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dimanche, 11 mai 2008

Day 5

21h10

• Juste pour le plaisir! Ils sont vraiment forts en géo chez France 2...



• Demain matin, direction le Chouf.

 
19h15

• Universités et écoles fermées demain lundi. Et hop, les grandes vacances s'annoncent vraiment grandes cette année!
• Plus un yaourt au supermarché. D'autres rayons sont largement clairsemés.

 
19h00

• Pour ceux que la géographie intéresse, voici les combats du jour vers le Chouf, qui se sont même rapprochés de Beyrouth, il y a quelques minutes du côté de Hadath.
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17h44

• Je suis allé passer deux heures au parc Sioufi avec les mouflettes, histoire qu'elles se dépensent et de garder un air de normalité à leur vie. De ce côté de la colline d'Achrafieh, on entendait de gros "boom" lointains, ceux de Aley. Vu la distance, les déflagrations devaient être très lourdes sur place. Et puis dans les bacs à sable et sur les balancoires, tous les gamins s'amusaient. Les parents, eux, étaient pendus au téléphone et demandaient des nouvelles à leurs voisins.
podcast
• Il se pourrait que les écoles rouvrent demain. On verra bien.
• La montagne druze va-t-elle s'embraser? Si c'est le cas et vu le relief et les zones environnantes, elle risque de devenir très rapidement une enclave assiégée.
• Cessez-le-feu annoncé pour 18h.

 
13h40

• SMS du consulat de France: «Malgré l'accalmie actuelle, il convient de rester prudent et de limiter ses déplacements. Ne pas chercher à se rendre à l'aéroport toujours inaccessible.»
• Mai 2007: on a eu Nahr el-Bared. Mai 2008: on a les portraits de Bachar – qui est formidable – de nouveau à Beyrouth. Juillet 2008: on pourrait se retaper une petite guerre avec les voisins du sud. Y'a tout pour. Et puis cette fois, l'armée ne pourra pas se cacher.
660377014.jpg• Une chose en passant, mais qui a son importance pour moi. Je tiens vraiment à saluer le boulot réalisé par les photographes d'agences (surtout ceux de l'AFP) qui ont travaillé ces derniers jours dans des conditions assez difficiles et qui ont sorti d'excellentes images de Beyrouth-Ouest. Comme celle-ci par exemple qui montre une chose: les armes en circulation actuellement dans les forces armées de l'opopsition (y'en a qui prennent mal qu'on les appelle 'milices') viennent de sortir des cartons.

 
12h00

• Un truc totalement futile. Je viens de voir sur Now Lebanon un appel à respecter une minute de silence maintenant, à midi pile.
• Les miliciens d'Amal, du Hezb et du PSNS se retirent timidement de Beyrouth-Ouest.
• Hassan a gagné, Sleimane a les dents qui rayent le parquet.
• Que se passe-t-il à l'aéroport en ce moment? Qu'est-ce (et qui) transite?
• Et puis au nord...

vendredi, 19 octobre 2007

Le Liban, le pays des esclaves : France 2, esclave de l’audimat

medium_philippines.jpgCi-dessus: pendant la guerre, le 7 août 2006, j'avais fait un reportage pour Le Soir sur les Philippines fuyant le Liban sous les bombes, au foyer Saint-Vincent à Achrafieh. Des milliers sont parties, elles ne sont pas toutes restées piégées par les familles libanaises elles-même en train de fuir, contrairement à ce qui a été dit dans le reportage de Dominique Torrès. Et beaucoup d'entre elles avaient également choisi de rester au Liban travailler, leur famille dépendant de leur salaire que leurs employeurs leur versent.

 

Un peu de racolage ne fait pas de mal chez France 2. Depuis le 11 octobre et la publication de l’article «Bonnes à vendre» dans Le Monde, le web francophone libanais ne parlait que de ça. Il existe même une pétition sur Facebook contre la version vidéo de l’article! Hier soir donc, France 2 a diffusé dans Envoyé spécial le documentaire réalisé par Dominique Torrès, reporter du Monde et fondatrice du Comité contre l’esclavage moderne. Le sujet: les conditions de vie et de travail au Liban du personnel de maison venu du Sri Lanka, des Philippines ou d’Afrique.

Si la cause défendue par Mme Torrès est juste (et archi juste), les moyens desservent son propos. Elle dénonce certes une pratique insupportable, qui n'est pas non plus une généralité comme elle le dit. Et ce n'est pas en faisant ce genre de sujet qu'elle fera avancer sa cause: tout au mieux, elle aura quelques filles battues de plus sur la conscience, car celles qui lui ont ouvert leur cœur à visage découvert en fin de reportage vont probablement en payer les conséquences. Bref, le reportage est avant tout un ratage professionnel.

Sur la forme

L'approche du sujet Très superficielle, très racol'. Torrès ne fait qu'effleurer un sujet passionnant, à coup d'hypothèses toutes faites et de vérités assassines préconçues. Ça faisait un peu Tintin au Congo: Torrès chez les barbares. L'un des exemples de ce sentiment de croisade et de supériorité: quand elle débarque dans un immeuble pour trouver une femme supposée coupable de maltraitance. Elle sonne à la porte, le père de famille ouvre, elle est penchée vers lui, une main appuyée sur le mur, menacante. Pas étonnant que le gars lui ferme la porte au nez, ce n'est pas comme ça qu'on obtient des infos!

Les chiffres La réalisatrice balance des chiffres à tout va. Selon elle, 30% des Libanais reconnaissent violenter leur bonne, 98% des vols imputés aux employées de maison sont faux... Selon qui madame? Elle ne source jamais ses infos, et croyez-nous, les chiffres fiables au Liban, c'est une denrée rare dans notre métier.

Le manque de "pourquoi?" Elle ne se pose jamais de questions. Pourquoi cette situation? Elle s'offusque du niveau des salaires, mais ne dit jamais, par exemple, que ce sont les ambassades des pays concernés qui fixent ces salaires, selon les nationalités donc. Les informations manquantes sont légions, et celles erronées également. Dernier exemple sur la «confiscation du passeport»: en plateau, elle dit qu'un décret sur ce point pourrait être facilement voté. C'est déjà le cas: officiellement, les employeurs n'ont pas le droit de le faire, mais ce sont les agences qui poussent à la «confiscation», pour éviter la fuite des employés alors que les employeurs sont légalement responsables de tous leurs actes. Torrès n'aborde pas les réseaux mafieux, de prostitution et autres...

Sur le fond

Un vaste et cruel sujet sur lequel nous avons déjà travaillé, vaste sujet réduit dans ce documentaire aux plus vils arguments. Si Torrès décrit une réalité indéniable, elle ne fait que décrire une seule réalité justement, sans essayer de prendre ce sujet dans son ensemble. Le documentaire tourne au sensationnalisme, écœure certainement les téléspectateurs de France et de Navarre et c’est bien compréhensible. Des histoires tordues et immondes vécues par les «bonnes», les «Philippinaises» comme disent leurs «propriétaires», on en a des tonnes. Et des crève-cœurs pour ces pauvres jeunes femmes qui quittent leur famille et ne revoient parfois leurs enfants que trois ou quatre ans plus tard. Y’a rien de nouveau là-dedans. Mais des exemples où ça se passe bien, il y en a aussi: chez un couple d’amis franco-libanais dont le mari est chef cuisinier, leur employée a tout appris de lui, même le français argotique, et compte bien ouvrir un restaurant à son retour à Manille grâce au savoir-faire emmagasiné sur le tas. Ce n’est peut-être la majorité des cas, mais ça existe aussi. Et quand on fait le boulot de Dominique Torrès, l'honnêteté intellectuelle veut que l'on décrive toutes les situations.

Alors pourquoi diffuser maintenant un tel anti-hymne au Liban et aux Libanais?  Aucune idée. Le timing est certainement fortuit, mais en tant qu’amoureux du Liban, ça me fait mal au cœur que l’on ne parle de ce pays qu’à travers ça. Avez-vous vu à la télé française des reportages positifs sur le Liban ces 5 dernières années? Pourquoi France 2 ne diffuse-t-elle pas un documentaire sur les jeunes artistes libanais, du cinéma ou d’ailleurs? C’est un peu comme les banlieues de France: entre un sujet sur les trafiquants de shit et les Yamakazi ou les associations de quartier qui remplacent le travail d’un Etat absent, les chaînes de télé préfèrent montrer les ordures plutôt que l’herbe verte. Pour le Liban, c’est pareil, pas étonnant que ce pays souffre d’un déficit d’image à l’étranger. Résultat, à la fin de l'émission, notre cousin libanais préféré habitant à Paris nous a envoyé ce SMS: «C la loose pr le Liban kel honte». Et il a raison.

Si c'est ça être grand reporter à France 2, ça donne pas envie (il y en a pourtant de bons!). Si Dominique Torrès a envie de faire un vrai reportage vidéo sur la question de «l'esclavage moderne», qu'elle essaye de le faire en Arabie Saoudite. Là, je lui tirerais mon chapeau si elle arrive ne serait-ce qu'à poser sa caméra.

 
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