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samedi, 04 août 2007

La démocratie, une école de la patience

medium_parlement_sepia.jpgDiscutez avec un aouniste de la partielle prévue demain pour remplacer les députés assassinés Pierre Gemayel et Walid Eido et il vous affirmera que oui, il est normal que cette élection ait lieu (admettons) et que oui, il est normal que le candidat Camille Khoury (vous savez, l’homme mystère dans l’ombre de Aoun) se présente contre Amine Gemayel.
Selon l’un de nos commentateurs, «un siège n'est pas un héritage tout simplement, c'est cela la démocratie. A moins que vous voulez que le Liban n'apprenne pas ce qu'est la démocratie et retombe dans un système clanique et donc ouvert à la guerre civile».

Facile de taxer ceux qui ne sont pas d’accord de rejeter la démocratie et de tomber dans les raccourcis simplistes. Et bien non, nous ne voulons pas que le Liban retombe dans un système clanique (encore faudrait-il qu’il en soit sorti) et qu’il soit ouvert à la guerre civile (encore faudrait-il qu’il y ait «été fermé»). Et oui, nous voulons que le Liban devienne une démocratie, c’est bien l’idée!

Parce qu’il serait sans doute utile de rappeler à ceux qui ont une vision relativement subjective de la démocratie ce qui disent les textes constitutionnels de quelques pays démocratiques justement.

Une république parlementaire comme la France
«Le régime électoral limite les cas d'élections partielles en prévoyant en même temps que l'élection du député, celle d'une personne appelée à le remplacer en cas de décès, de nomination au Gouvernement ou au Conseil constitutionnel et de prolongation au-delà de six mois d'une mission temporaire confiée par le Gouvernement.C'est seulement dans les autres cas de vacance de siège (annulation de l'élection, déchéance, démission, élection du député au Sénat) que des élections partielles sont organisées.»

Un régime présidentiel comme les Etats-Unis
«En cas de décès, de démission, de destitution, le Président est remplacé par le vice-Président (assassinat du Président John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963 – remplacé par le vice-Président Lyndon Baines Johnson; démission de Richard Nixon en 1974 à la suite de l'affaire du Watergate – remplacé par le vice-Président Gerald Ford, lui-même nommé par Richard Nixon en 1973 pour remplacer le vice-Président Spiro Agnew démissionnaire pour concussion).»

Une monarchie parlementaire comme la Grande-Bretagne
«Si le leader vient à changer en cours de législature c'est le nouveau leader qui devient Premier Ministre (Margaret Thatcher remplacée par John Major en 1990, Brown remplaçant Blair cette année).
S'il n'y a de majorité, le Monarque désigne le leader du parti qui a le plus grand nombre de sièges.S'il n'y a pas de leader, il nomme, sur recommandation de l'ancien Premier Ministre ou des leaders du parti, un député, ou quelqu'un susceptible de le devenir (Lord Home, en 1963, renonce à la pairie pour se présenter à une élection partielle de la Chambre des Communes), qui ne sera pas désavoué par une majorité de députés.»

Ceci est a fortiori valable lorsque l’élu se fait assassiner (j’imagine les Républicains sautant sur l’occasion de récupérer la présidence après le meurtre de JFK) (non, je ne compare pas Pierre Gemayel et JFK ☺).

Parce que la démocratie, ce n’est pas dire «J’ai le droit, j’ai le droit, j’ai le droit…». C’est aussi et surtout avoir le devoir d’attendre la fin des mandats et les échéances électorales suivantes. La démocratie, c’est savoir patienter, le temps que son tour arrive.

 
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