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samedi, 16 septembre 2006

Le besoin d'en parler

De passage à Bruxelles pour quelques jours, je me suis retrouvé cet après-midi, sur la terrasse ensoleillée (eh oui, il fait beau en Belgique!) d'un pub place Saint-Jean, à siroter une délicieuse bière blanche en compagnie d'un responsable du quotidien belge Le Soir pour lequel j'ai pas mal travaillé cet été durant les "événements". Cela fait près d'un mois que je suis en Europe, et je réalise la chance que j'ai: celle de "sélectionner" les gens avec lesquels je discute, auxquels je raconte notre saleté de guerre de juillet. Je parle, je raconte, je me vide. Et quelque part, cela fait du bien.

Juste après l'arrêt des combats, nous prenions conscience, Nathalie et moi, que pris par les événements et l'accumulation de travail et d'adrénaline, nous n'avions même pas pu prendre le temps de parler de tout ce que nous vivions entre nous, même si nous avions pleinement conscience de partager des moments très forts. Depuis trois semaines, je me rends donc compte que j'ai la chance d'avoir pu être écouté (un luxe dans ce monde où tout va trop vite à mon goût). Je me rends compte aussi combien cela serait pesant de ne pas avoir pu exprimer ce que j'ai vu, et senti. Je me rends compte surtout que Nathalie n'a pas cette chance, et que cela doit être très difficile à vivre.

mardi, 12 septembre 2006

Bon voyage

Voici qui donne une bonne idée de l'état d'esprit des Libanais en ce moment. C'est triste, mais cela en dit long... Nous, on s'accroche.

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samedi, 09 septembre 2006

Levée à deux vitesses

Bien. Israël a donc levé son blocus aérien d'abord, puis maritime... tout en se réservant le droit d'intervenir, pour protéger son autre et fameux droit à l'auto-défense. Les six habitants de Aita ach-Chaab devaient sans doute représenter un danger bien menaçant pour l'Etat hébreu, puisqu'ils ont été enlevés près de leurs villages et emmenés en Israël sans autre forme de procès. Deux d'entre eux travaillaient dans une école pour handicapés, les autres étaient partis à leur recherche. Grand crime devant l'Eternel, surtout en territoire libanais. Dans le même temps, un cargo libanais était empêché d'arriver au port de Beyrouth.

Comme il le fait depuis des années, Israël continue donc de régner en maître et de dicter sa loi, en dépit de toutes les conventions internationales et de tous les engagements pris. Ce genre de violation n'est pas nouveau, mais il laisse présager un retour aux mêmes abus que le Liban, et les territoires palestiniens, subissent depuis trop longtemps. En espérant que la communauté internationale, présente en force cette fois-ci, puisse et veuille témoigner. 

En attendant, c'est l'émotion à l'aéroport de Beyrouth, où ceux qui sont restés accueillent, en larmes et avec fleurs et ballons, ceux qui sont partis. C'est déjà pas mal, me direz-vous... 

jeudi, 31 août 2006

La guerre des ultimatums

Lèvera, lèvera pas, le blocus? Déploiera, déploiera pas, l'armée libanaise au Sud? Désarmera, désarmera pas, le Hezbollah? Tant de questions (entre mille), qui ne trouveront - ou non - de réponses que face à la réalité des choses, à la volonté de tel ou tel homme. Avant de partir à Paris, il y a 10 jours, je discutais avec un professionnel de la pub à Beyrouth, qui avait gelé toutes ses activités libanaises en attendant la date fatidique du 31 août, en faisant référence à l'ultimatum de la communauté internationale adressé à Téhéran concernant son avenir de puissance nucléaire, et à l'incidence que cette date aurait sur la scène libanaise. Le 31 août, on y est, et je ne pense pas que l'après-31 apportera la moindre réponse. Au mieux, cet ultimatum va être prorogé (on est très fort au Proche-Orient pour proroger les mandats... suivez mon regard). Au pire, la sacro-sainte "communauté internationale" votera d'effrayantes "représailles économiques". Bonne blague...

Cette "communauté internationale" ne ménage pas sa peine depuis des mois pour freiner l'apétit atomique de monsieur Ahmadinejad, de peur de voir ces "diaboliques" armes de destruction massive entre les mains des ayatollahs. Moi, ce qui me fait bien plus peur, c'est de penser aux gamins du Sud-Liban ramassant une petite bombe israélienne en pensant pouvoir jouer avec, comme avec une boîte de conserve. Durant les 72 dernières heures (officielles) de son offensive, l'armée israélienne a largué 90% de ses bombes à sous-munition. Si certains officiels occidentaux (comme Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires humanitaires) ont soulevé le problème hier, c'est à une véritable hécatombe au compte-gouttes à laquelle il va falloir s'attendre dans les prochains mois - voire les prochaines années - dans le sud du pays. Les bananeraies en sont infestées, les bas-côtés des routes, les champs... Voilà les vraies armes de destruction massive. Elles existent déjà, on sait qui les fabrique, on sait qui les achète et qui les utilise. Faudrait peut-être que la "communauté internationale" bouge son gros derrière en adressant un ultimatum aux nations concernées (suivez mon regard, bis) pour empêcher ce genre de pratiques absolument inhumaines, mesquines et aveugles. Simplement "immorales", pour reprendre le mot de Jan Egeland.

On peut toujours rêver. Ce n'est pas encore interdit, ça?

mercredi, 23 août 2006

Le "cas"

Voilà. Depuis 21h32, je suis officiellement un "cas". Un "cas", selon ma copine Fab the Fabulous journaliste pour France Inter, c'est quelqu'un dans une situation susceptible de l'intéresser pour une interview. Je ne sais pas si c'est mon cas (c'est le cas de le dire, haha), mais j'aurais préféré ne pas être un "cas".

A 21h32, j'ai déposé David à l'aéroport, direction Amman puis Paris (Amman parce que les avions n'ont pas assez de kérosène pour aller directement à Paris. Merci le blocus israélien). Il va rejoindre, le coeur lourd, nos petites gonzesses qui commencent à trouver le temps long, là-bas, en France. A 21h32, j'ai donc quitté mon compagnon de fous rires, de pneu crevé, d'expéditions improvisées, de course automobile sous les avions israéliens, d'écriture, de vie... Je me sens orpheline. Mais je reste. Pour le boulot, pour la maison, pour le pays, pour ne pas baisser les bras. D'habitude, c'est plutôt l'inverse qui se produit, la femme part avec les enfants, l'homme reste. Mais la vie et Israël en ont décidé autrement. C'est un déchirement pour nous, mais deux petites filles ont besoin de nous, d'au moins l'un de nous. Je suis donc loin de ma famille, seule dans ce pays qui n'est plus vraiment en guerre, mais qui n'est certainement pas en paix. Et qui est sous blocus, aussi, c'est si bon de se le rappeler. Les rayons de supermarché font peine à voir, se vidant au fur et à mesure. Trouver un yaourt relève de l'exploit. Le fromage, n'en parlons pas... La liste s'allonge des denrées qui manquent... Mais ce n'est pas le plus grave. Par exemple, David aurait dû partir plus tard, en passant par l'Allemagne. Mais la Lufthansa s'est vue interdire le passage par Israël. Au Liban. Le port devait rouvrir aussi, mais... non. "Le blocus se resserre", peut-on lire un peu partout. De plus en plus de monde a le sentiment que notre beau pays va être transformé en Gaza. C'est apparemment une politique qu'Israël apprécie, et qui ne fait malheureusement pas réagir grand monde en dépit des conditions de vie innommables dans ce territoire soi-disant sous autorité palestinienne... Bref. Depuis 21h32, je dois commencer à me battre contre la solitude et continuer de vivre comme beaucoup de monde ici, sans savoir ce que demain nous réserve, à quelle sauce nous allons être mangés. Sans savoir quand je reverrai ma famille.

Vraiment, j'aurais préféré ne pas être un "cas"...

dimanche, 13 août 2006

Beyrouth, 14h50

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A l'instant précis où l'Etat hébreu annonçait publiquement qu'il approuvait la résolution 1701 imposant un cessez-le-feu à partir de demain matin, de multiples explosions d'une violence inouïe ont retenti à Beyrouth.

Israël bombarde la ville au moment où il parle de paix. Qu'y a-t-il à comprendre?

vendredi, 11 août 2006

Il est 5 heures, Beyrouth s'éveille

Hier, des tracts ont été lachés sur toute la banlieue sud de Beyrouth, demandant à la population "soutenant Hassan et sa bande de gangsters" de quitter les lieux. Nous nous attendions donc à une nuit agitée. Cela a commencé vers minuit, puis a repris à 5 heures du matin, avec une intensité folle. Ci-dessous, vous trouverez deux vidéos (qui sont antérieures à la nuit passée), qui donnent une idée assez juste du phénomène: explosion, son, puis onde de choc. Ce matin, entre 20 et 25 bombes comme celles que vous pourrez entendre sur ces vidéos sont tombées sur la banlieue de Beyrouth. Et comme sur l'une des vidéos, dans notre quartier, les alarmes des voitures ont toutes fait bip-bip en même temps...

Juste un rappel technique: deux bombes comme celles-ci suffisent à réduire en miettes un immeuble de 8 étages. Une Katiousha, quand elle percute un mur en parpaings, fait un trou de 40cm de diamètre. 

 

jeudi, 10 août 2006

Oh merde...

 

Voici une vidéo comme vous pouvez en trouver beaucoup sur le web. Celle-ci a été faite le soir du bombardement sur Chiyah, dans un appartement pas très loin de l'ambassade de France. Elle vous donnera une toute petite idée du son que l'on entend si souvent, que ce soit celui des bombes ou des avions.

Un grand merci à Jean-Baptiste Gallopin pour nous avoir permis de l'utiliser. 

mercredi, 09 août 2006

Sur le fil du rasoir

Nous sommes donc mardi 8 août au soir. L’avenir du Liban – et le nôtre par conséquent – va certainement se jouer dans les prochaines 48 heures. Le pays n’a jamais été plus proche du gouffre. Mais subsiste une petite lueur d’espoir. 

Dans les deux jours à venir, les dés seront jetés. Selon nos rencontres de la journée (des sources bien informées comme on dit dans les journaux), le Liban et le Hezbollah ont lâché tout le lest qu'ils pouvaient lâcher, le parti de Dieu affichant sa volonté de désarmer. Ça passera ou ça cassera, ça dépendra en grande partie du jeu dangereux de la Maison-Blanche et de son projet de New Middle East. Malheureusement, c'est très loin d'être du 50-50.medium_terrorism.2.jpg

Pour nous, c'est l'heure des comptes. On se noie de jour en jour dans le travail, sur le terrain, ne conservant de nos individualités que notre dimension professionnelle. Mais comme le disait ma petite femme il y a 5 minutes, Nathalie et David, eux, risquent de tout perdre. Notre fille aînée, qui est en France depuis le 5 juillet (soit 1 semaine avant le début de la fin), n'est pas censée savoir ce qui se passe. Mais elle sait. Elle le vit mal. Alors que nous n'allons pas à l'église, elle prie pour son papa, sa maman, son pays. Elle n'a peut-être pas le passeport libanais, mais pour elle, Koulouna lil watan en dit plus long que la Marseillaise. Je ne sais pas dans quel monde et dans quel pays elle va grandir. Je souhaite de tout mon cœur que ce soit au Liban (en paix), mais le gigantesque trou noir que représentent les semaines à venir me font penser au pire. Qui vivra verra, comme dit le dicton. Encore faut-il vivre.

Nous sommes engagés dans une épreuve d'endurance. Il est impératif de tenir, de continuer à vivre, à respirer. Vivre au Liban, c'est comme le mariage, pour le meilleur et pour le pire. Nous ne baisserons pas les bras, nous nous devons d'être loyaux envers cette terre que nous aimons. 

lundi, 07 août 2006

Drôles de drones

Il y a un truc chouette avec les drones. Vous savez, ces petits aéronefs sans pilote chargés de faire des photos de répérage pour les bombardements. Ce qui est drôle donc, c'est que l'on est jamais surpris avec eux. Dès qu'on en entend un (ça reproduit plus ou moins le son d'un petit avion à hélice), on sait qu'on va sursauter une minute après avec le son des bombes. Au moins, nous sommes prévenus.

Le double effet Kiss Cool

J'aurais peut-être dû intituler cette note "Le double effet blocus". Cela va paraître peut-être futile, mais en faisant les courses au supermarché, j'ai commencé à faire la liste des rayons vides: plus de yaourts, plus de sardines à l'huile, plus de bonbons Haribo, plus de poissons frais... La liste commence à s'allonger dangereusement. Sans parler les files d'attente aux stations-essence qui s'étirent sur plusieurs centaines de mètres, jusqu'au moment fatidique où, vers 13h chaque jour, les pompistes ferment leurs crèmeries. Et comme le blocus touche des domaines que l'on ne soupçonne pas au premier abord, un industriel dans le secteur de l'eau minérale au Liban nous a dit aujourd'hui que c'était la panique, car ils sont bientôt en manque de plastique pour faire les bouteilles. Du coup, on a acheté 4 packs de flotte.

Son Liban à elle

Voilà. C'est Hala, elle est un peu zarbi mais on l'adore.

Besoin d'un coup de main?
je connais une fille en vacances prolongées qui a le clavier qui la démange.
 
je vous envoie quelques photos de mon Liban à moi, je ne sais pas si elles ont la place sur votre site, mais bon, c'est le Liban dont je me contentais et que j'aimais bien, même s'il me semble aujourd'hui qu'il appartient à un autre siècle.
 
bises
hala

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samedi, 05 août 2006

Allo Beyrouth, ici Tel-Aviv!

Il n’y a pas que sur le front militaire qu’Israël livre combat contre le Hezbollah. Guerre psychologique, guerre des nerfs et guerre de communication constituent autant d’outils pour tenter d’affaiblir le parti de Dieu et de démobiliser les populations.
La télévision du Hezbollah, al-Manar, a d’abord été piratée par les forces israéliennes. Sur l’image figée de Hassan Nasrallah se sont imprimés des messages en arabe déclarant que «cet homme est un menteur et un terroriste. Ne croyez pas ce qu’il vous dit.» L’opération fut tenue deux minutes. Depuis, Israël a opté pour des moyens plus modernes encore, appelant d’abord les portables, puis les lignes domestiques. Ainsi, mercredi dans la journée, Sabine reçut un appel sur son cellulaire plutôt inattendu: «Nous ne faisons que nous défendre et défendre nos concitoyens. Le Hezbollah est une organisation terroriste. Nous irons jusqu’au bout…» La jeune Libanaise a été particulièrement surprise de la manière employée: «Il s’agissait d’un message enregistré, explique-t-elle. Mais le plus étonnant n’est pas que la personne s’exprimait dans un arabe parfait, mais qu’il s’exprimait comme l’aurait fait un Libanais.» Depuis, les appels de ce type se généralisent, et ce sont de plus en plus sur leurs lignes fixes que les Libanais les reçoivent. Le ton change, lui aussi. Marie-Joe par exemple, a reçu vendredi matin, pour la deuxième fois en une semaine, un appel en provenance d’Israël, déclarant: «Vous êtes les otages du Hezbollah. Vous êtes pris au piège comme des rats dans une souricière.» Ces initiatives n’ont cependant pas l’effet voulu. Dans l’ensemble, les Libanais ne les trouvent absolument pas convaincants, et sont en revanche plutôt amusés. «Avec tout ce qui se passe, de quoi espèrent-ils nous convaincre de la sorte? Ils obtiennent plutôt l’effet inverse.» souligne Marie-Joe en souriant. «Mais je suis flattée d’être l’objet de tellement d’attentions de la part des Israéliens…» Peut-être s’agit-il d’une entreprise de démolition par l’usure, une forme de harcèlement. Mais pour l’instant, ces appels intempestifs sont plutôt objets de plaisanterie. Pour un peu,ceux qui ne reçoivent pas d'appels se sentiraient ignorés.

vendredi, 04 août 2006

Bienvenue... dans un monde de brutes

Sur les conseils avisés d'un éminent membre de la rédaction de 20 minutes, voici le blog de deux journalistes franco-libanais. Evidemment, nous allons beaucoup parler du Liban, de Beyrouth, de la douceur de vivre du Levant. Et de la guerre qui a débuté le 12 juillet dernier.

Nous allons mettre en ligne quelques mails collectifs que nous avons déjà envoyé à nos amis de l'étranger. Libre à vous, ensuite, de venir faire un tour à cette adresse web pour vous tenir informés des mises à jour de ce blog.medium_pont5.2.jpg

Bonne journée... Moi, ce matin, je suis allé photographier les ponts bombardés à l'aube, sur l'autoroute du nord. Histoire de mettre le pays à genou encore un peu plus...

 

mercredi, 26 juillet 2017

La 5e colonne

Je suis arrivé là, pas vraiment pas hasard. Sur ce bout de terre qui n'en est pas vraiment un. Je pense qu'il ne devait pas être là il y a vingt ans. Peut-être, un jour, la mer s'est-elle retirée. Juste à cet endroit. Laissant alors apparaître la colonne vertébrale d'un monstre sorti du fond des âges. Là, à Beyrouth, sur ce front de mer qui tente désespérément de se donner des airs de je-ne-sais-quoi.

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En la voyant, j'ai essayé de m'imaginer la bête. Colossale. Agressive. Avec une queue interminable lui servant d'arme fatale contre ses congénères. Elle devait bien mesurer 300 mètres de long, peser des dizaines de tonnes. Peut-être venait-elle d'une autre planète. Je n'en sais rien.

Pendant une heure, j'ai tenté de comprendre ce qu'elle faisait là. Comment elle était arrivée là. Pourquoi personne n'en parlait en ville. Incroyable tout de même, cette preuve d'une vie dépassant tout ce que la Terre avait enfanté auparavant. Ici, à Beyrouth et nulle part ailleurs. Je me suis approché, j'ai touché ces vertèbres minéralisées. Elles étaient lisses et rugueuses en même temps, devaient s'emboîter parfaitement les unes aux autres. J'imaginai les masses de cartilages et de tendons qui avaient, quelque part dans le temps, relié tout ça, animé tout ça, avec une puissance inégalée. Je n'en revenais pas de cette découverte. Je voyageai sur place, dans un silence bercé par un lointain ressac.

 

[...]

Et puis il est arrivé. Le petit bonhomme en gris que j'avais repéré en arrivant, ronquant tranquillement à l'ombre de sa cahute. «Mamnou3, mamnou3!», me lança-t-il alors que j'étais en train de prendre une dernière photo de cette monstrueuse colonne vertébrale. Mon petit rien tout gris m'explique alors que ce terrain est la propriété (privée) de Solidere et qu'il est évidemment interdit d'y venir, qui plus est équipé de cette odieuse invention numérique.

Solidere, Dahyeh, même combat. Le pays s'est transformé en gigantesque propriété privée où prendre une photo est passible de la peine de mort. Il me fait rire, ce bon monsieur Mikati, quand il déclare que la priorité des priorités est d'assurer la «prospérité de la saison touristique». Chers touristes, vous êtes les bienvenus, évidemment. Mais mieux vaut vous prévenir: la 5e colonne veille au grain, alors contentez-vous d'acheter des cartes postales.

 
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