Avertir le modérateur

vendredi, 30 novembre 2007

Michel Sleimane ou le chaos : le Liban a-t-il besoin d’une cure de chehabisme ?

fouad_chehab.jpgmichel_aoun.jpgemile_lahoud.jpgmichel_sleimane.jpgChaque semaine, le Liban se découvre un nouveau présidentiable en pole position. Ce fut Michel Eddé il y a 10 jours, c’est au tour de Michel Sleimane depuis mardi. Le vote prévu aujourd'hui a été reporté au 7 décembre, le temps d'un probable petit tour de passe-passe constitutionnel.

Michel Sleimane, un général de 59 ans, occupe pour l’instant la tête de l’armée libanaise. Il en est le chef depuis décembre 1998, un mois après le parachutage par Damas de Lahoud à Baabda. Parmi les premières mesures de Lahoud, la nomination de proches de régime syrien de Hafez el-Assad comme Jamil Sayyed à la Sûreté générale. Ou Michel Sleimane, beau-frère du porte-parole de l’époque du boss syrien. Sleimane est donc lui aussi un héritage – même discret – de la tutelle syrienne.

Depuis le siège du camp palestinien de Nahr el-Bared, l’armée est revenue en force dans le cœur des Libanais qui ont pleuré leurs «martyrs». Début septembre (soit 3 semaines avant le premier tour de la présidentielle), cette victoire – longue à se dessiner – a largement servi le prestige du chef. Tout le monde a crié alors en chœur: Sleimane superstar!

Depuis, dans la course présidentielle, son nom a toujours été en filigrane, même si d’autres occupaient le terrain médiatique avec leurs gros sabots. Il jouit donc d’une excellente image et a réussi à garder l’armée libanaise au-dessus de la mélasse politicienne du coin. Du coup, depuis avant-hier, toutes les discussions tournent autour d’un dilemme: peut-on amender ce qui reste de la Constitution libanaise pour permettre au général (Sleimane, pas Aoun!) de devenir président. Le 14 Mars – à part le père Boutros et le docteur Geagea – n’y voit finalement pas trop d’inconvénient. L’opposition, elle, apparaît divisée sur la question (Aoun semble pour du bout des lèvres, le Hezbollah n’en veut pas pour l'instant). Les politiques discutent d'un nom, d'un homme, mais quel sera son programme? (question naïve, certes)

Il y a quelques mois, un journaliste libanais chevronné me disait que le Liban aurait besoin d’un «président à la Chehab». Un président fort et impartial, même ex-général en chef de l’armée. Fouad Chehab était arrivé au pouvoir après la crise de 1958 (crise durant laquelle le président Chamoun demanda l’intervention de l’armée américaine). Chehab était un militaire et voulait le rester. Mais devant l’instabilité du pays, il accepta la présidence, contre son gré. Devenu président, il avait eu cette phrase: «La révolution n’a ni gagnant, ni perdant» (le prochain président dit de consensus pourra la resservir!). Je ne vais pas me lancer ici dans l’historique de son mandat. En bref, il réussit son pari (une doctrine qui porte son nom, le «chehabisme»): remettre de l’ordre dans le pays, moderniser l’administration, imposer des plans de réforme, faire reculer le poids de la féodalité… il a même balayé une tentative de coup d’Etat de la part de ces bons vieux farceurs du PSNS. Puis il laissa sa place à Hélou en 1964.

Le Liban de 2007 a-t-il besoin d’une petite cure de chehabisme comme en 1958? Sur le papier, certainement, car il y a un gros ménage à faire à tous les étages de l’Etat. Mais Sleimane, s’il est élu, pourra-t-il faire quoi que ce soit contre le féodalisme, la corruption ou simplement démêler le casse-tête économique de l’année à venir? Pourquoi donc ces «hommes providentiels», ces «hommes forts», doivent-ils toujours venir de l’armée et non de la société civile? Entre Chehab, Aoun, Lahoud et Sleimane, le Liban n’est-il finalement qu’une histoire de généraux? Tout comme Ghassan Tueini qui ne veut plus voir de militaire à Baabda, j’espère que non.

samedi, 24 novembre 2007

Considérations diverses à H+1

Scheiße, j'ai loupé l'heure H.

[...]

Bon, d'abord, sortons les cotillons! Lahoud n'est plus président. En fait, pour une génération de (jeunes) Libanais, ça va faire bizarre. Pour moi aussi. Sur presque 11 ans passés au Liban, j'ai eu 9 années de lahoudisme. C'est un peu comme en 1995 quand Chirac a pris l'Elysée. Je ne connaissais que Mitterrand dans le costard présidentiel. Maintenant, il va falloir trouver quelqu'un pour enfiler le charouel présidentiel local, ce qui n'est de toute évidence pas gagné.

[...]

Merci d'avoir suivi cette journée absolument pas palpitante en notre compagnie, nous reprenons maintenant notre programmation habituelle.

vendredi, 23 novembre 2007

Considérations diverses à H-13

L’opposition veut boycotter, le 14 Mars veut envoyer ses députés coûte que coûte. Sur la place de l’Etoile où se situe le Parlement, il y a déjà une foule de journalistes, attendant ces parlementaires qui devraient pointer le bout de leur nez vers 13 heures. La pression grimpe, chacun fait monter les enchères. Réponse dans quelques heures pour savoir qui aura les plus gros biceps.

[...]

Emile Lahoud est en train de faire ses adieux au personnel du palais de Baabda. Bon débarras. Encore que... Comme me le disait Nat hier, on ne sait pas encore quelle trace ce personnage laissera dans l'Histoire, puisque celle-ci est en général écrite par les vainqueurs...

[...]

Ce matin, le soleil est revenu à Beyrouth. Et selon la météo, cette embellie devrait durer toute la semaine prochaine. En gros, tout le monde a laissé passer l’orage ces derniers jours (au sens propre comme au sens figuré), en attendant le ciel bleu. Si jamais la situation dérape à partir de demain avec quelques belles émeutes comme celles du janvier dernier, au moins, ce sera plus photogénique d’avoir des colonnes de fumées noires sur fond bleu plutôt que sur fond gris.
Pendant ce temps, dans cet horizon (presque) dégagé, des petits bateaux continuent leur train-train quotidien. Nos amis allemands veillent au grain au large.
ciel_bleu.jpg

[...]

Maurice Béjart vient de mourir. Est-ce que quelqu’un se souvient du petit scandale au festival de Baalbeck à cause de l’un de ses spectacles?

[...]

5765399fd108754f818655a6c3a181ea.jpgSur la page d’accueil de L’Orient, hier, un avertissement a attiré mon attention. En raison du 22 novembre, un jour chômé également par la presse, il n’y aurait pas de journal ce matin, la prochaine édition du quotidien serait donc datée du samedi 24 novembre. Je trouve ça hallucinant que, vu les circonstances, un quotidien (quel qu'il soit) respecte ce genre de dispositions syndicales. Ce matin donc, sur le site web du seul quotidien francophone du Liban, il n’y avait pas de «nouvelles neuves». L’équipe rédactionnelle aurait pu garder une veille, afin d’alimenter le site qui est énormément consulté par les Libanais de l’étranger. Faut pas s’étonner si les citoyens cherchant à s’informer vont voir ailleurs…

[...]

Ce matin, j’ai reçu un mail du Circuit Empire (l’un des principaux distributeurs de films au Liban). Le contenu disait en substance que, «à cause de la situation, l’avant-première du film de Robert Redford Lion for lambs, prévue demain matin, était reportée “until further notice”». Ça me rappelle étrangement l’après-12 juillet 2006 quand on recevait les annulations les unes après les autres.

[...]

Toujours dans la rubrique cinéma: un copain chef op’ a débarqué cette semaine de Paris pour participer au tournage d’un film libanais. Le tournage est censé débuter demain. Je trouve ça touchant (ou inconscient?) que certains poursuivent leur effort de vie de cette manière.

[...]

Dernière info d'ordre météorologique: avec ce qui est tombé ces derniers jours, la pointe du Mont Sannine est toute blanche.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu