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<title>Chroniques beyrouthines</title>
<description>chroniques et reportages sur le Liban, depuis Beyrouth</description>
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<lastBuildDate>Thu, 18 Mar 2010 09:04:03 +0200</lastBuildDate>
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<title>Qui es-tu Biroundilou?</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Art</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 20:27:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/02/2135357629.jpg&quot; id=&quot;media-132593&quot; alt=&quot;auteur mystère.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-132593&quot; /&gt;Non, ce post n’a pas vocation à être d’une quelconque qualité littéraire, ce serait même le contraire. Il vient simplement d’une constatation: traduire des textes de l’arabe vers le français est parfois bien compliqué surtout quand les noms propres sont de la partie. Il existe bien sûr de grandes différences entre les deux alphabets. Des lettres existent dans une langue et pas dans l’autre, des phonèmes également. Il y a quelques années, je jouais chaque lundi matin à un petit jeu avec un vieux journaliste libanais: nous prenions les pages Sport de je-ne-sais-quel quotidien arabophone et nous essayions de deviner les noms de clubs de foot ou de sportifs connus. Par exemple, le son [o] n’existant pas vraiment en arabe, le match entre Bourdou et Mounakou m’avait bien fait rire. Il m’en fallait peu… Mais parfois, c’est un vrai casse-tête, ne prêtant absolument pas à la poilade et demandant une sacrée gymnastique linguistique. Il n’y a pas très longtemps, je relisais la traduction d’un texte décrivant les activités d’une association culturelle libanaise (re)baptisée Cassanado. Il fallait lire Xanadu. Bon courage!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous propose donc de poursuivre ce post en remplaçant les sons français par leurs équivalents libanais: le [v] devenant [f], le [o] ou le [u] devenant [ou], le [p] se transformant en [b], le [gu] en [j]… et ainsi de suite. C’est pour cela, par exemple, que l’on dit «Bâris» en arabe en parlant de Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n’y a bas loungtemps de cela, le 11 janfier dernier, l’assouciatioun Fe’l Amr a lancé une cambagne de sounsibilisatioun sour les dangers blanant ou-dessous de la lange arabe. L’oubjectif de ces bouristes: dire ‘stoub’ à tous ces jounes troufant souber cool la noufelle trinité «Hi, kifak, ça ba!». La dissouloutioun de l’arabe barlé au Liban et l’outilisatioun des langes étrangères dans la fie de tous les jours leur fait beur. Et je coumbrounds bien cela… Quand on voit le résoultat sur l’anjlais et de français barlé ici, la boulyphounie beut être une richesse mais sourtout un jrand défi pour les jardiens du temble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cette sitouatioun réserbe éfidemment des cas coucasses. Brincibalement afec les noums broubres. En cette année littéraire (Beyrouth est, je fous le rabbelle, la &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.beirutworldbookcapital.com/?lang=fr&quot;&gt;Cabitale moundiale dou lifre&lt;/a&gt;), je m’amouse – façoun de barler – à definer les batrounymes d’outeurs, counnous ou noun. Betit détail en bassant: certains brénoums comme «Jean» defiennent «Jeanne» ou «John» seloun les tradoucteurs. Ainsi, j’ai bu croiser Antoun Chekouf, Batrik Boifre Darfour, Oulibier Girmain-Thoumasse, Jeanne-Marie Goustafe Lekliziou, John Mountaldou… Mais je crois bien que ceux qui m’ount bosé le blous de broublèmes reste ceux d’outeurs germanouphounes ou italouphounes. Et un en barticoulier: Biroundilou. Boun courage!&lt;/p&gt;
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<title>Hoppa !</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/03/07/hoppa.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Cinéma</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Télé &amp; Vidéo</category>
<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 21:27:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Comme chaque année depuis 4 ans, j’assiste début février aux Mena Cristal Awards, les Oscars libanais de la pub au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La plupart des participants, arrivant de l’ensemble des pays de la région, débarquent en général à Faraya pour skier pendant les quatre jours du festival, et pour tenter de repartir avec un maximum de récompenses si possible. Moi, j’y vais pour couvrir l’événement et y représenter ma boîte, mais aussi parce que les débats y sont – de façon variable – intéressants et que l’on y découvre des pubs improbables.&lt;br /&gt; Chaque année, les agences basées au Liban et à Dubaï raflent la mise mais cette dernière édition a crée la surprise.&lt;br /&gt; C’est en effet une série de pubs égyptiennes pour la chaîne cinéma Melody Aflam qui a remporté le grand prix, sous les bravos de toute l’assistance, ce qui mérite d’être souligné dans une industrie où tout le monde déteste tout le monde ou presque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette victoire m’a paru d’autant plus touchante – et c’est pour ça que je vous en parle – que ces films sont non seulement rigolos pour les arabophones (et bien sûr les Egyptiens en premier lieu) et les non-arabophones, mais qu’ils démontrent un sens de l’autodérision assez rare dans la région, puisant dans la culture locale avec recul et tendresse. En gros, le cinéma populaire égyptien est peut-être à la ramasse aux yeux des Occidentaux, avec ses producteurs qui s’extasient pour quelques milliers de VHS vendues et ses scénarii pourris, mais qu’est-ce qu’ils l’aiment quand même. Les deux acteurs principaux sont d’ailleurs devenus de véritables stars en Egypte et plus personne ne dira «Oustaz» de la même manière. Voici pourquoi:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/vYpxQtXLVOA&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/vYpxQtXLVOA&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ou encore:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;385&quot; width=&quot;480&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/fE28t8qc1H0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/fE28t8qc1H0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais mon préféré reste celui-ci:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/vlC0ey064ro&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/vlC0ey064ro&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sinon, une pub libanaise s’est particulièrement distinguée, l’excellente «Stop the suffering» de Leo Burnett, ou comment vendre un shampoing sans montrer une bonne femme en train de brosser sensuellement sa chevelure scintillante sous un éclairage qu’aucune d’entre nous (nous, les femmes appartenant au commun des mortels) ne peut s’offrir à la maison. Découvrez plutôt:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/waEbvmkixSc&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/waEbvmkixSc&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Allez, on s’en remet une petit dernière, juste pour le plaisir. La préférée de Oustaz David:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;385&quot; width=&quot;480&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/F-rGCwe-XP0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/F-rGCwe-XP0&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Berlin Beyrouth Basta</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/03/03/berlin-beyrouth-basta.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Short stories</category>
<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 19:14:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/01/1472272047.jpg&quot; id=&quot;media-130636&quot; alt=&quot;german tatoo.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-130636&quot; /&gt;Oh, comme elle me semble loin ma jeunesse dorée. Le visage taillé à la serpe de mon baron allemand s'est estompé, pore après pore, année après année... Je l'aimais, il m'adorait. Je me contentais d'être belle comme une Aphrodite des temps modernes. Lui prenait soin de moi, me sortait tous les dimanches comme une putain des années folles. Le soir, je l'accompagnais dans les restaurants les plus chics de Berlin-Ouest. J'étais sa favorite. Peut-être parce que j'étais unique en mon genre, comme il disait, que j'étais une excentrique, une originale, ce que l'on appelait vulgairement une &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&lt;/span&gt;manuelle&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;»&lt;/span&gt;. Mais c'est pour ça que mon baron me vénérait.&lt;br /&gt; C'était il y a si longtemps maintenant. La vie nous a séparés sans crier gare. J'ai toujours gardé au fond de mon cœur ce regret ténu. Celui d'avoir été trahie pour une autre que moi. Plus belle, plus jeune. Plus blonde, moi la brune que tout le monde prenait pour une Ibère avec mes atours naturels noirs de jais. Forcément. Il aimait tant parler de moi à ses amis en m'appelant par mon simple nom.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il m'arrive souvent de regarder cette vie comme dans un rétroviseur. Mais aujourd'hui, je suis laide, fripée. Mes articulations grincent de partout. Les tatouages nationalistes en haut de mes fesses, moi la fière Allemande, sont devenus bien ridicules avec le temps. Cela ne semble pourtant pas déranger Farid. C'est lui qui s'occupe de moi depuis que j'ai dû fuir l'Allemagne, un beau jour de 1973, sur un paquebot qui n'avait rien du &lt;i&gt;Normandie&lt;/i&gt;. Depuis, finies les crèmes pour ma peau et les caresses au savon doux. Mes rides se sont creusées. Farid n'a pas les moyens de m'entretenir comme le faisait si bien le baron Dietmar Von Benz. Je ne lui en veux pas, je vois bien qu'il fait tout ce qu'il peut pour qu'on ne manque de rien. Cela va bientôt faire 40 ans qu'il me chérit avec son cœur de malheureux, avec ce sentiment que je suis trop belle pour lui. Je sais aussi qu'il se sentira à jamais redevable de ce jour de juin en plein milieu de la guerre où, sous le feu de la mitraille, c'est moi qui l'ai protégé. J'ai pris une balle à sa place. J'en garde la cicatrice, là, sur la hanche gauche. Pour panser cette plaie et toutes les autres éraflures de la vie, il m'avait alors accompagnée chez un docteur qui ressemblait plus à un boucher qu'à autre chose, avec ses mains noires farfouillant dans les entrailles pour en extirper le plomb. Nous n'en avons jamais reparlé lui et moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce soir, je ne sais pas ce qui s'est passé. Nous divaguions tranquillement dans une rue fréquentée, lui caressant mes formes toujours généreuses malgré l'affaissement généralisé de ma carcasse, moi me laissant faire sans trop y penser. Et puis soudain, je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis arrêtée. Je n'avais plus envie d'être là, je n'avais plus envie de cette ville qui pue la graisse et la poussière, de ces rues que j'ai dans le collimateur toute la journée. J'ai préféré dire stop, sans savoir le moins du monde ce que la vie me réserverait encore. Farid n'a pas compris sur le moment, bien évidemment. Il a essayé de me parler, tendrement, comme il le fait à chaque fois que la tristesse me rattrape et me fait couler une bielle. Devant mon silence, il s'est énervé comme jamais il ne l'avait fait auparavant, m'a hurlé dessus devant tout le monde dans la rue. J'ai eu honte. Pour lui, pour moi. Et puis il m'a frappée.&lt;br /&gt; D'abord un coup, puis trois autres. Avec le plat de sa large paume sur ma peau comme écaillée par la vieillesse. Je me suis tue. Sous ces coups répétés, j'ai eu un dernier soubresaut, comme si mon cœur gorgé d'électricité voulait envoyer une ultime décharge dans mon corps pour le ranimer. Mais c'était trop tard. Je suis morte, là, sur le bord d'un trottoir de Basta. Farid a enfin compris. Mon vieux Beyrouthin s'est mis à pleurer, embrassant ma poitrine allongée et encore chaude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;–&lt;/span&gt; Oh ma belle, que vais-je faire sans toi maintenant?, dit-il entre deux sanglots. Oh non, ma douce... Pourquoi?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Farid s'est relevé et a tiré d'une poche intérieure de son veston son plus précieux trésor. Une photo de moi en noir et blanc, prise dans la cour du château de mon baron de Germanie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Moi, au temps de ma splendeur&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/images/du%20temps%20de%20ma%20splendeur.JPG&quot;&gt;Moi, au temps de ma splendeur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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<title>Raksit Leila</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Musique</category>
<category>Télé &amp; Vidéo</category>
<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 11:18:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/5vvr7KXAfck&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/5vvr7KXAfck&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Juste pour le plaisir... Avec un petit rappel &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/17/mashrou3-leila-in-concert.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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<title>Ozero 2.0</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/02/23/ozero-2-0.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Presse &amp; Internet</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 15:41:52 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Vous pensiez que tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Madame X, depuis &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Lien vers Ozero 1.0&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/12/11/ozero.html&quot;&gt;ses dernières mésaventures avec Ogero&lt;/a&gt;? Vous pensiez le pire était passé? Et bien non!&lt;br /&gt; Notre feuilleton Ogero continue avec un nouveau chapitre: Internet!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 1&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Clickez sur l'image pour avoir la taille réelle afin d'imprimer ce kit&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/images/kit%20portable%20stress%20d%C3%A9j%C3%A0%20utilis%C3%A9.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/02/1679589356.jpg&quot; id=&quot;media-129425&quot; alt=&quot;kit portable stress.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-129425&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Madame X a enfin obtenu, mais en plusieurs étapes, ses 3 lignes de téléphone. Bon, bien sûr, il y en a une qui grésille, mais c’est un moindre mal… L’objectif désormais est d’obtenir une connexion Internet car, après réflexion, il semblerait que ce soit encore via le service public qu’une connexion Internet digne de ce nom (suffisante pour l’usage intensif que sa compagnie doit en faire) soit disponible à un prix relativement raisonnable. En effet, la société privée par laquelle Madame X passe actuellement lui facture mensuellement 600 dollars pour une bande passante de 256K. Autrement dit, une misère question débit et une fortune question facture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, Ogero propose en exclusivité une connexion HDSL de 2300K à 200 dollars par mois. Certes, un quota de 8G (qui sera allègrement dépassé en 10 jours seulement) est imposé; certes, il faut en principe compter un mois après l’installation d’une ligne téléphonique pour qu’Ogero fournisse l’accès Internet; certes, cela implique, inéluctablement, un service après-vente laborieux; mais par la capacité et le prix alléchée, Madame X se dit qu’elle n’a pas exactement le choix; grand bien lui fasse. Son fournisseur d’accès privé n’a qu’une alternative à proposer: 1024 Kbps en downlink et 512 Kbps en uplink pour la modique somme mensuelle de 1940 dollars (hors taxe)! Ha, les joies du monopole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X se rend donc dans le bureau d’Ogero qu’elle a appris à si bien connaître. Elle y retrouve Lilou et Madame P, mais aussi Monsieur O, le directeur de la branche qui l’invite aussitôt à s’asseoir, prendre une cigarette («Si, si! Tu t’en fous de ta santé!», insiste-t-il) et un café. Une fois les salamalecs d’usage passés, Madame X fait sa formalité et là, miracle, tout se passe sans encombre! Elle paye les 600 dollars d’installation, récupère son reçu. Mieux, elle apprend même que pour le HDSL, l’installation se fait en une semaine et non un mois, car la demande est moindre que pour l’ADSL! Madame X a l’impression de planer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Monsieur O la ramène bien vite sur terre. Il lui fait signe de revenir s’asseoir à son bureau.&lt;br /&gt; – Monsieur O (souriant): Ça va? Tout s’est bien passé?&lt;br /&gt; – Madame X (enthousiaste): Oh oui, merci beaucoup! Et donc, tout sera installé d’ici une semaine?&lt;br /&gt; – Monsieur O (l’air chagriné): Je ne sais pas. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de modems adaptés sur le marché…&lt;br /&gt; – Madame X (stupéfaite): Mais... J’ai payé l’installation! Comment facturez-vous un service que vous ne pouvez pas assurer faute de matériel?&lt;br /&gt; – Monsieur O (qui prend un air affairé): Attends, attends…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur O se saisit de son téléphone, appelle et à voix très haute, explique à son interlocuteur: «Ecoute, tu as des modems HDSL? Deux? C’est parfait! Car j’ai ici une jolie dame (sic) qui en a besoin de toute urgence et il y a une autre jolie dame qui en veut un aussi. Pour une autre compagnie (l’interlocuteur répond quelque chose) Oui, moi je n’ai que des jolies clientes, cheft ? Hahahahaha ! Donc tu me les mets de côté, d’accord? Je compte sur toi. Et je n’oublierai pas le service que tu m’as demandé. Oui. Yalla, habibé.&lt;br /&gt; – Monsieur O (triomphant): C’est arrangé! Demain ou après-demain au plus tard, ils viennent te l’installer.&lt;br /&gt; – Madame X: Merci mille fois, Monsieur O. Vraiment.&lt;br /&gt; – Monsieur O: Ça ne mérite pas un bisou, ça?&lt;br /&gt; Madame X, prise de court, lui fait une bise sur la joue, sous la mine hilare des employés.&lt;br /&gt; – Monsieur O: Haaaaaaaaaaa! Toi, c’est fini! Tu as un passeport international chez nous! (à l’adresse de sa fine équipe) Tu peux nous demander tout ce que tu veux, tu n’as qu’à dire «Passeport international»! Appelle-moi pour me dire comment ça s’est passé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 2&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 3&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 4&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X rappelle Monsieur O.&lt;br /&gt; – Monsieur O (grognon): Chou, tu es encore vivante? Je me suis inquiété!&lt;br /&gt; – Madame X: J’attendais que l’employé vienne installer la connexion pour vous rappeler, comme convenu, mais justement…&lt;br /&gt; – Monsieur O (l’interrompant): Il n’est pas venu? Ya allah! Je vais le rappeler.&lt;br /&gt; – Madame X: Merci, Monsieur O.&lt;br /&gt; – Monsieur O (sur le ton de la confidence): Mais tu prendras bien soin de lui…&lt;br /&gt; Blanc de quelques secondes…&lt;br /&gt; – Madame X: Qu’est-ce que vous voulez dire par là?&lt;br /&gt; – Monsieur O: Moi? Rien. Moi, je n’explique jamais rien. C’est à toi de savoir. Mais si tu veux une bonne maintenance après…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 8&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 9&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Un employé appelle de la part de Monsieur O.&lt;br /&gt; – L’employé (voix nasale): Allooooooo, j’appelle d’Ogeeeero…&lt;br /&gt; – Madame X: Ha. J’attendais de vos nouvelles.&lt;br /&gt; – L’employé: J’ai eu beaucoup de travail. Bon. Vous avez le câble pour relier le boîtier téléphonique à votre bureau?&lt;br /&gt; – Madame X: Oui, tout est en place.&lt;br /&gt; – L’employé: Vous êtes sûre? Parce que tout le temps les clients nous font venir et ils n’ont pas ce qu’il faut…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X vérifie et confirme.&lt;br /&gt; – L’employé: Yalla, je serai là demain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 10&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 11&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 12&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 13&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 14&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Rien. Personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 15&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; L’employé débarque enfin dans le bureau. Il est tout boudiné dans son pull bleu marine au logo vert Ogero et a l’air grognon.&lt;br /&gt; – L’employé: Je viens de la part de Monsieur O. Vous avez les câbles alors?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X l’emmène vers le placard qui contient toutes les arrivées de câbles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;– L’employé (pas content): Et où est le câble qui va d’ici jusque dans la pièce du serveur?&lt;br /&gt; – Madame X (surprise): Mais c’est à vous de l’installer, justement!&lt;br /&gt; – L’employé (furieux): Ha non! J’installe l’Internet, moi. Je ne fournis pas de câble. Je ne suis pas électricien. Je vous avais prévenue! Ha, ces clients qui n’écoutent pas.&lt;br /&gt; – Madame X: Ecoutez, le bureau est relié…&lt;br /&gt; – L’employé l’interrompt en maugréant: Moi, j’ai autre chose à faire. Si vous voulez, je vous installe la connexion ici.&lt;br /&gt; – Madame X: Dans le placard???!&lt;br /&gt; – L’employé: C’est la seule chose que je peux faire pour vous. Sinon je m’en vais. Ne me faites pas perdre mon temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X, à contrecœur et passablement dégoûtée, demande à un membre de son équipe d’emmener l’employé dans la pièce du serveur sous prétexte de lui montrer les machines, et surtout de lui donner de sa part un billet de 100 000LL. Il faut bien «prendre soin de lui». A la guerre comme à la guerre. Elle retourne dans son bureau. Cinq minutes, plus tard, l’employé frappe à sa porte, un grand sourire aux lèvres.&lt;br /&gt; – L’employé: Ya setna! Ça y est, tout est installé et tout marche! Kellik zoq! Si tu as besoin de quoi que ce soit n’hésite pas. Ya habibté, merci, merci!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effectivement, en quelques minutes, l’employé a non seulement fini l’installation dite impossible, mais a même fait plus: il a arrangé les câbles, enlevé les bouts de chatterton qu’il a remplacés par de petits dominos tout propres… Et Internet fonctionne parfaitement.&lt;br /&gt; Deux semaines plus tard, la principale ligne de téléphone du bureau tombe en panne. Silence au bout de la ligne, impossible d’appeler des portables ou des numéros internationaux, ce qui, vous en conviendrez, est problématique.&lt;br /&gt; Madame X signale la défaillance sur le service téléphonique d’Ogero; la boîte vocale l’avertit que la réparation sera effectuée sous trois jours ouvrables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 3&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 4&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 5&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 6&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 7&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 8&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;br /&gt; Madame X essaie d’avoir le service après-vente d’Ogero, en vain. En désespoir de cause, et alors que cela ne lui plaît pas, Madame X se résout à rappeler Monsieur O. Monsieur O vérifie.&lt;br /&gt; – Monsieur O: Dépose une plainte sur le service téléphonique.&lt;br /&gt; – Madame X: C’est ce que j’ai fait il y a une semaine!&lt;br /&gt; – Monsieur O: Alors je ne peux rien faire, ça ne dépend pas de nous. Appelle ce numéro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X appelle le numéro en question. Elle tombe sur Monsieur N, qui lui assure que la réparation sera faite le lendemain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 9&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 10&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Toujours pas de ligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 11&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; En matinée, Madame X rappelle Monsieur N qui lui assure (c’est un vendredi, les administrations ne travaillent que jusqu’à 11 heures, et encore) que la personne en charge est sur la route et arrivera dans une demi-heure. Au bout de 3 heures, Madame X rappelle, bien sûr plus personne ne répond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 14&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X rappelle Monsieur N qui lui assure (oui, ça fait trois fois qu’il lui assure la même chose) que la personne en charge est bien venue en son absence. Apparemment, un câble téléphonique sous terrain a été abîmé (madroub taht el ard), mais la réparation va être effectuée de façon imminente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 17&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Un nouvel employé d’Ogero téléphone sur la ligne qui était en panne. Hourra! La réparation a été effectuée.&lt;br /&gt; Une demi-heure plus tard, Internet est en panne. Un membre de son équipe signale à Madame X qu’on a dû passer sur la connexion de back up.&lt;br /&gt; Il faudra trois jours pour la réparer. La cause de la panne? Chers lecteurs, comme vous l’aurez deviné, en réparant la ligne téléphonique, notre impayable équipe d’Ogero avait bousillé le câble Internet!&lt;/p&gt;
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<title>1984 was NOT supposed to be an instruction manual</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Hezbollah</category>
<category>Photo</category>
<category>Télé &amp; Vidéo</category>
<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 18:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;War is peace&lt;br /&gt; Freedom is slavery&lt;br /&gt; Ignorance is strength&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Clickez pour voir l'image originale&quot; href=&quot;http://www.j2fi.net/wp-content/uploads/2008/04/big_brother_1984.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/02/568207386.jpg&quot; id=&quot;media-128934&quot; alt=&quot;hassan nasrallah.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-128934&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dernière apparition de Big Father en chair et en barbe remonte à quoi, maintenant…? Trois ou quatre ans? Depuis, à chaque grand rassemblement du Hezbollah ou discours télévisé du chef, des télécrans géants captivent l’attention, obnubilent les partisans. Avant-hier, un ami m’a envoyé un lien vers un papier du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, illustré par &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/17/le-hezbollah-menace-de-bombarder-israel-en-cas-d-attaque-sur-le-liban_1307082_3218.html&quot;&gt;une photo de Reuters&lt;/a&gt;. Comme cette dernière, toutes les images des rallies de l’&lt;i&gt;Inner Party&lt;/i&gt; donnent la même impression, très fidèle à celle que l’on peut avoir quand on a l’honneur d’être dans la foule. Si proche de la fameuse image de Big Brother. La désincarnation du chef devenu un simple visage en deux dimensions, l’inébranlable sentiment de recevoir des messages ne souffrant nulle discussion – même s’ils sont parfois contradictoires – et la réceptivité du public dont l’esprit critique a été lentement gommé, sont patents. Comme dans &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, l’état de guerre permanent justifie tout, de la Police de la pensée au ministère de la Vérité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre lieu, autre temps. Londres en 1984, Beyrouth en 2010, même combat. Ou comment libaniser les &lt;i&gt;Two minutes’ hate&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Doublethink&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
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<title>Les sous-doués à la faCULTé</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/02/14/14-fevrier-manifestation-pour-la-saint-rafic.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>14 Mars</category>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Photo</category>
<category>Reportages</category>
<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 19:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, 14 février, c'était donc la Saint-Rafic. Voici ce que ça donnait au ras des paquerettes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;object height=&quot;400&quot; width=&quot;100%&quot; data=&quot;http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=01f6ec87f5&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=01f6ec87f5&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Et voici la même scène, en vue aérienne (faut lire le texte ci-dessous pour comprendre).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/01/1425412930.2.jpg&quot; id=&quot;media-128039&quot; alt=&quot;macédoine beyrouthine.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-128039&quot; height=&quot;390&quot; width=&quot;587&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; «On s’attendait à bien pire!» La dame, les cheveux en bataille et d’une drôle de couleur orangée, scrute mon cou, intriguée par mon tatouage. Moi, je regarde sa petite affichette: «&lt;i&gt;What have you done with my vote?&lt;/i&gt;». Imprimée en blanc sur fond rouge. L’affichette est petite mais, m’assure la brave dame, «il y a beaucoup de citoyens qui en ont». «Par petits groupes», précise l’homme qui l’accompagne, prudemment. En tout, nous n’en avons vu que deux, des petits groupes, restés à proximité de la rue Gemmayzé, pas trop loin de Chez Paul qui, comme à chaque manif place des Martyrs, fait le plein.&lt;br /&gt; L’affichette tranche dans la mer bleue qui s’étend sur la place. Enfin, «mer», gardons le sens des proportions. «Lac» serait sans doute plus approprié. «Flaque»? Quand même pas. Mais pas non plus les «centaines de milliers de personnes» décrites dans la presse francophone libanaise (suivez mon regard). A vue de nez, 50 à 100 000. Ce n’est que mon humble avis, mais en tout cas, pas de raz-de-marée à l’horizon.&lt;br /&gt; Le 5e anniversaire de Saint Milliardaire n’a pas rameuté les foules escomptées, tout en évitant le flop total. Côté proportions, cela ressemblait à la macédoine que nous avions préparée pour le déjeuner: imaginez la photo ci-dessus comme une vue aérienne – oui, les fayots ont la part belle – et le tour est joué. Les partisans du Futur étaient donc au rendez-vous, avec une grosse poignée de FL, une pincée de Kataëb et quelques irrédentistes PSP. Certains ont sorti pour l’occasion des drapeaux bien kitch avec tête de mort, ce qui a fait dire à l’une de nos gamines: «C’est le drapeau de la mort!»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les rotatives ont dû chauffer ferme ce week-end: casquettes, drapeaux et affiches ont été fabriqués et distribués en masse, non en l’honneur du Liban mais à l’effigie de Hariri Senior et Junior. Une masse de papier qui a fini en tas sur le bas-côté des routes. Tout un symbole. Autre symbole, ou non-symbole: les affiches réclamant haut et fort «La vérité» étaient aux abonnés absents. Comme le panneau digital affichant le décompte des jours depuis le 14 février 2005 à Qantari a lui aussi été arrêté, faut croire que «la vérité» n’est plus vraiment une priorité, si elle l’a jamais été.&lt;br /&gt; Pendant quelques heures, nous avons eu droit à un festival de chanteurs à la mode et à un chauffeur de salle tout droit issu d’une chaîne de télé, petits cartons à la main comme dans «Questions pour un champion». Un orchestre bien comme il faut a remplacé les jolies improvisations du public qui donnaient un air de fête aux manifs des années précédentes. Ce qui avait été et aurait dû rester un mouvement populaire fut vite récupéré par Hariri Inc., pour aboutir à cette apothéose de 2010: un meeting de parti qui ne dit pas son nom. Du grand mauvais spectacle pour un ersatz de grande cause nationale. Une tribune pour politicard dont la bégayante personnalité doit être en mal de culte. La démocratie – le mot qui ne veut décidément rien dire – libanaise made in 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ladite démocratie continue d’être réclamée par ces politiques défendant la liberté de croire, de penser, de s’exprimer. Mais pas trop quand même. Il y a des choses, même intelligentes, à ne pas dire aux pourfendeurs de l’oppression et de l’obscurantisme. J’en prends pour preuve le «scandale» – terme utilisé fort à propos par la presse francophone libanaise (suivez mon regard) – de la semaine dernière, lors d’un colloque à l’Université antonine parrainé par la présidence du Conseil (alias Hariri Junior, qui comme tout bon responsable libanais, confond sa fonction et son auguste personne). Dans son allocution d’ouverture, la vice-présidente de l’université pour les affaires culturelles (on va dire la VPUPAC, pour faire simple) a jugé bon de citer &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;amp;_udi=B6W5N-4XXNXR0-4&amp;amp;_user=10&amp;amp;_coverDate=02%2F28%2F2010&amp;amp;_rdoc=1&amp;amp;_fmt=high&amp;amp;_orig=search&amp;amp;_sort=d&amp;amp;_docanchor=&amp;amp;view=c&amp;amp;_searchStrId=1206809241&amp;amp;_rerunOrigin=google&amp;amp;_acct=C000050221&amp;amp;_version=1&amp;amp;_urlVersion=0&amp;amp;_userid=10&amp;amp;md5=d9184efe3f462bdf64dabb2ef6a2e290&quot;&gt;une étude publiée dans la revue &lt;i&gt;The Leadership Quarterly&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Pour résumer, l’étude en question explique que dans un pays aussi corrompu que le Liban, Hariri Senior avait lui aussi eu recours à la corruption (je tombe des nues), mais à sa décharge, l’avait au moins fait de façon productive, efficace, bien souvent dans l’intérêt de la nation et dans tous les cas moins que certains de ses prédécesseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une citation maladroite mais somme toute, pas de quoi fouetter un chat, vous en conviendrez: qui au Liban pourrait encore nier que la corruption ronge le pays à tous les échelons de l’Etat depuis des lustres? Il serait sans doute temps de reconnaître les faits et d’en tirer les leçons, et c’est apparemment dans ce sens que la VPUPAC interpellait son public. Quel meilleur cadre qu’une université pour ouvrir ce genre de débats? Et quand bien même cela aurait été plus grave, «de l'indélicatesse poussée jusqu'à ses derniers retranchements, un comportement sans doute délibéré et prémédité, reflétant une absence totale d'éthique universitaire et académique, voire même une certaine malhonnêteté intellectuelle» comme un média francophone libanais (suivez mon… oui, bon, ça va) grand défenseur de la «résistance culturelle», décrit l’affaire, la réaction des premiers concernés n’en demeure pas moins aberrante: retrait outragé de la salle, kyrielle de communiqués dénonçant ce «manque de professionnalisme et d’attitude scientifique», arrêt du patronage et donc du colloque, exigence que des sanctions soient prises contre l’indélicate intervenante. Modernité, sens du dialogue et intelligence dans toute leur splendeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il me semble que nos hérauts de la démocratie auraient eu tout à gagner en répondant posément à ce qu’ils ont perçu comme une accusation, en fournissant une contre-argumentation «scientifique» plutôt que de monter sur leurs grands chevaux et jouer les vierges effarouchées. Cela leur aurait au moins permis de montrer qu’ils valent effectivement mieux que les censeurs de l’autre bord, ce qui n’est décidément pas le cas.&lt;br /&gt; Mais sans doute ne faut-il pas trop en demander à nos chers politiciens. Ni à nos chers médias et chers compatriotes d’ailleurs. On a les politiques qu’on mérite: personne, dans le public de ce 14 février, n’a rien eu à redire au fait qu’un grand portrait du souverain saoudien ait été accroché à la façade du Virgin Megastore, place des Martyrs. Entre Bachar, Hafez, Ruhollah, Abdallah et les autres, Saad est à bonne école, et peut donc se permettre de boycotter les facs.&lt;/p&gt;
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<title>Le chat d’arrière-cour</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/02/12/le-chat-d-arriere-cour.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Short stories</category>
<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 20:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/00/02/1247675467.jpg&quot; id=&quot;media-127818&quot; alt=&quot;chat.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-127818&quot; /&gt;La Française du 3e me regarde tous les matins. Droit dans l’œil droit. Le seul qui me reste. Je l’entends parfois parler de moi à son petit garçon. Quand ses lèvres s’ouvrent et se déforment, elle dit de moi «chat de gouttière». Surtout dans la phrase «Mais arrête! Ne touche pas à ce chat de gouttière, il doit être plein de puces!» Elle n’a vraiment rien compris au Liban celle-là. Ici, à Beyrouth, il n’y a pas de gouttières. Il y a des chats de rues, de dessous de voiture, de parkings… Des chats de passages improbables entre les immeubles, des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/images/chat%20beyrouth.jpg&quot;&gt;chats de toits de taule&lt;/a&gt; retenus comme par magie grâce à des parpaings ou à des vieux Dunlop usés jusqu’au métal. Mais pas de chats de gouttière.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, je suis un chat d’arrière-cour. La nuit dernière, le petit garçon a bien dû m’entendre feuler, siffler et miauler à m’en arracher les cordes vocales quand je me suis battu contre l’un des miens. Je ne le connaissais pas celui-là, avec ses poils roux en bataille. La lune était là, à peine visible dans le ciel noir. Les pupilles dilatées, j’attendais que le concierge de l’immeuble sorte les grands sacs bleus. Un coup de griffe, et je farfouille dedans, sûr de trouver de quoi me nourrir jusqu’au lendemain matin. Mais hier soir, je n’étais pas seul. L’intrus voulait partager mon dîner. L’hirsute est finalement reparti la queue entre les jambes, et deux pattes en sang. J’ai horreur qu’on vienne chasser sur mes terres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le soleil commence à réchauffer ma couenne. J’ai faim. Je me dirige vers le parking en bas de la rue. J’appréhende ce moment car tous les matins, les voitures roulent trop vite et ne s’arrêtent jamais pour nous. Mais le jeu en vaut la chandelle.&lt;br /&gt; Je l’aime bien cette petite dame, avec sa peau mate et son tablier rose. Chaque jour, elle descend avec une assiette qui, pour nous tous, signifie «festin». C’est le seul moment où aucun d’entre nous ne cherche à blesser son voisin de misère. On veut tous avoir notre part. Dès que ça s’envenime, elle nous sépare d’un geste doux, avec un sourire. J’ai déjà essayé de sourire moi aussi, mais je n’y arrive pas. Cette femme est bonne, elle donne sans compter. Sans elle, j’en connais une ribambelle qui ne saurait pas comment survivre.&lt;br /&gt; Ah! Elle est déjà là, sur ce trottoir qui sent notre pisse, nos ébats et combats nocturnes. Je joue des épaules pour me faufiler dans la masse. On doit bien être une dizaine. Je lève la tête et vois que certaines omoplates sont plus décharnées que les miennes. Je trouve un morceau de jambon. Davantage de blanc que de rose, dommage. Je l’avale sans réfléchir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De retour dans mon arrière-cour. A mon poste d’observation favori, sous ce grand bougainvillier blanc qui tranche avec mon pelage. J’attends la souris ou le lézard qui ne viendra pas. Je m’endors. J’ai encore faim, mais je m’endors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelque chose me gratte le dessus de la tête. J’ouvre la paupière. C’est le petit garçon du 3e. Je ne sais pas ce qu’il me veut, mais lui au moins n’a pas de bâton. Ça m’arrive trop souvent de me faire ratonner par les petits caïds du quartier qui se croient malins en me tapant dessus. Des fois, j’ai envie de leur crever les yeux. Mais je ne peux pas, je suis trop petit.&lt;br /&gt; Le garçon me sourit. Oh, il n’a pas l’air méchant, mais je n’aime pas trop qu’un étranger vienne me déranger. A croire qu’il se sent chez lui dans mon arrière-cour. Il m’appelle «Minou». Je ne sais pas ce que ça veut dire mais je préfère toujours ça à «chat de gouttière». Même si je fais peine à voir, j’ai ma fierté. Je suis un combattant. Un survivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais je ne sais pas si je serai encore là demain.&lt;/p&gt;
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<title>Tabac or not tabac?</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2010/02/03/tabac-or-not-tabac.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 23:28:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-126165&quot; src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/00/00/1223501859.jpg&quot; alt=&quot;cedars.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-126165&quot; /&gt;«Ah non, 2000LL, ce n’est plus suffisant depuis ce matin, &lt;i&gt;estez&lt;/i&gt;», me dit la vendeuse avec un sourire. «On m’a dit ça en me livrant aujourd’hui: les vôtres, elles sont maintenant à 2250LL, les Marlboro rouge à 2500.» &lt;i&gt;Tiens, on se croirait en France, ils augmentent le prix des clopes tous les six mois maintenant…&lt;/i&gt;, me suis-je dit sur le moment. Toutes proportions gardées évidemment, car cela place mon paquet de Gitanes Blondes à 1€08 contre 5€30 dans ce beau et lointain pays où fumer est devenu une tare interplanétaire et où il faut prévoir un plan de bataille digne d’Arcole dès que l’on veut s’approvisionner un dimanche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors voilà. C’est dans l’air du temps en ce moment au Liban: les &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.iloubnan.info/sante/reportage/id/501/titre/Le-Liban,-pays-de-libert%C3%A9-pour-les-fumeurs&quot;&gt;derniers chiffres de l’OMS&lt;/a&gt; ne laissent aucun doute quant à l’ampleur du problème. 60% des jeunes de 13 à 15 ans fument, 42% des hommes et 30% des femmes goudronnent leurs poumons quotidiennement. 3500 décès par an sont dus au tabagisme. Près de 300 millions de dollars sont dépensés annuellement pour traiter les troubles de santé liés au tabac. C’est énorme. Et malgré la signature d’une convention de l’OMS pour lutter contre le tabagisme il y a cinq ans, les pouvoirs publics libanais n’ont rien fait (faut dire à leur décharge que le Parlement a été bloqué un petit bout de temps par d'irréprochables démocrates).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce coup-ci, c’est la bonne. Le président de la commission parlementaire de la santé, Atef Majdalani, a promis une loi interdisant de fumer dans les lieux publics d’ici l’été. En mai peut-être. Le projet de loi prévoit en particulier des amendes à tout contrevenant. Tarif annoncé: de 100000 à 1 million de livres. Gloups. Le brouillon de M. Majdalani ne prévoit officiellement pas d’augmentation des taxes, augmentation qui ressemblerait – de son propre avœu – à un coup d’épée dans l’eau tant le marché libanais est abreuvé de cigarettes de contrebande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comme le Liban n’est pas un pays révolutionnaire dans l’âme (voir l’arévolution du Cèdre pour s'en convaincre), &lt;i&gt;estez&lt;/i&gt; Atef prévoit de faire appliquer sa loi, &lt;i&gt;chi va piano va sano&lt;/i&gt;. D’abord, imposer aux restos et boîtes de nuit d’installer une zone fumeur. Ensuite, on verra. Ce souci semble trouver un écho dans la population (en tout cas, dans une certaine tranche de la population). Des bars ont déjà tenté l’expérience, à Gemmayzeh par exemple, d'organiser une soirée par semaine «no smoking», sous l’impulsion d’&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.aintnosmoking.info/&quot;&gt;associations&lt;/a&gt;. Les facebookiens se sont même emparés de cette cause nationale. Un premier groupe d’anticlopes est apparu, baptisé &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/?ref=home#!/group.php?gid=247315628566&quot;&gt;&lt;i&gt;Ban indoor smoking in public places in Lebanon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;; un second lui a donné la réplique, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/group.php?gid=266930571287&quot;&gt;&lt;i&gt;No to &quot;Ban indoor smoking in Lebanon&quot;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Bon, soyons honnêtes, le premier réunit 14539 membres, le second 14. Même des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://mayazankoul.wordpress.com/2009/10/30/joke-smoke-night/#more-2191&quot;&gt;bloggers&lt;/a&gt; s'y sont mis... Des entreprises aussi interdisent de fumer dans leurs locaux, soucieuses de leur label ISO9000 et des brouettes. Elles sont rares, nous n’en sommes pas encore à voir des troupeaux de fumeurs comme sur les trottoirs de Paris, mais elles existent. Mais, mais, mais…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais de qui se moque-t-on?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La première fois que j’ai lu un article sur ce projet de loi, j’ai retenu une chose: «lieux publics». Je n’ai évidemment pas pensé aux restaurants (étourdi que je suis), mais aux «lieux publics», ceux de la fonction publique quoi… Prenons un simple exemple, tel qu'un ministère &lt;i&gt;lambda&lt;/i&gt;. Première observation: si l’on considère que les fonctionnaires libanais représentent un échantillon fidèle de la population libanaise, l’OMS se met le doigt dans l’œil avec ses chiffres, très loins du compte à mon sens. Pas un ministère ne pue pas le cendrier froid et mal vidé le matin à l'heure de l’ouverture. C’est clair, le grillage de tabac (de préférence des Cedars ou des Vantage qui ressemblent à du mauvais foin) est un véritable sport national dans la fonction publique, comme l’absorption de café (je soupçonne d’ailleurs un lien de corrélation entre les deux phénomènes) et le tournage de pouces. Deuxième observation: ces ministères devraient devenir non fumeur, histoire de donner le bon exemple. Hmm, hmm. Excusez-moi, je me racle la gorge. Un ministère non fumeur? Ahahahahahah... Je me marre. Affinons l’extrapolation: j’imagine juste une minute un inspecteur se balader avec son calepin de PV dans les bureaux de ce ministère &lt;i&gt;lambda&lt;/i&gt;... il n’aurait pas assez de 365 jours par an pour verbaliser ne serait-ce qu'un étage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j’étais ministre de la Santé et que je veuille, de bonne foi, m’attaquer au problème, je prendrais des mesures plus radicales, ou tout du moins un peu moins fantaisistes. Limiter les points de vente par exemple. Au Liban, on peut acheter des cigarettes 24h/24, dans les supermarchés, dans tous les &lt;i&gt;dekken&lt;/i&gt; du pays, dans les stations-essence… Et puis je n’augmenterais pas le prix de 250LL par paquet, mais de 5000LL. Et puis surtout, je surveillerais ma frontière avec la Syrie à travers laquelle passent des camions bourrés de cigarettes encore plus mauvaises pour la santé que les «officielles». Déjà que cette frontière n’est pas surveillée comme il le faut pour le trafic d’armes, les contrebandiers de nicotine peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Et puis aussi, tiens, je dirais à mon confrère des Finances d’arrêter de subventionner la &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.regielibanaisedestabacs.com/industry.asp&quot;&gt;production libanaise de tabac&lt;/a&gt;. C’est vrai, quoi, pourquoi l’Etat continue-t-il d’acheter la maigre production des cultivateurs du Sud-Liban pour la brûler une semaine plus tard, ce tabac étant dans sa grande majorité impropre à la consommation? Hein? L’Etat libanais pourrait inciter des cultivateurs à se lancer dans autre chose (au hasard, les biocarburants par exemple)... Qui plus est sans mettre la main à la poche, vu les sommes faramineuses déversées par les Européens dans le secteur de l’agriculture. Et puis, et puis, et puis…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis je ne suis pas ministre de la Santé, en fin de compte. Je suis fumeur, et j’avoue apprécier de pouvoir cramer une cigarette en fin de repas quand je suis au restaurant. Tiens, en parlant de restaurants… Va-t-on aussi interdire le narguileh? Au Liban??? C'est un peu comme interdire le trafic d’armes. Permettez-moi de rire (jaune).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci dit, fumer tue (surtout fumer des Cedars). Les RPG aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS 1: désolé pour le titre du post, il est pas terrible.&lt;br /&gt; PS 2: si ça se trouve, la vendeuse ce matin m'a enfumé... Y a-t-il vraiment eu une hausse officielle du prix du paquet? J'ai même pas vérifié.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Mise à jour du vendredi 5&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comme certains ne font rien comme tout le monde, le ministre des Affaires sociales Selim Sayegh a annoncé que son ministère serait dorénavant non fumeur. Bravo Selim de me donner tort! Et comme &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lanationlibanaise.org/2010/02/tabacs-et-tombacs-regir-et-agir.html#disqus_thread&quot;&gt;Jean&lt;/a&gt;, j'irai faire un tour dans quelques semaines pour voir si sa décision est appliquée...&lt;/p&gt;
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<title>Atomic Beirut</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Photo</category>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 19:14:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/images/atomic%20beirut.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/00/2034827460.jpg&quot; id=&quot;media-122102&quot; alt=&quot;atomic beirut small.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-122102&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Et si...&lt;/p&gt;
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<title>Beyrouth by day</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Histoire</category>
<category>Photo</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 16:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/02/259844496.jpg&quot; id=&quot;media-121916&quot; alt=&quot;beyrouth by day.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-121916&quot; /&gt;«&lt;i&gt;En 1960, cinq ans après la fondation du collège [Haïgazian], un professeur de sciences, Manoug Manoukian et onze de ses élèves, fondent la H.C. Rocket Society. Objectif? Lancer des fusées dans l’espace. Les recherches, en partie financées par Emile Boustany, aboutissent au lancement, en avril 1961, de Cedar I qui s’élèvera à 1000 mètres. Les débuts libanais de la conquête de l’espace atteindront leur consécration en novembre 1962 où Cedar III, une fusée à trois étages, s’élèvera à 180km et franchira 425km à la vitesse de 9000km/h.&lt;/i&gt;»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Libanais à la conquête de l’espace dans les années 60? En lisant ces lignes dans &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.antoineonline.com/LivreArabe_Beyrouth_by_day_Tania_Hadjithomas_Mehanna_9782360860043.aspx?productID=1195315&quot;&gt;&lt;i&gt;Beyrouth by day&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, je me suis dit que je ne connaissais pas si bien l’histoire de ce pays. Loin de là même. Tout fier de ma trouvaille, j’ai lu ça à ma fille de 9 ans. «C’est pas croyable!, s’est-elle exclamée. Faut que je raconte ça à ma sœur!» Je crois que la nouvelle fera le même effet sur tous les enfants et sur les adultes qui ont gardé une part d’enfance en eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce genre de petites chroniques beyrouthines, il y en a une ribambelle dans le livre de Tania Hadjithomas Mehanna (paru en décembre aux éditions &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.tamyras.com/&quot;&gt;Tamyras&lt;/a&gt;). On y découvre Spiridon (sic!) et ses poules, Wardé et son fameux restaurant &lt;i&gt;Walimat&lt;/i&gt; ou encore Oussama et ses remèdes de roses séchées. Avec ses défauts et ses qualités, &lt;i&gt;Beyrouth by day&lt;/i&gt; n’est pas un livre d’Histoire, mais un livre d’histoires. Des histoires d’hommes, de femmes et de lieux qui font Beyrouth.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’épais ouvrage conjugue la capitale libanaise au présent, et c’est bien là ce qui fait son charme. Les textes, renforcés par les images de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/06/22/ghadi-smat-fait-son-grand-ecart.html&quot;&gt;Ghadi Smat&lt;/a&gt; avec qui Tania a sillonné les 52 quartiers de la capitale, feront peut-être mal aux amoureux du Beyrouth fantasmé d’avant-guerre. Et il fera certainement mal aux lecteurs des années 2040 quand ceux-ci, témoins de la dégradation du patrimoine du pays, se plongeront dedans en se disant «Tiens, c’était comment Beyrouth au début du siècle?»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, je crois savoir pourquoi ce livre m’a touché: &lt;i&gt;Beyrouth by day&lt;/i&gt; est le livre que j’avais envie de lire sur Beyrouth.&lt;/p&gt;
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<title>Conversation virtuelle sur la laïcité</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/12/28/conversation-virtuelle-sur-la-laicite.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Religion</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 20:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-120561&quot; src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/01/921967660.jpg&quot; alt=&quot;laicite liban.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-120561&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parler de la laïcité au Liban, c’est un peu comme demander à un chat de ne pas jouer avec les boules qui pendouillent d’un sapin de Noël. Impossible de savoir si cela sert à quelque chose, mais il faut bien essayer quand même…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, pour apporter une petite contribution au débat, nous vous proposons une conversation tout ce qu’il y a de plus virtuelle entre cinq personnes interviewées séparément dans le cadre de deux articles sur le sujet. Une sorte de puzzle de citations…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais d’abord, faisons les présentations avec nos cinq intervenants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Nasri Sayegh (NS)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Journaliste au quotidien As-Safir, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://iloubnan.info/fr/actualite/id/24429&quot;&gt;fervent partisan de la laïcité&lt;/a&gt; et animateur de la Maison laïque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Hoda Nehmeh (HN)&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Doyenne de la faculté de philosophie de l’Université Saint-Esprit qui a accueilli un &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.usek.edu.lb/usek08/content/shared/common/news/1378/1378Programme.pdf&quot;&gt;colloque international sur la laïcité&lt;/a&gt; au début du mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Alexandre Paulikevitch (AP)&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Danseur et chorégraphe, à l’origine du projet de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lebanese-laique-pride.over-blog.com/&quot;&gt;«Laïque Pride»&lt;/a&gt; qui doit avoir lieu le 25 avril 2010, projet lancé un peu par hasard sur &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=191226202664&amp;amp;ref=ts&quot;&gt;Facebook&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Bernard Feltz (BF)&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Professeur de philosophie des sciences à l’&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.uclouvain.be/261840.html&quot;&gt;Université catholique de Louvain&lt;/a&gt; (Belgique), de passage au Liban pour plusieurs colloques il y a trois semaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Tamer Salim (TS)&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Président de l’&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.pourunlibanlaique.be/&quot;&gt;association &lt;i&gt;Pour un Liban laïque&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui a financé l’ouverture de la Maison laïque (gérée par Nasri Sayegh) à Beyrouth.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Allons-y…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;La société civile libanaise semble se réveiller un peu concernant la laïcité…&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous arrête tout de suite! Avant de parler de l’avenir, il ne faut pas oublier que la laïcité a existé au Liban. On ne part pas de zéro. C’est vrai, notre pays obéit à un régime politique confessionnel et sa logique est de protéger les minorités. Mais le résultat est contradictoire car ce système ne protège en fin de compte personne : depuis 1943, ce régime a connu plusieurs guerres dont les minorités ont été victimes en premier lieu. D’ailleurs, avant 1975, les Libanais étaient en grande majorité laïques, les partis politiques et les universités étaient laïques! Et aujourd’hui, les partis laïques, par leur passivité, sont les premiers responsables de la situation dans laquelle se trouve le Liban.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;D’accord, mais aujourd’hui justement, où en est-on ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;BF:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Certains acteurs de la société civile libanaise demandent avec vigueur un Etat laïque mais ils sont marginaux en termes de nombre. Leur militance active est souvent perçue comme radicale. Aujourd’hui, cette demande ne trouve pas de réponse de la part de la classe dirigeante, la société civile manque d’interlocuteurs. C’est la même chose, chez les chrétiens comme chez les musulmans.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moi, je crois qu’il y a beaucoup de laïcs, mais pas de mouvement laïque.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A mon avis, une part importante de la jeunesse est réceptive aux mots d’ordre laïques.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chez les chrétiens, je constate une vraie réflexion sur le sujet, pour une laïcité positive et ouverte. Mais c’est une minorité qui croit à ça. A l’inverse, chez les musulmans, il n’en est pas question, surtout dans le sens européen du terme. Les sunnites radicaux, par exemple, ne comprendraient même pas de quoi il s’agit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Vous dites «dans le sens européen du terme». C’est un point important en effet, il faut se mettre d’accord sur la définition du mot. Pour vous, qu’est-ce que la laïcité?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n’y a pas de modèle unique. Le modèle libanais sera de toute façon différent du modèle belge ou français.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;BF:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il y a de nombreuses formes de laïcité, le modèle français étant le plus intégriste en la matière. En tout état de cause, elle doit s’appuyer sur la distinction entre les Eglises et l’Etat, via la reconnaissance de la liberté de pensée et de culte. Dans un pays comme le Liban, il ne faut pas parler de modèle, mais de ligne directrice.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A mon sens, c’est un modèle – si l’on peut parler de modèle – qui devra forcément tenir compte de la spécificité libanaise. L’Etat des citoyens est toujours à créer au Liban. Et dans le modèle que nous préconisons, l’Etat doit être le garant de la liberté de pensée, d’expression et de croyance ou de non croyance. Actuellement, l’Etat libanais est le résultat de l’entente entre les communautés. Si celles-ci viennent à se disputer, l’Etat s’en trouve paralysé. Ce mal libanais a un nom: le confessionnalisme politique. Résultat: les Libanais souffrent d’une schizophrénie dans leur appartenance car ils doivent d’abord appartenir à leur communauté et ensuite à l’Etat. Nous préconisons un Liban où les Libanais sont citoyens d’un Etat qui garantit aux différentes communautés la liberté d’exister dans la sphère privée.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;AP:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En fait, les Libanais ne savent pas de quoi retourne la laïcité: certains ne veulent pas en entendre parler car ils croient que l’on est contre l’idée de Dieu. On peut être croyant et laïque, mais ça, la population ne le sait pas.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L’un de nos défis, c’est de convaincre l’opinion publique que l’on peut être non croyant sans mener de guerre contre les religions. Il faut dire et redire qu’être laïque ne veut pas forcément dire manger du curé, du cheikh ou du rabbin trois fois par jour, ce qui serait d’ailleurs indigeste, alors qu’en l’état actuel des choses, ce sont les laïcs qui sont exclus de toute représentation à quelque niveau du pouvoir que ce soit.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour définir la laïcité à la libanaise, il faut régler la question des quotas : peut-on intégrer les laïcs dans les quotas qui régissent la fonction publique?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Mais concrètement, pour vous, c’est quoi la laïcité ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Tous:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L’égalité entre les citoyens!&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L’égalité bien sûr. Actuellement, chaque communauté gère les statuts personnels de ses ouailles à sa façon.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C’est bien simple. Le système actuel me force à me définir comme grec-catholique. Etre un simple citoyen m’est défendu. C’est pour ça que je ne vote pas.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;AP:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous laïcs, nous voulons être regardés en tant que citoyens. Aujourd’hui, le premier prisme est celui de la religion. Par exemple, au Liban, nous devons payer toutes les démarches touchant aux statuts personnels aux clergés. Si nous avions des droits communs, ça simplifierait la question de la citoyenneté et de l’identité nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Justement, les clergés ne semblent pas vouloir lâcher leurs prérogatives… et leurs rentrées financières.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C’est bien simple. Aucun clergé ne veut s’en défaire! Sur ce sujet, les religieux chrétiens sont davantage «contre» que les musulmans. Je pense aux chiites par exemple, que cela ne dérangeraient pas plus que ça car le temps joue pour eux: à terme, ils seront les plus nombreux.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;BF:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au Liban, il existe des progressistes chrétiens et musulmans qui souhaitent un Etat laïque, donc neutre. Un Etat susceptible d’être un lieu de rencontre. Ceux-là espèrent une uniformisation du droit. Je pense en particulier à l’héritage pour les filles uniques dans la communauté musulmane car c’est un cas que j’ai rencontré. Ces femmes doivent laisser leur héritage à un cousin, du moment que celui-ci est un mâle. Le fond de l’Orient est très religieux: dans le monde arabe, il y a une référence permanente à la religion et il ne faut pas oublier de la prendre en compte.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les clergés sont un obstacle dans la mesure où ils interfèrent dans la vie politique. Par exemple, les politiciens leur doivent souvent leurs postes…&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La laïcité est une question politique, et non religieuse. Les clergés sont des suiveurs, ils pourront toujours être soutenus financièrement par des pays étrangers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Comment se situe la classe politique libanaise d’aujourd’hui ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous entendons souvent des leaders politiques parler de supprimer le confessionnalisme politique, et quand il faut passer à l’acte, toutes sortes d’arguments sont avancés pour justifier l’immobilisme dans ce domaine: «La population n’est pas prête», «Le moment n’est pas opportun» ou encore, summum de la démagogie, «Il faudrait d’abord supprimer le confessionnalisme dans les cœurs avant de le supprimer dans les textes», etc… Cependant, je pense que ces leaders ont la capacité d’influencer leurs communautés et de les rallier aux slogans de la laïcité s’ils sont sincères. Ils devraient être interpellés dans ce sens par… les laïcs.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faut que le système politique change pour cela. Mais aujourd’hui, les Libanais sont comme des troupeaux qui suivent leurs bergers respectifs.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Malheureusement, je pense que ce régime ne peut pas changer de lui-même. C’est la responsabilité des laïcs de renverser la situation.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;AP:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au Liban, c’est toujours la société civile qui va à l’encontre de ce que se passe. Aujourd’hui, les leaders politiques libanais sont très contents de l’abrutissement de la masse. Et ce phénomène est de plus en plus fort, surtout parce que chacun d’entre eux possède sa chaîne de télé.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moi, je suis persuadé que les choses peuvent bouger, car les données historiques peuvent être changées. C’est aux leaders que revient la responsabilité de changer les choses. Un seul homme peut faire la différence. Les exemples sont très nombreux dans l’histoire du pays: les Libanais suivent leurs chefs, quoi que ceux-ci disent ou fassent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Quid du mariage civil réclamé par de nombreuses associations?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On doit reconnaître le mariage civil, même sans Etat laïc.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;AP:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A mon avis, c’est encore trop tôt pour le mariage civil au Liban. Malheureusement.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Encore une fois, tout peut dépendre de la volonté politique et des intérêts d’un seul homme. Regardez Elias Hraoui quand il était président. En 1997, il voulait faire passer le mariage civil pour des raisons personnelles, afin de pouvoir divorcer facilement. Vingt-trois ministres étaient pour. L’Arabie saoudite ne voulait pas en entendre parler: Hariri a remisé cette loi dans un tiroir!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Les pays étrangers ont-ils une telle influence sur ce choix de société?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Evidemment. On sait déjà quels pays sont contre. D’un autre côté, l’allié naturel des laïcs libanais devrait être l’Occident. Mais que fait ce dernier? Il ne soutient que les régimes ultra réactionnaires de la région, ou bien les régimes «laïcs» dictatoriaux. Je vous le dis: je me sens orphelin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Vous disiez plus tôt que les laïcs sont «les premiers responsables de la situation» dans laquelle ils sont. Que peuvent-ils faire aujourd’hui ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faut arrêter de prêcher, et se mettre vraiment au travail…&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;HN:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Liban est un pays pluriel. Il faudrait donc commencer par un projet pédagogique unifié dans le système éducatif libanais, pour tous les petits Libanais sans exception. Il nous faut un vrai changement de mentalité et apprendre aux enfants les valeurs citoyennes et l’histoire de notre civilisation. Dans le meilleur des cas, cela prendra 30 ans pour espérer un résultat.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;AP:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je dirais 40 ou 50 ans, pas avant. Même si j’espère plus tôt.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;TS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Commençons déjà par nous rencontrer autour d’actions communes (pétitions, rassemblements pacifiques, manifestations, interpellations de la représentation politique….). Dans ce but, nous avons ouvert la Maison laïque, offrant ainsi un lieu où les laïcs Libanais pourraient se retrouver pour mener et enrichir le débat autour de la laïcité. Cette Maison laïque a été créée, et financée pendant trois ans,&amp;nbsp; exclusivement par l’association Pour un Liban laïc, au travers de seules activités que nous menons (conférences-débats, repas citoyens, concerts…).&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J’ai dû me résoudre à fermer la Maison laïque car je n’avais pas les 2000$ mensuels nécessaires pour la faire tourner. Aujourd’hui, j’ai simplement un petit bureau qui demande 1000$ par mois. Dans l’idéal, il faut donc commencer par créer des institutions laïques, comme une chaîne de télé, des radios, des écoles… Et il faut un leader, un chef aimé et charismatique. Mais pour se faire entendre, il faut de l’argent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;L’avenir de la laïcité se résume-t-il à une question d’argent?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;b&gt;NS:&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C’est l’argent qui fait tout au Liban.&lt;/p&gt;
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<title>Requiem pour la CD-Thèque</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Musique</category>
<category>Portraits</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 22:51:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-118807&quot; src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/00/663212329.jpg&quot; alt=&quot;cd-theque tony sfeir beyrouth.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; id=&quot;media-118807&quot; /&gt;C’était une après-midi ensoleillée de 2000. Pas loin de chez nous, un nouveau disquaire venait d’ouvrir ses portes à Beyrouth. J’y suis allé et y ai rencontré Tony Sfeir, un grand gars aux cheveux gris, l’air affable avec ses gros sourcils noirs. J’ai fouillé dans les bacs et me suis vite rendu compte que le tenancier avait une toute autre sélection que Top Ten ou La maison du disque, les concurrents d’alors. Je suis ressorti de là avec un petit sac cartonné bleu foncé et, à l’intérieur, &lt;i&gt;The fragile&lt;/i&gt; de Nine Inch Nails, un groupe figurant sur la liste noire de la censure locale. Un peu étonné et surtout très content de ma double trouvaille. Trouvaille qui n’en était pas vraiment une puisque Tony n’était pas un nouveau venu dans le métier. Il était déjà bien connu du côté d’Ajaltoun, mais je ne l’ai appris que bien plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Six années durant, je suis passé chez Tony chaque semaine. Il a vu grandir mes gamines qui m’y accompagnaient très souvent. Moi, j’ai vu grandir son affaire. Tony a déménagé en traversant le boulevard pour s’installer dans une boutique plus spacieuse, sur trois niveaux. Saison après saison, j’ai vu défiler de nouveaux vendeurs, tous passionnés, que ce soit de jazz, de musique classique, d’électro ou de rock. Chacun d’entre eux s’est nourri de ce vivier pour partir vers d’autres horizons. Je pense à Jade Souaid, gourou du Basement, Ziad Nawfal, producteur touche-à-tout et animateur sur Radio Liban, Abdallah Machnouk, plus ou moins le même profil touche-à-tout et lui aussi animateur sur 96.2, Bachir Sfeir, chroniqueur culturel à Al-Akhbar… Il y en a eu tant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la CD-Thèque, on trouve des CD bien sûr, mais aussi des DVD que les grossistes du business comme le Virgin n’ont que trop rarement dans leur catalogue. On y déniche des comic novels ou des BD un peu décalées comme Persépolis à l’époque où personne encore n’en avait entendu parler, des livres en tout genre, des magazines anglo-saxons spécialisés… Tous ceux qui sont passés par là vous le diront: il n’y a pas deux endroits comme ça à Beyrouth. Même si Tony a ouvert d’autres branches, à Hamra ou à Dbayeh, avant de penser à les fermer. Depuis plusieurs années, il était rare de croiser le propriétaire des lieux dans les boutiques, Tony ayant monté une maison de production, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.incognito.com.lb/store/&quot;&gt;Incognito&lt;/a&gt;, sorte de tremplin pour les musiciens orientaux ou les jeunes illustrateurs levantins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis voilà que la rumeur arrive, il y a plusieurs semaines de cela: Tony va bientôt mettre la clé sous la porte. Chacun a ses certitudes sur les raisons profondes de cette mort annoncée. Les finances ne suivent plus, entre gestion délicate et baisse de la fréquentation. Les acheteurs d’autrefois se font plus rares, préférant télécharger leurs mp3 sur un obscur serveur russe ou aller chez le pirate du coin pour acheter un DVD &lt;i&gt;men Souria&lt;/i&gt; à 1000 livres plutôt que d’en débourser 30000 pour un original.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hier soir, un message sur &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/group.php?gid=12221616969&amp;amp;ref=ts&quot;&gt;Facebook&lt;/a&gt; a mis un terme aux rumeurs que tout le monde savait malheureusement fondées: «&lt;i&gt;After 13 years of active existence on the local scene, and a slow agony – worldwide economical crisis, death of the CD, instability of the local political situation, you’ve heard it all before – La CD-Thèque is getting ready to “close up shop” on the 31th of January 2010. We bid you farewell and hope to see you again, somehow, somewhere.&lt;/i&gt;»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soyons honnêtes deux minutes. Je fais partie de ces déserteurs, même s’il est peut-être naïf de croire qu’un business s’écroule à cause des seuls déserteurs. Mais c’est aussi une réalité: ces trois dernières années, je ne suis passé chez Tony que trop rarement, juste pour voir si tel ou tel groupe libanais avait sorti un album. Pas suffisant pour faire tourner une affaire en cette fin de décennie. Alors oui, Tony, d’une certaine manière, je me sens un peu responsable de ce qui se passe, je m’en veux. Et aujourd’hui, je ne dois pas être le seul.&lt;/p&gt;
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<title>Ozero</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 18:57:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/02/990566140.jpg&quot; id=&quot;media-118140&quot; alt=&quot;inspecteur telephone.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Il était une fois un service public géré comme… euh… comme… ben comme la plupart des services publics, dans ce magnifique pays qui s’attend à redevenir le cœur économique du monde arabe en deux temps, trois mouvements.&lt;br /&gt; Et oui! Maintenant que Dubaï se casse officiellement la binette, à Beyrouth on se frotte les mains en étant persuadés que par un évident effet de vases communicants, tous ces investisseurs en panne d’opportunités vont se précipiter vers l’ancienne Suisse du Moyen-Orient. Du coup, pourquoi se fouler alors qu'on ne se foulait pas avant ?&lt;br /&gt; Exemple au sein de cette respectable entité qu’est Ogero, la compagnie publique gérant le réseau téléphonique fixe (en autres choses, mais ceci est une autre histoire).&lt;br /&gt; Les noms des personnes ont été modifiés (forcément, haha).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 1&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Notre investisseur présente au guichet d’Ogero une demande pour trois lignes téléphoniques, indispensables au bon fonctionnement du bureau qu’il ouvre actuellement à Beyrouth. Il donne copie de tous les documents nécessaires, ainsi que le numéro de portable de Madame X, chargée au sein de la société de suivre le dossier. Quelqu’un de chez Ogero doit la contacter sous une semaine afin qu’elle vienne finaliser la démarche et payer l’ouverture des lignes.&lt;br /&gt; Jusque là tout va bien.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Jour 4&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X reçoit un coup de téléphone:&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (voix traînante) : Aallôôôô…&lt;br /&gt; – Madame X : Allo ?&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Ya madâme, c’est vous qui avez déposé une demande pour le téléphone ?&lt;br /&gt; – Madame X : Oui, pour la société Onsedoutepasdeskinousattend. J’attendais votre appel.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Ça va, ça va. Vous êtes qui ?&lt;br /&gt; – Madame X : Pardon ?&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : La société, vous êtes qui, yaané ? Vous allez faire quoi ?&lt;br /&gt; – Madame X : Une société de publication de média.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Ha okéé. Vous faites de la publicité yaané.&lt;br /&gt; – Madame X : Non, nous publions des magazines, nous sommes journalistes.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (soudain, méfiant) : Quoi comme magazines ?&lt;br /&gt; – Madame X : Plusieurs types de magazines, mais surtout économiques et business.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (soulagé) : Haaaa ! Economiques ! Pas de politique, yaané?&lt;br /&gt; – Madame X : Non, pas de politique. Pourquoi ? Quel rapport avec nos lignes de téléphone ?&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Bassita, bassita. Mais c’est à qui, la société ?&lt;br /&gt; – Madame X : Monsieur Samer Y et mons…&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (l’interrompant) : Y, c’est le nom de son père ?&lt;br /&gt; – Madame X : Euh, non. C’est son nom de famille.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Le nom de son père?&lt;br /&gt; – Madame X (un peu embêtée, car elle se doute que ça va pas être simple) : Samer.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Donc son nom c’est Samer Samer Y ?&lt;br /&gt; – Madame X : Oui, Samer Samer Y.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Qui d’autre ?&lt;br /&gt; – Madame X : Assaad Y.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Y aussi ?&lt;br /&gt; – Madame X : Oui, c’est son frère.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Le nom du père ?&lt;br /&gt; – Madame X (estomaquée) : ben, Samer !&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire : Donc Assaad Samer Y ?&lt;br /&gt; – Madame X (de plus en plus scotchée) : Oui, puisque c’est le frère de Samer Samer Y ! Mais je ne comprends pas : tout cela est dans les papiers que nous avons déposés en faisant la demande.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (hautain) : Moi, je fais une enquête.&lt;br /&gt; – Madame X (inquiète) : Mais vous n’êtes pas d’Ogero ?&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (toujours hautain) : Si, mais moi je fais l’enquête. On vous rappellera. Vous êtes la directrice ?&lt;br /&gt; – Madame X : Oui. Mais vous pensez me rappeler quand ? Car nous attendons les lignes pour pouvoir commencer à travailler, forcément.&lt;br /&gt; – Le fonctionnaire (de plus en plus hautain) : On verra. Pas avant une semaine…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 17&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Soit presque 15 jours après le coup de fil. Inquiète du retard de plus en plus conséquent, Madame X appelle le central d’Ogero qui la renvoie vers le bureau chargé de sa région.&lt;br /&gt; Personne ne répond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 18&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Personne ne répond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 19&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Personne ne répond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 20&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Personne ne répond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 21&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Une standardiste décroche enfin.&lt;br /&gt; - Madame X : Bonjour. Nous avons demandé des lignes de téléphone depuis 3 semaines et je voudrais savoir où en est le dossier car je n’ai aucune nouvelle.&lt;br /&gt; – La standardiste (guillerette) : Au nom de qui, habibté ?&lt;br /&gt; – Madame X : La société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; – La standardiste : Yalla, une seconde. (s’adressant à un autre employé) Elie ? Elie ? Lilouuuuuuu ? Ya Lilouuuuuuuuuuu ? Où tu es, ya Lilouuuuu ?&lt;br /&gt; Lilou grommelle quelque chose.&lt;br /&gt; – La standardiste (hilare) : Ya Lilouuuu. (s’adressant à Madame X). Yalla, habibté. Il est de mauvaise humeur. Il va falloir être patiente.&lt;br /&gt; Elle transfère Madame X, un peu prise de court, à Lilou.&lt;br /&gt; – Lilou (teigneux) : Aallôôô…&lt;br /&gt; – Madame X : Bonjour. Nous avons demandé des lignes de téléphone depuis 3 semaines et je v…&lt;br /&gt; – Lilou (l’interrompant) : Au nom de qui ?&lt;br /&gt; – Madame X : La société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; – Lilou : La société Onsedoutepashgeuwygfruwebdj ?&lt;br /&gt; – Madame X : Non, la société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; – Lilou (ronchon) : Une seconde. J’ai 100 personnes qui font la queue ici, je vais pas tout arrêter pour vous. Je vous rappelle dans une demi-heure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux heures plus tard, Madame X rappelle et demande directement Lilou.&lt;br /&gt; – Madame X : Bonjour, je vous ai contacté tout à l’heure à propos de…&lt;br /&gt; – Lilou (l’interrompant) : Au nom de qui ?&lt;br /&gt; – Madame X : La société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; – Lilou (devenant vraiment hargneux) : J’ai dit que je vous rappellerai. J’ai pas que ça à faire !&lt;br /&gt; – Madame X (conciliante) : Je comprends, mais…&lt;br /&gt; – Lilou (l’interrompant) : Je vous rappellerai. (Il raccroche).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une heure plus tard, Lilou rappelle.&lt;br /&gt; – Lilou (petit rire) : Ya madame, j’ai trouvé votre dossier.&lt;br /&gt; – Madame X (soulagée) : Ha. Alors ?&lt;br /&gt; – Lilou : Vous n’avez pas donné les bons papiers.&lt;br /&gt; – Madame X : Pardon ???? Mais c’est impossible ! Nous avons tout déposé il y a trois semaines et tout était bon. J’ai même reçu un appel de vos services.&lt;br /&gt; – Lilou (implacable) : C’est pas vrai. On n’a pas les bons papiers. On ne sait pas si votre société existe vraiment.&lt;br /&gt; – Madame X (estomaquée) : Si notre société existe vraiment ? Mais enfin…&lt;br /&gt; – Lilou (l’interrompant) : Moi, je peux rien faire. Si vous voulez, appelez le 01/XXXXXX et expliquez votre cas. (Il raccroche)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madame X tente d’appeler en vain le 01/XXXXXX toute la journée. En fin d’après-midi, une femme finit par répondre. C’est un faux numéro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 22 (vendredi)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X prend son courage à deux mains et se rend au bureau chargé de sa région. Lilou est en congé, on l’oriente vers un autre employé.&lt;br /&gt; – L’employé : C’est au nom de qui ?&lt;br /&gt; – Madame X : La société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; L’employé cherche dans ses dossiers, rédigés à la main et couverts de ronds de café. Il finit par trouver.&lt;br /&gt; – L’employé : Ha voilà. Nous n’avons pas la preuve que votre société existe vraiment.&lt;br /&gt; – Madame X : Mais enfin, vous avez le document du registre du commerce et…&lt;br /&gt; – L’employé (l’interrompant) : Oui, mais les inspecteurs ne vous ont pas vue.&lt;br /&gt; – Madame X (ne comprenant pas) : Les inspecteurs ? Mais on m’a téléphoné pour enquêter sur tout ça. J’ai donné toutes les informations.&lt;br /&gt; – L’employé : Ça, je sais pas. Mais les inspecteurs sont venus et ont trouvé que votre société n’existe pas.&lt;br /&gt; – Madame X (qui commence à voir rouge) : Venus ? Venus où ?&lt;br /&gt; – L’employé (indifférent) : A l’adresse que vous avez donnée. Il n’y avait personne.&lt;br /&gt; – Madame X (exaspérée) : Mais forcément qu’il n’y avait personne, puisque nous attendons les lignes de téléphone pour pouvoir commencer à travailler !&lt;br /&gt; – L’employé : C’est pas le problème. Les inspecteurs viennent undercover, justement pour vérifier que vous travaillez vraiment. Et là, ils sont venus et ils n’ont vu personne.&lt;br /&gt; – Madame X (incrédule) : Undercover ?&lt;br /&gt; – L’employé : Oui. Si vous voulez, je peux leur dire de revenir chez vous.&lt;br /&gt; – Madame X (résignée) : Bon d’accord. Quand, que nous soyons là pour tout leur montrer ?&lt;br /&gt; – L’employé (zen) : Je peux pas vous dire. Ils ne disent pas quel jour et à quelle heure ils viennent, pour être sûrs de voir si vous travaillez vraiment.&lt;br /&gt; – Madame X (les yeux ronds) : Vous voulez dire qu’on doit rester dans un bureau à les attendre sans pouvoir travailler ? Sinon, vous ne nous donnez pas les lignes ? Mais ils peuvent mettre combien de temps à venir ?&lt;br /&gt; – L’employé : Jusqu’à une semaine, 10 jours…&lt;br /&gt; – Madame X (outrée) : Attendez, ça veut dire que nous pouvons rester jusqu’à 10 jours, de 9h à 17h, à attendre les inspecteurs dans un bureau qui n’est pas opérationnel?&lt;br /&gt; – L’employé : Oui. Alors ? Je leur dis de repasser ou pas? C’est vous qui décidez.&lt;br /&gt; – Madame X (effarée) : Je ne pense pas avoir le choix…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 25 (lundi)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X reçoit un appel du bureau d’Ogero. C’est Lilou qui l’informe que les inspecteurs sont passés samedi. Ils n’ont trouvé personne (on se demande pourquoi, un samedi) mais le concierge de l’immeuble leur a expliqué que tous les bureaux étaient fermés le week-end, et que oui, la société existait bel et bien.&lt;br /&gt; Lilou informe Madame X qu’on la rappellera d’ici deux ou trois jours pour qu’elle vienne payer l’ouverture des lignes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 28&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X, sans nouvelles et pressée par le temps, rappelle le bureau d’Ogero. Victoire! On lui annonce que tout est prêt et qu’elle peut venir le jour même pour finaliser la démarcge. En revanche, non, elle ne peut pas faire de chèque, il faut payer en cash.&lt;br /&gt; Aux anges, Madame X se précipite à la banque, retire en liquide le montant prévu, brave les embouteillages et débarque, tout sourire, au bureau d’Ogero. On la mène chez Madame P.&lt;br /&gt; – Madame P (courtoise) : C’est au nom de qui ?&lt;br /&gt; – Madame X (tout sourire) : La société Onsedoutepasdeskinousattend.&lt;br /&gt; – Madame P : Trois lignes, c’est ça ?&lt;br /&gt; – Madame X : Oui.&lt;br /&gt; – Madame P : Le nom du propriétaire ?&lt;br /&gt; – Madame X (qui a retenu la leçon): Samer Samer Y et Assaad Samer Y. Ils sont frères.&lt;br /&gt; – Madame P : Ils ont des arriérés sur les factures ?&lt;br /&gt; – Madame X (surprise) : Euh non. Ils sont Libanais, mais ont toujours vécu à l’étranger.&lt;br /&gt; – Madame P : Ha, mais là, j’ai 300 000LL d’arriérés à Chiyah et 500 000LL d’arriérés à Hamra au nom de Samer Y.&lt;br /&gt; – Madame X (stupéfaite et inquiète de voir que c’est reparti sur autre chose) : Chiyah ? Hamra ? Mais ce n’est pas possible !&lt;br /&gt; – Madame P : Si si. Regardez : ça date de 1974.&lt;br /&gt; – Madame X (entre rire et larmes) : 1974 ??? Mais ça n’a aucun sens !&lt;br /&gt; – Madame P : Si si. C’est au nom de Samer Y.&lt;br /&gt; – Madame X : Mais non, ce n’est pas possible. Samer Y avait 5 ans en 1974 !&lt;br /&gt; Madame P feuillette son dossier, retrouve la copie de la carte d’identité de Samer Y.&lt;br /&gt; – Madame P : Ha oui. En effet, ce n’est pas possible. (elle rigole). Ou alors il était très précoce !&lt;br /&gt; – Madame X (se forçant à rire) : Hahaha.&lt;br /&gt; – Madame P : Bon. Continuons. (elle feuillette le dossier, tombe sur quelque chose qui ne lui plaît pas). Ha.&lt;br /&gt; – Madame X (inquiète) : Il y a un problème ?&lt;br /&gt; – Madame P (dubitative) : Nous avons demandé trois lignes, mais les inspecteurs n’ont donné leur accord que pour une.&lt;br /&gt; – Madame X (perplexe) : Allons bon. Ça ne va pas aller du tout, une seule ligne pour une trentaine de personnes, surtout dans notre métier.&lt;br /&gt; – Madame P (conciliante) : Je comprends tout à fait. Je ne vois pas pourquoi ils ont fait ça.&lt;br /&gt; Madame P essaie d’appeler le bureau chargé des inspecteurs. Personne ne répond. Elle essaie un numéro de portable. Personne ne répond.&lt;br /&gt; – Madame P (énervée) : Ya allah ! Ils sont incroyables.&lt;br /&gt; Une heure plus tard, Madame X attend toujours près de Madame P qui s’échine en vain sur le téléphone.&lt;br /&gt; – Madame P : Ya allah ! Ils sont incroyables! On doit savoir pourquoi ils n’ont donné qu’une seule ligne. C’est peut-être un problème technique chez vous ? Bon. Habibté, je te rappelle demain.&lt;br /&gt; Madame X repart la queue entre les jambes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Jour 29&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Madame X est toujours sans nouvelles en fin de matinée. Elle rappelle Madame P avec qui elle a fait ami-ami.&lt;br /&gt; – Madame X : Bonjour Madame P. C’est Madame X.&lt;br /&gt; – Madame P : Habibté !!!! Je ne t’ai pas oubliée mais tu imagines que jusqu’à maintenant ils n’ont pas répondu ? Yalla. Je te rappelle dans une demi-heure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trois heures plus tard, Madame P rappelle enfin Madame X.&lt;br /&gt; – Madame P : Habibté ! Tu vois que je ne t’ai pas oubliée !&lt;br /&gt; – Madame X : Merci, merci. Alors, quel est le problème ?&lt;br /&gt; – Madame P : Alors, le problème, c’est que quand les inspecteurs sont venus le samedi, ils n’ont trouvé personne.&lt;br /&gt; – Madame X (interloquée) : Je sais ! Mais ils ont vu le bureau, le concierge les a fait entrer et leur a expliqué que personne ne travaille le samedi !&lt;br /&gt; – Madame P (conciliante) : Je sais, je sais, habibté. Mais comme ils n’ont trouvé personne, ils ont décidé de ne donner qu’une seule ligne…&lt;br /&gt; – Madame X (déprimée et se doutant que c'est une histoire de bakhchich) : Ha. Quoi, ils nous punissent parce que nous ne travaillons pas le samedi ?&lt;br /&gt; – Madame P (rigolant) : Je sais pas. Peut-être ! En tout cas, ils vont revenir vous voir. Et là, vous leur demanderez les deux autres lignes.&lt;br /&gt; – Madame X (résignée, une nouvelle fois) : D’accord, d’accord. Et on sait quand ils repasseront ?&lt;br /&gt; – Madame P : Non. D’ici une semaine.&lt;br /&gt; – Madame X (soupirant) : Pouvez-vous, s’il vous plaît, leur dire que ce ne soit pas un samedi ?&lt;br /&gt; – Madame P (rigolant) : Je vais leur mettre une note, habibté !&lt;/p&gt;
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<title>Sainte barbe</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>14 Mars</category>
<category>Hezbollah</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Palestiniens</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 23:21:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Chers amis, aujourd’hui, c’est la &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Barbe&quot;&gt;Sainte-Barbe&lt;/a&gt;. Eh oui. L’occasion pour nous de faire le point sur une donnée essentielle de la vie au Liban.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hier soir, les enfants se sont déguisés et sont passés de porte en porte en quête de bonbons, symbolisant ainsi la fuite de Barbe devant un père qui l’avait emprisonnée et qui la fera décapiter un peu plus tard. Dans les rues des villes et des villages, les garnements à tambours ont chanté à la gloire de Barbara, comme on l’appelle ici.&lt;br /&gt; Tradition oblige, les grand-mères ont &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.le-beausset-en-provence.com/beausset-provence-sainte-barbe.jpg&quot;&gt;préparé du blé&lt;/a&gt; (dans sa fuite, Barbe se serait cachée dans un champ de blé) parfumé à l’anis qui sera mangé plus tard avec du sucre, ainsi que ces délicieux ma3kroun. Mais trêve de confiserie, nous ne sommes pas là pour parler napperons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà. Depuis quelques mois, je porte la barbe. Et ma vie a changé. Je me suis fait plein de nouveaux amis. Cela a commencé par un obscur poète-journaliste qui me croise un jour en me lançant, l’air complice: «Chou? Sert Hezbollah?». Bravo neuneu, super drôle. Ensuite, ce sont les chabeb du quartier qui m’ont accueilli à bras ouverts, un matin où j’avais taillé ma barbe impeccablement, au millimètre: «On dirait un vrai Ouwet comme ça, tu n’trouves pas Tony?». Cela s’est poursuivi par un ancien collègue, le soir de l’inauguration du Salon du livre, qui me dit: «Tu sais, tu ressembles à un rabbin!» (j’avoue, celle-là, je ne m’y attendais pas, d’autant que ça ne court pas les rues, les rabbins au Liban). Un autre encore m’a fait toute une théorie sur le caractère saint de la pilosité faciale des hommes du Levant, et surtout de celle des hommes de Dieu, qu’ils supportent l’OM ou le PSG: «La barbe, ça rapproche du Très Haut.» Ah bon? Je n’ai pas encore eu le temps d’aller me promener du côté d’Abou Samra, dans les faubourgs de Tripoli. Mais là, j’ai comme un doute sur mon camouflage: la barbe s’y porte beaucoup plus longue. N’empêche. En constatant tout ça, je me suis dit que je devrais me lancer dans la rédaction d’un manifeste pour barbus. C’est très à la mode en ce moment, les manifestes. Commençons pas une classification visuelle:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/00/875723214.jpg&quot; id=&quot;media-116740&quot; alt=&quot;barbus libanais.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-116740&quot; /&gt;&lt;br /&gt; Depuis quelques mois donc, je me sens parfaitement intégré. A croire que l’intégration au Liban passe par la barbe. Il ne me reste plus qu’un test à passer: me balader dans les ruelles de Haret el-Hreik avec trois appareils photo et deux caméras en bandoulière, histoire de voir si la barbe fait vraiment le moine. A bien y réfléchir, dans ce pays, mieux vaut être armé d’autre chose pour faire croire qu’on se libanise avec les années. Cela a &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://latimesblogs.latimes.com/babylonbeyond/2009/11/lebanon-new-hezbollah-charter-casts-group-in-global-struggle-against-imperialism.html&quot;&gt;divinement bien marché&lt;/a&gt; il y a quelques jours pour Captain Cavern.&lt;/p&gt;
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<title>Guinness Republic</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Israël</category>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 20:18:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-114021&quot; src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/01/1023095465.jpg&quot; alt=&quot;lebanon guinness book.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-114021&quot; /&gt;Le virus Gu1nness-N1 a gravement frappé le Liban ces deux derniers mois. Très très violemment même. Chaque semaine, nous découvrons de nouveaux cas de Libanais fiévreux… à l’idée de laisser leur nom ou leur nationalité (il faut bien battre nos voisins du sud dans un domaine ou dans un autre) dans la prochaine édition du &lt;i&gt;Guinness Book des records&lt;/i&gt;. D’autant plus que le fameux livre &lt;i&gt;Guinness des records&lt;/i&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.beirutworldbookcapital.com/Events_437_%C2%AB_Guinness_World_Records_%C2%BB_dans_une_version_arabe&quot;&gt;va se décliner en arabe&lt;/a&gt; sous peu. De quoi entrevoir une prochaine résurgence de la pandémie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a donc eu &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jquDcwJcs4BeZl78pMf5RquFN4Aw&quot;&gt;le plus grand hommos, puis le plus grand tabbouleh (ce qui, on en conviendra, est une grande victoire sur Israël)&lt;/a&gt;. Et puis ces derniers jours, nous avons enregistré &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://mplbelgique.wordpress.com/2009/11/13/billy-karam-entre-dans-le-%C2%AB-guinness-book-des-records-%C2%BB-avec-22-222-miniatures/&quot;&gt;le plus grand collectionneur de voitures modèle réduit&lt;/a&gt; et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lavieimmo.com/actualite-immobilier-La_plus_haute_construction_en_allumette_du_monde_dans_le_livre_des_records-00005013.html&quot;&gt;la plus haute construction en allumettes&lt;/a&gt;. La classe internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela n’est que la partie visible de l’iceberg, car le Liban détient une ribambelle de records que le jury du &lt;i&gt;Guinness Book&lt;/i&gt; serait bien urbain d’homologuer:&lt;/p&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;Celui du plus grand nombre de kleenex jetés par les automobilistes dans les rues&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Celui du plus grand nombre de citoyens se disant contre la guerre mais qui possèdent une arme chez eux (au cas où)&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Celui du plus grand nombre de tassepoufs siliconées au km2&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Celui du plus long séjour sous terre pour un être humain&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Celui du plus grand nombre de pois chiches ingurgités en moins de 60 secondes&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Celui du plus grand rapport iPhone jailbreakés par habitant&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Et bien sûr, celui de la plus grosse malifeh dans le port de Beyrouth (10m pour 8,5 tonnes). Il faut bien l’avouer, c’est quand même dans la bouffe que les records sont les plus valorisants.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;p&gt;C’est vrai, quoi. Pourquoi s’emmerder à avoir des Prix Nobel, alors qu'il est plus simple pour un peuple de tirer sa gloire des choses vraiment essentielles?&lt;/p&gt;
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<title>Paradise city *</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Concerts</category>
<category>Humour (noir?)</category>
<category>Musique</category>
<category>Vie quotidienne</category>
<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 21:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://c.wrzuta.pl/wa7611/17b6d6ce0010986c48a9cbeb/0/guns%20%27n%27%20roses%20-%20paradise%20city.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/00/02/1756393519.jpg&quot; id=&quot;media-113404&quot; alt=&quot;beirut rock festival 2009.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-113404&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Welcome to the Dark Ages !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nouvelle n’a pas fait les gros titres la semaine passée, et pour cause. Le Liban tout entier était en train de fêter la naissance tant attendue d’un gouvernement tout beau tout neuf synonyme, comme l’a titré – à raison – un éditorialiste d’&lt;i&gt;Al-Akhbar&lt;/i&gt;, de «Bye bye June 7». C’est vrai que tout ça était… passionnant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la vraie nouvelle, ce fut ce mail, diffusé par le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.centre-catholique.com/default.asp&quot;&gt;Centre catholique d’information&lt;/a&gt;. En voici la version anglophone (enfin, façon de parler):&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;Dear parents,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;We would like to inform you the following statement by The General Information of Catholic Schools:&lt;br /&gt; There will be a dangerous event in town, called &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://beirutrockfestival.com/&quot;&gt;&quot;Beirut Rock Festival 2009&quot;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; in 11 - 13 - 14 November in Beirut.&lt;br /&gt; No doubts that all of us likes music, however during this event some community of GOTHIC people will spread&lt;br /&gt; their culture (death culture) and they will spread dark thoughts by (Anathema &amp;amp; To/Dye/For).&lt;br /&gt; and there will be a huge risk for drugs (Ecstasy) to be distributed.&lt;br /&gt; And there is a great danger that their will be ceremony of satanism.&lt;br /&gt; As written on the Festival flyer: &quot;No Cameras Allowed&quot;.&lt;br /&gt; Why? aren't they afraid that people will see what is going on?&lt;br /&gt; And cause of that, we please all parents do not let their children to attend this festival for their safety.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;…et la non moins savoureuse version française:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;Chers parents, éducateurs, responsables et jeunes, nous vous prions de faire attention !Un événement dangereux arrive en ville, Le « Beirut Rock Festival 2009 », les 11-13 et 14 novembre au Forum de Beyrouth Nous aimons tous la musique, mais lors de ce festival, certains groupes gothiques qui prônent la culture de la mort et des idées noires vont se produire (To/Dye/For, Anathema.) Grand risque de circulation de drogue (Ecstasy, Hasch etc.)Grand risque de pratiques de cultes et de rituels sataniques Il est bien écrit sur l'affiche publicitaire de ce festival &quot;NO CAMERAS ALLOWED&quot;Pourquoi ? Aurait-on peur de témoins?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attention, les bûchers sont prêts. Décidément, l’Inquisition, tous bords confondus, est en marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;______________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;* C’est à cette chanson de Guns N’ Roses que notre fille aînée a tout de suite pensé lorsque nous lui avons raconté toute l’affaire. Bein oui, notre fille n'a que 9 ans, mais elle aime le rock. Finira-t-elle tondue?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<title>The new government</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/10/the-new-government.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>14 Mars</category>
<category>Avenir du Liban</category>
<category>Elections</category>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 11:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0in 0in 0pt;&quot; class=&quot;MsoNoSpacing&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0in 0in 0pt;&quot; class=&quot;MsoNoSpacing&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-111997&quot; width=&quot;176&quot; src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/01/01/613564475.jpg&quot; alt=&quot;sante gaiete esperance.jpg&quot; height=&quot;254&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-111997&quot; /&gt;Moi, j’aime bien notre tout nouveau gouvernement. Bon, c’est vrai, ça faisait presque cinq mois qu’on l’attendait. On se demande un peu pourquoi (enfin, non, on se demande pas, en fait) l’anesthésiste a tant tardé à planter son épidurale dans la colonne vertébrale du pays, pourquoi l’accouchement a été si long et si douloureux même si l’expulsion a en fin de compte été des plus rapides.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0in 0in 0pt;&quot; class=&quot;MsoNoSpacing&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Le Liban a donc souffert, pour faire naître sous nos yeux le héros qui sort sous les bravos, Dieu que c’est beau, a ya a ya a…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0in 0in 0pt;&quot; class=&quot;MsoNoSpacing&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0in 0in 0pt;&quot; class=&quot;MsoNoSpacing&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 9pt; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Cela dit, avec ou sans gouvernement, y voyait-on une nette différence? Pas vraiment et nous avons du mal à imaginer que celui-ci&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; y changera quelque chose. Mais ne partons pas perdants dès le début. Surtout que, franchement, mettre Sélim Wardé à la Culture, ça a de la gueule non? Un chef d’entreprise, viticulteur et patron du Syndicat des producteurs de spiritueux (et accessoirement partisan Ouwet) comme ministre de la Culture, moi, j’applaudis. Voilà une belle idée à exporter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Avant-goût de Yallah underground</title>
<link>http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/30/yallah-underground.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Musique</category>
<category>Télé &amp; Vidéo</category>
<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 13:39:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Reparlons musique 3 minutes et 23 secondes, avec la bande annonce sortie cette semaine de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/yallahunderground?ref=search&amp;amp;sid=845335437.3533538997..1&amp;amp;v=info#/yallahunderground?ref=ts&quot;&gt;Yallah Underground&lt;/a&gt;, un documentaire en gestation depuis plusieurs mois,&amp;nbsp;dressant le portrait de la scène musicale alternative du pays... A suivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/cp5MYx3lx3A&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;560&quot; height=&quot;340&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/cp5MYx3lx3A&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jours tranquilles à Beyrouth (au Salon du livre… de Beyrouth)</title>
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<author>noreply@20minutes-blogs.fr (CB)</author>
<category>Art</category>
<category>JTAB</category>
<category>Télé &amp; Vidéo</category>
<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 16:14:00 +0300</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/media/02/01/660695367.jpg&quot; id=&quot;media-109366&quot; alt=&quot;jours tranquilles a beyrouth.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-109366&quot; /&gt;La grand messe annuelle du livre francophone a ouvert ses portes aujourd'hui au grand public et les refermera le 1er novembre: annulé après la guerre de 2006 et en 2007 à cause de Nahr el-Bared, pas vraiment à la hauteur l'année dernière, le Salon du livre francophone remonte lentement la pente. Cette 16e édition affiche donc la couleur: le programme – &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.salondulivrebeyrouth.org/images/sdl_catalogue.pdf&quot;&gt;à télécharger ici&lt;/a&gt; dans sa version complète – est plutôt appétissant, avec de nombreux auteurs libanais et étrangers, des expos photo (surtout sur le stand de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.beirutworldbookcapital.com/Events.aspx?lang=fr&quot;&gt;Beyrouth Capitale mondiale du livre&lt;/a&gt;), des lectures, des conférences, des débats, des séances de dédicace… Du coup, nous nous y mettons nous aussi. Sortez les agendas, voici deux rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/group.php?gid=53050975833#/event.php?eid=167708530870&amp;amp;index=1&quot;&gt;&lt;b&gt;Samedi 31 octobre à partir de 18h&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Nous dédicacerons &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Jours-tranquilles-Beyrouth-David-Hury/dp/2914214626&quot;&gt;&lt;i&gt;Jours tranquilles à Beyrouth&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sur le stand de la librairie El-Bourj de Michel Choueiri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/event.php?invites&amp;amp;eid=155642011733&quot;&gt;&lt;b&gt;Dimanche 1er novembre à 16h&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Nous participerons à une table ronde sur le thème des «blogs devenus livres», organisée par l’équipe du site web &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.iloubnan.info/fr&quot;&gt;iLoubnan&lt;/a&gt;, au cœur de l’espace Agora. Vous aurez également le plaisir d’y retrouver Maya Zankoul (&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://mayazankoul.wordpress.com/&quot;&gt;Maya’s amalgam&lt;/a&gt;), Tania Hadjithomas Méhanna (sa maison d’édition &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.tamyras.com/&quot;&gt;Tamyras&lt;/a&gt; avait sorti une adaptation des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdelhirondelle.blogspot.com/&quot;&gt;Carnets de l’hirondelle&lt;/a&gt;), Samer Karam (&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.bloggingbeirut.com/&quot;&gt;BloggingBeirut&lt;/a&gt;) et d’autres… Vu les zozos, ça risque d’être joyeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rangez les agendas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voici le clip vidéo présentant le salon...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;340&quot; width=&quot;560&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/2FnOYeIHOFo&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/2FnOYeIHOFo&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Petite info, en marge du Salon du livre: voici la liste des nominés pour le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.salondulivrebeyrouth.org/index.php?id=23&quot;&gt;Prix Phénix 2009&lt;/a&gt; (c’est comme les Oscars, mais ça se passe à Beyrouth, et seulement pour les livres en français édités dans l'année écoulée) qui sera attribué le dernier jour du salon. Nous sommes tombés dessus par hasard cette semaine: Bahjat Rizk pour &lt;i&gt;Les paramètres d'Hérodote&lt;/i&gt; (Ed. L'Orient-Le Jour), Carina Roth pour &lt;i&gt;Saisons de Beyrouth&lt;/i&gt; (Ed. L'Harmattan), Hyam Yared pour &lt;i&gt;Sous la tonnelle&lt;/i&gt; (Ed. Sabine Wespieser), et Nathalie Bontems et David Hury pour &lt;i&gt;Jours tranquilles à Beyrouth&lt;/i&gt; (Ed. Riveneuve). &lt;i&gt;(sic!)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finissons ce billet sur une note un peu plus personnelle. Les quelques heures passées au Salon hier soir pour l'inauguration m’ont fait un bien fou. Au moral en tout cas. Ça m’a fait du bien de croiser tous ces visages, toute cette grande famille de la culture et de la littérature francophone libanaise. Il y avait tout le monde ou presque, certains juste de passage, d’autres avec des valises sous les yeux à cause de la préparation du salon et/ou un sourire jusqu’aux oreilles. Ces gens, je les aime depuis des années ou simplement depuis quelques mois. Il y avait Michel, Paul, Tony, Tania, Mona, Ghadi, Ziad, un autre Paul, Adwan, Malaké, Abdallah, Cynthia, Joseph, Claire, Maxime, Maroun, Samia et j’en oublie certainement. Cette petite bulle, l’espace d’un début de soirée, a eu le grand mérite de mettre en évidence que le Liban n’est pas qu’un pays de fous furieux. Mais bon, le problème, c’est qu’en repartant du Biel, la frénésie des embouteillages m’attendait.&lt;/p&gt;
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