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mardi, 07 août 2007

Elections d’un soir, désespoir

medium_cendriercouteaux.jpgDésespoir en entendant le récit qui m’a été fait ce matin par une jeune femme qui travaille dans les mêmes bureaux que moi. Cette petite demoiselle, fort douce et calme et que l’on l’imagine mal se bastonnant avec qui que ce soit, est arrivée avec deux jolies balafres, l’une au bras, l’autre à la cuisse.

La soirée électorale de dimanche dernier, elle l’avait passée dans un chalet à Faraya avec sa bande de copains. «Pas juste des connaissances, précise-t-elle. Des amis de longue date, dont certains se connaissent depuis la maternelle.» Télé allumée, forcément, cette petite assemblée mixte (aounistes et pro-Gemayel, et il y avait bien quelques neutres) a commencé à se prendre à partie. Les insultes ont suivi, puis le tir de cendriers (plein? Mince, je n’ai pas pensé à poser la question) pour finir à coups de couteau de cuisine. Résultat des courses, après qu’une des filles a reçu une estafilade à la gorge en essayant de s’interposer, ses copines (heureusement qu’il y a des femmes en ce bas monde) ont finalement réussi à appeler la police à la rescousse. Ces messieurs ont passé la nuit et la journée du lendemain au poste, mais il a fallu cela pour les calmer.

Ce genre d’incident, personne n’en a parlé; il n’y en a apparemment pas eu beaucoup et c’est tant mieux. Mais qu’on m’explique comment dans un pays qui se dit civilisé, des jeunes peuvent en arriver à se battre au couteau pour des appartenances politiques, oubliant tout ce qui les rapproche par ailleurs. C’est sans doute ça, le drame du Liban: encore trop de Libanais accordent davantage d’importance à ce qui les sépare qu’à ce qui les unit.

samedi, 04 août 2007

La démocratie, une école de la patience

medium_parlement_sepia.jpgDiscutez avec un aouniste de la partielle prévue demain pour remplacer les députés assassinés Pierre Gemayel et Walid Eido et il vous affirmera que oui, il est normal que cette élection ait lieu (admettons) et que oui, il est normal que le candidat Camille Khoury (vous savez, l’homme mystère dans l’ombre de Aoun) se présente contre Amine Gemayel.
Selon l’un de nos commentateurs, «un siège n'est pas un héritage tout simplement, c'est cela la démocratie. A moins que vous voulez que le Liban n'apprenne pas ce qu'est la démocratie et retombe dans un système clanique et donc ouvert à la guerre civile».

Facile de taxer ceux qui ne sont pas d’accord de rejeter la démocratie et de tomber dans les raccourcis simplistes. Et bien non, nous ne voulons pas que le Liban retombe dans un système clanique (encore faudrait-il qu’il en soit sorti) et qu’il soit ouvert à la guerre civile (encore faudrait-il qu’il y ait «été fermé»). Et oui, nous voulons que le Liban devienne une démocratie, c’est bien l’idée!

Parce qu’il serait sans doute utile de rappeler à ceux qui ont une vision relativement subjective de la démocratie ce qui disent les textes constitutionnels de quelques pays démocratiques justement.

Une république parlementaire comme la France
«Le régime électoral limite les cas d'élections partielles en prévoyant en même temps que l'élection du député, celle d'une personne appelée à le remplacer en cas de décès, de nomination au Gouvernement ou au Conseil constitutionnel et de prolongation au-delà de six mois d'une mission temporaire confiée par le Gouvernement.C'est seulement dans les autres cas de vacance de siège (annulation de l'élection, déchéance, démission, élection du député au Sénat) que des élections partielles sont organisées.»

Un régime présidentiel comme les Etats-Unis
«En cas de décès, de démission, de destitution, le Président est remplacé par le vice-Président (assassinat du Président John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963 – remplacé par le vice-Président Lyndon Baines Johnson; démission de Richard Nixon en 1974 à la suite de l'affaire du Watergate – remplacé par le vice-Président Gerald Ford, lui-même nommé par Richard Nixon en 1973 pour remplacer le vice-Président Spiro Agnew démissionnaire pour concussion).»

Une monarchie parlementaire comme la Grande-Bretagne
«Si le leader vient à changer en cours de législature c'est le nouveau leader qui devient Premier Ministre (Margaret Thatcher remplacée par John Major en 1990, Brown remplaçant Blair cette année).
S'il n'y a de majorité, le Monarque désigne le leader du parti qui a le plus grand nombre de sièges.S'il n'y a pas de leader, il nomme, sur recommandation de l'ancien Premier Ministre ou des leaders du parti, un député, ou quelqu'un susceptible de le devenir (Lord Home, en 1963, renonce à la pairie pour se présenter à une élection partielle de la Chambre des Communes), qui ne sera pas désavoué par une majorité de députés.»

Ceci est a fortiori valable lorsque l’élu se fait assassiner (j’imagine les Républicains sautant sur l’occasion de récupérer la présidence après le meurtre de JFK) (non, je ne compare pas Pierre Gemayel et JFK ☺).

Parce que la démocratie, ce n’est pas dire «J’ai le droit, j’ai le droit, j’ai le droit…». C’est aussi et surtout avoir le devoir d’attendre la fin des mandats et les échéances électorales suivantes. La démocratie, c’est savoir patienter, le temps que son tour arrive.

lundi, 07 mai 2007

Bonsoir tristesse

medium_rectanglenoir.jpgAu moins, cette mémorable soirée du 6 mai aura permis à Enrico Macias, Jeane Manson et Gilbert Montagné de chanter devant 10000 personnes.

00:15 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, royal, élection

 
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