lundi, 26 septembre 2011
Cherchez l'intrus

15:52 Publié dans Instantanés, Photo, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, linge, slips
vendredi, 02 septembre 2011
Lux gremlina
Oh, c’est vrai, cela avait un petit côté pittoresque il y a 15 ans. Ces coupures de courant, ces sautes de tension, tous ces appareils électriques qui pétaient les plombs les uns après les autres. «C’est à cause des événements, me disait-on. Ça ne va pas durer.»
Mouais.
Nous sommes donc en 2011. Plus de vingt ans après les «événements». Ce matin, Gaby Nasr allumait encore tout le monde dans son billet de L’Orient-Le Jour, avec en point de mire deux aberrations politico-tribales: Berry et Bassil. Le numéro de Magazine, lui, faisait sa Une sur les «irréconciliables» Joumblatt et Aoun. Et dire qu’il y a encore des gens pour suivre ces esprits éclairés...
Pendant que ces tristes clowns s’évertuent à faire croire qu’ils sont vraiment en charge de la chose publique, je me demande simplement comment fonctionne l’éclairage public de Beyrouth. Il arrive souvent de se retrouver, la nuit tombée, dans des rues qui ressemblent plus à des coupe-gorges qu’à autre chose (ceci dit, je préfère ça à me balader aux Halles à Paris un samedi après-midi). Mais en pleine journée, alors que le dieu soleil nous abreuve de sa pluie de photons, les lampadaires fanfaronnent. Du coup, je m’interroge: comment cela fonctionne-t-il? Les heures d’éclairage sont-elles automatisées? Y a-t-il intervention humaine, avec un employé chargé d’appuyer sur un interrupteur pour allumer ces réverbères? Vraiment, quelqu’un pourrait-il me donner un soupçon de début d’indice?
Alors, devant cette énigme que je n’arrive toujours pas à résoudre, je préfère me replonger dans la lecture de la presse libanaise. Car c’est là finalement qu’il y a toujours (enfin, pas toujours...) quelque chose d’intéressant à trouver.
Tenez, hier, par exemple. J’étais chez Tony, le papetier en bas de chez moi. Je regarde le stand des magazines et trouve le dernier numéro de Rania Magazine. Je ne connais pas le nom du (de la) rédacteur(trice) en chef, ni celui du ou de la DA, mais je voudrais les remercier du fond du cœur pour avoir retrouvé la plus attachante des héroïnes ayant bercé mon enfance: la Gremlins fille.

Vraiment, un très grand merci.
14:30 Publié dans 14 Mars, Aoun & les Aounistes, Avenir du Liban, Cinéma, Humour (noir?), Photo, Presse & Internet, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, électricité, lampadaires, bassil, berry, gaby nasr, l'orient-le jour, magazine, rania magazine, gremlins
vendredi, 22 juillet 2011
La 5e colonne
Je suis arrivé là, pas vraiment par hasard. Sur ce bout de terre qui n'en est pas vraiment un. Je pense qu'il ne devait pas être là il y a vingt ans. Peut-être, un jour, la mer s'est-elle retirée. Juste à cet endroit. Laissant alors apparaître la colonne vertébrale d'un monstre sorti du fond des âges. Là, à Beyrouth, sur ce front de mer qui tente désespérément de se donner des airs de je-ne-sais-quoi.
En la voyant, j'ai essayé de m'imaginer la bête. Colossale. Agressive. Avec une queue interminable lui servant d'arme fatale contre ses congénères. Elle devait bien mesurer 300 mètres de long, peser des dizaines de tonnes. Peut-être venait-elle d'une autre planète. Je n'en sais rien.
Pendant une heure, j'ai tenté de comprendre ce qu'elle faisait là. Comment elle était arrivée là. Pourquoi personne n'en parlait en ville. Incroyable tout de même, cette preuve d'une vie dépassant tout ce que la Terre avait enfanté auparavant. Ici, à Beyrouth et nulle part ailleurs.
Je me suis approché, j'ai touché ces vertèbres minéralisées. Elles étaient lisses et rugueuses en même temps, devaient s'emboîter parfaitement les unes aux autres. J'imaginai les masses de cartilages et de tendons qui avaient, quelque part dans le temps, relié tout ça, animé tout ça, avec une puissance inégalée. Je n'en revenais pas de cette découverte. Je voyageai sur place, dans un silence bercé par un lointain ressac.
[...]
Et puis il est arrivé. Le petit bonhomme en gris que j'avais repéré en arrivant, ronquant tranquillement à l'ombre de sa cahute. «Mamnou3, mamnou3!», me lança-t-il alors que j'étais en train de prendre une dernière photo de cette monstrueuse colonne vertébrale. Mon petit rien tout gris m'explique alors que ce terrain est la propriété (privée) de Solidere et qu'il est évidemment interdit d'y venir, qui plus est équipé de cette odieuse invention numérique.
Solidere, Dahyeh, même combat. Le pays s'est transformé en gigantesque propriété privée où prendre une photo est passible de la peine de mort. Il me fait rire, ce bon monsieur Mikati, quand il déclare que la priorité des priorités est d'assurer la «prospérité de la saison touristique».
Chers touristes, vous êtes les bienvenus, évidemment. Mais mieux vaut vous prévenir: la 5e colonne veille au grain, alors contentez-vous d'acheter des cartes postales.
20:33 Publié dans Avenir du Liban, Humour (noir?), Photo, Reportages, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : beyrouth, biel, front de mer, béton
mardi, 28 juin 2011
Nouveaux locataires ?
« – Chou hayda? On va avoir de nouveaux voisins?, demande Laure.
– Je ne sais pas, tante. Je n'ai pas mes lunettes, mais on dirait bien un parking là-bas?, lui répond Georges.
– Un parking? Mais qu'est-ce que tu me chantes là? Tu le vois bien, c'est un immeuble, rétorque Ammo Charles.
– La, mich ma'oul ! Un immeuble ici, impossible. C'est bien le dernier endroit où on peut construire un immeuble!, l'interrompt Lutfallah.
– Mais tu ne te rends pas comptes, partout dans le quartier, c'est la même chanson. Des immeubles neufs qui poussent de partout!, s'entête Ammo Charles.
– Oui, mais pas ici!, assène Lutfallah avec aplomb.
– Je dois dire que je suis d'accord, avance Laure. Ça me paraît incongru de construire une tour au-dessus de nos têtes.
– Eh!, Regardez un peu à gauche. Vous voyez ce que je vois?, demande Georges aux autres.
– Quoi, les piliers de béton?, relance Ammo Charles.
– Oui! C'est tout de même incroyable! Un immeuble à flanc de colline, passe encore, mais un autre en plein milieu, c'est du grand n'importe quoi!
– Tu sais habibi, les proprios ont peut-être senti un bon filon: construire pour augmenter le nombre de locataires. Ça serait logique, remarque le cousin Nicolas qui arrive, sûr de lui. A leur place, j'en aurais fait autant. Il n'y a plus de surface au sol, alors il faut grimper, c'est la loi de notre nature.
– Tu ne m'enlèveras pas de l'idée que c'est totalement saugrenu, regrette Georges.
– Nous étions si bien ici, murmure Laure. Haram, quel dommage... Et puis je suis sûre que ce sont les nouveaux riches qui poussent les propriétaires à construire. Ils veulent avoir une place parmi nous, parmi les grandes familles d'Achrafieh.
– Peut-être. En tout cas, je me demande combien ça coûtera d'être tout en haut avec vue sur la mer?, s'interroge Nicolas avec malice.
– Ah la mer...» Laure se tait quelques secondes, puis reprend. «Quand je suis arrivée ici, il y a bien longtemps, je la voyais entre les pins.»
[...]
Je ne sais pas si le cousin Nicolas a raison du fond de son caveau, mais bon. Le cimetière Mar Mitr était un bel endroit, presque calme, dans la ville bourdonnante. Interdit d'y prendre des photos, peut-être à cause de toutes les «stars» qui y ont élu domicile. Mais en ce moment, le son du chantier couvre celui des cloches. Entre la peste et le choléra, difficile de choisir.

13:50 Publié dans Humour (noir?), Religion, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, mar mitr, constructions
mercredi, 15 juin 2011
Min ma3é ?
Le téléphone vibre. Le téléphone sonne. Sur l'écran, un numéro inconnu apparaît. Je décroche.

« – Allô?
– 3allô? (difficile de rendre par écrit la nonchalance du début du mot «3allô», le son «3a» s'étalant sur deux bonnes secondes, comme une mauvaise panade)
– Oui?
– Min ma3é?
– Hein?
– Min ma3é?
– Chou, min ma3é?
– Min 3ambyehké?
– Enta min?
– La, la, la. Min ma3é?
– OK habibi. Bye bye.»
Je l'avoue: cela fait des années que ça dure et c'est une chose à laquelle je n'arrive pas à m'habituer. En gros (pour ceux qui n'ont pas saisi l'essence du petit dialogue ci-dessus), quelqu'un appelle en s'étant trompé de numéro, tombe sur un interlocuteur qu'il ne connaît pas (moi, donc) et demande à ce dernier de décliner son identité. C'est systématique. Moi, ça me gonfle. De manière fort légitime, d'ailleurs. Dire qui je suis à un étourdi du clavier que je ne connais ni d'Eve ni d'Ali et qui n'a pas la délicatesse de donner son nom, je n'y vois pas trop d'intérêt. Au mieux, un motif d'agacement.
Mais attention. Parfois, le téléphone sonne de nouveau.
« – 3allô?
– Chou baddak ba3d?
– Abou Youssef?
– La.
– Min ma3é?
– ... (silence, je cherche le bon mot pour lui signifier mon agacement)
– Chou esmak?
– Tu commences à me péter les noix, toi! Min 3ambyehké?
– Abou Youssef mawjoud?
– Mafi Abou Youssef honé. Ghalat!»
Je raccroche. Le téléphone sonne à nouveau. Le même numéro s'affiche. Je laisse sonner dans le vide. A mon corps défendant, je l'avoue, je ne m'appelle pas Abou Youssef.
[...]
Pendant ce temps-là, Abou Youssef devait certainement être en train de regarder la télé en découvrant la composition du nouveau gouvernement. En se demandant certainement «Min ma3 baladé?».
«Ghalat, habibi.» Depuis le temps, question gouvernements de branques, Abou Youssef devrait être habitué, lui.
14:30 Publié dans Aoun & les Aounistes, Elections, Hezbollah, Humour (noir?), Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, téléphone, gouvernement
dimanche, 15 mai 2011
Ce n’est pas Beyrouth qu’il fallait regarder aujourd’hui
Il y a des guerres qui ont débuté pour moins que ça. Alors que les partisans de la laïcité défilaient dans le centre-ville de Beyrouth, d'autres manifestants commémoraient la Naqba au Sud. A Maroun el-Ras – qui avait été rasée durant la guerre de 2006 –, les manifestants comptaient leurs morts et leurs blessés ce soir. Dix morts, cent douze blessés aux dernières nouvelles. Les tirs israéliens n'ont pas fait de détail. Vraiment, il y a des guerres qui ont débuté pour moins que ça.
19:41 Publié dans Avenir du Liban, Israël, Reportages, Sud-Liban, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : liban, laïque pride, maroun el-ras, naqba
jeudi, 12 mai 2011
A l'horizon
Je ne sais pas trop quoi regarder en ce moment. La montagne, le soir, qui brille? Les nuages qui vont et qui viennent, en attendant que l'été suffocant prenne ses quartiers? Les voitures garées en triple file en bas de chez moi? Les nouvelles neuves du dedans, de ce 12 mai 2011 qui n'aurait jamais été ce qu'il est sans le 12 mai 2008 et les tristes heures qui l'avaient précédé? Un jour, c'est la cata, le lendemain la solution est proche, pour la formation de ce magnifique gouvernement qui sauvera le monde et la galaxie tout entière.
Et puis il y a notre voisine. Notre chère voisine. Souvent encombrante, bruyante ou sournoise, qui n'en finit plus de cette crise de nerfs que beaucoup redoutent contagieuse. Une voisine en pleine ménopause qui n'arrive pas à faire le deuil de cette formidable forteresse qu'elle fut et qui a peur des semaines à venir, de voir son corps se transformer, de voir ses atours qu'elle croyait irrésistibles tomber en poussière. Alors ici, sur le même palier, il y a ceux qui s'indignent, ceux qui regardent ailleurs en se demandant s'ils pourront encore trouver des places pour Shakira et plus généralement ceux qui se demandent s'ils auront suffisamment de sous dans leur poche pour se payer 20 litres d'essence. Ceux qui sont révoltés par les cris et les pleurs de l'autre côté de la cloison, et ceux qui se disent que tant que cela reste de l'autre côté de la cloison, tout va bien... Jusqu'ici, tout va bien... C'est toujours la même ritournelle finalement.
10:05 Publié dans Avenir du Liban, Hezbollah, Photo, Syrie, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, syrie, mai 2008
dimanche, 17 avril 2011
Grand écart
Y'a des jours comme ça, plus riches que d'autres. Riches en histoires humaines. J'ai la chance d'avoir parmi mes amis des hommes très différents les uns des autres. Je ne les mélange quasiment jamais, ils représentent tous des histoires séparées. Je suis leur plus petit dénominateur commun.
Hier samedi, j'avais promis à deux d'entre eux d'assister aux scènes qui font battre leur cœur. Le premier, vous vous en souvenez peut-être, est quelqu'un de très spécial pour moi. Et, comme chaque année, ce début de printemps marque pour lui la première étape de la préparation de son «or brun». Cette fois, je me suis dit que j'allais documenter tout le processus. Rendez-vous donc à 9h, sur la route de Damas, à 20 minutes de Beyrouth.
Etape nº1: le mélange de trois terres différentes, aux propriétés spécifiques (ci-dessus en photo), et le tamisage. Etape nº2, dans deux semaines: la «récolte» de la glaise et sa transformation en boudins de 20kg qu'il utilisera lui-même et revendra à différents clients, comme les facultés d'art du pays ou des sculpteurs. La terre de Samir est de l'or et lui ne s'en rend pas compte. Nous nous sommes promis de nous revoir bientôt, loin de la poussière de son caravansérail, devant l'écran d'un ordinateur pour faire une «étude de prix». Cela fait 10 ans qu'il vend les 20kg de terre à 18000LL, soit moins de 1000LL le kilo. Un prix qu'il faudrait probablement réévaluer, vu le coût de sa matière première, les heures d'un travail harassant en plein cagnard...
[...]
Deuxième rendez-vous de la journée, à 16h. Je troque mon T-shirt plein de glaise pour une chemise blanche impeccable. Direction les salons du 2e étage de l'hôtel Gabriel à Achrafieh pour la 9e vente aux enchères organisée par Cedarstamps.
J'y retrouve Bernardo, mon Rital passionné par l'histoire postale du Levant. Plus de 300 lots sont exposés. Les enveloppes mises en vente vont de 20 euros à 10000 euros. Quelques clients sont dans la salle, d'autres au téléphone depuis l'étranger. 17h50: arrive alors le lot nº183. Une petite enveloppe tamponnée au Qatar en octobre 1916. Mise à prix: 5000 euros. Les enchères montent, deux collectionneurs – par téléphones interposés – se lancent dans une partie de ping-pong hallucinante. Résultat: le premier jette l'éponge au bout de dix minutes, le second remportant le lot pour la bagatelle de 53000 euros...
[...]
En faisant un calcul à la louche, le premier vend donc sa terre à moins de 1000 livres le kilo, le second son enveloppe – en admettant qu'elle pèse 10 grammes – à plus de 11,5 milliards de livres le kilo. Ça s'appelle un grand écart.
15:18 Publié dans Art, Musique, Photo, Reportages, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : beyrouth, liban, samir müller, céramiste, bernardo longo, cedarstamps, vente aux enchères
vendredi, 15 avril 2011
Pomme C Pomme V impossible
Très court extrait du dossier spécial (12 pages) sur les révoltes dans le monde arabe, paru ce matin dans le quotidien Le Soir. Vous pouvez le télécharger en intégralité ici, ça vaut le coup.
Les politiciens libanais continuent à longueur d'interview de réclamer la paternité du vent de révolte qui souffle sur le monde arabe. Selon eux, les révoltes actuelles sont les filles de la «révolution du cèdre» du printemps 2005 qui avait vu la population libanaise obtenir – pacifiquement – le départ de l'armée syrienne, après 30 ans de tutelle. Six ans plus tard, les soldats syriens ne sont plus là, mais Damas dispose toujours de ses relais, puissants, à Beyrouth.
Vu de la capitale libanaise, les révoltes en cours dans le monde arabe laissent perplexes: impossible d'en faire un copier-coller. Car ici, il n'y aurait pas un Ben Ali ou un Moubarak à chasser du pouvoir pour faire une «vraie» révolution, mais une bonne vingtaine. Tous chefs de partis politiques ou chefs de clans, ceux-ci décident de la direction à suivre pour toute leur communauté. Et les revirements à 180º ne leur font pas peur, leurs ouailles suivant aveuglément: l'intérêt de leur communauté prime, l'intérêt national passant au second plan.
Pas étonnant donc de trouver toute une frange de la jeunesse libanaise sans grande illusion. Mark Mansour en fait partie. Graphiste de 31 ans, il reste cloué à Beyrouth pour prendre soin de ses parents vieillissants. Sans quoi il serait parti. «Moi, je n'ai aucun engagement politique, explique-t-il. Les politiciens libanais, d'un bord comme de l'autre, sont tous pareils. Ils veulent le pouvoir, pas le bien du Liban. Alors quand je vois ce qui se passe en Tunisie, je suis heureux pour les Tunisiens. Idem pour les Egyptiens. Et puis un nouveau régime au Caire, moins favorable à Israël, poussera peut-être Tel Aviv à changer de comportement dans la région.»
Depuis trois semaines, évidemment, l'actualité de la grande sœur – la Syrie – retient l'attention. Là aussi, Mark espère du changement, pensant qu'un nouveau régime, plus modéré, pourrait modifier la donne dans la région et dans son pays: «Ça compliquerait la tache du Hezbollah pour faire transiter ses armes depuis l'Iran. Moi, je suis pour la paix, j'ai envie de vivre libre, sans que la personne en face de moi – quelle qu'elle soit – ait un pistolet sur la table pour me parler.»
[...]
Lors de l'interview, nous avons abordé un gros paquet de sujets: les révoltes arabes bien sûr, mais aussi la politique libanaise, la laïcité... Voici juste une petite phrase qui n'avait pas sa place dans le papier, mais qui m'a bien fait rire. Mark: «Au Liban, je n'existe pas en tant qu'agnostique. Un jour, on m'a posé cette drôle de question: "Vous êtes agnostique? Alors où priez-vous?"» Y'a du boulot.
09:06 Publié dans 14 Mars, Aoun & les Aounistes, Avenir du Liban, Hezbollah, Israël, Photo, Portraits, Presse & Internet, Syrie, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, mark mansour, le soir, monde arabe
mardi, 12 avril 2011
(H)OntorNet
Il est tout juste minuit ici à Beyrouth. Je laisse l'ordi allumé encore 15 à 20 minutes. En fait, j'ai demandé à mes proches de m'envoyer leurs mails un peu volumineux à partir de minuit (soit 23 heures en Europe). Parce que cela tombe dans la tranche horaire 0h-6h durant laquelle mon cher provider ne facture pas la bande passante. Avec un quota de 2,5 gigabytes par tranche de 50 dollars (download et upload confondus), il faut évidemment faire attention à sa consommation. Un accident est vite arrivé, genre la vieille tante qui vous envoie des tonnes de photos de cousins éloignés en pleine matinée. Et paf, 10 dollars qui partent en fumée! Pas étonnant que les vendeurs de DVD piratés fassent fortune car ici, on ne télécharge pas de film. Pas possible. Et même les courageux qui attendraient minuit pour le faire verraient leur connexion planter inexplicablement en plein milieu de la nuit.
En fait, y'a pas vraiment grand chose de nouveau. J'en ai juste marre.
Chaque mois, j'entends des nouvelles comme quoi «dans trois mois, j'te jure, on aura la meilleure connexion du monde!». Bein j'attends. Merci messieurs les ministres des Télécoms, toutes couleurs confondues mais alternant volontiers clientèlisme et incompétence, qui nous font passer pour des baltringues. Le Liban arrive donc en 169e position sur 169 pays classés, en termes de vitesse. Peut-être vaut-il mieux en rire qu'en pleurer, mais je n'y arrive pas. J'essaie pourtant. C'est tellement plus simple d'être champion du monde du plus gros hommos.
Voilà, il est minuit passé de 10 minutes et j'angoisse. Si ça se trouve l'arrière-grande-tante va m'envoyer son mail de 10Mo dans 5 minutes, quand j'aurai éteint, et il arrivera sur mon disque dur demain matin quand j'ouvrirai Mail.
Il n'y a pas longtemps, une amie en France me proposait une discussion vidéo sur Skype. J'ai eu presque honte, je ne savais pas trop comment lui dire que ce genre de passe-temps est plutôt à ranger dans la catégorie science-fiction. Car ici, en 2011, ça donne ça...
PS1: J'adore le rire de l'Asiatique. C'est ça le plus drôle...
PS2: Vous l'aurez compris, si vous voulez envoyer des trucs un peu lourds, faites-le à minuit pile, pas à minuit vingt. Merci de votre compréhension.
00:00 Publié dans Presse & Internet, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : liban, beyrouth, internet, connexion, ontornet, bande passante









![[2011] La Grande brasserie du Levant](http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/album/la-grande-brasserie-du-levant/3637952539.jpg)
![[2011] Sanctuaire de ciment](http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/album/2011-sanctuaire-de-ciment/1103750217.jpg)



