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jeudi, 03 mars 2011

Faites des professeurs

Ce matin. Beau soleil. Embouteillage dans le quartier du musée. J'écoute la radio. Les matinales d'Abdallah passent ça. Magnifique, pas une ride à l'horizon.

Bla bla bla. «...et nous célébrons aujourd'hui la fête des professeurs. En tout cas, c'est ce que dit Wikipedia.» Bla bla bla.
C'était donc ce matin, aux alentours de 7h35, sur les ondes de Radio Liban.

L'embouteillage se fait de plus en plus dense. Dix minutes plus tard, la cloche d'une «grande» école beyrouthine doit sonner, tout le monde aimerait se presser pour déposer sa progéniture dans les temps. Mais les rues sont étroites et les péniches 4x4 des mamans ont souvent du mal à se frayer un chemin. Il est rare de mettre la première plus de 20 secondes d'affilée. Clairement, vu les bouchons, le jour des profs, c'est pas pour aujourd'hui. Je vérifie dans mon agenda où j'ai pris soin de noter tous les jours chômés (on est jamais trop prudent, c'est vite arrivé d'en oublier un, croyez-moi) et j'envoie un sms à Abdallah: c'est la semaine prochaine. Merci Wikipedia, encore du bon boulot.

Commence alors la mélodie d'un artiste américain dont le nom figure pourtant sur la liste noire des méchants-chanteurs-qu'il-ne-faut-surtout-pas-écouter.

J'écoute d'un œil. Je souris, tout seul dans la voiture. Je l'avais presque oubliée celle-là: la fête des professeurs! D'ici mercredi prochain donc, la totalité des parents au Liban (moins les profs bien sûr) va se creuser la cervelle pour dénicher une nounou occasionnelle, une voisine, une grand-mère. N'importe quoi fera l'affaire. Parmi les jours fériés non religieux, la fête des professeurs qui tombe chaque année début mars est celle qui me cisèle les joyaux le plus – davantage encore que le jour de la sainte armée libanaise. Les professeurs jouissent d'une journée gratuite, petit trou supplémentaire dans le gruyère du planning annuel des congés. Sans oublier la petite tradition qui va avec: les gamins doivent se pointer la veille avec un cadeau. Durant deux ou trois ans, l'une de nos filles a eu l'honneur d'être dans la même classe que la fille d'un ponte du prêt-à-porter de luxe. La petite demoiselle se pointait alors systématiquement avec des sacs estampillés du magasin de papa, à l'attention des maîtresses. Ça épate la galerie ce genre de choses. Ça peut choquer aussi.

Et puis là, je viens de trouver dans mes spams ceci: une publicité gentiment envoyée par une chaîne de magasins (type papeterie et gadgets variés). La voici.

jour des professeurs.jpg

En vue de cet événement inratable, le magasin en question propose donc des idées-cadeaux pour nos chers professeurs: des bougies, des tasses, des cadres-photo, des sacs, des tabliers... C'est la première fois que je vois des pubs pour l'occasion. Moi, j'offrirais bien des livres d'histoire-géo aux enseignant(e)s, pour que mes filles arrêtent d'apprendre que le Moyen Age a commencé en 500 avant Jésus Christ ou que le Liban est une île entourée d'une mer toute bleue, même si cela n'a l'air de choquer personne.

Je m'extirpe de l'embouteillage. A la radio, Leonard a laissé le micro au p'tit gars de Minneapolis. Ça donne ça.

En écoutant la fin de la chanson, je me dis qu'il a raison, le petit prince: il faut tomber amoureux, faire des enfants, et les appeler 'Nate' si ce sont des garçons. Et en faire au choix des curés, des militaires ou des professeurs. Y'a que ça de vrai.

mardi, 19 juin 2007

Liban > Palestiniens < Israël : vers un été prudent…

medium_Liban-Palestine.jpg«La plus grave violation de la 1701 depuis l'été dernier», selon Geir Pedersen, le coordinateur de l'ONU. «La plus grave violation de la ligne bleue depuis la guerre en 2006», déplore Ban Ki Moon. «Ferme condamnation» de la France.

Le tir de roquettes dimanche contre Kiryat Chmona en Israël n'a pas fini de faire des vagues. L'opération a été revendiquée par l'un de ces groupes totalement inconnus qui surgissent toujours à point nommé pour jeter encore un petit plus peu d'huile sur un feu qui n’en a décidément pas besoin. Ils surgissent ou  adoptent un nom aux consonances mystico-guerrières le temps d'une unique apparition (ce qui est largement suffisant). On a eu ainsi au Liban «les brigades Al-Ahrar», «les brigades du Saint Jihad», etc.

En ce qui concerne nos Katiyouchas de dimanche, il s'agissait donc de «la branche libanaise du Jihad Badr», dont on est bien contents de savoir qu'ils ont une branche libanaise étant donné qu'on ne sait absolument pas d'où, eux, viennent.

Mais là n'est pas l'essentiel. La question qui est sur toutes les lèvres ou presque est bien de savoir si le même scénario que celui de l'été dernier va se répéter en 2007, avec quelques semaines d'avance. Un copain me disait hier être persuadé du contraire et que les tensions se maintiendraient probablement jusqu'à l'élection présidentielle de l'automne sans plus de dégradation. J’aimerais le croire mais son optimisme (angélisme?) n'est guère partagé par la majorité des Libanais dont la capacité à voir la vie en rose a été sérieusement douchée un certain 12 juillet 2006. Le survol répété de Baalbeck par l'aviation israélienne hier n'a évidemment pas aidé. Je ne suis pas convaincue d’une nouvelle guerre avec Israël, mais le Liban a le chic pour se trouver de nouveaux ennuis et faire dans la diversité.

C’est donc à un été «prudent» qu’il faut s’attendre, dans le meilleur des cas. Plusieurs grands établissements scolaires ont déjà fermé leurs portes et c’est via une note qu’hier, le Grand Lycée franco-libanais nous a averti de la fin des cours vendredi prochain, soit une semaine plus tôt que prévu. Notre fille aura donc eu une dizaine de jours de classe en juin. Ce qui lui fait dire, avec toute la candeur de ses 6 ans, que «finalement, elle aime bien – un  peu – la guerre, comme ça elle est toujours en vacances».
Elle risque de déchanter au cours de ces trois mois de congé au cours desquels elle va probablement s’ennuyer. Le lycée a annulé toutes ses activités d’été, la plupart des colonies de vacances n’ouvriront pas leurs portes et la grande majorité de ses copains vont s’envoler vers des cieux plus souriants, au moins provisoirement. Ce qui en dit long sur l’état d’esprit général.
S’ennuyer, ce n’est grave, c’est bon pour l’imaginaire et c’est surtout mieux que d’être terrifié par des bombardements et des attentats. On n’en demande pas davantage.

 
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