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jeudi, 22 avril 2010

Coupe (Brésil contre le reste) du monde: J-50, orchidées au balcon

drapeaux coupe du monde football.jpgElles ont fleuri en avance cette année. Peut-être à cause d’un printemps exceptionnellement précoce. Ces jolies fleurs n’éclosent qu’une fois tous les quatre ans. Et elles pullulent en ville: chez les petits fleuristes de rue bien sûr, mais aussi aux balcons, sur les voitures… il y en a partout. Nous ne sommes qu’au mois d’avril et ces orchidées sont déjà là. La cueillette n’aura pourtant lieu que fin juin début juillet.

Le Top 5 des fleurs préférées à Beyrouth? Il est très facile à établir. Dans ce domaine, le patriotisme n’est pas de mise, l’orchidée libanaise n’ayant pas encore été inventée. Alors les Libanais se rabattent sur des produits d’importation. En n˚1, l’orchidée brésilienne, jaune, bleu et verte. On la croise à chaque coin de rue, elle est omniprésente et écrase ses concurrentes. Oh, il ne faut pas chercher une quelconque raison démographique à ce phénomène, même si la diaspora libanaise est très présente au Brésil. Non. L’engouement pour cette fleur est simple: c’est la plus résistante, c’est celle qui dure le plus longtemps à chaque floraison. Alors pourquoi soutenir une fleur ayant moins de chance de gagner? Mieux vaut être pour la plus forte tout de suite. En n˚2, nous retrouvons deux fleurs diamétralement opposées mais finalement ex-æquo: l’orchidée teutonne, fière de ses couleurs noire, rouge et or (couleurs parfois agrémentées d’une petite svastika pour faire moche), et l’orchidée ritale qui a l’avantage de porter les couleurs que la fleur libanaise aurait arboré si celle-ci pouvait concourir. En n˚4, voici la douce orchidée argentine, blanche et bleue. Elle doit être faite pour les romantiques, celle-là. Et puis arrive la 5e marche de ce podium que se disputent trois pauvres orchidées: il y a la Française et la Hollandaise dont les pétales mélangent différemment trois même couleurs, et puis la Grecque qui ne manque pas d’amateurs au Levant. Et puis c’est tout.

Mais voilà, la Nature étant cruelle, toutes ces fleurs disparaissent rapidement pour ne laisser rapidement place qu’aux deux finalistes. Mon voisin qui apprécie l’orchidée anglaise aura vite fait de la remplacer par la brésilienne si d’aventure Albion se faisait planter en quart de finale. C’est une règle du jeu: toujours afficher des couleurs, quitte à se renier pourvu que ces couleurs soient les bonnes. Les plus vives. Les plus fortes. Toujours.

Moi, mon choix est fait: cette année, je mettrai à mon balcon deux orchidées. Une bleue, blanche et rouge, et une verte, blanche et orange. Je soutiendrai de tout mon cœur ces fleurs restées au Costa Rica et en Irlande, honteusement écartées de la course au moment des boutures de l’automne dernier.

jeudi, 15 février 2007

Les deux drapeaux de trop

medium_haririroses.jpgAu Liban, le 14 février ne rime plus avec Saint-Valentin depuis deux ans. Du coup, hier, bon nombre de Libanais ont délaissé les fleuristes pour se rendre place des Martyrs, pour rendre hommage à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Quoi que l’on pense du bonhomme (ce ne fut pas vraiment un saint), il paraît normal de réclamer la mise en place du fameux tribunal pénal international chargé de juger ses assassins, que l’on soit dans la majorité ou dans l’opposition. «La vérité», le slogan qui illustre le mieux ce combat depuis 2 ans, devrait être l’affaire de tous les Libanais.

En tout cas, hier dans la manifestation, tout le monde y est allé de sa pancarte et de son drapeau. Comme sur le sit-in de l’opposition (sur le haut de la place des Martyrs), on a pu voir hier une kyrielle de fanions: blanc frappé du cèdre dans un cercle rouge pour les Forces libanaises, rouge-bleu pour le PSP de Joumblatt, blanc-bleu ciel pour le Courant du Futur du clan Hariri, rouge-blanc-or pour le PNL de Chamoun, blanc avec un cèdre stylisé pour les Kataëbs… On a même vu le grand drapeau rouge orné d’une faucille et d’un marteau du Parti communiste. Le tout noyé dans une mer de drapeaux libanais.

medium_drapiranien.jpgAu bout d’un moment, nous sommes allés faire un tour du côté du sit-in de l’opposition, après avoir montré patte blanche aux militaires qui ont bien fait leur boulot pour que les deux camps ne puissent même pas échanger un regard. Sur place, c’était désert. Près des barrières, à 50m du mur de barbelés séparant la place en deux, nous avons vu un groupe de jeunes du Hezbollah brandir… un drapeau iranien. De retour dans la manif, nous avons vu fleurir des drapeaux saoudiens. Si cet affichage non-national n’était le fruit que d’initiatives isolées, il n’en demeure pas moins qu’il est symptomatique des affinités régionales des deux camps. Finalement, depuis plusieurs décennies se rejoue la même partie d’échecs, le Liban n’étant que l’éprouvette de la région, où toutes les alliances, les enjeux et les inimitiés qui dépassent le pays se rejoignent. Ce serait bien que ça s’arrête, non?

 
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