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lundi, 12 mai 2008

Day 6

21h05

• Nabih Berri a reporté le scrutin présidentiel au 10 juin (la 20e session, non? je m'y perds moi-même). Le Liban va sûrement entré dans le Guinness Book avec ça. Y a-t-il encore quelqu'un que cette élection intéresse?
• Souhaid accuse le Hezb d'imposer ses perspectives au Liban. Ah bon? Je trouve pas, moi. C'est la démocratie à la sauce tehiné qui s'exprime, comme l'a si humblement souligné monsieur Aoun.
• Voici un bon sujet d'Al Jazeera (en anglais), sur la situation aujourd'hui à Tripoli.

 
19h10

• Les grandes vacances sont terminées (provisoirement). Les écoles rouvrent demain.
• Joumblatt rencontre l'envoyé de l'administration US: il va encore se faire traiter de collabo celui-là!
• Aoun vient de prévenir ses partisans: «Attention aux hariristes s'ils viennent dans vos régions!» (sous-entendu, «ils viendraient manger vos enfants la nuit», ou «moi aussi, je peux avoir mes milices de quartiers»).
• C'est beau la démocratie consensuelle.

 
16h14

• Le point en vitesse parce que là, ça devient risible: le Prince Talal Arslane (ben oui, pour ceux qui ne sauraient pas, Arslane est un émir druze qui se crêpe le chignon depuis des années avec Joumblat, l'heure de la revanche a donc sonné), se posant en porte-parole de l'opposition, a lancé toutes sortes d'ultimatums. En vrac, il veut récupérer le matériel militaire du PSP (qui le fait bien saliver) AVANT de le remettre lui-même à l'armée. Et ce aujourd'hui même. «Ce jour est décisif. Ou nous réussissons, ou tout s'effondre.» Et comme il avait précisé avant que «si le Chouf explose, tout le Liban explose avec lui», on imagine combien Joumblat doit avoir la pression. Accessoirement, nos amis de l'opposition, comme ils en ont l'habitude, remettent la barre un peu plus haut: après que Nasrallah a affirmé que seule l'annulation des fameuses décisions du gouvernement mettrait fin à la «désobéissance civile», Arslane (porte-parole de l'opposition pour les étourdis) vient de corriger le tir. Il faut la démission du gouvernement pour que quoi que ce soit s'arrête. Ils ont raison de continuer sur leur lancée, pourquoi s'arrêter en si bon chemin, même si cela revient à se dédire? Comme Berri vient aussi de se prononcer pour la démission de Siniora (en tant que chef d'Amal, pas que président du Parlement, c'est pratique les casquettes), il semble que la prochaine étape soit d'avoir la tête du bonhomme. Politiquement bien sûr.



• Cela clashe de nouveau à Tripoli, épisodiquement.
• Une délégation de la Ligue Arabe arrivera mercredi à Beyrouth (ouf, on est sauvés), et à l'aéroport s'il-vous-plaît. Ils y tenaient beaucoup, ils ne seraient pas venu sinon. Sans doute pour vérifier de visu que le Hezbollah sait faire de très jolis chateaux de sable.
• Depuis mercredi dernier, les combats ont fait 81 morts. Je sais, ça aurait pu être pire mais c'est déjà trop. 


15h00

• Je n'ai jamais vu aussi peu de trafic routier sur la route de Damas qu'aujourd'hui, mis à part les camions frigorifiques de Tanmia qui arrivent sur Beyrouth pour remplir les supermarchés, et les minibus qui partent vers la Syrie.
• A Chtaura, les minibus libanais arrivent donc chargés. Surtout des ouvriers syriens.
• Sur la route de Masnaa et de Majdel Anjar, je suis passé entre les gouttes, les combats avaient cessé dans la matinée.
• Quelques kilomètres plus loin donc, à Masnaa, la route est barrée 300m avant le poste frontière par un large monticule de terre. Les chauffeurs syriens attendent les pigeons (entre 120 et 150 dollars pour l'aéroport de Damas, tout de même), et les font passer à pied par une petite barrière. Les soldats de l'armée libanaise fument des cigarettes en s'abritant du soleil (ça cogne dans la Bekaa). J'te mettrais un coup de bulldozer là-dedans...
• En tout cas, les transports de marchandises entre les deux pays ne fonctionne plus. Entre l'aéroport fermé et cette frontière, tout cela ressemble de plus en plus à un blocus.345814418.jpg

 
12h11

• Seul sur une route déserte, tel un cow-boy dans le couchant, David se rend maintenant à Masnaa pour voir de quoi il en retourne, l'armée devant actuellement procéder au déblocage du coin, après les échauffourées de Aanjar et Majdel Aanjar (le village d'à-côté, habité par de sérieux énervés en termes de fondamentalisme sunnite).
• Ce matin, à Masnaa justement, le poste-frontière a été endommagé par des tirs et des grenades lancés depuis... le côté syrien. Et oui.
• Dans le Chouf, l'armée se déploie massivement alors que les notables de la Koura (un district pauvre du Nord Liban) l'appellent urgemment à venir assurer la sécurité. Ben oui, ils doivent se dire que mieux vaut prévenir que guérir, vu comment ça s'est passé ailleurs.
• Enfin, dans la rubrique people, Saad Hariri dément avoir quitté le Liban et assure qu'il restera à Beyrouth. Dans le fond, on s'en fout un peu, parce que ça ne changera pas grand chose. Les seuls qui seront embêtés seront ce couple d'aounistes résidant à Qoraytem en face de la casa Hariri, et dont ils regardaient l'attaque avec enthousiasme, comme d'autres vont au cinoche. Ce serait dommage des les priver de cette saine distraction.


9h54

• Après la mise au pas du Chouf, des heurts se produisent à Masnaa, principal point de passage à la frontière syrienne, et vers la localité voisine de Aanjar, où réside une importante communauté arménienne.  Cela va compliquer les choses pour ceux qui veulent sortir du pays par là-bas.
• A propos de ceux qui essaient de quitter le pays, les bonnes habitudes reprennent: après les 50000LL pour faire l'aller-retour entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest la semaine dernière, il faut maintenant compter 500$ minimum pour prendre un taxi Beyrouth-Damas (contre 10$ en temps normal). Encore plus fort (et plus nostalgique pour certains), vous pourrez débourser 2000$ pour faire le trajet Jounieh-Chypre par les bons soins de propriétaires de petits bateaux (qui vont sur l'eau). Au moins, vous avez l'embarras du choix.
• David part tout de suite à Naba es-Safa, petit village du Chouf où vivent chrétiens et druzes. Mais selon un habitant du coin, il va devoir s'accrocher pour trouver des chrétiens sur place parce qu'ils sont tous en train de mettre les voiles.

 
8h20

• Vous connaissez la dernière blague à Beyrouth? Non? Et bien la voici: la Ligue arabe se réunit pour trouver une solution à la crise libanaise. Je n'avais pas autant ri depuis... depuis quand?
• La nuit dernière, vu de chez nous, une activité étonnante régnait au port de Beyrouth. A part Amal, quelqu'un s'occupe-t-il du site? La Finul? Ouh la! Qu'est-ce qu'il y a comme blagues aujourd'hui...
• Bilan des derniers jours: 42 morts. Plus tous ceux de la nuit.
• Et ça, c'était Choueifat hier (sur Otv).

jeudi, 21 juin 2007

Liban / Syrie : frontière-passoire et crise des camions 2

medium_mapwadi.jpgHier, les autorités syriennes ont décidé de fermer le poste-frontière d’el-Qaa sur la route qui va de la Bekaa vers Homs. Il y a quelques semaines, ils avaient déjà procédé à la fermeture de ceux d’Arida et de Daboussiya au nord du Liban le long de la côte. Du coup, depuis hier soir, il y a un afflux énorme vers Masnaa, le principal poste-frontière entre le Liban et la Syrie, placé sur la route de Damas au milieu de la Bekaa. La raison officielle de cette nouvelle fermeture: la Syrie ne veut pas de contamination. Les affrontements en cours au Liban-Nord ne lui plaisent pas.

En fait, les médias parlent beaucoup de la frontière libano-syrienne. Mais quelle aspect a-t-elle exactement cette frontière ? Première chose, elle se situe dans une chaîne de montagne (plutôt aride) sur la quasi totalité de sa longueur (l’Anti-Liban). Ensuite, et il suffit de se rendre à Damas par la route pour le voir, il existe un no man’s land entre les deux pays. Expliquons-nous. En partant du Liban, on arrive au poste-frontière de Masnaa (placé sur le territoire libanais). Là, vous tamponnez votre passeport et vous sortez du Liban. Mais vous n’entrez pas encore en Syrie. Vous reprenez votre voiture, traversez une zone tampon vierge et lunaire avant d’arriver, 7km plus loin, au poste frontière d’entrée sur le territoire syrien. Ce no man’s land (imposé par l’armée syrienne) est placé sur le territoire libanais (l’amputant donc puisque la vraie frontière ne se trouve pas à Masnaa).

medium_DSCN0198.JPG Largement plus au nord se trouve la petite région de Wadi Khaled (la protubérance en haut à gauche que vous pouvez voir sur la carte ci-dessus). Pour faire simple, c’est le coin le plus reculé du Liban, à tous les niveaux. Ses habitants n’ont eu la nationalité libanaise que très récemment, l’Etat y est totalement absent, il n’y a pas d’infrastructure, l’ambiance est pesante, les visages fermés. Comme vous pourrez le voir dans un nouvel album photos, cette région est plutôt inhospitalière. Un jour (en 2003, donc avant le retrait syrien du Liban), nous sommes allés au bout de la dernière route, la plus au nord du pays. Cette route se termine en cul-de-sac par un alignement de magasins en tôle et de taxis garés à la queue-leu-leu. Dans les derniers mètres, on découvre un petit pont enjambant le Wadi Khaled. Devant ce pont, un muret de pierres usé par le temps et les allées et venues des habitants de la région. De l’autre côté de la rivière, c’est la Syrie. Ici, pas de checkpoint, pas de tampons sur le passeport, pas de douaniers. Les femmes se trimbalent avec des bidons d’essence (beaucoup moins chère en Syrie), des hommes au visage buriné scrutent les intrus. Bref, une vraie zone de non-droit, à cheval sur deux pays.

Depuis plusieurs semaines, la Syrie refuse que les casques bleus de la Finul se déploient le long de cette frontière-passoire. Pourquoi exactement? Aujourd’hui, ce sont les postes-frontière qui ferment les uns après les autres. Pourquoi? Pour la sécurité de la Syrie? Les combattants «palestiniens» et les armes présents au Liban sont passés par cette frontière dans un sens. Officiellement donc, les Syriens ne tiennent pas à revoir chez eux les miliciens du Fatah al-Islam and Co. C’est très probable, mais il y a peu de chance que ceux-ci n’utilisent pas des chemins de traverse. Quelle autre raison alors? La dernière fois que la Syrie a fermé ses frontières avec le Liban, juste après le retrait de 2005, ça a donné ce que l’on a appelé «la crise des camions». Le long des routes, les camions de transport (fruits et légumes, denrées diverses et périssables…) sont restés bloqués des jours durant côté libanais. L’objectif: asphyxier l’économie du Liban (c’est pas moi qui fabule là, relisez les journaux de l’époque…).

Se dirige-t-on vers une «crise des camions 2 le retour»? Reste plus qu’à afficher portes closes au poste de Masnaa, le dernier ouvert entre les deux pays… Pour les camions, la frontière libano-syrienne est facile à fermer. Pour les piétons armés et les ânes, cette frontière reste malheureusement une passoire, malgré le déploiement et les rondes de l’armée libanaise depuis 2005.

 
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