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vendredi, 06 juillet 2007

Beyrouth, 19h49, la soleil va se coucher dans la mer

medium_beirutsunset.jpgBeyrouth, 19h49, de notre terrasse. Le soleil se couche tranquillement dans la mer, comme nous le disions à nos filles quand elles croyaient encore à ce genre de choses. Les gens rentrent chez eux, la vie reprend son cours à Beyrouth: à part à Gemmayzé et Monnot, les pubs et les restaurants de la capitale se remplissent chaque soir. Les salles de ciné aussi, même timidement. Une ombre au tableau: les festivals d'été ont annoncé l'annulation définitive de leurs programme.

Ce calme n'est peut-être qu'illusion, mais il fait du bien. On touche du bois (de cèdre bien sûr) pour que cela dure. Bises à tous les amoureux du Liban.

mercredi, 04 juillet 2007

« Les Libanais, immunisés contre l’instabilité »

medium_erbil.jpgAujourd’hui, je discutais avec un responsable d’une grande banque libanaise. Le sujet: les investissements libanais à Erbil, au Kurdistan irakien, sorte de nouvel eldorado où tous les businessmen arabes se pressent depuis 2003 pour faire de l’argent. Ponts, hôtels, routes, constructions en tout genre… Bref, «y’a tout à faire là-bas», comme me disait ce banquier.

Comme d’autres hommes d’affaires concernés par le marché kurde, celui-ci me racontait combien les Libanais sont forts en affaires dans la partie nord de l’Irak. Tous me disent que la langue et la culture communes aux Kurdes et aux Libanais donnent à ces derniers une longueur d’avance sur la concurrence, qu’elle soit turque (la plus proche géographiquement parlant) ou européenne. «Les Scandinaves ne pourraient pas être aussi performants que nous sur ce genre de marché vierge et sans règles, renchérit le banquier. Le point fort des Libanais: par expérience, ils savent continuer à faire du business en période guerre, et connaissent ce qu’est l’après-guerre et ses besoins. En un mot: ils sont immunisés contre l’instabilité.» J’ai bien aimé la formule.

mardi, 03 juillet 2007

A quand un tremblement de terre majeur au Liban?

medium_seisme1.jpgHier mardi à 9h23 (heure libanaise), la Békaa s’est réveillée avec un nouveau tremblement de terre. Cette fois, il n’est pas question de séisme politique ou sécuritaire, mais d’un vrai tremblement de terre. Celui-ci, d’une magnitude assez faible (3,1 sur l’échelle de Richter), n’a fait ni victime ni dégât, et a été ressenti à Zahlé, Talya et Chemstar.

Cette nouvelle m’a rappelé le 26 mars 1997. C’était un mercredi. J’habitais alors chez des amis, montée Accaoui à Beyrouth. Vers 6h30 du matin, une secousse (5 sur l’échelle de Richter) m’avait éjecté hors du lit. C’était ma première rencontre avec un tremblement de terre. J’avoue que j’avais bien paniqué. Il n’y avait pourtant pas vraiment de quoi.

medium_baalbeckruines.jpgAu Liban, l’Observatoire de Bhannès scrute l’activité sismique du Liban (vous pouvez télécharger ici la carte détaillée de l’activité sismique libanaise de 2002 à 2004). Selon son ancien directeur Charles Tabet, des séismes d'une magnitude moyenne (aux environs de 5) se produisent tous les 45-50 ans. Dans les livres d’histoire, le précédent séisme de ce genre ayant touché le Liban est celui du 16 mars 1956 (5,9 sur l’échelle de Richter, sur la faille de Roum, avec comme épicentre Chhim). Les séismes majeurs, eux, se produiraient selon un cycle de 300-350 ans. Le dernier en date remonte à 1759 (7,2, avec Baalbeck comme épicentre). C’est sans parler du fameux séisme de 551 après JC, qui détruisit les célèbres temples de cette cité proche de la faille de Yammouné.

Lors de mon dernier voyage en France, à l’automne dernier, tout le monde me demandait comment ça se passait à Beyrouth, au niveau politique et sécuritaire, après cette guerre violente de 33 jours. Je disais à qui voulait l’entendre que c’était le bordel, et qu’il ne manquait plus qu’un bon gros tremblement de terre pour mettre le pays définitivement à genou. Et cette fois, nous n’aurions aucun voisin belliqueux à accuser, tout le monde serait d’accord pour pointer du doigt Dame Nature.

Qu’un tremblement de terre majeur se produise au Liban est donc une chose quasiment certaine (le calcul est simple: 1759 + 300 à 350 ans = 2059 à 2109). Bon, nous n'y sommes pas encore en 2059, mais pour reprendre l’intro du film de Michael Bay Armageddon, «it’s just a question of... when».

dimanche, 01 juillet 2007

A ma place

Me voilà de retour après un très bref séjour en France, le premier en presque six ans. Et comme toujours, en retrouvant le sol libanais, j’ai ce profond sentiment de rentrer chez moi, en dépit des 25 années passées dans l’Hexagone où chaque voyage fait office de piqûre de rappel. Il y a tout de même de quoi se poser des questions sur mon état mental…

medium_arretbus.jpgLes choses ne changent guère au royaume des fromages qui puent: la caissière qui ne répond pas à votre bonjour sous prétexte «qu’elle l’a déjà dit une fois mais qu’on ne l’a pas entendue, alors elle, quand elle a déjà dit bonjour, elle ne répète pas». Le serveur qui refuse de vous asseoir à telle table parce que «comme il est tout seul, y peut pas être partout à la fois». La vendeuse qu’un client étranger, parlant mal la langue de Molière, exaspère parce qu’il ne connaît pas les galettes de sarrasin, «en voilà encore un de bien, tiens!»… Mais, évidemment, la France ne se limite pas aux Parisiens ronchons et aux tempêtes de pluie glaciale un 25 juin au soir, loin de là. Vivant dans le bordel libanais, j’étais en admiration devant la ponctualité des transports publics, les panneaux électroniques dans les bus indiquant le nombre de minutes jusqu’au prochain arrêt, la rapidité d’Internet et le nombre des services disponibles… Tranquillement assise dans mon bus, je cogitais aux affiches vantant les mérites des nombreuses publications ayant vu le jour depuis que j’avais quitté la France en 1995, Têtu (le magazine gay) m’ayant particulièrement scotchée. On perd l’habitude d’une telle liberté dans un pays conservateur (en apparence) comme le Liban. Du coup, assise dans mon bus comme je le disais, je m’émerveillais sur la facilité apparente, ou tout du moins logistique du quotidien français. En plus, il faisait beau. Et les larmes me sont montées aux yeux car brusquement, le Liban m’a manqué viscéralement. J’ai été reçue royalement en France, par ma famille (dont je n’avais pas vu certains membres depuis 15 ans) et par les rares amis que j’ai pu voir au cours de ces trois jours. Les gestes familiers me sont revenus très vite. Ou tout du moins certains. Car il y a aussi eu cette jeune fille qui avait attendu le bus à côté de moi, en sanglotant. Personne ne lui avait parlé pendant les cinq bonnes minutes où j’étais assise auprès d’elle. L’un avait le nez plongé dans son journal (20 Minutes, justement), l’autre était absorbé par son iPod. Moi en grande sentimentale que je suis, je lui avais simplement demandé si ça allait, et elle m’avait envoyé promener. Ha, la solitude des mégalopoles…

Mais comme j’ai dû l’expliquer au moins 25 fois en quelques heures à mes proches français et inquiets, je ne me vois pas troquer ce foutu pays pour le confort de l’Occident. Parce que j’y suis à ma place, tout simplement. Je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt: il y a quelque chose de masochiste là-dedans. En France, nous aurions les allocations, le chômage et les congés payés (congé? Ça veut dire quoi, déjà?), sans compter l’école gratuite et une sécurité relative. Notre vie n’est pas facile au Liban, loin s’en faut. Les lendemains sont incertains, les pressions permanentes et tout y est compliqué. Une amie m’a dit un jour que je me comportais comme une femme battue, mariée à un ivrogne mais qui reste avec lui parce que «quand il arrêtera de boire, ce sera merveilleux». Et qui, en attendant, continue de recevoir des baffes. Le Liban a cet effet-là sur beaucoup de monde. Mais ici, nous voyons en une année ce que d’autres peuvent passer une vie entière sans connaître: l’événement, l’Histoire qui s’écrit sous nos yeux, toutes ces choses qui vous font prendre conscience de la valeur de chaque instant vécu, de la vie quoi.

Cela dit, j’ai bien conscience que je n’en dirais peut-être pas autant si j’avais perdu quelqu’un de cher ici, comme cela a été le cas de tant de Libanais. Comme ce copain que j’ai revu en France justement. Il était arrivé en France il y a plus de 15 ans avec ses frères et sœurs. Ils avaient débarqué de l’avion  sans rien, fuyant le massacre de leur village au cours duquel leurs parents avaient été assassinés sauvagement. Aujourd’hui, ce garçon est marié à une Française, il a un petit bébé et s’est battu pour se faire une situation. Il a réussi, clairement, mais la blessure est toujours là, qui lui fait rejeter tout ce qui pourrait d’une manière ou d’une autre lui faire regretter le Liban. Le simple fait de parler positivement de son pays natal le fait réagir avec une sorte de virulence épidermique, ce que je peux comprendre.J’en ai vu arriver en France, des jeunes Libanais fuyant l’horreur de la guerre. Je n’oublierai jamais Assaad, ce jeune tombeur de 23 ans qui faisait tourner les têtes à Kleiat, dans la montagne, et croquait la vie à pleines dents. Son père l’avait expédié à Paris pendant la guerre Geagea-Aoun en 1989, lorsque les murs de leur maison s’étaient effondrés autour de la famille recroquevillée dans un cagibi. Il s’était retrouvé dans un foyer lugubre à Cachan, à jouer les manutentionnaires dans un supermarché. Il s’en est sorti, lui aussi, mais au prix de quelle détresse… Si j’avais à vivre cela, peut-être regarderais-je le Liban différemment.

Aujourd’hui, les choses sont différentes, nous n’en sommes pas au même point qu’en 1989. Mais les jeunes s’en vont encore, s’enfuient toujours vers des horizons plus dégagés. Et avec eux, c’est un pays qui se vide de sa sève. Entendre Tarek, un jeune et talentueux musicien qui jongle entre trois boulots et l’université, préparer son départ vers Amsterdam à la rentrée parce qu’il ne se voit aucun avenir au Liban, me fend le cœur. Mais là encore, je le comprends…

Pourtant, je reste. Enfin, nous restons, devrais-je dire. Heureusement, David et moi sommes sur la même longueur d’onde à ce niveau. Nous savons que partir n’est pas une solution: quand ce pays fait partie de vous, vous l’emmenez tout simplement dans vos bagages avec le manque en prime. Nous sommes toujours là parce que nous le pouvons encore donc et parce qu’il faut bien qu’il y en ait qui restent. 

vendredi, 15 juin 2007

Bons baisers de Beyrouth

medium_bphotos1.jpgbphotos2.jpgmedium_bphotos3.jpgCe matin, je suis sorti en ville. Après la journée de deuil national hier pour rendre hommage à Walid Eido, je pensais trouver des rues désertes. J’ai eu droit aux pires embouteillages. Avant de rejoindre le boulevard, je suis passé chez mon boucher préféré acheter quelques fumigènes. Comme tous les jours, ce bon Elie me demande: «Alors, la situation, elle est comment?» Comme tous les jours, je lui dis qu’elle est pire qu’hier mais meilleure que demain. Ce coup-ci, je lui ai retourné la question: «Alors, qui est le prochain à ton avis?» Après un grand coup de hachoir asséné dans un bout de barbaque, il me dit: «Moi, j’aimerais que ce soient les Syriens. Et les Américains aussi. Et puis les Israéliens…» Je remonte en voiture, je vais faire mes petites affaires. Je passe par la rédaction d’un magazine local. Là, je discute avec leur responsable web, Kamal. Il me dit qu’il pense quitter le Liban. Sa femme est Française et a envie d’une vie plus paisible. Sa logique à elle, selon lui: «Si quelqu’un pouvait m’assurer que tout ira bien dans 6 mois ou 1 an, je reste. Mais personne ne le peut.» Tirant généreusement sur sa Marlboro, Kamal (qui est assez bavard) se lance dans un historique des «événements» qui secouent le Liban depuis 150 ans. Le but? Tirer une leçon de l’Histoire: le Liban ne sera jamais paisible. Tous les 15 ou 20 ans, il y a des crises, qu’elles viennent de l’intérieur ou des pays voisins. En repartant, je traverse Beyrouth d’ouest en est, passe par le Ring, et scrute le sit-in place Riad el-Solh et place des Martyrs. Il n’y a pas âme qui vive sous le soleil de midi. A quoi sert exactement cette vaste foutaise de sit-in? Soudain, je me rappelle quand nous allions au Virgin, en bas de la place des Martyrs. Ça fait combien de mois qu’on y est pas allé? Puis je file, je traverse Achrafieh direction notre petit vendeur de DVD à Borj Hammoud, le quartier arménien de Beyrouth. Tout ce qu’il y a de plus illégal comme commerce certes, mais tellement normal ici, même si le gouvernement a voté (je ne sais plus quand exactement) une loi pour la protection du copyright, des droits d’auteur... Je rentre dans la petite boutique. Il y a 3 clients, dont 2 policiers. No comment.

PS: Pour une fois, les photos présentes ici ne sont pas de nous. Je les ai piquées sur le blog Afrikarabia. Je vous conseille d’y faire un tour, les images y sont très belles.

18:35 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : liban, beyrouth

vendredi, 01 juin 2007

Parano à Beyrouth

Finalement, déstabiliser (voir les 2 définitions du verbe «déstabiliser» dans le post précédent) un pays est une chose très simple. Il suffit de quelques explosions et les nerfs d’une population déjà bien tendue se crispent au maximum. Chaque jour, à chaque fois qu’un bruit suspect se produit dans notre quartier ou que les sirènes des ambulances se font trop pressantes, on allume la télé, on jette un coup d’œil sur Internet pour voir si quelque chose à péter.


Il y a quelques semaines, cet état de nerfs m’a joué un mauvais tour. C’était un vendredi soir, vers 20 heures. Nous prenions l’apéro dans le salon quand tout à coup, j’ai vu une lumière blanche vive dans le ciel, filer à grande vitesse en direction de Jounieh (où se trouvent l’une des centrales électriques les plus importantes du pays). Sur le coup, je pense tout de suite à un missile. Deux secondes plus tard, le courant se coupe. Dans le noir, nous nous précipitons sur la terrasse, et je scrute l’horizon vers le nord. Là, je vois un panache de fumée. Je suis alors absolument certain que la centrale vient d’être visée. J’appelle mes beaux-parents qui habitent dans le coin pour avoir de leurs nouvelles, mais ils sont en voiture du côté de Broumana. Je leur raconte ce que je viens de voir, sûr de mon fait. Et là, le téléphone arabe a joué en moins de 2 minutes. Toute la famille est au courant: la centrale de Jounieh vient d’être attaquée! En fait, il n’en était rien. Le panache de fumée n’était que la sortie de la cheminée de l’hôpital Saint-Georges. En tout cas, tout le monde s’est bien payé ma tête durant quelques jours. Mais je ne sais toujours pas d’où provenait cette lumière…

Cet épisode résume à lui seul l’état dans lequel sont nos nerfs. La création du tribunal international, qui divise le Liban – et pour cause –, va certainement augmenter d’un cran la tension ambiante. Comme d’ici le 10 juin il y a franchement peu de chance que les parties libanaises accordent leurs violons sur la question, nous allons encore tout droit vers de nouveaux problèmes.

Gérard Majax, Garcimore et David Copperfield réunis ne pourraient-ils pas se pencher sur le cas du Liban, et nous sortir un tour de magie pour arrêter ce délire?

mercredi, 11 avril 2007

Taxi service

medium_taxi.jpgCe matin, notre chère et vieille Suzuki a refusé de démarrer. Du coup, je suis redevenu adepte des taxis service le temps d’une journée. A Tabaris, super à la bourre pour un rendez-vous, je me dis: «Le premier qui passe, même s’il me demande 3000LL pour le trajet, je prends!» Dix secondes plus tard, je vois arriver un pot de yaourt flambant neuf orné d’une plaque rouge de taxi. J’embarque, direction Tayouné (pour ceux qui ne connaissent pas, Tabaris-Tayouné, ça prend 3 plombes aux heures de pointe, surtout avec les énormes travaux vers le Musée).

Et là, je commets une erreur fatale en m’installant. Je balance au conducteur: «Kifak?»

A Beyrouth, il y a 2 sortes de chauffeurs de taxis: les muets et les gros bavards. Et là, je pioche sans le savoir dans la seconde catégorie. Il me demande si je suis Belge. Je lui dis non, que je suis Français. Direct, il m’embraye sur le général Aoun, un «ami de la France». Je dois les attirer ces oiseaux-là. Avec son klaxon, il me fait la démonstration du «tatata-tata», ouvre sa boîte à gant, me montre son badge du CPL (sur lequel je découvre un prénom – William – peu usité au Liban) et sa casquette orange. Pendant les 20 minutes de trajet, il me fait une leçon de géopolitique libanaise, me dit que Geagea devrait retourner en prison, que le généralissime est le seul qui a les mains propres, que les jeunes aounistes sont des «abaday» (gros bras). De sa voix erraillée par quelques dizaines d’années de fumée (des Winston rouges), il me raconte son village dans la montagne, me montre ses mains usées par sa bêche (il cultive des tomates grosses comme 2 mains), m’assure que le Liban pourrait être un paradis si la bande de voleurs au pouvoir partait… Au moment où je descends de son tacot à plaques rouges, le chauffeur me lance, avec un grand sourire: «Allah ma’ak!» (Que Dieu soit avec toi!) Je souris. En voyant le Liban aujourd’hui, on se dit que Dieu est vraiment un déserteur de première.

jeudi, 22 février 2007

Et si ça pétait?

medium_tnt.jpgCe matin en partant de chez nous, la circulation était fortement ralentie sur le grand boulevard, au niveau de l’ancien immeuble de la chaîne de télé MTV (à 300m de chez nous, en plein cœur d'Achrafieh): militaires et gendarmes quadrillaient le périmètre. Une caisse de bâtons de dynamite venait d’être trouvée et les démineurs étaient en train de faire leur boulot. Tout le monde a en tête le double attentat de la semaine passée à Aïn Aalaq (3 morts près de Bikfaya). Il y a 2 jours, une caisse identique à celle de ce matin avait été désamorcée à Bir Hassan, dans la banlieue sud. Et ce midi, la nouvelle de 2 autres caisses découvertes aujourd’hui circulaient en ville.

La question est: ces caisses sont-elles là pour être trouvées à temps? Sont-elles là pour exploser? En tout cas, elles atteignent un but dans l’une ou l’autre des hypothèses: elles entretiennent la peur, et jettent un peu plus de suspicion sur cette «main étrangère» qui n’a d’autre ambition de que foutre le bordel dans le pays.

mardi, 16 janvier 2007

Alors, bilan de ces 10 ans?

medium_cake.jpgJe ne me souviens plus quel jour de la semaine c’était. Il y a 10 ans jour pour jour, le 16 janvier 1997, je prenais l’avion pour Beyrouth. Sans savoir si mon aventure allait durer 6 mois, 1 an ou 10 ans justement. En tout cas, ce jour-là, il pleuvait sur Beyrouth. L’avion de la Cyprus s’était immobilisé sur le tarmac mouillé. Je me demandais ce que j’étais en train de faire: je venais de quitter ma copine, ma famille, mes amis, tout cet environnement parisien que je ne connaissais que trop bien. J’avais 23 ans, j'avais envie de me sentir vivre. Ce 16 janvier au soir, quand je suis arrivé dans cet ancien aéroport un peu vieillot, le Liban s’est offert à moi à travers le visage souriant de Samir, que je n’avais pas vu depuis 6 ou 7 ans. Il m’a accueilli chez lui, m’a aidé dans mes premiers pas ici. Je me souviendrai toute ma vie de ces premiers mois passés au Liban, des odeurs, des gens, des saveurs… C’était surtout l’extase de la liberté.

Hier, Nat m’a posé la question fatidique: alors, bilan de ces 10 ans? Et si c’était à refaire? Mis à part deux ou trois détails, je referais la même chose, envers et contre tout.

mardi, 02 janvier 2007

Lever de lune sur Beyrouth

Juste pour le plaisir... J'étais sur la terrasse il y a 2 minutes, et au-dessus de la montagne s'élevait la Lune. Elle était belle, brillante, pleine de sagesse dans ce ciel qui s'assombrissait peu à peu. medium_lune.jpg

lundi, 25 décembre 2006

Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël

medium_volaille.jpgIl y a quelques jours, Nat réalisait le portrait de deux sœurs libanaises pour un journal français. Le sujet? Le Noël d'enfants du monde, raconté par les enfants pour des enfants. Un sujet sympa en somme. L'aînée des deux petites sœurs définissait Noël ainsi: la fête de l'amour et du partage. Comme c'est beau, dit comme ça.

Alors pour ne pas faire trop long, on vous souhaite un joyeux Noël, surtout aux habitants de ce beau pays qu'est le Liban. Nous, on a "consommé" de la volaille hier soir, sous toutes ses formes, mais l'apétit n'était pas au rendez-vous (peut-être à cause des manouchés avalées à 4 heures de l'après-midi...). En revanche, les gamins adorent toujours autant les orgies de cadeaux, et ça, c'est con, mais c'est tellement bon de voir pétiller des yeux d'enfants devant une petite montagne de cadeaux.

Cette année, au moment de faire ma lettre au père Noël, j'ai eu le trac. Comme j'avais conscience de vouloir la Lune, je me suis dit qu'il fallait choisir une seule chose, pour avoir un mince espoir que le bonhomme rouge veuille bien se pencher sur mon cas. J'ai donc hésité entre:
1. - Des voisins de palier normaux, sans dictateur ou armée belliqueuse
2. - Des cousins qui veuillent bien enterrer la hâche de guerre, déterrée il y a trop longtemps et jamais ensevelie vraiment
3. - Un peu de ciel bleu devant nous pour savoir si on a fait les bons choix en aimant ce putain de pays.

Voilà, je sais bien que j'ai les yeux plus gros que le ventre, mais comme notre fille cadette croit encore au père Noël, je me suis dit qu'il devait bien exister quelque part. 

jeudi, 21 décembre 2006

Bienvenue à Paranoland

Hier soir, je suis retourné sur le sit-in, place des Martyrs, pour rencontrer les manifestants chrétiens préparant Noël et pour faire quelques photos de nuit. L’ambiance, comment dire, a beaucoup changé. Plus question de kermesse familiale maintenant. Les gens sont fatigués, se les pèlent la nuit car il fait froid… Ils font cuire des marrons sur leurs petits feux de camp. La méfiance vis-à-vis d’un corps étranger comme moi est totale. Pour faire un cliché d’une crèche illuminée, six personnes assises à proximité ont refusé d’être prises en photo.
medium_sapinnuit.jpgEn repartant, j’ai voulu monter sur le Ring qui surplombe la place pour faire une photo générale, avec le grand sapin et les tentes à perte de vue. Les militaires y ont établi un cordon de sécurité. J’arrive à la limite, me poste pour faire mon image, et un jeune militaire me dit «Mamnouh, mamnouh!». En clair, interdit de prendre en photo un pauvre sapin de Noël. J’insiste, et il me dit de demander la «permission» à son chef. J’obtempère, je passe le cordon et je vais à la rencontre du chef. Amical, celui-ci me dit «pas de problème, mais vas un peu plus loin». OK, j’obtempère à nouveau. Je cale mon appareil sur la balustrade et là, quatre troufions débarquent. J’eus l’immédiat sentiment de ne plus être le bienvenu du tout. Ils me demandent, en arabe, qui je suis, ce que je fais… Puis la discussion devient tendue et politisée. Le petit chef des quatre me demande ce que je pense de la manifestation, du sit-in, si je le trouve «joli» et à mon goût, si j’aime Hassan Nasrallah, si j’aime Michel Aoun… Si je suis pour Israël, pour Fouad Siniora… Ça ne rigole plus… La discussion a duré 20 minutes (c’est long 20 minutes dans ces cas-là), je ne faisais pas le malin, ne sachant pas forcément comment «bien» répondre dans la langue de Gibran. Puis ils s’intéressent à mon appareil photo, le prennent puis me le rendent, avec un sourire pas vraiment angélique. Sur ce, je quitte les lieux, sorte de périphérique en pleine ville où aucun automobiliste ne se serait arrêté pour mes beaux yeux. Là, je ne rigolais plus du tout. Tout ça pour prendre en photo un sapin de Noël…

Cet épisode est un exemple de la tension qui règne. Ces quatre militaires, censés défendre la «patrie», étaient clairement pro-Hezbollah. Je pense, à leur accent, qu’ils étaient originaires de la Bekaa. Et il m’est paru évident que pour des hommes comme ceux-là, si un jour le choix devait se poser entre l’armée régulière et une milice partisane, le cœur pencherait immédiatement vers la milice.
Il y a 8 ans, quand le général Lahoud est devenu président de la République, beaucoup de médias vantaient l’une de ses «réussites»: avoir donné une vraie cohésion à l’armée à la tête de laquelle il était durant les années 90. Moi, ce que je vois aujourd’hui, c’est que beaucoup de jeunes Libanais veulent intégrer l’armée pour les innombrables privilèges qu’elle accorde (voitures de fonction, clubs de sport hyper luxueux, rente à vie…). Pour ça, à force de graisser les pattes, Lahoud a bien réussi son coup. Mais pour ce qui est de la vraie cohésion, celle du cœur, il repassera. L’armée libanaise, dont on a tant parlé au moment du retrait israélien cet été, est une bulle de verre prête à éclater à la moindre occasion.

Ce matin, en voiture, je me suis confronté à des «cowboys» à quatre roues. Plantée à cheval sur le boulevard remontant vers Sofil, une voiture roulait lentement. Je ne pouvais passer ni à gauche, ni à droite. Je klaxonne, et là, un jeune mec sort la tête en hurlant, le torse bombé. L’ère du nouveau farwest semble plaire à certains.
Un peu plus tard, j’accompagne Nat à son boulot, et en voiture, elle me dit qu’on en viendrait presque à regretter le calme de la tutelle syrienne, et que ce n’était peut-être pas un hasard! C’est peut-être ce que certains pontes à Damas recherchent depuis le départ de leurs troupes en avril 2005: institutionnaliser la peur et la parano. Prouver que les Libanais ne peuvent pas se diriger eux-mêmes (c’est Bachar lui-même qui l’a dit, même s’il s’est contredit récemment pour les caméras). Cela avait marché en 1976, pourquoi pas en 2006?

samedi, 16 décembre 2006

Long live Pépé

medium_abed.jpgEt oui, tout fout le camp au Liban en ce moment. Même les icônes sacrées comme Pépé Abed. Pour les plus jeunes (comme moi), Pépé était synonyme de resto de poissons sur le vieux port de Jbeil. Psa le meilleur certes, mais le plus "folklorique", avec ses dizaines de cadres photos où l'on pouvait admirer en noir et blanc les stars du passé. Pour les plus vénérables d'entre nous (il paraît que ça se fait pas de dire vieux), le nom de José Abed – alias Pépé – rappelle l'âge d'or des nuits beyrouthines, dans les années 60, époque dorée où les plages libanaises se prenaient pour celles de la côte d'Azur... Vous savez, avant le gros orage qui a duré 15 ans. Bref, Pépé est mort. Dans le nouveau Liban que nous découvrons jour après jour, il va même falloir réinventer les légendes. Dur, dur...

mardi, 12 décembre 2006

«Vous êtes laïcs, pourquoi ne soutenez-vous pas Aoun?»

Tout d’abord, je vous invite à lire les 5 remarques du commentaire de FrenchEagle sur le post de Nathalie, «Le Hezb, Aoun et le pouvoir». Il a le mérite d'offrir un éclairage différent, mais qui appelle selon moi quelques corrections. S’il est très probable que le Proche-Orient est en train de vivre de grands bouleversements dont la finalité nous échappe encore, s’il est important d’essayer de voir plus loin que le bout de son nez et de raisonner avec des arguments portés vers le futur, il ne faut tout de même pas oblitérer le passé et les composantes de la société libanaise.

medium_croix.2.jpgJ’explique maintenant le titre de ce post: l’année passée, je discutais le soir de mon anniversaire, tranquillement sur notre terrasse, avec un ami aouniste (et fier de l’être). Il me disait: «Toi, tu es pour la laïcité, tu soutiens les associations qui militent pour le mariage civil. Or le général Aoun est le seul homme politique au Liban qui affiche son désir de rendre le Liban laïc. C’est dans ses propositions!» C’était tout à fait vrai. Mais sans être pessimiste, c’est simplement impossible à appliquer au système libanais. Il faudrait même une véritable apocalypse pour que ça se produise. Simplement parce que les clergés, chrétiens et musulmans, ne pourraient pas supporter cette idée, leurs finances étant totalement dépendantes de cette suprématie religieuse sur le domaine public. Au Liban, les sacrements (mariage surtout) sont de grosses usines à fric pour eux, et si l’Etat prenait ce domaine en main, les clergés courraient à la faillite. Un scénario totalement inenvisageable pour ces entreprises très prospères. Bref, la laïcité est un vœu pieux. Ça, c’est une donnée de la réalité passée et présente à prendre en compte.

Avant-hier, on essayait de se remémorer le moment où tout a basculé au Liban ces deux dernières années. Résultat: c’est le retournement de Rafic Hariri contre les Syriens, à cause de la prorogation du mandat du président de la République Emile Lahoud (qui laissera vraiment une triste empreinte dans l’Histoire du pays) par Damas. Hariri (qui je ne portais pas vraiment dans mon cœur) supportait une «cohabitation» avec Lahoud. Chaque conseil des ministres, chaque réforme (privatisations, dossier du cellulaire…) étaient bloqués par Mimile 1er. Hariri n’en pouvait plus et s’était opposé à la reconduction de son président. Il a perdu son pari face aux Syriens. Et ça a été la boule de neige que l’on connaît.

Toujours sur notre terrasse, il y a quelques mois, nous discutions avec un ami appartenant aux Forces libanaises, ex-combattant durant la guerre, et très proche du patriarche Nasrallah Sfeir. Lui avait un discours radical. En résumé, le Liban, ce sont les chrétiens de la montagne. Il parlait de l'avenir de son pays, et s'arrêtait systématiquement sur une donnée: le poids démographique des chiites dans 10 ou 20 ans. Il voyait sa communauté (les maronites) disparaître sous forme de minorité comme les coptes d'Egypte. Quand on prend les estimations et les projections démographiques, son "angoisse" se justifie. Que deviendra la pacte national dans ce cas? Que deviendront les équilibres politiques d'aujourd'hui?

Je n'ai pas la réponse. Moi, j'ai juste envie que le Liban ne se retrouve pas encore une fois victime d'enjeux qui le dépassent dans la région et de la versatilité de la politique américaine. Et tout me laisse croire que le régime syrien, "agonisant" selon certains, est en phase de grandes manœuvres à l'heure où le juge Brammertz remet son rapport d'étape à Kofi Annan (aujourd'hui même d'ailleurs...).

Suite au prochain épisode.

Demain, je vais me faire un petit reportage, genre immersion complète dans le camp des aounistes sous le ring. On verra ce que ça donne.

dimanche, 10 décembre 2006

Hier, j'ai fait un rêve

Rien à voir avec Martin Luther King. J'ai juste fait un rêve confus. A 5 heures du matin, je me suis réveillé avec une image en tête: celle d'une hallebarde plantée dans mon épaule. Je me trouvais sur une colline (genre Poitou), menacé par un aouniste tout d'orange vêtu. Je me rebèle, il me plante son arme dans l'épaule, je l'enlève et lui coupe une jambe, plein de haine pour mon assaillant. Je le tue et hurle dans la vallée "Vas te faire foutre Nayla!" (elle se reconnaîtra si elle tombe sur ce post). Voilà, c'était juste un rêve...

mercredi, 01 novembre 2006

Lifting

Cela amusera les Libanais exilés - provisoirement ou non - à l'étranger: le billet de 1000LL fait peau neuve. Comme quoi, la vie continue en dépit des raids, des ultimatums, et de tout le tintouin qui fait le quotidien libanais en ce moment... Bonne nouvelle: les nouveaux billets, plus petits, prendront moins de place dans les portefeuilles.

medium_billet.2.jpg

mardi, 31 octobre 2006

Devinette fictive

Il fait très beau ce matin à Beyrouth, après les tempêtes diluviennes de ce week-end. C'est donc avec un grand bonheur qu'en cette toute fin d'octobre, j'ai ouvert la fenêtre de la salle de bain en prenant ma douche ce matin, histoire de profiter du ciel bleu et de la douce lumière du soleil.

De chez nous, la vue est panoramique sur la mer et sur Beyrouth. Le son porte bien. J'étais donc en plein opération shampooinage lorsque le bruit d'un avion a attiré mon attention. Rien d'extraordinaire. L'aéroport étant proche de la capitale, les avions passent souvent bas au-dessus de Beyrouth pour atterrir et on les entend bien. Mais celui-ci s'entendait vraiment très bien. Trop. Plus étonnant, à peine le son s'estompait-il qu'un deuxième vrombissement se faisait entendre, encore plus fort. "Le trafic reprend drôlement bien à l'aéroport. Tant mieux", me suis-je dit. Mais au bout de dix minutes de circulation aérienne ininterrompue, et particulièrement impressionnante, j'ai commencé à jouer aux devinettes. Aviation civile ou jet militaire? En général, la différence est nette, d'autant que les jets, seuls les Israéliens en ont et : 1. en principe, ils s'amusent surtout à passer le mur du son au-dessus de Beyrouth, c'est plus rigolo et plus effrayant. 2. ils ne se permettraient quand même pas de survoler Beyrouth de la sorte, au nez et à la barbe de la Finul et de tous les officiels occidentaux qui nous honorent de leurs nombreuses visites.

Qu'est-ce donc alors? Un avion qui atterrit toutes les deux minutes à Beyrouth par les temps qui courent: peu probable. Et ça continue, ça continue. Je commence à devenir nerveuse. Au bout d'une demi-heure, le calme revient. "Bof, passons à autre chose, on verra bien", me dis-je sans trop de conviction. C'est stressant, mais qu'y peut-on?

medium_GazaSept05.jpgIl est presque 13h à Beyrouth, il fait toujours beau, le ciel est d'un bleu limpide et la réponse à ma devinette vient de tomber: pendant une demi-heure donc, l'aviation israélienne a mené une série de "raids fictifs" sur le sud de Beyrouth. Dans le fond, je ne suis pas surprise mais les bras m'en tombent quand même. Après les "incidents" avec la marine allemande, les accrocs sur la ligne bleue, le tir de bombes au phosphore et plus si affinité avec l'uranium appauvri, enrichi ou ruiné ou milliardaire... après ce vaste n'importe quoi, Israël continue, en toute impunité, de mener des incursions au-dessus d'une capitale étrangère, prenant son temps (croyez-moi, une demi-heure, c'est long quand ce bruit rappelle des souvenirs d'une violence inouïe) et ses aises comme à la maison.

Y en a marre. Point final. Marre.

Mais ma devinette n'a pas trouvé de réponse complète: c'est quoi, un "raid fictif"? Cela veut dire que les bombes ne sont pas lâchées? Si quelqu'un a une réponse, je suis preneuse. Parce que l'oppressant sentiment de retour en arrière, je peux vous l'assurer, n'avait rien de fictif, lui... Après tout, parti comme ça, on verra peut-être des "enlèvements fictifs" par le Hezbollah. De toute façon, je ne devrais pas être surprise dans un monde de "justice fictive", d'"équité fictive" et de "droit fictif"...

mardi, 24 octobre 2006

Bangs, bombes & Co

medium_bombe.pngTout le monde tergiverse, les officiels étrangers, les politiques libanais. Les seuls à ne pas le faire, ce sont les avions israéliens qui passent, repassent et rerepassent à basse altitude au-dessus du Sud et de la capitale. Au-delà de la simple violation de la résolution 1701 qui condamne ces survols, c'est l'arrogance qui écoeure. Dernier exemple en date: la reconnaissance par un porte-parole de l'armée israélienne de l'utilisation au Liban de bombes au phosphore lors de la guerre de juillet. Un type de bombe interdit, comme l'a immédiatement dénoncé la Croix-Rouge internationale. Un rapport russe explique même que des bombes à fragmentation auraient été utilisées (elles aussi interdites), et ce des deux côtés de la frontière, par Tsahal et par le Hezbollah. En substance, le rapport donne aussi l'origine de fabrication de ces bombes: "Made in USA". C'est quand même pathétique de se dire que les Israéliens ont pu se prendre des bombes américaines sur la tête...

mardi, 03 octobre 2006

Les itinérances de Driss

medium_driss2.jpgIl y a quelques semaines, nous avons reçu le mail d'un Marocain installé en France, décidé à partir rejoindre son pays de cœur – le Liban – pour participer à sa reconstruction. Entre temps, Driss est effectivement parti et a même conçu un blog. Bon, a priori, il s'est un peu perdu en chemin. Et alors, est-ce si grave de se pardre en chemin quand on en trouve un nouveau?

So long Driss, continue ton voyage, enrichis-toi de tes rencontres, en espérant quand même que l'on te rencontrera un beau jour à Beyrouth.

samedi, 23 septembre 2006

Bonsoir l'automne

Voilà. Il est minuit vingt. J'ai fini d'étendre mon linge il y a dix minutes et la pluie vient de commencer à tomber. Fort. J'ai donc cavalé, avec mes tongs qui faisaient ventouse sur le sol mouillé, pour essayer de couvrir avec une bâche en plastique les étagères sur le balcon, déplacer les meubles de jardin, rentrer le linge que je venais de mettre sur les cordes et enlever du balcon du haut ce qui pourrait être abimé, comme le tapis blanc que j'avais mis là pour l'ensoleiller il y a un mois et que j'ai oublié. Je suis trempée, j'ai de la buée sur mes lunettes. Dehors, deux globes de lampadaires publics ont éclaté l'un après l'autre. Un court-circuit, sûrement. Au Biel, il devait y avoir un mariage car un feu d'artifice a été lancé précipitamment... et brièvement. L'automne est arrivé hier et la pluie l'a suivi ce soir. Mais ce n'est pas triste, car c'est cette pluie méditerranéenne que nous aimons tant, et il fait toujours chaud. Il est bon, l'automne libanais...

 
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