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dimanche, 02 mars 2008

Oh la belle rouge !

9ea56c46c77678e6ac0b4289cb285602.jpgPendant plusieurs années, mes soirées étaient rythmées par les réveils épisodiques de l’une ou l’autre de nos filles. Que ce soit en dînant, en regardant la télé ou simplement en passant un petit moment à discuter avec mon homme, j’avais toujours l’oreille tendue, discrètement mais assidûment, pour guetter les pleurs d’une petite fille réclamant sa maman.

Les années ont passé, les filles ne se réveillent plus que rarement, une fois endormies. Mais depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire des mois, je me surprends à tendre de nouveau l’oreille, à guetter des bruits suspects. Bien plus inquiétants cette fois que des pleurs d’enfants. Un convoi de voitures tous slogans dehors, bondées de jeunes énervés qui clament leur appartenance politique; une altercation dans la rue, le plus souvent une querelle de voisinage, mais dont je crains toujours que ce soient des partisans de l’un et l’autre bord qui en viennent aux mains; des pétarades qui me font surgir sur le balcon dans l’espoir qu’il ne s’agit que d’un énième feu d’artifice de bien mauvais goût…

Vendredi dernier, il s’agissait de tout à la fois: dans cette surenchère qui veut qu’à chaque intervention télévisée d’un politicard, il faille manifester son enthousiasme à coups de pétard et de pétoire, cette soirée a battu des records absolus. Feux d’artifice se mêlant aux balles traçantes, bombes sonores, rumeurs de voix excitées parvenant jusqu’à chez nous… Estez Nabeuh s’offrant une interview à rallonge sur la Nabih Berri Network, cela valait bien une petite célébration de derrière les fagots qui, à n’en pas douter, a enterré les «minables» tirs de joie qu’obtiennent un Hariri, un Siniora et même un Nasrallah. C’est dire combien Berri est populaire! Pareille débauche pyrotechnique en est la preuve. Non? A l’aune de la mitrailleuse en folie, le président du Parlement a donné une vraie leçon de savoir vivre à ses collègues, cela mérite d’être salué. Non? Lors de sa «réélection», il avait déjà fait très fort (un moniteur blessé par une balle perdue sur la terrasse des Créneaux. Mais que faisait-il là, celui-là, faut dire aussi…), mais les temps changent, les proportions aussi. Beyrouth a été tant à la fête ce vendredi qu’un raid aérien israélien n’aurait pas eu plus bel accueil: un ciel s’illuminant de tous ses feux, le sol tremblant sous les pieds, des staccati fleurant bon la poudre, des traînées rouges dignes d’une mini-DCA…

Allons, assez d’ironie. Je ne me suis pas connectée depuis longtemps pour raison de santé, cela m’a au moins fait du bien au moral. Je comprends l’une de mes copines qui refuse de suivre l’actualité pour pouvoir continuer à vivre avec un minimum d’insouciance. Je ne peux m’offrir ce luxe et le retour à la réalité est abrupt. Le Liban n’a rien appris, ou tout du moins cela vaut pour une bonne part de ses habitants qui se délectent en débats stériles, en vaines démonstrations de force, et dans une anarchie de plus en plus prégnante. Prégnante de quoi, demanderez-vous? De chaos, bien entendu, de guerre peut-être. Quand on sort les flingues en pleine rue et que l’on tire en dépit du bon sens, parfois avec la grosse artillerie, pour honorer un homme parlant à la télé, c’est que le rapport à la réalité, aux armes, à la violence, à l’autre.. tout en fait, est sérieusement biaisé. Mon père, un Français qui vivait au Liban à l’époque, se souvient d’avoir cru à la guerre civile libanaise en 1973, lorsqu’une camionnette à laquelle des p’tits jeunes en arme était agrippés comme en grappes, lui est passé sous le nez. C’est le cran au-dessus, peut-être, mais ce qui se passe aujourd’hui m’inquiète diablement quand même.

Parce que cela illustre, entre autres choses, une terrible réalité: les Libanais sont en train de donner la preuve que oui, soit disant (j’insiste sur ce soit disant) laissés à eux-mêmes, ils sombrent dans la folie collective. Cela s’est vu ce vendredi soir, entre autres, tout comme au niveau politique et civique.

Du coup, il ne faut pas s’étonner – et cela fait peine à entendre – que certains (qui ne peuvent pas partir comme tant d’autres) en viennent à penser qu’«au moins, quand les Syriens étaient là, la vie était plus calme». Oui, tout ce que ce pays arrive à faire aujourd’hui, c’est donner raison à Bachar qui prédisait qu’en l’absence de sa poigne de fer, le Liban retomberait dans les limbes. D’ici à accepter le retour de notre «pays sœur», il n’y a qu’un pas que je me refuse à franchir mais que d’autres Libanais lambda envisagent en ultime recours, écoeurés par un Liban qui va à vau l’eau avec une belle énergie.

C’est le comble, et c’est bigrement triste…

samedi, 16 juin 2007

NBN : la vidéo qui fait rire... jaune

En publicité, il existe un adage bien connu: «Qu’on parle de moi en bien ou en mal, mais qu’on parle de moi». Depuis hier, tout le monde parle de la NBN (la chaîne du président du Parlement, allié fidèle de Damas), et de sa présentatrice Sawsan Safa Darwish, qui risque de se mordre les lèvres un petit bout de temps à cause de son franc-parler. En gros, pendant le JT de la NBN (officiellement les initiales de National Broadcasting Network, officieusement celles de Nabih Berri Network), la présentatrice a dérapé, pensant que son micro était fermé, disant, en parlant de l’assassinat de Walid Eido «qu’ils ont trop tardé à le tuer», et que «le tour du ministre Ahmad Fatfat viendra rapidement». Glups… Ça fait mauvais genre. La direction de la NBN a aussitôt viré sa starlette du petit écran. N’empêche, il est facile de se dire que si Mme Darwish a pu dire ça aussi librement sur le plateau, c’est que l’ambiance le permettait…

 
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