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jeudi, 20 septembre 2007

C'est aussi ça le terrorisme

Hier, la voiture d'Antoine Ghanem a explosé sur un boulevard par lequel nombre de Libanais passent tous les jours. Les morts et les blessés d'hier étaient simplement au moment endroit au mauvais moment.

Cet après-midi, je devais accompagner ma fille à l'Hôtel-Dieu pour une consultation chez le médecin. Nous nous sommes garés dans la grande descente, à 200m de l'hôpital. J'ai fermé les portes de la voiture et ai pris ma gamine par la main. Une impression étrange m'a alors envahi. Quelques voitures dévalaient la grande descente, d'autres étaient garées comme la nôtre. Je me suis soudain dit que le convoi d'un député pourrait passer à cet instant, et que l'une des voitures anonymes garées le long du trottoir pourrait être chargée de quelque explosif. J'ai pressé le pas jusqu'à l'entrée de l'hôpital.

Après la consultation, en remontant en voiture, la même impression m'a assailli. Le grand boulevard était vide, désert, lui qui d'habitude réserve de beaux embouteillages. Le lecteur de CD passait cette chanson...

podcast

Je l'adore cette chanson, mais sa montée en puissance, froide et méthodique, m'a glacé les sangs. Les auteurs et commanditaires d'attentats visent également cela: instaurer un climat de peur permanent. C'est aussi ça le terrorisme. Et la recette marche plutôt bien. 

mardi, 05 juin 2007

Hariri vs. Syrie: la guéguerre de propagande

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Depuis quelques temps, nous assistons à une véritable guerre d'images, d'affirmations, de rumeurs en tout genre. Il y a 10 jours, la blogosphère libanaise n’avait d’yeux (ou d’oreilles) que pour l’article publié par le New Yorker le 5 mars dernier. A la publication de ce papier, on commençait à peine à parler du Fatah al-Islam. L’attentat de Aïn Alak (qui lui est attribué) remontait lui au 13 février. Le New Yorker, par la plume de Seymour M. Hersh, flinguait le clan Hariri: selon lui, la bande à Picsou aurait financé différents groupes sunnites (dont le Fatah al-Islam) pour contrer le Hezbollah chiite.

Dans le Daily Star (le quotidien anglophone de Beyrouth), l’éditorialiste Michael Young (plus que cul et chemise avec le clan Hariri) allumait à son tour le New Yorker, en écrivant ceci: «Le mensonge selon lequel le gouvernement a financé le Fatah al-Islam a été légitimé par une gaffe spectaculaire du camp Hariri, en particulier de Bahia Hariri (la sœur de Rafic Hariri). Il y a quelques mois, elle a aidé à résoudre une crise qui résultait de la présence d’islamistes dans le district de Taamir de Saïda, adjacent au camp palestinien de Aïn el-Heloué, en payant un dédommagement aux militants de Jund al-Cham pour qu’ils quittent la région. Du point de vue de Saïda, que Bahia Hariri représente au Parlement, c’est logique. Taamir était une entrave aux relations entre l’Etat et les habitants de la région d’un côté et les islamistes et les résidents du camp de l’autre. Cependant, au lieu de se disperser, un certain nombre de militants se sont rendus à Nahr al-Bared, selon des sources palestiniennes. Là, ils ont rejoint le Fatah al-Islam. Maintenant les Hariri semblent avoir financé des islamistes, alors qu’ils se sont contenté de faire ce qu’ils font habituellement face à un problème: essayer de le résoudre en l’achetant.» Drôle de fréquentation, mais malheureusement belle analyse du système Hariri.

L’opposition s’est régalée de ce genre de discours, et les rumeurs depuis 15 jours de liens entre le gouvernement mené par le clan Hariri et des islamistes du Fatah al-Islam étaient sur toutes les lèvres.

Contre-feux ce matin. Les journaux font tous leurs manchettes sur les «informations» données au compte-gouttes par des «sources sécuritaires», comme quoi la Syrie serait en train de faire passer en quantité industrielle hommes et matériel à destination des islamistes qui mettent le feu aux camps de réfugiés palestiniens. Les investigations «avanceraient à grands pas», et même l’Onu et la Ligue arabe auraient été saisies du dossier.

Bref. Le grand n’importe quoi continue. Tout le monde avance ses arguments, avec toujours autant d’aplomb et d’assurance. Que les uns ou les autres aient tort ou raison, un seul constat s’impose: il faut que le Liban change de classe politique, de fond en combles.

On peut toujours rêver.

 
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