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dimanche, 17 avril 2011

Grand écart

Y'a des jours comme ça, plus riches que d'autres. Riches en histoires humaines. J'ai la chance d'avoir parmi mes amis des hommes très différents les uns des autres. Je ne les mélange quasiment jamais, ils représentent tous des histoires séparées. Je suis leur plus petit dénominateur commun.

Hier samedi, j'avais promis à deux d'entre eux d'assister aux scènes qui font battre leur cœur. Le premier, vous vous en souvenez peut-être, est quelqu'un de très spécial pour moi. Et, comme chaque année, ce début de printemps marque pour lui la première étape de la préparation de son «or brun». Cette fois, je me suis dit que j'allais documenter tout le processus. Rendez-vous donc à 9h, sur la route de Damas, à 20 minutes de Beyrouth.

samir muller clay.jpgEtape nº1: le mélange de trois terres différentes, aux propriétés spécifiques (ci-dessus en photo), et le tamisage. Etape nº2, dans deux semaines: la «récolte» de la glaise et sa transformation en boudins de 20kg qu'il utilisera lui-même et revendra à différents clients, comme les facultés d'art du pays ou des sculpteurs. La terre de Samir est de l'or et lui ne s'en rend pas compte. Nous nous sommes promis de nous revoir bientôt, loin de la poussière de son caravansérail, devant l'écran d'un ordinateur pour faire une «étude de prix». Cela fait 10 ans qu'il vend les 20kg de terre à 18000LL, soit moins de 1000LL le kilo. Un prix qu'il faudrait probablement réévaluer, vu le coût de sa matière première, les heures d'un travail harassant en plein cagnard...

[...]

Deuxième rendez-vous de la journée, à 16h. Je troque mon T-shirt plein de glaise pour une chemise blanche impeccable. Direction les salons du 2e étage de l'hôtel Gabriel à Achrafieh pour la 9e vente aux enchères organisée par Cedarstamps.

cedarstamps bernardo longo.jpgJ'y retrouve Bernardo, mon Rital passionné par l'histoire postale du Levant. Plus de 300 lots sont exposés. Les enveloppes mises en vente vont de 20 euros à 10000 euros. Quelques clients sont dans la salle, d'autres au téléphone depuis l'étranger. 17h50: arrive alors le lot nº183. Une petite enveloppe tamponnée au Qatar en octobre 1916. Mise à prix: 5000 euros. Les enchères montent, deux collectionneurs – par téléphones interposés – se lancent dans une partie de ping-pong hallucinante. Résultat: le premier jette l'éponge au bout de dix minutes, le second remportant le lot pour la bagatelle de 53000 euros...

[...]

En faisant un calcul à la louche, le premier vend donc sa terre à moins de 1000 livres le kilo, le second son enveloppe – en admettant qu'elle pèse 10 grammes – à plus de 11,5 milliards de livres le kilo. Ça s'appelle un grand écart.

jeudi, 03 février 2011

Sassine, 13h14

vieux oud sassine 600.jpg

lundi, 30 août 2010

All the militia men, go home!

vendredi, 28 mai 2010

Untitled tracks for Munma

Un titre pot-pourri pour un post 2-en-1 façon shampooing-démêlant. Ça faisait longtemps que je voulais le faire et le concert de lancement du nouveau CD de Munma m’a sorti de ma torpeur… Alors voilà, avis aux amateurs de découvertes musicales et photographiques!

mumna.jpgNous commencerons donc par le plus récent, avec Previews & Premises, le quatrième et dernier effort de Jawad Nawfal aka Munma. Auteur d’un beau CD au sortir de la guerre de 2006 (nous avions repris l’intro de son CD pour la lecture de Jours tranquilles à Beyrouth à la gare ferroviaire de Mar Mikhaël), il revient avec des plages électroniques concoctées ces 4 dernières années et à ne pas mettre entre toutes les oreilles (disons qu'il faut écouter ça dans de bonnes conditions), mélangeant tentatives organiques, jazz et arabisantes sur fond d’électro industrielle. Les habitués du Basement ont pu découvrir ça il y a pile poil deux semaines. Petit merci au passage à Tanya Traboulsi pour la photo de Jawad prise lors du «concert» au Basement.

untitled tracks tanya traboulsi ziad nawfal.jpgLa photographe Tanya Traboulsi justement qui, en compagnie de Ziad Nawfal (le frère de Jawad) et de Ghalya Saadawi, a sorti il y a deux mois un bouquin textes-photos intitulé Untitled tracks sur la scène musicale alternative beyrouthine de ces dernières années. On y retrouve Mumna bien sûr, mais aussi les Scrambled Eggs, les ex-Soap Kills, les Incompetents, Lumi et bien d’autres. Les images sont personnelles, les textes aussi. Nous, ça nous plaît, alors autant vous faire partager ça avant le week-end.

Sur ce, on vous laisse avec un petit morceau de Munma, Bits and dust...


podcast

dimanche, 25 avril 2010

Laïque Pride sous le ciel (bleu et encombré) de Beyrouth

beyrouth laique pride.jpgY'avait de tout dans la Laïque Pride d'aujourd'hui pour défendre l'idée d'un Liban laïque: des féministes, les chéguévaristes (ils me font toujours rire ceux-là), des gays, des vieux, des enfants, des couples mixtes qui se disent que c'est «tout de même débile de devoir aller à Chypre pour se marier», pleins de bobos, une ribambelle de photographes, caméramen et autres, des flics pour barrer la route du Parlement... Vous pouvez lire tout ça ici.

Et puis vous avez aussi la version diaporama.


A 11h56 précises, alors que le chant du muezzi tentait de couvrir le tintamarre de la manifestation bloquée par le cordon de policiers, il fallait lever la tête pour voir ça:

survol israelien resolution 1701.JPG

Les survols du territoire libanais par les avions israéliens font aussi partie du décor (cherchez bien les deux petites traînées blanches dans le ciel...).

C'est ce que l'on appelle un jour tranquille à Beyrouth.

mercredi, 03 mars 2010

Raksit Leila

Juste pour le plaisir... Avec un petit rappel ici.

mardi, 15 décembre 2009

Requiem pour la CD-Thèque

cd-theque tony sfeir beyrouth.jpgC’était une après-midi ensoleillée de 2000. Pas loin de chez nous, un nouveau disquaire venait d’ouvrir ses portes à Beyrouth. J’y suis allé et y ai rencontré Tony Sfeir, un grand gars aux cheveux gris, l’air affable avec ses gros sourcils noirs. J’ai fouillé dans les bacs et me suis vite rendu compte que le tenancier avait une toute autre sélection que Top Ten ou La maison du disque, les concurrents d’alors. Je suis ressorti de là avec un petit sac cartonné bleu foncé et, à l’intérieur, The fragile de Nine Inch Nails, un groupe figurant sur la liste noire de la censure locale. Un peu étonné et surtout très content de ma double trouvaille. Trouvaille qui n’en était pas vraiment une puisque Tony n’était pas un nouveau venu dans le métier. Il était déjà bien connu du côté d’Ajaltoun, mais je ne l’ai appris que bien plus tard.

Six années durant, je suis passé chez Tony chaque semaine. Il a vu grandir mes gamines qui m’y accompagnaient très souvent. Moi, j’ai vu grandir son affaire. Tony a déménagé en traversant le boulevard pour s’installer dans une boutique plus spacieuse, sur trois niveaux. Saison après saison, j’ai vu défiler de nouveaux vendeurs, tous passionnés, que ce soit de jazz, de musique classique, d’électro ou de rock. Chacun d’entre eux s’est nourri de ce vivier pour partir vers d’autres horizons. Je pense à Jade Souaid, gourou du Basement, Ziad Nawfal, producteur touche-à-tout et animateur sur Radio Liban, Abdallah Machnouk, plus ou moins le même profil touche-à-tout et lui aussi animateur sur 96.2, Bachir Sfeir, chroniqueur culturel à Al-Akhbar… Il y en a eu tant.

A la CD-Thèque, on trouve des CD bien sûr, mais aussi des DVD que les grossistes du business comme le Virgin n’ont que trop rarement dans leur catalogue. On y déniche des comic novels ou des BD un peu décalées comme Persépolis à l’époque où personne encore n’en avait entendu parler, des livres en tout genre, des magazines anglo-saxons spécialisés… Tous ceux qui sont passés par là vous le diront: il n’y a pas deux endroits comme ça à Beyrouth. Même si Tony a ouvert d’autres branches, à Hamra ou à Dbayeh, avant de penser à les fermer. Depuis plusieurs années, il était rare de croiser le propriétaire des lieux dans les boutiques, Tony ayant monté une maison de production, Incognito, sorte de tremplin pour les musiciens orientaux ou les jeunes illustrateurs levantins.

Et puis voilà que la rumeur arrive, il y a plusieurs semaines de cela: Tony va bientôt mettre la clé sous la porte. Chacun a ses certitudes sur les raisons profondes de cette mort annoncée. Les finances ne suivent plus, entre gestion délicate et baisse de la fréquentation. Les acheteurs d’autrefois se font plus rares, préférant télécharger leurs mp3 sur un obscur serveur russe ou aller chez le pirate du coin pour acheter un DVD men Souria à 1000 livres plutôt que d’en débourser 30000 pour un original.

Hier soir, un message sur Facebook a mis un terme aux rumeurs que tout le monde savait malheureusement fondées: «After 13 years of active existence on the local scene, and a slow agony – worldwide economical crisis, death of the CD, instability of the local political situation, you’ve heard it all before – La CD-Thèque is getting ready to “close up shop” on the 31th of January 2010. We bid you farewell and hope to see you again, somehow, somewhere.»

Soyons honnêtes deux minutes. Je fais partie de ces déserteurs, même s’il est peut-être naïf de croire qu’un business s’écroule à cause des seuls déserteurs. Mais c’est aussi une réalité: ces trois dernières années, je ne suis passé chez Tony que trop rarement, juste pour voir si tel ou tel groupe libanais avait sorti un album. Pas suffisant pour faire tourner une affaire en cette fin de décennie. Alors oui, Tony, d’une certaine manière, je me sens un peu responsable de ce qui se passe, je m’en veux. Et aujourd’hui, je ne dois pas être le seul.

lundi, 16 novembre 2009

Paradise city *

beirut rock festival 2009.jpgWelcome to the Dark Ages !

La nouvelle n’a pas fait les gros titres la semaine passée, et pour cause. Le Liban tout entier était en train de fêter la naissance tant attendue d’un gouvernement tout beau tout neuf synonyme, comme l’a titré – à raison – un éditorialiste d’Al-Akhbar, de «Bye bye June 7». C’est vrai que tout ça était… passionnant.

Mais la vraie nouvelle, ce fut ce mail, diffusé par le Centre catholique d’information. En voici la version anglophone (enfin, façon de parler):

Dear parents,

We would like to inform you the following statement by The General Information of Catholic Schools:
There will be a dangerous event in town, called "Beirut Rock Festival 2009"
in 11 - 13 - 14 November in Beirut.
No doubts that all of us likes music, however during this event some community of GOTHIC people will spread
their culture (death culture) and they will spread dark thoughts by (Anathema & To/Dye/For).
and there will be a huge risk for drugs (Ecstasy) to be distributed.
And there is a great danger that their will be ceremony of satanism.
As written on the Festival flyer: "No Cameras Allowed".
Why? aren't they afraid that people will see what is going on?
And cause of that, we please all parents do not let their children to attend this festival for their safety.

…et la non moins savoureuse version française:

Chers parents, éducateurs, responsables et jeunes, nous vous prions de faire attention !Un événement dangereux arrive en ville, Le « Beirut Rock Festival 2009 », les 11-13 et 14 novembre au Forum de Beyrouth Nous aimons tous la musique, mais lors de ce festival, certains groupes gothiques qui prônent la culture de la mort et des idées noires vont se produire (To/Dye/For, Anathema.) Grand risque de circulation de drogue (Ecstasy, Hasch etc.)Grand risque de pratiques de cultes et de rituels sataniques Il est bien écrit sur l'affiche publicitaire de ce festival "NO CAMERAS ALLOWED"Pourquoi ? Aurait-on peur de témoins?

Attention, les bûchers sont prêts. Décidément, l’Inquisition, tous bords confondus, est en marche.

______________________

* C’est à cette chanson de Guns N’ Roses que notre fille aînée a tout de suite pensé lorsque nous lui avons raconté toute l’affaire. Bein oui, notre fille n'a que 9 ans, mais elle aime le rock. Finira-t-elle tondue?

vendredi, 30 octobre 2009

Avant-goût de Yallah underground

Reparlons musique 3 minutes et 23 secondes, avec la bande annonce sortie cette semaine de Yallah Underground, un documentaire en gestation depuis plusieurs mois, dressant le portrait de la scène musicale alternative du pays... A suivre.

samedi, 17 octobre 2009

Mashrou3 Leila in concert

mahrou3 leila.jpg...mashrou3 leila concert basement.jpgTiens, on reste dans le domaine musical, mais cette fois avec du 100% libanais, dans la catégorie rock arabe alterrnatif. Demain soir 18 octobre, nous serons au Basement pour le concert d’un des groupes les plus prometteurs de la scène locale. Ça fait un peu plus d’un an qu’ils ont commencé à faire parler d’eux. Eux, ce sont les membres de Mashrou3 Leila. Que vous dire de plus sinon que ça vaut le détour…

Voici quelques chansons en streaming sur leur page MySpace... et une vidéo de concert à visionner ici.

 

 

 

 

 

 

 

Et puis tiens, voici un petit clip glané sur Youtube. Ça plaira aux amoureux d’un Beyrouth à la Amélie Poulain. Et la chanson d’introduction est signée… مشروع ليلى.

[...]

Et voilà la version en concert, c'est pas mal non plus...

[...]

Et pour être tout à fait complet sur le sujet, voici l'enregistrement de l'émission de Ziad Naufal sur Radio Liban, émission consacrée à Mashrou3 Leila le 12 octobre dernier. C'est par ici que ça se passe...

mercredi, 14 octobre 2009

Pump up the volume !

Ce week-end, le Sky Bar a donc fermé ses portes pour la «saison». Une saison qui se sera prolongée loin après l’été cette année, y compris en semaine puisque toutes les nuits, nous avons pu profiter du beat soutenu de cette célèbre boîte en plein air, pour la plus grande joie des fêtards beyrouthins et d’ailleurs.

Cela me donne l’occasion de revenir sur l’un des tubes de l’été, qui a fait fureur au Liban (et ailleurs): tout l’été et pendant ce début d’automne donc, nous avons pu, de notre balcon, entendre à un volume en croissance proportionnelle au passage des heures I gotta feeling des Black Eyed Peas.

Il y en a eu d’autres, bien sûr, des tubes. Mais celui-ci a retenu mon attention car je ne peux m’empêcher de trouver savoureux que pendant des semaines, des dizaines de jeunes libanais aient dansé, chanté, et sans doute trinqué au son d’une chanson ponctuée de «Mazel tov» et de «Lekhaïm» tout ce qu’il y a de plus hébreu. Le tout au nez et surtout à la barbe – c’est le cas de le dire – des censeurs, sourcilleux défenseurs de la prohibition et autres gardiens de la morale régionale qui font interdire tant d’artistes et d’œuvres pour moins que cela, mais qui sur ce coup-là, n’ont rien vu passer. Bon, d'accord, c'est anecdotique, mais voir 400 Libanais pur teint entonner tous en chœur «Mazel tov» à un mariage, ça valait son pesant de bzourat.

Tchin.

vendredi, 24 avril 2009

Haifa, George & le Cessna

vatican.jpghaifa wehbe.jpgcessna.jpgLa ville est en émoi. Enfin, pas toute la ville non plus, et pas tout le monde non plus. Surtout pas pour les mêmes raisons.

Au milieu, nous avons un gros groupe de poilus qui pleurent toutes les larmes de leur corps: leur idole s’est faite passer la bague au doigt ce matin à un obscur homme d’affaires égyptien. Voilà, c’est fait c’est dit, Haifa Wehbé s’est (re)mariée, brisant les cœurs de tous les Arabes, du Maroc au Golfe persique. Céty pas triste ça!

A gauche, nous avons le Centre libanais des droits humains et la Fédération internationale des droits de l’homme qui s’insurgent contre la nomination du général George Khoury, ex-boss des renseignements militaires (qui s’est fait soufflé la politesse par Khawaji pour le trône kaki), au poste d’ambassadeur auprès du Vatican. Les deux organismes lui reprochent son goût pour la torture et considèrent que ce placard doré lui fournit une immunité qu’il ne devrait pas avoir. Remarquez, ce ne serait pas la première erreur de casting au Saint-Siège.

Et puis à droite, y’a l’armée libanaise qui frétille. Sur son site web, nous découvrons ébahis que «les Forces de l’air» sont toutes heureuses de vous faire part de la réception, en provenance directe des Etats-Unis, d’un… Cessna Caravan (je savais pas que ça existait, la version caravane d’un avion). Ce doit être pour se prémunir de la prochaine version israélienne de Tora! Tora! Tora!

Comme quoi, il s’en passe des choses au Liban…

vendredi, 22 août 2008

«Tu sais comme je t'aime le Liban»

podcast

Retour en 2008, même si ça ressemble plutôt à du 1988. Voici la pub la plus hilarante que l'on ait entendue depuis longtemps. Et comme nous sommes des gens sympas, on vous offre même la version anglaise en bonus.
podcast

mercredi, 09 juillet 2008

Leaving Beirut

lundi, 16 juin 2008

Rendez-vous

1154498840.jpgCool, cool, cool, les revoilà! Les comédiens de Axis of Evil reviennent au Liban, les 9 et 10 août prochain au Forum de Beyrouth (avec trois nouveaux mais sans le Palestinien Aron, pour ceux qui s'en souviennent. Ils sont brouillés depuis). Quelques chanceux les avaient découverts en décembre dernier sur la scène du Casino du Liban. Pour reprendre l'expression d'un copain, Axis of Evil est «un spectacle de salubrité publique pour le Liban et le monde arabe». A ne pas rater donc... Rien que pour cette fameuse réplique, concernant les Libanais qui se moquent des guerres et du chaos politique: «We party! We party!»

[…]

155311245.jpgCôté festival, on ne va pas faire la liste complète ici même. Mais on peut quand même mettre en valeur quelques coups de cœur. Si Baabeck n'a pas encore dévoilé sa programmation complète (mis à part le concert de Mika en partenariat avec Beiteddine et 2you2see, la boîte de prod de notre copine Hala), c'est bien dans la jolie cité du Chouf que quelques petits bijoux se préparent. Je pense surtout à l'immense saxophoniste américain Branford Marsalis pour les amateurs de jazz le 15 juillet (petit plaisir personnel pour moi). Il y aura aussi de la musique brésilienne (le 19 juillet avec Gilberto Gil), du tango (du 23 au 25 juillet) ou encore l'inoxydable Kazem es-Saher (le 1er août). Allez jeter un coup d'œil sur le programme, vous trouverez certainement votre bonheur.

[…]

1513714251.jpgVous l’aurez peut-être compris, ici, on a quelques petites fixettes. Alors comme tout le monde n’a pas pu venir vendredi soir à Ajram Beach voir la première vraie prestation scénique de Lumi à Beyrouth, deux autres salves de beats et de guitares sont prévues. La première est organisée à Paris lundi 23 juin, au Klub (métro Châtelet, 14 rue Saint-Denis). Le duo formé par Marc «Max la bidouille» Codsi et Mayaline «Debbie Harry» el-Hage sera accompagné pour l’occasion de Jade (le DJ du Basement) et de Shoot Shoot dont nous parlions il y a peu ici même (c’est toujours la même petite bande). La seconde aura lieu à Londres, chez Madame Jojo à Soho, le 7 juillet prochain. Bref, ça vaut doublement le coup alors ne vous privez pas!
Sinon, toujours dans le même genre musical, notons la belle soirée prévue dans le cadre du Festival international de Byblos, la «Nuit blanche 2008» (samedi 12 juillet) avec pour commencer Lumi (c’est pas de ma faute, ils sont partout!), Sébastien Tellier, Mouse on Mars, différents DJ’s et petit déj’ servi sur le vieux port vers 4h30.

[…]

A part ça, Lebanese Mobbers organise un nouveau flashmob dimanche 22 juin. Un mail sera envoyé (par qui et à qui exactement, on ne sait pas) vendredi prochain contenant un lien vers un fichier mp3 à télécharger, en vue d’un rassemblement dimanche après-midi (les mobbers devront être équipés d’un lecteur mp3 le jour J). Le seul début de piste (de ce jeu de piste justement) que j’ai pu avoir, c’est qu’il ne s’agira pas d’un «silent rave» comme en mai (faudra-t-il crier tous en même temps?). La dernière fois, ça avait donné ça au City Mall...

jeudi, 05 juin 2008

Lumi, The Garden Show et autres réjouissances

1510263490.jpgBon, bon, bon... la saison estivale s'annonce chargée en matière de concerts importés (Mika et consorts). Alors parlons un peu de ce qui se fait localement, avec le concert «baladé» de Lumi, un duo que l'on aime bien par ici. Ça se passe à l'Ajram Beach (la plage réservée aux femmes à Aïn el-Mraisseh), vendredi 13 juin à partir de 22h (20000LL l'entrée). Marc et Mayaline en profitent pour lancer leur premier album, et on leur dit merde. Après le concert, Jade du Basement se chargera de prolonger la soirée.

Pour ceux qui ne connaissent pas Lumi, voici deux petits rappels ici et surtout (avec les tous premiers titres du groupe en ligne). Sinon, ils peuvent aller écouter les nouvelles chansons (très new wave) ici. Et en vidéo, ça se passe ci-dessous...


[...]

A part ça, voici un faire-part de naissance: Zeid de New Governement (et ex-Soap Kills) vient de lancer une nouvelle formation, Shoot Shoot, avec deux membres des Scrambled Eggs. A suivre, donc...


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1393310644.jpgEt dans un autre registre, n'oublions pas le Garden Show, genre de salon en plein air un peu mondain à l'hippodrome de Beyrouth (du 10 au 14 juin) où l'on peut dégoter de belles plantes et autres produits du terroir libanais. J'aime bien ce rendez-vous annuel où l'on peut voir un peu de verdure en plein Beyrouth, et des gens qui aiment ça. Comme quoi il n'y a pas que des «adorateurs des kleenex par la fenêtre de la BMW» dans ce beau pays.


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Sautons du coq à l'âne. Juste un petit lien vers un nouveau site d'infos (Akel hawa!) sur ce que le monde arabe a enfanté de plus terrible depuis des siècles: les stars de variétés. Et surtout sur ce billet concernant Nancy Ajram, avec un stupéfiant avant/après. Du grand art. Bravo messieurs les chirurgiens.

jeudi, 17 avril 2008

Autruches

763b96b094334925afc4f9e961515edb.jpgIl y a deux jours, l’une des DJ œuvrant dans la même radio que moi répondait à un appel téléphonique pour le moins incongru: le ministère de l’Information au bout du fil, non pour demander une spéciale dédicace sur une chanson de Mike Brant même s’il appelait sur le même numéro que les auditeurs, voulait savoir qui était le directeur des programmes. Y sont pas bien informés, pour un ministère de l’Information, d’autant que le personnage concerné occupe ce poste depuis une bonne dizaine d’année. Bref, là n’est pas la question.

En fait, le ministère de l’Information n’était pas content car on y avait entendu dire qu’une chanson de Yaël Naïm – artiste israélienne qui s’est récemment fait une réputation internationale pour ceux qui ne connaîtraient pas – passait sur les ondes. Bon, ils étaient pas trop sûrs, en même temps, au ministère de l’Information. C’était peut-être chez nous (peu probable vu notre programmation pourrie) ou chez notre radio-sœur, ou encore une autre. Et puis, quand? Quelle chanson? Et à qui faut-il parler déjà? C’est pas bien grave, ce ne sont que des détails. L’essentiel, c’est de nous informer que Yaël Naïm ne doit pas être entendue au Liban. Notre pauvre DJ, bien embêtée, a bafouillé une réponse quelconque et l’affaire en est resté là.

On croit rêver. Et pourtant, ça se passe comme ça dans notre belle démocratie libanaise. Une liste noire tout ce qu’il y a de plus officiel, même si elle commence à dater un peu (et c’est un euphémisme) se rappelle de temps en temps à notre bon souvenir; elle comprend des noms comme Harry Belafonte (bon, c’est pas trop grave), Louis de Funès (si, si, il y a même eu une razzia au Virgin un beau jour, pour rafler tous les Rabbi Jacob. D’ailleurs, il est listé à la fois sous le D, pour de Funès, et sous le F pour Funès, comme ça on ne peut pas le rater), Juliette Greco (et Marie-Juliette Greco aussi), Jerry Lewis, Enrico Macias (pourtant, Dieu sait qu’on l’entend celui-là), Paul Newman (d’où le retard de projection de ses films, le temps que les affiches soient retouchées afin que son nom n’y apparaisse plus), Frank Sinatra, etc., sans compter ceux qui sont interdits parce qu’ils sont «de mauvaise moralité» ou d’influence néfaste pour la jeunesse (Nine Inch Nails forever).

Tout cela pourrait faire sourire, passer pour une sorte d’aberration anachronique… si ce n’est que, comme l’affaire Yaël Naïm le montre, la culture, la liberté de penser se mesurent de plus en plus à des aunes pour le moins variables. Et la balance penche de plus en plus dans un sens unique qui n’est pas fait pour nous plaire. Parce qu’au-delà de tout ça, c’est la liberté tout court qui est en jeu au Liban. Un pays où, désormais:

  • Un film comme Persépolis a frôlé l’interdiction pure et simple pour ne pas froisser le Hezb et ses parrains.
  • Il faut obtenir du Hezbollah une carte de presse pour pouvoir prendre des photos et réaliser des interviews dans le sit-in du centre-ville, un espace pourtant public mais qu’il faut contourner depuis 18 mois lorsqu’on est en voiture et où il faut montrer patte blanche même s’il n’abrite plus grand monde à part des ouvriers syriens bien contents d’y trouver le gîte et le couvert.
  • Un groupe de noctambules se fait agresser (à coups de poignards paraît-il) à la sortie d’un bar rue Monot le week-end dernier parce qu’ils n’ont pas voulu trinquer à la santé de Hassan Nasrallah.
  • Les forces de sécurité sont obligées de livrer deux individus arrêtés près de Aley dans le Chouf, encerclés qu’ils étaient par des partisans du parti de Dieu.

Et j’en passe et des meilleures, ces exemples n’étant que quelques uns des plus récents…
Aujourd’hui, nous vivons dans un pays où une milice peut imposer sa loi – et elle le fait de plus en plus, ne nous voilons pas la face – au mépris de la loi et du droit le plus élémentaire. En fait, ce n’est pas seulement sa loi, c’est aussi son idéologie et ses principes réactionnaires. Je ne stigmatise aucunement une communauté, loin de là, et je ne souhaite pas entrer dans le débat de la légitimité du Hezbollah vis-à-vis de la politique israélienne.

Pour tout dire, je m’en fous en ce moment, de la politique israélienne, de la résistance et du reste. Je me pose – et vous pose – une question bien plus personnelle, et à mon sens, cruciale: vers quel Liban nous orientons-nous, sous couvert d’enjeux régionaux ou par simple peur des armes du Hezb? Et par extension, pouvons-nous faire quelque chose pour inverser la tendance et défendre nos libertés? Il ne s’agit pas de défendre une culture occidentale ou à l’Américaine, mais de préserver notre droit, notre capacité à avoir le choix.

Parce qu’en fin de compte, une dernière question se posera inéluctablement: le Liban qu’on nous prépare ne sera pas nécessairement celui dans lequel nous aurons envie de vivre et de voir grandir nos enfants. N’aurons-nous d’autre alternative que de le quitter ou de nous plier à des principes d’un autre temps?

mardi, 18 mars 2008

Sons du Liban et d’ailleurs

3fa1bd4e9f831d1dc69affc5bacfb137.jpgEn avant la musique! Incognito, la boîte de production de ce cher Tony Sfeir, lance à partir de mercredi soir son New oriental sounds festival. Au programme, huit concerts d’artistes du Liban, d’Egypte, de Syrie et de Palestine qui se dérouleront tous à la crypte de l’église Saint-Joseph à Achrafieh (sauf le 30 mars, au théâtre Monnot).

Mercredi 19 mars
El-Dor el-Awal, orient jazz – Egypte
Samedi 22 mars
Naïssam Jalal, Miles Jay et Ahmad al-Khatib, modern ambient jazz – Syrie, France, USA, Liban
Mercredi 26 mars
Katibeh Khamseh & guests, rap – Palestine, Liban
Vendredi 28 mars
Dima Orsho & Gaswan Zerikly, orient lieder – Syrie
Dimanche 30 mars
Eskenderella, Egypte
Mercredi 2 avril
Hazem Shaheen & Masar, oud et oriental jazz quartet – Egypte, USA
Dimanche 6 avril
Twais, classical oriental quartet – Syrie
Mercredi 9 avril
Marc Ernest, mouwashah on piano – Liban
Billets disponibles à la CD-Thèque.

mardi, 19 février 2008

Partition achevée pour Rafic Hobeika

0b24f7830883de872b0484723e5ea314.jpgJ’ai rencontré monsieur Rafic au printemps 2006. Petit et pétillant, les cheveux d’un blanc éclatant, il avait le verbe facile. Je n’avais jamais entendu parler de lui auparavant. Pourtant, il avait eu son heure de gloire dans le monde de la musique: chef d’orchestre, compositeur, il a laissé derrière lui une œuvre foisonnante dans le folklore libanais. Puis il s’était retiré, dégoûté de ce monde artistique devenu trop mercantile à ses yeux. Il avait donc remisé sa baguette pour prendre son pinceau, et gérait une petite boutique d’encadrement pas loin de la place Sassine. C’est là que je l’avais vu pour la première fois alors que j’avais besoin de faire encadrer des photos. Il m’avait raconté un bout de sa vie. Il se souvenait avec amertume d’une époque synonyme de liberté et de légèreté (peut-être trompeuse), comme en témoigne la pochette de l’un de ses 33 tours – ci-dessus –  datant de 1973. On ne verrait plus de Suédoise blonde et dénudée sur des albums de variété orientale de nos jours…

Il y a quelques jours, je suis retourné le voir pour un encadrement, avec aussi dans l’idée de faire son portrait. Sa femme m’a accueilli, tout de noir vêtue. «Il est mort il y a trois mois. Son cœur s’est simplement arrêté de battre. C’était un bon père de famille», m’a-t-elle dit simplement. Elle a repris la boutique d’encadrement, histoire d’occuper ses journées et de ne pas trop cogiter. Je me suis senti bête, face à cette femme au chagrin évident. Et je me suis dit que je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de revenir voir monsieur Rafic.

mardi, 27 novembre 2007

Week-ends chargés en perspective

Bon, le palais présidentiel est vide mais la Terre tourne. Comme il n'y a pas que la politique au Liban, parlons un peu culture et lifestyle. Plusieurs petits événements se préparent, on va donc les prendre dans l’ordre chronologique…

93fcd27efe8462075642a3f8570ebc63.jpgCommençons par vendredi soir (le 30). Pour les amateurs de dancefloor, le Forum de Beyrouth à la Quarantaine accueillera le DJ David Vendetta (le nom qui tue!). Un petit conseil: renseignez-vous avant d'y aller, il y a toujours un risque d'annulation de dernière minute...

 

 

 

 


cc86b6a19eaf429ea7f60be99c62274c.jpgLe lendemain matin, après une petite manouché zaatar, vous pourrez passer par un vide grenier trendy, bizarrement intitulé «Le garage sale» (pour les francophones, le jeu de mots en anglais est un peu douteux, mais bon…). Ça se passe donc au Art Lounge (à la Quarantaine lui aussi), samedi et dimanche prochains, et vous pourrez y faire plein de bonnes petites affaires. C’est du moins ce qu’en disent les organisateurs(trices).

 

  

b1bfe4acd4ff4a0f2a8663cbd1a351af.jpgEnsuite, dimanche soir, après avoir sué au Forum et fait vos emplettes, vous pourrez passer un bon moment au Music Hall, avec la reprise des Cabarets du monde. Invitée du soir: l’Algérienne Biyouna (inconnue au bataillon en ce qui me concerne). Je vous copie ici le descriptif officiel: «Reine d'Alger et princesse de Paris, Biyouna transcende les styles. Sa voix brûlante et typée se plaque sur des grooves magiques qui doivent autant à Bob Azzam et Maurice El Medioni qu'à Marianne Faithfull et Jah Wobble. Une musique intercontinentale et interlope où cohabitent rock kitsch, blues baroque, swing arabe, funk reptilien et pop voluptueuse: une collection de magnifiques chansons populaires modernes, tout simplement.» Avis aux curieux, donc.

 

 



5b274a5f4a478a7ff6161386c7d28080.jpgAprès ça, vous avez une semaine pour souffler. Les batteries rechargées, vous irez sans doute voir l’expo consacrée aux 40 ans de présence du Comité international de la Croix-Rouge au Liban. Le bureau beyrouthin du CICR proposera donc une exposition de photos du 7 au 20 décembre, au Glass Hall, rue de la Banque du Liban à Hamra.

 

 




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Dimanche 9 décembre, équipez-vous de bonnes chaussures pour participer à la marche pour le climat (le «climate walkaton»), organisée à Aïn el-Mraisseh par IndyAct. Cette manifestation – qui aura lieu dans 70 pays simultanément – fera écho aux banderoles rouges et bleues que l'on a pu voir fleurir ces deux dernières semaines, avec la mention alarmiste: «sea water level». En effet, à cause du réchauffement climatique, les Beyrouthins se retrouveraient à terme les pieds dans l'eau...

 

d09fd6fa42941d614a1fb9e0a8bf0c49.jpgAttention, le week-end ne sera pas fini pour autant: le festival Liban Jazz, qui va fêter ses 5 ans (happy birthday Karim!) accueillera le quartet de Laurent Mignard (ça, c’est du lourd). Ça se passera le soir-même, toujours le 9 décembre, dans les murs du Music Hall à Starco.

Comme quoi, président ou pas, la vie continue! Tout le monde s'excite sur la conférence d'Annapolis, et sur le très probable report du scrutin de vendredi prochain (ô surprise).
En attendant, sur Facebook, il y en a qui ont de l'humour, comme en témoigne une pétition qui circule pour envoyer ce bon général Aoun à Deir es-Salib...

 

PS: Caramel, le film de Nadine Labaki, vient de remporter le prix Fipresci du meilleur film du festival de Stockholm. Comment clame-t-on «cocorico» en libanais?

 
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