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samedi, 25 février 2012

Amis touristes, c'est pour vous

Note à l'attention des éventuels touristes étrangers désirant visiter notre beau pays
Si jamais l'envie incongrue de vous rendre au Sud-Liban vous prend, n'oubliez pas le passage par la case "armée libanaise" à Saïda (en venant de Beyrouth, tournez à gauche après le Spinneys, faites 300m puis tournez à droite). Munissez-vous de photocopies de votre passeport et/ou du permis de séjour et rendez-vous chez nos charmants militaires. Oh, l'opération ne dure pas longtemps, elle est gratuite, mais se frotter à ces hommes coinçés dans leurs containers métalliques est tout sauf sexy pour le tourisme.

Ce que vous venez chercher, c'est ça: un petit bout de papier de rien du tout (un pauvre sticker du Crédit Libanais dans mon cas), censé vous permettre de passer les barrages au sud de Tyr. Obligatoire donc pour arriver à destination.

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Il y a 2 jours, j'ai eu la joie de gagner à la loterie et d'obtenir ce beau laisser-passer. Mais il m'est arrivé une chose qui ne m'était encore jamais arrivée en quinze ans. L'officier jette un coup d'œil sur les photocopies et me dit:
– "J'ai besoin de vos papiers libanais aussi.
– Euh, je n'en ai pas. Je ne suis qu'étranger (monseigneur).
– HHHHourrry? Ne mentez pas. Vous êtes Libanais. Pourquoi me montrez-vous un passeport étranger?
– Vous vous méprenez (votre seigneurerie), je suis Français. Regardez, j'ai un permis de séjour!
– Je te crois pas. Je suis sûr que tu es aussi Libanais..."

L'échange – dans un mélange d'arabe et d'anglais – a bien duré 5 minutes. Et 5 minutes, c'est long pour justifier d'une nationalité que je n'ai pas et que je n'aurai pas. C'est la première fois qu'une scène comme celle-là m'arrivait. Prouver que je n'étais pas (aussi) Libanais.

Je rêve.

PS: j'ai dû passer 15 fois des barrages en 48h, et personne ne m'a demandé ce fichu papier.

mardi, 05 juin 2007

Hariri vs. Syrie: la guéguerre de propagande

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Depuis quelques temps, nous assistons à une véritable guerre d'images, d'affirmations, de rumeurs en tout genre. Il y a 10 jours, la blogosphère libanaise n’avait d’yeux (ou d’oreilles) que pour l’article publié par le New Yorker le 5 mars dernier. A la publication de ce papier, on commençait à peine à parler du Fatah al-Islam. L’attentat de Aïn Alak (qui lui est attribué) remontait lui au 13 février. Le New Yorker, par la plume de Seymour M. Hersh, flinguait le clan Hariri: selon lui, la bande à Picsou aurait financé différents groupes sunnites (dont le Fatah al-Islam) pour contrer le Hezbollah chiite.

Dans le Daily Star (le quotidien anglophone de Beyrouth), l’éditorialiste Michael Young (plus que cul et chemise avec le clan Hariri) allumait à son tour le New Yorker, en écrivant ceci: «Le mensonge selon lequel le gouvernement a financé le Fatah al-Islam a été légitimé par une gaffe spectaculaire du camp Hariri, en particulier de Bahia Hariri (la sœur de Rafic Hariri). Il y a quelques mois, elle a aidé à résoudre une crise qui résultait de la présence d’islamistes dans le district de Taamir de Saïda, adjacent au camp palestinien de Aïn el-Heloué, en payant un dédommagement aux militants de Jund al-Cham pour qu’ils quittent la région. Du point de vue de Saïda, que Bahia Hariri représente au Parlement, c’est logique. Taamir était une entrave aux relations entre l’Etat et les habitants de la région d’un côté et les islamistes et les résidents du camp de l’autre. Cependant, au lieu de se disperser, un certain nombre de militants se sont rendus à Nahr al-Bared, selon des sources palestiniennes. Là, ils ont rejoint le Fatah al-Islam. Maintenant les Hariri semblent avoir financé des islamistes, alors qu’ils se sont contenté de faire ce qu’ils font habituellement face à un problème: essayer de le résoudre en l’achetant.» Drôle de fréquentation, mais malheureusement belle analyse du système Hariri.

L’opposition s’est régalée de ce genre de discours, et les rumeurs depuis 15 jours de liens entre le gouvernement mené par le clan Hariri et des islamistes du Fatah al-Islam étaient sur toutes les lèvres.

Contre-feux ce matin. Les journaux font tous leurs manchettes sur les «informations» données au compte-gouttes par des «sources sécuritaires», comme quoi la Syrie serait en train de faire passer en quantité industrielle hommes et matériel à destination des islamistes qui mettent le feu aux camps de réfugiés palestiniens. Les investigations «avanceraient à grands pas», et même l’Onu et la Ligue arabe auraient été saisies du dossier.

Bref. Le grand n’importe quoi continue. Tout le monde avance ses arguments, avec toujours autant d’aplomb et d’assurance. Que les uns ou les autres aient tort ou raison, un seul constat s’impose: il faut que le Liban change de classe politique, de fond en combles.

On peut toujours rêver.

 
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