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mercredi, 14 octobre 2009

Pump up the volume !

Ce week-end, le Sky Bar a donc fermé ses portes pour la «saison». Une saison qui se sera prolongée loin après l’été cette année, y compris en semaine puisque toutes les nuits, nous avons pu profiter du beat soutenu de cette célèbre boîte en plein air, pour la plus grande joie des fêtards beyrouthins et d’ailleurs.

Cela me donne l’occasion de revenir sur l’un des tubes de l’été, qui a fait fureur au Liban (et ailleurs): tout l’été et pendant ce début d’automne donc, nous avons pu, de notre balcon, entendre à un volume en croissance proportionnelle au passage des heures I gotta feeling des Black Eyed Peas.

Il y en a eu d’autres, bien sûr, des tubes. Mais celui-ci a retenu mon attention car je ne peux m’empêcher de trouver savoureux que pendant des semaines, des dizaines de jeunes libanais aient dansé, chanté, et sans doute trinqué au son d’une chanson ponctuée de «Mazel tov» et de «Lekhaïm» tout ce qu’il y a de plus hébreu. Le tout au nez et surtout à la barbe – c’est le cas de le dire – des censeurs, sourcilleux défenseurs de la prohibition et autres gardiens de la morale régionale qui font interdire tant d’artistes et d’œuvres pour moins que cela, mais qui sur ce coup-là, n’ont rien vu passer. Bon, d'accord, c'est anecdotique, mais voir 400 Libanais pur teint entonner tous en chœur «Mazel tov» à un mariage, ça valait son pesant de bzourat.

Tchin.

vendredi, 13 juin 2008

Pizza delivery

Le Sky Bar a rouvert ses portes, les plages sont couvertes de chair fraîche prête à rôtir, les ouvriers virevoltent sur les innombrables chantiers comme sur la scène d’un opéra, les places pour le concert de Mika se sont arraché dès 10h du matin hier… Cette frénésie donne vraiment le tournis. Juste pour mémoire, il y a un mois jour pour jour, nous en étions au Day 7 d’un début de guerre civile. Et puis les miliciens, tout heureux d’exposer leurs biceps durant quelques jours, ont rangé leurs pétoires sous les matelas.
Depuis donc, le Liban a fêté un énième accord signé à l’étranger (celui de Doha, dernier d'une trop longue liste), et la politique libanaise a repris son train-train lénifiant. Un président a été élu, allelujah. Toutes les parties en présence ont juré leurs grands dieux qu’il fallait coûte que coûte protéger la saison touristique à venir. En attendant, ces mêmes parties se crêpent le chignon sur la formation du prochain gouvernement. Amen, bravo et cotillons.

1817307758.jpgSur le terrain, les choses ne sont pas si roses. Ça chauffe dans et autour des camps palestiniens, Chaker el-Abssi a fait une petite sortie téléguidée en début de semaine et l’ouest de Beyrouth – où les tensions sont encore perceptibles – reste sous surveillance. Et puis il y a nos amis salafistes au nord. Juste après la mini guerre du mois de mai, nous avions interviewé le cheikh Omar Bakri (ci-contre à gauche), dans le quartier d’Abou Samra en banlieue de Tripoli. Jovial comme d’habitude dès qu’il s’agit de parler à la presse étrangère, ce prédicateur extrêmiste nous avait dit (en bref car l’interview a duré trois plombes) qu’Al-Qaïda n’était pas encore vraiment active au Liban mais qu’il en faudrait très peu (après l’humiliation subie par les sunnites à Beyrouth) pour que cette situation ne change. D'autant que, selon lui, le Hezbollah ne fait vraiment pas peur à Al-Qaïda puisque leurs techniques de combat sont radicalement différentes. Pour reprendre sa formule toute faite, les salafistes (les vrais, les purs, pas ce que lui considère comme des amateurs en parlant du Fatah al-Islam) feront tout péter grâce à un concept magnifique: le pizza delivery. Un indice concernant la garniture de la pizza: les ceintures d'explosifs se digèrent très mal.

Mais il fait beau, les mini jupes sont de rigueur, l’atmosphère est à la fête, on attend 1,5 million de touristes… Les orages, pourtant, sont imprévisibles et ultra violents, et l’on préfère souvent s’abrutir devant des matchs de foot étrangers et décorer nos voitures de drapeaux italiens et allemands plutôt que d’ôter nos œillères (moi compris, sauf pour les drapeaux). La dernière fois que la nation entière était sous opium footballistique (avec comme shoot ultime la finale France-Italie du 9 juillet 2006), la redescente a été dure pour tout le monde. A Dahiyeh, les drapeaux étaient encore omniprésents quand des F-16 israéliens avaient tout fait sauter…

Souvenez-vous, ça donnait ça. Nettement moins glamour que le Sky Bar.

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En 2006, personne n'avait vu arriver la menace et encore moins sa concrétisation. Cette année, personne n'est dupe et tout le monde sait que l'édifice est branlant. Difficile donc de savoir sur quel pied danser, mais la vie doit continuer. 

 
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