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mardi, 23 janvier 2007

Démocratie?

medium_greve.jpgAujourd’hui, j’ai vu un visage du pays que je me refusais de voir auparavant. En tout cas, j’essayais de croire que ce genre de scène ne se produirait pas. J’ai peut-être été un peu naïf, tout simplement. Vers 12h30 à Zalka, on a assisté à une mini intifada: d’un côté, les jeunes des Forces libanaises; de l’autre, des jeunes chiites d’un village des hauteurs. Ça s’est caillassé ferme (j’ai même pris un projectile minéral contendant sur le pied), avant que l’armée ne tire d’interminables rafales de fusils automatiques pour calmer les ardeurs de ces jeunes qui ne demandaient qu’à en découdre. J’ai eu peur devant cette violence. Et que dire des barrages de pneus, empestant l’air de Beyrouth. C’est sûr, le Liban vient de cramer aujourd’hui son quota d’émission de gaz toxiques pour 2007. Le Hezbollah avait appelé à une «grève générale», à un «mouvement pacifique». On a eu droit à un avant-goût de guerre civile, avec 3 mmorts et plus de 130 blessés (dont la moitié par balles). Tout à l’heure, le petit caïd de Zghorta, bombant le torse, a annoncé que ce le mouvement serait encore plus impressionnant demain, et comme ça jour après jour tant que le gouvernement Siniora ne démissionnera pas. Bravo pour la belle leçon de démocratie, messieurs. Chapeau bas!

mardi, 16 janvier 2007

Alors, bilan de ces 10 ans?

medium_cake.jpgJe ne me souviens plus quel jour de la semaine c’était. Il y a 10 ans jour pour jour, le 16 janvier 1997, je prenais l’avion pour Beyrouth. Sans savoir si mon aventure allait durer 6 mois, 1 an ou 10 ans justement. En tout cas, ce jour-là, il pleuvait sur Beyrouth. L’avion de la Cyprus s’était immobilisé sur le tarmac mouillé. Je me demandais ce que j’étais en train de faire: je venais de quitter ma copine, ma famille, mes amis, tout cet environnement parisien que je ne connaissais que trop bien. J’avais 23 ans, j'avais envie de me sentir vivre. Ce 16 janvier au soir, quand je suis arrivé dans cet ancien aéroport un peu vieillot, le Liban s’est offert à moi à travers le visage souriant de Samir, que je n’avais pas vu depuis 6 ou 7 ans. Il m’a accueilli chez lui, m’a aidé dans mes premiers pas ici. Je me souviendrai toute ma vie de ces premiers mois passés au Liban, des odeurs, des gens, des saveurs… C’était surtout l’extase de la liberté.

Hier, Nat m’a posé la question fatidique: alors, bilan de ces 10 ans? Et si c’était à refaire? Mis à part deux ou trois détails, je referais la même chose, envers et contre tout.

jeudi, 11 janvier 2007

Le pourrissement: une tactique vaine

medium_cgtl.jpgAprès les manifestations gigantesques de début décembre et le sit-in au centre-ville sous les fenêtres du Grand sérail, l’opposition libanaise a donc opté pour une «escalade» qui ira crescendo. Première scène de ce second acte: la manif de la CGTL mardi matin, dans le bourbier d’Adlieh, secteur reconverti en chantier à ciel ouvert. Résultat, une fois qu’on enlevait les brouettées de travailleurs syriens, les pelletées de journalistes et les 38 tonnes de militaires, il ne restait plus grand monde. Ça sentait le petit rassemblement mal orchestré, avec des grappes de femmes à qui on a donné des fanions et des hommes venus faire nombre, histoire de. Hier, rebelote, ce coup-ci devant le ministère de l’Energie et de l’Eau. Un bide comme la veille pour la CGTL, accusée par la majorité d’être «une momie» au service du Hezbollah. Du coup, devant cet échec, l’opposition a affiché la couleur pour la deuxième scène de cette pièce de théâtre qui ne fait plus rire personne: une probable grève générale dans les ministères. Je ne vois pas trop ce que ça changera dans la masse de travail abattu par nos braves fonctionnaires.

Depuis quelques temps, je rencontre pas mal de chefs d’entreprise, dans les médias principalement… Tous me disent qu’ils bossent comme s’il ne se passait rien, qu’il faut tout faire pour continuer et tenir le coup pour 2007 (que tout le monde prévoit mauvaise) en attendant une vraie embellie pour 2008-2009. Les acteurs qui veulent continuer à faire tourner l’économie du pays (et leur business bien sûr en se tournant de plus en plus vers le Golfe, mais aussi vers le Maghreb déclaré «nouvel Eldorado officiel») se foutent éperdument des manœuvres politiciennes de la majorité et de l’opposition. Tous dans le même sac, en clair.

mardi, 09 janvier 2007

La «bravitude» des hommes politiques libanais

Définition du petit Larousse
BRAVE adj. et n. (ital. bravo, du lat. barbarus, barbare). 1. Qui ne craint pas le danger, courageux. 2. Mon brave: s’emploie par condescendance à l’égard d’un inférieur (ou présumé tel). 3. Bon et honnête. 4. Gentil, mais peu subtil. «Il est bien brave».

Définition dans le langage courant libanais
BRAVE adj. 1. S’emploie pour décrire le caractère besogneux, intelligent et honnête de quelqu’un. Par exemple, dans le cas d’un écolier: «Il est très brave dans les études, le petit Michel».

Maintenant, à vous de choisir les bonnes significations du mot «brave» dans le texte suivant…

medium_aounsiniora.jpgCes temps-ci, on ne parle plus à Beyrouth que de cette fameuse conférence de Paris III, lors de laquelle le gouvernement du brave Fouad Siniora espère ramené 4 milliers de dollars, tout en promettant de faire des réformes qu’il ne pourra probablement jamais mener à bien. C’est vrai quoi, prenons un exemple (au hasard): le ministère du Travail. Réformer cette brave et vénérable institution reviendrait à mettre au chômage les 90% de son personnel (tous des braves gens) rémunérés par ledit ministère à boire le café et à fumer des cigarettes toute la journée. Dur. Surtout quand tout ce beau monde a prêté allégeance à l’un des piliers de l’opposition. Dur et impossible. Mais tellement beau sur le papier!

Bref. Hier, le brave généralissime nous a fait une belle démonstration de son discours pour le moins bizarre: «La tutelle syrienne était superficielle et cachait une tutelle mondiale». En clair, les maux du pays viennent de Paris et Washington, clairement accusés d’être les kleenex de Siniora. Je me demande vraiment ce qui a bien pu se passer en coulisses avant son retour au pays… Qu’ont fait (ou pas fait) les Américains et les Français pour que ce brave Orange-man vire sa cuti comme ça?
Et puis dans le genre petite-phrase-magnifique, il y a celle-là, du brave monsieur Frangié (Sleimane de son petit nom): «Je suis pour le fait de savoir qui a tué Hariri. S’il s’avère que ce sont les Syriens qui sont derrière l’assassinat, je serai triste mais je resterai en bons termes ave le président syrien, Bachar el-Assad.» Faut le faire… Remarquez, après sa tirade sur l’excitation du patriarche Sfeir lors d’une manifestation féminine, on peut s’attendre à tout.

Bon, bein nous, on a une petite manifestation ce midi du côté du palais de Justice, organisée par la CGTL. Une manifestation contre les réformes économiques (hausse de la TVA…) promises par le gouvernement dans le cadre de Paris III. Le serpent se mord la queue. Aoun le militaire a même appelé à une participation massive pour une manifestation syndicale (qui a dit que la CGTL n’était pas télécommandée?). En tout cas, il semble bien qu’il ait été entendu, au moins par les étudiants car le parking de l’Université Saint-Joseph était désert ce matin. A moins que ceux-ci, qui sont certainement très braves, aient pris en masse la direction de l’aéroport (tant qu'il est encore ouvert) pour fuir ce pays dont tous les politiques veulent les dégoûter.

mardi, 02 janvier 2007

Lever de lune sur Beyrouth

Juste pour le plaisir... J'étais sur la terrasse il y a 2 minutes, et au-dessus de la montagne s'élevait la Lune. Elle était belle, brillante, pleine de sagesse dans ce ciel qui s'assombrissait peu à peu. medium_lune.jpg

1978-2006: le miroir de l’Histoire

medium_1978sharon.2.jpgmedium_1978guerilla.2.jpgmedium_1978finul.2.jpgCeux que l’Histoire intéresse (et qui ont 3 minutes devant eux pour lire ce qui suit), se «régaleront» devant ce long passage tiré du livre de Jonathan Randall, La guerre de mille ans (éd. Grasset, 1983). Ce extrait relate l’invasion israélienne de 1978. A ce moment-là, le Sud-Liban s’appelle Fatahland: les combattants palestiniens s’y sont installés militairement. Le Hezbollah, lui, n’existe pas encore (le Parti de Dieu sera largement «favorisé» par Israël pour bouter les Palestiniens du Sud-Liban juste un peu plus tard, ironie de l’histoire…). Comme les Américains avec les talibans face aux Soviétiques, les Israéliens ne tarderont pas en effet à créer leur futur cauchemar. Bon, sur ce, voici le texte…

«De temps en temps, le niveau de la violence excédait le seuil toléré jusque-là et le gouvernement américain concentrait toute son attention sur le Liban. Ainsi, en mars 1978, un commando naval palestinien, parti de la côte libanaise, échappa à la détection des radars israéliens par la faute du mauvais temps, débarqua en Israël et massacra 32 personnes. Comme toujours, lorsque les Palestiniens se livraient à de tels actes de terrorisme, il ne s’agissait pas pour les Israéliens de savoir si l’on allait exercer des représailles, mais plutôt quand et dans quelle mesure. Comme toujours aussi, les Etats-Unis furent consultés et n’élevèrent, pour autant qu’on le sache, aucune objection de principe. Trois jours plus tard, le temps s’étant amélioré, les Israéliens passèrent à l’attaque. Ils envahirent le Sud-Liban avec une armée de 30000 hommes soutenus par des blindés, de l’artillerie automotrice et une force aérienne très puissante. Cette opération, prévue depuis longtemps, dont le nom de code était «Pierre de la Sagesse», constitue la plus grande opération militaire israélienne en temps de paix. Elle surprit considérablement les Etats-Unis.
La destruction se fit sur une échelle bien connue au Vietnam. Singeant l’extraordinaire puissance de feu américaine en Indochine, les Israéliens s’efforcèrent de réduire au minimum leurs propres pertes en vies humaines – et y parvinrent. Mais ils ne purent exterminer, comme prévu, les commandos palestiniens qui avaient eu tout le temps voulu pour courir se mettre en sécurité au nord du Liban. Empilant matelas, vêtements et familles dans des taxis et des camionnettes surchargés, plus de 200000 Libanais s’enfuirent également vers le nord, loin des zones dangereuses. Ils devinrent de véritables exilés dans leur propre pays, s’installant en squatters dans les appartements inoccupés de Beyrouth où ils firent encore monter la tension générale. Les Israéliens firent néanmoins de très nombreuses victimes: presque toutes étaient des civils libanais – environ un millier, selon le CICR. Au cours de scènes d’une violence frénétique, durant lesquelles les Israéliens commirent de véritables atrocités, plus de 6000 logis furent détruits ou sévèrement endommagés, une demi-douzaine de villages pratiquement rasés. (…) Pour aggraver encore le cas des Israéliens, «Pierre de la Sagesse» fut un gâchis militaire d’une telle envergure que le gouvernement se sentit tenu de nommer une commission officielle pour enquêter sur les erreurs les plus évidentes. Les attaquants avaient totalement manqué leur effet de surprise. (…) Tactiquement, les envahisseurs commencèrent par s’arrêter à 10 kilomètres au-delà de la frontière libanaise, puis le lendemain, ils marchèrent vers le nord, en direction du Litani, tandis que les Etats-Unis se mettaient à rassembler fiévreusement la FINUL pour faire la police dans le sud du pays. Carter était furieux et bien décidé à mettre fin à cette invasion qui excédait de très loin la limite des représailles tolérées. (…) Au cours de leur invasion, les Israéliens lâchèrent des «cluster bombs units», ces bombes anti-personnel particulièrement meurtrières que les Etats-Unis avaient fréquemment utilisées en Indochine. Elles continuèrent à tuer des civils libanais et palestiniens, en 1982, lorsque d’autres armes du même genre furent employées sur une échelle beaucoup plus vaste.»

Voilà, le scénario de 1978 ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de 2006 (c’en est même franchement hallucinant). On espère de tout cœur que 2007 prouvera que les hommes apprennent parfois de leurs erreurs passées, en Israël comme ailleurs.

vendredi, 29 décembre 2006

They (will) hang him

medium_saddam2.jpg«We got him.» C’est avec ces mots que l’Etat major avait annoncé la capture de Saddam Hussein, il y a un peu plus de trois ans. Après un long procès effectué par la justice d’un pays sous occupation, l’ex-raïs a été condamné à mort et devrait être exécuté demain matin, selon les dires de ses avocats.
Si la culpabilité du bonhomme est quasi certaine dans une montagne de dossiers, on peut se demander si cette justice à la va-vite et sous tutelle fera vraiment avancer l’Irak sur la bonne voie. Partout dans le monde arabo-musulman, les voix de la sagesse exhortent les responsables politiques à mettre la pédale douce sur tout ce qui peut attiser les rancœurs entre sunnites et chiites. La probable pendaison de l’ex-meilleur ami de l’Occident ne fera qu’aggraver une situation interne plus qu’explosive. De l’Irak au Liban, il n’y a qu’un pas. Même géographiquement, vous verrez sur une carte, ce n’est vraiment pas loin. Avec la plus grande naïveté du monde, c’est vraiment à croire que certains font tout pour jeter de l’huile sur le feu.

Allez, juste pour le plaisir, on va se revoir deux jolies photos de vacances entre potes...
medium_saddamchirac.jpgmedium_Saddamrumsfeld.2.jpg

jeudi, 28 décembre 2006

Armes sans frontières

Le 6 août dernier, nous mettions ici même un post sur l’un des films les plus marquants de l’année, Lord of war (c’était avant d’avoir vu Children of men cette semaine, à conseiller de toute urgence!). Bref, ce film traite de l’absence d’états d’âme d’un vendeur d’armes international. Dans l’une des scènes, on le voit dans sa limousine en plein New York, le visage déconfit à la lecture d’un journal dans lequel on annonçait un cessez-le-feu quelque part en Afrique. Car pour les vendeurs d’armes, "cessez-le-feu" équivaut à "marché en perte de vitesse".

medium_kalach.jpgSelon le quotidien israélien Haaretz, l’Egypte de Moubarak aurait livré récemment – avec l’approbation de Tel-Aviv – 2000 Kalachnikovs et 20000 chargeurs au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, dans l’optique de contrer matériellement le Hamas. Coïncidence, hum? Ce genre de calcul, dans le genre "équilibre de la terreur", est tout à fait humain. Et les Libanais étant des hommes comme les autres, on ne peut que redouter ces additions et autres calculs qui ne connaissent pas de frontières.

Sur ce, joyeux Noël Félix! C'est dommage qu'on ne se contente pas de faire la guerre avec des fers à repasser...

lundi, 25 décembre 2006

Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël, Noël

medium_volaille.jpgIl y a quelques jours, Nat réalisait le portrait de deux sœurs libanaises pour un journal français. Le sujet? Le Noël d'enfants du monde, raconté par les enfants pour des enfants. Un sujet sympa en somme. L'aînée des deux petites sœurs définissait Noël ainsi: la fête de l'amour et du partage. Comme c'est beau, dit comme ça.

Alors pour ne pas faire trop long, on vous souhaite un joyeux Noël, surtout aux habitants de ce beau pays qu'est le Liban. Nous, on a "consommé" de la volaille hier soir, sous toutes ses formes, mais l'apétit n'était pas au rendez-vous (peut-être à cause des manouchés avalées à 4 heures de l'après-midi...). En revanche, les gamins adorent toujours autant les orgies de cadeaux, et ça, c'est con, mais c'est tellement bon de voir pétiller des yeux d'enfants devant une petite montagne de cadeaux.

Cette année, au moment de faire ma lettre au père Noël, j'ai eu le trac. Comme j'avais conscience de vouloir la Lune, je me suis dit qu'il fallait choisir une seule chose, pour avoir un mince espoir que le bonhomme rouge veuille bien se pencher sur mon cas. J'ai donc hésité entre:
1. - Des voisins de palier normaux, sans dictateur ou armée belliqueuse
2. - Des cousins qui veuillent bien enterrer la hâche de guerre, déterrée il y a trop longtemps et jamais ensevelie vraiment
3. - Un peu de ciel bleu devant nous pour savoir si on a fait les bons choix en aimant ce putain de pays.

Voilà, je sais bien que j'ai les yeux plus gros que le ventre, mais comme notre fille cadette croit encore au père Noël, je me suis dit qu'il devait bien exister quelque part. 

mercredi, 20 décembre 2006

Quelques concerts à Beyrouth

medium_jarre.jpgFaut-il continuer de croire à la futilité de la culture, à l'universalité de la musique? J'espère bien. En tout cas, certains ici (le mouvement I love life en particulier) sont décidés à mener ce combat, alors que le tension monte imperceptiblement en ville... Voici le programme:

  • On commence par Zico House (rue Spears), qui accueille ce soir à 21h30 les Scrambled Eggs, Kitaiyouin et des danseurs de hip hop.
  • Vendredi 22, New Governement et Rayess Bek se retrouveront au Art Lounge.
  • Samedi, ce sont Charbel Rouhana et Rony Barak qui prendront d'assaut le palais de l'Unesco.
  • Et enfin, pour la Saint-Sylvestre, c'est Jean-Michel Jarre qui tentera de mettre 2007 sur de bons rails au Biel.

17:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blog, beyrouth, concert, musique

C'est bien le camping au Centre-ville?

Ça faisait longtemps que nous n'avions pas mis de vidéos sur ce blog. En voilà deux, dans des registres totalement différents (pour ceux qui ont une connexion pourrie comme nous, attendez de les charger, elles valent le coup!). Si la première est plutôt rigolote, la seconde l'est beaucoup moins. Jugez plutôt...

 

«Fais ce qu’il te dit, c’est un Hezbollah»

medium_sapinPSNS.jpgCe matin, je suis parti faire un petit reportage sur les préparatifs de Noël sur le sit-in du Centre-ville. Je commence à le connaître par cœur celui-là… Je rencontre alors un cadre du CPL du général Aoun. On va l’appeler ici, disons… Tony. Sympa, Tony m’explique comment ça se passe, ce qu’ils prévoient pour le réveillon, la fête, la messe de minuit à la cathédrale Saint-Georges des maronites, la possible venue de leur gourou… Bref. Il me fait la visite des tentes et des différents sapins. Je prends des photos, normal (mention spéciale au sapin du PSNS, avec ses décorations rouges reprenant le logo du drapeau!). Là, un petit gars à lunettes noires et veste de treillis arrive et me demande ma carte de presse. Je lui sors ma carte, mais elle ne convient pas. Il veut celle délivrée spécialement pour les journalistes. Je ne l’ai pas, n’étant pas au courant qu’il en fallait une, alors que ce n’est pas la première fois que je viens bosser là. Il insiste. Là, Tony me dit qu’il va m’aider et me dit de le suivre. En marchant, il me dit «Fais ce qu’il te dit, c’est un Hezbollah». Je montre mon étonnement. Et Tony poursuit: «Ils sont méfiants. Depuis quelques jours, ils veulent que tous les journalistes passent par eux, même sur la place des Martyrs gérée par nous, les aounistes. Ils sont prudents avec les journalistes étrangers, car il y a eu des reportages faits par des Suédois et des Anglais qui sont passés sur les télés et les journaux israéliens. Nous, on s’en fout, mais pas eux.» Je lui demande alors comment ça se passe avec «eux», ceux du Hezbollah. «Bien, répond-il en faisant la moue. On a trouvé 10 points communs (le fameux document signé par Aoun et Nasrallah), mais il y a quand même beaucoup de différences…» Ah bon?

medium_carteHezb.2.jpgArrivé à l’autre bout de la place Riad el-Solh (celle contrôlée par le Hezb), je donne ma carte à un autre gars, posté à une guérite de parking. Il part avec, vers une tente anodine, et revient, me donnant, avec un grand sourire, un laisser-passer pour la journée (photo ci-contre à droite). Question accréditation, on est loin des Nations unies, mais bon.

Comme lors du Hezbollahtour au Hezbollahland dans la banlieue sud juste après les bombardements de juillet dernier, il vaut mieux toujours montrer patte blanche avec «eux». C'est comme ça que ça marche.

lundi, 18 décembre 2006

Grand jeu concours

Le passage suivant est extrait d’un ouvrage qui a fait pas mal de bruit l’année dernière. A votre avis, à quelle époque se situent les événements décrits ci-après? Franchement, history repeats itself (again), ça, on le savait. Mais à ce point, ça en devient drôle, même si certains ont changé (plusieurs fois) de camp entre temps…

Le radicalisme dans lequel s’était engagée l’opposition, prise en main par Walid Joumblatt, Saëb Salam et Nabih Berri, compliquait passablement les contacts. Les musulmans avaient rationalisé leurs actions. Ils tentaient de regrouper Beyrouth-Ouest et le Nord-Liban, tant chrétien, dirigé par Sleimane Frangié, que sunnite avec pour leader Rachid Karamé. Ces derniers avaient annoncé leur refus de reconnaître le nouveau régime, et appelé au boycott de l’Etat et de l’Exécutif. Même Radio Damas dénonça «le président imposé par les baïonnettes ennemies, à l’ombre de l’occupation et sous sa protection».Des contacts discrets furent entrepris par certains ministres chrétiens comme Michel el-Murr et Michel Eddé. Ils s’efforcèrent, dans un premier temps, d’apaiser les esprits. Les Etats-Unis pesèrent de tout leur poids en faveur du [président] élu démocratiquement. (…) Washington annonça dans la foulée une aide civile et militaire au Liban, précisant même que la seconde pourrait être constituée de conseillers militaires envoyés au Liban pour y entraîner l’armée. Les Etats-Unis demandèrent discrètement à l’Arabie saoudite d’intervenir également.

medium_joumbalttberri.jpgPour vous aider, voici une image datant de cette époque (il avait une drôle de tête, le fils Joumblatt, quand même!). Ça devrait être plus facile comme ça...

Les heureux gagnants auront toute notre admiration! Et ceux qui retrouveront le titre et l’auteur du livre seront encore plus forts…

samedi, 16 décembre 2006

Long live Pépé

medium_abed.jpgEt oui, tout fout le camp au Liban en ce moment. Même les icônes sacrées comme Pépé Abed. Pour les plus jeunes (comme moi), Pépé était synonyme de resto de poissons sur le vieux port de Jbeil. Psa le meilleur certes, mais le plus "folklorique", avec ses dizaines de cadres photos où l'on pouvait admirer en noir et blanc les stars du passé. Pour les plus vénérables d'entre nous (il paraît que ça se fait pas de dire vieux), le nom de José Abed – alias Pépé – rappelle l'âge d'or des nuits beyrouthines, dans les années 60, époque dorée où les plages libanaises se prenaient pour celles de la côte d'Azur... Vous savez, avant le gros orage qui a duré 15 ans. Bref, Pépé est mort. Dans le nouveau Liban que nous découvrons jour après jour, il va même falloir réinventer les légendes. Dur, dur...

jeudi, 14 décembre 2006

«J’étais déjà aouniste dans le ventre de ma mère»

medium_Aouniste1.jpgComme prévu, j’ai fait mon petit reportage place des Martyrs, hier au centre-ville de Beyrouth. L’objectif: comprendre comment fonctionne le cerveau de ces jeunes militants qui soutiennent le généralissime Michel Aoun? Résultat: je suis tombé sur un garçon charmant, Jawad, originaire du nord du Liban, dans le Akkar précisément. Une région magnifique mais complètement oubliée. A 22 ans, Jawad est déjà bien impliqué dans la vie politique de son mouvement, le Courant patriotique libre. «J’ai eu 3 côtes cassées lors des rafles d’août 2001», m’a-t-il raconté.

medium_Aouniste4.jpgEn tout honnêteté, il m’a bluffé par la sincérité de son engagement. Rien à dire là-dessus. Il y croit dur comme fer, il obéira à tous les ordres de son général (texto)… Si plusieurs de ses arguments tiennent la route (les proches de Hariri sont d’ex-corrompus comme les actuels alliés d’Aoun, hors Hezbollah évidemment…), d’autres font preuve d’un esprit candide. Exemple, concernant deux anciens ministres franchement pas fréquentables: «Aoun a pardonné à Michel el-Murr et Sleimane Frangié, car ils ont demandé pardon.» On se croirait dans la cour d’une école religieuse avec un caïd qui distribue ses bons points, au gré de ses intérêts du moment. Sinon, que dire de la laïcité, point difficilement compatible entre le programme officiel de Aoun et celui du Hezb... Bref, je ne vais pas m’étendre cent ans sur mes petits aounistes, je continuerai d’essayer de les comprendre. Mais ce qui est sûr, c’est que je vois surtout un bon gros manipulateur (déguisé en bouteille de Fanta dimanche dernier) à la baguette...

mercredi, 13 décembre 2006

Laurent de Wilde de passage à Beyrouth

medium_DeWildeMusicHall.jpgAvant de vous rendre au concert demain soir au Basement (voir post du 9 décembre), n'oubliez pas de réserver dès à présent votre soirée du mercredi 20 décembre. Après un exil provisoire à Paris pour son Concert en blanc, Liban Jazz revient sur ses terres. Ce coup-ci, Ghattas et sa bande invitent le trio Laurent de Wilde au Music Hall (centre Starco). Voilà, c'est dit, vous savez ce qui vous reste à faire.

mardi, 12 décembre 2006

Strato-nimbus militarus au-dessus de Beyrouth

Sale ambiance aujourd’hui à Beyrouth (en plus de l'arrivée officielle de l'hiver avec un temps tout pourri). Ce 12 décembre, c’était le 1er anniversaire de la mort de Gebran Tueini et de ses deux gardes du corps. Chrétiens et musulmans l’ont célébré: messe, chants crachés sur une grosse sono, foule immense sur tout le boulevard qui monte de Mar Mitr à la place Sassine, avec moultes drapeaux des FL, des Kataëbs… Ils ont, comme qui dirait, envie d’en découdre. Pour agrémenter le spectacle, l’armée a montré ses muscles, avec un déploiement de tanks et de transports d’hommes. Car comme si l'anniversaire ne suffisait pas, il y avait simultanément un conseil des ministres extraordinaire qui a mobilisé encore plus de troupes. A Qantari, deux chars d'assaut lancés à fond les ballons et en contre sens ont effectué un magistral dérapage en plein carrefour, alors qu’il y avait des piétons et des voitures. Et croyez-nous, des tanks qui font des têtes-à-queue, on n'en voit pas tous les jours! Dans notre quartier, les militaires ont bloqué les petites rues perpendiculaires à la nôtre, m’interdisant d’arriver jusqu’à chez moi. On avait même quatre flics installés dans l'entrée de notre immeuble, pour s'assurer que personne ne viendrait jouer au franc tireur de notre balcon (qui, il faut le dire, a une superbe vue sur le cimetière et sur l'église). Plus tôt dans la journée, leur chef avait poussé le bouchon jusqu'à me faire déménager ma voiture pour qu'il puisse garer sa grosse BM à ma place. Je déteste ça quand ils se la pètent. C’est tendu, très tendu.

Je me souviens de deux phrases de monsieur Cyclopède: «Quand les cons sauront voler, le ciel sera kaki», et «Il ne faut jamais désespérer des imbéciles, on peut toujours en faire des militaires.» C’était super drôle quand je lisais ça, tranquillement, à Paris. Ici et maintenant, ça ne me fait plus rigoler du tout.

lundi, 11 décembre 2006

Le Hezb, Aoun et le pouvoir

medium_aoun.jpgPuisque David a décidé de mettre les pieds dans le plat (sacré mais guère sucré) du Généralissime, je vais en remettre une couche.

En effet, le Hezbollah est en position de force pour les raisons mentionnées dans le post précédent, mais aussi par la possession d'un arsenal pour le moins conséquent. Cet arsenal compte dans l'absolu, non parce qu'il pourrait servir contre des Libanais, mais parce qu'il donne au Hezb les moyens d'imposer ses choix de politique étrangère au pays. L'exemple le plus frappant en a été donné cet été, alors que Nasrallah s'était lui-même engagé à "ne rien faire qui puisse mettre en péril la saison touristique" tellement attendue par une économie à bout de souffle. Certes, tout au long de cette guerre, nous avons nous-mêmes défendu le droit du Hezb à riposter face à une agression barbare et disproportionnée. Nous l'avons fait non parce que c'était le Hezbollah, mais parce que l'essentiel était alors de défendre le pays. J'estime toutefois que cela ne dédouane pas le Hezbollah de sa responsabilité vis-à-vis d'un gouvernement dans lequel il avait des ministres.

Le Hezbollah est par ailleurs en position de force en raison de sa popularité et de la loyauté de ses partisans. Pas plus tard que samedi, Hussein Hajj Hassan, député du Parti, me disait bien en face qu'il "ne demandait pas le pouvoir parce qu'il l'avait déjà" (sic). Il demandait la participation de toutes les parties afin qu'aucun  des camps ne puisse prendre de décision sans l'accord de l'autre. Un détail cependant: dans ces conditions, quel est le rôle du Parlement qui est justement supposé jouer le rôle de levier contre le gouvernement?

Bref, sur le principe, pareil consensus serait idéal (bien que difficilement applicable dans la pratique). Mais il faut le replacer dans le contexte. Le Hezbollah ne s'en réfère clairement pas au gouvernement lorsqu'il prend des décisions (on l'a vu cet été), un refus au niveau du conseil des ministres ne l'arrêterait pas. La finalité consiste donc à bloquer certains processus. Lesquels, devrait-on demander? De plus, ce droit de blocage, il en dispose déjà dans les faits, via:

1. un président du Parlement qui lui est acquis et qui dispose de cette prérogative hallucinante de pouvoir non seulement fixer l'ordre du jour de l'Assemblée mais aussi de refuser de la réunir, comme il le fait actuellement concernant le projet de tribunal international (mais ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres).

2. un président de la République qui peut bloquer tout projet de loi  ne lui convenant pas (idem pour le tribunal international). L'exemple des cohabitations Mitterrand/Chirac en France, un peu du même ordre, a été probant en termes d'inefficacité! 

Concrètement, l'opposition maîtrise déjà deux pôles de pouvoir sur trois. On est donc en droit de se demander ce qu'une minorité de blocage au gouvernement changera, si ce n'est contrôler l'ensemble des acteurs institutionnels! Il n'y aurait pas "partage des pouvoirs" comme annoncé, mais mainmise totale.

On peut aussi s'interroger sur le bien-fondé du recours à la rue sous prétexte que le gouvernement n'est pas représentatif de la majorité. Beaucoup font un parallèle avec une hypothétique crise de ce genre en France. Que je sache, dans un pays démocratique, lorsque une opposition n'est pas satisfaite, elle attend la prochaine échéance électorale pour sanctionner le gouvernement (cela s'appelle l'alternance, non?).

Bien sûr, ces considérations ancrées dans le respect du droit et des lois sont nettement moins séduisantes que des idéaux de liberté, d'union nationale (et même d'amour, selon le nº2 du Hezb, Naïm Kassem). Mais ce n'est pas - seulement - avec de belles idées et des principes charmants mais nébuleux que l'on bâtit dans la solidité. Cela s'appelle du populisme. Le procédé des manifestations de masse constitue un précédent, une "jurisprudence", dangereux. Et si Aoun fait référence au mouvement populaire de l'Ukraine, il oublie de mentionner qu'un an plus tard, le nouveau pouvoir s'est effondré, faute de réelles bases politiques.

Pour revenir au père Michel, je rappellerai aussi qu'il n'a pas le monopole de la résistance. Je n'ai strictement aucune affection pour les Forces Libanaises, mais il me semble que Geagea et ses partisans ont aussi payé leur tribut au combat pour la liberté du pays. Eux aussi ont été battus, exilés, emprisonnés. Sans doute ont-ils  beaucoup de choses à se reprocher aussi, mais la méthode Aoun a-t-elle été  irréprochable? Et, ironiquement, pendant la guerre civile, la "résistance" qui désigne aujourd'hui le Hezbollah, concernait alors les Forces Libanaises. Ces FL de Bachir Gemayel avec lesquelles Michel Aoun s'entendait si bien qu'il avait lui-même aidé à préparer un plan de coup d'Etat afin de faire accéder Bachir à la présidence... Et comme JiPé le fait remarquer dans un de ses commentaires, les prisonniers libanais en Syrie sont oubliés...

Enfin, et cela je le dis pour moi, je trouve positivement indécent de la part de Aoun de récupérer l'assassinat de Gebran Tueini dans son discours d'hier, pour accuser le gouvernement d'incompétence. Un Gebran Tueini qui l'avait soutenu inconditionnellement en 1989, qui avait été profondément blessé par son revirement de 2005 et qui n'aurait pas apprécié d'être ainsi manipulé. Que je sache, il y a bel et bien un camp dans lequel les gens sont tués, et un autre où l'on donne des leçons. Ce camp compte des gens comme Frangié qui a tout de même déclaré un jour: "Je peux me passer de mes enfants mais pas de la Syrie." Et ce n'est pas parce que Aoun a "pardonné" comme il dit, que cela les blanchit. 

Pour le "Skoto" de l'aéroport, certains ont trouvé cela drôle. Cela l'est peut-être en effet. Mais pour sa première parole publique sur le sol libanais après un exil de 15 ans, je trouve cela pathétique.

Une dernière chose: je me demande quand même comment Aoun, en tant que héraut de la lutte pour la souveraineté libanaise, vit le fait que "l'envoyé spécial du secrétaire général de la Ligue arabe ait été informé à Damas que le chef du Hezbollah accepte les propositions que la Ligue arabe lui a soumises."

Michel Aoun ou les incohérences d'un "saint"

Là, je vais pas me faire de copains, mais au moins, j'augmenterai le trafic de ce blog! 

Personnellement, je ne suis ni pro-Aoun, ni pro-FL. Ni pro-Hezb, ni pro-Hariri. Je fais plutôt partie de la minorité silencieuse. Manif après manif, je regarde autour de moi, j'interroge les gens. Comme hier, où la place des Martyrs était orange tant les aounistes se sont appropriés les lieux. Dans mon rôle, quand je pose des questions aux gens, je suis là pour les faire parler, pas pour débattre. Mais cela fait pas mal de temps que j'en ai marre de les écouter me servir inlassablement les mêmes discours...

medium_DSCN4074.2.JPGSi, pour moi, la sincérité du Hezbollah n'est pas vraiment à mettre en doute, l'intégrité des orangistes pose question (ouhlala, ça, ça va pas plaire!!!). Le Hezbollah, lui, n'a finalement rien à gagner dans son bras de fer avec le gouvernement. Il représente déjà la communauté la plus nombreuse du pays, et il a deux alliés bien placés: le président de la République et celui du Parlement. Ces deux personnages, comme on le voit actuellement avec la question du Tribunal international, ont le pouvoir de ne pas signer les lois pour le premier, et de ne pas convoquer les députés pour ratifier un texte pour le second. Bref, tout va plutôt bien pour le Hezb, et il ne dépend de personne. Il réclame le tiers de blocage au gouvernement, alors qu'il a déjà  toutes les cartes en main pour bloquer toute décision gouvernementale. C'est juste l'habillage qui change...

Le généralissime orangiste, en revanche, est en pleine dépendance, et il le sait. L'objectif de l'Amer Michel (comme l'a surnommé un billettiste de L'Orient-Le Jour) est simple, unique: devenir président. Comme le disait récemment un homme politique à Nat, "on ne va tout de même pas remplacer un débile par un obsédé." Dans sa quête du pouvoir, Aoun a donc choisi son camp (où il n'a pas de vraie concurrence pour la présidence), et a choisi ses alliés. Aujourd'hui, il campe sur un discours genre "tous pourris" en parlant des membres de l'actuelle majorité parlementaire. Ce en quoi il n'a pas tout à fait tort, plusieurs des piliers du 14 Mars étant d'anciens bénéficiaires de la tutelle syrienne. Mais jouer les vierges effarouchées alors qu'il pose aujourd'hui aux côtés de Berri (mister corruption himself), Murr Senior (l'ex-VRP de la Syrie), Frangié... ça, franchement, faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Et ça ne semble gêner personne! Et puis il fustige la majorité parlementaire, alors que celle-ci est née de la loi électorale voulue par ses "amis" d'aujourd'hui et écrite par les squatteurs de Damas.

Bref, devant tant d'incohérences de la part du boss, je reste systématiquement bouche bée face à l'aveuglement des partisans du jus d'orange en chef. Ils le prennent pour un saint d'une intégrité totale. Moi, je me demande ce qui s'est passé avant son retour triomphal au Liban en mai 2005. Quand il sortait de son placard doré en France, c'était pour aller à Washington faire la bise aux faucons, pour lever des fonds en Australie... Qu'est-ce qui l'a retourné?

Juste pour l'anecdote, je me souviens du jour de son retour à Beyrouth, le 7 mai. Cela faisait 15 ans que tout le monde attendait ça. Un vrai événement, et donc une vraie effervescence. A l'aéroport, il décide de tenir sa première conférence de presse. Dans la grande salle, les journalistes font du bruit, les photographes veulent avoir la meilleure place. Le brouhaha énerve Aoun, il tape du poing sur la table et crie sur un ton péremptoire à l'attention des fauteurs de bruit: "Skoto!", ce qui est très facilemement traduisible par "Taisez-vous!". Gloups, le ton était donné. Quand on chasse le naturel... Ils sont trop rares les exemples où un militaire a réussi en politique.

Aujourd'hui, saint Michel réclame le départ de Siniora, qu'il accuse de "s'accrocher au pouvoir". C'est assez drôle venant de lui quand on se rappelle sa triste déconfiture sur l'échiquier libanais à la fin des années 80. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes chrétiens le suivent dans son délire. Il y a 16 ans, d'autres croyaient en lui (jusqu'à se faire botter le cul par les CRS quand ils occupaient l'ambassade du Liban à Paris...), mais beaucoup d'aounistes de la première heure en sont revenus... Ce serait pas mal de leur donner la parole, à ceux-là. Ce serait riche d'enseignements.

dimanche, 10 décembre 2006

Hier, j'ai fait un rêve

Rien à voir avec Martin Luther King. J'ai juste fait un rêve confus. A 5 heures du matin, je me suis réveillé avec une image en tête: celle d'une hallebarde plantée dans mon épaule. Je me trouvais sur une colline (genre Poitou), menacé par un aouniste tout d'orange vêtu. Je me rebèle, il me plante son arme dans l'épaule, je l'enlève et lui coupe une jambe, plein de haine pour mon assaillant. Je le tue et hurle dans la vallée "Vas te faire foutre Nayla!" (elle se reconnaîtra si elle tombe sur ce post). Voilà, c'était juste un rêve...

 
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