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samedi, 09 décembre 2006

Quand la musique est bonne, bonne, bonne

Je vous balance presque tel quel un mail reçu il y a quelques heures...

medium_scrambled.2.gif"En juillet 2006, malgré le chaos qui submergeait le pays et les cernait – ou peut-être à cause de lui –, deux jeunes groupes libanais se sont retranchés dans leurs studios et ont commencé à travailler sur de nouvelles créations, remettant à une date ultérieure la question de leur diffusion… A première vue, peut-être devrait-on dire à la première écoute, il y a peu de choses communes entre le punk-rock abrasif et torride de Scrambled Eggs et la musique électronique de Munma, musique d’ambiance et éthérée à la fois. Pourtant, très rapidement, ces deux albums courts (près de 30 minutes chacun) paraissent à l’auditeur étrangement familiers et proches, comme si la puissante alliance de la guitare, de la basse et de la batterie de Scrambled Eggs et l’arsenal d’ordinateurs et de machines électroniques de Munma puisaient tous à la même profonde et douloureuse veine. Les deux albums – disponibles en début de semaine prochaine – nous entraînent dans une expérience musicale fascinante et hypnotique et certains morceaux («1984» de Scrambled Eggs et le morceau éponyme de Munma) portent clairement les stigmates des 33 jours d’enfer de l’été dernier."

Ce mail, c'est la CD-Thèque qui en est l'auteur. Cette adresse incontournable à Beyrouth organise qui plus est un concert le jeudi 14 décembre à partir 22 heures au Basement. Billets à 10000 LL, à retirer à la CD-Thèque (Achrafieh ou Hamra). Rendez-vous jeudi... D'ici là, on a une bonne grosse manif qui nous attend demain au Centre-ville.

vendredi, 08 décembre 2006

Billard en 5 bandes

medium_billard.jpgLes amateurs de billard français comprendront facilement l’analogie. Les derniers développements locaux et internationaux nous font craindre le pire, et comme on s'attend à tout là où nous sommes... C’est toujours comme ça avec le Liban: les plus graves dangers qui le guettent viennent d’abord de l’extérieur avant de trouver des grosses caisses de résonance sur la scène interne.

Première bande
2003: Les Américains se lancent dans une guerre inepte en Irak.
Deuxième bande
2005: La Syrie, pointée du doigt par la communauté internationale (à tort ou à raison) suite à l’assassinat de Rafic Hariri, est obligée de suspendre sa tutelle sur le pays du cèdre. Cette tutelle avait été avalisée par Washington au moment de la Guerre du Golfe. Là, honneur arabe bafoué oblige, on se dit que le régime syrien va jouer la carte de la terre brûlée… En tout cas, Assad Junior ne peut pas se laisser déculotter alors que son cher papa avait mis tant de savoir-faire dans ses magouilles géopolitiques.
Troisième bande
2006: Après une grande campagne de déstabilisation menée en 2005 avec plus d’une dizaine d’attentats, le Liban subit une guerre ultra violente en juillet-août. Le processus politique local (baptisé dialogue national) est au point mort. Parallèlement, Damas – passé maître dans l'art de gagner-du-temps-on-verra-bien-plus-tard – semble exaspéré par l’idée d’un Tribunal international dans l’affaire Hariri (un aveu de culpabilité?). Il va bien falloir trouver une solution pour monnayer une alternative…
Quatrième bande
2006 toujours: Flûte, les Américains s’aperçoivent, officiellement, que leur guerre en Mésopotamie est un désastre, dans cet Irak coincé entre le maléfique Iran et cette charmante Syrie. James Baker (qui avait indirectement fait tant de mal au Liban sous la présidence de Bush père) arrive avec son rapport: la guerre est un échec, il va falloir intégrer l’Iran et la Syrie dans une solution régionale (eh voilà, le temps gagné peut toujours servir....). Une Syrie qui a, 3 semaines plus tôt, officiellement repris des relations diplomatiques avec l’Irak sous tutelle américaine après 24 ans de brouille (cherchez l'erreur!).
Cinquième bande

Et c’est là que commence la politique-fiction… Damas, qui pourrait avoir un rôle «stabilisateur» en Irak, s’attire temporairement les bonnes grâces de Washington. Et quoi comme monnaie d’échange? Bein on peut commencer par enterrer (ou travestir) l’idée du Tribunal, et puis au pire des cas, on peut envisager un retour tranquillou de Bashar et de ses acolytes sur la scène libanaise (via un cheval de Troie?). Et comme l’Histoire a souvent tendance à se répéter, ce scénario n’est pas complètement inepte, lui.

mercredi, 06 décembre 2006

Nathalie et David, laïcs

medium_plaque.jpgmedium_classified.jpgmedium_medecin.jpgL'association Amam a lancé en novembre une campagne d'intérêt public visant à sensibiliser aux dangers du sectarisme. Le principe est simple: pousser jusqu'à l'absurde le ridicule du confessionnalisme, en l'appliquant aux moindres détails de la vie quotidienne. Beaucoup se sont mobilisés pour soutenir cette campagne: agence de pub qui a travaillé gratuitement (bravo Omar), réseau d'affichage qui a offert 300 panneaux (bravo Pikasso), sociétés de production qui travaillent actuellement sur deux films autour du même thème (bravo Ghada) et évidemment Amam qui a rassemblé des fonds, mobilisé les gens... Comme quoi, au Liban, il y a aussi des gens qui réfléchissent à faire avancer les choses autrement qu'en hurlant.

Presque un an...

medium_gebran.2.jpgLe 12 décembre, cela fera un an que Gebran Tueini aura été assassiné. Une voix qui portait dans le désert et qui se serait sûrement fait entendre aujourd'hui, devant le chaos total qui menace le Liban. Un petit film a été réalisé à sa mémoire, présentant le discours qui lui avait donné une véritable stature nationale. Un "serment" de fraternité qui me donne encore la chair de poule, et que beaucoup devraient se remémorer par les temps qui courent. Salut Gebran. Nous ne nous sommes pas toujours bien entendus, mais j'espère que ta tombe est confortable, car tu dois souvent t'y retourner...

Nous vous proposons de télécharger le petit film fait en sa mémoire, pour ce funeste anniversaire. Clickez ici

mardi, 05 décembre 2006

Le Liban sous haute tension

medium_cercueilAmal.jpgAujourd'hui, Beyrouth, dans son cœur et dans sa banlieue, a vécu au rythme des chants funèbres et des slogans politiques. La communauté chiite, Amal en tête, a organisé des funérailles géantes pour le jeune Ahmad, tué dimanche dans des conditions encore tout à fait troubles. Mais une chose est sûre: la tension monte très dangereusement entre sunnites et chiites (sans parler des factions chrétiennes qui se regardent en chiens de faïence).

Hier soir, je demandais simplement à Nat si les gens, le 13 avril 1975, avaient réalisé, sur le moment, qu'ils étaient en train de vivre un jour qui allait rester dans les livres d'Histoire. Probablement que non, car il fallait bien trouver une date précise pour le début de cette guerre, comme ce fut le cas avec l'assassinat de l'archiduc pour la Première guerre mondiale. Ce dimanche 3 décembre 2006, jour de la mort d'Ahmad, fera-t-il date dans l'Histoire macabre de ce beau pays?

samedi, 19 août 2017

La 5e colonne

Je suis arrivé là, pas vraiment pas hasard. Sur ce bout de terre qui n'en est pas vraiment un. Je pense qu'il ne devait pas être là il y a vingt ans. Peut-être, un jour, la mer s'est-elle retirée. Juste à cet endroit. Laissant alors apparaître la colonne vertébrale d'un monstre sorti du fond des âges. Là, à Beyrouth, sur ce front de mer qui tente désespérément de se donner des airs de je-ne-sais-quoi.

DSC_0036snb.jpg

En la voyant, j'ai essayé de m'imaginer la bête. Colossale. Agressive. Avec une queue interminable lui servant d'arme fatale contre ses congénères. Elle devait bien mesurer 300 mètres de long, peser des dizaines de tonnes. Peut-être venait-elle d'une autre planète. Je n'en sais rien.

Pendant une heure, j'ai tenté de comprendre ce qu'elle faisait là. Comment elle était arrivée là. Pourquoi personne n'en parlait en ville. Incroyable tout de même, cette preuve d'une vie dépassant tout ce que la Terre avait enfanté auparavant. Ici, à Beyrouth et nulle part ailleurs. Je me suis approché, j'ai touché ces vertèbres minéralisées. Elles étaient lisses et rugueuses en même temps, devaient s'emboîter parfaitement les unes aux autres. J'imaginai les masses de cartilages et de tendons qui avaient, quelque part dans le temps, relié tout ça, animé tout ça, avec une puissance inégalée. Je n'en revenais pas de cette découverte. Je voyageai sur place, dans un silence bercé par un lointain ressac.

 

[...]

Et puis il est arrivé. Le petit bonhomme en gris que j'avais repéré en arrivant, ronquant tranquillement à l'ombre de sa cahute. «Mamnou3, mamnou3!», me lança-t-il alors que j'étais en train de prendre une dernière photo de cette monstrueuse colonne vertébrale. Mon petit rien tout gris m'explique alors que ce terrain est la propriété (privée) de Solidere et qu'il est évidemment interdit d'y venir, qui plus est équipé de cette odieuse invention numérique.

Solidere, Dahyeh, même combat. Le pays s'est transformé en gigantesque propriété privée où prendre une photo est passible de la peine de mort. Il me fait rire, ce bon monsieur Mikati, quand il déclare que la priorité des priorités est d'assurer la «prospérité de la saison touristique». Chers touristes, vous êtes les bienvenus, évidemment. Mais mieux vaut vous prévenir: la 5e colonne veille au grain, alors contentez-vous d'acheter des cartes postales.

 
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