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lundi, 16 juin 2008

Rendez-vous

1154498840.jpgCool, cool, cool, les revoilà! Les comédiens de Axis of Evil reviennent au Liban, les 9 et 10 août prochain au Forum de Beyrouth (avec trois nouveaux mais sans le Palestinien Aron, pour ceux qui s'en souviennent. Ils sont brouillés depuis). Quelques chanceux les avaient découverts en décembre dernier sur la scène du Casino du Liban. Pour reprendre l'expression d'un copain, Axis of Evil est «un spectacle de salubrité publique pour le Liban et le monde arabe». A ne pas rater donc... Rien que pour cette fameuse réplique, concernant les Libanais qui se moquent des guerres et du chaos politique: «We party! We party!»

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155311245.jpgCôté festival, on ne va pas faire la liste complète ici même. Mais on peut quand même mettre en valeur quelques coups de cœur. Si Baabeck n'a pas encore dévoilé sa programmation complète (mis à part le concert de Mika en partenariat avec Beiteddine et 2you2see, la boîte de prod de notre copine Hala), c'est bien dans la jolie cité du Chouf que quelques petits bijoux se préparent. Je pense surtout à l'immense saxophoniste américain Branford Marsalis pour les amateurs de jazz le 15 juillet (petit plaisir personnel pour moi). Il y aura aussi de la musique brésilienne (le 19 juillet avec Gilberto Gil), du tango (du 23 au 25 juillet) ou encore l'inoxydable Kazem es-Saher (le 1er août). Allez jeter un coup d'œil sur le programme, vous trouverez certainement votre bonheur.

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1513714251.jpgVous l’aurez peut-être compris, ici, on a quelques petites fixettes. Alors comme tout le monde n’a pas pu venir vendredi soir à Ajram Beach voir la première vraie prestation scénique de Lumi à Beyrouth, deux autres salves de beats et de guitares sont prévues. La première est organisée à Paris lundi 23 juin, au Klub (métro Châtelet, 14 rue Saint-Denis). Le duo formé par Marc «Max la bidouille» Codsi et Mayaline «Debbie Harry» el-Hage sera accompagné pour l’occasion de Jade (le DJ du Basement) et de Shoot Shoot dont nous parlions il y a peu ici même (c’est toujours la même petite bande). La seconde aura lieu à Londres, chez Madame Jojo à Soho, le 7 juillet prochain. Bref, ça vaut doublement le coup alors ne vous privez pas!
Sinon, toujours dans le même genre musical, notons la belle soirée prévue dans le cadre du Festival international de Byblos, la «Nuit blanche 2008» (samedi 12 juillet) avec pour commencer Lumi (c’est pas de ma faute, ils sont partout!), Sébastien Tellier, Mouse on Mars, différents DJ’s et petit déj’ servi sur le vieux port vers 4h30.

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A part ça, Lebanese Mobbers organise un nouveau flashmob dimanche 22 juin. Un mail sera envoyé (par qui et à qui exactement, on ne sait pas) vendredi prochain contenant un lien vers un fichier mp3 à télécharger, en vue d’un rassemblement dimanche après-midi (les mobbers devront être équipés d’un lecteur mp3 le jour J). Le seul début de piste (de ce jeu de piste justement) que j’ai pu avoir, c’est qu’il ne s’agira pas d’un «silent rave» comme en mai (faudra-t-il crier tous en même temps?). La dernière fois, ça avait donné ça au City Mall...

jeudi, 05 juin 2008

Lumi, The Garden Show et autres réjouissances

1510263490.jpgBon, bon, bon... la saison estivale s'annonce chargée en matière de concerts importés (Mika et consorts). Alors parlons un peu de ce qui se fait localement, avec le concert «baladé» de Lumi, un duo que l'on aime bien par ici. Ça se passe à l'Ajram Beach (la plage réservée aux femmes à Aïn el-Mraisseh), vendredi 13 juin à partir de 22h (20000LL l'entrée). Marc et Mayaline en profitent pour lancer leur premier album, et on leur dit merde. Après le concert, Jade du Basement se chargera de prolonger la soirée.

Pour ceux qui ne connaissent pas Lumi, voici deux petits rappels ici et surtout (avec les tous premiers titres du groupe en ligne). Sinon, ils peuvent aller écouter les nouvelles chansons (très new wave) ici. Et en vidéo, ça se passe ci-dessous...


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A part ça, voici un faire-part de naissance: Zeid de New Governement (et ex-Soap Kills) vient de lancer une nouvelle formation, Shoot Shoot, avec deux membres des Scrambled Eggs. A suivre, donc...


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1393310644.jpgEt dans un autre registre, n'oublions pas le Garden Show, genre de salon en plein air un peu mondain à l'hippodrome de Beyrouth (du 10 au 14 juin) où l'on peut dégoter de belles plantes et autres produits du terroir libanais. J'aime bien ce rendez-vous annuel où l'on peut voir un peu de verdure en plein Beyrouth, et des gens qui aiment ça. Comme quoi il n'y a pas que des «adorateurs des kleenex par la fenêtre de la BMW» dans ce beau pays.


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Sautons du coq à l'âne. Juste un petit lien vers un nouveau site d'infos (Akel hawa!) sur ce que le monde arabe a enfanté de plus terrible depuis des siècles: les stars de variétés. Et surtout sur ce billet concernant Nancy Ajram, avec un stupéfiant avant/après. Du grand art. Bravo messieurs les chirurgiens.

dimanche, 25 mai 2008

Michel Sleimane ou le charme discret du funambule

1233524357.jpgAlors voilà. Nous devrions être les heureux propriétaires d’un président tout neuf, d'ici la fin de ce dimanche 25 mai 2008. Enfin, tout neuf, façon de parler, le modèle que l’on devrait récupérer à quelques milliers de kilomètres au compteur.
Depuis le retour de nos pontes de Doha, la joie et l’allégresse se lisaient sur tous les visages des colleurs d’affiches (et des imprimeurs aussi). Les murs de Beyrouth sont recouverts de portraits, englués par dizaines. C’est beau, ça fait un peu déco urbaine nouvelle tendance. Ça sent aussi à plein nez le culte de la personnalité. Mais ne jugeons pas l’homme (ou le militaire, pardon) alors qu’il n'a pas encore franchi les grilles de Baabda. Le plus dur reste à faire pour lui:
• Ne pas décevoir les attentes d’une population lassée par 18 mois de guéguerre institutionnelle.
• Faire des risettes à toutes les délégations étrangères attendues à Beyrouth: les Iraniens (les mentors de son ami Hassan), les Syriens (ceux qui l’ont placé à la tête de l’armée en 1998) et les Américains (les mentors de l’actuelle majorité) en premier lieu.
• Commencer la semaine prochaine par des consultations pour le poste de Premier ministre (pas le plus dur), mais surtout pour la constitution du gouvernement. Aoun a déjà affiché ses préférences, avec des portefeuilles comme ceux de la Justice ou des Finances (ben voyons). Et les autres de devraient pas tarder à faire leur lettre au père Noël également. Ce matin, Geagea a profité de cette journée de «fête» pour accuser Aoun d’avoir sacrifié les intérêts des chrétiens au profit du Hezbollah. La semaine prochaine s’annonce rock n’roll.

En conclusion: souhaitons lui bonne chance pour le job le plus ingrat à pourvoir dans ce pays.

[…]

Hasard du calendrier (?!), le 25 mai, c’est aussi l’anniversaire de la libération du Sud par le Hezbollah en l'an 2000. Une belle occasion pour célébrer l’omnipotence spatio-temporelle du sayyed.


mercredi, 14 mai 2008

Day 8

23h20

• Ça fait 10 minutes que ça tire dans tous les sens. Les partisans de l'opposition célèbrent à leur façon la révocation des deux décisions du gouvernement. Les balles traçantes arrivent jusqu'à chez nous, de l'autre côté d'Achrafieh. Sans commentaire. C'est de la folie furieuse... Ça donnait ça de chez nous, mais on distingue à peine les balles traçantes, dommage.


 
16h25

• Outre Fawzi Salloukh (le ministre des Affaires étrangères démissionnaire mais qui travaille quand même), un autre personnage était là pour accueillir la délégation arabe à l'aéroport: Wafic Choucair. Comme quoi le gouvernement pisse dans un violon dès qu'il ose prendre une décision. A ce niveau, on ne parle plus de tiers de blocage, mais de quart de décision. La situation est d'ailleurs assez comique. Parmi les entretiens que la délégation a eu aujourd'hui, elle a évidemment rencontré Nabih Berri (personnage central de la politique libanaise quoique dépourvu de tout pouvoir de décision). Ce dernier a redit: «L'opposition arrêtera sa campagne de désobéissance civile si le gouvernement rétire ses deux décisions.» Comme si l'opposition respectait la moindre de ces décisions, alors que dans les faits, Choucair est de nouveau au service de la patrie (laquelle?).
• Damas soutient sans réserve l'initiative arabe en cours à Beyrouth (ils sont en train de prendre le café chez Walid à Clémenceau). Il faut donc se méfier.
• Les bulldozers sont arrivés à Masnaa. Enfin.
• Hier soir à 18h, il y a eu une manif organisée par le 14 Mars devant l'ambassade iranienne à Paris. Ci-dessous, l'interview de Rima Tarabay, membre du Courant du Futur et assistante très particulière de feu le président-martyr-tycoon. En étant à Paris, son discours est bien différent de celui de Siniora qui est lui à Beyrouth.


 

11h45

• La route de l'aéroport a été partiellement rouverte pour laisser passer les membres du comité arabe. Amr Moussa doit avoir un permis de séjour permanent au Liban vu le nombres de visites effectuées ces derniers mois. Mais à part faire du tourisme, que fait-il exactement?
• Manchette du quotidien Al-Akhbar, ce matin, en faisant référence à l'initiative arabe: «Dernière chance pour un compromis ou pour le chaos». Plutôt mauvaise signe.
• Le député Marwan Farès (PSNS): «Les armes de la Résistance sont sacrées, et celui qui le nie est un traître israélien.» L'utilisation du mot «sacré» me fait autant sourire que celle de «martyrs». Pourquoi toujours mélanger le vocabulaire religieux au vocabulaire politique? Est-ce une fatalité: ces deux aspects de la vie publique libanaise ne peuvent-ils pas divorcer? Ces propos sont d'autant plus pathétiques qu'ils sortent de la bouche d'un député appartenant à un parti qui se veut laïc.
• Hier, un député français a interpellé Kouchner sur le Liban. Et on a rien appris.


 
7h10

1947799011.jpg • A Beyrouth, le printemps hésite encore à laisser sa place à l'été. Les gardenias – nous en parlions hier – commencent à fleurir, ça embaume un peu partout. Dommage que la télé, la radio ou internet ne se fasse pas en odorama, on vous en aurait volontiers envoyé un petit échantillon.
• Aujourd'hui, le programme de la journée se joue surtout dans les coulisses diplomatiques.
• Et en parlant de coulisses, j'aimerais bien être une petite souris pour voir ce qui se passe du côté de l'armée et de l'Etat major en ce moment.
• Abdel Amir Kabalan, le vice-président du Conseil supérieur chiite, l'a dit: ce qui s'est passé cette semaine est un «différend entre tribus». Nous devrions donc rebaptiser ce pays la République tribale du Liban.
• Je viens de retomber sur une chanson tout droit sortie de mon adolescence. Le montage vidéo est un peu craignos, mais j'avais envie de vous la repasser quand même.

mardi, 13 mai 2008

Day 7

21h35

• Nouvelle démonstration que les médias jouent un rôle essentiel dans tout conflit, y compris le nôtre: après une attaque en règle (qu'on les aime ou pas, cela reste inadmissible d'un point de vue symbolique et éthique),  les supports de Hariri ont cependant recommencé à émettre (c'est beau, la magie du pognon) à partir d'une zone plus sûre, à savoir Sin el-Fil. Mais la chaîne satellitaire panarabe Al-Arabiya a confirmé avoir reçu des menaces de la part du Hezbollah. Sans doute parce que selon une de leurs analyses toutes récentes, le Hezbollah a déjà perdu la guerre sur le plan médiatique. Ça n'a pas dû plaire. Mais à malin, malin et demi: le Hezb n'est pas content parce que, suite à des pressions, les prestataires de câble dans le nord du Liban ont arrêté de diffuser Al-Manar, NBN et OTV. «Une atteinte au droit de la presse et des médias», selon Al-Manar. Si, si.
• Toujours dans la catégorie «on croît rêver», la Finul a fait savoir que pour elle, tout se passait normalement, ou presque. Son commandant en chef Graziano, qui avait envisagé un moment de revoir ses règles d'engagement (ce qui aurait de toute façon pris des lustres, dans les méandres de l'administration onusienne), a annoncé ce matin que la Finul ne se mêlerait pas des «questions politiques intérieures» du Liban. Il me semblait pourtant qu'elle avait pour mission d'empêcher le réarmement du Hezbollah. Mais sans doute était-ce seulement au sud du Litani. Et puis, il est déjà réarmé, le Hezbollah. Elle n'a donc plus rien à faire.
• De toute façon, la Finul est tranquille. Le chargé d'affaires français au Liban André Parant vient de confirmer qu'aucune résolution concernant le Liban n'est prévue à l'ONU.
• Sinon, au cas où vous ne le saviez pas, la cavalerie arrive demain, à l'exception de la délégation qatarie qui a clairement snobé les autres dishdashamen en faisant voyage à part aujourd'hui. Etant données les relatons très particulières que le Qatar entretient avec l'Iran et consorts, on imagine qu'elle aura des choses à dire en privé au Hezbollah, avant l'arrivée des autres trublions.
• L'inénarrable Nasser Qandil, un pro-syrien de la plus belle eau (boueuse), nous a annoncé que la mission arabe de demain est celle de la dernière chance, avant que le Liban ne «parte en enfer». Il a le sens de l'image le Qandil qui, comme l'adipeux Wi'am Wahhab, est la voix de son maître. Aurement dit, la Syrie fait des pronostics et se frotte les mains. Ben oui, franchement, quelqu'un s'attend à ce que la visite de santé (ha, le parfum du pneu brûlé) arabe débouche sur quelque chose? Ce serait historique!
• Pour finir sur une note positive: tout va bien, les transports pour sortir du Liban sans passer par l'aéroport s'organisent. Quand je vous disais que les Libanais avaient une faculté d'adaptation extraordinaire... Là, cela ne leur aura même pas pris une semaine.
• Et pour la route, une petite vidéo illustrant les graffitis et autres marquages de territoire (politiquement parlant), à Beyrouth. Et depuis que ces images ont été tournées, c'est bien pire...


18h49

• L'héritier du clan Hariri au charisme proche de celui du champignon de Paris, a l'air d'avoir mangé du lion ce soir. Voir sa conférence de presse ici. Seul bémol: selon lui, Sleimane reste le candidat de consensus. Mouais.
• Et maintenant, c'est ce bon Mahmoud à Téhéran qui s'en mêle. Mais mon Dieu, qu'a fait le Liban pour mériter tant d'attentions de la part de ses bienveillants voisins?
• Wi'am Wahhab (alors lui, je peux vraiment pas) considère que Joumblatt est responsable de ce qui s'est passé au Chouf. Et Arslane, il s'est tourné les pouces? Pendant que les ténors druzes d'écharpent, leur chef spirituel, cheikh Naïm Hassan, a déclaré: «Aujourd’hui, l’armée libanaise est invitée, plus que jamais, à faire respecter l’ordre dans toutes les régions libanaises». Ça veut dire quoi «faire respecter l'ordre»? Compter les points? Regarder les gamins du Hezb et d'Amal faire des châteaux de sable sur les autoroutes? 

 
14h55

1868330833.jpg • De retour d'une virée à l'Ouest. Bon, les constats se bousculent: l'armée fait semblant de filtrer la zone ouest, au début de Hamra ou de l'autre côté vers Raouché; l'armée a bouclé certains quartiers comme Qoreytem; les commerces de Hamra – resto, boutiques... – ont rouvert... mais surtout, j'ai assisté à une grande leçon de marquage de territoire. Quasiment tous les quartiers ont vu pousser des drapeaux tout neufs et des portraits. Et une troïka se dégage de tout ça: Hezbollah/Amal/PSNS (voir cette photo prise devant l'hôpital américain). A Ras Beirut et à Manara, dans les petites rues, les miliciens sont toujours là. Les armes au placard en attendant qu'elles refroidissent. Et les scooters sont toujours omniprésents, leurs conducteurs ne se gênant plus du tout avec les contre-sens. Cessez-le-feu certes, mais farwest quand même.
• En rentrant, je suis passé par le ring. Toujours barré. Des enfants jouaient au foot dessus, ça leur fera des souvenirs, alors que les grands (armes au placard toujours), scrutent les véhicules qui tentent de trouver une sortie par les petites rues de Zoqaq el-Blat et de Bachoura. Concrètement, on peut circuler, mais faut savoir par où passer.
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12h10

• Le PDG de la France, Nicolas Sarkozy, vient de s'apercevoir qu'il se passait quelque chose au Liban. Il vient de demander officiellement l'arrêt des combats dans notre beau pays. Je suis sûr que notre bon Hassan suivra à la lettre les desiderata de celui dont il a écorché le nom lors de sa conférence de presse la semaine passée. Nous sommes donc sauvés. Hallelujah!
• On va aller faire un tour du côté de Beyrout-Ouest pour voir si les miliciens se sont bien retirés. Hmm...
• Il y a 10mn, il y a eu deux ou trois "boom" lointains.

 
7h40

• Ça fait longtemps que je n'ai pas vu le drapeau libanais brandi quelque part. Partout, dans les villages de la montagne du Chouf ou ailleurs, les étendards partisans ont remplacé le rectangle de tissu portant deux bandes rouges et un cèdre vert. Ce serait bien de revenir à l'essentiel.
• Le nord a encore connu des combats cette nuit. L'armée a promis de désarmer les milices (sauf le Hezb bien sûr). Encore une blague, quoi.
• Ce matin, l'autocar scolaire était en rendez-vous. Un peu de normalité fait du bien en ce moment.
• Samedi soir, sur la route et en écoutant une vieille chanson «typiquement libanaise», Nat a eu ce mot, à peu de choses près: «J'ai l'impression que même le vernis de nostalgie fout le camp.» Je crois qu'on se demande simplement vers quoi file le pays. Tiens, voici une vidéo qui n'a rien à faire là...

jeudi, 08 mai 2008

Day 2

23h35

• Ça tonne.
• Tiens, un petit sujet sur Euronews. De l'info très conventionnelle, mais ça donne une idée.

 
21h10

• Je viens de rentrer. Beyrouth ville morte. Tabaris et Sodeco bouclés. Pleut quelques gouttes. Ça tire de partout.
• Les militaires sont partout sauf là où ça chie. Sleimane a perdu l'occasion de montrer qu'il en avait.
• Le halloum a remplacé les yaourts importés au supermarché.
• J'ai 45 minutes pour pondre 4 colonnes. Hmm...

 
19h20

• Les gars du Hezb et du Futur s'en mettent plein la tronche dans Beyrouth-Ouest.
• Il y a toujours du courant.
• Les "boom boom" sont revenus.

 
19h00

• Les SMS vers l'étranger ne passent pas. Ou difficilement.
• Tiens, ça fait bien 2 minutes qu'il n'y a pas eu de "boom boom".
• Cellulaire en rade: plus de réseau. Hmm... Ah si, ça vient de revenir.

 
18h30

• SMS de l'ambassade de France: «Les consignes transmises hier restent valables jusqu'à nouvel ordre. Elles s'appliquent également en dehors de Beyrouth.» Sans blague? Et à l'ambassade, ils sont en première ligne pour les tirs de Ras en-Naba!
• Selon notre «correspondante sur le flan sud d'Achrafieh», des hélicos se sont posés à l'aéroport.
• Qu'est-ce que ça canarde! Si c'est pas la guerre, ça y ressemble drôlement.

 
17h40

• Le Sayyed vient d'inventer une nouvelle politique: celle de la petite carotte et du gros bâton. Il rigole, il compte sur ses doigts, demande au gouvernement de revenir sur ses décisions (pour une fois qu'il en prend!), et propose le dialogue. Hmm...
• Pas touche aux armes, sinon on coupe les mains. Hmm...
• Le Sayyed ne veut pas que la CIA et le FBI contrôle l'aéroport. Hmm...
• Ça pétarade grave, ils sont contents! Youpi! Hmm...
• Le généralissime va parler ce soir. Hmm...

 
15h35

81769147.jpg • Les vieux réflexes sont en train de refaire surface. Je suis allé faire le plein des réservoirs, et les pompistes étaient bien débordés. Idem pour les supermarchés. A la station près de chez nous, les 20 litres sont vendus à 29100LL. Une petite étiquette sur la pompe même fait mention d'autres tarifs pour "ARMY": 26800LL.


13h30

• Les médias français commencent à sortir de leur torpeur, tout occupés qu'ils sont avec le mariage de Jamel et Mélissa.

• Ça clashe fort à Tripoli.


12h40

• Comme j'aime beaucoup les cartes géographiques, je me suis «amusé» à voir ce que cela donne à Beyrouth, vu d'en haut. Voilà le résultat. C'est clair, non?

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11h50

• Ça, c'est Tayouneh hier, là où a été prise la photo plongeante du post précédent. Vous pourrez y voir les fameux scooters...

• Et là, c'est au Sud, à Nabatiyeh, Tyr et Marjayoun.

• Pendant ce temps, Orange TV passait un feuilleton. Logique.
• Aujourd'hui, c'est bis repetita. Et ça bouge beaucoup du côté de la Bekaa. La route de Dahr el-Baïdar vient d'ailleurs d'être fermée, et le passage de Masna complètement bloqué par des tas de terre. On file vers l'isolement total.
• Je me disais ce matin que la dernière fois que l'aéroport a été mis hors service, c'était à cause des bombardements israéliens. L'histoire peut être ironique parfois.
• Rappel des faits: la grève a tourné en désobéissance civile car le parti de Dieu voudrait que le gouvernement fasse machine arrière sur le limogeage du responsable de la sécurité de l'aéroport et sur l'enquête concernant le réseau téléphonique parallère. C'est vrai quoi, il a du culot ce gouvernement fantôme de vouloir lever le petit doigt.

jeudi, 24 avril 2008

Acouphènes à coup sûr

Le jour où nous avons visité l’appartement que nous habitons, nous avons tenu à vérifier tout ce qui aurait pu ressembler à un vice caché. Tout nous a semblé parfait, mais une chose nous a échappé: la proximité d’une église. Nous avons péché par omission.
Le Liban est un pays où la religion tient une place vraiment à part, et quand vient le moment de Pâques (version orthodoxe dans notre périmètre), c’est l’hystérie collective. Et que ça tire des pétards, et que ça bloque rues et avenues avec des processions, et que ça fait sonner les cloches du matin au soir, et que ça fait saturer les enceintes avec des litanies sans fin…

Dans notre quartier, c’est au carillonneur qui fera le plus de bruit, et ce sont tous des champions du monde. Le reste de l’année, c’est tous les samedis et tous les dimanches de 8h20 à midi, à grand renfort d’ampli et de haut-parleurs, que le prêche se superpose aux chants et aux cloches. Et pour Pâques, la tapage diurne se déguste «à volonté» comme la mayo au Club Med: après la soirée d’hier où cloches et prières ont raisonné jusqu’à minuit, ce matin, les festivités ont repris à 6h, et ce n’est toujours pas fini.

Montez le son, ça donne donc ça non-stop, du lever au coucher du soleil en ce moment…



Ces chers curés oublient tout sens civique de vie en communauté, au mépris de la liberté que les citoyens ont de ne pas subir ce raffut et là, pas un agent avec son brassard «indibat» à l’horizon pour leur demander de baisser le volume! Si nous leur avions loué le terrain, admettons…
Je veux bien comprendre la ferveur d’un clergé et d’une population pour un épisode biblique mystique et fantasmé, mais j’avoue que je ne comprends pas à quoi riment ces débordements sonores: peut-être que les chefs de service ORL des hôpitaux de Beyrouth sont tous de la famille d’une béatitude locale et attendent leurs futurs clients frappés d’acouphènes? Ça doit être ça le but caché: provoquer la surdité de la population. Déjà que nous sommes de plus en plus aveugles face à ce que se passe dans le pays… Djezousse a, paraît-il, rendu la vue à un aveugle (ouf, y’a donc de l’espoir!), mais jamais l’ouïe à un sourd (ou alors c’était dans l’épisode que j’ai raté de la saison 4). Faudrait peut-être s’en souvenir.

dimanche, 24 février 2008

Retour à l'ordre moral?

90caa8774c2d7990413990b7ad37b3b7.jpgLa nouvelle n’a pas fait les gros titres des quotidiens ni des journaux télé. Et pourtant, les ministres arabes de l’Information viennent de pondre un document qui sent bon le retour de manivelle, le retour à la moralité bien-pensante et religieuse. Le 12 février dernier, un document d’entente – intitulé «Suggested guidelines and principles for organizing satellite TV in the Arab world» et rédigé principalement par l’Arabie saoudite et l’Egypte – a été avalisé par les ministres arabes. Officiellement, les idées présentées sont là pour réguler un peu ce qui arrive sur le petit écran des téléspectateurs arabes (dont nous faisons partie). Concrètement, il s’agit de censure et d’une réduction de liberté flagrante sur le seul espace encore «libertaire» (je mets bien des guillemets) qui s’offre aux Arabes.

Les « limites» sont les suivantes:

  • Aucune attaque envers des leaders religieux ne sera tolérée
  • Aucune image incitant à la violence ne sera tolérée
  • Aucune image altérant l’unité nationale, l’ordre public, moral, familial et religieux ne sera tolérée

Le Liban, comme tous les autres pays arabes, était représenté par son ministre de l’Information, Ghazi Aridi. Il était contre, mais a voté quand même pour (pourquoi?). Seul le Qatar s’est abstenu. Mais qui sera exactement soumis à cette censure? Uniquement les chaînes arabes? Les chaînes occidentales diffusant sur la région aussi? Est-ce la disparition de la diffusion de Groland? Pour l’instant, la seule chose quasi sûre, c’est que les chaînes contrevenantes devront payer de lourdes amendes (à qui exactement?), et dans le pire des cas verront leur licence de diffusion retirée (par qui précisément?).

Cette nouvelle charte arabe des bonnes mœurs télévisuelles a été vivement condamnée par des organisations étrangères comme Reporters sans frontières ou Article 19, et évidemment par des chaînes arabes comme Al-Jazeera. Il semblerait en tout cas qu’avec un tel processus, les Etats arabes aient envie de reprendre le contrôle de l’information dans la région, pour rétablir en partie leur propagande étatique diluée depuis l’avènement du satellite.

Dans le cas du Liban, la mise en place de cette charte est un vrai point d’interrogation. Aridi a spécifié que le Parlement libanais devrait donner son accord pour la mise en place d’un dispositif aux contours encore flous. Et qui dit Parlement, dit députés en mesure de voter. La constitution de la prochaine Assemblée revêt donc une importance capitale pour éviter un retour au Moyen-Age de l’information. Pour faire bref, si des députés réactionnaires prennent le contrôle du Parlement, il faudra vraiment faire attention à ce que l’on dit.

Et y aura-t-il une prochaine étape? Internet par exemple?

mardi, 29 janvier 2008

Documentaires sur le Liban, sur Arte et France 3

789d3ebb46270d657697c0626d6135d1.jpg2260fdafe6461ef24a15c799b20f2daf.jpgJuste pour info, ce soir mardi, la chaîne franco-allemande Arte diffusera une soirée spéciale sur le Liban intitulée «Le Liban, mosaïque éclatée», à partir de 23h25 (heure de Beyrouth). Deux parties au programme: le film «Hayda Lubnan – C’est ça, le Liban» d’Eliane Raheb à 23h25 et celui de Nizar Hassan, «Le Sud, une histoire chiite» à 00h30. Ces deux documentaires offriront un regard croisé sur les communautés chrétiennes et chiites, et seront rediffusés dans la matinée du 31 janvier. Pour plus d’informations, cliquez sur les liens ci-dessus.

[...]

bdd1aa9f253f533ce2b7c2dc58788278.jpgVendredi enfin, ce sera au tour de Thalassa sur France 3 (21h50 heure de Beyrout) de consacrer – entre autres - un documentaire sur les pêcheurs de Tyr, intitulé «Liban, la mer pour survivre». A vos télécommandes.

dimanche, 27 janvier 2008

Ça crame à Beyrouth

50ff14452dca82a64df0243312e3ff87.jpgJe reviens de Chiyah, en banlieue sud. L’air empeste le caoutchouc brûlé, l’ambiance est plus qu’électrique. A l’entrée du quartier, en venant de Tayouneh, je suis tombé sur un barrage de jeunes, avec pneus brûlés et tout le tintouin du bon émeutier en herbe (les mecs ont rarement plus de 20 ans). J’ai freiné à 20m. Une grosse BMW grise s’est avancée, un gars lui a défoncé la lunette arrière… Sur le moment, je me suis dit: «Mais qu'est-ce que je fous là?»

Tous les accès routiers de Chiyah sont bloqués. J’ai donc ensuite pris l’avenue Hadi Hassan Nasrallah (le fils de son père). Sur un carrefour, en pleine chaussée, deux hommes avaient installé des chaises et une table, pour bien marquer leur territoire. Tout autour de Chiyah, l’armée a déployé d’importants renforts de troupes. Il y a déjà eu 4 morts ce soir, un chez Amal, trois chez le Hezb.

[…]

Peu avant 20 heures, un tir de RPG a défoncé la façade d’une agence de la Banque Libano-Française à Mar Mikhaël. Info pour ceux qui se sont peut-être demandé quelle était la provenance de l’explosion entendue à ce moment-là…

[…]

En repartant de Chiyah en feu, je suis passé par Aïn el-Remmaneh et Furn el-Chebbak. Là, j’ai croisé un attroupement de civils (c’est un quartier chrétien). Ceux-là m’ont dit former une sorte de «comité citoyen» (ça a tout de la mini milice de quartier!), au cas où les émeutes pour l’instant circonscrites dans Chiyah venaient à déborder chez eux. Ça devait faire 500m à vol d’oiseau. Et aux dernières nouvelles, les affrontements sont en train de se déplacer. Ça s'annonce chaud cette nuit.

[…]

Je viens de recevoir ce SMS sur mon portable, signé «Consulat de France»: «En raison des manifestations de ce jour, il est fortement déconseillé de circuler dans Beyrouth et notamment d’utiliser les routes d’accès à l’aéroport».

[…]

Un autre détail, assez hallucinant. En zappant sur les chaînes de télé libanaises ce soir, nous avons fait ce constat: la Future, la LBC, et la New TV passaient des images des émeutes en direct. La NBN, Manar et O TV passaient autre chose. Faut comprendre quoi? Que ceux qui allument les mèches ne veulent pas parler des événements?

[...]

Voici un extrait vidéo de la LBC (proche des Forces libanaises), retraçant la journée de dimanche à Chiyah. Le commentateur speede un peu, le son n'est pas fameux, mais bon, ça donne une idée...

vendredi, 04 janvier 2008

Trompe la mort

4d0f1792110da7d4f09213845e267510.jpgOn en rigole souvent quand on parle du Liban aux étrangers. La conduite au Liban – genre «jeu vidéo» – a des côtés folkloriques, c’est vrai. Mais c’est aussi une catastrophe nationale dans ce beau pays.

Les raisons en sont multiples. Encore une fois, cela est souvent sujet à plaisanterie. Par exemple, il y a quelques années, la police locale a reçu des radars et un stock de ballons pour faire souffler les automobilistes. La mesure a été annoncée, puis est entrée en vigueur. Au bout de deux semaines, il n’y avait plus rien. Seule celle concernant la ceinture à l’avant est plus ou moins respectée – surtout moins que plus (y compris par moi).

Ce matin, j’ai lu une grosse brève dans L’Orient, relatant un début d’année morbide sur les routes libanaises. Trois accidents mortels, près de Batroun, de Tyr et de Marjayoun ont déjà fait des dégâts. Quelques jours plus tôt, la YASA venait d’annoncer que l’année 2007 avait battu des records de mortalité sur la route.

La veille de Noël, j’ai moi-même failli renverser un motard qui arrivait à contre sens sur une intersection, en plein Beyrouth. Le gars a volontairement fait déraper sa roue avant pour ne pas percuter ma voiture. Je suis descendu de voiture, le motard n’avait rien. Heureusement. J’étais avec l’une de mes filles, qui m’a demandé ce qui se passait, très inquiète.

Parlons-en des enfants. Quand je suis piéton avec elles, ma hantise est de voir débouler un abruti-roi-de-la-route. J’en prends une dans les bras, l’autre est empoignée de force pour traverser les boulevards. Cela m’arrive de balancer des coups de pieds dans des voitures voulant forcer le passage d’un piéton accompagné de deux enfants… Un réflexe tout ce qu’il y a de plus humain je crois.

Alors, d’où vient le problème? De ce permis de conduire absolument inepte décerné au Liban contre monnaie sonnante et trébuchante? De l’état des routes, surtout pendant les pluies diluviennes (un proverbe existe ici: «Au Liban, on évite pas les trous, on les choisit»)? Des économies de bout de chandelle faites sur la qualité de l’asphalte utilisée? De l’ignorance totale et du non respect du code de la route (y compris par moi sur certains feux rouges que tout le monde grille)? Je ne sais pas, ça doit être un ensemble. Mais je crois qu’il y a là un chantier colossal pour les pouvoirs publics.

Vous voulez vous faire une idée de ce que conduire dans notre belle région veut dire? Regardez donc les trois vidéos qui suivent. Vous remarquerez sur ces images qu'il y a quand même quelques automobilistes qui mettent leur clignotant. Le problème, pour certains, c'est qu'ils le mettent pour indiquer aux autres de quel côté ils peuvent être dépassés (véridique)...



mardi, 01 janvier 2008

Perfect day

Je ne sais pas pour vous, mais le dernier jour de 2007 et le premier de 2008 ont apporté quelques satisfactions. Hier 31 décembre, nous avons passé un réveillon simple et sympa, et plus tôt dans la journée, j'ai fait un crochet par la Sûreté générale pour récupérer ce petit rectangle bleu clair plastifié qui me sert de sésame annuel pour habiter dans ce pays. Il m’a donc fallu attendre le dernier jour de l’année pour sortir de mon tunnel personnel. Pendant ce temps, Nat recevait elle aussi ses étrennes: un acquittement dans un procès pour diffamation qu'elle traînait depuis plus de deux ans (rapport à un article sur la corruption qui n'avait pas plu à tout le monde). Deux signes que cette année 2007 était – enfin – bel et bien terminée.

Et puis aujourd’hui, hirsutes, nous n’avons rien fait (c’est bien à ça que ça sert les jours fériés, non?), si ce n’est manger quelques délicieux restes de la veille et regarder L’Empire contre-attaque – et sa sublime réplique: «Luke, je suis… ton père» ;-) –, tranquillement affalés sous une couette avec nos deux monstresses.

On croise donc ardemment les doigts pour que les 365 autres jours de l’année 2008 (une année bissextile, donc 366 jours au total) soient aussi paisibles que celui-ci. C’est aussi l’occasion pour nous de vous souhaiter à tous une bonne année, avec tout ce que vous voulez mettre dedans: la paix, des grasses matinées, la fin des attentats, un nouveau président évidemment, quelques bons moments entre amis, l’amour pour ceux qui ne l’ont pas encore rencontré, des M&M’s peanut butter, quelques occasions à ne pas rater, et tout ce qui vous passera par la tête.
Allez, on vous laisse avec un petit clip qui date de l’année dernière, mais qui est toujours d'actualité en ce 1er janvier 2008…

mardi, 20 novembre 2007

Météo et politique, même combat

Aujourd'hui, j'ai commencé un papier par une comparaison entre le climat politique à Beyrouth et la météo, la vraie, qui fait un peu peur depuis 24 heures, avec ses orages, ses rafales de vent et ses coups de tonnerre. Un copain français de passage en ville vient de me dire qu'une amélioration du temps est prévue à Beyrouth d'ici jeudi ou vendredi. Espérons que les deux phénomènes suivent la même trajectoire. Car si ça reste comme ça... Jugez plutôt avec cette vidéo tournée la nuit dernière. Ça dure 5 minutes, et c'est 5 minutes de pure violence. Et ce soir, c'est le même topo.

samedi, 17 novembre 2007

Piqûre de rappel

Quand vous arrivez à Beyrouth par avion, ça donne ça...



Les pilotes, eux, voient plutôt ça...

Il me faut parfois une petite piqûre de rappel. Les habitués des vols vers Beyrouth savent de quoi je parle. Pour moi, c’est toujours le grand frisson quand j’entends l’hôtesse me parler de la température au sol alors que le Boeing s’approche de la piste d’atterrissage. Ce moment où on se dit «ça fait du bien de rentrer chez soi». J’aime ces quelques secondes, le nez collé au hublot à regarder la montagne défiler, à essayer de reconnaître l’ATCL, la Marina de Dbayé, Raouché, puis les camps palestiniens et Ouzaï… C’est même encore meilleur de nuit. Bref. Tout ça pour dire quoi au fait? Pour dire que je suis impatient de partir pour pouvoir revenir… Toujours revenir... Ne pas partir pour ne pas risquer de ne pas revenir.

lundi, 22 octobre 2007

I must be dreaming, it can't be true

Les années 80 réservent toujours des surprises. Voici la vidéo d'une chanson de Human League que je ne connaissais pas...


PS: J'aimerais bien savoir quelle tête ont les deux présentateurs 23 ans après...

vendredi, 19 octobre 2007

Le Liban, le pays des esclaves : France 2, esclave de l’audimat

medium_philippines.jpgCi-dessus: pendant la guerre, le 7 août 2006, j'avais fait un reportage pour Le Soir sur les Philippines fuyant le Liban sous les bombes, au foyer Saint-Vincent à Achrafieh. Des milliers sont parties, elles ne sont pas toutes restées piégées par les familles libanaises elles-même en train de fuir, contrairement à ce qui a été dit dans le reportage de Dominique Torrès. Et beaucoup d'entre elles avaient également choisi de rester au Liban travailler, leur famille dépendant de leur salaire que leurs employeurs leur versent.

 

Un peu de racolage ne fait pas de mal chez France 2. Depuis le 11 octobre et la publication de l’article «Bonnes à vendre» dans Le Monde, le web francophone libanais ne parlait que de ça. Il existe même une pétition sur Facebook contre la version vidéo de l’article! Hier soir donc, France 2 a diffusé dans Envoyé spécial le documentaire réalisé par Dominique Torrès, reporter du Monde et fondatrice du Comité contre l’esclavage moderne. Le sujet: les conditions de vie et de travail au Liban du personnel de maison venu du Sri Lanka, des Philippines ou d’Afrique.

Si la cause défendue par Mme Torrès est juste (et archi juste), les moyens desservent son propos. Elle dénonce certes une pratique insupportable, qui n'est pas non plus une généralité comme elle le dit. Et ce n'est pas en faisant ce genre de sujet qu'elle fera avancer sa cause: tout au mieux, elle aura quelques filles battues de plus sur la conscience, car celles qui lui ont ouvert leur cœur à visage découvert en fin de reportage vont probablement en payer les conséquences. Bref, le reportage est avant tout un ratage professionnel.

Sur la forme

L'approche du sujet Très superficielle, très racol'. Torrès ne fait qu'effleurer un sujet passionnant, à coup d'hypothèses toutes faites et de vérités assassines préconçues. Ça faisait un peu Tintin au Congo: Torrès chez les barbares. L'un des exemples de ce sentiment de croisade et de supériorité: quand elle débarque dans un immeuble pour trouver une femme supposée coupable de maltraitance. Elle sonne à la porte, le père de famille ouvre, elle est penchée vers lui, une main appuyée sur le mur, menacante. Pas étonnant que le gars lui ferme la porte au nez, ce n'est pas comme ça qu'on obtient des infos!

Les chiffres La réalisatrice balance des chiffres à tout va. Selon elle, 30% des Libanais reconnaissent violenter leur bonne, 98% des vols imputés aux employées de maison sont faux... Selon qui madame? Elle ne source jamais ses infos, et croyez-nous, les chiffres fiables au Liban, c'est une denrée rare dans notre métier.

Le manque de "pourquoi?" Elle ne se pose jamais de questions. Pourquoi cette situation? Elle s'offusque du niveau des salaires, mais ne dit jamais, par exemple, que ce sont les ambassades des pays concernés qui fixent ces salaires, selon les nationalités donc. Les informations manquantes sont légions, et celles erronées également. Dernier exemple sur la «confiscation du passeport»: en plateau, elle dit qu'un décret sur ce point pourrait être facilement voté. C'est déjà le cas: officiellement, les employeurs n'ont pas le droit de le faire, mais ce sont les agences qui poussent à la «confiscation», pour éviter la fuite des employés alors que les employeurs sont légalement responsables de tous leurs actes. Torrès n'aborde pas les réseaux mafieux, de prostitution et autres...

Sur le fond

Un vaste et cruel sujet sur lequel nous avons déjà travaillé, vaste sujet réduit dans ce documentaire aux plus vils arguments. Si Torrès décrit une réalité indéniable, elle ne fait que décrire une seule réalité justement, sans essayer de prendre ce sujet dans son ensemble. Le documentaire tourne au sensationnalisme, écœure certainement les téléspectateurs de France et de Navarre et c’est bien compréhensible. Des histoires tordues et immondes vécues par les «bonnes», les «Philippinaises» comme disent leurs «propriétaires», on en a des tonnes. Et des crève-cœurs pour ces pauvres jeunes femmes qui quittent leur famille et ne revoient parfois leurs enfants que trois ou quatre ans plus tard. Y’a rien de nouveau là-dedans. Mais des exemples où ça se passe bien, il y en a aussi: chez un couple d’amis franco-libanais dont le mari est chef cuisinier, leur employée a tout appris de lui, même le français argotique, et compte bien ouvrir un restaurant à son retour à Manille grâce au savoir-faire emmagasiné sur le tas. Ce n’est peut-être la majorité des cas, mais ça existe aussi. Et quand on fait le boulot de Dominique Torrès, l'honnêteté intellectuelle veut que l'on décrive toutes les situations.

Alors pourquoi diffuser maintenant un tel anti-hymne au Liban et aux Libanais?  Aucune idée. Le timing est certainement fortuit, mais en tant qu’amoureux du Liban, ça me fait mal au cœur que l’on ne parle de ce pays qu’à travers ça. Avez-vous vu à la télé française des reportages positifs sur le Liban ces 5 dernières années? Pourquoi France 2 ne diffuse-t-elle pas un documentaire sur les jeunes artistes libanais, du cinéma ou d’ailleurs? C’est un peu comme les banlieues de France: entre un sujet sur les trafiquants de shit et les Yamakazi ou les associations de quartier qui remplacent le travail d’un Etat absent, les chaînes de télé préfèrent montrer les ordures plutôt que l’herbe verte. Pour le Liban, c’est pareil, pas étonnant que ce pays souffre d’un déficit d’image à l’étranger. Résultat, à la fin de l'émission, notre cousin libanais préféré habitant à Paris nous a envoyé ce SMS: «C la loose pr le Liban kel honte». Et il a raison.

Si c'est ça être grand reporter à France 2, ça donne pas envie (il y en a pourtant de bons!). Si Dominique Torrès a envie de faire un vrai reportage vidéo sur la question de «l'esclavage moderne», qu'elle essaye de le faire en Arabie Saoudite. Là, je lui tirerais mon chapeau si elle arrive ne serait-ce qu'à poser sa caméra.

mardi, 09 octobre 2007

Frères d’armes

Nous venons de recevoir un mail sympa de Franco-Libanais (ou Libano-français, au choix comme vous voulez) qui ont monté un groupe, G8. Ils ont repris une chanson de Dire Straits (ma préférée de ce groupe, ça tombe bien!), et ont détourné le clip d’origine. Le sujet de Brothers in arms est malheureusement lié à l’actualité du pays, de ce pays que tant de Libanais regardent de loin. Allez, appuyez sur Play…

mercredi, 26 septembre 2007

Télévision brouillée & autres idées

medium_television.gifNous ne parlons pas souvent de télévision ici, alors nous allons réparer cet impair. En fait, nous la regardons très très peu. Mais il y a deux semaines à peu près, une tête blonde, affalée devant Bob l’éponge, m’interpelle et me dit: «Pourquoi elle saute tout le temps l’image?» Je m’assois, je m’arme de la télécommande genre «laisse faire le spécialiste», et je zappe. Partout pareil, la réception satellite est exécrable. Certaines chaînes ont même carrément sauté, comme Canal +. Je fais une nouvelle recherche sur les émetteurs. Même résultat. Illico, je commence à rejeter la faute sur notre «prestataire de quartier».

Quelques jours plus tard, dans la presse, je découvre le menu du conseil des ministres. Parmi les sujets, le brouillage des ondes au Liban qui, selon Siniora, est dû à Israël. C’est toujours de bon ton ici de rejeter la faute sur nos voisins, un peu comme je l’ai fait avec mon prestataire d’ailleurs. Bref, les ondes libanaises – télé comme cellulaire – sont parasitées par un voisin. Super. Et depuis quelques jours, le nom d’un nouveau «voisin qui nous veut du bien» est apparu. Deux navires de la flotte américaine auraient effectué un déploiement au large du Liban (notez l'utilisation du conditionnel), et ces bateaux de guerre pourraient être la source du brouillage actuel. Ouah, super!

Cette gêne toute relative – vu notre faible consommation – n’est pas la mer à boire. Mais je me demande de quel prochain poil à gratter nos «voisins qui nous veulent du bien» (sur terre, sur mer ou dans les airs) voudront bien nous gratifier. Nous avons déjà eu droit à une marée noire, à des islamistes en colo de vacances au Nord et j’en passe… Voici le résultat de mes petites cogitations:

  • Un lâché d’oiseaux migrateurs atteints de tourista
  • De la petite pluie radioactive après un bombardement ciblé quelque part en Perse
  • L’arrêt de l’approvisionnement en fuel de nos centrales électriques

Si vous avez de meilleures idées, n’hésitez surtout pas…

samedi, 15 septembre 2007

Haifa Wehbé présidente !

Il y a probablement une seule personne au Liban qui réunirait tous les suffrages, une sorte d’icône transconfessionnelle. Cette bombasse fait fantasmer tout mâle libanais qui se respecte (et probablement les autres aussi). C’est bien évidemment la chanteuse Haifa Wehbé.
medium_haifa.jpg Haifa est vénérée, adulée (musicalement, ce n’est pas vraiment notre tasse de chaï, mais là n’est pas le propos). Barbie brune siliconée, elle affole les foules, transpire la sensualité. Et force franchement l’admiration. Un personnage comme celui-ci est forcément entouré d’un certain mystère, et attire tout genre de rumeurs. Comme celle qui lui prêtait – il y a deux ans – une relation avec le Sayyed. Oui, oui, notre bon vieux Sayyed à nous…

Divorcée et maman, elle sait mener sa barque. Ex-pouliche de l’écurie de Walid ben Talal (Rotana), elle a quitté le navire il y a un peu plus de 2 ans pour devenir femme d’affaires quand elle ne pousse pas la chansonnette. Sa fortune, elle se l’est faite sur scène: de 30000$ à 150000$ par concert, selon le type d’événement et le pays. Pour vous donner une idée, elle fait en moyenne 55 concerts par an. A Amman, elle a réuni en un soir quelque 200000 personnes. Elle a participé à l’équivalent libanais de La ferme des célébrités, elle est sous contrat avec Pepsi… «Rien de tout cela pour moins de 500000$», a-t-elle précisé à Nat lors d’une interview récente. Une interview qui a eu lieu dans ses bureaux à Gemmayzé où les fauteuils en moumoutte rose le disputent aux posters d’elle et aux portraits retravaillés de Madonna.

Haifa va bientôt commencer une carrière d’actrice dans un film égyptien, elle a lancé sa ligne de bijoux. Du coup, aujourd’hui, elle peut se permettre le luxe d’autoproduire deux albums et quatre vidéo clips, et d’attendre qu’on vienne lui faire l’offre qui convienne à ses exigences. Elle attend tranquillement le plus offrant…

La dame s'assume maintenant et cela se voit dans le look qu'elle adopte désormais. Exit les robes en lamé doré et les grandes boucles sensuelles: Haifa fait dans les jambières en cuir et les mini-shorts, style JLo. Son dernier clip (Mish Adra Astanna) est ultra sexy, et repousse toutes les limites en vigueur dans le monde arabe. Elle en a marre des histoires gnangnans de habibi qui tient la main de sa habibté sur une plage avec coucher de soleil incorporé. Le titre de sa chanson se traduit par «I can’t wait», et les images du clip sont certes suggestives, mais il n'y a pas de quoi crier au scandale non plus. Elle a voulu s’écarter violemment de l’image habituellement véhiculée par la variété arabe, celle de la femme sage désespérée parce que son homme ne l’aime plus.

Mais ce coup de boutoir dans la bienpensanterie arabe lui vaut quelques ennuis avec les autorités saoudiennes qui lui ont collé un procès au cul (qu'elle a apparemment fort joli) qualifiant le clip de «pornographique». Ils se foutent franchement de la gueule du monde ces hypocrites qui viennent au Liban jouer au Casino, picoler et rendre visite aux belles de nuit du Phenicia.

On vous laisse juger avec la vidéo…


Alors, Haifa mérite-t-elle d’être lapidée à cause de ces images? A-t-elle eu tort de sortir du moule de la varièt’ locale? Y'a pas de quoi fouetter une Haifa, franchement...
Moi je ne dis qu’une chose: Haifa présidente!

samedi, 16 juin 2007

NBN : la vidéo qui fait rire... jaune

En publicité, il existe un adage bien connu: «Qu’on parle de moi en bien ou en mal, mais qu’on parle de moi». Depuis hier, tout le monde parle de la NBN (la chaîne du président du Parlement, allié fidèle de Damas), et de sa présentatrice Sawsan Safa Darwish, qui risque de se mordre les lèvres un petit bout de temps à cause de son franc-parler. En gros, pendant le JT de la NBN (officiellement les initiales de National Broadcasting Network, officieusement celles de Nabih Berri Network), la présentatrice a dérapé, pensant que son micro était fermé, disant, en parlant de l’assassinat de Walid Eido «qu’ils ont trop tardé à le tuer», et que «le tour du ministre Ahmad Fatfat viendra rapidement». Glups… Ça fait mauvais genre. La direction de la NBN a aussitôt viré sa starlette du petit écran. N’empêche, il est facile de se dire que si Mme Darwish a pu dire ça aussi librement sur le plateau, c’est que l’ambiance le permettait…

 
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