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mercredi, 25 juillet 2007

Les Syriens aiment tellement le Liban...

medium_occupationsyrie.jpgAh, ils nous manquaient presque… Mais rassurons-nous, ils ne seraient pas vraiment partis. Ils, ce sont nos amis syriens qui, selon le Wall Street Journal, occuperaient encore 458km2 du territoire libanais (soit 4,38% du pays). L’article de Bret Stephens (publié hier) détaille la zone frontalière dans la Bekaa. Au menu: un camp du FPLP-CG vers Qoussaya (pas très loin de l'ancien QG de l'armée-sœur à Rayak), des unités d’élite de l’armée syrienne du côté de Deir el-Aachayer, des barrages dans le secteur de Maaraboun, et des batteries de défense aérienne dans la vallée de Birak el-Rassass (là, j’ai pas trouvé sur la carte, si quelqu’un sait où ça se trouve, qu’il se manifeste…). Ces informations ont été données par le Comité international pour l’application de la résolution 1559, une ONG américaine ayant le statut d’observateur à l’Onu.

On comprend mieux pourquoi notre formidable Bachar el-Assad refuse catégoriquement, depuis des mois, que les Casques bleus de l’Onu étendent leur mission à la frontière libano-syrienne pour contrôler – entre autres – le trafic d’armes. Ça ferait désordre de tomber sur un barrage de bidasses syriens au Liban alors que l’armée de notre pays frère est censée avoir plié bagages en avril 2005.

vendredi, 13 juillet 2007

Plateau du Golan, fermes de Chebaa… l’insoluble problème

Mais que se passe-t-il en ce moment du côté du Golan? Le site d’information israélien Debka fait état de mouvements inhabituels dans ce territoire conquis par l’Etat hébreu en 1967. D’abord, la Syrie aurait rouvert au public la route Damas-Quneitra (une ville à cheval entre le Golan occupé et une zone militarisée syrienne), fermée depuis 40 ans. Les services de renseignement israéliens voient là une volonté syrienne d’«activer» cette bande frontalière en permettant à des factions soit disant pro-palestiniennes (type FPLP-CG) de s’en servir comme base d’attaque vers le territoire israélien. Cette technique longuement éprouvée par Damas au Liban et apparemment en Irak aujourd’hui, dédouane la Syrie de toute responsabilité officielle. Objectif en filigrane: ajouter une carte à son jeu pour alléger la pression de la communauté internationale alors que le conseil de sécurité de l’Onu s’apprête à la «condamner» pour les transferts d’armes illégaux.

medium_golan.jpgEt qui dit Golan, dit fermes de Chebaa. Cette zone frontalière pose un problème insoluble aux diplomaties locales et étrangères. Il y a trois jours, dans le quotidien Haaretz, un responsable israélien anonyme révélait que l’Onu aurait demandé à Israël de se retirer des fermes de Chebaa, revendiquées par le Liban. Avant-hier, Ban Ki-Moon – le secrétaire général de l’Onu – a démenti, déclarant que le tracé définitif de la frontière était encore à l’étude, et que le cartographe onusien avait encore du boulot devant lui.

Voici un essai de mise à plat de ce double problème:


Le plateau du Golan (en rouge sur la photo satellite)

  • Un peu d’histoire

L’empire ottoman, à la fin du XIXe siècle, choisit le Golan pour installer des familles de Circassiens (des réfugiés musulmans de différentes ethnies venant du Caucase), afin d’en faire un poste avancé pour contrôler les bédouins arabes rétifs à son autorité. Ce sont ces Circassiens qui ont fondé la ville actuelle de Quneitra. Près de 20 ans après la chute des Ottomans, dans les années 30, certains Circassiens espèrent utiliser le Golan pour fonder un équivalent au Foyer national juif. Mais les mandats français et britanniques sur la région en décideront autrement, enterrant les rêves autonomistes circassiens. Le Golan devient syrien.

  • Selon la Syrie

Damas réclame le retrait de l’armée israélienne du Golan, territoire conquis en seulement 2 jours lors de la guerre de 1967. Mais pas question de reprendre ce territoire par les armes. La frontière syro-israélienne est l’une des plus calmes au monde depuis 40 ans. Le retour à la souveraineté globale sur le Golan est, selon Damas, la condition sine qua non à toute discussion avec Tel-Aviv.

  • Selon Israël

Israël a conquis le plateau du Golan en 1967, et l’a officiellement annexé en 1981, en en faisant, selon son administration, sa 6e région. La situation géographique du Golan est hautement stratégique pour Tsahal: il est au croisement de la Syrie, du Liban et d’Israël,. Mais à la fin des années 90, le Premier ministre Ehud Barak propose un moratoire pour geler l’implantation de colonies sur le Golan afin de faciliter les pourparlers avec la Syrie. Pourtant, en février 2001, Ariel Sharon alors devenu Premier ministre, relance le développement des colonies dans cette région.

  • Selon l'Onu

L’Onu ne reconnaît pas l’annexion du plateau du Golan par Israël. Le Conseil de sécurité a voté les résolutions 242 et 338 sur la question (exigeant d’Israël la restitution des territoires conquis par la force), résolutions restées lettres mortes.


Les fermes de Chebaa (en vert sur la carte du Golan)

  • Selon le Liban

L’Etat libanais considère que les fermes de Chebaa (25km2) font partie intégrante de son territoire, et sont donc soumises à la résolution 425 de 1978 exigeant le retrait complet d’Israël du pays du cèdre. Le gouvernement libanais a adressé à Kofi Annan (ex-secrétaire général de l’Onu) une série de documents cadastraux et la copie de l’accord libano-syrien de 1951, prouvant le don par la Syrie de ce petit territoire au Liban. Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a même exhibé, lors de la table ronde du Dialogue national en 2006, une carte américaine confirmant la «libanité» des fermes.
Le 26 juillet 2006, Fouad Siniora propose un plan de règlement plaçant ce secteur «sous juridiction de l’Onu en attendant que la ligne frontalière soit délimitée avant son retour sous souveraineté libanaise». Le 12 août, Annan reprend la proposition Siniora dans la résolution 1701, le Liban demandant ensuite à la Syrie de reconnaître «officiellement» la «libanité» de Chebaa, ce que Damas refusera tant qu’il y aura un soldat israélien sur le sol du Golan. Le serpent se mord la queue…

  • Selon Israël

Tel-Aviv considère que les fermes de Chebaa font partie du Golan syrien occupé, et sortent donc hors du champ d’application de la résolution 425. Israël se base sur la ligne de démarcation  franco-anglaise de 1923 et sur la ligne d'armistice de 1949 qui désignent la région comme territoire syrien.

  • Selon la Syrie

La Syrie considère que les fermes de Chebaa appartiennent au Liban, sans pour autant être soumises à la résolution 425. Damas refuse pour l’instant de donner suite à la demande de l’Onu de reconnaissance écrite et officielle par la Syrie de la «libanité» de Chebaa.

  • Selon l’Onu

Kofi Annan, alors SG de l’Onu, avait jugé irrecevables les demandes libanaises. Selon lui, la résolution 425 que tout le monde évoque ne réclame pas l’évacuation par Israël de la zone des fermes de Chebaa, qui relèverait des résolutions 242 et 338 traitant directement du conflit israélo-syrien. L’Onu reconnaît les frontières de 1923 (qui incluent Chebaa sur le territoire syrien). En fait, les Nations unies travaillent actuellement sur le tracé définitif de la frontière, son cartographe officiel devant revenir prochainement dans la région.

Bref. Comme souvent, la raison de cette chamaille généralisée (qui fournit au Hezbollah un motif officiel pour poursuivre la lutte armée contre Israël) trouve sa raison première dans l’or bleu. Le Golan syrien et les fermes de Chebaa libanaises sont les véritables réservoirs d’eau de la région : entre 30 et 35% des ressources aquifères israéliennes en proviennent. C’est dire combien il est improbable qu’Israël se passe du Golan en le rendant à son propriétaire d’origine, à moins qu’un accord sur la fourniture d’eau ne fasse partie du deal. Pour Israël, il s’agit d’une question de survie.

Enjeux stratégiques et militaires, ressources en eau, cartes politiques régionales: Chebaa et Golan sont intrinsèquement liés dans les négociations syro-israéliennes au sein desquelles le Liban ne pèse pas grand chose. En clair, on n’est pas sorti de l’auberge.

samedi, 23 juin 2007

Ça veut dire quoi « Al-Qaïda au Liban » ?

medium_assadechec.jpgElias el-Murr serait-il allé un peu vite en besogne après la déclaration de victoire de jeudi soir sur la LBC? Un petit peu certainement, car hier et aujourd'hui, ça pétaradait encore beaucoup dans le camp de réfugiés de Nahr el-Bared. J’espère que Murr n’est pas en train de faire la même erreur que Bush en Irak, c’est-à-dire déclarer la fin d'une guerre alors que l’après-guerre sera encore plus sanglant.

Notre cher ministre de la Défense (et accessoirement gendre du président de la République) a tout de suite tempéré: «Il existe des cellules terroristes d’Al-Qaïda au Liban, il y a des risques de nouveaux attentats.» Ah, Al-Qaïda… Je me demande vraiment si un beau jour l’opinion publique (et moi par la même occasion) saura exactement ce qu’est cet épouvantail que les médias nous présentent depuis 2001, voire avant.  Ça veut dire quoi, appartenir à Al-Qaïda, au juste? Si quelqu’un a une réponse qui tient debout, je suis preneur.

Avant que cette menace islamiste n’apparaisse sur fond d’Internationale terroriste, les choses étaient plus simples. Sans faire du SAS à la Gérard de Villiers, il était de coutume de dire que tous les services secrets étrangers étaient à Beyrouth, plaque tournante du Proche-Orient, et y faisaient la pluie et le beau temps: CIA, Mossad, DGSE, moukhabarat syriens, KGB… Ça avait plus de gueule. Au moins, les choses étaient plus claires.

En fait, je crois que les choses n’ont pas vraiment changé, mais elles sont moins voyantes. Le Liban, petit paradis terrestre potentiel, a toujours accueilli ces petits chimistes de la géopolitique. C’est certainement encore le cas, ils font leurs petites expériences en grandeur nature sur le sol libanais, qu’ils viennent de Damas, Washington ou Tel-Aviv. Pourquoi? Est-ce que les services secrets libanais sont aussi influents sur ces territoires étrangers? Il serait peut-être temps de commencer à le faire pour que ces «amis du Liban» voient combien c’est pénible de se faire parasiter, décennie après décennie.

Mais c'est vrai qu'il est probable que les "membres d'Al-Qaïda", fatigués par le bourbier irakien, prennent des petites vacances au LIban histoire de recharger leurs batteries. Les vacances, c'est sympa, mais faut pas non plus perdre la main...

PS: Clickez sur la caricature, vous irez sur le blog Jeha's nail d'où j'ai pris cette image... 

jeudi, 21 juin 2007

Waël, Najwa & Co: l'argent n'a pas d'odeur, mais il a des voix

medium_najwa.jpgmedium_Wael.jpgmedium_mayhariri.jpg
L’argent n’a pas d’odeur, mais il a des voix. Sept, en l’occurrence, celles de Waël Kfoury, Najwa Karam, Melhem Zein, Farès Karam, Assi el-Hallani, May Hariri et Hoda Haddad.
Ces starlettes et starlets (je ne vois pas de masculin à starlette, donc…) libanais en mal de revenus, suite à la raréfaction, voire l’annulation, des divers festivals, concerts, mariages qui constituaient le gros de leur gagne-pain (la vente de disques ne leur rapporte pas grand chose, le jackpot c’est la scène), se sont trouvés une nouvelle source de gains financiers: le public syrien. Ces étoiles, dont la belle gueule de certains est placardée de long en large à travers le pays pour vanter les attraits d’une célèbre marque de soda, de la variété libanaise et arabe en général, n’ont rien trouvé de mieux que de pousser la chansonnette en l’honneur de ce cher Bachar, déclenchant au passage une vague de protestations sur leur sol natal, dont ils n’ont apparemment cure. Le Liban, ce n’est pas rentable en ce moment. Moi, je n’en reviens toujours pas, tant le contenu des chansons est ahurissant, en particulier quand on le replace dans le contexte libanais actuel. Sur base de quelques extraits, jugez plutôt (et excusez la qualité sans doute pas optimale de ma traduction):

Côté Najwa Karam (la fierté de Zahlé, vous savez, cette petite ville chrétienne de la Békaa qui a été bombardée par l’armée syrienne en 1981) "Bachar el-Kaed/ Bachar le leader"
Nous voulons garder, nous voulons nous battre pour l’esprit baassiste
Nous nous en remettons à Bachar le leader
Notre drapeau est la Syrie
Il nous porte de victoire en victoire
Nous voulons la stabilité et nous soutenons Bachar
(etc.)


Côté Waël Kfoury (le beau gosse lui aussi originaire de Zahlé) "Ya Souriyya/ O Syrie"
O Syrie, parfume d’encens les portes de chacune de tes maisonsNous et ton peuple sommes devenus des cœurs  assez grands pour ton fils Bachar (je sais, en français, ça sonne bizarre tout ça)(etc.)


Côté Hoda Haddad

Le jour de la réélection (de Bachar, ndw) nous sommes venus la joie au cœur
Nous chantons haut et fort que ton règne dure toujours, très cher
Quoi qu’il arrive, nous n’avons que toi Bachar


Côté Farès Karam
Toi seul fils du lion (Assad) peut protéger la maison
Le peuple entier vient te bénir
Et vient te  donner son sang O Bachar
Père de Bassel, nous avons appris à te donner jusqu’au sang
Et nous te disons que tu es notre chef, notre père, notre mère

Etc, etc, etc… C’est d’autant plus rigolo que quelqu’un comme Melhem Zein a accédé à la célébrité grâce à Superstar, l’équivalent arabe de la Nouvelle Star, diffusé sur le Hariri channel, Future TV. Souvenez-vous, il n’avait pas gagné et avait accusé la chaîne de discrimination parce qu’il était chiite. Sa défaite avait déclenché un semblant d’émeutes chez les groupies en colère, devant le siège de la télé… Ils doivent être contents maintenant chez Future!

Bref, pour ceux qui ne me croiraient pas, il y a en bas de ce post deux extraits en écoute sur lesquels vous entendrez aussi le jingle de Rotana, le géant de la musique arabe appartenant à son excellence le prince et magnat Walid Ben Talal. La grande majorité de ces chanteurs sont produits par Rotana, chez qui on n’a pas l’habitude de laisser les poulains, en particulier les plus adulés des masses arabes, pousser la chansonnette sans donner d’avis. Alors, a-t-on voulu réaliser un coup commercial et surtout médiatique, réussi il faut bien le dire, ou s’agit-il d’autres intérêts touchant aux investissements de Ben Talal en Syrie? Ceci explique peut-être cela, je n’en sais rien.Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il y a de quoi tirer son chapeau à Bachar. Avoir des «stars» libanaises qui lui cirent les pompes en musique de la sorte, dans ce contexte, ce n’était pas gagné. Ça doit lui faire chaud au cœur. Et puis, cela explique sans doute pourquoi tant de Syriens sont convaincus que le Liban doit effectivement rentrer dans leur giron.Je sais enfin qu’il y a quelque chose de positivement indécent dans ce comportement. Des célébrités libanaises chantant «la joie dans leur cœur» et leur «victoire», leur amour «filial» pour un régime étranger à l’heure où pas grand monde n’a envie de faire la fête au Liban et où la fracture identitaire semble presque insurmontable. Ça ferait bizarre de voir leurs équivalents français comme Obispo ou Pagny se prosterner de la sorte devant Angela Merkel, par exemple.

Bon, vous me direz, tout cela passera aux oubliettes d’ici quelques mois et cela n’a pas grande importance, dans le fond. Tant mieux si nos voisins dansent au son de ces œuvres d’art, cela rapportera des sous à Ben Talal. Et qui sait, peut-être que cela rapprochera les peuples? Mais que cette belle brochette d’«artistes» ne soit pas surprise si, à l’avenir, elle se trouve parfois mal accueillie au Liban (où l’on a toutefois la mémoire courte). Mais j’en connais déjà un qui est supposé croiser Waël demain et qui compte bien lui dire ce qu’il en pense.

Pour les curieux donc, voici deux extraits audio.

Waël Kfoury "Ya Sourya"
podcast

Najwa Karam "Bachar el-Kaed"
podcast

Liban / Syrie : frontière-passoire et crise des camions 2

medium_mapwadi.jpgHier, les autorités syriennes ont décidé de fermer le poste-frontière d’el-Qaa sur la route qui va de la Bekaa vers Homs. Il y a quelques semaines, ils avaient déjà procédé à la fermeture de ceux d’Arida et de Daboussiya au nord du Liban le long de la côte. Du coup, depuis hier soir, il y a un afflux énorme vers Masnaa, le principal poste-frontière entre le Liban et la Syrie, placé sur la route de Damas au milieu de la Bekaa. La raison officielle de cette nouvelle fermeture: la Syrie ne veut pas de contamination. Les affrontements en cours au Liban-Nord ne lui plaisent pas.

En fait, les médias parlent beaucoup de la frontière libano-syrienne. Mais quelle aspect a-t-elle exactement cette frontière ? Première chose, elle se situe dans une chaîne de montagne (plutôt aride) sur la quasi totalité de sa longueur (l’Anti-Liban). Ensuite, et il suffit de se rendre à Damas par la route pour le voir, il existe un no man’s land entre les deux pays. Expliquons-nous. En partant du Liban, on arrive au poste-frontière de Masnaa (placé sur le territoire libanais). Là, vous tamponnez votre passeport et vous sortez du Liban. Mais vous n’entrez pas encore en Syrie. Vous reprenez votre voiture, traversez une zone tampon vierge et lunaire avant d’arriver, 7km plus loin, au poste frontière d’entrée sur le territoire syrien. Ce no man’s land (imposé par l’armée syrienne) est placé sur le territoire libanais (l’amputant donc puisque la vraie frontière ne se trouve pas à Masnaa).

medium_DSCN0198.JPG Largement plus au nord se trouve la petite région de Wadi Khaled (la protubérance en haut à gauche que vous pouvez voir sur la carte ci-dessus). Pour faire simple, c’est le coin le plus reculé du Liban, à tous les niveaux. Ses habitants n’ont eu la nationalité libanaise que très récemment, l’Etat y est totalement absent, il n’y a pas d’infrastructure, l’ambiance est pesante, les visages fermés. Comme vous pourrez le voir dans un nouvel album photos, cette région est plutôt inhospitalière. Un jour (en 2003, donc avant le retrait syrien du Liban), nous sommes allés au bout de la dernière route, la plus au nord du pays. Cette route se termine en cul-de-sac par un alignement de magasins en tôle et de taxis garés à la queue-leu-leu. Dans les derniers mètres, on découvre un petit pont enjambant le Wadi Khaled. Devant ce pont, un muret de pierres usé par le temps et les allées et venues des habitants de la région. De l’autre côté de la rivière, c’est la Syrie. Ici, pas de checkpoint, pas de tampons sur le passeport, pas de douaniers. Les femmes se trimbalent avec des bidons d’essence (beaucoup moins chère en Syrie), des hommes au visage buriné scrutent les intrus. Bref, une vraie zone de non-droit, à cheval sur deux pays.

Depuis plusieurs semaines, la Syrie refuse que les casques bleus de la Finul se déploient le long de cette frontière-passoire. Pourquoi exactement? Aujourd’hui, ce sont les postes-frontière qui ferment les uns après les autres. Pourquoi? Pour la sécurité de la Syrie? Les combattants «palestiniens» et les armes présents au Liban sont passés par cette frontière dans un sens. Officiellement donc, les Syriens ne tiennent pas à revoir chez eux les miliciens du Fatah al-Islam and Co. C’est très probable, mais il y a peu de chance que ceux-ci n’utilisent pas des chemins de traverse. Quelle autre raison alors? La dernière fois que la Syrie a fermé ses frontières avec le Liban, juste après le retrait de 2005, ça a donné ce que l’on a appelé «la crise des camions». Le long des routes, les camions de transport (fruits et légumes, denrées diverses et périssables…) sont restés bloqués des jours durant côté libanais. L’objectif: asphyxier l’économie du Liban (c’est pas moi qui fabule là, relisez les journaux de l’époque…).

Se dirige-t-on vers une «crise des camions 2 le retour»? Reste plus qu’à afficher portes closes au poste de Masnaa, le dernier ouvert entre les deux pays… Pour les camions, la frontière libano-syrienne est facile à fermer. Pour les piétons armés et les ânes, cette frontière reste malheureusement une passoire, malgré le déploiement et les rondes de l’armée libanaise depuis 2005.

vendredi, 08 juin 2007

Pro-Libanais = anti-quoi?

C'est rigolo comme certains traits communs peuvent être dégagés de l'argumentaire de chacun de nos chers voisins et surtout de leurs partisans, dès lors que l'on déclare simplement vouloir défendre le Liban.

Ainsi, nous sommes forcément anti-quelquechose. Tirer à boulets rouges comme nous l'avons fait cet été sur la politique israélienne au Liban et - tenter - d'expliquer quelles pouvaient être les motivations du Hezbollah nous a valu d'être taxés d'antisémites, anti-juifs, anti-occidentaux. Et ça, c'est lorsque nous ne sommes pas des partisans actifs du terrorisme. Mais nous passons d'un coup d'un seul dans le camp adverse lorsque nous critiquons la politique syrienne vis-à-vis du Liban, ce qui nous vaut de devenir pro-amércains et donne surtout lieu à quelques perles du genre: "Vous n'êtes pas syriens, vous n'êtes pas des journalistes neutres donc vous êtes antisyriens". Celui-là, c'est pour les plus guignolesques, mais aussi plus tristement "en tant que syrienne, je représente le mal incarné à vos yeux." Autant de raccourcis éloignés de notre réalité (il y a belle lurette que nous ne mettons plus dans un même sac un peuple et ses gouvernants, quel que soit le pays) et qui passent surtout à côté de notre idée première: être tout simplement pro-Libanais. Apparemment, demander la définition de frontières (arrrgh!), l'échanges d'ambassadeurs (horreur!) le respect de la souveraineté d'un territoire (sacrilège), la libération de prisonniers injustement détenus (blasphème!), c'est forcément être anti-quelque chose ou anti-quelqu'un.

Ensuite, et ça j'adore, c'est le recours à l'Histoire et là encore, les convergences sont amusantes: tout comme les Israéliens, ou du moins certains, se servent de la Bible pour justifier l'occupation de terres palestiniennes, soit un argument datant d'il y a 3000 ans, d'autres rappellent que les Libanais ont été Syriens à une époque (ce qui énervera sans doute ceux parmi les Libanais qui se revendiquent Phéniciens, ce qui me fait aussi rire jaune). A ce jeu-là, on peut commencer à faire valoir que l'Alsace et la Lorraine étaient allemandes, les Etats-Unis apaches, sioux, cheyennes (etc.) et, tant qu'on y est, nous sommes tous africains en fait, puisque l'Afrique est le berceau de l'humanité. Mais, coucou! Nous sommes en 2007!

Les Libanais devraient certes commencer par balayer devant leurs portes, faire le ménage chez eux, laver leur linge sale en famille et toute expression qui revient à dire que nous avons aussi beaucoup à faire nous-mêmes. Mais ce serait sympa, justement, que le reste du monde nous laisse faire, Occident et Orient confondus. Mais bon, là, je vais être accusée de faire de l'anti-.... quoi en fait? 

jeudi, 07 juin 2007

Liban / Israël / Syrie : Du raffinement dans la cruauté généralisée

"La seule logique, c'est la destruction du Liban"... Voici un extrait de la petite vidéo qui suit de Georges Corm (économiste et ex-ministre des Finances anti-Hariri), concernant la guerre menée par Israël l'été dernier. Cette petite phrase peut tout autant s'appliquer, malheureusement, à notre voisin syrien. Si vous avez une douzaine de minutes devant vous, je vous conseille donc d'écouter cet extrait de l'émission "C dans l'air", mais surtout la vidéo de l'émission "Le dessous des cartes" qui, à quelques détails près, présente remarquablement bien la problématique existentielle libanaise.

Yalla, 3, 2, 1, envoyez la sauce!

mardi, 05 juin 2007

Hariri vs. Syrie: la guéguerre de propagande

medium_haririBush.jpgmedium_syria_flag.2.jpgmedium_haririBahia.jpg

Depuis quelques temps, nous assistons à une véritable guerre d'images, d'affirmations, de rumeurs en tout genre. Il y a 10 jours, la blogosphère libanaise n’avait d’yeux (ou d’oreilles) que pour l’article publié par le New Yorker le 5 mars dernier. A la publication de ce papier, on commençait à peine à parler du Fatah al-Islam. L’attentat de Aïn Alak (qui lui est attribué) remontait lui au 13 février. Le New Yorker, par la plume de Seymour M. Hersh, flinguait le clan Hariri: selon lui, la bande à Picsou aurait financé différents groupes sunnites (dont le Fatah al-Islam) pour contrer le Hezbollah chiite.

Dans le Daily Star (le quotidien anglophone de Beyrouth), l’éditorialiste Michael Young (plus que cul et chemise avec le clan Hariri) allumait à son tour le New Yorker, en écrivant ceci: «Le mensonge selon lequel le gouvernement a financé le Fatah al-Islam a été légitimé par une gaffe spectaculaire du camp Hariri, en particulier de Bahia Hariri (la sœur de Rafic Hariri). Il y a quelques mois, elle a aidé à résoudre une crise qui résultait de la présence d’islamistes dans le district de Taamir de Saïda, adjacent au camp palestinien de Aïn el-Heloué, en payant un dédommagement aux militants de Jund al-Cham pour qu’ils quittent la région. Du point de vue de Saïda, que Bahia Hariri représente au Parlement, c’est logique. Taamir était une entrave aux relations entre l’Etat et les habitants de la région d’un côté et les islamistes et les résidents du camp de l’autre. Cependant, au lieu de se disperser, un certain nombre de militants se sont rendus à Nahr al-Bared, selon des sources palestiniennes. Là, ils ont rejoint le Fatah al-Islam. Maintenant les Hariri semblent avoir financé des islamistes, alors qu’ils se sont contenté de faire ce qu’ils font habituellement face à un problème: essayer de le résoudre en l’achetant.» Drôle de fréquentation, mais malheureusement belle analyse du système Hariri.

L’opposition s’est régalée de ce genre de discours, et les rumeurs depuis 15 jours de liens entre le gouvernement mené par le clan Hariri et des islamistes du Fatah al-Islam étaient sur toutes les lèvres.

Contre-feux ce matin. Les journaux font tous leurs manchettes sur les «informations» données au compte-gouttes par des «sources sécuritaires», comme quoi la Syrie serait en train de faire passer en quantité industrielle hommes et matériel à destination des islamistes qui mettent le feu aux camps de réfugiés palestiniens. Les investigations «avanceraient à grands pas», et même l’Onu et la Ligue arabe auraient été saisies du dossier.

Bref. Le grand n’importe quoi continue. Tout le monde avance ses arguments, avec toujours autant d’aplomb et d’assurance. Que les uns ou les autres aient tort ou raison, un seul constat s’impose: il faut que le Liban change de classe politique, de fond en combles.

On peut toujours rêver.

vendredi, 01 juin 2007

Syrie, le pouvoir alaouite

A Meline, 

Tu sais probablement mieux que moi qu’il est interdit en Syrie de mentionner la confession des responsables politiques (ce que je trouve plutôt bien). Je ne pourrai donc pas répondre à ta question sur le nombre de ministères attribués à des alaouites.
Je n’en vois de toute façon pas la pertinence dans un pays où le parti Baas – dont Bachar est le secrétaire général – demeure toujours «le parti dirigeant la société et l'Etat», selon le fameux article 8 de la Constitution syrienne. Sans compter le pouvoir qu’accorde au président l’état d’urgence (en vigueur depuis le coup d’Etat du Baas en 1963, tout de même). Ainsi, par exemple, et je préfère laisser parler l’avocat et président de l’organisation nationale pour la défense des droits de l’Homme en Syrie Ammar al-Qorabi, «l’article 132 de la constitution de 1973, adoptée dans le cadre de l’état d’urgence, stipule que le président de la République bénéfice de la préséance sur le Conseil Supérieur de la Justice. Il préside ainsi les pouvoirs exécutif et judiciaire, ce qui ôte toute indépendance au pouvoir judiciaire. L’état d’urgence bloque et entrave en tout 142 articles de la Constitution qui étaient autrefois du domaine des cours ordinaires. Ils relèvent désormais de la compétence de trois tribunaux d’exception dont les verdicts sont sans appel: la Cour itinérante, la Cour de sûreté de l’Etat et le tribunal militaire. Ces tribunaux tombent sous la houlette des services de sécurité.»

Le pouvoir n’est pas aux mains des ministres et des institutions mais des militaires et de ces fameux services de renseignements. Et là, les choses sont autrement plus parlantes:

  • La famille Assad a désormais des relations difficiles avec les anciens barons du régime mis à l’écart: certains des grands officiers alaouites, surnommé «le clan des Ali» (Ali Douba, Ali Haïdar, Ali Aslan), et «la vieille garde» sunnite dont Assad père avait su s’entourer comme Farouk al-Chareh et le général Hikmat Chehabi (sans parler d’Abdel Halim Khaddam, évidemment). Il ne reste, pour les sunnites, que Moustafa Tlass et surtout son fils Firas.
  • Le cercle de Bachar s’est implanté différemment, d’abord côté famille. Son frère Maher dispose d'unités armées (un bataillon de la Garde présidentielle qui assure, notamment, la défense de la capitale); Assef Chawkat, son beau-frère a réuni sous sa houlette les services secrets militaires (avec le général Hassan Khalil, aussi alouite) et les moukhabarats (les services secrets civils); Mohammed et Rami al-Makhlouf, respectivement son oncle et son cousin qui gèrent les affaires du clan: un autre cousin, Adnan el-Assad, responsable du régiment anti-char 549 de la Garde présidentielle. Ensuite côté militaire: l’homme de la Syrie au Liban, le général Ghazi Kanaan suicidé en 2005, était alaouite. Idem pour le colonel Bahjat Soleiman, à la tête de la Sûreté de l'État, le général Ibrahim Huwaiji, chef du renseignement de l’aviation militaire, le général Adnan Bader el Hassan, responsable de la sécurité politique, le général Ali Hassan (Garde Républicaine), le général Ali Habib, patron des Forces Spéciales.

Tu sais, on pourrait polémiquer des heures et je ne prétends absolument pas avoir réponse à tout, ne jamais me tromper (lis d’autres posts et tu verras), ou condamner en bloc un pays comme la Syrie. En tant que telle, la constitution syrienne me semble d’ailleurs extrêmement positive. Dommage qu’elle ne soit pas pleinement appliquée. J’aimerais, comme toi, pouvoir dire en toute bonne foi «Vive le Liban, vive la Syrie». Mais en l’état, je ne peux tout simplement pas.

Liban / Syrie: un peu d'histoire

medium_assadACTARUS.jpgCela fait bien longtemps que je n'ai rien écrit moi-même sur ce blog, mais la polémique qu'a engendré notre post sur Bachar el-Assad et le monceau d'imprécisions, de contrevérités et parfois d'âneries pures et simples que nous avons pu recevoir, me pousse aujourd'hui à faire encore une fois – c'est rébarbatif, je sais - un petit retour historique sur les relations libano-syriennes.
Après tout, je l'avais bien fait il y a quelques mois pour expliquer notre perception de la guerre Hezbollah/Israël cet été. Y a pas de raison...

Première chose: la nature du régime syrien. Hafaz el-Assad (qualifié de Bismarck du Moyen-Orient pour son génie, voire son machiavélisme politique) prend le pouvoir par un putsch en novembre 1970 et fonde un régime laïque socialiste, proche dans l'esprit de celui de Saddam Hussein  (qui deviendra son principal rival dans la région). Il est en même temps le secrétaire général du parti Baas, «le parti dirigeant de la société et de l'Etat» selon sa charte. Il cumule tous les pouvoirs: exécutif, législatif, militaire, administratif et judiciaire (voyez le texte de la constitution syrienne).

Toutefois, sous couvert de laïcité, le pouvoir reste aux mains d’une seule et unique communauté, alaouite, celle de la famille Assad. Il s’agit d’une dissidence ésotérique du chiisme (ce qui explique sans doute le raccourci malheureux qu’emprunte parfois la presse occidentale), minoritaire en Syrie (10% de la population majoritairement sunnite). Un état de fait difficile à maintenir et qui menace perpétuellement le pouvoir syrien. Car Bachar est aussi alaouite, évidemment, il ne s’est pas converti au sunnisme. L’étiquette globale «musulmane» lui permet d’éviter d’entrer dans des détails qui pourraient lui valoir l’inimité d’une ou l’autre confession. Il existe d’ailleurs un principe religieux chez les Alaouites (et dans toutes les dissidences chiites en général), la «takia», qui autorise les fidèles à se proclamer ouvertement de la religion environnante dominante.

Assad, soi-disant protecteur des Palestiniens. En 1976, voici ce qu'Assad père déclare au chef de l'OLP, Yasser Arafat: «Il n'y a pas de peuple palestinien, il n'y a pas d'entité palestinienne, il y a la Syrie (...) C'est nous, responsables syriens, qui sommes les réels représentants du peuple palestinien.» Selon Kissinger lui-même, qui vouait une grande admiration à Hafez et lui a consacré des heures de discussion, «Assad ne portait pas l’OLP dans son coeur car un Etat palestinien autonome allait à l’encontre de la Grande Syrie, objectif de sa stratégie à long terme».

medium_nixasskis.jpgL’occupation du Liban. Il faut d’abord savoir que des troupes syriennes étaient déjà présentes au Liban bien avant l’entrée officielle de la Syrie en novembre 1976. En effet, la Syrie avait noyauté (c’est une de ses grandes tactiques) la formation palestinienne Saïka (qui comptait 8000 membres) et créé de toutes pièces l’ALP (Armée de Libération de la Palestine, 12000 hommes) en 1973. «En tant que Syrien, nous avons le choix d’effectuer notre service militaire soit dans les rangs de l’armée syrienne, soit dans la Saïka», explique un conscrit syrien au général Aoun (lui-même!) qui l’avait rencontré au Sud-Liban en 1970! Elie Abou Nader, Ziad et Karam Morkos font partie de ces Libanais  enlevés dans les années 80  – par la Saïka en l’occurrence – et transférés en Syrie où ils sont toujours prisonniers (quelque 600 Libanais sont détenus depuis les années 70 en Syrie, sans procès). La Saïka a aussi massacré 500 personnes dans le village de Damour le 21 janvier 1976. «N’oubliez pas ce que nous avons fait pour vous à Damour», rappellera son chef Zouheir Mohsen aux (autres?) organisations palestiniennes.Assad confirme tout cela lui-même dans son discours du 20 juillet 1976: «Nous avons décidé d’intervenir sous l’étiquette de l’ALP, Et l’ALP a commencé à pénétrer au Liban sans qu’absolument personne ne le sache (…). Nous avons fait entrer l’ALP ainsi que d’autres forces (…) il y a trois ans.»! ALP que Kissinger qualifie aussi « de branche de l’armée syrienne. »Bref, une fois au Liban officiellement (sous couvert de la Ligue Arabe, et sans consultation de l’ONU), l’armée syrienne était supposée s’en retirer dans les plus brefs délais. Pas 29 ans plus tard.
Il ne s’agissait d’ailleurs pas formellement de l’armée syrienne mais de la FAD (Force Arabe de Dissuasion) dont le commandement devait revenir au président libanais, ce qui ne fut jamais le cas. Le commandant militaire de l’époque, Ahmad el-Hajj, donna d’ailleurs sa démission, «ne supportant pas d’avoir la responsabilité d’une force qui ne lui obéissait pas.»
Cette force qui, entre autres, bombardera Beyrouth Est pendant tout l’été 1978. Ce sera la première fois qu’une armée arabe pilonnera une capitale arabe, soi-disant sœur.
Et Assad n’hésitera pas en 1977 à dire au président libanais Sarkis: «Si le stationnement de notre armée fait problème à quelques uns, son retrait fera problème pour tous.»

Je vous passe les nombreux détails pour en arriver aux fameux accords de Taëf qui, sous forme d’une nouvelle constitution, donneront des cartes supplémentaires au régime syrien. Le médiateur algérien de l’époque, Lakhdar Ibrahimi, interrogé sur la capacité des Etats arabes à garantir l’application de ces accords, admettra: «Rappelez-vous comment les troupes des pays arabes qui ont participé à la FAD se sont défilées les unes après les autres dès que la Syrie devint un peu menaçante.»Cette même Syrie qui avait un droit de veto sur le moindre amendement que les responsables libanais réunis à Taëf souhaitaient faire appliquer.Cette même Syrie qui choisira les présidents de la République libanaise (le nom était annoncé à la radio syrienne avant même que le vote n’ait eu lieu au Parlement libanais!). «Va, réunis les députés et élisez Elias Hraoui», lancera Hafez el-Assad au président de la Chambre libanaise Husseini en 1989.
Et Bachar ne fera pas mieux, déclarant: «Je suis le seul qui a le droit de choisir le président du Liban. Personne d’autre ne jouit de ce droit qu’il soit syrien ou libanais.»

Vivre avec les Syriens. Les anecdotes, plus ou moins légères, sont trop nombreuses pour qu’on en fasse le tour ici. J’ai moi-même des souvenirs fort peu agréables de ces barrages où un troufion imbu de son petit pouvoir te fait vider ton sac et garde tout ce qui lui semble intéressant (miroir, argent et même chewing-gum). Une de mes amies vivait à Tripoli, en plein fief syrien, mais étudiait à Beyrouth à l’époque. Elle se tapait quotidiennement l’aller-retour et les nombreux barrages qui vont avec. Elle a connu tant de mésaventures qu’aller en Syrie aujourd’hui lui serait insupportable, même si elle y a des amis. Comme cette fois où, avec deux copains, elle avait eu le malheur d’écouter de la musique en voiture. Le soldat s’en était rendu compte et les avait obligés à sortir de la voiture pour danser devant lui…Je ne veux pas faire de généralités. Il y a des gens bien et des cons partout. Mais comprenez bien que la présence de l’armée syrienne au Liban, même si elle en a arrangé quelques uns qui se sont remplis les poches (dont l’équipe Hariri), a été vécue comme une oppression pour la majorité des Libanais. Et dans la presse, nous sommes bien placés pour le savoir.La nature du régime libanais. Oui, la constitution libanaise repose sur des principes confessionnels. Certains ont l’air de penser que cela explique les troubles que connaît le pays depuis 30 ans. Mais il serait peut-être bon de rappeler que ce système est justement l’unique point sur lequel toutes les parties libanaises sont d’accord! Car il est adapté à un paysage religieux libanais qui, à la différence de la Syrie justement ou de la plupart des autres pays, n’est pas constitué d’une masse homogène à ce niveau. Comparer les constitutions libanaises et syriennes n’est donc absolument pas pertinent. Avant de parler d’une constitution laïque, il faudrait d’abord laïciser la société elle-même. Je le souhaiterais, personnellement, mais ce n’est apparemment pas le cas de tout le monde ici. Toujours est-il que les Libanais ont su vivre en bonne intelligence pendant des années. Ce n’est que lorsque les événements régionaux (début de la résistance palestinienne, avènement de Hafez el-Assad, puis révolution iranienne, guerre du Golfe, etc.) se sont accélérés que ce petit pays, de par sa nature fragile et sensible aux soubresauts extérieurs, s’est transformé en terrain de conflits par procuration et en soupape de sécurité.
Ce n’est pas une position enviable et nous nous posons tous les jours cette pénible question: y a-t-il un espoir, même infime, que le Liban puisse un jour s’immuniser contre ce qui se passe autour de lui? Vu sa position géographique et ses composantes sociologiques, c’est malheureusement peu probable…

En conclusion, il y aurait encore beaucoup à dire, tout cela est extrêmement compliqué, vous l’avez compris. Alors, s’il vous plaît, pas de jugements hâtifs et de conclusions à la hache.

PS: Toutes ces informations sont sourcées, pour ceux qui les mettraient en doute.

jeudi, 31 mai 2007

Bachar el-Assad est formidable

medium_assad2.jpgAh, comme on l’aime notre Bachar. En moins de 72 heures, son régime vient de donner de grandes leçons au monde entier. Cela a commencé par cette flamboyante victoire à l’élection présidentielle. 97% des suffrages pour un seul et unique candidat. Mais qu’ont foutu ces 3% qui n’ont pas voté pour lui? Honte à eux. Du coup, on adore que le président voisin donne des leçons de démocratie à notre petit pays alors qu'il y a quelques semaines, les milieux de l'opposition syrienne ont vécu une purge hallucinante avec entre autres la condamnation de l'intellectuel Michel Kilo.

Et puis il y a eu hier. Vers 22h (heure de Beyrouth), beaucoup regardaient la chaîne de télé Future (la seule à retransmettre en direct tout le débat au conseil de sécurité de l’Onu), attendant le décompte des voix pour le vote de la résolution 1757 concernant la création du tribunal international chargé de juger les assassins présumés du «président-martyr» Rafic Hariri (ex-grand manitou de la corruption sous la tutelle syrienne, ce n'était pas un saint, rappelons-le tout de même). A Achrafieh, des milliers de lampions posés au sol ont illuminé la nuit; au mausolée place des Martyrs, les pro-Hariri ont «fêté» le vote, et écouté Hariri Junior pleurer lors d’un discours attendu. Alors, quid du raïs syrien? Et bien notre bon Bachar a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne coopèrerait pas avec le tribunal. Point barre. Pas question que des Syriens soient entendus hors du territoire syrien (puisque le tribunal devrait se tenir en Hollande ou à Chypre par exemple). Damas a toujours considéré que l’assassinat de Rafic Hariri devait être une affaire purement libanaise, que la communauté internationale n’avait pas à fourrer son nez dedans, ce qui ne l'empêche pas de dire qu'il n'a pas été consulté (ce qui est faux) et donc qu'il n'a pas à coopérer. De la grande logique syrienne! Alors voilà, à la sortie du vote à New York, le régime baassiste s’est fendu d’une déclaration qu’il est bon d’étudier de près: «Ce vote en faveur du tribunal pourrait déstabiliser davantage le Liban.» Prenons nos dictionnaires pour une étude de texte:

Selon le Larousse illustré
DESTABILISER v.t. Faire perdre sa stabilité à. Déstabiliser un Etat, un régime, une situation.

Selon le Bacharousse illutré
DESTABILISER (LE LIBAN) v.t. Diviser pour mieux régner, lancer des campagnes de terreur, de préférence au Liban au moyen de voitures piégées, assassinats ou manipulations de groupuscules armés. Technique mise au point par Assad père au cours de 29 ans d'occupation au Liban.

Mais attention, Damas n’a pas prévenu que le vote pourrait «déstabiliser» le Liban, mais «déstabiliser davantage». En gros, faut s’attendre à quoi, monsieur Assad? Au fait que le fameux FPLP-CG de ce brave Ahmad Jibril – que vous abritez à Damas depuis des lustres – fasse sont entrée sur la scène libanaise, en soutien au Fatah al-Islam? Merci beaucoup, il ne nous manquait plus que ça. On lit souvent que la Syrie n’est rien en ce moment, qu’elle survit grâce au soutien iranien. Pourtant, nous au Liban, on la sent encore bien vivace.

Bref. La Syrie n'est peut-être pas derrière tout ce qui se passe au Liban, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est derrière rien. Or Damas veut nous faire croire qu'il est blanc comme neige dans tous les dossiers concernant le Liban: l'assassinat de Hariri, les multiples attentats, l'avènement d'un mouvement soit-disant palestinien ces derniers temps... Y a-t-il encore des gens pour gober ça?

vendredi, 08 décembre 2006

Billard en 5 bandes

medium_billard.jpgLes amateurs de billard français comprendront facilement l’analogie. Les derniers développements locaux et internationaux nous font craindre le pire, et comme on s'attend à tout là où nous sommes... C’est toujours comme ça avec le Liban: les plus graves dangers qui le guettent viennent d’abord de l’extérieur avant de trouver des grosses caisses de résonance sur la scène interne.

Première bande
2003: Les Américains se lancent dans une guerre inepte en Irak.
Deuxième bande
2005: La Syrie, pointée du doigt par la communauté internationale (à tort ou à raison) suite à l’assassinat de Rafic Hariri, est obligée de suspendre sa tutelle sur le pays du cèdre. Cette tutelle avait été avalisée par Washington au moment de la Guerre du Golfe. Là, honneur arabe bafoué oblige, on se dit que le régime syrien va jouer la carte de la terre brûlée… En tout cas, Assad Junior ne peut pas se laisser déculotter alors que son cher papa avait mis tant de savoir-faire dans ses magouilles géopolitiques.
Troisième bande
2006: Après une grande campagne de déstabilisation menée en 2005 avec plus d’une dizaine d’attentats, le Liban subit une guerre ultra violente en juillet-août. Le processus politique local (baptisé dialogue national) est au point mort. Parallèlement, Damas – passé maître dans l'art de gagner-du-temps-on-verra-bien-plus-tard – semble exaspéré par l’idée d’un Tribunal international dans l’affaire Hariri (un aveu de culpabilité?). Il va bien falloir trouver une solution pour monnayer une alternative…
Quatrième bande
2006 toujours: Flûte, les Américains s’aperçoivent, officiellement, que leur guerre en Mésopotamie est un désastre, dans cet Irak coincé entre le maléfique Iran et cette charmante Syrie. James Baker (qui avait indirectement fait tant de mal au Liban sous la présidence de Bush père) arrive avec son rapport: la guerre est un échec, il va falloir intégrer l’Iran et la Syrie dans une solution régionale (eh voilà, le temps gagné peut toujours servir....). Une Syrie qui a, 3 semaines plus tôt, officiellement repris des relations diplomatiques avec l’Irak sous tutelle américaine après 24 ans de brouille (cherchez l'erreur!).
Cinquième bande

Et c’est là que commence la politique-fiction… Damas, qui pourrait avoir un rôle «stabilisateur» en Irak, s’attire temporairement les bonnes grâces de Washington. Et quoi comme monnaie d’échange? Bein on peut commencer par enterrer (ou travestir) l’idée du Tribunal, et puis au pire des cas, on peut envisager un retour tranquillou de Bashar et de ses acolytes sur la scène libanaise (via un cheval de Troie?). Et comme l’Histoire a souvent tendance à se répéter, ce scénario n’est pas complètement inepte, lui.

samedi, 26 août 2006

Une proie pour deux fauves

C'est le titre d'un ouvrage paru pendant la guerre dite civile du Liban, faisant évidemment allusion à la Syrie et à Israël. Il aurait aussi bien pu être titré "Une proie pour vingt fauves". Bref...

Notre ami Bachar se sentant apparement exclu, désormais, de la vie politique libanaise, la Syrie tente de refaire surface chez nous via la question des frontières. Un abcès de fixation - dans lequel se place aussi Chebaa - bien pratique. Si la Finul se déploie, côté libanais, sur les frontières, la Syrie fermera le passage. On la croit sur parole, elle l'a déjà fait, et pas plus tard qu'il y a un an. La géographie est simple: au Sud du Liban, Israël. A l'Ouest, la mer. Tout le reste, la Syrie. De quoi faire un peu de paranoïa et de claustrophobie.

Histoire de donner un peu de poids et de crédit à sa menace, le gouvernement syrien a déjà stoppé les livraisons d'électricité qu'elle assurait au Liban (à des taux usuriers, rassurez-vous). Du coup, on est encore un peu plus dans le noir. Un peu plus, un peu moins, vous me direz, on n'est plus à ça près. Les autorités libanaises ont réagi fermement, mais là n'est pas le problème. La Syrie ne cesse de montrer qu'elle n'acceptera pas d'être isolée de sa carte libanaise, qu'elle a son mot à dire dans ce qui se joue aujourd'hui au pays du Cèdre. Elle ne veut pas, ne peut pas concevoir un Liban souverain et indépendant de sa "grande soeur". Décidément, on ne choisit pas sa famille... Ses voisins non plus, d'ailleurs.  Au bout d'un moment, c'est fatigant de ne plus savoir où regarder, à part vers la mer... La décision européenne va-t-elle changer les choses? Une "Finul plus" est-elle la solution? J'aimerais le croire. Mais ici, on a le sentiment qu'à cinq problème avec Israël, succèderont mille problèmes avec la Syrie... qui aura elle aussi le culot d'affirmer que c'est pour le bien du Liban. Bachar, Olmert, deux amis qui nous veulent du bien... même combat?  

Si l'arrivée de la "Finul Bis" permet de lever le blocus israélien, ce sera déjà pas mal, après plus d'un mois et demi de rationnement de yaourts. Comme ça, les Syriens pourront prendre la relève si le coeur leur en dit. D'un blocus à l'autre, les Libanais commencent à prendre le pli d'être otages de leurs voisins. C'est beau la continuité...

mercredi, 16 août 2006

De l'huile sur le feu

Comme on pouvait s’y attendre, le président syrien s’est livré à une attaque en règle contre le gouvernement libanais dans son discours de mardi. Alliant démagogie et ironie, Bachar el-Assad s’est adressé aux masses populaires pour mieux toucher ses ennemis politiques au Liban. medium_assad.jpgEn affirmant que «sauver Israël et le gouvernement israélien actuel figure parmi les tâches des forces du 17 Mai», Assad fait d’une pierre deux coups. Il instrumentalise le fossé apparu entre Libanais dans les mois précédant le retrait syrien de 2005 (et qui se creuse actuellement avec la question du désarmement), et titille les mémoires en qualifiant le mouvement souverainiste – dit forces du 14 mars – de forces du 17 mai, du nom de l’accord libano-israélien de 1983 (abrogé l’année suivante). Il accuse ainsi le gouvernement Siniora de collaboration avec l’«ennemi» israélien, au moment où le cabinet est pris entre le marteau et l’enclume: ses engagements internationaux et le mécontentement des foules, pour lesquelles les armes du Hezbollah ont pris une dimension patriotique. De nombreux Libanais ont été choqués par les demandes de désarmement formulées par certains ministres dès dimanche, alors que les bombes pleuvaient encore sur le pays et que l’armée israélienne est encore présente au Sud. «Ces forces ont commencé à parler d’un désarmement du Hezbollah alors que le sang (des victimes) est encore frais», a assené Bachar el-Assad, visant là où cela fait mal. L’objectif est clair: la chute du gouvernement, suivie soit de nouvelles élections législatives avec à la clé, un prévisible raz-de-marée du Hezbollah, soit d’un vide institutionnel pouvant mener à la guerre civile. De la sorte, le président syrien poursuit la stratégie paternelle dont l’efficacité a été maintes fois prouvée au Levant: diviser pour mieux régner.

mercredi, 09 août 2006

Précision

Je vois que l'on discute beaucoup sur la légitimité du Hezbollah et de ses actions, ses origines, ses motivations.

Aussi aimerais-je vous donner une information essentielle, et objective quoi qu'en diront certains: au début des années 80, toute une partie du Sud Liban était rebaptisée "Fatahland" car elle avait été sacrifiée à la cause palestinienne, par le gouvernement libanais, le monde arabe, la Syrie, les organisations palestiniennes, etc... Quid des populations chiites qui vivaient sur place , dans un quotidien fait de batailles qui n'étaient pas les leurs, d'invasions et de douleur? Depuis 1969, date des accords du Caire, les Palestiniens avaient le droit de mener leur lutte à partir du sol libanais... Et tant pis pour les habitants de la région. Aussi, lorsque - suite à la révolution islamique en Iran - l'ayatollah Khomeyni s'est proposé d'envoyer plusieurs milliers de Pasdarans (Gardiens de la Révolution) au Liban pour y lancer une révolution islamique, tout le monde a dit oui!

La Syrie a ouvert ses frontières et assuré leur passage jusqu'au Liban, car elle savait que ces Pasdarans armeraient les chiites, évidemment, et que ces chiites s'en prendraient aux Palestiniens qui avaient réduit leur région en Fatahland. La Syrie, à cette époque, avait d'abord soutenu les Palestiniens, mais n'avait pas du tout apprécié que Arafat prenne ses distances plus tard et ne soit pas au garde à vous. Par La suite, la Syrie a retourné sa veste à plusieurs reprises, selon ses intérêts. Mais je ne vais pas me lancer sur la Syrie, on n'en finirait plus...

Israël a aussi tout fait pour faciliter le passage de ces Pasdarans dans les zones surveillées voire occupées par son armée, tout au Sud du Fatahland, se mettant même d'accord - discrètement - avec la Syrie, pour assurer leur sécurité. Cela l'arrangeait aussi, puisque le futur Hezbollah combattrait les Palestiniens. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Mais le Hezbollah devait fatalement se retrourner contre Israël. De nombreux apprenti-sorciers occidentaux se sont retrouvés dans la même situation: en Aghanistan, en Irak, etc...

Effectivement, le Hezbollah s'est formé dans l'idée d'instaurer une république islamique au Liban, avec toutes les déviances que cela a entrainé. Puis, à la fin des années 80 et surtout après 1992 et l'accession de Hassan Nasrallah à sa direction, il a changé de ligne: constitution en parti politique (avec une branche armée, toujours, financée par la Syrie et l'Iran), mise en place d'infrastructures sociales. Depuis, il évolue en permanence en fonction des réalités libanaises, ayant compris que le Liban n'est pas l'Iran. Même les chiites modérés qui le craignaient autrefois, l'affirment aujourd'hui: le Hezbollah prépare déjà son désarmement et l'intégration de ses combattants dans la société civile (il est déjà entré en contact avec des entreprises libanaises afin de leur trouver des formations professionnelles pouvant déboucher sur des emplois réels). A condition que ce pourquoi il combat soit obtenu: la libération des prisonniers libanais (en particulier Sam Kantar, qui est druze, même pas chiite) et la mise de Chebaa sous tutelle internationale. Est-ce tellement demander pour que survive le Liban et que la sécurité de tous soit assurée?

 

lundi, 07 août 2006

Juste un petit mot

Nous recevons pas mal de commentaires, certains nous trouvant "insupportables", d'autres mettant en cause notre objectivité journalistique vis-à-vis du conflit. Il est utile, pour nous, de dire que ce blog n'est pas le reflet de notre travail, mais plus de nos opinions et de nos sentiments. Notre travail, nous le faisons consciencieusement, et les responsables des journaux européens avec lesquels nous collaborons en sont dans l'ensemble satisfaits. Nous ne sommes ni de gauche, ni intellectuels, ni antisémites (ah, le grand mot qui fait peur!)... nous ne sommes que des citoyens qui aspirons à vivre en paix. Nous ne souhaitons pas plus que d'autres que l'Iran ait la bombe H, mais nous ne voyons pas non plus pourquoi Israël serait le seul pays du Proche-Orient à en disposer. L'idéal serait de faire marche arrière sur ce dernier point, mais cela relève de l'utopie pure et simple. Quant au Hezbollah, nous ne le soutenons pas, nous soutenons sa cause, ce qui est très différent.

Certains internautes qui passent par là sont choqués de notre virulence à l'égard d'Israël. Je peux comprendre, je ne juge pas, tous les goûts sont dans la nature. Certains ne comprennent pas pourquoi nous ne "tapons" que sur Israël. Je me permettrais dans ce cas de vous laisser un lien Web. Vous y trouverez une enquête intitulée "L'économie de l'ombre" et publiée en mars 2005 dans le mensuel économique libanais "Le Commerce du Levant", enquête coréalisée par Nathalie et qui portait sur les rouages de corruption mis en place par la Syrie au Liban. Cette enquête, fort bien menée malgré des conditions difficiles, avait fait grand bruit à l'époque, car les Syriens ne s'étaient pas encore retirés du Liban. Croyez-nous, nous ne les portons pas vraiment dans notre cœur après ce qu'ils ont fait subir au Liban pendant tant d'années. Je signale au passage qu'une manifestation prévue aujourd'hui lundi à midi a été annulée par le ministère de l'Intérieur. Ce rassemblement voulait protester contre le discours, hier à Beyrouth, de Walid Moallem, le ministre syrien des Affaires étrangères. Une grande peur pour beaucoup de Libanais est de voir revenir le cheval de Troie syrien sur la scène locale.

Bref, tout ça pour dire une chose: Syriens, Israéliens et les autres... foutez la paix au Liban, laissez le vivre, bordel!

14:55 Publié dans Israël, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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