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vendredi, 05 octobre 2007

Partition du Liban : le puzzle impossible

Reparlons un petit peu de cette idée de partition du Liban, chère à l’un des commentateurs de ce blog (qui a tendance à vomir ici un peu trop souvent). L’idée défendue: chacun chez soi (puisque chrétiens et musulmans ne peuvent plus cohabiter) et qu’un futur Hezbollahland chiito-chiites au Sud (au revoir les villages chrétiens) se fasse rétamer une bonne fois pour toute par Israël, tandis qu’une «principauté maronite» vivrait dans le faste et sous couverture européenne. Voilà pour l’objectif. Les moyens maintenant: on coupe le Liban en plusieurs entités (quitte à en redonner un bout à la Syrie), selon les confessions.

Très bien, bravo, en voilà une grande idée qu'elle est bonne! Mais on fait comment exactement? Si le puzzle de la partition confessionnelle vous tente (ce qui n'est pas mon cas), regardez la carte ci-dessous (source: Documentation française, 2002). Alors les (mini)malins, j’attends vos propositions (je suis sérieux, et si vous avez des cartes d'un futur Liban morcelé, envoyez-les par mail)… On superposera pour voir.

medium_communautés_liban.jpg

Personnellement, ça me coûterait de devoir présenter mon passeport pour aller manger du poisson à Saïda et de la kabbé nayé à Chtaura, ou pour aller camper aux Cèdres.

Le Liban n’est pas divisible. Point.

mercredi, 11 juillet 2007

It's good to communicate

medium_libancell.jpgComme pour donner tort à ceux qui, convaincus que chrétiens et musulmans ne peuvent plus coexister au Liban, sont désormais partisans d’une partition du pays (la palme revenant à la création d’une «principauté» chrétienne dont on se demande bien qui serait le prince), les mouvements pour la laïcité refont parler d’eux tandis qu’un rassemblement de «l’Option libanaise» sera officiellement annoncé vendredi.

Dans les deux cas, des chiites sont soit à l’initiative, soit partie prenante: Hussein Husseini, l’ancien chef du Législatif, au niveau du Centre pour l’édification d’un Etat civil; Ahmad el-Assaad,le chef du «Courant du Liban des compétences», en ce qui concerne l’Option libanaise. Ces deux jeunes organismes défendent une ligne de conduite claire et nette qui se recoupe à bien des niveaux:

  • Egalité et liberté des Libanais unis par un principe de coexistence en dehors duquel le Liban ne saurait exister.
  • Défense d’un Etat civil.
  • Refus de la guerre et des ingérences étrangères, passant par une réelle responsabilisation des Libanais eux-mêmes. Etc.

Il faut saluer la volonté des membres de l’Option libanaise de briser le duopole Amal-Hezbollah sur la communauté chiite, comme d’autres comme le Courant chiite libre s’y essaient depuis longtemps déjà.Tout ça pour dire que dans toutes les communautés, il y a des âmes de bonne volonté, soucieuses de protéger le «vivre ensemble». Evidemment que ce n’est pas facile. Evidemment qu’il y a des moments de découragement.

Mais je trouve quand même triste que ce soient toujours des chrétiens (pas tous heureusement) qui se replient sur eux-mêmes et portent des jugements parfois choquants sur leurs compatriotes musulmans. Au cours d’une excursion dans le Sud, un habitant de Aïn Ebel (village chrétien) m’expliquait en quoi les musulmans étaient sales et combien les chrétiens leur étaient supérieurs, intellectuellement, culturellement, socialement. Il n’avait pourtant pas grand chose à envier à ce chiite de Bint Jbeil que j’avais rencontré quelques heures auparavant et qui, lui, avait loué la richesse et la sainteté du Liban, terre de toutes les religions, et qui était heureux d’envoyer ses enfants à l’école des Sœurs de Aïn Ebel justement.

J’ai bien conscience qu’il existe un syndrome des minorités se traduisant par une crainte permanente d’être absorbées par la majorité ou d’être jetés à la mer. Ce n’est pas propre aux chrétiens du Liban. Mais à mon sens, l’intelligence serait d’essayer de voir plus loin que ces clivages arbitraires sur seule base de l’appartenance religieuse.

Malheureusement, au Liban, trop de monde continue à concevoir son univers sous forme de cercles concentriques: au centre l’individu, puis la famille, le clan, la communauté et enfin, bon dernier, le pays… Tout cela a évidemment des fondements historiques, les Libanais n’ont sans doute pas eu le temps de se construire un véritable sens de la nation, comme tant de pays issus de la décolonisation. Ce qui fait même regretter à certains l’époque du mandat français où les Libanais se fatiguaient moins car ils avaient moins de responsabilités! Mais je m’égare.

Une chose est certaine, car je la constate tous les jours ou presque: un maronite de Beyrouth a souvent davantage de points communs avec un homme d’affaires chiite de la capitale qu’avec un planteur de tabac de Deir el-Ahmar ou un petit commerçant de Aïn Ebel.

 
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