Avertir le modérateur

mardi, 12 avril 2011

(H)OntorNet

Il est tout juste minuit ici à Beyrouth. Je laisse l'ordi allumé encore 15 à 20 minutes. En fait, j'ai demandé à mes proches de m'envoyer leurs mails un peu volumineux à partir de minuit (soit 23 heures en Europe). Parce que cela tombe dans la tranche horaire 0h-6h durant laquelle mon cher provider ne facture pas la bande passante. Avec un quota de 2,5 gigabytes par tranche de 50 dollars (download et upload confondus), il faut évidemment faire attention à sa consommation. Un accident est vite arrivé, genre la vieille tante qui vous envoie des tonnes de photos de cousins éloignés en pleine matinée. Et paf, 10 dollars qui partent en fumée! Pas étonnant que les vendeurs de DVD piratés fassent fortune car ici, on ne télécharge pas de film. Pas possible. Et même les courageux qui attendraient minuit pour le faire verraient leur connexion planter inexplicablement en plein milieu de la nuit.

En fait, y'a pas vraiment grand chose de nouveau. J'en ai juste marre.

Chaque mois, j'entends des nouvelles comme quoi «dans trois mois, j'te jure, on aura la meilleure connexion du monde!». Bein j'attends. Merci messieurs les ministres des Télécoms, toutes couleurs confondues mais alternant volontiers clientèlisme et incompétence, qui nous font passer pour des baltringues. Le Liban arrive donc en 169e position sur 169 pays classés, en termes de vitesse. Peut-être vaut-il mieux en rire qu'en pleurer, mais je n'y arrive pas. J'essaie pourtant. C'est tellement plus simple d'être champion du monde du plus gros hommos.

Voilà, il est minuit passé de 10 minutes et j'angoisse. Si ça se trouve l'arrière-grande-tante va m'envoyer son mail de 10Mo dans 5 minutes, quand j'aurai éteint, et il arrivera sur mon disque dur demain matin quand j'ouvrirai Mail.

Il n'y a pas longtemps, une amie en France me proposait une discussion vidéo sur Skype. J'ai eu presque honte, je ne savais pas trop comment lui dire que ce genre de passe-temps est plutôt à ranger dans la catégorie science-fiction. Car ici, en 2011, ça donne ça...

PS1: J'adore le rire de l'Asiatique. C'est ça le plus drôle...
PS2: Vous l'aurez compris, si vous voulez envoyer des trucs un peu lourds, faites-le à minuit pile, pas à minuit vingt. Merci de votre compréhension.

mardi, 23 février 2010

Ozero 2.0

Vous pensiez que tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Madame X, depuis ses dernières mésaventures avec Ogero? Vous pensiez le pire était passé? Et bien non!
Notre feuilleton Ogero continue avec un nouveau chapitre: Internet!

Jour 1
kit portable stress.jpgMadame X a enfin obtenu, mais en plusieurs étapes, ses 3 lignes de téléphone. Bon, bien sûr, il y en a une qui grésille, mais c’est un moindre mal… L’objectif désormais est d’obtenir une connexion Internet car, après réflexion, il semblerait que ce soit encore via le service public qu’une connexion Internet digne de ce nom (suffisante pour l’usage intensif que sa compagnie doit en faire) soit disponible à un prix relativement raisonnable. En effet, la société privée par laquelle Madame X passe actuellement lui facture mensuellement 600 dollars pour une bande passante de 256K. Autrement dit, une misère question débit et une fortune question facture.

Or, Ogero propose en exclusivité une connexion HDSL de 2300K à 200 dollars par mois. Certes, un quota de 8G (qui sera allègrement dépassé en 10 jours seulement) est imposé; certes, il faut en principe compter un mois après l’installation d’une ligne téléphonique pour qu’Ogero fournisse l’accès Internet; certes, cela implique, inéluctablement, un service après-vente laborieux; mais par la capacité et le prix alléchée, Madame X se dit qu’elle n’a pas exactement le choix; grand bien lui fasse. Son fournisseur d’accès privé n’a qu’une alternative à proposer: 1024 Kbps en downlink et 512 Kbps en uplink pour la modique somme mensuelle de 1940 dollars (hors taxe)! Ha, les joies du monopole.

Madame X se rend donc dans le bureau d’Ogero qu’elle a appris à si bien connaître. Elle y retrouve Lilou et Madame P, mais aussi Monsieur O, le directeur de la branche qui l’invite aussitôt à s’asseoir, prendre une cigarette («Si, si! Tu t’en fous de ta santé!», insiste-t-il) et un café. Une fois les salamalecs d’usage passés, Madame X fait sa formalité et là, miracle, tout se passe sans encombre! Elle paye les 600 dollars d’installation, récupère son reçu. Mieux, elle apprend même que pour le HDSL, l’installation se fait en une semaine et non un mois, car la demande est moindre que pour l’ADSL! Madame X a l’impression de planer.

Mais Monsieur O la ramène bien vite sur terre. Il lui fait signe de revenir s’asseoir à son bureau.
– Monsieur O (souriant): Ça va? Tout s’est bien passé?
– Madame X (enthousiaste): Oh oui, merci beaucoup! Et donc, tout sera installé d’ici une semaine?
– Monsieur O (l’air chagriné): Je ne sais pas. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de modems adaptés sur le marché…
– Madame X (stupéfaite): Mais... J’ai payé l’installation! Comment facturez-vous un service que vous ne pouvez pas assurer faute de matériel?
– Monsieur O (qui prend un air affairé): Attends, attends…

Monsieur O se saisit de son téléphone, appelle et à voix très haute, explique à son interlocuteur: «Ecoute, tu as des modems HDSL? Deux? C’est parfait! Car j’ai ici une jolie dame (sic) qui en a besoin de toute urgence et il y a une autre jolie dame qui en veut un aussi. Pour une autre compagnie (l’interlocuteur répond quelque chose) Oui, moi je n’ai que des jolies clientes, cheft ? Hahahahaha ! Donc tu me les mets de côté, d’accord? Je compte sur toi. Et je n’oublierai pas le service que tu m’as demandé. Oui. Yalla, habibé.
– Monsieur O (triomphant): C’est arrangé! Demain ou après-demain au plus tard, ils viennent te l’installer.
– Madame X: Merci mille fois, Monsieur O. Vraiment.
– Monsieur O: Ça ne mérite pas un bisou, ça?
Madame X, prise de court, lui fait une bise sur la joue, sous la mine hilare des employés.
– Monsieur O: Haaaaaaaaaaa! Toi, c’est fini! Tu as un passeport international chez nous! (à l’adresse de sa fine équipe) Tu peux nous demander tout ce que tu veux, tu n’as qu’à dire «Passeport international»! Appelle-moi pour me dire comment ça s’est passé.

Jour 2
Rien. Personne.

Jour 3
Rien. Personne.

Jour 4
Madame X rappelle Monsieur O.
– Monsieur O (grognon): Chou, tu es encore vivante? Je me suis inquiété!
– Madame X: J’attendais que l’employé vienne installer la connexion pour vous rappeler, comme convenu, mais justement…
– Monsieur O (l’interrompant): Il n’est pas venu? Ya allah! Je vais le rappeler.
– Madame X: Merci, Monsieur O.
– Monsieur O (sur le ton de la confidence): Mais tu prendras bien soin de lui…
Blanc de quelques secondes…
– Madame X: Qu’est-ce que vous voulez dire par là?
– Monsieur O: Moi? Rien. Moi, je n’explique jamais rien. C’est à toi de savoir. Mais si tu veux une bonne maintenance après…

Jour 8
Rien. Personne.

Jour 9
Un employé appelle de la part de Monsieur O.
– L’employé (voix nasale): Allooooooo, j’appelle d’Ogeeeero…
– Madame X: Ha. J’attendais de vos nouvelles.
– L’employé: J’ai eu beaucoup de travail. Bon. Vous avez le câble pour relier le boîtier téléphonique à votre bureau?
– Madame X: Oui, tout est en place.
– L’employé: Vous êtes sûre? Parce que tout le temps les clients nous font venir et ils n’ont pas ce qu’il faut…

Madame X vérifie et confirme.
– L’employé: Yalla, je serai là demain.

Jour 10
Rien. Personne.

Jour 11
Rien. Personne.

Jour 12
Rien. Personne.

Jour 13
Rien. Personne.

Jour 14
Rien. Personne.

Jour 15
L’employé débarque enfin dans le bureau. Il est tout boudiné dans son pull bleu marine au logo vert Ogero et a l’air grognon.
– L’employé: Je viens de la part de Monsieur O. Vous avez les câbles alors?

Madame X l’emmène vers le placard qui contient toutes les arrivées de câbles.

– L’employé (pas content): Et où est le câble qui va d’ici jusque dans la pièce du serveur?
– Madame X (surprise): Mais c’est à vous de l’installer, justement!
– L’employé (furieux): Ha non! J’installe l’Internet, moi. Je ne fournis pas de câble. Je ne suis pas électricien. Je vous avais prévenue! Ha, ces clients qui n’écoutent pas.
– Madame X: Ecoutez, le bureau est relié…
– L’employé l’interrompt en maugréant: Moi, j’ai autre chose à faire. Si vous voulez, je vous installe la connexion ici.
– Madame X: Dans le placard???!
– L’employé: C’est la seule chose que je peux faire pour vous. Sinon je m’en vais. Ne me faites pas perdre mon temps.

Madame X, à contrecœur et passablement dégoûtée, demande à un membre de son équipe d’emmener l’employé dans la pièce du serveur sous prétexte de lui montrer les machines, et surtout de lui donner de sa part un billet de 100 000LL. Il faut bien «prendre soin de lui». A la guerre comme à la guerre. Elle retourne dans son bureau. Cinq minutes, plus tard, l’employé frappe à sa porte, un grand sourire aux lèvres.
– L’employé: Ya setna! Ça y est, tout est installé et tout marche! Kellik zoq! Si tu as besoin de quoi que ce soit n’hésite pas. Ya habibté, merci, merci!

Effectivement, en quelques minutes, l’employé a non seulement fini l’installation dite impossible, mais a même fait plus: il a arrangé les câbles, enlevé les bouts de chatterton qu’il a remplacés par de petits dominos tout propres… Et Internet fonctionne parfaitement.
Deux semaines plus tard, la principale ligne de téléphone du bureau tombe en panne. Silence au bout de la ligne, impossible d’appeler des portables ou des numéros internationaux, ce qui, vous en conviendrez, est problématique.
Madame X signale la défaillance sur le service téléphonique d’Ogero; la boîte vocale l’avertit que la réparation sera effectuée sous trois jours ouvrables.

Jour 3
Toujours pas de ligne.

Jour 4
Toujours pas de ligne.

Jour 5
Toujours pas de ligne.

Jour 6
Toujours pas de ligne.

Jour 7
Toujours pas de ligne.

Jour 8
Toujours pas de ligne.
Madame X essaie d’avoir le service après-vente d’Ogero, en vain. En désespoir de cause, et alors que cela ne lui plaît pas, Madame X se résout à rappeler Monsieur O. Monsieur O vérifie.
– Monsieur O: Dépose une plainte sur le service téléphonique.
– Madame X: C’est ce que j’ai fait il y a une semaine!
– Monsieur O: Alors je ne peux rien faire, ça ne dépend pas de nous. Appelle ce numéro.

Madame X appelle le numéro en question. Elle tombe sur Monsieur N, qui lui assure que la réparation sera faite le lendemain.

Jour 9
Toujours pas de ligne

Jour 10
Toujours pas de ligne.

Jour 11
En matinée, Madame X rappelle Monsieur N qui lui assure (c’est un vendredi, les administrations ne travaillent que jusqu’à 11 heures, et encore) que la personne en charge est sur la route et arrivera dans une demi-heure. Au bout de 3 heures, Madame X rappelle, bien sûr plus personne ne répond.

Jour 14
Madame X rappelle Monsieur N qui lui assure (oui, ça fait trois fois qu’il lui assure la même chose) que la personne en charge est bien venue en son absence. Apparemment, un câble téléphonique sous terrain a été abîmé (madroub taht el ard), mais la réparation va être effectuée de façon imminente.

Jour 17
Un nouvel employé d’Ogero téléphone sur la ligne qui était en panne. Hourra! La réparation a été effectuée.
Une demi-heure plus tard, Internet est en panne. Un membre de son équipe signale à Madame X qu’on a dû passer sur la connexion de back up.
Il faudra trois jours pour la réparer. La cause de la panne? Chers lecteurs, comme vous l’aurez deviné, en réparant la ligne téléphonique, notre impayable équipe d’Ogero avait bousillé le câble Internet!

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu