mercredi, 21 décembre 2011
Masrah Beyrouth ma bimout
En voyant la pluie s’abattre sur la terrasse ce matin, je me suis dit que les organisateurs du sit-in du jour avaient fait mauvaise pioche côté météo. Rendez-vous était donné à 10h30 près du Bristol, devant le ministère de la Culture afin d’alerter l’opinion publique face à la possible destruction du Théâtre de Beyrouth d’Aïn el-Mreisseh. J’y suis arrivé cinq minutes en avance. Comme je le craignais, il y avait là plus de journalistes ou de daraks que de manifestants. Clairement, les 478 personnes ayant cliqué "attending" sur Facebook n’étaient là que par la pensée. Ou dans les embouteillages. Ou en train de faire leurs courses pour Noël.
J’y retrouve Hanane Hajj Ali, comédienne et auteur d’un livre très riche sur l’histoire du Théâtre de Beyrouth, lieu mythique, symbolique, historique. «Cela fait trois ans que l’on se bat, pour le Théâtre et pour d’autres lieux, m’explique-t-elle. Nous travaillons sur des projets de loi et nous faisons du lobbying pour que des endroits comme ceux-là soient intouchables. Aujourd’hui, nous sommes là pour réclamer une volonté politique! C’est notre devoir, même si l’on s’adresse à un ministère qui ne dispose que de 0,00000-je-ne-sais-quoi % du Budget...» Sur le trottoir, d’autres participants arrivent. Je croise Alexandre Paulikevitch, Mustapha Yammout, Fadi Abi Samra... Le petit monde de la culture est là, évidemment.
Vingt petites minutes plus tard, Gaby Layoun sort sur le perron, toutes les caméras sur tournent vers le ministre... euh, pardon, l’actuel locataire du ministère. Echange tendu avec les tribuns, promesse(s), bla bla, invitation à discuter dans son bureau. Personne n’y croit vraiment. Tout le monde reprend alors le slogan «Masrah Beirut ma bimout! Masrah Beirut ma bimout! Masrah Beirut ma bimout!» Le ministre plie bagages. Moi aussi. Je fouille dans ma mémoire, je ne parviens pas à me rappeler du premier spectacle que j'avais vu dans ce théâtre. J'ai même le vague souvenir qu'il était fermé quand j'étais arrivé ici. Tout cela n'a que peu d'importance. La cause de Hanane et des siens me fait dire une chose: si jamais ce combat-là se perd, alors tout Beyrouth passera à la moulinette. Il ne faut pas le perdre.
Finalement, il a fait plutôt beau aujourd'hui à Beyrouth.
17:41 Publié dans Art, Avenir du Liban, Histoire, Photo, Reportages, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : liban, théâtre de beyrouth, hanane hajj ali
mardi, 13 décembre 2011
Beirut Prints s'affiche
Allez, un peu de pub ne peut pas faire de mal. Surtout pour Beirut Prints, ce projet né dans la foulée de Beyrouth sur écoute. Vous avez peut-être déjà remarqué les stands dans plusieurs librairies de Beyrouth, présentant une première série d’affiches (58x88cm) consacrées à la capitale libanaise, histoire de montrer autre chose que la guerre, la violence, les mezzés et les couchers de soleil sur Raouché. Pour cette première étape, Beirut Prints a réuni le travail de sept photographes, mais en a beaucoup d’autres sous le coude. Et question images, il y en a vraiment pour tous les goûts. La deuxième étape arrive très prochainement, avec l'édition de tirages photo professionnels numérotés.
Ça ferait de beaux cadeaux de Noël, non? Et pour les lecteurs de ce blog vivant à l’étranger, il y a toujours la possibilité de les commander online, ici et là. :-)
14:49 Publié dans Art, Instantanés, Photo | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, beirut prints, affiches, posters
jeudi, 08 décembre 2011
George et l'or
Mai dernier, quelque chose comme ça. Je retrouve George à une table du Demo. Le grand échalas arrive, cheveux dénoués. Nous discutons photo. Sur l’écran de son cellulaire, il me montre une série qu’il aimerait approfondir, explorer, exposer. Je suis sidéré par le garçon, par son atypique douceur. Du haut d’une vingtaine gentiment entamée, il sait où il va. Sa démarche est là.
Hier soir. Rendez-vous au Art Lounge, à la Quarantaine. George Zouein expose son exploration du sujet. Quatre tirages d’un mètre cinquante. C’est peu et beaucoup à la fois. Il me dit «Commence par celle-là, à droite.» J’obéis. Arrivé à la troisième, je m’arrête. Je me dis «La voilà». C’est à peine si je regarde deux minutes la quatrième, celle que l’on ne voit pas en entrant. Je retourne en arrière. A deux mètres, juste en face du cadre, un canapé m’appelle. Je m’installe et je bloque. Je bloque de très longues minutes. Et je découvre le secret de cette image, la lettre qu’il manque à son prénom. George arrive près de moi. La salle est un peu bruyante, on s’entend mal.

– «Tu as vu?
– Quoi?
– Là, le ‘S’.
– Oui... c’est vrai...
– C’est comme un escalier vers je ne sais pas quoi. C’est de l’or que tu as là.
– Oui, tu veux que je te la présente?
– Hein? Je te dis que c’est de l’or, une image pareille!
– Ah, c’est gentil, ça me touche. C’est juste que la fille s’appelle...»
Je reste là encore quelques minutes à regarder chaque détail, à me laisser aspirer. Puis je m’en vais. En espérant moi aussi (re)trouver mon or le plus vite possible. Une mélodie dans la tête.
08:49 Publié dans Art, Photo, Portraits | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, george zouein, triad, art lounge
samedi, 26 novembre 2011
Visitez le Liban
Ce n'est pas moi qui le dis, mais la magnifique devanture de ce qui fut peut-être – un jour, jadis, autrefois, au siècle dernier? – un office du tourisme libanais. Celui-là est au Caire, en bordure de la place Tahrir. Pas de bol, dans le coin, tout est fermé depuis des mois...
Et puis à 20m de là, il y a beaucoup de manifestants, mais aussi des artistes, alors c'est bien de leur donner la parole. Les dessinateurs du Caire ont beaucoup d'humour et se paye la tête des généraux de la sainte armée égyptienne (vainqueur comme chacun sait de toutes les guerres israélo-arabes).
Quand soudain, parmi tous les graffitis ornant les environs, je tombe sur ça:

Ça vous dit quelque chose, non?
18:04 Publié dans Art, Humour (noir?), Photo, Reportages | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : liban, office du tourisme, le caire, egypte, place tahrir
lundi, 26 septembre 2011
Cherchez l'intrus

15:52 Publié dans Instantanés, Photo, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, linge, slips
mardi, 20 septembre 2011
Beyrouth sur écoute (à l’imprimerie)
Les dés sont jetés.
Le vol. 1 de Beyrouth sur écoute / Wiretapping Beirut est en cours d’impression en ce moment même. Soyons franc, j’ai comme un petit pincement au cœur, une (très) perceptible montée d’anxiété, une bouffée de satisfaction et la trouille au ventre.
10h, je débarque dans l'immense salle de l'imprimerie, du côté de Bchemoun. Je rencontre Abbas, le chef de production, et les gars de son équipe. Je regarde les premières pages sorties avant mon arrivée.

Il faut vérifier la sortie des couleurs, demander à Abbas de rajouter du noir car les gris sont fades, puis du jaune car certaines images paraissent trop roses... Puis prier pour ne pas avoir laissé trop de fautes dans l’accord des participes passés des verbes pronominaux, espérer que le papier choisi soit doux au toucher... et puis, plus simplement, que le livre plaira.
Cette avant-dernière étape à l’imprimerie – avant la reliure – est l’aboutissement d’un long processus... entamé durant l’été 2010 avec la sélection des photos et l’écriture des textes, puis avec la recherche d’un éditeur (Amers Editions), la traduction des textes vers l’anglais, les essais de mise en page, les longues séances de relecture, de réécriture, de correction, de re-correction, de re-re-correction, de vérification des épreuves chez l’imprimeur... Aujourd’hui, à l’atelier, je regardais les feuilles de papier défiler en me disant «Voilà, c’est presque fait, tu y es», et surtout en me disant que ce projet, même s’il est personnel au départ, s’est transformé en belle aventure humaine. Car un livre, ça ne se fait vraiment pas tout seul dans son coin, croyez-moi. Un (colossal) merci donc à Sara, Ghadi, Youmna, Yasmeen, Amal...
Alors ce livre, me direz-vous, qu’y aura-t-il dedans? C’est assez simple: 41 histoires, 41 photos, mettant en scène la capitale libanaise. Chaque histoire est racontée par un narrateur humain ou non, «devinable» ou non, fictionnel ou réel, la photo liée à l’histoire donnant la clé du texte. Un petit peu dans l’esprit de quelques textes mis en ligne sur ce blog.
L’avant-publication est donc presque derrière moi. Mais une nouvelle page va bientôt s’ouvrir. Il va falloir faire vivre ce livre! Et cela commencera par un premier lancement, ici à Beyrouth, début octobre. Quizz: dois-je préciser où?
19:09 Publié dans Art, Beyrouth sur écoute, Photo, Short stories | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : liban, livre, beyrouth sur écoute, wiretapping beirut, david hury, amers editions
dimanche, 11 septembre 2011
La Grande brasserie, vaisseau fantôme
C'était au printemps 2010. Un jour, des étudiants de l'Alba et de l'Université libanaise (Delphine et Kassim si mes souvenirs sont bons, à tout seigneur tout honneur) reviennent d'un reportage et me disent: "Vous ne connaissez pas la Grande brasserie du Levant?" Et bien non, je ne connaissais pas. J'étais pourtant passé devant des dizaines de fois sans y faire attention. Comme pour de nombreux autres endroits atypiques qui me reste encore à découvrir.
Pourtant, la façade se pose là. Immense, imposante. Le bâtiment, avec l'édifice central et les deux ailes, est un labyrinthe de salles, d'escaliers, de couloirs. Tout y est à l'abandon: la paperasse, des caisses de bières poussiéreuses, des machines encore recouvertes de cambouis. Les ténèbres règnent sur les sous-sols et les vastes salles frigorifiques. Certains recoins vous glacent les sangs. Et puis il y a le gardien des lieux, le vieux et chaleureux Boutros. Vous en apprendrez bientôt davantage sur lui.
Quelques jours seulement après que ces deux étudiants m'ont montré leurs photos, j'y suis donc allé. Faire un repérage. Et en me disant que ce serait un crime d'abattre un tel vaisseau abandonné. Le potentiel du lieu est énorme: je comprends que des promoteurs puissent se lécher les babines en regardant cette parcelle de terrain très bien située. Moi, je me dis qu'il y a là la plus belle carcasse de béton de la ville à transformer en espace culturel, d'exposition & Co.
Note pour plus tard: après la gare de Beyrouth, ça ferait un bel endroit pour lancer un bouquin, ça.
00:07 Publié dans Art, Avenir du Liban, Beyrouth sur écoute, Histoire, Photo, Reportages | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, grande brasserie du levant
vendredi, 02 septembre 2011
Lux gremlina
Oh, c’est vrai, cela avait un petit côté pittoresque il y a 15 ans. Ces coupures de courant, ces sautes de tension, tous ces appareils électriques qui pétaient les plombs les uns après les autres. «C’est à cause des événements, me disait-on. Ça ne va pas durer.»
Mouais.
Nous sommes donc en 2011. Plus de vingt ans après les «événements». Ce matin, Gaby Nasr allumait encore tout le monde dans son billet de L’Orient-Le Jour, avec en point de mire deux aberrations politico-tribales: Berry et Bassil. Le numéro de Magazine, lui, faisait sa Une sur les «irréconciliables» Joumblatt et Aoun. Et dire qu’il y a encore des gens pour suivre ces esprits éclairés...
Pendant que ces tristes clowns s’évertuent à faire croire qu’ils sont vraiment en charge de la chose publique, je me demande simplement comment fonctionne l’éclairage public de Beyrouth. Il arrive souvent de se retrouver, la nuit tombée, dans des rues qui ressemblent plus à des coupe-gorges qu’à autre chose (ceci dit, je préfère ça à me balader aux Halles à Paris un samedi après-midi). Mais en pleine journée, alors que le dieu soleil nous abreuve de sa pluie de photons, les lampadaires fanfaronnent. Du coup, je m’interroge: comment cela fonctionne-t-il? Les heures d’éclairage sont-elles automatisées? Y a-t-il intervention humaine, avec un employé chargé d’appuyer sur un interrupteur pour allumer ces réverbères? Vraiment, quelqu’un pourrait-il me donner un soupçon de début d’indice?
Alors, devant cette énigme que je n’arrive toujours pas à résoudre, je préfère me replonger dans la lecture de la presse libanaise. Car c’est là finalement qu’il y a toujours (enfin, pas toujours...) quelque chose d’intéressant à trouver.
Tenez, hier, par exemple. J’étais chez Tony, le papetier en bas de chez moi. Je regarde le stand des magazines et trouve le dernier numéro de Rania Magazine. Je ne connais pas le nom du (de la) rédacteur(trice) en chef, ni celui du ou de la DA, mais je voudrais les remercier du fond du cœur pour avoir retrouvé la plus attachante des héroïnes ayant bercé mon enfance: la Gremlins fille.

Vraiment, un très grand merci.
14:30 Publié dans 14 Mars, Aoun & les Aounistes, Avenir du Liban, Cinéma, Humour (noir?), Photo, Presse & Internet, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, électricité, lampadaires, bassil, berry, gaby nasr, l'orient-le jour, magazine, rania magazine, gremlins
vendredi, 22 juillet 2011
La 5e colonne
Je suis arrivé là, pas vraiment par hasard. Sur ce bout de terre qui n'en est pas vraiment un. Je pense qu'il ne devait pas être là il y a vingt ans. Peut-être, un jour, la mer s'est-elle retirée. Juste à cet endroit. Laissant alors apparaître la colonne vertébrale d'un monstre sorti du fond des âges. Là, à Beyrouth, sur ce front de mer qui tente désespérément de se donner des airs de je-ne-sais-quoi.
En la voyant, j'ai essayé de m'imaginer la bête. Colossale. Agressive. Avec une queue interminable lui servant d'arme fatale contre ses congénères. Elle devait bien mesurer 300 mètres de long, peser des dizaines de tonnes. Peut-être venait-elle d'une autre planète. Je n'en sais rien.
Pendant une heure, j'ai tenté de comprendre ce qu'elle faisait là. Comment elle était arrivée là. Pourquoi personne n'en parlait en ville. Incroyable tout de même, cette preuve d'une vie dépassant tout ce que la Terre avait enfanté auparavant. Ici, à Beyrouth et nulle part ailleurs.
Je me suis approché, j'ai touché ces vertèbres minéralisées. Elles étaient lisses et rugueuses en même temps, devaient s'emboîter parfaitement les unes aux autres. J'imaginai les masses de cartilages et de tendons qui avaient, quelque part dans le temps, relié tout ça, animé tout ça, avec une puissance inégalée. Je n'en revenais pas de cette découverte. Je voyageai sur place, dans un silence bercé par un lointain ressac.
[...]
Et puis il est arrivé. Le petit bonhomme en gris que j'avais repéré en arrivant, ronquant tranquillement à l'ombre de sa cahute. «Mamnou3, mamnou3!», me lança-t-il alors que j'étais en train de prendre une dernière photo de cette monstrueuse colonne vertébrale. Mon petit rien tout gris m'explique alors que ce terrain est la propriété (privée) de Solidere et qu'il est évidemment interdit d'y venir, qui plus est équipé de cette odieuse invention numérique.
Solidere, Dahyeh, même combat. Le pays s'est transformé en gigantesque propriété privée où prendre une photo est passible de la peine de mort. Il me fait rire, ce bon monsieur Mikati, quand il déclare que la priorité des priorités est d'assurer la «prospérité de la saison touristique».
Chers touristes, vous êtes les bienvenus, évidemment. Mais mieux vaut vous prévenir: la 5e colonne veille au grain, alors contentez-vous d'acheter des cartes postales.
20:33 Publié dans Avenir du Liban, Humour (noir?), Photo, Reportages, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : beyrouth, biel, front de mer, béton
jeudi, 12 mai 2011
A l'horizon
Je ne sais pas trop quoi regarder en ce moment. La montagne, le soir, qui brille? Les nuages qui vont et qui viennent, en attendant que l'été suffocant prenne ses quartiers? Les voitures garées en triple file en bas de chez moi? Les nouvelles neuves du dedans, de ce 12 mai 2011 qui n'aurait jamais été ce qu'il est sans le 12 mai 2008 et les tristes heures qui l'avaient précédé? Un jour, c'est la cata, le lendemain la solution est proche, pour la formation de ce magnifique gouvernement qui sauvera le monde et la galaxie tout entière.
Et puis il y a notre voisine. Notre chère voisine. Souvent encombrante, bruyante ou sournoise, qui n'en finit plus de cette crise de nerfs que beaucoup redoutent contagieuse. Une voisine en pleine ménopause qui n'arrive pas à faire le deuil de cette formidable forteresse qu'elle fut et qui a peur des semaines à venir, de voir son corps se transformer, de voir ses atours qu'elle croyait irrésistibles tomber en poussière. Alors ici, sur le même palier, il y a ceux qui s'indignent, ceux qui regardent ailleurs en se demandant s'ils pourront encore trouver des places pour Shakira et plus généralement ceux qui se demandent s'ils auront suffisamment de sous dans leur poche pour se payer 20 litres d'essence. Ceux qui sont révoltés par les cris et les pleurs de l'autre côté de la cloison, et ceux qui se disent que tant que cela reste de l'autre côté de la cloison, tout va bien... Jusqu'ici, tout va bien... C'est toujours la même ritournelle finalement.
10:05 Publié dans Avenir du Liban, Hezbollah, Photo, Syrie, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, syrie, mai 2008









![[2011] La Grande brasserie du Levant](http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/album/la-grande-brasserie-du-levant/3637952539.jpg)
![[2011] Sanctuaire de ciment](http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/album/2011-sanctuaire-de-ciment/1103750217.jpg)



