendrait jouer au franc tireur de notre balcon (qui, il faut le dire, a une superbe vue sur le cimetière et sur l'église). Plus tôt dans la journée, leur chef avait poussé le bouchon jusqu'à me faire déménager ma voiture pour qu'il puisse garer sa grosse BM à ma place. Je déteste ça quand ils se la pètent. C’est tendu, très tendu.

Je me souviens de deux phrases de monsieur Cyclopède: «Quand les cons sauront voler, le ciel sera kaki», et «Il ne faut jamais désespérer des imbéciles, on peut toujours en faire des militaires.» C’était super drôle quand je lisais ça, tranquillement, à Paris. Ici et maintenant, ça ne me fait plus rigoler du tout.

vendredi, 11 août 2006

Allo Dobeliou, I want delivery!

Alors que la diplomatie française retrouve la face à l'Onu, selon le New York Times daté du vendredi 11, le gouvernement américain réfléchit à la livraison à Israël de roquettes à fragmentation M-26 que l'Etat hébreu veut utiliser contre des sites de missiles du Hezbollah au Liban. Un haut responsable américain a indiqué au journal sous le couvert de l'anonymat que la livraison serait approuvée prochainement. Mais d'autres responsables ont déclaré que le département d'Etat retardait son accord, en raison de craintes que ces munitions ne provoquent des victimes civiles et que leur livraison ne complique les efforts diplomatiques visant à mettre un terme au conflit. Dur dur d'être Ponce Pilate en ce bas monde...

Une dernière chose: rendez-vous demain à 7 heures place des Martyrs pour le "Convoi citoyen", direction Nabatiyeh. Ça promet... 

22:30 Publié dans Militaires | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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